Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


lundi 16 février 2009

A la maison pour déjeuner…

06H45 : le jour n’est pas encore levé, et je termine mon bol de café après cette courte nuit… C’est pour aujourd’hui. J’arrive.
Je monte sur le pont, et je vérifie ma Grand Voile et mon Génois… Le vent à tourné pendant que je dormais, et pour une fois cet indispensable sommeil ne m’a pas trop fait perdre de places. Je suis un peu soulagé, mais en même temps je m’en tape un peu… J’ai baissé les bras… L’essentiel n’est plus pour moi d’être bien classé, mais tout simplement d’en terminer avec ce tour du monde.
Même s’il reste virtuel, je suis comme les vrais marins après trois mois de mer et de course non-stop. Je veux que ça s’arrête ! J’en ai plein le cul. J’en ai marre de devoir me battre en permanence contre les autres et contre moi-même…

La lassitude a commencé à s’installer la semaine dernière… Le dimanche 8 février exactement. Ce jour-là j’ai commencé à perdre des places au classement sans que je ne puisse rien y faire… Le matin du dimanche, je caracolais à la 6808ème place, ma meilleure, et je venais de passer le tropique du Cancer. En quelques heures, je perdais 4500 places ! Et la descente aux enfers à continuée toute la semaine… Samedi, il y a deux jours, je commençais tout doucement à remonter dans le classement, mais trop tard…J’étais 25 155ème.

09H10 : 51 milles ! Plus que 51 milles ! Ce qui en langage terrien donne quelques choses comme 94 kilomètres… La ligne d’arrivée étant à 30 milles des Sables, et sachant que mon fier navire avance à la vitesse de 10,6 nœuds, soit 10,6 milles à l’heure, soit 19, 6 Km/h… Je devrais franchir la ligne d’arrivée, matérialisée par un cercle rouge dans… 3 Heures et des poussières. Sauf que, comme le vent est orienté au 62°, je vais devoir tirer un bord… Même pour la fin, rien ne m’aura été épargné et je termine avec le vent dans le nez ! Allez, on dit arrivée, vers midi et demie pour prendre quelques précautions.

10H 00 : Je vire de bord et prends le cap au 13°… Allez ! On dit que je suis là pour le déjeuner… Ok ?

12H33 : Ca-y-est ! Putain de Dieu, ça-y-est ! C’est fini ! 98 jours, 23 heures et 33 minutes que je suis accroché à ce putain d’ordinateur !
Au classement provisoire je me trouve à la 23 671ème place… Sur 326 824 participants, c’est déjà mas si mal ! Ce n’est pas ce que j’avais prévu, mais ce n’est pas si mal pour une première fois…

Alors, si je devais faire un petit bilan de ces cent jours, que dis-je cent jours ! Quatre-vingt dix-huit jours, vingt-trois heures et trente trois minutes, ce serait que … Tout d’abord que je ne m’attendais pas à ce que ce jeux sois aussi prenant. Pas vraiment prenant en termes de temps par jour passé dessus, non… Mais plutôt en termes d’investissement mental. Je veux dire que pendant ces trois mois, je n’ai vécu qu’au rythme des changements de cap et des actualisations de la météo. La première et la dernière chose que je faisais tous les jours, c’était de me connecter et de vérifier mon allure et ma position. Mais, tout au long de la journée je n’étais pas loin en pensée de mon petit bateau virtuel.
Si, vers la fin, j’ai cessé de me battre (car je me suis battu comme un beau diable !), c’est plus parce que je ne pouvais rien contrôler… En effet, après réflexion, ma dégringolade dans le classement n’est pas due à une erreur de stratégie de ma part. Enfin si… Mais en fait non… J’explique :
Sur le logiciel du jeu, vous ne pouvez pas visualiser tous vos adversaires. Ce qui est plutôt normal, car 320 000 c’est beaucoup trop. Vous ne pouvez suivre la course que d’une cinquantaine d’autres. Lorsque le compteur à commencé à tombé, c’est quasiment tous mes cinquante bateaux enregistrés qui sont tombés avec. Ce qui veut dire que quelque part, un groupe non-négligeables de concurrents avaient fait un autre choix de route et qu’au final, cela payait. Ce qui m’a miné, c’était de ne pouvoir les voir ! J’avais beau faire, nous avions beau faire, nous n’y pouvions rien…
Ensuite, j’avouerais que même si je m’y connais un peu en navigation, et bien ce jeu m’en appris quand même. Je me suis dorénavant forgé une maxime : Le cap plutôt que la vitesse ! Une règle que je n’ai pas assez suivie et que j’inscrirais au pyrograveur au dessus de la table à carte de mon futur bateau.

Car je persiste dans mon rêve. Un jour viendra ou je vivrais sur mon bateau, et je promènerais ma maison de par le monde. Même si la crise et mon état de santé chamboulent un peu mes prévisions, je sais qu’un jour les choses prendront une couleur bleue azur.

