Je voulais vous dire…


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dimanche 30 novembre 2008

Une affaire de principes

La commission Varinard vous connaissez ? Peut-être pas en fait… Parce que dit comme ça, Varinard c’est qu’un nom comme un autre, sans réelle signification. Mais maintenant si je vous dis que cette commission, créée en avril de cette année, a pour but de plancher sur une remise en forme de l’ordonnance du 2 février 1945. Non ? Toujours pas ? Bon ben, si je vous dis que l’ordonnance du 2 février 1945, c’est celle qui dans le code pénal réglemente la justice appliquée aux mineurs…. Ca y-est, ça commence à faire tilt dans vos têtes ? Bien.
Depuis quelques jours, la remise de ce rapport à la ministre de la justice Rachida Dati, qui doit avoir lieux le 3 décembre en vue d’un projet de loi prévu pour juin 2009, soulève de toutes parts un tollé de protestations. On hurle, on crie, on s’insurge officiellement…
Conscient de mon devoir de blogueur citoyen (j’me la pète un peu là !), je me suis donc un peu penché sur la question et je vais tenter de vous faire part de mes réflexions.

Pour commencer, je dois bien admettre que l’argumentaire de Dati, qui est de dire qu’il convient de remettre en forme, de dépoussiérer, d’actualiser, l’ordonnance de 45, semble assez légitime. Il faut bien considérer que la jeunesse de ce début de 21ème siècle, n’a plus rien à voir avec celle de l’après guerre… Sauf que, et ça on le dit moins, si vous regardez bien l’ordonnance en question, celle-ci a été régulièrement amendée et modifiée depuis sa création. 1958, 1974, 1979, 1989, 1993, 1996, 1998, 2001, 2002, 2004, 2005, 2007… Comme on peut le constater à la vue des multiples modifications apportées, la loi n’est pas restée en l’état depuis la Libération. Elle a été constamment aménagée et adaptée en fonction de l’évolution des mœurs et de la criminalité. Donc, exit l’argument de nécessité avancé par madame le ministre.

Mais bon, soit, admettons qu’il faille en venir à une énième adaptation du texte et voyons un peu ce que propose ce fameux Varinard.
Dans l’ensemble, d’après ce que j’ai lu ici ou , ou en encore ici et , sur les 70 propositions qui seront faites, seules deux ou trois apportent un réel changement sur le fond. Les autres ne sont que des adaptations sur la forme, et des propositions d’outils nouveaux pour répondre à la délinquance des mineurs : Bracelets électroniques, emprisonnement le week-end, confiscation des biens (?), etc…
Le premier grand changement, concerne la création d’un vrai code pénal adapté aux délinquants mineurs. Jusqu’à présent, les juristes n’avait pour seul outil que cette vielle ordonnance signé par De Gaulle et se débrouillaient avec en jonglant avec les textes des modifications successives. Depuis des années, certains courants politiques (de droite, voir d’extrême droite) réclamaient ce code, mais s’étaient heurtés à une forte opposition de la part des humanistes de tous bords. En effet, accepter qu’un code existe, spécialement conçu pour la justice des mineurs, c’est admettre qu’il existe réellement une délinquance juvénile, et que celle-ci n’est plus un cas exceptionnel, une erreur éducative, ou encore un manquement sociétal… C’est admettre que, à partir d’une certaine gravité des faits (laquelle, cela reste à déterminer), les parents et la société ne sont plus responsables de leurs enfants et que ceux-ci doivent assumer leurs actes. C’est admettre que nos enfants nous échappent, que nous avons échoués dans notre mission éducative. Un code pénal pour mineur, quelque part, cela institutionnalise l’échec de notre société.
Vous admettrez avec moi qu’il s’agit là d’une pilule plutôt difficile à avaler… Une complète remise en question de ce que nous considérons comme un fait acquis depuis des dizaines d’années : Nos enfants sont ce que nous faisons d’eux, et s’ils partent en sucette, c’est de notre faute.
Avec un code pénal spécialement conçu pour eux, nous admettons notre irresponsabilité. Nous nous déclarons incompétents quant à notre propre progéniture.

Ensuite, la commission Varinard propose de rabaisser l’âge de responsabilité pénale à 12 ans, et c’est sur ce point que la plupart des médias se sont focalisés. Pourquoi 12 ans me direz-vous et non-plus 13, comme cela était auparavant ?
Et bien, on peut trouver un élément de réponse en regardant les chiffres de la délinquance de 2007… « Quand les chiffres globaux montrent une diminution de 3,7 % en 2007, ceux de la délinquance des mineurs continuent à augmenter : + 1 %. Et parmi eux, celle qui augmente le plus est celle des plus jeunes : + 11 % pour les moins de 13 ans, + 10 % pour les 13-16 ans contre +6 % pour les 16-18 ans. » (Source Le Figaro). Voilà, c’est tout con, le gouvernement c’est aperçu que les crimes et délits perpétués par les plus jeunes grimpaient plus vite que dans les classes d’âges supérieures. Automatiquement, je dirais même bêtement, les énarques ont donc considéré qu’il fallait abaisser l’âge de la responsabilité pénale, histoire de pouvoir châtier cette nouvelle délinquance en culotte courte. Nous sommes là dans une posture défensive, certains dirons même répressive, et ils n’auront pas tort… Car depuis que notre Président Glorieusement Elu est au pouvoir, celui-ci à décidé qu’il était vain d’essayer de faire à la fois du préventif ET du répressif. Cela coute trop cher, cela rend les policiers schizos que de jouer au foot avec les gamins pendant les week-ends et les vacances scolaires, et de leur courir après pendant le reste de l’année… Lorsque l’on engage du temps et de l’argent dans de la prévention, les résultats sont aléatoires et celle-ci peut se révéler inefficace. Alors que si ce temps et cet argent est uniquement consacré à la répression, là au moins, on a des résultats tangibles, justifiables et preuve d’efficacité… Encore une fois, nous avons là, la preuve éclatante des bienfaits du pragmatisme à la Sarkozy, et nous nous éloignons encore un peu plus de cette responsabilité dont je vous parlais plus haut.

Je ne suis pas juriste, loin s’en faut, mais il me semble que jusqu’à présent les juges pour enfants, chargés d’établir au cas par cas la culpabilité et les peines encourues par les délinquants mineurs, faisaient preuve avant tout de discernement, et c’était bien là leur principale fonction. Un discernement qui consiste à déterminer si l’enfant est conscient ou pas de ce qu’il fait, s’il a été manipulé ou contraint d’une quelconque façon. Le juge pour enfant n’est pas seulement là pour punir, mais également pour faire la part des choses entre ce qui relève du défaut d’encadrement et ce qui est véritablement délictueux. Enfin, le juge pour enfants est là pour faire en sorte que l’esprit de l’ordonnance du 2 février 1945 soit respecté. A savoir : La primauté de l’éducatif sur le répressif.
Avec cette réforme, à 12 ans, tous les enfants seront susceptibles d’être jugés et emprisonnés s’il y a lieux. Plus question de tenter de déterminer s’ils sont responsables ou non, ils le seront d’office. L’esprit de la loi s’en trouvera alors totalement inversé, le répressif primera sur l’éducatif.

Il me reste un dernier point à aborder avec vous, si vous le voulez bien. Un point qui me semble important, au moins autant que la démission de notre société face à ses enfants.

Cette société qui est la notre, et à laquelle malgré mes airs de gueulard invétéré je suis attaché, est régit par un principe : Les catholiques nomment ça la rédemption, moi je préfère parler de perfectibilité… (Chacun ses mots, mais tant qu’on parle de la même chose…) Les gens changent, et plus particulièrement les enfants. A 12 ans, et même à 13, 14, ou même 16 ans, il me semble qu’il serait infiniment plus profitable à un enfant de rencontrer des éducateurs professionnels chargés de corriger un système de valeur défaillant, plutôt que de se voir incarcérés. D’autant plus, si l’on considère d’une part l’état de notre système carcéral, qui je vous le rappelle est considéré comme juste un peu moins pire que la Moldavie (Voir ici), et d’autre part, les chiffres de la récidive (cinq ans après une libération, le taux de retour en prison d’anciens détenus, tous délits et crimes confondus, est en moyenne de 41 %).
Punir par de la prison, est encore une fois un renoncement. Le renoncement à ce principe de perfectibilité de l’être humain. Et lorsqu’il s’agit de nos enfants, je dis que c’est tout simplement lamentable.

