Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


dimanche 28 février 2010

La vie en bleu

C’est au septième étage de ce bâtiment que j’ai désormais rendez-vous trois fois par semaine… Une espèce d’amalgame bizarre de verre et d’acier qui, même si je peux arriver à le trouver beau, me gêne par sa froideur et son inhumanité.











Pas très engageant comme décor si l’on considère que c’est dans ces locaux que se joue l’avenir de tant et tant de personnes… Certaines y rentrent avec espoir, d’autres avec résignation. D’autre encore y sont par justification.










Mais quelque soient les motivations de chacune, toutes sont à la recherche d’une solution. Une solution à leur découvert, à leurs factures qui s’entassent, aux fins de mois difficile qui commencent le 10. A la cantine des enfants, aux coups de téléphones vers 20h00 que l’on laisse sonner avec un nœud dans le ventre… Une solution à leur mal être aussi. Car forcément, à force d’avoir des nœuds dans le ventre on est mal.



Derrières ces fenêtres-miroirs on croise des êtres humains de tous âges, de toutes conditions sociales. Des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes… Des gueules cassées par la vie et des exclus de toutes sortes.

Et moi.









Depuis une semaine que j’entre et sort de ce bâtiment, j’ai remarqué une chose singulière. A chaque fois que j’en suis sorti, il faisait plus beau que lorsque j’y étais entré. C’est bizarre tout de même…
J’arrive, c’est tout gris. Je ressors, c’est tout bleu.

Alors peut-être est-ce dû à un caprice de la météo. Je n’en sais rien. Ou alors c’est parce que dans cet anonymat réfléchissant j’y croise un soleil… Un soleil qui éclaire aussi bien mon être que le ciel au dessus de ma tête…

Parce que moi je peux vous le dire, ça existe les soleils qui font voir les choses en bleu.

samedi 27 février 2010

De la probité en politique

D’habitude, dès que Frédéric Lefebvre ouvre ce qui lui sert de bouche, on peut être à coup sûr certain que les alentours vont commencer à sentir l’égout. C’est naturel chez lui, la pestilence verbale.

Oui, j’ai commencé ma phrase par l’expression « d’habitude »… Vous avez remarqué ? Est-ce que cela veut dire pour autant que cette fois-ci sa logorrhée sent la rose ? Peut-être bien… Ou peut-être pas. En fait j’en sais rien. Nous verrons bien quand j’aurais fini ce texte qui me tiendra lieu de réflexion.

Reprenons depuis le début. L’affaire porte désormais un nom, c’est l’affaire Ali Soumaré. Et celle-ci empoisonne l’air de la campagne électorale en IDF depuis bientôt une semaine.
En clair et pour faire vite, deux lascars de l’UMP, Francis Delattre et Pascal Meurant, ont déclaré dans un bel ensemble que le candidat PS du Val d’Oise, Ali Soumaré, était je cite « un délinquant multirécidiviste ».
Diantre, cela ne lui suffisait pas d’être noir comme un joueur de l’équipe réserve du PSG, voilà que le jeune politicien en herbe traine derrière lui des casseroles grosses comme des faitouts !
A droite on jubile et on relaie l’info sans trop y réfléchir, et à gauche on s’interroge benoitement pour détourner l’attention : « Et comment vous savez ça, d’abord ? ». Bref, le bordel s’installe et la presse, comme la blogosphère, s’enflamme.
Manque de bol pour les nervis de droite, il s’avéra qu’une partie des accusations concernait un homonyme… Mais bon, qu’à cela ne tienne, il n’empêche que le Ali Soumaré n’est pas blanc comme neige (Oups !).

Pendant toute la semaine, on a entendu un peu tout et n’importe quoi mais la plupart du temps à gauche il s’agissait soit de noyer le poisson en criant au procédé indigne, soit de ramener l’affaire sur le terrain du racisme, toujours payant en période électorale. Ou encore, dans le camp d’en face, de dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu (ça marche toujours l’histoire de la fumée sans le feu…), que quelque soit les gesticulations des bien pensants il n’en reste pas moins que le bonhomme est suspect… Bref, on parle le plus souvent dans le vide, rendant coup pour coup au fur et à mesure qu’on en reçoit un.
Tiens, d’ailleurs si les échanges des uns et des autres vous intéressent, vous n’avez qu’à écouter le toujours excellent Didier Porte qui vous en fait le résumé de façon exhaustive… Et rigolote.



Mais bon, ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler… Souvenez-vous, je vous disais en préambule que Lefebvre avait de nouveau ouvert sa bouche et que pour une fois c’était pour ne pas forcément dire une connerie.
Il a proposé hier que désormais les candidats rendent public leur casier judiciaire et qu'ils soient rendus inéligibles s'ils ont été condamnés pour des actes de "violence contre des personnes".
Si vous n’avez pas entendu ouvrir ma gueule sur l’affaire Soumaré pendant toute cette semaine, et bien c’est parce que je suis plus ou moins d’accord avec Frédéric Lefebvre. Oui, je sais, moi aussi ça me fait mal au cul, mais c’est comme ça.

Car, ceux qui me lisent régulièrement le savent bien, je suis comment dirais-je… assez intransigeant en ce qui concerne la probité des élus ou celle de ceux qui concourent à l’être. Pour moi, un élu se doit d’être irréprochable, point barre. La moindre suspicion, la moindre parcelle de doute quant à l’honnêteté d’un élu, ou encore je le répète de quelqu’un qui veut l’être, devrait à mon sens le disqualifier d’office.

Alors bien sûr, j’ai conscience que ce jugement moral à l’emporte-pièce se heurte à plein d’autres considérations toutes aussi morales. Je me suis déjà fritté sur le sujet avec des blogueurs de gauche quand il fut s’agit de Julien Dray et de ses indélicatesses comptables et je me suis reçu la présomption d’innocence en pleine figure (Bon, sauf que Juju n’était pas aussi innocent que ça…). De même, j’ai moi-même défendu sur la TéléLibre le droit à l’oubli… Tiens, d’ailleurs j’ai retrouvé ce que j’écrivais à l’époque. C’était en septembre 2008, et c’était au sujet du fichage des enfants à partir de 13 ans…
Je disais : « Sans rentrer dans un débat philosophique, notre société est basée sur un principe selon lequel l’homme est perfectible. Les gens changent, et plus particulièrement les jeunes gens. Qui peut dire qu’il est exactement le même qu’à l’âge de 13 ans ? Personne. Marquer ainsi une erreur de jeunesse, ou pire une bêtise d’enfant, c’est renier ce principe de perfectibilité de l’être humain. Ficher un enfant, c’est faire le pari que son avenir sera le même que son présent, la délinquance. »
Mais bon, il s’agissait-là d’enfants et non-pas d’ados ou même d’adultes…

Comme vous l’avez sans doute compris, il y a là comme une contradiction dans mes jugements.
D’un côté j’ai comme une réaction épidermique lorsque j’apprends qu’un élu, quelque soit son bord, s’est rendu coupable d’un délit quelconque. Je serais prêt à le démettre de ses fonctions au moindre soupçon et à le rendre inéligible à vie si les faits s’avéraient exacts, quitte à jouer le jeu de quelques horribles diffamateurs… Et d’un autre côté, j’ai des principes moraux qui me collent aux basques et auxquels je suis bien obligé de souscrire, comme la perfectibilité humaine par exemple, ou encore la résomption d’innocence… Principes moraux s’il en est, garants d’une démocratie digne de ce nom.
Pas très confortable comme situation vous en conviendrez.

Alors reprenons la déclaration de Lefebvre : Pour lui les candidats à une élection devraient rendre public leur casiers judiciaires. Là, je suis d’accord. A partir du moment où une personne prétend vouloir me représenter, j’estime être en droit de savoir ce qu’il a fait de mal dans sa vie, et c’est moi et moi seul qui suis juge de la confiance que je peux lui accorder.
Après tout, pour intégrer certains postes de la fonction publique, n’est-il pas demandé aux postulants d’avoir un casier judiciaire vierge ? Il me semble bien que c’est le cas pour la police par exemple…
Je ne vois pas en quoi quelqu’un qui prétend être un représentant du peuple ne devrait pas souscrire aux mêmes critères moraux qu’un représentant de la loi. D’ailleurs, si je ne m’abuse, la plupart des élus ne sont-ils pas de fait Officier de Police Judiciaire ? Les maires par exemple ? Si, bien sûr.
Aussi, je ne vois pas pourquoi ce qui est valable pour un flic ne le serait pas pour un maire, un conseiller régional, un député ou même un ministre. Je dirais même que ce serait valable a fortiori.

