Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


jeudi 6 mai 2010

Quand le MEDEF fait la loi

Vous vous souvenez tous de cet article que j’avais écris il y a deux ans, presque jour pour jour, relatif à ce que j’appelais Le salaire de l’exil ?
Mais si ! Souvenez-vous ! Il s’agissait de cette proposition carrément indécente qu’une entreprise d’informatique, via les services de l’ex-ANPE, s’était permise de faire auprès de ses salariés : Un poste d’informaticien débutant à 159 € par mois ?

Ça-y-est, vous vous rappelez ? Parfait...

Bon, depuis cette époque, ce genre d’insanité n’étonne plus personne. On ne compte plus le nombre d’entreprises qui délocalisent et se voient « obligées » de proposer un reclassement dans un pays étranger à ses futurs-ex-employés. C’est la loi, qu’ils disent pour se justifier.
Oui, effectivement c’est la loi. Ou plutôt, si on veut être plus précis, un effet pervers de la loi qui, s’il part d’un bon sentiment, met surtout en lumière le cynisme des patrons.

Au final donc, on se retrouve avec une obligation légale qui a deux effets indésirables : Insulter les salariés et faire de la mauvaise presse au patronat.

Il fallait donc changer dare-dare cette loi débile aux effets si pervers.

Aussi, un député, en l’occurrence François SAUVADET du Nouveau-Centre (Arf !), a déposé en mai 2009 un projet d’amendement à la loi, histoire de supprimer du code du travail cette obligation ubuesque. Amendement qui fut voté en juin de la même année par les députés et hier par les sénateurs.
C’est bon ? Jusque-là vous suivez ?
Bien...

Que dit cet amendement

Le code du travail est ainsi modifié :
1° La première phrase du deuxième alinéa de l'article L. 1233-4 est complétée par les mots : « assorti d'une rémunération équivalente » ;

2° Après l'article L. 1233-4, il est inséré un article L. 1233 4-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 1233-4-1. – Lorsque l'entreprise ou le groupe auquel elle appartient est implanté hors du territoire national, l'employeur demande au salarié, préalablement au licenciement, s'il accepte de recevoir des offres de reclassement hors de ce territoire, dans chacune des implantations en cause, et sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation.

« Le salarié manifeste son accord, assorti le cas échéant des restrictions susmentionnées, pour recevoir de telles offres dans un délai de six jours ouvrables à compter de la réception de la proposition de l'employeur. L'absence de réponse vaut refus.

« Les offres de reclassement hors du territoire national, qui sont écrites et précises, ne sont adressées qu'au salarié ayant accepté d'en recevoir et compte tenu des restrictions qu'il a pu exprimer. Le salarié reste libre de refuser ces offres. Le salarié auquel aucune offre n'est adressée est informé de l'absence d'offres correspondant à celles qu'il a accepté de recevoir. »

Bon, le 1° s’ajoute donc à l’article préexistant qui disait : « Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent. »
A première vue, l’ajout me semble explicite et va dans le sens des salariés. Il indique donc que l’offre de reclassement doit être équivalente à ce que le salarié faisait avant, aussi bien en termes de qualification que de rémunération.

Vous me direz qu’on aurait pu s’arrêter là... Et bien non ! Il a fallu qu’un petit malin, sans doute appointé par le MEDEF, se croit obligé de rajouter un alinéa qui pour le coup vide complètement de son sens l’ensemble de l’article.
En effet, si on lit bien cet alinéa si joliment intitulé L. 1233 4-1, on remarque que le cas de l’entreprise qui délocalise y est pris en considération. Ok, mais ensuite que lit-on ?

« L'employeur demande au salarié, préalablement au licenciement, s'il accepte de recevoir des offres de reclassement hors de ce territoire, dans chacune des implantations en cause, et sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation. »

En clair et pour traduire ce langage juridique, cette phrase ne dit rien de moins que dans le cas ou l’entreprise possède des succursales à l’étranger, l’employé a le choix d’accepter, ou pas, de se voir proposer des postes dans ces pays... Mais que s’il accepte ces offres de postes, il accepte aussi les salaires locaux qui vont avec...

En encore plus clair, ce n’est plus le patron qui encule le salarié, c’est le salarié qui décide si oui ou non, il accepte de se faire enculé.

C’est beau la liberté, hein ?

