Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


vendredi 11 juin 2010

Hypocrite

Alors comme ça, Madame Boutin a décidé de renoncer à son salaire de chargé de mission pour le gouvernement ?
Merci madame, c’est bien aimable de votre part.

C’est très chrétien comme attitude. On n’en attendait pas moins de vous...

Cela-dit, vous vous êtes un peu fait prier avant que de les lâcher vos émoluments... Non ? Si, quand même...

Et puis on voit bien, lorsqu’on vous écoute, que vous ne le faites pas de gaité de cœur. Ce n’est pas bien ça madame Boutin, ce n’est pas bien...

Vous dites : « J'ai entendu les Français qui ont de petits salaires qui, aujourd'hui, ne peuvent pas comprendre qu'il y ait ainsi un responsable politique qui ait une rentrée d'argent de près de 18 000 euros ».

Alors comme ça les Français qui ont de petits salaires (Vous auriez pu dire les pauvres, c’eut été la même chose), ne peuvent pas comprendre ? Ils sont amputés du cerveau les pauvres ?
Le poids de leur compte en banque est proportionnel à leur quotient intellectuel, c’est bien ça que vous nous dites ?

Non, parce qu’il faut me le dire si je ne comprends plus le Français... Ils ne peuvent pas comprendre... Cela veut-il dire que s’ils avaient des salaires moins petits ils pourraient comprendre ? Je ne sais pas moi, il faudrait que vous m’expliquiez...

Ensuite, vous nous dites que cette histoire de cumul pose « une question fondamentale, qui est celle de savoir dans un Etat de droit où la loi est respectée, s'il faut plier sous le poids de la tourmente médiatique ».

Heu... Je m’excuse Madame Boutin, mais si réellement la question se pose en ces termes, pourquoi avez-vous plié dans ce cas ?
Si c’est apparemment aussi illégal que ça de renoncer à votre salaire, pourquoi le faites-vous alors ? N’est-ce pas justement parce que vous confondez (à dessein sans doute) tourmente médiatique et tourmente populaire ?

Et puis, pourquoi vous êtes vous précipité devant les micros pour clamer haut et fort que c’était « un vrai travail » ? Personne n’en n’a jamais douté Madame Boutin... On n’aurait pas osé... Du coup, votre précipitation à justifier votre travail plutôt que vos émoluments a jeté comme un soupçon quant à votre capacité à estimer « les conséquences sociales de la mondialisation ».

C’est comme quand vous laissez entendre que vous n’êtes pas la seule dans cette position...
« Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème ».

Là encore, je suis navré de vous le dire, mais cela ressemble fort à l’interjection d’une gamine prise en faute et qui pour unique défense ne pense qu’à dénoncer ces petits camarades... Ce n’est pas bien Madame Boutin, ce n’est pas bien...

Et puis, pour finir, n’aurait-il pas été plus chrétien de votre part, plutôt que de renoncer à votre salaire tant mérité selon vos dires, d’accepter de le baisser pour satisfaire les Français aux petits salaires, et de le reverser ensuite pour vos bonnes œuvres ?

Voilà qui aurait-été, je n’en doute pas, un geste digne de votre haute conscience sociale et de votre piété Madame Boutin.

PS : Je n’en reviens pas d’avoir réussi à rester aussi poli avec une grenouille de bénitier de votre espèce ! Hypocrite va !

mercredi 9 juin 2010

Insoutenable, qu’ils disent...

Insoutenable, c’est ainsi que s’intitule la dernière campagne de la prévention routière.
Choquante, est l’adjectif que revient le plus souvent pour la décrire.
Uniquement visible sur internet est sa particularité...

Titillé par autant de qualificatifs intrigants, votre serviteur c’est donc précipité pour visionner ce qui est décrit comme une nouveauté dans la comm sécuritaire française.

J’ai vu, et la première chose qui me soit venue à l’esprit c’est : Et alors ? Tout ce buzz pour ça ?

Alors déjà et pour commencer, je ne trouve pas en quoi ce film de cinq minutes et des poussières est choquant. Même pas gore, même pas surprenant pour un sou, on devine à l’avance ce qu’il va arriver... Bref, j’ai eu l’impression d’avoir été abusé quelque-part.

Bon d’accord, j’ai la quarantaine passée et peut-être suis-je habitué à une certaine goritude de par les films que j’ai l’habitude de voir. C’est possible. Mais certainement pas autant que peut l’être un djeune de dix-huit ans, qui je vous le rappelle est sensé être le cœur de cible de cette campagne.
Et puis, sans vouloir à tout prix jouer les Cassandres, il faudra que l’on m’explique comment il est possible que le garçon à l’arrière arrive à se retrouver éjecté du véhicule après un choc frontal, sans passer par-dessus ses petits camarades et la case pare brise... Là, miracle de la balistique ou pédalage dans la semoule de la mise en scène ? Je ne saurais dire.

Mais bon, reconnaissons que ce film a pour intérêt d’être nouveau. Dans le sens où c’est la première fois que l’on va aussi loin dans ce pays, en matière de prévention routière.

Sera-t-il efficace ? C’est toute la question. Permettez-moi d’en douter.

