Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


samedi 9 janvier 2010

Vœux aux Armées

Je me demande si cela vaut bien la peine que je vous raconte les vœux du Président aux Forces Armées… Ouais, franchement je me demande.
Pas d’annonces fracassantes, pas de remontrances, rien… Il a juste rappelé que l’armée c’était fait pour défendre le citoyen et non-pas de l’aménagement du territoire. Cette phrase on l’a déjà entendu il y a un an et demi lors de la publication du Livre Blanc sur la défense et l’on sait que cette réforme a causé, et causera, énormément de dégâts sur le tissu social des communes concernées. Donc de ce côté-là, il persiste et signe.

Ah ouais, quand-même j’ai noté cette phrase : « En tant que chef des Armées (…), Je n’engage jamais nos forces à la légère, et tous les hommes que j’envoie au combat doivent pouvoir revenir. »

Bilan de l’année 2009 : 20 morts.

Vous croyez qu’il arrive à dormir le Chef de nos Armées ?

Moi j’aurais du mal…

vendredi 8 janvier 2010

Nicolas Sarkozy et le bizness de la culture

Oui, je sais. Lorsque l’on met Nicolas Sarkozy et culture dans une même phrase, au début ça fait tout bizarre… Normal, l’homme transpire autant la culture que la hauteur, c’est vous dire son peu de crédibilité en la matière…

Donc, hier Le Président a souhaité transmettre ses vœux au « monde de la culture ». Déjà là, d’entrée, l’expression me dérange. Comme si ce qui fait l’identité de l’être humain pouvait se regrouper en un monde à part, indépendant sans doute, d’un autre monde qui lui n’aurait rien à voir avec la culture… M’enfin, il semblerait que dans l’esprit pragmatique de notre Nanoprésident, les choses fonctionnent ainsi, il y a le monde culturel et il y a les autres. En fait, comme vous l’allez voir, le terme exact à utiliser devrait être « le monde qui fait du bizness avec la culture »… Là on serait beaucoup plus proche du concept présidentiel.

Et d’ailleurs, ça n’a pas trainé puisque le discours commence par une énumération des succès de l’année écoulée… Succès financiers s’entend. Recettes, entrées, marché de l’art, etc, 2009 a été une bonne année de ce point de vue là, alors il est content.
Et il est tellement content que la Culture avec un grand C rapporte des sous qu’il a bien l’intention de lancer pour l’année qui vient tous plein de projet « rentables ».

Donc, il a l’intention de progresser sur des projets aussi divers que le Grand Paris, L’Union de la Méditerranée, la Maison de l’histoire de France, le transfert d’Albert Calus au Panthéon et la Révolution numérique… L’annonce la plus notable concerne justement cette dernière partie. Un budget de 750 millions d’euros va être consacré à la numérisation des œuvres immatérielles du Patrimoine National. A savoir, livres, musique, films et cætera. A ces 750 millions devraient s’ajouter des fonds privés qu’il espère conséquent car « les perspectives de rentabilisation sont nombreuses dans la nouvelle économie du savoir » ! Encore et toujours le pognon.

Moi je me demande bien comment il compte faire ça, car en même temps il prétend vouloir respecter les droits d’auteurs et la propriété privée avec une loi Hadopi enfin mise en place (selon lui hein !)… Car il l’affirme encore une fois, c’est son rôle de protecteur que de protéger la propriété privée, qui est comme chacun sait le premier des droits de l’homme dans le monde selon Sarkozy.
Ah oui, je ne vous ai pas dit, vous savez pour qui il se prend notre Nain National ? Je vous le donne en mille, pour lui, « Le rôle du chef de l’état c’est d’être le protecteur des arts et le défenseur de la culture ». Bref, le mécène en chef, c’est lui. François 1er à coté de lui, c’est le commissaire Javert !

Mais bon, Sarko n’est pas à une contradiction près, d’ailleurs à un moment il définit la loi Hadopi comme étant destinée à protéger la vie privée… Personne n’a bronché, mai vous reconnaitrez que le lapsus est assez savoureux !