D’ici là, et bien… Là maintenant, je vais me calmer un peu côté jeu virtuel, mais je crois savoir qu’il existe d’autres courses de par le net. Des courses plus courtes, qui ne demandent pas autant d’investissement et qui me permettront de travailler encore ma navigation. On apprend tous les jours, et la taille de mon ignorance sera toujours supérieure à celle de mes connaissances.
N’empêche que j’avais dis que je serais arrivé pour midi et demi, et à midi trente trois, j’étais là ! Pile pour le déjeuner !

samedi 14 février 2009

Le travail avant la famille

Vous vous souvenez il y a quelques semaines, lorsque la ministre de la Justice, Rachida Dati (que j’aime d’amour, comme chacun sait !), c’est pointée au côté de son seigneur et maître, cinq jours après avoir accouché ? Le barouf que cela avait fait ! Chacun y est allé de son petit commentaire, les uns critiquant, les autres applaudissant…
La polémique semblait même un peu grosse par rapport à l’événement.
D’un côté, nous avions les défenseurs des libertés individuelles qui soutenaient que chaque femme était libre de faire comme elle l’entendait. De l’autre nous avions les défenseurs des libertés collectives qui dénonçaient le mauvais exemple que la ministre donnait en termes de politique familiale.
Au centre de cette polémique, le congé maternité bien sur, mais aussi le congé parental. Bref, toutes les facilités proposées en faveur de la venue d’un enfant et de son éducation.
Il me souvient même avoir lu quelque-part que l’attitude de Mme Dati était une insulte aux droits des femmes… Et qu’en agissant de la sorte, elle remettait, de par sa fonction, en cause des dizaines d’années de luttes et d’avancées sociales…
Le contrepoint de ces déclarations, c’était que la société dans laquelle nous vivons ne laisse souvent pas d’autres choix aux femmes, que de reprendre le boulot aussitôt que possible. Et que, bien sûr, cela ne faisait pas d’elles de mauvaises mères pour autant ! Bien au contraire, celles qui faisaient le choix (libre) de mener de front, carrière et vie de famille, mettaient en avant leurs capacités et s’en enorgueillissaient tout à fait légitimement…

Le brouhaha suscité par cet événement s’apaisa peu à peu, d’autant que ladite ministre se fit débarquer de la galère gouvernementale et envoyée se présenter comme numéro deux sur une petite liste UMP aux élections européennes. Ceux et celles qui s’inquiétaient de voir foulé au pied le droit des femmes, et des parents en général, se calmèrent et passèrent à autre chose. Cela fut d’autant plus facile que dans notre pays, ce ne sont pas les occasions de s’indigner qui manquent.

C’est alors que la nouvelle tomba. Hier, lors d’un discours sur la politique familiale, notre Président Glorieusement Elu à 53% déclara qu’il entendait qu’on lance «une réflexion sur l’évolution du congé parental». En clair, ça veut dire qu’il voudrait le raccourcir.
Son argument massue, outre le fait que selon lui le congé parental peut être un « gâchis pour les familles », c’est bien sûr que les femmes «ne soient pas sanctionnées» quand elles veulent reprendre un travail. Un congé plus court, cela veut dire une remise en selle facilitée et donc un manquement diminué à l’effort de l’entreprise.
Dans la crise que nous vivons, l’argument se tient. En effet, le Président nous l’a maintes fois rabâché ; Il nous faut nous retrousser les manches et bosser plus pour gagner plus. Il est donc légitime que les femmes arrêtent de jouer les feignasses à la maison à pouponner et se remettent au boulot le plus tôt possible. Et encore, je ne vous parle même pas des hommes qui choisissent de mettre entre parenthèse leur vie professionnelle pour élever leurs enfants… Dans le contexte actuel, cela s’apparenterait à de la haute trahison !

Alors bien sûr, la mesure ne se veut pas liberticide. Oh que non ! Il s’agit là de donner le choix à tout un chacun de faire comme il l’entend. «S’occuper à temps plein de son enfant, c’est formidable, à condition que ce soit un choix», qu’il a dit notre PGE ! Il a même pensé à augmenter le nombre de place en crèche de 200 000 d’ici 2012 ! Voilà qui en plus, va créer de l’emploi, c’est formidable !

Sauf que les choses ne sont pas exactement celles que décrit notre Nain National. Je vous invite donc de le vérifier en cliquant sur ce site de Droit Social, et vous pourrez constater que le congé parental n’est pas obligatoire. Et d’une. Que celui-ci peut-être, au choix du parent, d’un, deux ou trois ans. Et de deux.
Enfin, Nicolas Sarkozy nous dit qu’il préfère « que l’on privilégie l’aménagement des horaires de travail et le temps partiel plutôt que l’arrêt total de l’activité». Sauf que le dispositif dispose déjà de la possibilité de transformer son contrat de travail en un temps partiel (entre 16 et 28 heures) !