Pour ma part je crois fermement à tous ces principes dont je viens de vous parler. Ils sont le fondement d’une société qui est la mienne et à laquelle je crois.
Je vous les rappelle, histoire que cela soit bien clair pour tout le monde :
Nous sommes tous responsables de nos enfants. L’éducatif doit toujours primer sur le répressif. L’être humain peut, et doit toujours être amené à s’améliorer.

La véritable justice serait que l’on se donne les moyens pour que ces principes perdurent.

Le rapport que va soumettre cette commission va à l’encontre de ces principes premiers, et s’il est suivit des faits, la loi instituant la réforme du code pénal pour mineurs ira également contre ces principes. Voilà pourquoi, moi je dis : NON !
Je sais, j’aurais pu simplement vous dire que je n’étais pas d’accord avec notre PGE, mais je trouvais que c’était un sujet important qu’il convenait d’argumenter un peu… Non ?
Bon ! Allez ! Passez une bonne journée quand même !

lundi 24 novembre 2008

Révolution, manipulation et interrogations...

Le 11 novembre dernier, alors que la Nation reconnaissante décorait quelques tommys (à défaut de nos poilus, épargnés par l’ypérite mais terrassés par l’âge) la police antiterroriste mettait la main sur les dangereux activistes responsables des attentats perpétués contre les lignes de la SNCF…
Ouf ! La France pouvait enfin reprendre sa respiration, douloureusement suspendue depuis que les trains se mettaient à arriver en retard alors que les gauchistes de la CGT ne faisaient même pas grève.
La nouvelle tomba comme une grosse pierre dans l’onde miroitante, il existait, tapie dans l’ombre, une ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome, belle et bien décidée à terroriser notre beau pays.
Stupeur et consternation ! Les vieilles peurs estampillées seventies, patte d’éph’ et patchouli revenaient assaillir le bourgeois libéral déjà bien amoché par la crise financière.

La découverte d’un tel groupe stupéfia donc la ménagère et dopa les ventes du Figaro qui se mit à titrer à tout va sur l’enquête en cours. La personnalité marginale des suspects, la possibilité d’un réseau européen structuré… Bref, des titres bien accrocheurs susceptibles de faire baliser encore plus la ménagère précitée. La ministre de l’Intérieur, relayée en cela par le procureur Jean-Claude Marin, déclara alors estimer que la chienlit représentait quelques 300 personnes dûment fichées et surveillées par les services compétents (sic !).
Dans le genre « discours anxiogène », rien ne nous fut épargné, mais j’aime assez celui-là. On peut y lire notamment que les suspects étaient : «(…) en totale rupture de ban avec la société, vivaient en communauté. ». «Leur vie autarcique, qui n'avait aucune connotation sectaire, garantissait leur clandestinité», précise un policier. Embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Âgés de 25 à 35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d'un petit «noyau dur» d'activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation. ».
Et de préciser ensuite qu’aucune de ces personnes ne travaillait… Et que deux d’entres eux avaient déjà été plus ou moins repérés lors de diverses manifestations altermondialistes à New-York, Gêne, et à Paris lors des manifs contre le CPE, diverses manifs étudiantes et dans des cortèges contre le fichier EDVIGE.
Brrrrr !!! Moi, quand je lis ça, j’ai peur !
C’est vrai quoi ! Vous vous rendez compte ? Dans un petit village de Corrèze, vit un groupe de hippies qui, puisqu’ils sont à l’écart des autres sont forcément dangereux. Des nihilistes, qu’ils sont ? Ca veut dire quoi au fait nihiliste ? On s’en fout, mais ça fait peur en tous cas ! Ils fuyaient le regard des gens, on vous dit ! En plus, ces fous dangereux, ils n’avaient même pas de téléphone portable, ni d’ordinateur ! C’est dingue ! Le pire, c’est qu’en plus ils ne travaillaient même pas ! Non mais on va où là ! Faut faire quelque chose, on est plus en sécurité chez nous !

Heureusement, quelques journalistes et la plupart des bloggeurs citoyens commencèrent vite à mettre en doute ce discours généreusement et abondamment dispensé par l’Etat et les média à sa solde. Trouvant un peu facile ces arrestations et un peu facile également l’argumentaire utilisé (Voir cet article de Daniel Schneidermann dans Libé). Certains commencèrent même des contre-enquêtes dans le but de tirer au clair ce qu’ils soupçonnaient d’être de la manipulation pure et simple.

Ils n’eurent pas à chercher bien loin… Non, il suffisait de se rendre à Tarnac, en Corrèze, et de poser des questions aux habitants pour vite se rendre compte que ces gens ne vivaient pas cachés. Bien au contraire, ils s’étaient investit dans la gestion d’une épicerie, la seule du village, ainsi que le comité des fêtes, et rendaient des services à l’ensemble de la population de ce petit village de 335 habitants.
Bien vite de nombreux comités de soutien se sont mis en place. J’en ai trouvé un, assez bien fait qui se nomme le Blog de L’ultra-gauche, créé au lendemain de l’arrestation des suspects… Allez-y voir, c’est intéressant.
Treize jours après l’arrestation de neuf de ces dangereux anarchistes, et l’incarcération de cinq d’entre eux sous les chefs d’inculpation d’ « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en réunion sur des lignes ferroviaires dans une perspective d’action terroriste », l’affaire n’a pas avancée d’un pouce. Mieux, plus le temps passe, plus on commence à se rendre compte des incohérences qui règnent dans ce dossier.

Tout d’abord, contrairement à ce qui a été annoncé par tout le monde, il n’existe aucune, je dis bien aucune, preuves circonstancielles contre les personnes inculpées. Il n’y a rien, quedalle, zéro, niente… Le dossier est d’un vide intersidéral. Et encore dans le vide stellaire, il y a des corps qui se baladent… Mais là, c’est le désert.

Tous les indices prélevés au domicile des suspects ne sont en fait que des présomptions. On a parlé d’outils divers, de cartes des chemins de fer (ça s’appelle des horaires bande de nazes !), d’un crochet munis d’un embout isolant permettant de fixer les étriers maléfiques causeurs de rupture de caténaire. Sauf que ledit crochet ne fait pas cinq mètres de long comme il le devrait, mais moins d’un mètre… Les fameux étriers, sont des pièces en fer à béton soudées entre elles, on n’a retrouvé ni fer à béton, ni chalumeau… On a bien retrouvé une échelle et du matériel d’escalade… Mais bon, quoi de plus normal dans une ferme, occupée par des jeunes en pleine forme physique me direz-vous ?
Non, ce qu’il aurait fallu, c’est retrouver comme les Experts de Las Vegas, Miami et Manhattan réunis, le font tous les jours, des traces d’ADN, des empreintes… Mais non ! Rien de rien !

Par contre, oui, il faut bien l’admettre, on a retrouvé chez ces révolutionnaires bucoliques un livre intitulé « l’Insurrection qui vient » publié aux éditions de La Fabrique en mars 2007… Dans cet opuscule de 128 pages l’on peut trouver tout une argutie justifiant l’emploie de certaines « méthodes » dans le but de déstabiliser l’Etat moribond…
Mouais… Moi, j’ai à la maison un exemplaire de la bible et plusieurs manuels de maniement d’armes et d’explosifs, ainsi qu’un ouvrage sur la guérilla urbaine et cela ne fait pas de moi un dangereux intégriste religieux non plus… Il ne faut quand même pas exagérer.
Non, c’est clair, ces jeunes bobos ont le cerveau en marmelade à force de lire trop de livre. D’ailleurs c’est bien simple, tous les suspects sont des ultras… diplômés ! Doctorant en histoire et civilisation, masters en archéologie, sociologie, anglais… C’est évident, ces individus ont des tronches bien trop pleines pour pouvoir réfléchir correctement ! Voilà bien le résultat d’un enseignement noyauté depuis des années par les bolchéviques !

Non, mais faut arrêter là… On est en train de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Parce que si l’on va par là, tout le monde peut être un suspect. D’ailleurs, vous-même qui me lisez : Dites-moi ? Vous avez cliquez sur le lien que j’ai mis en surbrillance quant au livre « l’Insurrection qui vient » ? Vous l’avez fait ? Alors maintenant vous aussi vous êtes susceptibles de faire partie du profil type du terroriste anarcho-autonome ! Et si, comme moi, vous avez fait quelques études, que vous avez au fond de votre sac un horaire des bus, ou encore que, toujours comme moi, vous soyez allé à une manif récemment… Là vous êtes bons comme la romaine !
Sérieusement, je me demande si vous faites bien de me lire… On ne sait jamais où ça peut vous mener ce genre connexion.