Il ne reste plus qu’un petit vote à l’Assemblé Nationale et cette loi scélérate sera définitivement adoptée. Ce qui devrait être fait avant l’été.

Bon, l’avantage, c’est que dorénavant on ne devrait plus voir le grouillot s’offusquer dans les médias devant une offre de reclassement à pétaouchnoque payée avec un lance-pierre. Il ne pourra plus râler car dans les faits, c’est lui qui aura demandé ces propositions...

Sont futés au MEDEF quand-même...

mercredi 5 mai 2010

Les malpolis

Allez ! Comme je suis un type d’un naturel sympa et partageur, je vais vous faire un petit cadeau.

Hier, en écoutant Mermet, mon oreille a été titillée par une petite bluette musicale que j’ai trouvé extrêmement... comment dire... pertinente.
Oui, c’est ça, pertinente.

Du coup, je suis allé m’enquérir sur les auteurs de la dite bluette pour vous la faire partager à mon tour !
Il s’agit du groupe toulousain les Malpolis.

J’ai trouvé :
Un site internet : Les Malpolis.

La bluette en question intitulée « Impôt et charité » (spéciale dédicace à Monsieur Goux !)

Découvrez la playlist les malpolis avec Les Malpolis


Et un petit clip sur le débat actuel sur les éoliennes à l’assemblée national !


Ouais, tout ça ! Je vous l’avais dit que j’étais un type sympa !

Allez! Bonne journée à tous !

mardi 4 mai 2010

Charité bien ordonnée commence par soi-même

Seize milliards huit cent millions d'euros : c'est la somme que la France va prêter à la Grèce sur trois ans pour l'aider à sortir de la crise. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a souligné « l'incroyable effort de solidarité » des pays de la zone euro qui vont prêter 80 milliards d'euros(dont 20 milliards uniquement pour la France. ndla) à leur voisin européen, sous la menace d'une nouvelle attaque des marchés financiers.
« Un incroyable effort » ? Le prêt n'a pourtant rien d'un cadeau. La France est « en mesure d'emprunter sur les marchés entre 3 % et 3,3 %. Or elle devrait faire à la Grèce un prêt à 5 %, s'accordant au passage deux points de bénéfice », rappelle Eric Heyer, économiste et directeur adjoint de l'Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE). « La France se rémunérera environ 200 millions d'euros par an », prévoit Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE.

Voilà, c’est ainsi que commence cet article du Monde. Quand j’ai lu ça, je me suis dit que ce n’était vraiment pas la peine que je me casse le ciboulot (ça se casse un ciboulot ?) pour vous dire ma pensée, tant cette entrée en matière était claire et limpide.

Et l’auteur d’enchaîner sur la question éthique que soulève cette pratique...

Éthique ? Quelle éthique ? Se demandent de concert Sieur Strauss-Kahn et Dame Lagarde. Le bonus de 200 millions d’euros par an, c’est juste pour « rémunérer le risque » ! Au cas où ces culs-terreux de bouffeurs de feta ne rembourseraient pas... Il n’y a là rien d’immoral ni d’abusif... Ce sont les règles du jeu qu’ils disent...

Et mon cul c’est du poulet ?

Bien sûr qu’il y a un foutu problème d’éthique (ou de morale, appelez-ça comme vous voulez), à faire son beurre sur le dos de ceux que l’on est sensé aider !
Bien sûr que ce genre de pratiques confine à l’usure et au racket !
Décidément ces gens-là (entendez ces libéraux de merde) salissent tout... Même la charité, cette qualité merveilleuse qu’ils aiment à cultiver dans leurs bréviaires, ne vaut que si elle rapporte des espèces sonnantes et trébuchantes.

C’est comme les microcrédits... Même cette belle idée inventée pour les paysans bangladeshis se retrouve reprise et dévoyée par l’ADIE (Association pour le Droit à l'Initiative Économique) qui transforme alors le chômeur en vache à lait.
A ce sujet, je vous conseille d’écouter l’émission d’hier de Là-bas si j’y suis. C’est édifiant.

Alors cette nuit, dans un hémicycle d’une vacuité désarmante face à l’enjeu, umpistes et socialistes ont voté l’aide à la Grèce...Seuls les communistes et Dupont-Aignan ont eu le courage de dire que certaines choses ne se font pas.