Tout ça pour dire que ceux qui s’inquiétaient, il y a peu, de la possible remise en question du droit familial ne se faisaient pas de soucis pour rien… Il va nous falloir surveiller de près cette « réflexion » souhaitée par l’Elysée. Car, les parents ont déjà le choix de faire comme ils l’entendent en matière d’éducation postnatale. Ce qui est à craindre, c’est que contrairement à ce qu’a annoncé Sarko, nous ayons droit à une diminution de ce choix.
Dans l’idéologie Sarkozienne, la vraie famille, c’est l’entreprise, et il convient de ne s’en éloigner que pendant un très court laps de temps… Il voudrait nous faire croire qu’il agit pour les femmes et la place qu’elles occupent dans le monde du travail, mais en fait, ce qu’il veut c’est que celles-ci renoncent pour cela aux droits qui sont les leurs.


Je pense, là maintenant, à mon ami P. qui va bientôt terminer son congé parental de trois ans… Je sais que pour lui, ces trois années furent oh combien importantes et bénéfiques. Et pas seulement pour lui. Pour sa fille aussi et pour sa famille toute entière. Il a eut la possibilité de le faire, mais ce ne fut pas facile tous les jours de se voir amputé de plus de la moitié de son salaire… Mais il ne regrette rien. Bien au contraire…

Si nous laissons faire, demain plus personne n’aura la possibilité de vivre de tels moments.


vendredi 13 février 2009

Pourquoi désobéir ?

Il y a quelques jours notre amie Monique nous a demandé dans un de ses commentaires si parmi nous il y avait quelqu’un qui pouvait nous parler de la désobéissance civile ou d’une expérience de désobéissance… Hier, elle m’a relancé par mail sur le sujet, montrant par là sa soif d’information et son désir de faire de sa lecture du 19 mars un événement le plus complet et le plus argumenté possible. J’ai donc entrepris de lui répondre dans une lettre, et de lui faire part de mes réflexions sur le sujet. Et puis, j’ai trouvé que publier cette lettre directement sur mon blog pouvait peut-être susciter de votre part des commentaires intéressants et faire avancer le débat. Notre affectionnée Momo pourra ainsi profiter de tout ça, et récolter ainsi du grain à moudre !

Aussi voici la lettre que j'ai écrite :

Salut Monique !
J’ai bien reçu ta question, et depuis je me creuse les méninges pour y apporter une réponse…
A ma grande honte, je m’aperçois que de toute ma vie je n’ai pas réellement, délibérément, refusé d’obéir à une loi ou à un ordre… Faire des choses illégales de façon délibérée : Oui bien sûr. Comme tout le monde dirais-je. Le fait est qu’en règle générale lorsqu’une règle ne me plait pas, je m’arrange pour la contourner. Je suis assez doué pour ça d’ailleurs… Mon esprit analyse une situation donnée, et sans même que je m’en rende compte j’arrive à trouver le moyen, soit de me défiler, soit de transformer la situation à mon avantage… C’est de l’ordre de l’instinct de survie en fait ou de l’adaptabilité.
Si je me débrouille de cette façon c’est, je pense, parce que je respecte viscéralement l’autorité. Mon enfance que tu connais m’a programmé pour ça. Mais comme j’ai quand même un grand sens moral, mon esprit a trouvé ce moyen de m’opposer sans en avoir l’air.
En fouillant bien dans ma tête, j’ai peut-être une anecdote à te raconter…

