Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


lundi 26 octobre 2009

J’suis comme un môme !

Message express, juste pour vous dire que depuis que je me suis réveillé je suis comme un môme… Pourquoi, et bien parce que depuis ce matin, je me gave avec le concert en direct du stade de Rose Bowl à Pasadena (Californie) sur YouTube de U2 ! Je me gave, je kiffe grave, je m’éclate comme une bête sur mon fauteuil avec mon casque sur les oreilles et le son à donf…
Alors si vous êtes réveillé à c’t’heure, bande de feignasses, même si le concert vient de finir, foncer sur le site mis en lien et profitez de la rediff !

Putain qu’c’est bon !




samedi 24 octobre 2009

Je fatigue un peu là…

Ce matin je me suis levé avec une furieuse envie de ne rien faire. Une bonne grosse envie de glander propre à tout samedi qui se respecte.
Et puis, alors que je parcourais la blogosphère à la recherche d’un truc que j’aurais certainement regretté d’avoir manqué, ne voilà-t-y pas que ma télé adorée me susurre à l’esgourde un nouveau cas de déni de démocratie, comme hélas nous en avons désormais l’habitude.

Hier, un amendement proposé par le PS a été voté par 44 voix contre 40. Cet amendement proposait dans le cadre du budget 2010 de taxer les banques françaises de 10% supplémentaires. Une proposition fort juste au regard de la merde dans laquelle nous sommes et la responsabilité des dites banques à cet égard.

Comme pour le premier jet de la loi Hadopi, il semblerait que ce soit l’absentéisme lors d’un scrutin important qui soit responsable du passage de cet amendement. En effet, comme pour la loi sur l’internet, l’hémicycle était pratiquement vide et les quelques députés de droite et du centre favorables à cette taxe supplémentaire ont su faire la différence. 44 pour et 40 contre, moi j’ai envie de dire que c’est bien fait pour leur gueule et que ça pourrait nous rapporter entre un et deux milliards d’euros !

Sauf que le gouvernement n’est pas d’accord. Comme on s’en doute, celui qui a su sortir les banquiers de la mouise l’an dernier, ne tient pas à les embêter avec des taxes supplémentaires. On ne sait jamais, cela risquerait de compromettre les bonus de ces messieurs.

Alors qu’est-ce qu’il fait le gouvernement ? Hein ? Et bien il déclare tout simplement que deux de ses supporters seraient atteints de troubles psychomoteurs et auraient voté oui alors qu’ils pensaient voter non ! Les pauvres bichons !

Alors bien sûr, on va revoter tout ça ! Hein ! On va recommencer et cette fois-ci les députés de droite psycho-atteints vont faire bien attention au bouton sur lequel ils appuient ! Et puis tant qu’à faire, et bien on va faire revenir tous les absents et on va bien surveiller qu’eux aussi appuient bien sur le bon bouton… Mais on est où là ? En Irlande ?

Une mascarade de plus me direz-vous… Oui, je sais c’est lassant à force. Moi-même j’ai du mal à me décider entre une gueulante bien sentie, un rire ironique ou encore une envie de m’en battre l’œil… C’est vous dire.

Force est de constater que nous vivons dans un pays où la voix, les voix, du peuple sont déniées. Force est d’admettre que ce gouvernement n’en n’est plus à une mascarade ridicule près, pour cacher ses faiblesses. Force est de reconnaitre que nous ne pouvons rien y faire… Sinon gueuler encore et toujours.

Sauf que là, je fatigue un peu.

vendredi 23 octobre 2009

Proclamation d’utilité publique : NosDéputés.fr est dans la place !


Oyez ! Oyez ! Oyez !

Lectrices et lecteurs assidus, camarades, touristes de passage, j’ai une communication d’importance à vous faire !

En ce jour où le soleil daigne enfin refaire son apparition dans le ciel niçois, je vous informe d’une découverte essentielle à la vie citoyenne !
(Bon, d’accord, pour ceux qui connaissent déjà, je vous prierais de bien vouloir la fermer et de me laisser déclamer en paix. Merci d’avance).

Nombreux sont ceux d’entre-nous, je veux parler des citoyens concernés, des blogueurs intrépides et des empêcheurs de tourner en rond patentés, qui aiment à commenter la vie politique de notre pays. Malgré l’offensive gouvernementale visant à nous faire porter les oripeaux de l’infamie, à nous museler par des lois aussi liberticides qu’iniques (qui niquent ?), nous continuons vaille que vaille à gueuler notre révolte goguenarde.