Une autre contradiction que j’ai relevée concerne la baisse de la TVA sur le contenu culturel numérique. Pour lui, dans un souci d’harmonie il conviendrait de la ramener à 5,5% comme pour les contenus physiques (les livres quoi !). Personnellement, je me pose la question de savoir comment le marché du livre va pouvoir supporter de se retrouver ainsi mis en concurrence directe avec la numérisation… Déjà que nos jeunes ne lisent plus, je doute fortement que le fait de retrouver toute une flopée de lignes sur leur écran, sans aucune image, va favoriser le développement de la culture en France… Mais bon, je suis peut-être un peu réac sur ce coup-là. Pour moi un bouquin ce n’est pas qu’un contenu, c’est aussi une forme, un poids, une odeur…

Sinon, dans un élan qu’on ne lui aurait pas prêté, il annonce qu’il a l’intention de mettre en place une réflexion pour taxer les publicités en ligne. Avec dans sa ligne de mire le géant Google ! Rien que ça ! En effet, ce qui dérange Monsieur Sarkozy le Grand Mécène, c’est que de grandes multinationales basées à l’étranger se fassent du fric sans qu’il ne puisse, lui, en tirer une part du gâteau.

Bon, pour tout vous dire je me suis fait plutôt chier à l’écouter parler de chose qu’il ne connait pas avec des mots qui ne sont pas lui. Pour le coup je vous l’assure, c’était flagrant que le bonhomme ne maitrisait absolument pas une once du domaine qu’il abordait. Sauf lorsqu’il s’agissait de parler pognon, bien sûr.

Au final, il me reste une impression brouillonne qui c’est, peut-être, retrouvée dans mon texte d’ailleurs… Mais en tous cas, lorsque je repense aux vœux de l’année dernière qui étaient consacrés aux liens tendancieux existants entre la culture et l’identité nationale, je me dis que cette année nous avons abordé un autre pan du monde merveilleux selon Sarko : La marchandisation de la culture.

Et l’année prochaine, ce sera quoi ?

jeudi 7 janvier 2010

Sarkoshow à Cholet, satisfécit démago et propagande libérale

Bon, difficile de vous parler des vœux de Nicolas Sarkozy aux Forces Économiques de la Nation après ce que je viens d’écrire juste avant… Mais bon, on va essayer quand-même. Surtout que si vous regardez bien le reportage cela peut très bien jeter un éclairage sur ce qui va suivre.
Souvenez-vous l’année dernière j’avais entrepris la tâche éreintante de me taper tous les discours de vœux de Sarkozy prononcés en ce début d’année 2009 (voir archives), et de vous en faire un commentaire. Et j’avais plus ou moins réussi mon truc, même si ma santé mentale s’en était trouvée grandement mise en danger

Cette année, j’ai décidé de recommencer. Mais, pour m’éviter une overdose, je ne vous garantis pas que j’irais jusqu’au bout, ni même que j’y mettrais l’application nécessaire. Ma santé étant, vous me l’accorderez, grandement prioritaire par rapport aux annonces de notre Président Glorieusement Élu.

Donc hier le Président s’est rendu à Cholet pour y dispenser sa propagande habituelle…
Comment ça je commence mal ? Vous trouvez que je suis partial ? De mauvaise foi ?
Et alors ? Oui, je dis « et alors » ? J’ai le droit non ?

Donc, disais-je le Nain est allé à Cholet. L’année dernière c’était Vesoul, on peut donc dire qu’il y a déjà un mieux… Ben oui, je m’excuse, mais Cholet c’est mieux que Vesoul. C’est plus… C’est plus mieux voilà tout.

Bon, je vous ferais grâce des redites… Car tout le début de son discours constate surtout à reprendre son argumentaire comme quoi c’est grâce à lui qu’on n’est pas en dépression… Que la croissance est revenue (youppie !) et cætera.
Mais attention ! Malgré tout ça, le chômage va quand même continuer d’augmenter ! Pour palier à cette augmentation, une seule solution : Des principes forts : « Volontarisme, ténacité et audace ! » Le tout « sans tabous » afin de « rompre avec les conservatismes et les immobilismes ! »
Ensuite il nous dit qu’il va continuer dans le dialogue et la conciliation, mais sans faiblesse et sans renoncement. Bref, « le statuquo n’est pas une option ».