Ca remonte à loin, du temps où j’étais à l’armée. J’étais sous-lieutenant dans les commandos de l’air, et un jour on m’a donné un ordre que j’ai trouvé injuste et que j’ai refusé d’exécuter… Enfin presque ! Voici l’histoire et tu comprendras peut-être ce que je voulais dire plus haut.
Ma section était en période d’instruction, et nous venions de terminer un exercice qui avait duré toute la semaine. Alors que tous les cadres étaient rentrés chez eux pour le week-end, j’étais resté avec ma trentaine de soldats en alerte. C'est-à-dire que nous devions rester sur la base, prêt à prendre les armes en moins de trente minutes… Tout le monde était crevé, et je trouvais que mes gars avaient suffisamment donnés. J’ai donc décidé de leur foutre la paix… Malheureusement le samedi matin, je reçois l’ordre de me rendre le lendemain avec mes gars dans un hangar pour y accomplir un boulot. Il s’agissait de reconditionner des câbles.
A l’époque, la base venait de changer l’un des multiples systèmes d’alarme et les ouvriers avaient récupéré les anciens fils électriques de l’ancien système et avaient jeté le tout en vrac dans un hangar. Imagine des kilomètres de câble électriques, tels un véritable sac de nœuds, regroupés en un tas qui dans mon souvenir faisait au moins cinq mètre sur cinq, et 1,50m de haut ! Le job, c’était de démêler tous les fils et de les enrouler sur des bobines pour qu’ils puissent être recyclés.
Lorsque j’ai reçu l’ordre, j’ai fais part de mes objections, en disant que mes gars en avaient bavé pendant la semaine et qu’il serait peut-être abusé que de leur en demander encore. Surtout que dès le lundi, ils étaient sensés reprendre leur service, c'est-à-dire monter la garde et protéger les avions et les missiles nucléaires… En vain.
Alors, voici comment j’ai fait. Le samedi soir j’ai réuni ma section et je leur ai dis ce qu’il en était. Je leur ai dit que moi, j’avais reçu cet ordre, mais que je me refusais à le leur donner à eux. Je leur ai juste dit, que moi je ne pouvais pas faire autrement que de m’exécuter, et que je serais le lendemain à telle heure au hangar pour faire le job. Mais qu’eux, n’étaient pas obligés d’y être…
Le lendemain, je me suis donc retrouvé seul devant ce tas de câbles, et j’ai commencé la corvée. Une demi-heure plus tard, alors que je pestais contre mon fichu sens de l’honneur et mes valeurs à la con, j’ai vu arriver deux, puis trois, puis dix soldats… Sans un mot, ils se sont mis au boulot… bien sûr, tous n’étaient pas là, mais putain que j’étais fier ! J’étais fier d’eux et fier de moi aussi.
Alors bien sûr, on n’a pas réussi à finir le tas… On n’était pas assez nombreux pour ça. D’autant que vers 16H00, je leur ai dit de rentrer. Que ça suffisait bien comme ça…
Le lendemain, le capitaine m’a fait la remarque que le boulot n’avait pas beaucoup avancé. J’ai répondu que malgré tous nos efforts, la tâche était ardue et que le temps nous avait manqué… Plus tard, lorsque je suis allé chercher mon arme à l’armurerie pour prendre mes fonctions de chef de la protection de la base, j’ai vu qu’une autre section se tapait le démêlage des câbles.
Avec le recul que me donne presque vingt années, je me rends compte que ce que j’ai fais peu s’apparenter à de la manipulation. J’ai supposé que la fidélité de mes hommes allait me permettre de me sortir de ce dilemme moral, et les faits m’ont donné raison. Mais en même temps, si cela n’avait pas marché, j’étais prêt à accomplir le boulot tout seul, et à répondre de mes actes si cela s’était su… L’histoire a fait que je n’ai pas été obligé de rendre des comptes, mais je sais au fond de moi que je l’aurais fait, la tête haute.

Voilà mon histoire. Je sais bien que cela n’a que peu de rapport avec ce que tu recherches, mais je voulais te raconter cette anecdote pour t’expliquer un peu ma conception de la désobéissance, et pourquoi, à mon avis, je me débrouille toujours pour l’éviter… Et puis, d’avoir écrit tout ça, m’a amené à réfléchir sur la désobéissance.

Ça veut dire quoi désobéir ?
Je pense que désobéir est une chose, et en assumer les conséquences une autre.
Tu peux désobéir à une directive, un ordre, une loi pour de multiples raisons. Tout dépend en fait de ton système de valeur, et les motivations qui sont les tiennes. Valeurs et motivations qui peuvent même aller l’encontre des règles les plus communément admises. Le vol et le meurtre sont des désobéissances à des règles de vie en société. Ne pas dénoncer un clandestin qui habite sur ton palier, ou ne pas appliquer une directive gouvernementale également. Qu’est-ce qui va donc faire une différence entre ces transgressions ? La réponse est : ton propre jugement moral, qui va légitimer ou pas ton acte.
A partir de là, si tes valeurs légitiment ton acte, tu deviens alors prêt à en assumer les conséquences… Et cette désobéissance peut être qualifiée de « civile », dans le sens latin qui vient de civis : citoyen. Mais elle n’en reste pas moins une infraction à la règle qui peut être punie.
Au début de ma réflexion, je pensais que la grande différence qui existait entre la simple désobéissance et la désobéissance civile, était le fait d’assumer ou pas tes actes… mais en fait, cela n’a que peu d’importance. Dans l’histoire que je viens de te raconter, j’ai désobéi, mais j’ai menti pour cacher ma désobéissance. Cela n’enlève rien au fait que je considère mon acte comme légitime. Qu’il soit puni ou pas n’entre pas en considération.
Donc, si je suis mon raisonnement, la notion de désobéissance civile est une notion abstraite qui concerne chaque individu au plus profond de lui-même, qui ne s’absout pas d’éventuelles poursuites. C’est un acte intime.
A la rigueur, devant une autorité, quelle qu’elle soit, ce peut être considéré comme une circonstance atténuante. De même, certaines désobéissances peuvent être tolérées… Mais jamais elles ne te dispensent éventuellement d’en assumer les conséquences, car fondamentalement, tu as transgressé une règle. Là où les choses changent, c’est lorsque les actes de désobéissances se font suffisamment nombreux pour en venir à changer la règle. Ou que la tolérance en devient tellement généralisée que la règle n’a plus aucun fondement…
Donc, toujours si je déroule mon fil, la désobéissance civile n’a de réelle fonction politique et citoyenne qui si, et seulement si, elle a pour but de changer une règle.
Partie de l’intime conviction, elle devient donc un véritable acte militant si elle est partagée par un grand nombre de personnes. C’est la multiplicité des convictions qui fait sa force.