Il faut vraiment que le gouvernement arrête de nous prendre pour des cons et tente de nous faire avaler des couleuvres grosses comme le poing. Car, pour moi, la démarche est évidente. Alors que le monde libéral s’écroule il est tout à fait commode de faire sortir du bois son antithèse. C’est un classique dans la guerre de l’information, on appelle ça un contre-feu. Cela permet de détourner l’attention, et de focaliser l’esprit du public sur un point prédéfini à l’avance.
Par contre, je ne nie pas qu’il existe un fort sentiment de révolte en France et en Europe ces temps-ci. J’en veux pour preuve la recrudescence des films retraçant la vie des héros révolutionnaires, réels ou supposés. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce genre de sujet est plutôt à la mode en ce moment… Que ce soit le film de Walter Salles sur la jeunesse du Che, Carnets de Voyage en 2004, les deux volets sur Mesrine ou encore le film qui vient de sortir sur la bande à Baader-Meinhof, l’heure est aux héros révolutionnaires et violents.
De tout temps, le cinéma a su être le miroir de notre époque. On peut donc dire que celui-ci reflète une période troublée où les incertitudes sur notre avenir, notre intime conviction des injustices qui nous entourent, le ras le bol d’une certaine forme de société cynique et pragmatique, génère un sentiment de lassitude propre à favoriser des actes de révolte.
Là oui, le gouvernement pourrait s’en inquiéter et vouloir remédier à cela, plutôt que de jouer le jeu de la terreur, et nous sortir d’un chapeau des révolutionnaires de pacotille.

Enfin, et j’en terminerai pour aujourd’hui, je ne pense pas que l’heure soit à la révolution. En tous cas, pas à la révolution armée et aux actes de sabotages. Pas encore. Une révolution, c’est avant tout une idée, un espoir qui se propage au sein du peuple et qui doit imprégner chacun de nous. Une révolution peut tout à fait être pacifique et renverser des gouvernements par la seule force de sa légitimité et par la détermination de ses participants.
Nul n’est besoin de faire dérailler des trains ou de tuer des policiers pour y arriver… Il suffit juste d’y croire et d’agir en son sens.

samedi 22 novembre 2008

J'en ai marre !!!

C’est fini ! Je divorce ! Y’en a marre ! Non mais qu’est-ce que c’est que ce parti à la con ? Même pas capables de se choisir un chef ces abrutits !
Moi, avant d’aller me coucher, j’en étais à Ségo gagnante avec des cris de joies dans les rangs hystériques des désireux d’un avenir qui chante. Et je me réveille avec une Aubry en tête avec 42 voix ! C’est quoi ce pataquaisse ? Y peuvent pas se décider une bonne fois pour toute ?
Ça hurle à la fraude, ça demande qu’on recompte les voix… Et pourquoi pas qu’ils revotent pendant qu’on y est ! Ah bon ? Ils l’ont déjà demandé ... ?
On est où là ? En Floride ?

Non, c’est décidé, je divorce unilatéralement d’avec le PS. Voilà. Terminé. Basta. Stop. J’arrête les frais. Démerdez-vous, mais ne comptez plus sur moi…


C’est vrai quoi… Je ne vais pas passer mon temps à attendre je ne sais pas quel virage à gauche, alors que la politique semble être le cadet de leurs soucis à ces cons !

Bon, je sais bien que le PS et moi, on n’est jamais sorti vraiment ensemble, mais on a flirté quand même pendant plus de vingt ans… C’était une relation en pointillés, certes, mais on se voyait quand même de temps en temps… Que ce soit par affection ou par obligation, nous nous sommes croisés maintes fois au cours de multiples enjeux, locaux ou nationaux…
Mais bon, le PS qui me faisait de l’effet est maintenant définitivement changé en une chose qui me fait horreur, il me faut donc prendre acte et rompre une bonne fois pour toute. Un divorce, ça doit se faire rapidement si l’on ne veut pas qu’il y est des larmes et tout et tout… Heureusement qu’on n’a pas d’enfant pourriez-vous ajouter pour me consoler !
Mais là, la coupe est pleine.

A partir de maintenant, ces guignols ne me verront plus glisser un seul bulletin en leur faveur. Plus un seul, vous m’entendez ? J’suis tellement remonté que même si on se retrouve en 2012 avec les mêmes protagonistes que 2007, et bien je voterais blanc !


Voilà c’est dit. Cochon qui s’en dédit.



mardi 18 novembre 2008

Zemmour, la science et moi

Le 13 novembre, lors de l’émission « Impertinente » diffusée sur Arte, le journaliste Eric Zemmour, que l’on sait grand polémiqueur et prompte à susciter la controverse, s’est « lâché » en se laissant embarquer dans un imbroglio sémantique dont il n’est pas sorti vraiment grandi.
D’abord épinglé par le zapping de Canal, la toile s’est emparée de l’affaire et depuis, les vidéos tournent en boucle pour servir à de multiple fins…
La voici, je vous laisse en juger.


Eric Zemmour réhabilite les "races" - Arte - 13 nov. 2008
par acrimed



Personnellement, lorsque j’ai vu le zapping et écouté les paroles de Zemmour, je n’ai pas tiqué. Je me suis même dit que pour une fois, ce type que je considère comme une tête à claques aux paroles méchantes et nauséabondes, avait raison. Avec le recul, je peux même dire que sur le coup, j’ai été un peu étonné de prendre son parti… Puis, lorsque Pseudo m’a signalé que la vidéo tournait en boucle sur le net et faisait un buzz d’enfer, je me suis dis que j’allais vous pondre un article en sa faveur… C’est vrai quoi ! Tout le monde sait bien qu’il existe des races (les blancs, les noirs et les jaunes) dans l’espèce humaine, au même titre que dans toutes les espèces de la terre, et qu’il n’y a pas lieux de s’en formaliser outre mesure… C’est ainsi et puis c’est tout. (Attendez ! Gueulez pas tout de suite ! J’ai pas fini…)

Et puis, comme je ne suis pas du genre à balancer des arguments sans avoir un tantinet fait quelques recherches, j’ai potassé mon sujet… Et, au fur et à mesure que j’approfondissais mes recherches, que je revoyais mes bases de biologie, de génétique et tout le toutim, je me suis rendu compte que… J’ETAIS UN CRETIN !!!

Si je n’ai pas réagi aux paroles de Mr Zemmour, c’est parce que lorsque j’étais à l’école, on m’a apprit que les races existaient oui, mais que ce n’était pas grave. Et puis cette information est restée imprimée dans mon cerveau, comme ça, bêtement… Sans tenir compte de ce que j’ai appris bien plus tard et qui allait à l’encontre de cet enseignement premier. Comme quoi, il faut bien faire attention à ce que notre cerveau nous dit parfois, et se remettre en question régulièrement. C’est donc ce que j’ai entrepris depuis ce matin, en remettant à jour mes connaissances. Et comme je suis d’un naturel généreux et que la vulgarisation scientifique ne me fait pas peur, je vous invite à prendre connaissance du résultat de mes investigations. On ne sait jamais, si à moi il m’est arrivé d’oublier ce que je savais pourtant, ça peut très bien vous arriver à vous aussi !