L’internet, cet outil de liberté et d’émancipation, est pour nous un formidable moyen à la fois d’information et de communication. Grâce à lui, nous trouvons de l’information et nous diffusons de l’information. Chacun d’entre-nous, pour peu qu’il veuille s’en donner la peine, peu alors devenir à lui seul un médium à part entière.

Et bien chers amis, très chers camarades, je vous informe que nous disposons maintenant d’un outil supplémentaire dans notre quête inlassable de la vérité !

Il s’agit d’un tout nouveau site d’information citoyenne nommé NosDéputés.fr.

Avec cet outil formidable (je l’ai déjà dit, non ?) nous allons pouvoir surveiller de près l’activité parlementaire de nos élus ! En effet, grâce à NosDéputés.fr, nous saurons dorénavant tout de leur travail. S’ils sont présents ou pas lors des cessions. S’ils participent à des commissions, s’ils s’expriment et qu’elle est la nature de leur expression. Nous saurons si ceux que nous avons élu (ou pas), font correctement leur boulot, ou bien s’ils se branlent le jonc en admirant les volutes du plafond de l’Assemblée Nationale !

Nous saurons enfin, grâce ce site simple d’utilisation et extrêmement pointu quant aux informations fournies, si oui ou non l’Assemblée Nationale de la France, est un ramassis de glandeurs invétérés ou bien une arène démocratique où se joue notre destiné !

Qu’on se le dise et le répète, NosDéputés.fr est à notre disposition pour étayer nos diatribes incendiaires et avaliser nos éructations fétides.

Usez et abusez de ce nouvel outil d’information !

Usez et abusez du droit de regard qui est le nôtre !

Voilà, j’ai fini. Maintenant, allez jeter un œil sur ce site, vous verrez que malgré l’emphase et les phrases ampoulées, c’est vraiment un chouette truc…

jeudi 22 octobre 2009

Que faisais-je à 23 ans ?

Franchement je vais vous dire, j’aime bien lorsqu’on me tague pour une chaîne. C’est vrai quoi, ça a un petit côté assez flatteur pour l’égo. Ça vous donne l’impression que ce que vous avez à dire intéresse du monde, et moi qui suis cabotin en diable, et bien j’avoue que ce genre de moteur me plaît bien.

Sauf que lorsqu’il s’agit de satisfaire à l’invitation du Coucou et de répondre à la question « Que faisais-je à 23 ans ? », je m’aperçois que cela risque d’être un peu compliqué pour moi d’y répondre. Mais je vais quand-même essayer, quitte à en dévoiler un peu trop sur moi-même, mais tant pis je prends le risque.

Le souci voyez-vous, c’est que 1990, l’année de mes 23 ans, n’est pas à proprement parler une très bonne année pour moi… Ce fut même ce qu’on pourrait appeler une annus horribilis.

Je vais essayer autant que possible de vous la faire courte. En 1990, j’étais sous-lieutenant dans les commandos de l’armée de l’Air… Et oui ! Ça vous épate hein ? Moi aussi quand j’y repense.

Le fait est que j’étais bon, même très bon dans mon job et que j’envisageais fortement d’intégrer l’école de l’Air pour devenir officier de carrière. Hélas, ce plan de carrière ne convenait pas forcément à la femme qui partageait ma vie depuis six années…
Il s’en suivit une séparation douloureuse, très douloureuse, qui me fit perdre plus ou moins pied, et qui eut d’innombrables conséquences. La première de ces conséquences fut que je décidais de ne pas poursuivre ma carrière. Malgré un dossier élogieux et des soutiens en béton armé, je terminais mon service comme tout le monde.

Je me suis retrouvé un peu perdu dans la vie civile. J’étais déboussolé par la perte de mon amour, et par la perte des repères que l’armée m’avait donnés.
J’ai enchaîné les petits boulots merdiques. Représentant, sécurité à l’aéroport de Nice… Bref j’ai galéré pas mal et alors que j’envisageais de nouveau de rejoindre l’armée (la Légion cette fois-ci), pour mettre fin à une spirale que je devinais dangereuse, j’ai eu mon accident. La cheville en mille morceaux, j’ai dû retourner vivre chez mes parents…

La galère à continuée mais sur un autre plan. J’ai quand même profité de mon invalidité pour reprendre mes études (par correspondance) et acquérir un métier. Celui de technicien forestier.

Mais, au final, je ne regrette pas ces moments douloureux. Ils ont fait l’homme que je suis maintenant, et franchement je suis plutôt fier de ce que je suis, alors…
De même je ne regrette pas l’armée. Elle m’a appris un tas de truc sur moi et sur les autres, et elle m’a donné le sens de l’honneur.