Ensuite, le roquet de son maitre propose que les personnes condamnées pour des actes de "violence contre des personnes" soient rendus inéligibles. Pourquoi seulement pour des violences aux personnes ? Hein ? Pourquoi ne pas étendre cette règle aux délits financiers par exemple ? Aux abus de biens sociaux, au détournement de fonds publics, j’en passe et des plus graves.
Sachant que je considère que la position d’élu dans le cadre d’un délit financier devrait être considérée comme une circonstance aggravante, il n’y a pas de raisons pour que l’on s’arrête en si bon chemin…

En fait, j’ai peut-être trouvé une position intermédiaire qui me permettrait de satisfaire à la fois mon désir de probité en matière de politique et le légitime droit à l’amendement et à l’oubli…

L’idéal serait de rendre obligatoire la publication du casier judiciaire de toute personne prétendant à une élection, quelle qu’elle soit, et de laisser le choix à l’électeur de considérer en conscience si tel ou tel délit mérite son indulgence ou pas. Pas d’inéligibilité, juste le jugement populaire. Comme aux Etats-Unis ! Là-bas, la moindre faute découverte, et c’est goodby Monsieur ! Les types n’envisagent même plus de se présenter s’ils n’ont pas un passé d’une blancheur immaculée !

Mais bon, soyons honnêtes, il y a des délits qui ne méritent pas l’opprobre pour autant. Si le candidat s’est fait gauler en train de fumer du shit à la fac, ça n’a quand même pas le même poids que s’il avait volé de l’essence et pris la fuite à bord d’un Simca… Non, ce n’est pas vraiment la même chose. (Cliquez pour agrandir la photo !)
Le souci c’est que même si je crois le peuple capable de jugement, je le sais aussi oublieux.

Grrrr !!!! Quel casse-tête ! Tout serait si simple avec une méthode plus radicale ! Pas une seule ligne sur le casier sinon, pas d’élections ! Mais en même temps, je connais des tas de types et de nanas qui sont d’excellentes personnes et à qui je confierais les clefs de chez moi, alors qu’ils ou elles ont fait des conneries dans leur jeunesse ! Moi le premier d’ailleurs.

En fait, je m’aperçois que dans cette histoire, et comme me le faisait remarquer récemment fort judicieusement l’un d’entre vous, j’idéalise peut-être un peu trop la position de l’élu. Il n’est qu’un être humain après tout. Et l’être humain est paradoxal par nature…
Alors pourquoi est-ce que je place la barre aussi haute en ce qui les concerne ? Franchement je ne sais pas.

Maintenant, juste pour le fun, imaginons un instant que je sois électeur dans le Val d’Oise… Est-ce que je voterais, en dehors de toutes considérations politiques, pour un ex-caïd de quartier reconverti ? Peut-être. Tout dépendra je pense des preuves de réhabilitation qu’il aura su donner depuis les faits.
Est-ce que je voterais pour un candidat jugé coupable dans une affaire de détournement de fonds publics ? Peut-être pas. Ou alors c’est qu’il aura su donner un ENORME tas de preuves de réhabilitation depuis les faits.

Mais pour ce faire, encore faut-il que je sois au courant du passé dudit candidat…

Bon, j’en suis à trois pages d’écritures, et je n’en suis pas plus avancé. Alors, si vous avez su supporter la longueur de cette réflexion profonde, j’imagine que vous aurez également suffisamment de patience pour me fournir quelques remarques constructives. Je compte sur vous !

jeudi 25 février 2010

J’ai besoin d’un projet !

Figurez-vous que j’ai des devoirs à faire… Yep ! Je dois pondre un truc pour mon atelier de réinsertion, et je dois le rendre demain… Et manque de bol, je sèche complètement.
Oh, ce n’est pas que je ne sais pas quoi dire, mais plutôt que je ne sais comment le dire. Aussi, comme c’est un truc qui marche habituellement, j’ai décidé de vous en toucher deux mots histoire de trouver l’inspiration.

Il s’agit de mettre sur le papier mon « Projet » professionnel. Ouais ! Rien que ça ! Il faut que j’arrive à ordonner les petits cubes de ma vie de façon à ce qu’ils forment une espèce de mur… Enfin, un truc qui tient debout quoi !

Encore une fois, ce n’est pas que je n’en n’ai pas de projet… J’en ai même plusieurs. C’est juste dans la façon dois il va falloir que je l’exprime qui me gène.

Et puis il y a cette histoire de Lepage que je n’arrive pas à extirper de ma tête… Mais si, rappelez-vous ! C’est dans le spectacle Inculture que je vous ai présenté l’année dernière… Non ? Ça ne vous dit rien ? Bon, ce n’est pas grave, vous n’aurez qu’à aller jeter un œil quand vous aurez le temps.
En tous cas, à un moment, Franck Lepage nous relate une petite expérience qui, pour moi, est assez révélatrice du monde qui nous entoure.

Un jour, des chercheurs, des sociologues cryptocommunistes j’imagine, ont décidé de tenter une expérience sur le langage et l’évolution de celui-ci dans le temps. Pour ce faire ils ont compilé une flopée de manuel de management (90 pour être précis) des années 60 qu’ils ont introduit dans un ordi pour voir quel était le mot le plus souvent utilisé… Et ce mot, était « Hiérarchie ».
On peut donc dire que dans les années 60, le mot qui, sans vraiment le définir, pouvait être considéré comme l’expression du capitalisme dans ce qu’il a de plus didactique était donc « Hiérarchie »…
C’est quelque chose que l’on eut comprendre ça, la hiérarchie. C’est la base même de la structure capitaliste, et elle est même je dirais, sa raison d’être. Elle induit même la notion de lutte des classes, puisqu’elle définit forcément des dominants et des dominés. Des patrons et des ouvriers. Des exploiteurs et des exploités.

Ces mêmes chercheurs ont recommencé l’expérience avec des manuels de management des années 2000… Et ils se sont aperçus que le mot « hiérarchie », avait complètement disparu des manuels ! Pas une seule fois ce mot n’était cité !
Et devinez par quoi il avait été remplacé ? Quel était en 2000 ce mot qui revenait le plus souvent dans ces livres ? Je vous le donne en mille… C’était le mot « Projet » !

Pourtant, que je sache, la hiérarchie n’a pas disparue de l’entreprise. Elle est toujours là, avec son cortège de contraintes, ses petites humiliations quotidiennes, ses pressions psychologiques. On pourrait même dire qu’avec la financiarisation de l’économie, la course aux profits qui s’est accélérée, elle est même certainement encore plus présente qu’il y a quarante ans…
Et Franck Lepage d’ajouter que si on ne nomme plus cette hiérarchie, on ne sait alors plus la penser… Et si on ne sait plus la penser, on ne sait plus la combattre.
La hiérarchie, l’ossature du capitalisme n’a pas disparue, elle a juste changé de nom. Elle est devenue quelque chose de vachement plus positif, quelque chose d’imparable, elle est devenue un projet. Elle s’est déguisée en volant un mot et en changeant sa nature optimiste

« Nous estimons que les jeunes doivent avoir des projets. Nous disons de certains jeunes qu’ils n’ont pas de projets. Nous estimons que les pauvres doivent faire des projets ! Les gens le plus en difficulté, pour se projeter dans l’avenir, on leur demande des projets !
Les seuls à qui on ne demande pas de projets, ce sont les riches. »

Ça c’est du Lepage dans le texte… Et il ajoute « Nous estimons qu'il nous faut avoir un « projet de vie ». Manifestement « vivre » ne suffit plus ! »

Aussi vous comprenez pourquoi je suis un peu embêté lorsqu’on me demande de mettre noir sur blanc mon « projet de vie » à moi… Je suis embêté, parce que je n’ai absolument pas envie de me faire avoir par ce mot.

Et pourtant, il va bien falloir que je m’exécute si je veux jouer un minimum le jeu et ne pas perdre mes maigres subsides… Et c’est bien là qu’on voit la perversité du système puisque celui-ci me force à avoir un projet, là maintenant tout de suite, alors que j’aurais volontiers attendu encore un peu avant de me lancer…

Bon allez… Il faut que je m’y mette. Je me disais que le fait de vous raconter cette histoire allait me permettre de trouver l’inspiration, mais je m’aperçois que c’est loin d’être gagné… Très loin même !