D’un point de vue strictement biologique, la science a coutume de classer le vivant en catégories, de façon à pouvoir parler d’une seule voix, quelque soit le pays d’où l’on vient. Cela s’appelle la taxinomie, ou taxonomie. La classification se fait donc selon l’acronyme suivant : RECOFTGE.
C'est-à-dire : Règne, Embranchement, Classe, Ordre, Famille, Tribu, Genre et Espèce.
Chaque taxon, peut être divisé lui-même en rang taxinomique inférieur ou supérieur. On ajoutera pour ce faire les préfixes « sous », « infra » ou « super » au taxon que l’on veut diviser. Ainsi, l’espèce peut être elle-même subdivisée en « sous-espèces » que l’on appelle vulgairement variétés, selon qu’ils s’agissent de végétaux, ou races si nous parlons d’animaux…
En ce qui concerne l’être humain, car il faut bien lui trouver une place à lui aussi, on procède donc selon le tableau ci-contre.
En simplifiant un peu, ça donne ça :

Règne : Animal (Ben oui ! On n’est pas des géraniums !)
Embranchement : Chordés (pourvus d’un semblant de colonne dorsale)
Sous-embranchement : Vertébrés (colonne dorsale divisée en vertèbres)
Classe : Mammifères (qui allaitent ses petits)
Sous-classe : Thériens (qui portent leurs petits pendant leur développement. A opposer à l’ornithorynque)
Infra-classe : Euthériens (développement des petits au sein d’un placenta nourricier)
Ordre : Primates (On se rapproche !)
Sous-ordre : Haplorhiniens (à différencier des lémuriens)
Infra-ordre : Simiiformes (les singes dans le sens le plus large)
Super-famille : Hominoïdes (les singes sans queue… Quoi que…)
Famille : Hominidés (les grands singes, gorilles, chimpanzés, bonobos, orang-outang et l’homme)
Sous-famille : Homininés (Y’a plus que les gorilles, les chimpanzés et nous !)
Tribu : Hominini (On se retrouve avec notre pote Cheeta)
Genre : Homo (Y’a plus que nous… plus une ribambelle de genres disparus comme notre ami le néandertalien)
Et on en arrive enfin à l’espèce et à l’appellation Homo Sapiens. Sapiens voulant dire « qui pense ». En ce qui me concerne je trouve qu’il y aurait certainement à redire sur ce qualificatif… Mais bon, on a bien le droit de se la péter un peu de temps en temps…

La principale caractéristique d’une espèce étant qu’elle est interféconde, c’est à dire que les individus la composant sont à même de se reproduire de façon viable.

La question que l’on peut se poser maintenant est la suivante : Peut-on (ou doit-on) affiner plus avant cette classification ? Et si oui, pourquoi faire ?

En biologie ou en botanique, la question ne se pose même pas, puisque l’on va arriver à déterminer des sous-espèces ou des variétés différentes au sein d’une même espèce… Et cela se justifie pleinement lorsque l’on regarde un chihuahua et un dogue allemand, ou bien une variété de blé à douze épis alors que la plupart en ont huit…
Mais, si l’on arrive à déterminer une différence phénotypique, une différence d’aspect extérieur, il n’existe aucune différence génotypique (dans l’ADN) avérée.
Si l’aspect extérieur change, c’est parce que l’évolution, naturelle ou induite, a fait que les individus d’une même espèce ont évolués de manière différente. (L’évolution induite, c’est la sélection que font les éleveurs par exemple).

En ce qui concerne l’être humain, On peut effectivement déterminer des différences phénotypiques… En effet, nous avons des yeux pour voir et ils nous disent que celui-ci à la peau noire et celui-là les cheveux blonds… Mais dans les faits scientifiques, rien ne différencie untel d’un autre, puisque les caractéristiques de chacun sont transmissibles et interférents. Je veux dire par là, qu’il n’y a pas lieux de créer des classes et des sous-classes puisque les individus sont à même de se mélanger entre eux.
Pour être tout à fait complet et juste, il faut quand même préciser que les différences évolutives peuvent induire des comportements particuliers. Ainsi, en 2005 on a vu apparaitre le premier médicament pour les noirs. En effet, on a remarqué que certaines molécules étaient statistiquement plus actives dans une catégorie de la population, à savoir les noirs. Aussitôt les vieilles peurs ont ressurgies, et partagé le monde scientifique en deux camps, les pour et les contres. Ceux qui prônent une médecine « personnalisée » et ceux qui crient à la ségrégation et à la médecine « racialisée ». En fait, et c’est mon avis, que l’on applique tel ou tel terme pour désigner les différences infimes qu’il existe entre chaque être humain, au final on parle toujours de la même chose. De l’individualité qui fait que chaque personne est différente et réagit différemment selon son origine, son vécu et son mode de vie. Et ce, pas nécessairement dans cet ordre.



Nous ne sommes en fait que le produit des différentes lignées issues d’une même souche, l’Homo Sapiens. Ce qui complique les choses, c’est que nous sommes des individus pensants. L’homme avec son cerveau énorme, a besoin d’intellectualiser, de quantifier les choses. C’est par ce moyen qu’il a pu se hisser tout au long de l’échelle de l’évolution. L’effet pervers de cette capacité, ainsi que la méconnaissance, a malheureusement induit également des comportements de rejets et de peurs. Des envies de savoir qui est différent de qui, qui est supérieur à qui… Tout cela est d’une puérilité qui est indigne de la remarquable réussite évolutive que nous sommes. Nous, les êtres humains. Tous ensembles.

Voilà ! J’espère que ce petit rappel de connaissances vous aura servit à quelque-chose. Pour ma part, je tirerai de ce plongeon dans mes vieilles années d’études un enseignement supplémentaire : Ne jamais croire qu’une connaissance est acquise. Et Mr Zemmour aurait mieux fait de faire comme moi et se replonger dans ses bouquins avant d’ouvrir sa bouche !

lundi 17 novembre 2008

Maux roses

Nous sommes lundi, et il pleut sur la France… A croire que la météo s’est mise en accord avec le peuple de gauche qui aujourd’hui pleure sur lui-même.
Ce matin, alors que j’avalais mon mug de café et que je réfléchissais à la teneur de mon billet actuel, je me disais que j’allais me laisser tenter par l’ironie et la moquerie… Ben oui ! Etant donné ce qui c’est passé ce week-end à Reims, on aurait bien envie de se moquer de cette vieille dame qu’est le Parti Socialiste. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait un peu partout sur le net, et tout au long du congrès, avec mes petits commentaires acides et mon air de blaireau gauchiste.
Et puis, au fur et à mesure que je faisais ma petite tournée des sites de presse et des blogs, je ne vous cache pas que mon humeur s’est mise peu à peu au diapason de la météo de ce lundi. C'est-à-dire que comme la France, je fais grise mine.
Je fais grise mine parce que je suis déçu de voir ce vieux parti, pour lequel j’ai voté quand même pas mal de fois, s’autodétruire de la sorte. Je suis déçu de voir le PS, dix ans après la droite, en venir à devoir choisir entre tradition et modernisme.

La tradition, c’est ce que j’appellerais le PS « canal historique ». C’est ce qui a fait que ce parti est présent dans l’immense majorité des communes, des départements et des régions. C’est un parti de terrain axé sur ses militants et sur leur travail au sein même du territoire. C’est un parti qui se veut en tête de toutes les revendications qui portent sur le progrès social et la lutte contre toutes les formes de discrimination. C’est un parti qui a fait sienne la devise de notre pays : Liberté, égalité, fraternité.
Seulement, depuis quelques temps, cette vieille et auguste dame se heurte à une conception plus moderne de la politique. Une conception plus « pragmatique », et qui se veut plus réaliste…
Pragmatique, ça veut dire que l’important est d’arriver au pouvoir quitte à en oublier quelques principes moraux. Ca veut dire qu’il faut être efficace et que de nos jours ce sont les méthodes les plus élaborées de la communication qui font les chefs d’état et non plus les idées que celui-ci représente. C’est triste, on le regrette amèrement, mais c’est un fait et il faut bien faire avec… C’est ça être un socialiste moderne.
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder autour de soi ! C’est comme ça qu’ils font aux Etats Unis depuis des années. C’est comme ça que le camp d’en face a réussi à faire élire Sarkozy… C’est donc que la méthode est la bonne, qu’elle fonctionne, et que c’est comme ça qu’il faut faire dorénavant.
Alors pour ce faire, on va multiplier la communication en se servant de l’internet, on va choisir une image, une icône, qui va servir de base au projet. On va ensuite créer tout un web-réseau qui se chargera de mettre en valeur la personnalité de cette image. La personnalité : C’est ça qui intéresse les électeurs… Il n’y a qu’à voir les différentes émissions de téléréalité qui cartonnent, les gens votes pour celui ou celle qui a une personnalité et non pas pour son talent…
D’ailleurs, il faut également rajeunir la base du parti… Les jeunes sont plus sensibles à la communication de masse. Pour ça on va créer une adhésion via internet. Une adhésion qui coutera 20 € et qui contribuera à constituer une base, un fond, un public, que l’on va tenir informé en permanence par des vidéos et des newsletters… Il faut, dorénavant, mettre en scène la vie du produit. Créer le buzz, et l’entretenir.

