Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


samedi 31 mai 2008

Pourquoi les docteurs vous mentent ?

Alors voilà. Vendredi je me suis rendu à ma visite mensuelle chez mon chirurgien attitré. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en sortant je l’avais plutôt mauvaise. Pour ceux qui débarquent je vous suggère de vous reporter aux deux articles concernant mon peton en cliquant sur le tag « cheville ». Vous saurez ainsi toute l’histoire sans que j’aie besoin ici d’y revenir…
Donc, je souffre d’une complication opératoire nommée algoneurodystrophie, que l’on essaie de me soigner depuis un mois par des injections d’hormones plusieures fois par semaine. Outre le fait qu’elles me font un mal de chien, les résultats sont quasi inexistants. Non, pas quasi, inexistants tout court. Je ne vais pas mieux, et j’ai même l’impression que ça empire…
Donc, je vais à ma visite de contrôle, la gueule enfarinée, en comptant bien demander à mon toubib qu’elles peuvent être les autres options pour palier à cet inconvénient majeur qu’est une douleur persistante.
Je ne vais pas vous retranscrire la conversation dans le texte, cela serait bien trop chiant pour vous, mais voici en substance ce qu’il en est ressorti :
Tout d’abord, il savait que le traitement ne marcherait surement pas. (Génial, je me suis fait perforer les fesses pour rien !)
Ensuite, étant donné mon état il était illusoire que je fusse rétabli en six mois (initialement prévus), voir même neuf. Pour lui il vaut mieux tabler sur les un an de convalescence… (Prend ça dans la tronche Gwen !)
Pour finir, la cerise sur le gâteau, pour lui, je devrais m’estimer heureux que de souffrir autant, car j’avais échappé de peu… à l’amputation. (re-baffe dans ma tête !) En effet, toujours vu l’état de ma cheville, si un microbe était venu se balader lors de l’opération… je n’y coupais pas. Enfin si… mais bon, vous avez compris…
Ah non ! J’oubliais un truc. Pour lui, c’est probablement le matériel en place qui est responsable. Ce qui veut dire que d’ici six mois-un an, je repasse sur le billard à coup sur !
Dois-je vous préciser que je n’étais pas au courant de tout ça ? Ce n’est pourtant pas faute d’avoir posé des questions.
Bref, je ne suis pas sorti de l’auberge et la roue de la charrette est toujours dans l’ornière… Il m’a cependant orienté vers un neurologue spécialiste de la douleur. D’après ce que j’en sais, ces gens là vous apprennent à gérer votre douleur plutôt que de l’enlever…
De mon côté, j’ai pris rendez-vous avec un ostéopathe pour la semaine prochaine (Et oui, je vous ai écouté !). Il veut bien me recevoir mais doute de pouvoir faire quelque chose.
Ironie du sort, de retour dans mes cartiers je tombe sur une convocation de la CPAM qui s’interroge de mes arrêts de travail à répétition ! Ils me font bien rigoler ceux-là !
Voilà où j’en suis les amis.
Inutile de vous dire que le moral en a pris un coup. Moi qui pensais vraiment être remis pour le mois de juin lorsque j’ai décidé de me faire opérer, je suis bien loin de mes projets initiaux.
Il est une chose plus difficile à vivre que de devoir remettre ses projets à plus tard, c’est de savoir qu’en l’état actuel des choses, on ne peut pas faire de projets.

Pour ce qui est de remonter sur un bateau par exemple, je dois me forcer à ne plus y penser. (Ci-contre c’est un OVNI 35, le bateau de mes rêves !)
Mais bon, rassurez-vous amis internautes ! Pour l’instant je rumine ma mauvaise humeur, mais je sais que bientôt je retrouverais un moral d’acier ! La preuve, d’avoir écrit ces lignes me fait me sentir déjà mieux !

vendredi 30 mai 2008

La photo de la semaine a besoin de vous !