Bonjour chez vous !

mercredi 24 février 2010

Exclusion des Frêchistes, ou l’art de cultiver le compromis

L’info du jour, en tous cas en ce qui me concerne parce que je ne l’ai vu traité nulle part sur les quelques 54 blogs que recèle mon Reader, c’est pour moi l’exclusion de 59 « dissidents » socialistes qui ont eut l’idée saugrenue d’emboiter le pas au Pol Pot de Septimanie.

Heu… Oui, pardon. Je veux parler des socialistes qui ont décidé de se maintenir sur les listes régionales de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon… C’est bon ? Vous suivez ou bien ?

Donc, face à cette fronde, le Bureau National du Parti Socialiste se devait de réagir, et c’est donc ce qu’il a fait hier en décidant de virer les canards boiteux, les moutons noirs, bref ceux que l’on appelle désormais les Frêchistes…. Il en allait de sa crédibilité quand-même ! C’est important ça, la crédibilité dans un parti politique…

Bon d’accord, ils se sont contenté de sanctionner les sous-fifres et se sont bien gardé d’étendre la mesure aux nombreux soutiens affiché en faveur du gros lard boiteux *, genre Valls et Collomb, j’en passe et des meilleurs. Normal, car cela en serait revenu à exclure tous les soutiens à la Madone du Poitou et à rouvrir la guerre des deux roses qui est sensée être terminée depuis le congrès de Reims…

Sauf que, si l’on y regarde de plus prêt, on s’aperçoit qu’il ne s’agit que d’une exclusion temporaire de deux ans, avec remise de peine possible après les régionales… Du genre, sur ces élections-là on va dire que vous n’êtes plus des nôtres. Mais dès que c’est terminé, Hop ! Vous revenez !
On est dans la pragmatique absolue, l’horrible nécessité de devoir engueuler du monde alors qu’on n’a pas envie de la faire. Mais quand-même on va le faire parce que les médias nous regardent. Alors, ne vous inquiétez pas les gars, en fait c’est pour du beurre.

Ce qui est marrant, c’est que les personnes concernées hurlent à l’injustice ! A l’erreur judiciaire ! Au dictat parisien ! Et qu’ils le font probablement pour du beurre eux aussi !

Bref, il s’agit là encore d’une bonne non-décision comme le PS est devenu le spécialiste ces derniers temps. On est dans le théâtre de guignol, où les choses se font pour de faux, où les méchants ne le sont pas vraiment et les gentils ne sont pas aussi vertueux qu’ils le disent. On est dans l’esbroufe, l’écran de fumée, la pantomime, le théâtre No…
Sauf que, quelque soit le nom qu’on veuille bien donner à cette sinistre mascarade, il n’en reste pas moins qu’elle n’est finalement que mensonge.

Les frêchiste ne sont pas vraiment virés et ils ne le seront jamais, autant en prendre son parti.

Je vous parlais de crédibilité tout à l’heure. Je constate qu’en fait ils s’en tapent les socialistes de la crédibilité…

Et après je m’étonne que tout le monde s’en foute…

*Étant moi-même un gros lard boiteux, je m’arroge le droit de le qualifier ainsi. Et si y’en n’a qui sont pas jouasse, c’est pareil.

On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !

Sans commentaire...

mardi 23 février 2010

Le teeshirt de la discorde

Quelqu’un qui affiche ses idées n’est pas à même de recevoir un enseignement…

Rassurez-vous lecteurs il ne s’agit pas là d’une réflexion à laquelle je vous convie, ni même d’une citation tout droit sortie des annales du baccalauréat de philo, mais bel et bien de la déclaration valant justification d’un professeur du collège Claude-Bernard à Villefranche-sur-Saône suite à l’exclusion d’une élève…

Reprenons l’histoire depuis le début. Le 29 janvier dernier, un prof fait son cour d’histoire-géo ; Le sujet, la Russie… Puis, le voilà qui digresse et atterrie du côté d’Israël et de la Palestine. Il semblerait alors que la nature de ce prof l’amène à balancer quelques critiques bien senties envers le peuple palestinien et a se prononcer en faveur de l’expansion d’Israël…
Dans la salle de classe, une élève de 16 ans, Zeyneb, est choquée par ce qu’elle entend et tente de protester… Peine perdue, le prof n’entend pas se voir contredire.

La jeune-fille n’entend pas elle non plus se taire pour autant, et le lendemain elle débarque en cours avec un teeshirt sur lequel est inscrit « free Palestine ». Teeshirt, il faut quand même le préciser, qu’elle arbore régulièrement au sein de l’établissement depuis deux ans…

Là, forcément le prof, qui s’il est un crétin n’en n’est pas moins pourvu d’un cerveau, comprend qu’il ne reçoit que la monnaie de sa pièce… Et le prend plutôt mal. S’ensuit une confrontation qu’il remporta haut la main, puisque la jeune-fille s’enfui du cours, en larme, et va se réfugier chez sa mère qui travaillait non-loin du collège.

Quelques jours plus tard, Zeyneb se voit notifier son exclusion temporaire de trois jours pour « Départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance » et « acte de prosélytisme ».

Soutenu par son académie, le professeur incriminé se fend alors de cette maxime profonde et définitive : Quelqu’un qui affiche ses idées n’est pas à même de recevoir un enseignement…

Moi, c’est cette phrase qui me frappe plus encore que la bisbille administrative dans laquelle se retrouve cette gamine… Parce que qu’est-ce qu’elle nous dit cette phrase ? Elle nous dit que l’école ne doit pas être un lieu d’expression de la pensée politique ? Mouais… Peut-être, et encore ça se discute. M’enfin… J’espère bien que c’est ça… Parce que sinon, cela voudrait dire qu’un esprit où la pensée politique est déjà naissante n’est plus à même d’apprendre… Et là, c’est plutôt grave comme jugement.

Vous savez ma détermination à extirper le religieux de la sphère publique et plus particulièrement de notre Éducation Nationale. Mais doit-il en être de même pour le politique ?

Dans cette histoire, et pour peu que l’on connaisse réellement tous les tenants et les aboutissants, la jeune-fille s’est mise en défaut en quittant son collège. Ok. Mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle l’a fait pour des raisons sérieuses, motivées, et que l’indulgence aurait dû être la règle.
Pour ce qui est du prosélytisme, qu’en est-il de celui affiché par le professeur ? Sera-t-il sanctionné lui aussi ? J’en doute… Et c’est bien pour ça que, là encore, l’exclusion de l’élève me semble disproportionnée, voir carrément injuste au regard de celui par qui le scandale est arrivé.

Cette histoire, pour anecdotique qu’elle puisse être, pose selon moi beaucoup de questions sur le rôle de l’école dans sa mission la plus sacrée qui est, toujours selon moi, de former des citoyens.

Selon moi, il est utopique de vouloir exclure le politique de l’école. C’est utopique car c’est justement à l’école que l’élève apprend à faire ses choix moraux en fonction des informations qu’il glane au fil de ses cours… En tous cas moi c’est comme ça que ma conscience politique a émergé, et je portais fièrement le keffieh pour l’exprimer.
Alors certes, le rôle de l’enseignant est de garder une stricte neutralité dans l’exposé des faits, mais je ne pense pas qu’il doive interdire pour autant l’expression de la pensée politique naissante.
Nous nous plaignons suffisamment du désintérêt croissant de notre jeunesse pour la politique… Ce n’est donc pas en la bridant que les choses s’arrangeront.

Ce professeur est clairement en faute. Il n’aurait pas dû exprimer son avis, mais plus encore il n’aurait pas dû empêcher que l’élève exprime le sien.

Car c’est comme ça que nait un citoyen, en donnant son avis.

dimanche 21 février 2010

Scratch my back

Depuis quelques jours, j’ai un nouvel album dans les oreilles. Un album tellement qu’il est bien que je me le passe en boucle dès que j’essaye d’aligner deux mots à la suite et de leur donner un sens…
Alors peut-être que ce n’est pas l’idéal en termes d’inspiration, au regard de ma courbe d’audience de cette semaine qui a chuté dramatiquement, mais ça ne va pas m’empêcher de vous dire tout le bien que pense de Scratch my back.

Scratch my back, c’est le dernier album de Peter Gabriel. Et croyez-moi si je vous dis que c’est du grand Peter Gabriel. C’est beau à m’en tirer des larmes pour tout vous dire.
Bon ok, j’exagère un peu en vous parlant de larmes, mais je vous avoue qu’il m’est arrivé d’avoir les yeux qui piquent un peu quand-même… Et ça compte un peu comme des larmes ça ? Non ?