En effet, le public, s’il réagit comme moi, risque de se sentir floué quelque-part et la teneur du message sera alors complètement oblitérée. Ensuite, en choisissant le média internet pour faire passer son message, la sécurité routière risque de passer à côté de la ribambelle de jeunes friands de soirées arrosées mais qui n’aura certainement pas envie de cliquer volontairement pour se voir administrer une leçon de morale. Pour preuve, hier midi la vidéo en était à 59000 visionnages, et ce matin à l’heure ou j’écris ces lignes, nous en sommes à 86000... Ce n’est pas ce que j’appellerais une réussite en matière de buzz.

Je vais vous dire le fond de ma pensée... En fait, si ce film ne passe pas à la télé, ce n’est pas pour son caractère choquant comme on le raconte partout. Dimanche soir dernier j’ai revu Il faut sauver le soldat Ryan, et je peux vous dire que c’est autrement plus sanglant et choquant que cette bluette.
Non, c’est à cause de sa longueur. Cinq minutes quinze c’est beaucoup trop long, surtout si cette durée doit entrer en concurrence avec les rentrées publicitaires qu’elle obérera nécessairement. Pour info, 30 secondes de pub en prime time rapportent 100 000 euros en moyenne : A ce prix-là, et même pour le service public, il n’y a pas photo : La prévention routière passe après le bizness.

Malgré tout, je vous la sommet quand même. Comme ça vous pourrez vous faire une idée.



mardi 8 juin 2010

Ça part en couille...

Hier au soir j’ai commencé un texte parlant de la polémique qu’avait suscité la condamnation du Sinistre Hortefeux pour ses propos racistes...
Polémique quant à l’utilisation médiatique que chacun en a fait, pas sur le fond bien sûr. Car sur le fond, je pense que nous sommes tous d’accord ici : Ce type est un connard, et il est bel et bon que la justice l’ait condamné.
Et puis j’avais envie de taper sur Dray qui a pris sa défense aussi, mais ça c’est autre chose.

Et puis ce matin d’autres sujets autrement plus importants ont attirés mon attention. Comme la suppression du jury populaire par exemple... Ou encore la fin de l’indépendance budgétaire des états européens qui devront dorénavant soumettre préalablement leurs budgets à Bruxelles avant que de les faire voter en Assemblée...

L’abattage judiciaire et le contrôle des états par les lobbys financiers, ça a quand même une autre importance que les propos d’un ministre nostalgique de l’OAS, non ?
Si, quand même.

Alors des deux nouvelles, je ne saurais dire laquelle me déprime le plus. Non, déprimer n’est pas le bon verbe... Inquiéter serait plus juste.
Ce pays part en couille, ce continent part en couille... Et le monde fait de même.

Alors moi ma décision est prise, je vais m’exiler de par les vastes flots pour ne plus avoir à supporter ces dérives... Certains vont peut-être trouver ça lâche (et ça l’est peut-être en effet), mais en même temps je me dis que quelque soit l’endroit où je vais aller, je serais tout de même confronté à cette merde. Sous une autre forme sans doute, mais elle sera là quand même.
La mondialisation libérale est en marche et si rien ne change la loi de la jungle envahira chaque recoin de la planète.
Peut-être finalement est-ce sensé d’aller voir si quelque-part je peux encore trouver un endroit selon mon cœur.
Parce que pour celui-ci, la France, j’ai bien peur de ne pouvoir plus rien y faire...

dimanche 6 juin 2010

Classico

Aujourd’hui c’est dimanche et l’ami Philippe vient de me susurrer une idée bath pour égayer cette journée.

Petite séance de ciné pour tout le monde !

Et pas n’importe quoi s’il vous plaît. C’est du lourd, du cuirassé d’avant guerre que j’vous propose !

A déguster sans modération, sans oublier de bien savourer le goût d’pomme qu’il y a par derrière...

samedi 5 juin 2010

JPL en Guadeloupe, ou l’histoire d’un déni

Parfois, pas souvent mais parfois quand même, l’étrange lucarne qui trône dans nos salons nous montre quelque chose qui nous enrichit. 

Je veux dire par là, que lorsque le programme se termine vous restez là, songeur, avec au fond de vous-même l’impression d’avoir appris des choses, d’avoir entendu les bonnes questions... Bref, d’être moins con que vous ne l’étiez en début de soirée.

Et c’est exactement ce qui m’est arrivé hier au soir en regardant le dernier doc de John-Paul sur la Guadeloupe, diffusé sur France 4.

Bon je sais. Certains vont me dire que je vous parle souvent de lui et de ses reportages. Et c’est vrai. J’aime son travail, mais en même temps cela ne m’empêche pas d’être relativement critique par rapport à ce qu’est devenu son site de la TéléLibre... Que j’ai désormais déserté pour fuir les parasites réactionnaires attirés par des reportages aussi douteux que racoleurs... (Genre Reopen 911 si vous voyez ce que je veux dire)

Mais bon, là en l’occurrence je suis bien obligé de le clamer haut et fort : Ce doc est formidable !