Voilà Monique. J’ai bien conscience que je suis peut-être à côté de la plaque en ce qui concerne l’anecdote, mais j’espère que le cheminement de ma pensée va te fournir quelques pistes de réflexion qui te seront utiles.
Je t’embrasse très fort.
Gwendal.

vendredi 6 février 2009

Merci et bravo !

Bonjour à vous !
Alors, comment ça va ce matin ? Vous vous sentez rassurés ? Notre Glorieux président Élu a-t-il répondu à vos questions ? Vous êtes prêt à mettre vos récriminations corporatistes en sourdine et à vous relever les manches pour bosser, bande de gauchistes ?
C’est vrai quoi ! Vous les avez vos réponses maintenant ! Le président est à la barre, c’est lui qui mène le cap, et il nous ramènera sain et sauf aux rivages accueillants de la croissance. Moi qui suis marin, je peux vous dire que la métaphore est suffisamment explicite… Lorsque le bateau France traverse la tempête, il est rassurant de savoir que le capitaine est à la barre et qu’il sait ce qu’il fait !

Alors, je sais que dans vos esprits pervertis par le trotskisme-léninisme vous allez me dire que vous n’êtes pas convaincu par la prestation d’hier au soir… Pourtant, gens de peu de foi, je peux vous affirmer que notre Président a été grandiose ! Phénoménal !
D’ailleurs, il vous suffit de constater la maestria avec laquelle il a su mener les débats lors de cette interview. Un vrai cas d’école, une démonstration magistrale dans la façon de gérer les compétences de chaque journaliste. En les choisissant tout d’abord, de façon à ce qu’ils ne parasitent pas le message présidentiel par des questions perfides. En excluant d’emblée les journaleux rouges, le Président a pu se montrer efficace dans son propos sans avoir à perdre son temps en justifications stériles… Et ça, mes amis, c’est tant mieux pour la clarté du message, et c’est tant mieux pour la France.
Ensuite, en choisissant lui-même les questions qui intéressent en premier lieux les français. Les français ont peur, et il ne sert à rien de perdre du temps en abordant d’autres sujets que ceux qui les concernent directement. A sa manière, franche et directe, Nicolas Sarkozy a pu donc aller directement au cœur des préoccupations des français.

C’est donc dans un environnement propice que le Président a pu répondre aux quelques manifestants qui défilèrent dans les rues la semaine dernière. Répondre, mais également se montrer ferme, et c’est ce que nous attendons tous d’un Chef de l’Etat.
Contrairement à ce que réclament ces militants surpolitisés et noyauté par l’ultragauche, Nicolas Sarkozy n’a pas l’intention de céder un pouce de terrain devant les menaces. Il est hors de question que l’on dilapide l’argent public en faisant des aumônes aux classes les plus basses. D’une part, ce ne serait pas leur rendre service, car on sait très bien que la première chose qu’ils feront avec cet argent, s’est le dilapider en futiles dépenses. Alors qu’il est bien plus profitable pour la nation de soulager les entreprises prisent à la gorge par une fiscalité déplorable, héritée de la gauche. Aussi, la suppression de la taxe professionnelle est une formidable avancée dans le domaine du développement économique. La droite réclamait depuis des décennies que l’on supprime cette taxe injuste, et la crise nous offre l’occasion d’en finir avec cet archaïsme d’un autre âge. En soulageant les patrons, nous pourrons ainsi faciliter le développement des entreprises et éviter les délocalisations…
Alors, ben sûr, les édiles de gauche n’ont pas tardé à hurler au manque à gagner… C’est bien caractéristique des gens de gauche ça ! Rappelons simplement que cette manne financière, ponctionnée sur le dos de nos patrons, sert surtout à payer des gens à ne rien faire et à financer des actions dites sociales… Alors que cet argent serait bien plus utile dans le portefeuille des actionnaires laminés par la crise et qui sont, tout le monde le sait, les seuls vrais acteurs de l’économie. Au moins, en 2010, ils n’auront plus l’occasion de dilapider les forces vives de notre pays ! Bravo Monsieur le Président !