Perso, j’écoute du Peter Gabriel depuis maintenant… Attendez que je compte… trente ans. Ouais, c’est ça, à la louche ça va faire une trentaine d’années. Et bien en trente ans je n’ai jamais été déçu. Jamais. Le Peter est toujours à la hauteur de mes attentes, et ce quelque-soit le terrain musical où il m’emmène. Que ce soit dans le trip progressif ou la world-musique, à chaque fois je kiffe grave comme dise les jeunes. Je m’approprie sa musique comme s’il l’avait composé rien que pour moi. Il est fort quand-même le Peter…

Avec Scratch my back, on est comme souvent avec Peter, dans le concept. Le truc pas banal qui sort de l’ordinaire. Pourtant, si je vous dis que c’est un album uniquement composé de reprises, vous allez me dire qu’on a déjà vu ça. Vous allez me dire que c’est le genre de bouses que pondent les musicos en panne d’inspiration, ou encore un album destiné à payer le fisc…
Et bien non ! Rien de tout ça ! On est dans le concept je vous dis !

Certes, Peter Gabriel n’a fait que reprendre des standards, mais pas n’importe lesquels, et surtout pas n’importe comment.
Jugez plutôt : Si je vous dis David Bowie, Paul Simon, Elbow, Bon Iver, Talking Heads, Lou Reed, Arcade Fire, The Magnetic Fields, Randy Newman, Regina Spector, Neil Young et Radiohead… C’est quand même pas de la gnognotte ces gens-là !

Et puis surtout c’est repris avec une règle principale, pas de percussion ni de guitare.
Ah, là vous dites que ça doit être bizarre tout de même… Et bien non, ce n’est pas bizarre, c’est magique !

A l’écoute on a l’impression d’être entré dans un truc vachement intime. Des instruments qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, comme le cor ou la trompette, ponctuent de leurs airs des morceaux où le symphonique se substitue avantageusement à la guitare électrique… On est bien quand on écoute ça.
Et puis la voix bien sûr… Cette voix si particulière qui déraille parfois, mais toujours en restant juste.

Enfin, il y a un truc vachement bien que j’ai pu faire grâce à Deezer, c’est d’aller à la découverte des artistes et des morceaux qui ont servis de support à cet album. Je ne les connaissais pas tous, ou du moins pas ces morceaux-là, et je peux vous dire que les reprises de Peter n’ont rien à envier aux originaux.

Allez, je ne vous en dis pas plus, et je vous laisse le découvrir.

Enjoy listening !

Découvrez la playlist scratch my back avec Peter Gabriel


Ah oui, pendant que j’y suis, je vous informe qu’il n’y aura pas de billet demain. Je commence mon parcours de « réinsertion » de trois matinées par semaine. Donc à partir de demain, il y a des chances pour que vous n’ayez plus qu’une publication tous les deux jours. Oui, je sais. Moi aussi ça me fait chier. Mais bon, je vais peut-être arriver à m’organiser autrement… Peut-être qu’en me levant encore plus tôt le matin ça va pouvoir le faire. On verra bien…

samedi 20 février 2010

Phillips, des télévisions jetables et des employés jetables…

Le tribunal de grandes instances de Chartres vient de suspendre le plan de licenciement de l’usine Philips de Dreux et a ordonné la reprise du travail dès lundi, sous peine d'une astreinte de 25 000 euros par jour, et la «suspension du projet de licenciements collectifs».

J’aime assez quand la justice se prononce pour les travailleurs contre les patrons. On a vraiment une impression de justice justement et c’est bien ça qui compte… Le problème c’est que nous savons bien que cela n’est que partie remise et que le groupe industriel, au final, mettra à la porte ces 212 employés quoiqu’il arrive…

C’est honteux, c’est immoral, c’est violent, c’est tout ce qu’on veut, mais en même temps… C’est logique.

Une logique de merde, je vous l’accorde, mais une logique quand même.

Je ne sais pas si vous avez vu Envoyé Spécial ce jeudi, mais il y avait un reportage sur les méthodes de constructions et de ventes des appareils d’électroménager… Vous l’avez vu ?
Et dans ce reportage justement, à un moment (48ème minute) on parle de Philips et de la façon dont ce groupe fabrique ses téléviseurs pour que ceux-ci tombent en panne au bout d’un certain temps.
Bon, personnellement je n’ai rien appris de nouveau sur ce sujet, je trouve simplement normal qu’on ose enfin en parler sur une chaine publique lors d’un programme de grande écoute.

Mais au regard de ce qu’il se passe avec cette usine à Dreux, je ne peux m’empêcher de voir une espèce de continuité dans cette logique ultralibérale…
On fabrique des télés irréparables, donc jetables, à des coûts dérisoires pour être vendues à des prix prohibitifs, dégageant ainsi des marges colossales. Et pour que la crise n’impacte pas ces marges, l’employé devient jetable lui aussi.

Alors c’est vrai que la décision du tribunal fait plaisir, mais elle ne sanctionne en fait que la privauté avec laquelle l’entreprise s’est comportée, pas sa logique détestable. Car soyons lucides, cette privauté, ce déni des règles les plus élémentaires du droit du travail, ne pouvait qu’être sanctionné. C’était inévitable.
La question qu’on doit se poser, selon moi, c’est sachant probablement cela, pourquoi la direction de Philips c’est-elle comportée ainsi ? Car ne me dites pas qu’un grand groupe comme celui-ci ne dispose pas d’un bataillon entier de spécialistes ad-hoc capable de dire le droit et de prévenir la boulette ! Alors pourquoi ont-ils cru pouvoir passer outre ? C’est ça qui est important.

La réponse à cette question, je ne la connais pas encore, je ne peux que la subodorer. J’y vois comme un test, une attaque en vue de tester la réactivité des travailleurs d’une part, et de la justice d’autre part. Je ne suis pas un adepte des complots, vous le savez, cependant cela ne m’étonnerait pas outre-mesure si ces accrocs répétés aux règles de licenciements n’avaient pour seul but que de créer un maximum de conflits de façon à amener les pouvoirs publics à entamer une révision du code du travail…
De là à imaginer une espèce d’entente chaperonnée par le MEDEF, il n’y a qu’un pas que je suis prêt à franchir allègrement.

Car quoiqu’il arrive, les employés de Philips ont déjà perdu. Ils mènent un ultime combat, un baroud d’honneur pour ne pas crever en silence. La seule chose qu’ils peuvent retirer de ce combat, c’est de partir après avoir soutiré le maximum de pognon de leur employeur…

Mais cette dernière bataille, pour dérisoire qu’elle soit, elle n’en n’est pas moins digne. Elle est digne des 300 des Thermopyles, de Fort Alamo ou de Cameron. Elle a du sens. Elle a de la gueule.

vendredi 19 février 2010

Des burgers halals roubaisiens ? Et alors ?

Il y a une chose que j’aime bien chez vous, mes lecteurs, c’est que des fois lorsque vous sentez que je suis en panne d’inspiration vous m’envoyez des sujets pour j’écrive un truc…
Ouais, j’aime vraiment bien quand vous faites ça.

Bon, je me doute bien que si vous le faites, ce n’est pas uniquement parce que vous vous préoccupez de mes affres de scribouillard… C’est aussi parce que vous, vous aimeriez bien vous exprimer sur ce sujet, ou que vous pensez que la nouvelle est d’importance et qu’il faut la faire circuler.
Alors, c’est vrai que la plupart du temps je n’en fait rien… et je m’en excuse. J’ai ma propre dynamique qui fait que ce que vous me suggérez ne correspond pas forcément à l’humeur du moment, ou bien carrément je me sens totalement incompétent sur le sujet… Ou alors, c’est que je n’ai pas encore eu le temps de me faire un avis.

Mais bon, cela-dit je tenais quand même à vous dire que c’est le genre de petite attention qui me fait plaisir.

Pourquoi je vous raconte ça, et bien c’est parce qu’aujourd’hui je voulais vous dire deux mots sur cette histoire de burgers halals roubaisiens. Et si je vous ai infligé ce long préambule, c’est parce que dimanche dernier, déjà, l’un d’entre vous m’envoyait un lien pour m’avertir de ce qui fait aujourd’hui la polémique dans les médias. Sans doute s’imaginait-il que laïcard comme je suis, j’allais sauter sur le truc comme la vérole sur le bas clergé… Sauf que moi, il me faut du temps pour me faire un avis, et il m’a fallu quasiment la semaine pour que celui-ci germe et que je me décide à vous en faire profiter.

Et bien je vais peut-être en étonner quelques-uns, mais que la chaine Quick ait décidé de ne servir que de la viande halal avec ses burgers, et bien ça ne me choque pas plus que ça. Je vais même vous dire que je trouve la plainte déposée par la mairie de Roubaix complètement ridicule et hors de propos.