Bon, j’arrête là. Je crois que vous avez compris l’essentiel. Le PS est à un tournant de sa vie où il doit faire le choix crucial entre, jouer le jeu d’une nouvelle forme de démocratie cathodique qui parle à tout le monde, même (et surtout) ceux qui n’ont aucune culture politique ; Ou bien considérer que la politique se fait sur le terrain avec de vrais gens, pour de vrais gens.
Je serais bien en peine de vous dire ce qu’il va advenir de cette vieille dame. Franchement, j’en sais rien.
Si, comme Ségolène Royal le pense, la page du militantisme à la papa est déjà tournée et que maintenant la base du PS est déjà bien remplie par des adhérents accroc au produit, ce sera un socialisme moderne qui verra le jour. Un socialisme libéral, un social-libéralisme à la mode anglo-saxonne… Un socialisme qui pourra peut-être lutter à arme égale avec l’UMP et prétendre à la reconquête du pouvoir.
Ou bien, le corps de la dame n’est pas encore totalement vérolé, et les militants continueront à penser que c’est par le bas qu’on change les choses. Au risque, peut-être, de ne pas pouvoir lutter à l’échelle nationale contre le rouleau compresseur médiatico-lobotomisant de l’UMP, et ne pas arriver au pouvoir avant longtemps… Même si, par ailleurs, au niveau local, la France préfère lui confier les rênes de la vie de tous les jours.

Cette question qui, je crois, résume l’essentiel du dilemme socialiste, sera tranchée définitivement le 21 novembre lors du vote des militants. Nous verrons alors ce que le Parti Socialiste, cette vieille dame usée par les combats, deviendra. A partir de là, chacun prendra acte de cette nouvelle orientation et fera ses propres choix…

Il fait décidément très gris sur la France aujourd’hui.

samedi 15 novembre 2008

S'arrêter et réfléchir

Voici une vidéo amicalement transmise par Monique concernant la journée sans achat prévue pour le 29 novembre 2008.
En fait, tout se résume assez bien dans cette question :



Et si on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir ?




jeudi 13 novembre 2008

Breaking news !

On l’attendait depuis longtemps… Je l’attendais depuis longtemps. Le nouvel album de Noir Désir est presque là… Enfin, encore quelques mois et, courant 2009 on devrait pouvoir enfin déguster les nouvelles compositions de Bertrand et sa bande. Mais oh surprise ! Noir Désir nous propose dès aujourd’hui, en exclusivité et en téléchargement gratuit de pouvoir écouter deux nouveaux titres Gagnants / Perdants, et une version inédite du Temps des cerises.
Pour accéder au site officiel de Noir Désir c’est ICI.
Dès que j’arrive à trouver une version blogable, je vous la mets illico ! En attendant, dans le la petite vignette en haut à gauche, je vous ai mis une version live d’un de mes titres préférés A l’envers, à l’endroit… Profitez, c’est du bon son, et le texte est curieusement d'actualité !

mercredi 12 novembre 2008

Ça déraille

C’est bien connu, un train qui arrive en retard ça fait chier grave. A chaque fois que cela se produit, on a le sang qui monte à la tête, la moutarde qui s’invite dans les naseaux et la vindicte facile. Les responsables pré-désignés sont toujours les mêmes : Les cheminots-branleurs, les privilégiés du rail, les preneurs d’otages en cotte bleue, les prolos-jaloux…
Cette fâcheuse tendance à taper sur le cheminot, qui en a vu d’autre, est un sport bien français qui soulage le clampin et rassure la ménagère.
Aussi, lorsque les trains ont commencé à arriver en retard parce que des petits plaisantins avaient placé quelques objets hétéroclites sur les rails ou les caténaires, le bon peuple s’est tout de suite tourné vers son coupable préféré. Il a commencé à le regarder de biais puis, lentement, les doigts se sont pointés dans sa direction… Là, pour le coup, le cheminot s’est senti un peu mal. Ben oui ! Pour une fois qu’il n’y était pour rien ! Enfin… Il croyait n’y être pour rien. En fait il ne savait plus très bien s’il y était pour quelque chose ou pas. Dans les gares et les bureaux, on a commencé à se regarder en chien de faïence, se demandant si le voisin n’aurait pas décidé par lui-même d’une action unilatérale et radicale… On enquête en interne pour savoir si un syndiqué n’aurait pas pété une caténaire (oui je sais, elle est facile !), on propose même son aide aux autorités pour trouver les coupables… C’est qui faut pas déconner avec des trucs pareils ! Manifester, revendiquer oui. Mais, balancer des trucs sur les voies au risque de causer des accidents, c’est pas le genre de la maison ! Cela-dit, ceux qui ont fait ça avaient quand même l’air d’être vachement bien renseignés… Z’avez vu les machins qui z’ont foutu sur les câbles ? Si ça c’est pas du travail de pro !

Bref, un climat délétère, comme on dit dans les forums politiques, régnait dans la maison SNCF… Les médias se frottaient les mimines en entretenant la psychose. Pour preuve, le Figaro légendait la photo ci-contre : « Les images exclusives de la caténaire de la peur » ! Brrrr ! Ça fout les jetons…
Mais, tadaaa ! Voilà enfin le ministère de l’Intérieur qui annonce avoir mis la main sur les (présumés) coupables. C’est qu’ils avaient mis du monde sur l’affaire au ministère ! On a carrément mis la section anti-terroriste du parquet de Paris sur la piste des malfaisants ! Et ils ont fini par les trouver nos fins limiers !
Alors bien sûr, à la SNCF ou pousse un ouf de soulagement… Les saboteurs ne sont que des dangereux ultragauchistes appartenant à la mouvance anarcho-autonome. Bref, des petits cons quoi ! Rien à voir avec le syndicalisme de papa. Dans les foyers syndicaux, et malgré la fumée et les relents de bière, on se met à respirer un peu mieux.

Bon, comme vous vous en êtes probablement rendu compte, cette petite galéjade a tendance à me faire plutôt sourire. Mais, au-delà de mon sens de l’humour peut-être douteux je vous l’accorde, je me pose quand même quelques questions…
C’est qui ces types ? Pourquoi ils décident tout à coup de se lancer dans le sabotage ? C’est quoi leur message ? Pourquoi n’a-t-on pas eu vent de quelconques revendications ?

Entendons-nous bien : Moi, tant que je n’ai pas de réponses à ces questions, je ne peux objectivement pas me permettre de juger leurs actes. Je ne vais pas non plus jouer les oies blanches ni vous sortir un discours pacifiste et non-violent, car je reste persuadé qu’à un moment ou à un autre d’une lutte, quelle qu’elle soit, il est possible que l’on soit amené à utiliser ce genre de méthode.
A toute fin utile, je précise pour les « veilleurs » de la blogosphère chers à Mr Darcos, que je ne prône pas ce genre de méthode, je dis juste qu’elles sont envisageables dans le cadre d’une lutte pour la liberté. Ok ? Vous saisissez bien le distinguo les gars ?

Alors comme ça, une dizaine de militants ont jugé bon de passer à la vitesse supérieure et d’entreprendre des actes de sabotage envers le symbole de l’Etat que représentent nos tchoutchous à nous… Bon, si c’est juste pour faire chier, je dirais que c’est crétin et dangereux. Si c’est pour lutter contre le grand capital ou la dérive fascisante de notre gouvernement, je dirais que ce n’est pas la bonne méthode et encore moins le bon timing. On n’en est pas là. Pas encore en tous cas.
Et puis, effet pervers entre tous, ce genre d’action amène de l’eau au moulin du gouvernement qui peut se sentir légitimement en droit de fliquer encore plus notre société. Ce qui est, je pense, l’effet inverse de ce que ces jeunes cons voulaient provoquer. D’ailleurs, on peut remarquer que déjà dans les médias on utilise la paranoïa que peut susciter de telles actions. Le terme de « mouvance » employé depuis l’arrestation des présumés coupables, me rappelle que ce mot n’avait été utilisé récemment que pour désigner Al Qaida…
Non, sérieusement les gars… Avant que de passer à la lutte armée, il existe tout un tas de méthodes efficaces et médiatiques pour combattre ! Vous n’avez qu’à aller jeter un œil sur cet article de Rue89 et sur les deux vidéos qu’il présente… Elles nous montrent bien que la désobéissance, l’action militante ça ne s’improvise pas. Et qu’il y a plein d’autres façons de militer, de combattre et de s’impliquer dans une résistance citoyenne structurée et efficace.

dimanche 9 novembre 2008

Rêve de mer

Salut tout le monde ! Aujourd’hui je ne vais pas vous parler des chamailleries du partie socialiste, ni même du honni petit nabot qui nous gouverne… Non, je vais vous parler d’un rêve. Je vais parler de ce qui est plus qu’une course. Je vais vous parler du Vendée Globe.