Vous vous souvenez qu’à l’ouverture du présent blog j’avais commencé une rubrique intitulée « La photo de la semaine ». Je m’étais engagé à prendre une photo par semaine de ce qui m’entoure et de vous la soumettre… Vœux pieux, puisque je m’aperçois que je n’ais publié que quatre photos… Hélas, on ne peut pas dire que la météo m’ait beaucoup aidé ces temps-ci ! Mais en fait, il s’agit également d’une raison toute autre.
Il me faut vous dire que du temps lointain de l’argentique, je crois pouvoir dire sans me vanter que je n’étais pas trop mauvais en photographie (J’étais même plutôt bon, au diable la modestie, pour une fois !). Cela remonte au temps où je passais mon temps dans les bois, à regarder les arbres pousser. A l’époque je ne sortais jamais sans mon Nikon F1 et mes trois objectifs préférés : Un 50 mm, un 135 mm et un gros zoom de 200 mm. Pour ce dernier, j’avoue qu’étant donné son poids, je le prenais surtout pour la photo animalière.
Bref, mon vieil ami (voir ci-contre) est tombé malade et l’intervention demandait un peu trop de sous. De plus, je me suis mis à bosser comme un con dans un magasin d’import en pleine ville de Nice… J’ai remisé mon appareil dans un placard.
Le numérique arrivant, j’ai bien tenté de m’y intéresser. Mais à l’époque la technologie était loin d’égaler ce que faisait mon vieil appareil. Je me sentais frustré et j’ai fait, à mon grand regret, un peu de résistance. Il y a six moi, un ami m’a refilé l’appareil de sa fille : Un compact Sony « Cyber-shot » avec le flash cassé, 5 millions de pixels et un petit autofocus de merde. C’est avec lui que j’ai pris les photos que je vous ai déjà montrées. C’était pas génial, mais ça allait.
Jusqu’au jour de la manif du 22 où j’avais quelques photos à prendre, et là, j’ai retrouvé mon goût pour la photographie. Je me suis ingénié à trouver les bons angles, tout en lorgnant sur les appareils de mes voisins journalistes ! J’ai retrouvé cette excitation qui m’avait abandonnée depuis si longtemps. A cela prés, que j’avais l’impression de vouloir écrire une lettre avec un morceau de charbon gros comme la main…
J’ai donc pris la décision de m’acheter un nouvel appareil photo. (En fait le sujet de l’article, c’est ça !)
J’ai porté mon choix sur un Nikon D40 pour un tas de raisons.
Tout d’abord son prix : 435 €. Je me voyais mal mettre plus de 500 € dans cette folie ! D’ailleurs, je n’aurais pas pu…
Puis le fait que je puisse utiliser mes vieux objectifs mécaniques avec cet appareil. Je ne la savais pas, mais à part quelques problèmes de focales augmentées, mes reliques précieusement gardées sont compatibles avec le D40 !
Autres caractéristiques : 8 millions de pixel, objectif autofocus 18-55 mm, flash intégré…
Ce qui me frustre, c’est que la FNAC de Nice est actuellement en rupture et que je n’aurais pas mon nouveau jouet avant mi-juin. Mais bon, je me suis dis alors que j’avais le temps de vous demander votre avis. Ai-je fais le bon choix ? Mes espoirs seront-ils comblés ?
Dites moi ce que vous en pensez.