Et l’honneur, chacun sait que c’est ce qui vous reste lorsqu’on n’a plus rien.

Tenez ! Je n’ai pas beaucoup de photos de moi, mais j’ai quand même réussi à vous en dégoter une qui date à peut-prêt de cette époque… C’était pour le 14 juillet 89, il y a vingt ans…

mercredi 21 octobre 2009

Je n’irai pas…

Non, c’est décidé, je n’irai pas. Je n’irai pas me faire vacciner contre la grippe H1N1 même si on me le demandait très gentiment.
Bon d’accord, personne ne me l’a demandé que ce soit gentiment ou pas… Mais je n’irai pas quand-même !
D’ailleurs, pourquoi donc me l’aurait-on demandé ? Hein ? Je ne suis pas ce qu’on appelle un public prioritaire. Je ne suis pas une femme enceinte, je ne suis pas infirmier ou médecin et je ne m’occupe plus d’enfants depuis belle lurette. Je ne suis pas indispensable (pour le moins) à la vie économique et sociale de ce pays… Je suis juste indispensable à moi-même et c’est déjà beaucoup.
Et puis, de ma vie la grippe je ne l’ai eu qu’une fois. J’avais 14 ans, et depuis rien. Pendant près de trente ans je suis passé au travers, et j’aime à croire que ça va continuer comme ça.

Et quand bien même je serais une infirmière enceinte qui s’occupe de marmots, je ne me ferais pas vacciner pour autant. Mon système immunitaire est une machine bien rôdée, et je n’ai pas trop envie d’y injecter je ne sais quoi pour le rendre plus performant. Sa performance actuelle me satisfait amplement.

Alors, j’entends de-ci-delà que si je refuse de le faire, je deviens une personne irresponsable. Que je fais preuve d’égoïsme et que je mets en péril mes concitoyens…

Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre comme connerie !

Ben oui, que j’attrape la grippe ou pas, en quoi cela modifiera-t-il ma contagiosité ?

J’explique : Imaginons que la grippe me choppe avec ses petits bras musclés, le virus va incuber pendant un à trois jours, et je vais être contagieux 24 heures avant les premiers symptômes et 5 jours après… Ok ?
Sachant que pour attraper la grippe, il faut bien que quelqu’un, ou quelque chose me la refile, donc il n’y a qu’à l’extérieur de chez moi que je risque de faire sa rencontre. Toujours Ok?
Sachant enfin que je ne sors de chez moi pour m’approvisionner qu’une fois par semaine, exceptionnellement deux, Je ne risque absolument pas de transmettre quoi que ce soit à qui que ce soit. CQFD.

Et puis, au-delà de la simple logique, j’aime à croire que ma non-participation à cette mascarade libérale a aussi un sens politique (Car tout est politique, je vous le rappelle).
Cette mascarade qui consiste à crier au loup pour vendre des vaccins à des gouvernements qui ne peuvent faire autrement que de les acheter, par simple souci de ne pas se voir reprocher de ne pas l’avoir fait… C’est tellement tordu que je ne veux pas y participer. Et tant pis si l’état se retrouve avec des millions de doses de vaccin bons pour la poubelle d’ici quelques mois… Ca lui apprendra à vouloir mélanger le libéralisme économique et la santé des gens !
L’homme n’est pas une marchandise, et sa santé non plus !

Donc, je n’irai pas, un point c’est tout.

mardi 20 octobre 2009

Les artichauts, les choux-fleurs et France télécom

Arf arf arf ! Alors là je rigole !
Jaune le rire, je préfère vous le dire tout de suite.
Ne voilà t’y pas que ce matin, en parcourant les nouvelles je tombe sur un article du Monde qui nous relate ceci.

Figurez-vous que d’après un statisticien, un type dont c’est le métier de faire des statistiques donc (non mais c’est quand même bien de le rappeler), il n’y aurait pas de vague de suicide à France Télécom.

Waouh ! Ça c’est de l’information ! En plus, il s’agit d’une information dument estampillée par la science, donc forcément crédible. Les chiffres retracent les faits, et les faits ne mentent pas, c’est bien connu. Alors, s’il vous plaît, mesdames et messieurs les journalistes et blogueurs en tout genre, arrêtez de propager de fausses rumeurs. La réalité vraie, celle qui ne ment jamais, vous démontre que les salariés de cette entreprise ne se suicident pas plus que les autres, et même moins d’ailleurs.