Bon, maintenant je peux vous dire que tout ça c’est du réchauffé, parce qu’il avait dit exactement la même chose l’année dernière à Vesoul… Si c’est vrai ! Il nous a même ressorti le couplet sur les 35 heures qui sont un non-sens et patati-patata… Vision malthusienne de l’économie… Blabla… Le partage du travail est une illusion… Blabla… La croissance est de retour et il n’y a que ça qui est bien…

Moi ce qui m’a fait marrer (enfin, c’est une expression) c’est qu’il a répété deux ou trois fois que ce qu’il disait n’était pas une question d’idéologie… Alors que tout son discours n’était qu’un auto-satisfecit à la gloire de l’idéologie libérale ! Rien que ça ! Vous auriez pu tout aussi bien mettre ses mots dans la bouche de Parisot, cela aurait été la même chose !
Mais non, l’idéologie, ne l’oublions pas, est un gros mot juste bon pour les utopistes de gauche qui ne comprennent rien.
A droite, on n’a pas d’idéologie, on est juste d’un pragmatisme plein de bon sens…
Et puis, griotte sur le clafoutis, il est parti sur un truc dingue : Il nous sort que s’il a supprimé les droits de succession (il y a deux ans tout de même) c’est parce qu’il croit au travail et à la famille !

Blurp… Excusez-moi j’ai eu comme un renvoi… Deux secondes que je prenne un verre d’eau… Voilà, ça va mieux !

Travail, famille… Plus qu’un et on est bon ! Manquerait plus qu’il nous fasse une belle annonce bien poujadiste et ce gouvernement ne ressemblerait plus à sa caricature pétainiste, mais il serait sa caricature…
Et ça n’a pas trainé. La seule annonce qui est ressorti de ce discours a été pour les artisans… Qu’il souhaite dispenser de poursuites sur leurs biens personnels en cas de faillite. On est là en plein corporatisme électoraliste… Ça tombe bien, il y des régionales dans pas longtemps.

Ensuite il est parti dans un raisonnement basique mais qui fait toujours mouche dans les esprits étroits. A savoir que comme il n’a pas été élu pour augmenter les impôts, et qu’on est fauché, il n’y a pas à tortiller, il va falloir baisser les dépenses publiques… De la belle et bonne… Comme ça s’appelle ça déjà ? Ah oui, de la belle et bonne IDÉOLOGIE de droite !

Pour finir, j’ai noté une phrase pas piquée des vers.
« Je préfère donner de l’argent public à préserver des emplois et une capacité industrielle plutôt qu’à payer des gens à rester chez eux à ne rien faire ! »
C’est tellement caricatural que je ne voulais pas vous en priver.

Bon, au final ce furent des vœux plutôt décevants du point de vue de l’information. On n’a rien appris de vraiment nouveau, à part pour les artisans, et on a eut droit à de la propagande libérale pur jus.

Quid des problèmes sociaux qu’engendre cette idéologie libérale ? Quid du chômage ? Quid de la précarité grandissante ? Quid de la pauvreté qu’engendre ce système ?

Ça, on ne sait pas… Et lui non plus d’ailleurs. Parce qu’il s’en tape.

PS: Le dessin est de Riss

Adieu Monsieur Seguin

Alors que je m’apprêtais à me mettre à mon boulot d’écriture, voilà que la nouvelle tombe… Du coup je ne sais plus quoi dire.
Sauf si, peut-être, ça : Je l’aimais bien le Seguin. Le genre d’adversaire qui inspire le respect. Un de ces représentants du « gaullisme social » qui font que parfois la gauche et la droite se transcendent pour se rejoindre sur des valeurs communes…
Il va me manquer.

Alors pour lui rendre hommage, je vous remets une interview diffusée sur la TéléLibre l’année dernière. L’homme y est sympathique, truculent… Il n’en reste plus guère des types comme ça.


815 SÉGUIN POINTE LES MAUVAIS COMPTES DE L’ÉTAT
par latelelibre

mercredi 6 janvier 2010

Le monde en solde

J’aime pas les soldes. Les soldes ça me gonfle grave. Et tu sais pourquoi je n’aime pas les soldes ? Non ? Et bien je vais te le dire…

J’aime pas les soldes parce que pendant huit ans, deux fois par ans, ça a été mon boulot de faire les soldes. Quand je dis faire les soldes, je ne parle pas de courir les magasins comme un furet à jeun depuis six mois, mais plutôt d’être de l’autre côté de la barrière… C’est moi qui prenais les prix, et qui les barrais pour en inscrire d’autres…

Ouais gros, pendant huit ans j’ai été le responsable d’un rayon « mobilier et décorations du monde »… Rien que ça. En fait, j’étais un rouage de la mondialisation. L’ultime rouage, celui qui vous présente un coffre tout vieux tout pourri acheté au Rajasthan cinq euros cinquante, et qui vous le revend cinquante euros en vous racontant une belle histoire… Pas très glorieux hein ?