jeudi 29 mai 2008

Mise au point

Dans notre société ultra stressée, ultra compétitive, ultra tout, il est une chose que chacun d’entre nous devrait avoir la possibilité de faire. Une chose qui, si elle est extrêmement profitable pour l’individu, n’en reste pas moins mal vue du reste de nos concitoyens.
Cette chose, je dirais même cet exercice, c’est de pouvoir faire le point une fois dans sa vie. Faire le point sur ce que l’on a accompli, ce qu’on voudrait voir changer, ce que l’on voudrait pouvoir faire par la suite. Un peu comme un marin qui s’applique à faire son point journalier lors d’une traversée. Histoire de voir exactement où il en est par rapport à la dernière fois, combien de milles parcourus, voir si ses choix météos étaient les bons, reconsidérer ses choix si besoin…
Malheureusement il est parfois bien difficile de pouvoir prendre le temps de faire ce point. Lorsque nous somme embarqué dans la vie de tous les jours, la routine des évènements fait que l’on ne trouve pas ce temps nécessaire. Métro-boulot-dodo… La vie quotidienne nous accapare et nous passons notre temps à réagir plutôt que d’agir. De plus, tous le monde n’a pas les moyens de pouvoir rester chez soi sans avoir à travailler… Pourtant si vous saviez combien ce moment est salutaire ! Combien il est agréable de pouvoir se dire : Je sais ce que j’ai fait et je sais ce que je veux maintenant.
Souvent il arrive dans la vie des événements qui pourraient passés pour catastrophique. Des coups durs qui vous anéantissent et ne vous laissent d’autre choix que celui de rebondir ou celui de perdre pied, et finalement mourir… Ces événements peuvent être en fait des bénédictions pour qui sait saisir la chance qui lui est offerte de faire alors le point sur sa vie.
J’ai eu cette chance.
Sans entrer dans les détails, je me suis retrouvé dans une position telle que je n’ai pu que me pencher sur moi-même. Cela a pris six mois, pendants lesquels je n’ai fait rien d’autre que ça : Penser à moi, à ce que je voulais pour moi, à ce que je pensais de moi… Ce fut une intense période de narcissisme exacerbé, mais putain que c’était bon !
Vu de l’extérieur, je veux parler de la famille et des amis, je vous pris de croire que ce comportement n’est pas forcément apprécié. Comment ? Quelle est cette façon de rebondir dans la vie qui consiste à ne rien faire que penser à soi ? Quel égoïsme ! Quel toupet de se croire différent de nous ! Quelle irresponsabilité ! Ferait mieux de trouver un travail plutôt que de passer son temps à jouer les égocentriques ! Et j’en ai entendu de bien pires, croyez-moi. Comme si le fait de se mettre pendant un temps en dehors du système faisait de vous un être bizarre, une espèce de renégat. Un traitre à la société !
Pourtant, cet isolement est essentiel si l’on veut pouvoir savoir exactement qui l’on est. Si j’avais écouté les âmes charitables qui jugeaient ma conduite inopportune, et que j’avais de nouveau mis le petit doigt dans l’engrenage, c’eut été fini de mes aspirations. En effet, pensez-vous réellement qu’il est facile de réfléchir à des choses importantes lorsque vous revenez de huit heures de boulot ? Que les gens viennent vous déranger avec leurs problèmes alors que vous tentez de résoudre les vôtres ? Je ne crois pas.
Mais bon, contre vents et marées, j’y suis arrivé.
Si je vous raconte tout ça, c’est que cette mise au point m’a permis, entre autres choses, de me rendre compte que la plupart des gens se laissent aller à abandonner leurs rêves, leurs opinions, leurs espoirs. Tous ces vœux qui sont enfouis depuis notre plus jeune âge dans nos pensées et qui n’ont pas pu être réalisés. Pourtant, si vous prenez le temps de vous retourner, vous vous apercevrez qu’ils sont toujours là. Qu’ils ne demandent qu’à s’épanouir.
Le tout étant de trouver la voix qui conciliera vos rêves et vos espoirs avec votre vie quotidienne. Et je vous assure que c’est possible.
Alors, je vous engage à effectuer ce travail. Une fois au moins. Profitez d’un coup du sort, ou bien mettez-vous au vert loin de votre quotidien pendant un temps… Mieux encore, partez loin. Ce n’est qu’en étant vraiment sur de la personne que l’on est, en étant stable sur ses jambes et clair dans sa tête, que l’on peut alors apporter son aide et son soutien aux autres. A défaut, vous ne faites que transmettre vos propres doutes et votre instabilité plutôt que vos expériences et les leçons qui en découlent…