Ensuite, notre Président, qui pour le coup fait preuve d’une clairvoyance peu commune, à su renvoyer les syndicats à leur propres contradictions et à leurs utopies. Ce ramassis de gauchos qui ne sait faire rien de mieux que contester systématiquement, réclamait des « avancées sociales » ! Et bien, notre Chef leur a demandé de se mettre d’accord pour valider quelques propositions. La manœuvre présidentielle est habile à plus d’un titre : Tout d’abord elle permet au gouvernement de temporiser et de noyer dans l’œuf toutes rébellions.
Ensuite, en demandant aux partenaires sociaux de se mettre d’accord sur l’utilisation future des 1,4 milliards que rapporte l’aide accordée aux banques, le Président peut enfin avoir les coudées franches pour continuer à réformer le pays, pour le bien de tous. Nous savons bien que les partenaires sociaux n’arriveront jamais à se mettre d’accord sur quoi que ce soit, car ils sont inefficaces par nature. Ils vont perdre ainsi leur temps en vaines discussions, se chamailler comme à leur habitude, et au final, c’est au Président et à lui seul qu’il reviendra de trancher. Qui plus est, les hypothèses sur lesquelles ils devront « travailler » ne représentent financièrement qu’une très faible part des recettes de la Nation. Sans réel impact sur l’économie. Il ne manquerait plus qu’on leur demande de dire au gouvernement comment dépenser l’argent des français ! Et puis quoi encore !
Habile stratégie que celle de Nicolas Sarkozy, qui sait en bon Capitaine, donner un boulot factice aux parasites pour ne pas les avoir dans les pattes et agir dans l’intérêt du pays ! D’autant qu’à la fin, le peuple sera bien obligé de reconnaitre l’inefficacité de ces mêmes partenaires et à s’en remettre à celui qui avait tout prévu depuis le début… Non, vraiment, je reste baba devant ce plan, tant il est brillant.

La dernière idée profondément géniale que notre Glorieux Président Brillamment Elu Par le Peuple à eu, est d’ordre plus politique qu’économique… Je dirais même philosophique. En proposant aux entreprise de réfléchir à une plus « juste » répartition des bénéfices d’une société, selon la règle des trois tiers, le Président suggère ainsi que les employés soient intéressés au sort de leur entreprise. Ils auraient ainsi à cœur de travailler plus pour le bien de tous, et moins enclins à faire la grève, à poser des RTT ou à prendre des congés maternités… Là encore, saluons ensemble l’intelligence de la proposition ! En transformant le salarié en petit actionnaires, on règle du coup tous les conflits sociaux et les revendications illusoires ! A long terme bien sûr, cela rentre dans le cadre de la grande mutation souhaitée par les penseurs éclairés du libéralisme économique. A l’issu de cette mutation, nous pourrons enfin vivre dans un pays de propriétaires et d’actionnaires, où chacun fera partie d’un tout harmonieux… Mais bon, il reste quand même énormément de chemin à faire pour arriver à cet idéal, et les obstacles seront nombreux. Les forces rétrogrades, perverties par le marxisme-léninisme, sont encore vivaces dans notre belle France, et la quête du bonheur et de la liberté sera longue… Cependant, après l’intervention du Chef de l’Etat, hier au soir, je suis rassuré car je sais que nous y arriverons ! Encore Bravo Monsieur le Président !

Ah oui ! J’oubliais une chose… Figurez-vous que pendant la nuit, il semblerait que quelqu’un se soit introduit chez moi et m’ait volé mon cerveau… Cela démontre bien que le volet sécurité de la politique de notre Président est justifié mais reste encore à améliorer… Cependant, même si je ne constate pas de réel changement dans ma vie de tous les jours, j’aimerais quand même le récupérer. C’est pas qu’il me soit indispensable, loin de là, je vous l’ai dis, je vis très bien sans, mais j’y suis attaché de façon sentimentale... C’est bête, je sais. Donc, si vous avez des infos sur le sujet, ou que vous le voyez trainer quelque-part, n’hésitez pas à m’en informer.
Merci d’avance, et bonjour chez vous !

mardi 3 février 2009

La bonne paye

Bon, en ce moment c’est pas trop la joie, et j’ai le cerveau aussi sec que le désert de Gobi. Et encore… Imaginez plutôt le désert de Gobi, auquel on aurait soustrait le pourcentage inverse du taux d’humidité de celui du Kalahari. Voilà, vous faites ça et vous serez assez proche du manque d’inspiration qui m’habite en ce moment…
C’est très certainement passager, en tous cas je l’espère. Car je me connais un peu, et je sais que la perte du goût d’écrire, est le symptôme d’une bonnes grosse crise d’angoisse cafardeuse dont j’ai le secret. Mais bon, ça va passer.

Aussi je vais abréger les préliminaires littéraires et passer directement à ce qui m’amène aujourd’hui.

Figurez-vous que je viens d’en apprendre une belle. Un truc tellement dingue que je suis étonné de ne pas en avoir entendu parler plus tôt. C’est notre Bien Aimée Monique qui vient de m’envoyer un mail sur le sujet !
Notre Président à nous, car il s’agit encore et toujours de lui, aurait d’après le Canard Enchaîné du 12 décembre 2007, continué à toucher ses émoluments de ministre de l’Intérieur alors qu’il était devenu Président de la République française… Le temps que l’augmentation de son salaire, décidé par lui seul, soit effective !