Pourtant j’aimais bien ce que je faisais… J’avais des trucs qu’on ne pouvait trouver nulle-part ailleurs et j’en étais fier. Des objets, des meubles, des tissus, bref des trucs et des machins vachement intéressants car pas banals… Et beaux en plus. Enfin, beaux pour moi… Alors comme j’aimais ce que je vendais je n’avais pas vraiment d’effort à faire pour faire l’article comme on dit… Il suffisait de m’entendre parler trois minutes et hop c’était dans la poche ! Pas la mienne bien sûr…
Tout allait bien jusqu’à ce que l’on me demande de dire des mensonges au lieu de ce que je croyais être la vérité sur ma marchandise… A partir de là, comme je ne sais pas mentir, vous imaginez la suite.

Mais bon, c’est pas le sujet. Donc deux fois par ans je faisais les soldes. C'est-à-dire que je prenais un truc et, en fonction du fournisseur, et bien j’enlevais 10, 20, 30%... Jusqu’à 50 et même 70% du prix initial… Tu imagines bien lecteur que tout dépendait en fait du prix d’achat d’origine et donc de la marge habituelle que le magasin pratiquait sur chaque produit. Le souci c’était que des fournisseurs, et bien nous en avions des dizaines. Il y avait les boites d’import françaises qui faisaient déjà leur beurre en achetant des produits manufacturés à bas prix dans des pays où le code du travail est aussi mince que la silhouette de la gamine qui y bosse. Là, pas question de faire plus de 20% de rabais… La grosse part du gâteau étant déjà partie dans la fouille de l’importateur, la fameuse lampe « ethnique » à 39 euro 90 cts, et que vous avez-vous-même payée 15 euros, tu ne peux décemment pas la vendre à moins de 30…

Et puis il y avait les importations en direct… Deux trois fois par an, mon boss partait au Maroc et en Inde pour faire ses courses. Au Maroc, il faisait fabriquer des luminaires en maillechort, des chaises en fer, des tables en zellige… Bref, tout ce que tu as pu un jour admirer dans un souk, et bien on l’avait. Des containeurs entiers qu’on faisait venir de là-bas. Du coup, sachant que le grouillot marocain travail comme salopiaud mais pour pas cher, on pouvait se permettre de rogner la marge de 50% sans qu’il n’y ait péril en la demeure…

Le top c’était les meubles d’occase qu’on ramenait d’Inde… là c’était le jackpot ! 90% de marge ça te parle ? Ça veut dire qu’un truc acheté 100 là-bas, se retrouvait pour 1000 dans ton salon… Donc, tu penses bien que si je te le fais à 450 parce que tu m’as l’air sympathique, non seulement t’es content, mais en plus mon boss aussi.

Et je ne te parle même pas des marchandises à très bas prix qu’on achetait deux mois avant les soldes pour pouvoir les mettre en rayon le jour dit avec un joli prix barré… Ça c’est encore une autre histoire.

Bref, tout ça pour dire que les soldes c’est de l’arnaque. En tous cas dans mon domaine c’était de l’arnaque… J’explique, à l’origine les soldes ont été inventées pour débarrasser les commerces saisonniers de leurs invendus. Saisonnier, ça veut dire qui change avec les saisons hein ! Donc ça concerne les objets qui marchent avec des collections automnes-hiver et printemps-été. Genre les chaussures, les fringues etc, les trucs que se retrouvent momentanément obsolètes dès qu’un rayon de soleil apparait ou disparait.

Seulement, l’appât du gain a un peu changé les choses. Ceux qui n’ont rien à voir avec la météo se sont dit que eux aussi ils pouvaient se permettre de gonfler artificiellement leur chiffre d’affaire en boostant les ventes deux fois par ans. Ça marche d’autant plus que si t’es malin tu vas faire des ristournes sur des trucs avec lesquels d’habitude tu marges un max !