lundi 26 mai 2008

Coup de gueule

Cela faisait un bout de temps que j’avais envie de pousser une gueulante sur un sujet qui m’énerve au plus haut point. Peut-être me fallait-il attendre d’être suffisamment en colère, ou bien d’avoir rassemblé suffisamment d’arguments pour étayer mon coup de gueule, mais le fait est que je rumine ça depuis trop longtemps.
Je ne supporte plus la société dans laquelle certains veulent que nous vivions. J’en ai marre de cette propension à vouloir nous appauvrir intellectuellement en nous nourrissant de tout ce qu’il y a de plus vil, de plus bas.
Je pense sincèrement que le but de la vie d’un homme, ou d’une femme, est de s’enrichir, de progresser, de s’élever vers le haut et non le contraire. Prenez ça comme vous le voulez, mais c’est comme ça que j’envisage mon passage sur terre. De même, je considère qu’il est de mon devoir de m’instruire, mais aussi d’instruire les autres. Dans la mesure de mes capacités bien évidement… Si je peux faire partager mes connaissances (par exemple la sylviculture), je ne m’en prive pas et j’espère que les personnes qui me lisent le prennent pour ce que c’est : Un partage et non pas une leçon.
Dans cette optique, je pense que toutes lectures, tous films, tous programmes de télévision se devraient, à mon sens, de porter l’être humain vers une position plus haute que la sienne propre. Malheureusement, depuis quelques années je suis obligé de constater que notre environnement médiatique n’agit pas dans ce sens. Tous ce qu’on nous propose va même dans le sens contraire, c'est-à-dire la paupérisation de la pensée.
Je m’explique : Avec l’avènement de la téléréalité, nous avons commencé à être témoins de la médiocrité des autres. Nous avons découvert qu’il était beaucoup plus confortable de se gargariser des frasques stériles de bimbos siliconées plutôt que d’assister à un programme qui nous instruise tout en nous divertissant. Dès lors la qualité des programmes que la télévision nous a proposés n’a cessé de suivre cette dérive.
Les exemples ne manquent pas. Cela va du jeu débile aux questions simplissimes que tout un chacun devrait savoir résoudre avec un peu de bon sens. Aux émissions de coaching où l’on découvre que le voisin d’en face est encore plus sale, plus bête ou plus malheureux que soi. En passant par des films qui mettent en valeur le vol, la vengeance ou le meurtre. Des témoignages (souvent trafiqués) de personnes au comportement extrême. Des radios-crochets où le principal intérêt est de se moquer des autres, tout en faisant croire que n’importe qui peut devenir talentueux. La glorification de « peoples » tellement cons, mais malgré tout tellement célèbres. Les avertissements des notices destinés aux demeurés mentaux…
Lorsque le public regarde de telles émissions, assiste-il à quelque chose qui le grandis ? Non. Il se contente de regarder des personnes dans une situation encore plus crasse que la sienne. Il assiste à un spectacle rassurant, il se dit que tout va finalement pour le mieux puisque devant ses yeux se déballe la vie de personnes encore plus pitoyables que lui.
Alors bien sur, il existe encore des programmes de qualité. Pour peu que l’on aime se coucher tard ou aimer les sous-titrages. Donc, ce ne sont pas que les bonnes occasions de se cultiver qui manquent, c’est le gout de vouloir le faire. Comment expliquez-vous que ces émissions lobotomisantes remportent autant de succès ? Les parts de marché s’envolent lorsqu’il s’agit de décérébrer le téléspectateur lambda. Et comment expliquer que vingt millions de français soient allé voir un film qui est une ode à la beaufitude franchouillarde ? Comme l’ont été d’ailleurs d’autres succès du box-office comme Camping ou Disco, par exemple… A l’heure ou le festival de Cannes met à l’honneur des films engagés, qui font réfléchir, il y a malheureusement fort à parier que ceux-ci ne feront que très peu d’entrées.
Et bien, cette situation m’énerve. Et elle m’énerve d’autant plus que je constate qu’un tel degré de non-culture est propice à la manipulation des masses.
En effet, je crois que la clé de tout ceci se trouve dans la valeur de l’exemple. Le seul que nous propose cette dérive est l’espoir de ne pas devenir comme l’abrutit que nous avons en face de nous. Nous n’avons plus d’exemple à suivre mais seulement des exemples à ne pas suivre, et cela change tout. A l’heure où nous traversons des périodes difficiles, et c’est particulièrement vrai dans notre pays, cette absence de sens critique fait de nous des moutons. Des gens capables d’élire un président bling-bling sur la foi de belles promesses démagogiques et populistes, par exemple. Mais n’oublions pas que c’est cette même sous-culture qui a également conduit un peuple à soutenir son chef dans une invasion au but bassement mercantile, sous couvert d’une croisade vengeresse…
Un des effets le plus pervers de cette décrépitude intellectuelle est que la majorité bêlante en vient à mépriser ceux qui sont encore capable d’avoir un avis particulier. Penser par soi même n’est plus un gage de liberté, mais de dissidence. Penser devient un crime.
Un autre effet est que nous n’avons même plus les moyens intellectuels de nous révolter, de contester le pouvoir en place. Sans instruction et sans culture nous n’avons plus la capacité à ouvrir les yeux sur le monde et par la même à vouloir le changer.

Voilà, j’ai tenté de vous livrer le fond de mon cœur sur un sujet qui m’importe. En me relisant je m’aperçois que je suis tout de même relativement gentil et poli, alors que mon sentiment est plus proche du hurlement et de l’invective… C’est sans doute dû à ma volonté de paraitre clair et structuré, cela a pour conséquence de lisser les sentiments. Mais n’en doutez pas, je suis remonté comme une pendule, et j’ai bien l’intention de continuer à gueuler aussi fort que possible !
Je vous engage à relire 1984 de Georges Orwell. Ce livre a 70 ans mais il décrit bien les mécanismes qui nous ont menés où nous en sommes actuellement.