Donc la dernière mouture de JPL dans le cadre de l’émission documentaire JPL en camping-car se déroule en Guadeloupe et se propose de revenir à froid sur ce département français secoué l’an dernier par les événements que nous connaissons tous.

Entre un tourisme indifférent, voire condescendent, et un racisme endémique infiniment plus complexe que la simple opposition noir-blanc, la Guadeloupe n’en finit pas de payer les pots cassés d’un esclavagisme pourtant aboli depuis 1848.

Plus de 150 ans plus tard, ce passé n’est toujours pas digéré. Il est là, présent aux yeux de tous et dans la tête de tous. Noirs, blancs, créoles, métis, békés, touristes, tous vivent avec cette plaie béante au cœur, et personne n’en parle.

Il s’agit là d’un voyage entre le déni et la revendication, entre l’amour et la haine. Où l’on apprend que si les gens se parlaient, mais je veux dire se parlaient vraiment, la monde serait peut-être un peu moins compliqué...

A noter trois épisodes qui m’ont personnellement marqués.
-L’interview d’un Elie Domota beaucoup plus complexe que la plupart des médias ne l’ont représenté. Un homme à la fois plein de contradictions, mais aussi de sensibilité.
-L’affligeante prestation d’un préfet nouvellement nommé. Imbuvable d’ignorance, d’arrogance et d’incompétence.
-Et l’incroyable histoire de l’aéroport de Point-à-Pitre construit non-pas sur, mais avec les ossements des esclaves... Horrible.

Ce documentaire sera rediffusé le samedi 12 juin à 18h35, mais vous pouvez dors et déjà le visionner sur le site de France 4.

Allez ! Je vous mets deux petits teasers pour vous mettre l’eau à la bouche...




jeudi 3 juin 2010

Une paire de crochets

Qu’est-ce qu’on peut faire lorsqu’on n’a rien à dire ? Rien, sinon attendre que le temps vous offre l’occasion, comme ça à l’impromptu, de rebondir sur une phrase, un mot.

Je viens d’entendre à l’instant le ministre Woerth se fendre d’un lapsus savoureux.

Parlant de la problématique des retraites, il déclare en substance : « Les gens peuvent partir quand ils veulent à la retraite, mais compte-tenu de l’allongement de la vie il faut qu’ils comprennent qu’ils ne peuvent le faire trop tôt sinon ils vivront aux crochets des générations suivantes... »

Le tout prononcé avec un sourire en coin, sous un nez trop grand, des lunettes moches et un crâne chauve.

Je savais, pour l’avoir entendu et lu plus souvent qu’à mon tour, que les chômeurs, les pauvres et les malades vivaient déjà au crochet des braves gens qui payent leurs impôts et qui travaillent. Mais c’est la première fois que j’entends, dans la bouche d’un ministre qui plus est, que les vieux, eux aussi, vivaient aux crochets de la société.

Qu’elle merveilleuse façon de voir les choses... La solidarité s’effaçant devant une paire de crochets.

Il est beau mon pays je trouve, très beau.

mardi 1 juin 2010

Les boustifailleurs

Après ce qu’il vient de se passer au large des côtes de ce Moyen-Orient, le texte que j’avais commencé à rédiger hier sur la petite phrase de Martine Aubry me semble à présent un peu... dérisoire. Limite incongru.

J’imagine que c’est ce qui arrive lorsqu’on essaye de suivre l’actualité et de la commenter... Il faut être sur le coup, réactif, prompt à la réflexion. Et si par malheur vous n’êtes pas tout cela, si par malheur vous décidez d’approfondir un point de vue, une nouvelle viendra chasser la précédente et foutra votre travail intérieur en l’air avec toute la violence d’une porte qui claque.
On est dans l’immédiateté, la surenchère. Un texte chasse l’autre au même rythme que les moments se succèdent et que la vie passe, ponctuant d’instantanés polaroïds ce qui devrait être décrit à la façon d’une toile. C’est si simple d’appuyer sur un bouton. Plus simple que de manier un pinceau.

Alors on devient frénétique. Boulimique. On choppe des automatismes, des tics et des tocs. Action, réaction. Tac au tac.

Pas le temps de digérer. Pas le temps de mâcher, que la bouchée suivante est déjà prête à franchir vos lèvres. A la saillie verbale succède la piraterie d’état. Au braquage, la liste d’une équipe de foot. A la réforme une autre réforme. A une marée noire une faillite. Au massacre d’une famille le suicide d’un père.
L’assiette est pleine et déborde en permanence de cette malbouffe aux parfums entêtants.
Et nous, on avale. 
On gobe. 
On tète. 
Jusqu’à la nausée.

Le nez dans l’assiette, la bouche toujours pleine, nous ne voyons plus rien d’autre et nous ne parlons plus. Nous vivons ce que nous mangeons. Nous mangeons le monde et nous devenons le monde.

Nous sommes devenus des boustifailleurs d’actualité. 
Des dévoreurs de vies.

Mais parfois, une bouchée particulière désaccorde la partition des saveurs. A elle seule, elle vous fait arrêter de mâcher et vous laisse apercevoir la vacuité de tout ça. Elle vous coupe l’appétit.

Alors aujourd’hui c’est décidé, on fait régime.