Je m’explique. Qu’une entreprise de restauration, décide pour des raisons éminemment commerciale de privilégier une partie de sa clientèle au détriment d’une autre, ne regarde qu’elle. Si elle a envie de prendre le risque de perdre une partie de sa clientèle, ça la regarde non ? Il ne s’agit pas d’un service public que je sache ? Ou alors c’est que la malbouffe est devenu tellement indispensable au populo qu’elle en deviendrait aussi vitale que l’électricité ou le gaz. Et ça, ma foi, je crois bien que nous n’en sommes pas là. Pas encore.

Si les patrons de Quick ont décidé de faire ça, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une volonté délibérée d’attiser le communautarisme comme j’ai pu le lire ici, ou l’entendre (faites gaffe c’est du Barbier). S’ils l’ont fait, c’est pour gagner plus de frics, point barre.

Après, que certains (beaucoup) s’emparent du sujet pour crier haro sur le burger halal, revient là par contre à attiser le communautarisme. Et c’est bien pourquoi on entend bien plus la droite gueuler que la gauche sur ce sujet. On nous parle de laïcité, mais qui a dit qu’une entreprise capitaliste devait être laïque ? C’est marqué où ? Nulle part.

Et puis, lorsque je dis que Quick peut prendre le risque de perdre une partie de sa clientèle, cela n’a rien de sûr. Rien n’empêche le bon chrétien de bouffer halal s’il en a envie, ni même casher ! Et c’est bien en ça que la plainte pour discrimination est parfaitement ridicule. Surtout quand on sait que tous les KFC ont déjà viré halal depuis un bout de temps et que personne n’en n’a fait un fromage.

Alors bien sûr, je ne dis pas que cette décision me fasse plaisir… Non pas parce qu’on a décidé de privilégier une religion plutôt qu’une autre, ça je m’en tape puisque de toute façon leur rituels à la con me passent par-dessus la tête, mais plutôt parce que, encore une fois, une entreprise a fait passer ses intérêts financiers avant ses responsabilités sociales… Là oui, ça me choque. Ils auraient dû réfléchir un peu avant de le faire et se dire que dans le climat actuel ce n’était peut-être pas le moment d’en rajouter une couche.

Et en même temps, que pouvions-nous attendre d’autre du libéralisme en action ? Hein ? Quedalle.

Pour finir, je vous mets la chronique de Guy Carlier sur le sujet… C’est plein d’humanité et de bon sens.


Quick ou la psychose collective
par Europe1fr


D’autres ont traité du même sujet que moi aujourd’hui et expriment un avis relativement similaire, il s’agit de Partageons mon avis et Dedalus.

jeudi 18 février 2010

Penchard et Pandraud, les deux pets du jour

Marie-Luce Penchard… Depuis que j’ai allumé ma télé ce matin, je n’entends que ce nom-là.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle penche pour son île qui est d’après ce qu’elle nous dit, sa patrie. Bon, moi je croyais que sa patrie c’était le France… Je dois être mal informé. Penchard cela ne doit pas être français comme nom… Auvergnat peut-être ?
En tous cas, dans le climat actuel, son dérapage incontrôlé provoque l’ire à gauche comme à droite. Ca gueule de partout dis-donc !
Décidemment, le poste de ministre de l’Outre-mer n’est pas une sinécure.

Sinon, Robert Pandraud est mort, c’est ce que je viens d’apprendre…

J’imagine déjà les plus jeunes d’entre vous se demander : C’est qui ce type ? Pourquoi la droite a-t-elle la larme à l’œil ?
Moi, je me souviens très bien qui était Pandraud… C’était le séide en chef de Pasqua et le responsable directe de la mort de Malik Oussekine. Le patron des « voltigeurs », ces binômes motorisés qui matraquaient à tour de bras les gamins dans la rue…

Pandraud est mort, bon débarras.

Voilà, c’était donc les deux pets du jour. A demain, en espérant (pour vous) que j’aurais un peu plus d’inspiration…

17h50 : Héhéhé !!! Je vous rajoute ça sur le pédigrée de Marie-Luce Penchard. Du bon Didier Porte !




mercredi 17 février 2010

A la vitesse d’un neurone au galop

Ce matin, alors que j’ouvrais l’œil et constatais avec amertume qu’il était 04h43, je me suis dit que je détenais la solution pour régler une bonne fois pour toute le problème des retraites.
Ouais, rien que ça.

Vous avouerez que ce n’est pas banal quand même… Vous êtes là tranquille, vous émergez d’un sommeil un peu court, et votre esprit commence à batifoler. Vous vous dites que vous avez un rendez-vous aujourd’hui à 11h30, ce qui ne vous laisse que peu de temps pour écrire un billet compte tenu du trajet qui va avoisiner l’heure.

Vous vous dites que vous aimeriez bien vous pencher un peu sur la polémique autour du dernier bouquin d’Elisabeth Badinter. L’idée d’en faire le sujet du jour vous tente bien, mais cela nécessiterait un minimum de recherche et que vous n’aurez probablement pas le temps.

Vous vous dites que votre cheville vient à son tour de se réveiller et qu’avant même d’avoir effleuré le sol, elle commence déjà à vous punir des quelques centaines de mètres que vous avez du faire hier pour éviter le cortège du Carnaval.

Vous vous dites que les photos que vous avez prises hier montre bien quel temps pourri il fait en ce moment. D’ailleurs l’ami que vous avez croisé ne vous a-t-il pas dit que c’était l’hiver le plus froid depuis 1985 ? Du coup ça vous fait repenser à l’autre imbécile d’Allègre que vous avez vu hier au soir au Grand Journal, et vous vous dites que ces arguments étaient tellement ridicules que cela ne mériterait sans doute pas de pondre un billet pour les réfuter. Quoique, il serait peut-être judicieux de rappeler aux béotiens que le réchauffement de la planète n’induit pas forcément que la météo va virer à la canicule, et que ce sont les équilibres qui vont s’en trouver modifiés. Hiver plus froid et été plus chaud. Et adieu les intersaisons. Voilà, c’est pas compliqué à comprendre pourtant.

Tiens, une canicule, en voilà une idée pour résoudre le problème des retraites !

En plus, ça résoudrait aussi par la même occasion le problème du logement. Et oui, imaginez un peu tous ces appartements occupés par des vieilles veuves qui s’éternisent en s’accrochant à la vie. Ça va faire des années qu’elles végètent dans un trois pièces cuisine pour elles toutes seules alors que vous, vous galérez dans l’appartement du dessous avec vos deux gosses dans la même chambre, et vous qui dormez avec bobonne sur le canapé du salon.

Dans la foulée, on peut même imaginer qu’une canicule salvatrice aurait comme conséquence d’accélérer les successions. Le petit pactole qui végète (lui aussi) à la Caisse d’Epargne augmenterait de façon substantielle, quoique momentanée, le pouvoir d’achat des plus jeunes...

Donc, il n’y a pas à tortiller, le changement climatique c’est bon pour la croissance et ça assainit les comptes publics.

A la pendule il est 04h44.

En une minute, à la vitesse des impulsions électriques de vos neurones, légèrement ralentie par les échanges chimiques au niveau des synapses, vous avez fait le point sur votre programme de la journée. Vous avez passé en revue quelques sujets d’importance (ou pas) et au final vous avez trouvé la solution pour enrayer ce fichu problème des retraites, la crise du logement ET celle du pouvoir d’achat.

C’est formidable un cerveau humain tout de même. Ça galope à l’intérieur plus vite qu’un canasson et ça vous sort des idées tellement lumineuses qu’on dirait des augures.

Le problème c’est qu’après avoir avalé votre café, vous vous dites qu’heureusement ces genres de délires ne sont que les vôtres, et qu’il vaut mieux qu’ils ne germent pas dans l’esprit d’un chef d’état… Parce que si pour vous ça vous fait de la mouture pour remplir une page, pour d’autres cela pourrait bien devenir un programme.

mardi 16 février 2010

Remise en question (suite)

Me revoilou ! Tralalou !

Bon, vu mon entame vous vous dites que ça c’est plutôt bien passé. Et vous avez raison, ça c’est bien passé. Ca c’est même très bien passé.

J’ai été, n’ayons pas peur des mots, brillant. La tête haute, le verbe clair, les joues légèrement empourprées mais le débit sûr, j’ai su être à la hauteur de tout ce que je vous ai raconté ce matin.