Le Vendée Globe… C’est un truc de dingue ! Les médias, friands de métaphores, l’ont surnommé « l’Everest de la mer ». Sauf qu’on n’a jamais aligné une trentaine de concurrents pour gravir le plus haut sommet du monde… Mais l’image est cependant parlante et elle décrit bien ce qu’est le Vendée Globe… C'est-à-dire, ce qu’il y a de plus dur, de plus beau, de plus impliquant dans le milieu de la course au large. Pour un marin, c’est le défi ultime.
Imaginez plutôt, une course autour du monde, en solitaire, sans assistance et sans escale. Le tout sur des bateaux quasiment identiques, des 60 pieds… Rien que ça.

Bon, je sais qu’il n’y a pas beaucoup de voileux parmi vous, aussi je vais tenter de vous expliquer ce qu’elle a de si particulier cette course.
Faire le tour du monde, ça ok, tout le monde voit à peut-près ce que cela veut dire… Etant donné la configuration de notre géographie planétaire, pour arriver à réaliser cette circumnavigation le plus rapidement possible au départ des Sables-d’Olonne, il n’y a pas trente-six chemins. Et celui-ci consiste en gros à faire le tour du pôle sud en passant par le cap de Bonne Espérance et le cap Horn… (Mouais… Pour les nuls en géo, regardez la carte ci-contre, ça vous situera un peu le truc !)

Une fois le parcours posé, et bien on se rend compte au regard des conditions météo qui règnent dans ces zones là, qu’il va bien falloir utiliser un bateau capable de les affronter… Les conditions météo. Et notamment le fait que le marin, il va passer pas mal de temps à avoir le vent dans le nez, plus rarement de travers, et encore plus rarement dans le dos. C’est pourquoi, pour faire cette course avec un seul type à bord, on préférera un monocoque. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’un monocoque est plus facilement gérable seul dans les allures de prés qu’un multicoque… Aï ! Je sens que je vous perds là… Bien, on va faire un peu de didactique.

Alors voilà. Imaginez vous debout, les bras écartés dans le prolongement de vos épaules… Ca y est ? Bien. Quand le vent vient vous frappé direct en plein nez, vous êtes vent-debout (c'est la zone rouge, là à droite). Ça veut dire que vous n’avancez pas ou pire, que vous reculez ! (Si, la marche arrière ça existe sur un voilier !)
Si vous sentez que le vent vient caresser les ailes de votre nez, ou qu’il vient d’un endroit qui est situé devant vos bras écartés, vous êtes dans une allure (une situation par rapport au vent) qu’on appelle au prés.
Si le vent vient de vos côtés, vous êtes au travers. Et enfin, si vous sentez que le vent vient vous titiller toutes les parties arrières, vous êtes à une allure de portant.
C’est bon ? Ok, je continue. Pour chaque allure, en plus de la Grand Voile, on va se servir d’une voile supplémentaire et appropriée… Pour le prés, ce sera un foc, ou un génois, ou un tourmentin, tout dépendra de la vitesse du vent. Pour le portant on utilisera un spinnaker, ou un spi si vous préférez. L’allure la plus rapide pour un bateau à voile est toujours le portant, et c’est aussi la plus confortable puisque le bateau est bien à plat sur l’eau, propulsé par la plus grande surface de voile possible, le spi.
Tous les bateaux à voiles, qu’ils aient une, deux, ou trois coques se débrouillent plus ou moins quelque soient les allures. La différence va donc se faire dans la capacité qu’ont chacun d’eux à réduire le plus possible cet angle mort que représente le vent-debout. En gros, vous avez de 30 à 45 degrés à gauche et à droite de l’axe du vent, où vous ne pouvez pas vous diriger… Et bien, un monocoque va pouvoir réduire cet angle, on dit remonter au vent, beaucoup plus qu’un multicoque (moi, perso, avec un Surprise bien réglé, je suis remonté jusqu’à 25 degrés…). Lorsqu’un bateau a une capacité naturelle, de par sa conception, à remonter au vent, on dit qu’il est ardent. C’est joli comme adjectif non ? Problème, à cette allure de prés serré, très serré même, votre bateau gîte énormément et vous êtes constamment dans un équilibre précaire. C’est stressant, et c’est dur à maintenir sur le long terme.
Bon. Vous comprenez maintenant pourquoi ce sont des monocoques qui font cette course ?

Ensuite, il faut bien comprendre ce que signifie « sans assistance et sans escales ».
Sans assistance veut dire qu’en aucun cas le skipper ne doit recevoir d’aide extérieur sous peine d’être disqualifié. Ça veut dire, que s’il casse un truc, il doit le réparer tout seul. S’il tombe malade ou se blesse, c’est démerde toi ! A ce propos, on se souviendra de la mésaventure de Bertrand de Broc qui dut se recoudre la langue lui-même… Sans assistance, ça veut enfin dire que le skipper ne peut bénéficier de l’aide d’un « routeur ». C’est-à-dire que personne ne va analyser les données météo pour lui et lui tracer la route la plus efficace… Non, il doit le faire lui-même avec les informations dont tout le monde dispose. Ce qui induit, une constante remise en question, de la stratégie, de la chance parfois…

Enfin, ce tour du monde doit s’effectuer sans escales. D’une seule traite. Si jamais le bateau touche la terre ne serait-ce qu’une seule fois, c’est la fin. Cela veut dire que la course est longue… très longue. Elle va durer trois mois. Trois mois tout seul à gérer la casse, la météo, la stratégie… Sachez que depuis que la course existe, en moyenne, seulement la moitié des concurrents inscrits au départ arrivent sains et saufs à bon port (voir les statistiques dans la fiche wiki).

Vous comprenez maintenant pourquoi j’adore le Vendée Globe ? Parce que c’est, avant d’être une course, une aventure humaine hors du commun. Gagner, devient secondaire puisqu’il faut avant tout TERMINER. C’est une histoire entre l’homme, sa machine et les éléments.

Bon, je m’aperçois que je commence à être un peu long… Si ça vous plait d’en savoir un peu plus sur cette course mythique et sur la voile en général, et bien vous me le dites et j’en remettrais volontiers une ou plusieures couches ! C’est qu’il y a tellement à dire ! Le piège du golf de Gascogne. C’est quoi le Pot au Noir ? La navigation dans le Grand sud parmi les growlers… Comment fait-on pour dormir ?
Bref, il y a encore plein de trucs à voir. Pour ma part, sachez que je prends le départ à 13H02 des Sables-D’olonne… Et oui ! Je me suis inscrit au départ de la course virtuelle organisée par Virtualregatta.com ! Une course en temps réelle avec les mêmes données météo que les concurrents ! Ça va se bousculer un peu parce qu’on est déjà 24 409 participants ! Mon objectif : Arriver, et si possible dans la première moitié du classement…

samedi 8 novembre 2008

Science sans conscience…

Vous connaissez le Prix Ig Nobel ? Moi, je vous avoue que jusqu’à ce que je tombe sur un article dans Charlie Hebdo, je ne connaissais pas… Le Prix Ig Nobel (Prononcer Ignoble à l’anglaise) récompense chaque année depuis 1991 les recherches scientifiques ou techniques les plus stupides ou les plus bizarres. Par exemple, le prix Ig Nobel de médecine 2005 revint à un chercheur de l’université du Tennessee pour son travail sur la façon de faire passer le hoquet grâce à un massage rectal digital… Un doigt dans le cul si vous préférez. De même le prix Ig Nobel de médecine 2002 fut décerné à un chercheur anglais pour son étude sur l’asymétrie scrotale des hommes dans les statues anciennes. En clair, pour une étude qui compare la taille des couilles de ses beaux éphèbes grecs que l’on voit dans les musées… Bref, ce prix récompense tout ce qui peut se faire de loufoque ou d’apparemment inutile dans le monde de la science et de la technologie. Mais parfois, le prix est décerné avec une arrière-pensée politique certaine. Par exemple en 1996, le prix Ig Nobel de la paix revint à Mr Jacques Chirac pour avoir fait coïncider la date anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki avec la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique…
Donc, les petits plaisantins qui décernent ces prix sont, non-seulement des scientifiques ayant le sens de l’humour, mais également des citoyens du monde qui ont un message à faire passer.