Du coup, le péquin moyen il est en droit de se demander pourquoi tu fais des prix pareils huit semaines par an et pas pendant le reste de l’année… Ben oui, parfois le péquin n’est pas si con qu’il en a l’air. En attendant, c’est moi qui avais l’air d’un con si par malheur un de ces impertinents péquins s’avisait de me poser la question.
Car en fait, le furet qui court comme un dératé pour faire le tour des boutiques, et qui ressort tout fier, persuadé qu’il est d’avoir fait de bonnes affaires ; Et bien la plupart du temps il court pour acheter un truc au prix qu’il aurait dû payer normalement si le magasin ne pratiquait pas des marges indécentes.
En fait gros, tu te fais arnaquer 10 mois par an, c'est ça qu'il se dit le péquin. Et il a raison.

Enfin, j’dis ça mais j’imagine que ça doit rassurer un banquier que la boutique machin-chose réussisse à réapprovisionner son compte courant…
Mon patron m’expliquait, pour tenter de pallier à ma naïveté crasse, que le but du jeu c’était de faire rentrer les liquidités dans l’entreprise… Des liquidités pourquoi faire, pour racheter d’autres marchandises, se replanter encore une fois sur 10 à 20% d’entre-elles et devoir les brader de nouveau six mois plus tard… pour ravoir encore des liquidités.

Je ne sais pas si j’ai vraiment tout compris au machin… Parce que pour moi, à l’époque et encore maintenant, tout cela ressemblait beaucoup à une espèce de fuite en avant. Un peu comme un type qui fait des sauts devant lui pour éviter de tomber… Et qui continue encore et toujours jusqu’à ce qui tombe pour de bon.

Donc, tu comprends maintenant pourquoi j’aime pas les soldes. Ça pue les soldes.

Et puis, pour tout te dire, pendant ces périodes là j’avais tellement de boulot que je bossais dix heures par jours… Je rentrais le soir chez moi crevé et énervé… Tellement que je n’avais même plus le temps d’aller les faire pour moi… les soldes. Du coup, maintenant que je ne travaille plus, et mis à part les moyens qui me manquent, et bien comme je sais comment ça marche, j’ai plus envie. Mais alors plus envie du tout.

mardi 5 janvier 2010

En vrac : Renault, Grippe A et Conseil Constitutionnel

Bon, je n’ai pas trop de temps aujourd’hui et vous m’en voyez navré. C’est d’autant plus dommage que l’actualité est riche en ce début d’année… Mais bon, c’est pas grave, on va faire vite.
Depuis quelques jours j’avais envie de vous parler de la dernière publicité de chez Renault qui hante nos chaines de télé depuis le début de cette année…, et puis finalement je me suis aperçu que Trublyonne avait déjà abordé le sujet, et de belle manière en plus… Donc, allez chez elle goûter de son analyse. J’y ajouterais cependant que cette communication démagogique est emprunte d’une propagande libérale des plus écœurante. L’allusion à l’innocuité du choix de la décroissance y est flagrante avec cette question qui me donne envie de hurler : « Pourquoi profiter de la vie aujourd’hui signifierait forcément vivre moins bien demain ? »

Je vous laisse trouver vous-même votre réponse à cette question hautement philosophique…

Sinon, il y a notre beau pays qui non content d’avoir dépensé notre argent à acheter des vaccins contre la grippe A que personne ne voulait, à part quelques 5 millions de péquins bien manipulables, se retrouve avec 95 % de son stock sur les bras…
Alors bien sûr ça gueule.

Je vous avouerais que je suis un peu perplexe sur ce sujet… Car, si le gouvernement n’avait pas mit le paquet dans cette affaire, on le lui aurait reproché de la même manière. Donc, le critiquer à postériori pour avoir fait ce qu’il fallait relève, à mon sens, de la mauvaise foi.

Cependant, là où on pourrait à loisir lâcher des skuds sur cet épisode « pandémique », ce serait s’il était établi de façon formelle que l’achat de ces doses de vaccins en surnombre était le fait d’une volonté délibérée, ou alors d’une incompétence crasse.
Pour faire la lumière sur tout ça, il n’y a pas à tortiller il faut enquêter. Et c’est ce que se propose de faire le Nouveau Centre. Comme quoi, même les centristes peuvent avoir de bonnes idées. Ce qui est con, c’est qu’ils les aient avant la gauche !