Alors si j’ai bien tout compris voilà donc la chronologie des faits :
En mars 2007, Nicolas Sarkozy démissionne de son poste de Ministre des Poulets pour pouvoir faire sa campagne et se présenter aux élections présidentielles… Contre toute attente, il continu pourtant de percevoir son salaire de ministre, soit 11 500 euros net par mois.
Acte deux, le petit Nicolas devient président des Français au mois de mai 2007, avec des émoluments nets de 7500 Euros… Devant le manque à gagner évident, Notre PGE décide alors de conserver son salaire de ministre plutôt que d’accepter celui de président. En parallèle il décide alors de réaligner le salaire du Président sur celui de son Premier Ministre et de l’augmenter de 172%... Passant donc de 7500 Euros à 19 331 Euros !
Les lourdeurs administratives étant ce qu’elles sont, ladite auto-augmentation n‘entra en vigueur que le 1er janvier 2008… Ce jour-là, son salaire d’ex-ministre de l’Intérieur cessa de lui être versé, parce que 19 331 Euros, ça a quand même plus de gueule en bas d’une fiche de paye que 11 500 Euros… Et à fortiori que 7500…

Alors bien sûr, c’était il y a un an et de nombreuses péniches ont passées sous les ponts. La phase Bling-bling est officiellement derrière nous, et notre PGE a depuis endossé d’autres frusques plus amples et plus classes. Président de l’Europe, sauveur du Capitalisme, Grand Réformateur devant l’Eternel… Malgré ça, il n’empêche que Nicolas Sarkozy n’est, ni plus ni moins, qu’un escroc.
Sur ce coup là, on bien obligé de constater que la soif de pouvoir n’est pas la seule chose qui habite ce Petit Monsieur. Non, il y a également l'appât du gain. Moi qui trouvais déjà la première méprisable, alors là… On touche le fond !

Si vous n’avez pas tout compris à mon laïus, ou si vous êtes désireux d’en savoir plus, veuillez vous reporter à l’article de politique.net sur le sujet. Et encore merci à Momo pour m’avoir aiguillé sur cette info, qu’à ma grande honte, j’ignorerais.
En plus, effet non négligeable, ça m’a permis de pondre quelques mots… Le désert de Gobi recèle peut-être quelques oasis malgré tout !


vendredi 30 janvier 2009

Ah ça ira ! (Deuxième partie)

Vous savez quoi ? J’suis fumasse !
Oui ! Fumasse ! En colère, je fulmine, je peste, je rage, j’enrage, je maronne, je trépigne, je hurle… Alors que le soleil est encore au pieu, et que moi je suis déjà à faire le tour des médias pour glaner les informations nécessaires au présent article, je sens monter la bile le long de mon œsophage ! Bref, en un mot comme en cent : J’suis pas content !

Bon…. Allez, calme toi mon Gwen… Respire… Voilà, c’est bien… Cool… Maintenant je veux que tu arrêtes de taper comme un forcené sur les touches de ton clavier… Il ne t’a rien fait le clavier, n’est-ce pas ? Voilà, c’est mieux… Souples les doigts, souples !

Bon, je vais peut-être vous expliquer pourquoi je tempête ainsi de bon matin… Plutôt que de vous ensevelir sous une pluie de points d’exclamations et de suspension. Ca sera bien plus productif, n’est-ce pas ?

Ce qui me fait bondir ainsi, c’est que depuis ce matin, et hier soir déjà, j’entends de partout que les quelques deux millions de personnes qui ont battu le pavé hier le faisaient par crainte de la crise. Que le sentiment général qui transpirait de ces manifestations, c’était la peur du lendemain, le sentiment d’être abandonné par l’Etat dans le plan de relance économique…
Tout ça, c’est des foutaises ! C’est de la désinformation pure et simple !
Moi j’y étais dans la rue, et je peux vous dire que le message lancé par mes concitoyens niçois n’avait rien à voir avec la crise ! Mais alors rien du tout ! Le message que le peuple criait haut et fort était : « Sarko, on en a marre de toi, casse-toi ! ».
Oh bien sur, la crise était évoquée ici et là mais elle servait uniquement de prétexte à dénoncer les errements de ce gouvernement, à fustiger les réformes engagées bien avant le cataclysme financier, à mettre en avant la nécessaire mutation que doit entreprendre notre société.
Qu’elles étaient belles les pancartes que brandissaient la foule ! On y voyait de tout : De l’enseignant dénonçant l’abandon et le flicage de l’école, du personnel hospitalier dénonçant des soins au rabais, des pompiers en colère, des postiers en colère, des salariés de la grande distribution en colère, des travailleurs sociaux en colère, des sans-papiers en colère, des étudiants en colère, des chercheurs en colère, des retraités en colère… Bref, moi j’ai vu une France en colère et qui dénonce la destruction systématique de son environnement social et économique. Et je suis désolé d’aller à contre courant de tout ce qui ce dit ce matin dans les médias, le responsable désigné de tout ça, c’est bien Nicolas Sarkozy et pas la crise !