Comme quoi, le fait d’avoir étalé mes idées sur l’écran a été plus que profitable. Sans compter les quelques conseils et encouragements que j’ai réussi à glaner avant de partir… Là, pour le coup, je tiens à remercier Tsuki qui a su si bien se mettre à ma place. Merci petiote.

Alors, et bien j’ai été tellement convaincant que j’ai rendez-vous dès demain avec une association pour mettre en place une espèce de suivit individuel à la carte. On va pouvoir discuter de mon handicape, de la nécessité ou non de refaire un bilan de compétence… Bref, on va me materner pendant au moins un trimestre sans pour autant me mettre la pression. Et ça, j’aime assez. Qu’on ne me foute pas la pression...

Sinon, même en partant une heure et demie à l’avance, j’ai bien failli arriver en retard avec leur connerie de carnaval à la manque ! Je ne vous dis pas le bordel en ville !
Cela dit, j’ai quand même pris le temps de faire quelques clichés en passant près du cortège carnavalesque. Je vous ai mis les plus réussies !

Merci encore pour votre soutien !

Remise en question

Bon, je ne ferais pas de billet politique aujourd’hui… Quoique, on pourrait, je pense, trouver des liens entre mon histoire personnelle et la politique, car comme je l’ai désormais compris : Tout est politique.
Même quand tu vas acheter ton pain, tu fais de la politique. Pain bio ? Pain industriel ? Boulangerie de quartier, ou point de vente dans un super marché ? Rien qu’en allant chercher un truc aussi bête que du pain tu fais un geste politique… Alors bien sûr, tu peux ne pas en avoir conscience, ou carrément t’en battre l’œil. Mais dans ce cas également tu fais de la politique puisque tu consommes sans te poser de questions. Tu valides par ton geste inconscient la façon dont le monde tourne… Tu deviens complice et donc acteur par conséquent.

Mais bon, ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler aujourd’hui. Car aujourd‘hui est un jour spécial pour moi. Un jour que, malgré moi, j’appréhende vraiment pour la première fois depuis… Trois ans.
Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec mon assistante sociale pour un entretien visant à reconduire mon contrat d’insertion.

Et pourquoi je balise, alors que depuis le temps ce genre de chose devrait passer comme une lettre à la poste ? Et bien parce que pour la première fois depuis trois ans je n’ai pas la conscience tranquille.

Enfin, ce n’est peut-être pas la bonne expression… J’ai ma conscience pour moi on va dire, mais je crains qu’elle ne convienne pas à cette chère assistante.

Je ne vais pas revenir sur mon cas, pour ça vous n’avez qu’à fouiller un peu sur ce blog, mais en gros jusqu’à l’été dernier j’étais officiellement dispensé de recherche d’emploi et de toutes espèces de simulacre de réinsertion pour raisons médicales. Je me faisais soigner, et tant que mon peton n’allait pas mieux, je ne devais penser qu’à une chose, moi.

Ce qui a changé, c’est que j’ai arrêté de me soigner. J’ai même arrêté de croire que je pouvais guérir… Donc, même si ma cheville ne va pas mieux, je n’ai plus d’excuses pour le système, et il va falloir que je me réinsère.

Et franchement, j’ai pas envie. Enfin si, j’ai envie mais en même temps non… Grrr !!! C’est compliqué à expliquer !

J’ai envie d’être utile à quelque chose, j’ai envie de gagner de l’argent, j’ai envie d’arrêter de me faire du souci pour mes factures d’électricité et de gaz… Mais en même temps, je ne veux pas rentrer dans une logique qui me débecte et devenir le type qui bosse pour faire rentrer uniquement du fric et qui s’assoie sur son canapé le soir crevé, et qui ne pense plus.
J’ai bien trop fait de progrès dans ce domaine ces dernières années pour accepter de retourner dans une routine aliénante ! Merde !

En fait tout cela me fait peur… J’aime bien ma vie actuelle, j’aime bien consacrer mon temps à ce blog, j’aime bien rêver qu’un jour je partirais sur un bateau… mais bon, à un moment il me faut peut-être arrêter de rêver. Ou du moins jouer un peu le jeu, histoire de ne pas avoir plus d’emmerdements que je n’en n’ai déjà.
J’aime pas les changements. En fait c’est ça. J’appréhende la nouveauté, parce que j’ai besoin de me sentir en sécurité, et que le changement induit forcément une mise en danger… Et le Gwen en danger, je peux vous dire que c’est pas un cadeau. La dernière fois que je me suis senti en danger, j’ai viré dépressif au dernier degré et j’ai failli crever à force de boire. Vous comprenez que là, tout de suite, je n’ai pas trop envie de recommencer. Hein ?

Donc, forcément, j’ai un peu la trouille. Normal.

Mais bon, on va faire en sorte que ce qui s’est produit ne se reproduise pas de nouveau. On va faire en sorte de se dégotter un petit job sympa, valorisant et rémunérant.
Vous pensez que je rêve encore ? Peut-être… Mais en même temps si on n’y croit pas un minimum…

Alors aujourd’hui une nouvelle étape dans la vie du Gwen va s’ouvrir. Je vais devenir officiellement un chercheur d’emploi handicapé. Cela vous promet quelques billets sur le statut du travailleur handicapé dans notre société et sur le parcours du combattant que cela peut être. Ou pas. On verra.

Bien sûr, ce nouveau statut aura un impact sur la tenue de ce blog… Je ne sais pas encore très bien laquelle, mais je doute que je puisse passer trois heures à vous pondre un truc tous les jours… Et moi j’ai besoin de mes huit heures de sommeil. Donc, la régularité va changer, les sujets abordés aussi, et même probablement l’esprit dans lequel j’écris habituellement.

C’est marrant, lorsque j’ai commencé à écrire ce que vous êtes en train de lire, je ne savais pas trop où cela allait me mener, ni même si cela allait avoir un sens… Et puis je me rends compte que l’angoisse qui m’a pris les tripes depuis hier s’en trouve largement diminuée !
C’est vrai quoi, je ne dis pas que je vais aller à ce rendez-vous l’esprit serein, mais en tous cas j’irais avec quelque chose à dire et les idées un peu moins embrouillées.

L’écriture a cela de bon, qu’elle clarifie les choses. Et c’est bien pour ça que je vous embête aujourd’hui avec mes petits problèmes persos.
En plus, je compte un peu sur vous pour me donner un peu de soutien et des bons conseils ! M’enfin, ce sera peut-être un peu tard pour les conseils puisque le rendez-vous est à 14h00 et que j’ai une heure de bus pour y aller…

Mais bon que cela ne vous arrête pas, je lirais tous ça en rentrant, et je vous raconterais tout par le menu !

A plus !

lundi 15 février 2010

Réforme des retraites, enfin le déclic ?

La question que je me pose en ce début de semaine, c’est de savoir si enfin nos syndicats vont arriver à retrouver leurs couilles.
D’accord, c’est peut-être un peu présenté crument, mais avouez que la question est d’importance puisque c’est aujourd’hui que commence ce qu’ils appellent un « sommet social » consacré à la réforme des retraites.

D’après la presse quotidienne de ce matin, il semblerait que la retraite après 60 ans soit considérée comme un casus belli… Bon, moi je veux bien, mais l’expérience nous montre que les Mailly, Chérèque et autres Thibault n’en sont pas à une compromission près, et qu’ils se sont plus souvent couchés devant le patronat ces derniers temps, que la décence ne le permet.

Aussi, lorsque je lis une telle radicalité dans le propos (casus belli), je me dis que c’est un peu trop beau pour y croire…
D’autant plus que la gauche « gouvernementale » (comme les tiédeux aiment à se nommer eux-mêmes) ont déjà montré qu’ils étaient près à faire moult concessions en la matière. D’abord le lapsus de Titine, vite démenti mais trop tard quand même. Puis encore hier la langue de bois de Moscovici, du genre ça restera la règle mais elle ne sera plus obligatoire… Même Méluche s’y est mis en bottant en touche de belle manière ! Bref, il semblerait bien que les dés en soient jetés et que la retraite à 60 ans soit belle et bien enterrée, comme le reste d’ailleurs.

Le seul qui ait osé se déclarer en faveur du maintien de la retraite à 60 ans, c’est Olivier Besancenot. Il a appelé hier à un front unit regroupant tous les partis de gauche… Mais bon, personne ne lui a répondu pour l’instant, et je doute qu’ils le fassent.

Mais bon, même si apparemment les acteurs de ce sommet social sont déjà presque d’accord sur les résultats, il n’empêche que cela risque de ne pas être la même sauce pour le peuple… C’est qu’ils y tiennent à leur retraite les bougres !