Vous ne me croyez pas ? Pourtant c’est bien René Padieu, inspecteur général honoraire de l'Insee, qui nous le dit :
"En 2007, on avait pour la population d'âge d'actif (20 et 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100 000", explique-t-il. "24 suicides en 19 mois, cela fait 15 sur une année. L'entreprise compte à peu près 100 000 employés. Conclusion : on se suicide plutôt moins à France Télécom qu'ailleurs"
Et bien permettez-moi de vous dire qu’il s’agit d’un tissu de conneries.

Un pur, un total, un véritable tissu de conneries.

Tout d’abord parce que lorsqu’on veut faire une analyse comparative, la première des choses que l’on respecte, c’est la règle qui veut que l’on ne compare que des choses comparables. Mon prof de maths de seconde n’arrêtait pas de me le rappeler, on ne compare pas des artichauts avec des choux-fleurs. Et c’est exactement ce que monsieur Padieu fait, il nous dit que les artichauts ne sont pas pareils que des choux-fleurs.
Sauf que ça, on le savait déjà hein ?

Dans le cas qui nous occupe, les artichauts se sont les employés de France Télécom, et les choux-fleurs se sont les employés de la France entière.

Si l’on veut démontrer, ou pas, qu’il y a une augmentation du taux de mortalité chez les artichauts, qu’est-ce qu’on fait ? Hein ? Et bien, on va comparer deux chiffres : Le taux de mortalité des artichauts dans une année x avec le taux de mortalité des artichauts dans une année y. Et s’il y a une différence, et bien la démonstration est faite !
Par contre, si vous vous mettez à vouloir comparer le taux de mortalité des artichauts dans une année x avec celui des choux-fleurs la même année… Vous voyez ce que je veux dire ? Ca n’a aucun sens.

Bon, arrêtons la métaphore botanique, et intéressons-nous à ce que monsieur Padieu aurait du faire. Pour démontrer, ou infirmer, qu’il y a effectivement une augmentation des suicides dans une entreprise donnée, il convient de comparer non-pas le taux de suicide de cette population avec un chiffre national, mais deux choses comparables comme un pourcentage par exemple.

Selon Rue89, en 2002, il y a eut 29 suicides chez France Télécom, soit un taux de 22.5 pour 100 000 employés. En 2008, 12 suicides. Et en 2009, en en est à 13…

Merde… C’est donc vrai. Il n’y a pour l’instant pas de réelle vague de suicide chez France Télécom…

Merde, merde, merde et merde !

Bon ben… désolé, mais ce n’est pas exactement ce que j’avais prévu en commençant cet article. Cependant, il n’en reste pas moins que la démonstration que veut nous faire monsieur Padieu est quand même erroné. Elle a la simplicité directement accessible à l’oreille la moins informée. Elle est tronquée d’un point de vue mathématique, même si ce qu’elle nous dit est partiellement vrai…

Bon ben… Je vais vous laisser pour aujourd’hui… Et puis je vais quand-même publier ces quelques mots… Histoire de démontrer que l’écriture et la critique ne sont pas choses si faciles, et qu’il convient de l’admettre lorsque l’on se trompe.

En plus, il est déjà onze heures, et je n’ai pas envie de réécrire autre chose…

lundi 19 octobre 2009

Monsieur Boisgibault

Hier, dimanche, je suis allé rendre visite à mon pote Philippe. Une visite virtuelle, vu que mon pote Philippe il est perdu dans des montagnes qui sont tellement lointaines que j’ai besoin d’une carte pour savoir où ça se trouve.
Mais bon, ça m’a quand-même fait plaisir de le lire, d’autant que grâce à lui j’ai trouvé mon inspiration du jour…
Le Philippe revenait sur un sujet mainte fois évoqué lors des discussions de comptoir, ou de fin de soirée. Le genre de discussion où l’on sort ce qu’on a sur le cœur comme si l’alcool aidant, on pouvait enfin balancer le fond de sa pensée sans plus rien craindre du jugement des autres.

Le coup du permis de voter ça vous parle ? Combien de fois ne nous sommes pas dits que face à la connerie ambiante, à la vulnérabilité de l’opinion publique si facilement manipulable par des promesses foireuses, qu’à l’image du permis de conduire ou celui de chasser, il faudrait également un permis de voter ?
Tout le monde s’est un jour fait cette réflexion. Tout le monde sans exception qu’il soit de droite comme de gauche.

Ah, ça serait si simple… Imaginez un peu : On ferait passer un examen aux adolescents pour leur dix-huitième anniversaire, avec au programme quelques questions sur le fonctionnement de nos institutions… du genre « Est-ce que vous savez comment les lois sont votées ? », « Quel est le rôle du conseil constitutionnel dans la cinquième république ? » Vous voyez, ce genre de questions… Des trucs basiques quoi.