Et après on va me dire que l’UMP et le PS sont deux entités différentes et opposées ?
Certainement pas lorsqu’il s’agit de s’enrichir au dépend des plus pauvres.

dimanche 2 mai 2010

Un 1er mai tiédeux

Hier c’était le défilé du 1er mai, et le moins que l’on puisse dire c’est que la journée n’a pas vraiment fait recette.
Normal, je n’y suis pas allé... et pas mal de français ont fait la même chose.

195 000 participants selon la police, de 200 à 350 000 manifestants selon le Figaro, et 350 000 tous ronds pour Libération.
On est loin du million de l’année dernière. Très loin même.

Bon ok, moi j’avais une excuse, mais les autres ? Hein ? Qu’est-ce qu’ils ont foutu les autres ? Ils sont partis en weekend ?
M’est avis que cette inassiduité est à mettre sur le dos des grandes centrales syndicales... et à leur, comment dire, tiédeur... Ou leur bêtise, au choix.
Parce que vous avouerez qu’organiser un défilé du 1er mai un samedi, c’est faire montre d’une certaine désorganisation, non ?

Pardon ? Z’avaient pas le choix ? Peut-être...

Mais il n’empêche, le choix d’arriver unis, ils l’avaient que je sache ? Hein ?
Le choix de mobiliser l’opinion public, de s’inscrire dans la lutte et pas dans la compromission, ils l’avaient aussi je pense ?

Vous voulez que je vous dise ? Tout ça ne laisse rien présager de bon en ce qui concerne la réforme des retraites, moi j’vous l’dis.

Bon, d’un autre côté... Vous allez me dire que la retraite, une fois qu’on a admis qu’on n’en bénéficiera pas... ça devient alors le cadet de nos soucis..

Et vous auriez raison.

vendredi 30 avril 2010

Ecole buissonnière et petite réflexion

Yep ! J’ai fait l’école buissonnière aujourd’hui ! 
Pour la première fois depuis le 17 février (un peu plus de deux mois donc) je ne me suis pas rendu à mon atelier de « redynamisation » Pourtant, le moins que l’on puisse dire c’est que j’ai été jusqu’à présent d’une assiduité exemplaire ! Trois fois par semaine depuis 10 semaines... Mais là ce matin... Pas envie.

Ça, c’est ce que j’appelle l’effet « fin de mois ». Plus un rond, le frigo vide, le tabac qui commence à manquer... (Qui manque déjà d’ailleurs !) Bref, c’est pas la période du mois que je préfère car elle a tendance à me rendre flemmard et nerveux à la fois.
Dans ces moments là, je préfère encore faire le canard et rester à la maison. C’est mieux pour moi et aussi pour les autres.

Je me demande d’ailleurs si je vais me rendre au défilé du premier mai demain... Je ne sais pas encore...

Tien puisqu’on parle de ça, j’ai remarqué une petite chose qui m’a interpellée.
Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais dans la dialectique usuelle que les médias emploient, on ne dit plus « le ou les défilés du 1er mai », mais « la ou les manifestations du 1er mai ».

Encore un de ces éléments de langage qui façonnent notre société au gré de je ne sais quelle volonté obscure, et qui en dit long sur son évolution.
Les mots ont un sens dit-on, et l’emploi du mot « défilé » en disait long sur la symbolique d’une telle journée. Le peuple en marche parcourant les grands-rues des villes et villages de France, défilant dans une procession païenne au même titre que les culs-bénits le font le 15 aout et l’armée le 14 juillet...

Toutes ces marches avaient un sens... Ont un sens. Ce sont des démonstrations de pouvoir, une façon aussi de montrer une espèce de fierté...

Seulement maintenant, même si on dit toujours que l’armée défile et que les croyants processionnent, on dit désormais que les travailleurs manifestent.

A travers cette novlangue, les notions de pouvoir et de fierté ont disparues... Il ne reste que l’image d’une vulgate braillarde, anachronique... Sans aucune légitimité ni même une réelle existence.
A travers ces mots, anodins en apparence, le peuple perd sa représentativité et peut être aussi son âme.

Tout cela m’attriste profondément...

Putain d’éléments de langage !

jeudi 29 avril 2010

Escales

Je m’étais plus ou moins promis à moi-même de m’atteler à quelque analyse politique aujourd’hui... Enfin, analyse politique... n’exagérons pas. Commentaire serait un mot plus adapté.
Cela-dit, on s’en fout un peu du mot correct à utiliser puisque de toute façon il n’y a rien qui vient. Ou alors difficilement, comme ça, par petits bouts.