D’ailleurs c’est bien pour ça que depuis quelques jours on nous abreuve de chiffres en tous genres. On nous montre avec de beaux tableaux ce que font nos voisins européens. On nous dit que nous sommes une « particularité » par rapport à eux… Mais si l’on écoute bien le ton avec lequel ce mot de « particularité » est prononcé, on entend clairement d’autres termes comme « bizarrerie », « anachronisme » voir « imbécilité ».
En clair, il s’agit là d’une offensive médiatique destinée à nous préparer au pire et à nous le présenter comme quelque chose d’acceptable.

Et c’est bien pour ça que je suis plus que sceptique sur le résultat de ce sommet. La crise est là, et comme levier pour avaler d’énormes couleuvres il n’y a pas mieux ! Demandez aux grecs et aux espagnoles !

Non, ce que j’espère vraiment c’est que cette déclaration préliminaire des syndicats ne soit pas une posture de plus. J’espère vraiment qu’ils écouteront leur base pour une fois, et qu’ils feront ce qu’il faut pour empêcher qu’un de nos acquis sociaux le plus cher ne soit sacrifié sur l’autel du pragmatisme économique.

En fin de journée doit avoir lieu une réunion intersyndicale pour faire un premier bilan et décider, ou pas, s’il y a lieu de mobiliser les travailleurs…

Je croise les doigts, mais je vous avoue que c’est sans conviction… Pourtant, se serait tellement bien si cette réforme de plus était la réforme de trop, et qu’elle serve de déclic à la populace vengeresse ! Hein ?

Oh oui, ça serait bien… Un déclic ! Enfin !

dimanche 14 février 2010

Machination

Hier j’ai fait allusion à la série Hero Corp, ce qui n’a pas manqué de faire frétiller le Pseudo. Et il a raison de frétiller le Pseudo, car Hero Corp fait partie de ces Objets Télévisuels Non Identifiés dont la famille Astier sait nous gratifier depuis quelques années, comme Kaamelott par exemple.


Et bien figurez-vous qu’en farfouillant un peu, je suis tombé sur ça. Ça, c’est un court métrage d’Arnaud Demanche intitulé MACHINATION. Avec dans le rôle principal Simon Astier (ben oui, c’est bien pour ça que je vous en parle).

J’ai trouvé MACHINATION très intéressant dans le sens où cela nous parle des dérives du net, des théories du complot, tout ça… Enfin, vous verrez bien !

En tous cas, c’est un divertissement idéal pour les dimanches tous pourris comme celui qui se dessine… Ouais, il fait un temps à rester bien au chaud derrière son ordi !


Allez ! Bon visionnage !

samedi 13 février 2010

Dialogue

-Alors le Gwen, tu te mets au boulot ?

-Hein ? Qu’est-ce que tu dis ?

-Je dis, alors le Gwen, tu te mets au boulot ? Parce qu’il est temps là…

-Ouais-ouais… Mais en même temps on n’est pas aux pièces hein…

-Comment ça on n’est pas aux pièces ? Il est neuf du mat et si tu veux pondre un truc pour aujourd’hui, il serait temps que tu te bouges un peu le cul.

-Oh, comment tu parles toi ! T’es obligé d’être grossier comme ça si tôt le matin !

-Excuse-moi de heurter ta sensibilité de chochotte, mais je te signale quand même qu’à neuf du mat, la matinée est déjà bien avancée !

-Ouais bon ça va maintenant ! Moi je te signale quand même que si j’ai pas envie d’écrire, et bien j’écris pas. Et pis c’est tout.

-Ah ça-y-est, voilà que ça te reprend ! Môssieur n’a pas envie ! Môssieur nous refait le coup de la flemme ! Je ne sais pas si tu t’en es rendu compte, mais une des règles du bloguage c’est de publier tout les jours. Alors si tu veux continuer à augmenter ta visibilité, il n’y a pas à tortiller. Il faut que tu te sortes les doigts du cul !

-Oh ! Ça va bien maintenant ! Je t’ai déjà dit d’y aller mollo avec les gros mots !

-Et toi, n’en profite pas pour changer de sujet !

-D’abords, je te ferais dire qu’il n’y a pas que la « visibilité » dans la vie… Il n’y a pas que la course à l’audience qui compte ! Et j’ai bien le droit de rien branler si j’ai envie…

-On dit le droit de Ne rien branler, crétin !

-Ta gueule !

-Ah, là c’est toi qui devient grossier…

-Putain de Dieu ! Tu commence à me chauffer toi ! Alors tu vas fermer ta grande gueule et me laisser faire comme j’ai envie. C’est qui le taulier d’abord ? Hein ? C’est moi j’te signale ! Alors si je décide qu’il n’y aura rien aujourd’hui, il n’y aura rien aujourd’hui, c’est clair ?

-Bon, ça va… Calme-toi…

-Est-ce que c’est clair ?

-Oui-oui… C’est toi le patron…

-Bien !

-N’empêche que…

-Ta gueule.

-Ok. Bon bon… Il n’y aura rien aujourd’hui, j’ai compris. Alors on fait quoi ?

-Comment ça on fait quoi ?

-Et ben tu vas faire quoi de ta matinée ? T’as prévu un truc ?

-Heu… Je sais pas encore.

-Ah…

-Si ! Je sais ! Je vais terminer de regarder la saison 2 de Héro Corp et puis après j’irais faire des courses. Parce que je ne sais pas si tu t’en es rendu compte mais le frigo est vide.

-Très juste. Ça c’est une bonne idée les courses…

-Ouais !

-Je peux regarder avec toi ?

-Quoi donc ?

-Et bien les derniers épisodes de Héro Corp ! Je peux les regarder avec toi ?

-Si tu veux… Mais tu te tais.

-No problemo.

-J’ai dis, tu te tais.

-Ok.

-Ferme-la !

-…

-…

-Faudra que t’achètes du tabac aussi.

-Oui, je sais. Merci.

-De rien.

-…

-Gwen ?

-Mmmm…

-Je t’aime tu sais ?

-Oui je sais. Moi aussi je t’aime...

vendredi 12 février 2010

Ces Grecs qui font bander Nicolas

Ce matin j’avais envie de parler de ce qui se passe Grèce. Sauf que pour tout vous dire je n’y pige pas grand-chose. Enfin, je pourrais si je m’en donnais la peine, mais pour ça il faudrait que je potasse un peu… Et je n’ai pas envie.

Mais est-ce que cela va m’arrêter pour autant ? Que nenni fidèle lectorat ! J’ai la faiblesse de croire (ou l’orgueil, c’est vous qui voyez) qu’un regard candide sur les choses est aussi une source d’information. Alors je vais candider.

D’après ce que j’ai compris, à partir de ce que j’ai entendu, la Grèce est en faillite. C'est-à-dire qu’elle n’a plus les ressources nécessaires pour assurer le paiement de son train de vie, de ses fonctionnaires. Circonstance aggravante, le fait que la Grèce trébuche, attire des spéculateurs sans scrupules (pléonasme !) qui en profitent pour parier sur la chute du pays, accélérant d’autant le processus de faillite…
Craignant un effet domino qui pourrait entrainer la chute d’autres pays qui ne vont pas bien non-plus, la zone euro se mobilise donc pour inciter la Grèce à se reprendre en main. Pour eux, pas question de prêter du fric à ces grecs qui ne savent pas le gérer, mais par contre ils peuvent toujours se fendre d’exigences pour « redresser » la situation. Des trucs du genre : un gel total des salaires des fonctionnaires, le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite et l’augmentation des taxes sur les carburants. Bref que des trucs que Nicolas Sarkozy aimerait bien que l’on fasse chez nous, tellement il est libéral, tellement c’est comme ça qu’il faut faire pour le bonheur de la multitude. Amen.
Et puis en plus il parait qu’ils auraient falsifié leurs comptes pour faire partie du club alors…

Sauf que ces cons de grecs, je parle des péquenots de base, ils ne comprennent pas qu’on ne veut que leur bien et ils défilent dans les rues pour dire qu’ils ne sont pas d’accord.

Voilà, on en est là.

Bon déjà, on peut se demander comment ça se fait qu’un pays soit en faillite… C’est vrai quoi, un pays ce n’est pas une entreprise ! Enfin, je crois… Non ?
Logiquement un pays, lorsqu’il a des problèmes de sous, et bien il en re-fabrique le temps de s’en sortir, quitte a avoir de l’inflation par la suite, mais un pays, un état, c’est supposé être une entité insubmersible, non ? Enfin, c’est comme ça qu’on faisait avant…

Oh mais que j’suis con ! J’oubliais ! C’est fini ce temps là où les pays émettaient leur propre monnaie et étaient ainsi maitre de leur destin ! Maintenant tous les européens ont la même !
C’est donc pour ça que les autres ils balisent à mort et qu’ils ne veulent pas leur filer des sous ! Parce que ça les impacterait eux aussi !
C’est bête cette histoire, parce que s’il n’y avait pas eu la monnaie unique… peut-être que la situation ne serait pas si grave que ça en Grèce… ? Hein ? Enfin, moi j’dis ça, j’dis rien.