Aux urnes, citoyens ! (Epilogue)

Bon, ben… Les résultats sont tombés concernant le deuxième tour des élections législatives partielle de la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes :
Christian Estrosi : 69,37%
Paul Cuturello : 30,63%
Taux de participation : 34,31%



J’ai pas grand chose à en dire, si ce n’est que comme la semaine dernière le taux de gens concernés reste ridiculement bas. Et parmi ces gens (con)cernés, sept personnes sur dix préfèrent le bling-bling. Et bien, je suis plutôt fier de ne pas en faire partie !
Juste pour bien rappeler les choses, Estrosi est maintenant : Maire de Nice, Président du conseil Général, Président de la Communauté d’Agglomération Nice-Côte d’Azur, Député des Alpes-Maritimes. Désormais, le département lui appartient entièrement…


vendredi 23 mai 2008

Rencontre fortuite

Je vais vous la faire courte aujourd’hui.
Alors que je me rendais à mon petit supermarché de quartier, histoire de faire le plein du frigo pour le week-end qui s’annonce, j’ai fait ce matin une rencontre. Devant le magasin quelques militants tractaient en vue du deuxième tour des élections législatives partielle de dimanche prochain. Soudain, je me rends compte que la tête du monsieur en costard-cravate me dit quelque-chose. Je fouille ma mémoire, en vain. C’est alors que j’avise un des tracts posés sur un pare-brise de voiture, et je réalise soudain que j’ai en face de moi Paul Cuturello, candidat PS de ma circonscription ! L’homme est occupé à discuter avec une grand-mère hors d’âge, je décide alors de faire mes courses et de tenter de le saluer à ma sortie du magasin. Vingt minutes plus tard, il est toujours là. Je m’approche et j’engage la conversation. Ce n’est pas tous les jours que l’on à l’occasion de rencontrer le candidat d’une élection. Candidat, qui plus est, pour lequel j’ai bien l’intention de voter dimanche.
L’homme est extrêmement sympathique et comme il y a dégun à cette heure nous avons pu discuter à bâton rompu. Comme moi, il est inquiet de la dérive droitiste que prend le PS et il s’inquiète tout autant que moi de la future présidence de Ségolène Royale. (Certains militants m’ont dis que Cuturello était Emmanueliste ! Je savais même pas que ça existait !)
Bref, je lui ai dit que si par malheur le PS continuait à vouloir se rapprocher du centre, je ne voterais plus jamais pour eux. (Na ! Comme ça, c’est dit !). Je lui ai également fait part de mon envie de recadrage du parti vers de vraies valeurs de gauche, ce dont il a convenu avec moi. Et bien je peux vous dire que c’est très agréable de rencontrer un candidat PS qui ne soit pas aux ordres de son parti et qui compte bien jouer un rôle au congrès de Reims en novembre.
Une dernière chose : Un programme commun avec la LCR ? « Pourquoi pas ? A condition que la LCR veuille bien s’assoir à une table et mette les mains dans le cambouis. ».



France3 nice le 21 mai 08 législative partielle
par jefps

Paul Cuturello est sociologue et ingénieur d’étude au CNRS. Conseiller général et conseiller municipal de la ville de Nice.