La Grèce ? Mouais... Mais non. Je ne comprends pas comment c’est possible que l’on laisse des fonds de placements dépiauter un pays morceau par morceau sans réagir. Et tout ça pourquoi ? Pour imposer de facto une politique libérale à un pays qui n’en veut pas.
M’en fout, de toute façon j’avais pas prévu d’y mettre les pieds alors...

Le voyage en Chine de l’autre tache et de sa dulcinée ? Je m’en tape.
Enfin... je ne m’en tape pas vraiment... Ce que je veux dire c’est que je crois avoir atteint un tel degré de honte que, quoi qu’il fasse maintenant je ne crois pas pouvoir avoir une estime aussi basse de mon pays. On touche le fond comme on dit. C’est bien simple : Plus bas, y’a pas.
Remarquez, faut bien admettre qu’il est doué le Nain pour le cirage de pompes et le suçage de queues... Juste à la bonne hauteur comme qui dirait. Et avec les chinois, c’était pas gagné !
Comptez pas sur moi pour y mettre les pieds non-plus. La position de la chèvre qui broute ce n’est pas trop mon truc.

La marée noire aux USA ? M’en fout aussi. Pour les américains j’entends. Parce que pour les zoziaux et la poiscaille c’est une autre paire de manche... Là non-plus de toute façon je n’avais pas prévu d’y mettre les pieds.

Tien, c’est bizarre. Voilà trois pays qui de toute façon ne faisaient pas partie de ma liste d’escales à venir...

Il y a de drôles de coïncidences tout de même...

mardi 27 avril 2010

Partir...

Bon, ça suffit comme ça. Y’en a marre.

Ça va faire un mois que je garde ça pour moi... Que j’élude... Que je tergiverse... Et finalement cette nuit je me suis rendu compte que si je me taisais c’était pour de mauvaises raisons... Et qu’en plus ça me pourrissait la vie.
Donc, Y’en a marre.

Vous l’avez sans doute remarqué, depuis quelques temps JVVD n’a plus la tenue à laquelle vous avez été plus ou moins habituée. Je crois même qu’on peut dire que ça part carrément en live. Je publie un jour sur trois, et encore il s’agit plus de coups de gueules plus ou moins bâclés, sans réel contenu. Je passe à côté de pleins de sujets qui mériteraient pourtant que je m’y attarde un peu... La marge de droite n’est plus tenue à jour... Bref, c’est le bordel.

Non, ne dites pas le contraire ! Vous et moi savons pertinemment que c’est vrai.

Alors les raisons pour qu’un auteur (oh putain le mytho !) laisse tomber ce qui est son activité favorite depuis deux ans peuvent être multiples... Je ne vais pas vous en faire ici la liste, mais vous seriez en droit d’imaginer des tas de trucs tous aussi tristounets les uns que les autres. Et c’est bien pour ça que j’ai décidé, enfin, de vous raconter ce qui se passe. Pour rassurer les plus proches d’entre vous d’une part, et d’autre part parce que ce blog n’est pas qu’une estrade servant à dégoiser des slogans politiques. C’est aussi ma vie que vous lisez, que vous partagez en quelques sortes. Et si ma vie doit changer, la moindre des choses est encore que je vous en avertisse. Et tant pis si ça foire.

Car c’est ça qui me pourrissait un peu la vie en ce moment... Mourir d’envie de vous parler de quelque chose, et ne pas oser le faire de peur de tout faire foirer. Et oui les amis, j’ai beau prôner l’athéisme militant, j’ai quand même un vieux fond de superstition qui s’accroche désespérément au fond de mon cortex cérébral ! Un truc qui a à voir avec une histoire d’ours et de peau qu’il faut vendre...

Bref, cette nuit j’ai réalisé que non seulement cette rétention d’information m’empêchait de dormir, mais qu’en plus ce n’était vraiment pas sympa pour vous. Donc, accrochez-vous à vos écrans et soyez attentifs, c’est l’heure de la révélation ! Vous allez enfin savoir ce qui me prend la tête depuis un mois et pourquoi depuis lors, et bien... La politique me passe un peu par-dessus la tête !