Et puis il y a truc qui me semble évident… Bon, on sait bien que l’Europe n’est qu’une fiction sociale, mais qu’en matière d’économie c’est une machine bien huilée qui n’a qu’un seul but : Transformer tous ces adhérents en pays ultralibéral. Donc, en fait, cette crise c’est pour elle du pain bénit pour imposer des transformations à la Grèce sans avoir la populace aux fesses. Genre, t’as pas le choix ma grande et tout pays fondamentalement de gauche que tu sois, il va bien falloir que tu t’y fasses…

Moi ce qui me fait un peu baliser, c’est que dans les journaux ils disent que la Grèce n’est qu’un début… Oui ils le disent ! Selon eux les prochains qui devraient boire la tasse se sont dans l’ordre (parce qu’ils ont même réussi à trouver un ordre) : L’Espagne, le Portugal et… la France !

Doux Jésus, j’imagine déjà la trique qui doit lui venir à notre Nain National ! Une bonne gamelle financière, ça serait l’idéal pour mettre au pas ces foutus gauchistes de merde qui empêchent les bonnes gens de faire du fric ! Avec ça, tous ces fonctionnaires rétrogrades et paresseux, ils seraient bien obligés de les accepter les réformes !

Oh oui ! J’suis sûr qu’il bande déjà le Nicolas !

jeudi 11 février 2010

La photo de la semaine

Ça a commencé vers midi...

















Et a 17h00, ça a donné ça !

















Deux fois dans le même hiver, on n’est plus dans la rareté, on est dans l’exceptionnel !

Vers une criminalisation du colonialisme français ?

Bon, aujourd’hui j’ai un peu de temps, je vais donc pouvoir m’atteler à cet article que je remets sans cesse depuis le début de la semaine… C’est bien joli d’essayer d’être sur le coup, de rebondir sur l’actualité quitte à pondre une bouse, mais à un moment il faut bien lâcher la pédale d’accélérateur et revenir à une allure plus modérée… Pour ne pas dire plus réfléchie.

Voilà, j’ai fait mon autocritique, prenez-la pour ce qu’elle vaut et venons en donc à ce qui m’amène en ce jeudi pluvieux de chez pluvieux.

Le weekend dernier, j’ai eu le bonheur de lire un des trop rares articles de Rosée Matinale. Il s’agit d’un très beau texte sur le passé et la transmission des souvenirs. Ça nous parle de la façon dont ceux-ci se baladent d’une génération à l’autre, en empruntant tout un tas de chemin aussi divers que la simple voix, ou les contours jaunis d’une vielle carte postale…
Bref, le sujet m’aillant plu, j’y ai laissé un commentaire plutôt personnel, qui a eut le mérite de réveiller en moi quelques souvenirs, mais aussi quelques regrets.

Les souvenirs, ce sont ceux de mon enfance, lorsque j’aidais ma grand-mère à préparer le couscous dominical et que parfois elle se laissait aller à raconter quelques épisodes de son passé… Et les regrets, ce sont ceux de ne pas avoir à l’époque porté autant d’attention qu’il aurait fallu à ses paroles. J’étais trop jeune sans doute, pas assez à l’écoute et un peu égocentrique comme le sont la plupart des adolescents. Mais bon, le fait est que je me retrouve quadra (comme on dit pudiquement), et je ne sais finalement pas grand-chose de la vie de mes grands-parents. Et bien sûr, maintenant qu’ils sont morts depuis presque vingt ans, il est bien trop tard pour rattraper le coup…

Elle ne causait pas beaucoup ma grand-mère, et mon grand-père encore moins, ce qui fait que j’ai d’autant plus de regrets de n’avoir pas su capter cette parole trop rare. Mais le principal sujet qu’elle abordait volontiers lorsqu’elle se décidait à ouvrir la bouche, concernait la vie d’avant… La vie d’avant 1962, date ou toute ma famille du côté de ma mère a du quitter le Maroc pour se retrouver dans ce pays inconnu et froid qui était pourtant le leur.

Vous l’avez deviné, de par mon côté maternel, je suis issu de deux générations de pieds-noirs.
Bon, je ne vais pas vous raconter par le menu les péripéties familiales qui ont amenées à se retour vers la France, mais sachez cependant que ce retour est resté comme une plaie béante qui ne s’est jamais refermée. Et ce, malgré les trente années qui suivirent.

Pourquoi donc est-ce que je vous parle de ça ? Et bien parce qu’en Algérie des parlementaires issus de toutes les tendances politiques viennent de déposer un projet de loi visant à criminaliser la colonisation française. Et que cette loi si elle est votée, et si elle est jugée conforme au droit international, aboutira nécessairement à des procès et (surtout) à des réparations financières.

Alors bien sûr on n’en n’est pas encore là. Mais j’ai le sombre pressentiment que dans un avenir plus ou moins proche, le débat sur le passé colonial de notre pays va se rouvrir et sans doute pas dans les meilleures conditions. En effet, dans le climat actuel qui est celui de notre pays, où il est possible via un pseudo débat sur l’identité nationale de tenir des positions et des propos qui jusqu’alors étaient tus car considérés comme xénophobes et racistes, je pense que de reparler de cette période est quelque peu prématuré…
Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, je dis simplement que ce n’est peut-être pas le meilleur moment.

D’ailleurs qu’est-ce que seront ces crimes coloniaux que cette loi doit encore définir ? On ne le sait pas. Cela concernera t’il la totalité de la période concernée (près d’un siècle) et considérera donc l’acte de colonisation comme un crime en lui-même ? Ou bien la criminalisation ne concernera que les crimes effectués pendant la guerre d’indépendance ? Encore une fois il est trop tôt pour le dire.

En tout état de cause, cela ne se passera pas bien. Déjà, à l’annonce du dépôt de ce projet de loi, les relations entre la France et l’Algérie qui n’étaient pas au mieux se sont tendues encore plus. Une convention de partenariat franco-algérienne qui devait être signée aujourd’hui a été reportée sans autre forme de procès.

La position de Nicolas Sarkozy concernant le passé colonial de la France est connue. Pour lui, le système colonial est « injuste par nature », mais il n’est pas question de s’enliser dans une « repentance » excessive car il s’agirait qu’un « dénigrement » de son pays… J’imagine donc que la réaction de la France, si jamais ce projet aboutissait, serait comment dire… Peu coopérative.

Comme vous l’avez pu lire, mon histoire familiale est pleine de cette période historique. Mon enfance, mon éducation, une partie de ma personnalité même, sont directement issues de cette colonisation… Aussi, je dois bien vous l’avouer, je suis assez partagé en ce qui concerne cette histoire de criminalisation du colonialisme français…
J’ai du mal à considérer que ce qu’ont pu faire ma mère, mes grands-parents, mes arrières grands parents, soit un crime.
J’ai même du mal à considérer que ce que la France a pu faire, compte tenu de la situation historique, soit un crime.
Que les crimes perpétués pendant les guerres d’indépendance, algérienne et autres, soient enfin jugés et punis, ça oui. Mais remettre en question l’acte même de colonialisme, je ne suis pas sûr que cela ait vraiment un sens. Au regard de l’Histoire je veux dire.

Et puis même si cela devait absolument se faire, sans doute est-il trop tôt pour ça. Comme je vous l’ai dis, cet aspect de l’histoire reste une plaie béante dans le cœur des pieds-noirs… Comme j’imagine elle doit l’être aussi dans celui des algériens, des tunisiens, des marocains et de tous les autres.

Souvent, dans ma tête, je revois ma grand-mère égrener la semoule, les mains luisantes de beurre. Je me souviens qu’elle me racontait la vie qu’elle menait à Casa, la vie de son quartier et celle de ses amies… Je me souviens que de temps en temps un mot en arabe surgissait à l’improviste et que ça allait vachement bien avec son accent de là-bas... Et je me souviens aussi des trémolos qui soudain s’emparaient de sa voix et des larmes qui pointaient aux coins de ses yeux… Et là, je me dis que ma grand-mère était une femme formidable, et que ce n’était certainement pas une criminelle.