Cette année, le prix Ig Nobel de médecine a récompensé le scientifique Dan Ariely pour son étude sur les placebos (Non, ce n’est pas une étude sur la musique anglaise). Une étude qui peut paraitre stupide, mais en même temps qui pose tout un tas de questions morales sur la médecine et sur les commerces qui en découlent. Jugez plutôt.
Ariely a démontré scientifiquement que l’effet d’un produit placebo était proportionnel au prix déclaré du produit. Par exemple, mettons que l’on propose à un panel de personnes deux boissons sensées améliorer les performances cérébrales. L’une coutant deux fois moins chère que l’autre. Puis demandez à ces personnes de répondre à quelques tests intellectuels de base… Et bien, immanquablement, le groupe de personne qui a absorbé le placebo le plus cher réussira mieux que l’autre ! Et oui ! C’est dingue non ?
En fait, c’est pas si dingue que ça… Et comme vous l’allez voir, c’est même plutôt inquiétant.

Dans un monde tel que le notre, où les gens meurent par millions par manque de soin, le coût des médicaments est un problème rédhibitoire (j’adore ce mot !). En Afrique, les malades du Sida meurent parce que les compagnies pharmaceutiques refusent catégoriquement de baisser le prix de vente des trithérapies… C'est-à-dire que l’argument économique reste un frein à la santé mondiale, ou plutôt, le profit que génèrent les soins, et le désir de conserver ce profit, tue des gens.
Avec une telle étude, Ariely apporte du grain à moudre à ces grandes compagnies pharmaceutiques, et il est le premier à le reconnaitre. Si l’on baisse le prix des médicaments, on peut s’attendre à voir leur efficacité diminuer, statistiquement bien sûr… A l’inverse, affichez n’importe quel prix élevé sur de la bouse de vache en pilule, et vous verrez que vous les vendez comme des bonbons.
Voilà qui ne va pas arranger la politique des médicaments génériques. Car, ceux-ci dans l’inconscient collectif, puisqu’ils sont moins chers seront donc moins performants… Alors qu’il n’en est rien.
Je tiens à préciser que nous raisonnons ici à l’échelle de la statistique. Un individu convenablement informé et éduqué ne peut pas entrer dans ces chiffres. Il ne se laissera pas avoir pas ses poudres de perlimpinpin hors de prix ni ne verra son mal de tête disparaitre moins vite en prenant de l’acide acétylsalicylique plutôt que de l’aspirine fabriqué par un laboratoire connu.
Mais, pour ces firmes mondiales, un point de plus dans les statistiques, cela représente des milliards de profit… On peut donc dire que l’étude de Dan Ariely est une petite perle de la science. Mais cette perle, jetée entre les mains d’économistes ou de marchands peu scrupuleux peut vite devenir une arme terriblement cynique. Certains diront sans doute pragmatique...

A ce propos, on peut faire un lien entre les travaux sur l’effet Placebo et l’actuelle controverse parue dans le journal UFC - QUE CHOISIR N°464 de novembre 2008. En résumé, tout, je dis bien tout, ce que vous lisez ou entendez sur les bienfaits des ces produits est faux. Les résultats sont inversement proportionnels à la précision des slogans qui vous sont donnés. Moins 40% d’effet peau d’orange avec les pilules Machin-Truc, c’est du pipeau ! L’Oenobiol ou le thé vert, de l’arnaque pure et simple ! Les Oméga 3, 18, 32, ou 124, de la connerie en barre que l’on vous vente pour vous faire consommer plus. Et pire que tout, ces produits soi-disant bons pour la santé se révèlent être des produits dangereux pour la plupart des gens qui n’en ont pas besoin…

Bref, je crois que l’on n’en a pas fini d’en entendre des vertes et des pas mûres au sujet de cette étude. Elle démontre pour moi ce que l’on peut faire de mal avec quelque chose de bien.

En conclusion, je dirais qu’il peut y avoir de la bonne et de la mauvaise science. La mauvaise science, étant celle qui démontre des applications potentiellement perverses et néfastes pour le genre humain. Dans ce cas là, moi une étude comme celle-ci je la prends et je la jette au feu illico. Car ce qu’a réussi à démontrer Ariely, c’est qu’on peut aller très loin dans la manipulation des masses et dans la justification de cette manipulation…

Et n’oublions pas que, comme le disait ce cher Rabelais, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »…

Digression sentimentale (épilogue)

Un grand merci à tous pour vos épilogues toutes plus sympas les unes que les autres !
Même si il ne s’agissait pas là d’un jeu-concours, il faut bien reconnaitre que c’est Monique qui se rapproche le plus de la réalité des faits ! Bravo Monique ! Mais bon… J’ai noté quand même que ça avait l’air de bien vous faire marrer mes déboires amoureux. Bande de schpountz ! Sachez qu’on ne rigole pas avec les coups de cœur du Gwen s’il vous plait ! Déjà que ça ne lui arrive pas souvent…
Alors voilà donc comment les choses se sont passées…

Alors que le plateau de l’appareil reprenait sa position habituelle, il se redressa et dit…

« C’est passé vite… »
« … »
« Surtout quand on passe son temps à réfléchir… En fait je réfléchissais… je me demandais comment… Est-ce que vous seriez… »
C’était pathétique. Il balbutiait des commencements de phrases, tentant de se remémorer le texte qu’il avait plus ou moins préparé dans sa tête. Mais rien n’y faisait. Les pensées se bousculaient et les mots s’empêtraient les uns dans les autres au niveau du portillon buccal. En plus la température de ses joues venait de grimper en flèche de plusieurs centaines de degrés.
Soudain un doute ! Il ne s’était même pas inquiété de savoir si la belle demoiselle était, ou non, déjà satisfaite par les bras d’un autre ! Pourtant, le crétin imbécile aurait bien dû s’en inquiéter avant de se lancer dans cette aventure ! Un coup d’œil rapide aux mains de la belle lui donna enfin le courage de continuer. Rien de suspect n’y brillait. Pas de repoussoir annulaire, ouf !
« Est-ce que vous seriez intéressée… Comment vous réagiriez si je vous… Si un jour je… vous invitais à aller prendre un café ? Enfin… Si vous êtes d’accord… Si je peux me permettre… »
(Note pour plus tard : Ne jamais employer le conditionnel, et encore moins le subjonctif, pour la prochaine fois. A l’écrit c’est joli, mais à l’oral et en situation de stress, on a l’impression de parler avec trois malabars dans la bouche et l’effet est à chier !)
Alors qu’il n’en finissait pas de terminer sa phrase, elle lui répondit :
« Ça serait avec plaisir… mais le problème c’est que… je ne suis pas…
« Oh, pardon ! l’interrompit-il j’aurais peut-être dû demander d’abords si… »
« Je suis avec quelqu’un… »
« C’est vrai, j’aurais dû commencer par là… »
« On est presque pacsé… »
« Je suis désolé de… »
« Oh mais, y’a pas de mal… au contraire c’est gentil, mais… enfin…»
« Oui je comprends… Pourtant j’avais bien regardé vos mains avant… Je ne voulais pas… »
« C’est vrai, je ne porte pas de … »
Ça commençait à s’enliser. L’un comme l’autre était gêné comme deux adolescents boutonneux. Un détail lui apporta quand même une satisfaction dans ce qui était en train de devenir un fiasco sans nom : La demoiselle était, elle aussi, rouge comme une tomate !
Alors qu’un oppressant silence était sur le point de s’installer entre eux, le salut vint d’une infirmière qui entra dans la salle et interrompit instantanément la pénible conversation. Alors qu’elle s’apprêtait à se diriger vers la console de commande, elle s’arrèta prés de lui ajouta pour terminer :
« Mais en tous cas, ce serait avec grand plaisir, mais…en amis… »
Cette dernière phrase, pour aussi assassine qu’elle fut pour lui, fut toutefois apaisée par la main de la demoiselle qui se posa négligemment sur son épaule et glissa doucement le long du bras…
Il se dirigea vers ses affaires et entreprit de remettre ses chaussures. Son cœur avait repris un rythme plus ou moins normal et ses joues semblaient avoir retrouvées leurs températures habituelles. Elle, discutait avec sa collègue comme si rien ne s’était passé. Elle aussi avait retrouvé une couleur normale.
Alors qu’il se dirigeait vers la sortie de la salle, et que les deux infirmières continuaient leur conversation, il s’arrêta prêt d’elle et lui murmura gêné :
« Bon, je sais où vous trouver… »
« Je ne bouge pas d’ici » lui répondit-elle

Pendant les trois heures qui suivirent, il resta là assis dans la salle d’attente. De temps en temps il apercevait du coin de l’œil la silhouette de la jolie infirmière qui vaquait à ses occupations. Parfois, il levait les yeux vers elle pour tenter de voir si elle le regardait… Mais non, elle poursuivait son chemin, semblant même éviter de croiser son regard…
Quand les derniers clichés furent pris, il salua la réceptionniste et rentra tranquillement chez lui. La nuit était tombée. Il s’attabla à son bureau et entrepris de raconter cette histoire…

Le lendemain, il retourna à l’hôpital pour les ultimes examens. C’est l’autre infirmière qui s’occupa de lui… Il l’aperçu cependant, penchée sur un pupitre derrière une vitre. Elle ne releva pas la tête à son entrée. Ni quand il sorti d’ailleurs.