Enfin, je voudrais que vous notiez dans vos tablettes une échéance prochaine qui pourrait se révéler très importante pour notre démocratie, à savoir le renouvellement d’un tiers du Conseil Constitutionnel… L’ami Rimbus a sonné l’alarme sur le sujet en nous rappelant que le dernier rempart contre les abus liberticides de ce gouvernement était cette auguste institution. Il nous informe aussi sur les postulants prêts à reprendre les sièges libres, et là croyez-moi, ça craint… Emmanuelle Mignon, ça vous dit quelque chose ?

Et bien sachez que l’on sait maintenant pourquoi elle avait quitté le mois dernier l’Elysée, c’est pour distiller son catholicisme intégriste au sein du Conseil ! Rien que ça !

Bref, comme vous le voyez, l’actualité est riche… Sauf que là, j’ai pas le temps. Il faut que je me barre de chez moi rapido, si je veux pouvoir remplir mon frigo…

Allez braves gens ! Portez vous bien !

lundi 4 janvier 2010

Le No Sarkozy Day, une occasion de dire non alors que d’autres disent oui.

Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’est quoi tout ce tremblement à propos du No Sarkozy Day ? De partout sur la gauchosphère les billets tombent et le débat fait rage comme s’il s’agissait de la controverse de Valladolid (*).
Du coup, je ne vous le cache pas, je me suis senti un peu à la ramasse, ne comprenant absolument pas pourquoi tout ce beau monde se prenait ainsi la tête. Il m’a fallu un peu de temps pour démêler les fils de l’histoire et comprendre d’où pouvait bien venir tout ce tintouin…
Donc, je résume l’histoire pour ceux qui, comme moi, n’ont pas suivi.

A la suite de la manifestation en Italie contre Berlusconi le 5 décembre dernier, des petits malins ont pris l’initiative de vouloir lancer le même genre de happening en France. La cible, Sarkozy bien sûr. Un groupe Facebook est créé, regroupant à ce jour 354 471 « amis » et qui invite la populace à manifester son dégout du Président pour le 27 mars prochain devant les bâtiments représentatifs du pouvoir, à savoir les Préfectures (entres autres).
Dans la foulée les initiateurs de l’événement sollicitent les blogueurs pour relayer l’événement et faire ainsi monter la mayonnaise.
En réponse à cette sollicitation certains blogueurs de « gauche », et pas des moindres, publient alors un communiqué pour se démarquer de l’événement.

Ce communiqué le voici :

Le No Sarkozy Day est une initiative sincère et spontanée. Nous respectons la démarche et l’engagement qui ont amené les organisateurs à entreprendre cette action. Mais, nous blogueurs, nous ne pouvons nous y associer. En premier lieu, Nicolas Sarkozy a été élu. Certes la France de Nicolas Sarkozy n’est pas une république irréprochable mais nous sommes attachés au principe démocratique. En tant que Président de la République, il bénéficie de la légitimité des urnes. Réclamer sa démission, c’est ouvrir une boîte de Pandore. Nous ne souhaitons pas jouer aux apprentis sorciers. Au contraire, Nicolas Sarkozy doit rester 5 ans au pouvoir, assumer ses erreurs jusqu'au bout. Le No Sarkozy Day doit avoir lieu le 7 mai 2012 et pas avant. Ensuite, nous estimons que l’initiative est biaisée dès le départ. Le problème du "No Sarkozy Day", c’est que le nom de Sarkozy soit l'unique vecteur de mobilisation. L’antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer les mentalités, elle les confortera. Plutôt que de se focaliser sur l'homme, nous préférons nous concentrer sur le bilan désastreux de son action politique. Nous voulons bâtir une véritable alternative politique au sarkozysme qui soit à la fois construite et argumentée. Nous pensons que cette opération se révélera contre-productive. Nous ne souhaitons pas être associés à cette initiative lancée sans concertation et qui relève plus du buzz marketing que de l’action politique. Le risque d’une instrumentalisation et d’une récupération politique d’un futur fiasco existe…

Suivit par les signatures de quelques-uns des grands noms de la blogosphère se déclarant de gauche :
Laure Leforestier,Le Monolecte, Bah by CC, Le Volontaire, Partageons mon avis, Les jours et l'ennui de Seb Musset, Peuples, Intox2007.info, Falcon Hill, Disparitus, Sarkofrance, Back2basics, Neuromancien, Edelihan, l'hérétique, Marc Vasseur,Yann Savidan, Le Pavé, Hypos, H16, De tout et de rien, Des pas perdus , Piratages(s), Reversus.