jeudi 22 mai 2008

Joli mois de mai

Belle journée que ce jeudi 22 mai 2008. Un beau soleil, une température clémente tout est propice à une bonne manifestation bien revendicatrice.
Comme promis donc, me voilà parti vers la place Masséna lieux de départ du cortège. Les rues de Nice sont particulièrement roulantes, en quinze minute ma voilà à pied d’œuvre, en avance d’une demi-heure sur l’horaire de rendez-vous. Pas de problème, j’en profite pour rendre visite à un de mes amis qui tient un magasin d’optique au coin Masséna-Gioffredo. On s’embrasse et nous nous mettons à parler de cette journée qui s’annonce. Lui est obnubilé par le fait que son fils ne veuille pas aller au collège, qu’il n’y a pas de bus (ce qui est faux, la preuve, je suis là !). Bref, mon ami est un patron de chez droite, du genre à penser que les centaines de personnes déjà réunies devant sa boutique ne sont que des paresseux qui mériteraient de perdre leur emploi. D’ailleurs, en tant que patron, il n’en aura pas de retraite lui ! Alors celle des autres, il s’en tamponne.
J’abrège la conversation d’une bise et me taille prétextant que j’ai du boulot. « Tu comprends, mon blog… J’ai promis… » Bref, comme d’hab, je n’argumente même plus avec lui.
D’autant que la place commence à se remplir. Deux cents, trois cents, de minutes en minutes des gens arrivent. Seuls ou bien en groupe. Les drapeaux se déroulent, les clans se forment. Chacun sous sa bannière, et pas question de se mélanger avec les autres. Un groupe d’une cinquantaine de joyeux lycéens descend l’avenue Jean Médecin en provenance de la gare. Ils viennent de Cannes et d’Antibes. La sono à fond balance du AC/DC. Ca y-est, l’ambiance monte d’un cran.
La police est là, bien sur, mais plutôt détendue. La tenue d’été et la casquette donnent comme un air de vacance. Ils n’ont pas l’air sur la défensive. D’ailleurs tous ces gens ne sont pas dangereux. Des militants bien disciplinés, la cinquantaine joyeuse. Ce n’est pas avec eux qu’on risque de jouer de la matraque. On se salue, on s’embrasse, tout le monde semble connaitre quelqu’un. J’ai la vision fugitive d’une sylphide en robe blanche, belle comme Marianne avec son drapeau orange. Je la capte d’un geste de semeur… Les bouddhas de la place Masséna, bienveillants et silencieux, observent cette assemblée hétéroclite et sage.

10H30 : C’est parti mon kiki. Direction le port, via la place Garibaldi. Je suis un peu déçu, car c’est plutôt court comme trajet. Et pas trop perturbateur. Le cortège n’avance pas vite, ce qui me permet de le précéder malgré ma patte folle et ma canne. Il faut vous dire que j’ai triché ce matin. Je me suis dopé aux analgésiques pour pouvoir accomplir cette mission.
J’ai envie de faire des photos d’un point haut, histoire d’appréhender l’ensemble de l’événement. Euréka ! La Promenade du paillon me fera un excellent point d’observation. Je grimpe les marches et me positionne, l’appareil photo à la main. A mes côtés un journaliste avec une caméra numérique, un photographe amateur, un couple d’amoureux… J’engage la conversation avec le photographe, combien sont-ils ? Il ne sait pas. La foule me semble interminable et fournie. J’ai une impression de masse en branle. Je regarde ma montre. Top ! Le cortège passe à ma hauteur, il est 10H40.