Avec le recul il se dit que finalement, ça valait le coup d’avoir fait cette tentative. La déception avait été grande, certes, mais prompte à disparaitre. Ce genre de coup de poignard dans le cœur, même s’ils sont douloureux ne sont pas mortels en fin de compte. Il suffit juste de s’endurcir un peu, et avec le temps, il y en aura bien une qui répondra oui ! Et qui sera libre bien sûr…
A ce propos, il lui reste cependant quelques questions qui lui trottent dans la tête.
Pourquoi les femmes vous laissent-elles croire des choses ? Je veux dire que, soit je me trompe complètement sur les signaux qu’elles envoient, soit elles le font sans se rendre compte qu’ils pourraient être mal interprétés ? Ou alors elles le font exprès… Rien que pour vérifier que leur pouvoir de séduction fonctionne toujours… N’empêche que c’est cruel quelque-part.
Comme l’a dit une amie, ce serait quand même plus simple si les cœurs, et les corps, à prendre étaient clairement identifiés par… Je ne sais pas moi… Des badges de couleur ?

Damned ! Je m’aperçois que le « il » est devenu « je » ! Je suis découvert sur ce coup là !

jeudi 6 novembre 2008

Digression sentimentale

Ça va faire un an qu’il la connait. C’est long un an. On a le temps d’en faire des choses en un an. Le problème c’est qu’en un an, ils ne se sont vus et parlé que six fois. Alors, c’est sûr que comme ça les choses elles avancent moins vite.
Pourtant, il était content quand il la voyait… Ça lui faisait oublier pourquoi il était là. Les scintigraphies, c’est pas que ça fait mal, non, mais c’est long. Vous arrivez le matin vers 8H00, et si il n’y a pas trop de retard, ils vous lâchent pas avant midi, midi et demi. Et quand ils vous font la totale, celle avec vos globules blancs irradiés qui vous prennent et vous remettent dans les veines, là c’est bon, il n’était pas chez lui avant 18h00…
Mais ça va. C’est pas la mer à boire quand même. De toute façon, chaque fois qu’il a envie de se plaindre, il pense aux gens qu’il a vus dans la salle d’attente. Ça remet les pendules à l’heure directe. Eux ils sont là parce qu’un crabe est en train de les bouffer, et lui pour une malheureuse cheville douloureuse. Alors, c’est bon, tu la ramènes pas avec tes jérémiades !

Pour supporter ces longues attentes, il y a un truc qui est encore plus fort que la morale qu’il se fait à lui-même, c’est de savoir qu’il va la voir. Elle est toujours là, à son poste. Un sourire rayonnant en permanence sur les lèvres. A croire qu’elle est née avec ! Mais attention, c’est pas un de ces sourires aussi professionnels que faux. Non ! C’est un vrai sourire. Un truc qui ne vient pas du cerveau, mais du cœur. Enfin, c’est ce qu’il croit.
Et puis elle lui parle, et ça c’est vachement important pour lui. Oh, je sais bien moi, que la plupart du temps ce ne sont que des « Alors, ça va pas mieux ? », ou encore des « Vous connaissez le protocole maintenant… », des phrases de simple gentillesse…
Mais lui il a l’impression que cette fille, elle n’est pas que gentille avec tout le monde. Il commence à penser qu’elle est gentille avec lui. Que lui. Spécialement lui.
Alors bien sûr, lui, grand nigaud, dès qu’il lui répond c’est en bafouillant des phrases sans queue ni tête. Il essaye d’être drôle, mais la plupart du temps comme il en fait trop, il a l’impression que ça tombe à côté. Le pire c’est que quand il lui parle, il sent très bien que ses joues sont en feu ! Une telle chaleur, ça ne peut vouloir dire qu’une seule chose : Il est rouge comme… Y’a pas de comparaison. Un rouge comme ça, ça n’existe nulle part sur la palette des nuanciers.
Vous imaginez bien que l’ensemble ne doit pas être des plus… Comment dire… Crédible ? Sincère peut-être, mais crédible surement pas !

Et puis un jour, alors qu’il lui disait combien il était ravi de la voir, encore une fois, elle lui a répondue qu’elle aussi… Elle a ajoutée, en substance, qu’il était pas obligé d’avoir un rendez-vous pour passer donner des nouvelles…
Le pauvre… Je crois que son cœur a dû rater un battement ! Et puis soudain, le feu sur ses joues, il a bafouillé « qu’il en prenait bonne note ».
Mais quel crétin ! « Qu’il en prenait bonne note » ! Mais c’est pas possible de sortir des trucs pareils ! Surtout lorsque l’on trébuche sur quasiment tous les mots, on peut pas dire que ça fait très classe ! Lamentable ! Heureusement qu’un infirmier est venu interrompre ce fiasco, parce qu’il était plutôt mal barré…
Bref, lui il s’est rassis et a commencé à cogiter sérieux dans sa caboche de timide invétéré… Logiquement dans la vraie vie, un type dans sa position il ne lui reste plus qu’une chose à faire : Passer la surmultipliée et proposer à la demoiselle d’aller prendre un café quelque-part… Ouais ! C’est ça qu’il faut faire ! Allez mon gars ! Haut les cœurs !
Mouais… Facile à dire… C’est qu’il n’a pas trop l’habitude d’inviter des filles lui ! En fait, d’aussi loin qu’il se souvienne, il a dû en tout et pour tout oser inviter une nana… Deux fois ! Deux fois en vingt-cinq de vie sexuelle ! On ne peut pas appeler ça une expérience. Ben oui… D’habitude, c’est l’inverse qui se produit. Ou alors les choses se font comme ça, naturellement, dans le feu de l’action comme qui dirait… Mais respecter les conventions, le protocole de l’invitation à boire un café, ça il ne l’a fait que deux fois… Et il s’est pris un splendide râteau à chacune d'elles.
Alors que faire ? Est-ce qu’il va rester là à ne rien faire et se demander toute sa vie s’il n’est pas passé à côté de quelque chose de merveilleux. Ou alors va-t-il se prendre par la main et franchir le pas, quitte à être ridicule et à se prendre un troisième râteau ?
Ca gamberge, ca fourmille dans sa tête. Il se demande s’il a bien su décrypter ce qu’il croit être des signes. Côté cœur, il s’est tellement pris de baffes dans la gueule que ça ne l’enchante pas vraiment de tenter l’expérience… Mais en même temps, il est peut-être temps pour lui de prendre quelques risques. C’est qu’il ne rajeunit pas le bougre !
C’est complexe comme décision… Tellement complexe qu’il préfère ne plus y penser, et il se plonge alors dans la lecture de son roman. Voilà, c’est bien. On pense à autre chose et on verra bien.
C’est alors que le destin vint lui donner un petit coup de pouce. Oh, juste un petit de rien du tout. Juste de quoi faire accélérer les choses…
Alors qu’il s’allongeait sur la table du gigantesque appareil et qu’il parlait avec elle de tout et de rien, il apprit que c’était la dernière fois qu’il la voyait de la journée. Peut-être la dernière fois tout court, si cette satanée cheville prenait soudainement la décision de guérir subitement.
Stop ! Ne bougez plus pendant les cinq minutes qui suivent ! Cinq minutes ! Vite, prendre une décision ! Se remuer les méninges, trouver les mots… BIP ! Voilà, c’est fini !

Jamais cinq minutes ne lui furent aussi courtes.
Alors que le plateau de l’appareil reprenait sa position habituelle, il se redressa et dit…