Et c’est là que j’ai pris le train en marche, en pleine polémique au sujet de ce communiqué et de ce qu’il sous-tend.

Pour être franc avec vous, lorsque j’ai été sollicité sur Facebook pour adhérer au truc, j’ai dis oui tout de suite. La démarche me semblait intéressante et le succès des transalpins ne pouvait que présager de bonnes choses quant à la mobilisation de nos concitoyens. A l’époque la seule question que je me suis posé, c’était de me demander pourquoi le 27 mars, pourquoi si tard ?
Pour avoir la réponse à ma question, il m’a suffit de ma rappeler que le deuxième tour des élections régionales étaient programmé pour le 21 mars. La manifestation devant s’inscrire résolument en dehors des enjeux électoraux. Donc, pour moi c’est clair, le mouvement se situe hors-partis politiques et hors projets à long terme. C’est un happening dont le but est de dire à un instant t, le ras-le-bol que ressent une partie de la population envers ce gouvernement et sa politique personnifié par la grosse tache qu’est Nicolas Sarkozy.

Et c’est d’ailleurs ce que semble lui reprocher cet aréopage de gentils blogueurs… Ce côté spontané, quasi festif, qui ne s’inscrit dans rien de construit, ou ne s’imbrique pas dans des plans qui existent déjà…

Car, je vous le dis tout net, ce communiqué n’est ni plus ni moins que de la merde. Une bonne grosse merde puante, déposée ostensiblement sous le museau des citoyens pour leur faire comprendre qu’en dehors des appareils, rien ne peut se faire. Comme s’il fallait forcément l’aval des associations, des partis ou même d’une pseudo-élite, fut-elle blogueuse, pour entreprendre quelque-chose dans ce pays !

De plus, l’argumentation développée est, en tous cas à mes yeux, spécieuse et digne de ces tiédeux que je dénonçais il y a encore quelques jours ici-même.

Alors comme ça, il conviendrait de « respecter la légitimité des urnes » ? Mon cul oui !
Sous prétexte qu’une majorité de crétins décérébrés a, un jour funeste de 2007, porté au pouvoir ce psychopathe dangereux, il faudrait s’abstenir pendant la durée de son mandat de le critiquer ?
Mais on vit où là ? C’est quoi cette mentalité de pétochards ? Je rappellerais à ces personnes que le propre de l’opposition c’est encore de s’opposer. Et ce n’est pas en restant dans une réserve bien-pensante que l’on s’oppose efficacement. Sarkozy et sa clique compte justement sur cette réserve pour arriver à ses fins, et il faudrait peut-être que ces messieurs-dames bien propres sur eux arrivent à se mettre ça dans le crâne !

Ensuite, le reproche qui est fait au No Sarkozy Day, c’est de s’en prendre nominativement au président de la république et non à sa politique.
Voilà encore cette bien-pensance écœurante qui arrive, par je ne sais qu’elle circonvolution cérébrale, à détacher les idées de la personne qui les met en œuvre. Comme si ce n’était pas Nicolas Sarkozy qui mettait à mal notre société, mais seulement ses idées…
C’est avoir là une conception bien particulière du combat politique, ou du moins bien particulière de la nature humaine.

Vous vous doutez bien que je ne peux en aucun cas soutenir mes confrères blogueurs sur ce coup-là. Donc, à mon tour, je tiens à me démarquer totalement de cet immobilisme bon teint qui ne sert qu’à une seule chose, conforter Sarkozy et sa politique.
On nous reproche souvent, à nous les gauchistes purs et durs, de passer notre temps à critiquer sans proposer… A cet argument bateau je répondrais que critiquer sans proposer c’est déjà critiquer, et que cela vaut toujours mieux que ne rien faire du tout !

C’est avec ce genre de considération « respectueuses » que le Mal avance. La seule solution est de le combattre, par tous les moyens et sur tous les terrains.

Pour terminer je voudrais revenir sur cette image employée par ce ramassis de pétochards… Celle de la boite de Pandore.
Quelque chose me dit que dans leur esprit, permettre ce genre de manifestation c’est prendre le risque de la subir à son tour, si par chance le vent venait à tourner en 2012… Bien étrange conception de la démocratie n’est-il pas ?

A noter d’autres voix aussi discordantes que la mienne, chez l’ami Rimbus et le fier Gauche de Combat. (Quand-même ! On n’est pas tous des carpettes !)