Alors voilà... Comme vous l’avez peut-être lu, le dispositif du RSA m’a plus ou moins obligé à suivre ce qu’ils appellent une formation de « redynamisation ». En clair un stage chargé de me faire reprendre pied avec le monde du travail après trois ans d’invalidité. Je vous passe les détails de l’exercice, certains d’entre vous ne le connaissent que trop bien. Bilan des compétences, grille de motivation, analyse transactionnel, pyramide de Maslow etc... Mais bon, l’équipe qui anime cette formation étant particulièrement sympathique et compétente, j’ai joué le jeu avec assiduité et même intérêt. De plus, chose rare, ils ont l’idée folle et paradoxale que dans le monde actuel, il est mieux de privilégier l’épanouissement humain avant que de s’attaquer à la réinsertion professionnelle proprement dite. Ça a peut-être l’air évident ce que je vous dis là, mais je vous prie de croire que dans le monde de la réinsertion, cette boite fait office d’ovni !

Bref, tout allait bien et j’envisageais de me réinsérer comme un grand dans le vaste monde de l’animation socioculturelle et environnementale, lorsque j’ai réalisé qu’au fond de moi ce n’était pas ce que je désirais vraiment... Car depuis quelques années je caresse le rêve un peu fou de m’acheter un bateau et de partir me balader de par les vastes océans.
Avouez que ma situation n’était pas très confortable... Comment se réinsérer dans le monde du travail alors qu’en réalité on attend qu’une chose dans la vie : L’opportunité de prendre ses cliques et ses claques et de foutre le camp ?

J’en étais là de mon dilemme, tentant de m’en accommoder lorsque, miracle ou heureux hasard, cette opportunité c’est soudain présentée à moi.

Je ne vous cache pas qu’il y a eu comme un petit (long !) moment de flottement dans ma tête. Parce que c’est bien de rêver, d’imaginer des choses, mais lorsqu’il s’agit de les faire ces choses, c’est une autre paire de manches. Surtout lorsqu’il ne s’agit rien moins que de changer totalement de vie.

Ne sachant quoi trop faire, j’ai décidé alors de la jouer franc-jeu et de m’en ouvrir auprès des gens avec qui je tentais depuis quelques semaines de monter un « projet professionnel »... Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais l’intuition qu’ils allaient peut-être pouvoir m’aider.

Là, je suis sûr que si je vous en avais parlé vous m’auriez dis que j’allais droit dans le mur avec une telle attitude. Comment voulez-vous que ces gens-là, payés par l’ANPE pour me « réinsérer » allaient pouvoir me filer un coup de main pour monter un projet qui consiste à ne surtout pas... travailler ?
Bon d’accord, je caricature un peu en disant que mon rêve consiste à ne pas travailler... C’est un peu plus compliqué que ça... Mais le fait est qu'au final ça a marché !

Je vous disais plus haut que la démarche de cette boite privilégiait le projet de vie par rapport au projet professionnel. Et bien avec le mien ils ont été cohérents dans leur démarche. Pour mon plus grand bonheur, car même si je pense que de toute façon je me serais tout de même lancé seul dans cette aventure, ça fait du bien de savoir que j’ai toute une équipe pour m’accompagner.

Car c’est décidé, je vais le faire. Je vais réaliser mon rêve.

Alors avant que cela ne se fasse, il va falloir que cette « opportunité » se concrétise réellement... Tenir un chèque entre ses doigts, ce n’est pas la même chose que la promesse d’un chèque. Et c’est bien ça qui m’empêchait de vous en parler jusqu’à présent ! J’attendais d’être sûr... Bon ok, aujourd’hui je ne suis toujours pas sûr à 100%, mais si je raisonne (enfin !) de façon cartésienne, que je vous en parle ou pas ne changera rien à l’histoire. Au mieux, tant mieux... Et au pire, et bien vous comprendrez pourquoi je tire la tronche.

Logiquement, les choses devraient se décanter d’ici un petit mois... Je vous tiendrais au courant.

Vous imaginez bien que la préparation d’un Tour Du Monde à la voile en solitaire ne s’improvise pas comme un weekend à la plage. Et ce n’est pas parce que j’en rêve depuis des années que cela rend les choses plus faciles. C’est toute la difficulté de passer du mode « si... », en mode « quand... ». Vous voyez ce que je veux dire ? Pas simple comme truc.
Il y a une foultitude de choses à envisager... Ça va de l’achat du bateau à ce que je vais faire de ma maison, en passant par les problèmes d’assurance, la (les) destination(s), la date du départ, les permis... Bref, c’est quasiment le même boulot que si j’avais à fonder une entreprise ! (et encore...). J’ai même du ressortir mes vieux cours de comptabilité analytique pour arriver à pondre un budget prévisionnel qui tienne la route, c’est vous dire !