En face de moi une école maternelle. Les bambins sont tout excités de voir autant de monde. La sono proclame que c’est pour eux que les gens sont dans la rue.
Passé le bruyant groupe de lycéens qui ouvre la marche, les confédérations se suivent. Les agents des Impôts, les Douanes, les cheminots, Air-France, l’Enseignement, le personnel hospitalier… Des camions d’EDF aux plaques masquées sont aussi de la partie. Tout le monde est sage et les slogans sont rares. Une sono diffuse un texte que je note au passage : « Nous refusons de travailler plus pour mourir plus vite. Nous voulons travailler mieux pour vivre mieux. »
Les calmants ont un effet limité et je m’assois sur les marches pour regarder passer la foule. Je réalise soudain que les deux amoureux que j’avais remarqués un peu avant sont en fait des compteurs. Je prends une photo discrète. La fille a à la main un autocollant de la CGT. Je me dis que j’ai décidément du bol et que je vais pouvoir enfin savoir combien de manifestants se sont réuni aujourd’hui. Je les observe du coin de l’œil. La fille me semble concentrée et compte les gens qui passent sous sont nez. Elle donne les chiffres à son compagnon qui note le tout sur une feuille de papier. De temps en temps, elle site tel ou tel groupe de manifestants et le nombre de personnes qui semble y être associé. Le type me semble moins assidu, il téléphone en même temps et me semble noter un chiffre sur deux. Tout cela n’est pas très sérieux comme méthode…
Les derniers viennent de passer, il est 11H25. La jeune femme annonce alors à son compagnon « L’UNSA, 54 personnes ! ». Moi, j’aurais dis un peu plus.
Je m’approche alors de la fille et je la questionne. « Alors, combien ? » Elle me répond que cela fait entre 2000 et 2500 personnes. Je suis déçu, je n’y crois pas. Je lui demande alors qu’elle méthode elle utilise pour pouvoir affirmer ce chiffre. Elle me répond que sa méthode est la plus précise puisqu’elle compte les gens par paquets de 30 ou 40, un par un. Ah bon ? C’est aussi simple que ça ? Nous continuons à discuter et elle me dit qu’elle estime qu’elle peut faire une erreur de 10% par groupe de 30 ou 40. Ce qui nous fait 3 ou 4 personnes de plus ou de moins. Son compagnon qui s’était éloigné un instant pour téléphoner se rapproche et lance : « De toute façon, les syndicats annonceront le double dès demain ! ».
Ingénument, je demande alors pour qui ils effectuaient se comptage. « A votre avis ? » me répond-t-il… Et là, je réalise soudain que ces deux jeunes gens sont en fait des fonctionnaires de police. (Avec le recul, je me dis qu’il faisait un peu chaud pour porter un blouson en jean…).
Nous continuons cependant à discuter. Selon eux le mouvement s’épuise, car la semaine dernière il y avait près de 4000 personnes dans les rues pour soutenir les enseignants. 2500 aujourd’hui pour les retraites. Pour eux, c’est dans la logique des choses… Un charmant monsieur s’est joint à nous et nous continuons à papoter alors que la rumeur du défilé s’éloigne peu à peu. Les deux flics s’en vont, je reste avec le monsieur (Salut LPG !) qui se révèle être un internaute assidu, nous échangeons nos points de vue. Il est temps de rentrer, la fête est finie.
De retour à la maison je commence à rédiger cet article et je continue de m’interroger sur les méthodes de comptage des manifestants. En fait, il en existe deux.
La méthode des organisateurs : a. On chronomètre le temps de défilement du cortège. b. On en déduit la longueur du cortège, en faisant une hypothèse sur la vitesse moyenne de défilement (2 km/h pour la CGT, ce qui semble assez lent donc assez prudent). c. On estime le nombre de manifestants par mètre de cortège (plusieurs estimations sont effectuées sur différents tronçons puis moyennées), ce qui dépend grosso-modo de la largeur des voies empruntées. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = longueur du cortège en mètres × nombre de gens par mètre.Avec cette méthode et ma propre estimation, (1500m x 7 pers/m) j’arrive à un nombre approchant les 10 500 manifestants.
La méthode de la police pour les manifs pas trop importantes : a. On se place en un (ou deux) point(s) du cortège, pas trop près du début ni de la fin, et on compte les rangs qui passent.
b. On mesure la largeur de la voie en ce(s) point(s), ce qui donne une assez bonne mesure de la largeur de la rangée. c. On en déduit le nombre de gens par rangée, en appliquant un barème (lequel ?) déterminant le nombre de gens par mètre de rangée. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = nombre de rangées du cortège × largeur d’une rangée en mètres × nombre de gens par mètre de rangée.
Sauf qu’avec cette méthode, une rangée se doit d’être cohérente. Alors que dans une manif, cela va du gars tout seul, à l'équipe de rugbymen se tenant par les coudes…
Bref, rien à voir avec ce qu’ont fait nos deux petits poulets… La jeune fille était peut-être consciencieuse mais son acolyte ne reportait pas tout les chiffres !
Je vous laisse juge au regard de cette photo ci-dessus. Sachez que cela ne représente que la moitié du défilé. Comptez les, et dites moi ce qu’il en est !

En conclusion, je dirais que c’était une belle journée pour défiler. Une très belle journée. Même si je n’étais pas là jusqu’à la fin, je ne pense pas qu’il y est eu des débordements. C’était de la manif de pros, faite par des gens concernés et responsables. J’espère seulement que la manifestation niçoise, qu’elle soit de 2500 ou de 10 000 personnes, viendra s’ajouter à toutes celles qui de par la France se déroulent aujourd’hui. La lutte est longue, ne perdons pas espoir.
J’attends vos commentaires et vos expériences des quatre coins de la France.
Addenda le 23 mai 2008 à 06H10.
Nice-Matin titre aujourd’hui : Sur un parcours inhabituel entre la place Masséna et le port de Nice, de 10 h 45 à 13 heures, la police a compté 2 500 participants quand plusieurs syndicats situent la barre autour de 7 000 et même 10 000 selon la FSU.