Ouais, mais le problème voyez-vous c’est que même si le gamin de dix-huit ans connait sur le bout des doigts le fonctionnement de notre belle république, il n’y a aucune garantie qu’il vote « bien » pour autant. C’est comme le permis de conduire d’ailleurs. Ce n’est pas parce qu’on a réussit à l’avoir qu’on sait forcément conduire.

D’ailleurs ça veut dire quoi « bien voter ». Ça veut dire voter comme soi-même ? C’est ça ?
Non, j’crois pas…

Selon Philippe il faudrait un truc « qui atteste d’un minimum de connaissances pratiques de l’imposture du discours politique de droite comme de gauche comme du centre. »

Là, je suis plutôt d’accord.

Moi, j’ai eu la chance d’avoir en classe de seconde un prof de français génial, Monsieur Boisgibault. C’était un de ses profs qui vous marquent à vie. Vous voyez probablement de quoi je veux parler, hein ? Un de ses profs qui par sa pédagogie (que ces collègues n’appréciaient pas forcément), par son imagination, par sa patience, a su vous apprendre deux trois chose utiles. Comme je vous l’ai dit, ces deux-trois choses, je m’en souviens encore. Elles ont changées ma vision du monde, ou du moins elles m’ont permis de comprendre, peut-être un peu mieux comment celui-ci tournait.

Vous voulez un exemple ? Et bien, je me souviens par exemple d’un jour où Monsieur Boisgibault nous a demandé de lire plusieurs articles de journaux, et de faire une analyse comparative entre les différentes façons dont une même nouvelle était traitée. Ca n’a l’air de rien maintenant, mais imaginez le gosse de quinze ans que j’étais. Imaginez ce que cela peut représenter d’apprendre à décoder la presse lorsqu’on a cet âge là… Vingt-sept ans plus tard, je m’en souviens encore.

Malheureusement, tout le monde n’a pas eut dans sa vie de Monsieur Boisgibault… De même, souvent, le Monsieur Boisgibault en question vous ne le côtoyez que pendant trop peu de temps pour arriver à profiter pleinement de tout ce qu’il a à vous offrir…

Mais bon, si je vous raconte tout ça, c’est qu’à mon avis le permis de voter il devrait s’acquérir à l’école. Une école avec des monsieur Boisgibault dedans.

Alors, c’est vrai que l’idée n’est pas neuve. Cela fait un bout de temps qu’on en parle de l’éducation politique à l’école. Mais le problème c’est que pour pas mal de gens le fait de mettre éducation et politique dans la même phrase, ça leur fout une trouille bleue. A juste titre d’ailleurs, si l’on pense à ce qui a pu se passer dans l’histoire de bien des pays situés à l’est du notre.
Et puis, j’imagine déjà des voix discordantes, dénoncer la mainmise d’une certaine classe de professeurs, taxée de gauchisme, sur les esprits malléables de nos chères têtes blondes !
Elles n’auraient pas tord dans un sens : Qui se chargerait de définir quelle est la « bonne » vision de la politique ? Cela serait par trop antidémocratique qu’elles nous diraient ces voix…

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On continu à laisser nos enfants ne rien apprendre sur la façon de « bien » voter ? On compte sur la famille pour transmettre les connaissances utiles et nécessaires à une appréhension pleine et entière du jeu politique ? Quitte à laisser se transmettre de génération en génération, préjugés et visions faussées ? Ou encore, on ne fait rien, et on laisse les médias nous expliquer ce qu’il se passe ? Comme si nous n’étions que des spectateurs d’un spectacle et non pas les acteurs ?

Franchement, je n’ai pas de réponses à tout ça. Par contre, il est une chose que je sais. Je sais que si l’on ne fait rien, le système éducatif actuel couplé avec l’action des médias va continuer à nous fabriquer des gamins sans cervelle qui n’apprendront pas à lire entre les lignes. Et ces gamins deviendront des adultes manipulables à souhait. Car, plus que toute autre chose, c’est de cela que la démocratie à besoin : D’un électorat manipulable.

Mon seul espoir est que chacun dans sa vie est l’occasion de rencontrer un Monsieur Boisgibault. Un professeur qui avait l’amour de son métier, et qui avait à cœur de transmettre certaines valeurs à ces élèves.
Des valeurs qui frappèrent mon esprit d’adolescent. Des valeurs que je n’avais pu trouver même au sein de ma famille. Des valeurs qui me servent encore vingt-sept ans plus tard…

Merci Monsieur Boisgibault.