Bref, vous le comprenez, j’ai du « boulot » par-dessus la tête, et c’est pourquoi JVVD part en couille ces derniers temps.

Voilà ! Vous savez tout maintenant !

Bon, concrètement comment les choses vont-elles se passer ?

Tout d’abord il faut que je me remette à niveau mes compétences de voileux et que je passe quelques permis. Mais avant toute chose il va falloir que je vérifie que la mécanique fonctionne. Et quand je parle de mécanique, je veux bien sûr parler de ma cheville... Je n’arrive pas à marcher plus de cinquante mètres, mais j’arrive tout de même à me déplacer dans mon 50m2 sans qu’il n’y est autant de points d’appui que sur un voilier. Donc logiquement ça devrait pouvoir le faire, mais mieux vaut tout de même vérifier avant.
C’est pourquoi au mois de juin, si tout va bien, je devrais enchaîner deux croisières de quinze jours, ce qui, je pense, me permettra de vérifier si le peton est prêt à prendre le large.
Ensuite, et bien, je vais me mettre à la recherche de ce qui deviendra ma maison pour les années à venir. A savoir un voilier de dix mètres.

Toujours dans la perspective ou tout se passe selon le plan (sic !), je devrais en prendre possession au plus tard en septembre. Le temps de le prendre en main et de le préparer pour le long-cour, cela nous emmènera vers la mi-octobre... Et c’est donc vers cette date-là que je devrais partir.
Mais je ne pars pas juste pour le plaisir de quitter ce monde de fous… Pendant mon périple je compte bien vous emmener avec moi. A cette fin, je vais créer un nouveau blog qui me servira de support pour écrire, vous raconter ce qui se passe, les gens que je rencontre, les épreuves qui sont les miennes. J’ai l’intention d’emporter avec moi une caméra HD et me mettre à la réalisation de petits reportages. Et pourquoi pas, au bout d’un moment, écrire un bouquin sur cette expérience.
Dans l’absolu, je ne vous cache pas que ce qui serait bien c’est qu’un jour j’arrive à en vivre de ces écrits et de ces films... Mais bon, on n’en est pas encore là. Je vais d’abord avoir trois ou quatre ans pour engranger des expériences et pour m’entraîner à les partager avec vous. Après et bien... On verra.

Comme je vous l’ai dis, il y aura un site internet, ou un blog de voyage si vous préférez. Je l’alimenterai au fur et à mesure de mes escales, ce qui m’obligera à ne faire que de courtes traversées.
Donc, dans un premier temps je continuerais à tenir ce blog, car j’ai encore pleins de trucs à vous dire. Je vous raconterais dans une rubrique spéciale l’avancement du projet. Et puis, lorsque l’heure du départ sera venue, je fermerais boutique pour me « transférer » vers mon nouveau chez moi. Qui deviendra je l’espère, votre nouveau chez vous, si vous le voulez bien… Bien évidemment,

Voilà chers lecteurs... J’ai réussi à vous cracher le morceau. Il me faut vous dire que j’appréhendais un peu de le faire et en même temps j’avais hâte. Car c’est un peu comme si la publication de ce billet entérinait ce projet de vie... Comment vous dire... Maintenant que je l’ai annoncé publiquement, ce n’est plus une lubie, c’est réel.
J’ai tardé à vous en parler pour la raison évoquée plus haut, la superstition, mais également parce que j’avais peut-être besoin d’être vraiment sûr de moi. Car envisager une nouvelle vie n’est pas si simple... c’est même vachement compliqué !

Et vous savez quoi ? Le plus dur, ce n’est pas tant d’appréhender cette nouvelle vie, mais plutôt de dire adieu à l’ancienne...

Allez, je vous laisse méditer là-dessus et je vous dis à bientôt. Bien évidemment, je suis ouvert à tous vos commentaires et suggestion, car comme je vous l’ai dis, ce Tour du Monde c’est aussi un peu le votre...

Ah oui ! Une dernière chose... J’ai déjà trouvé un nom pour ma future maison qui bouge. Elle s’appellera La boiteuse.