Nous étions près de 20 000 à défiler malgré l’obstruction manifeste entreprise par le maire de la ville Christian Estrosi. En effet, figurez-vous qu’à quelques heures du départ de la manif, le parcours n’avait toujours pas été validé par les autorités ! Je ne vais pas entrer dans les détails pour ne pas assommer les non-niçois, mais en gros sachez que le Maire ne souhaitait plus que les manifs empruntent l’avenue Jean Médecin… plus jamais ! Imaginez un peu que l’on dise aux Parisiens qu’ils ne peuvent plus défiler de Bastille à République et on verra ce que cela donne ! Bon, ben… Sur ce coup-là, l’Estrosi ferma sa bouche et l’on fit comme on l’entendait. Non mais !

Moi, dopé aux analgésiques, je sillonnais le cortège de long en large à l’affut de la bonne photo. Je gambadais comme le cabri moyen, l’appareil vissé sur l’œil, je décryptais les panneaux et les banderoles, cherchant le bon mot et la bonne attitude. Les gamins dans les poussettes, les égéries perchées sur des fourgons, les sourires et la bonne humeur… Car oui mes amis ! On peut crier sa colère et garder le sourire, je vous l’affirme !
C’était bon vivant, mais également on sentait la fermeté derrière le brocard. La liste des dégâts causé par l’autre tâche n’en finit pas de s’allonger, et on sent bien que peu à peu la moutarde monte au nez des français.

La manifestation prit fin dans le calme aux premières heures de l’après-midi… La police, discrète tout au long du parcours se fit encore plus discrète alors que les familles, les employés, les retraités regagnaient leurs pénates. Pas d’incident à regretter et c’est tant mieux pour tout le monde. Même pour nos édiles qui ne craignaient rien de moins que n’éclatent quelques échauffourées.
Pour ma part, je me fis raccompagner par un ami, le corps perclus, et l’âme heureuse…
Ce n’est qu’après quelques heures de sommeil, que je me mis à fabriquer ce petit clip qui j’espère vous plaira… Alors, dégustez, et surtout n’oublions pas pourquoi nous étions dans la rue hier, et n’écoutons pas les sinistres qui nous disent que nous avons peur de la crise. Non, nous n’avons pas peur, nous voulons juste que ce type s’en aille. C’est tout.


mercredi 28 janvier 2009

Ah ça ira !


Juste quelques lignes, comme ça en passant… Demain, je pense que vous le savez tous, c’est la Grève Générale. Avec deux bons gros G majuscules.
Depuis le début de la semaine, les médias nous abreuvent d’articles ou d’émissions pour nous prévenir que cette journée risque de faire date dans l’histoire des grèves que compte notre beau pays.
Dès lundi, nous pouvions lire et entendre de-ci de-là, les habituels commentaires sur « la galère des usagers » et les « prises d’otages » que représente ce « jeudi noir ». Bon, vous allez me dire qu’on a l’habitude, et que ce n’est pas ça qui va nous empêcher de faire grève ni de défiler… Il n’empêche que c’est ainsi que depuis quelques temps, les mouvements sociaux sont qualifiés, marquant ainsi la tendance actuelle indiquée par notre Président mal aimé.
Les gens qui défilent ou revendiquent quelque-chose sont nécessairement la plaie des honnêtes travailleurs. Manifester devient une insulte aux bonnes mœurs nationales et indique un irrespect des autres… C’est mal, c’est égoïste et c’est inutile.
D’ailleurs, tout est fait pour que le grand public abonde dans ce sens. La voix de la rue, n’est pas celle du peuple qui ne s’exprime que par les urnes. Telle est la conception des choses que l’on voudrait nous voir adopter.
Sauf que ce que nos élites gouvernementales oublient, c’est que cette conception-là de la démocratie est très éloignée de celle de monsieur tout le monde… Dans l’esprit du français moyen, le fait d’élire une personne ne lui donne pas tous les pouvoirs et au final, ce sera toujours la rue qui aura le dernier mot. C’est ainsi que nous fonctionnons. C’est ainsi que s’exprime notre liberté, individuelle et collective.
Et lorsque notre Président Glorieusement Elu déclare en fanfaronnant : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ! », c’est une insulte au peuple tout entier. Une insulte qui, je le crois, sera belle et bien lavée demain.
Car le mécontentement est général. Et ça, la plupart des médias l’ont bien compris. En effet, depuis la parution d’un sondage du Parisien révélant que 69% des français apportaient leur soutien à cette grève, leur discours à bien changé…
Désormais on ne parle plus de « jeudi noir », mais de « grande grève », et la gêne des non-grévistes devient secondaire.
Pour illustrer ce revirement éditorial, je citerais l’émission, l’Edition Spéciale, que je regarde régulièrement sur Canal +. Alors que le présentateur invitait les téléspectateurs à lui envoyer des mails pour raconter leur galères d’usager, il s’est vu répondre, massivement et vertement, qu’il pourrait également s’intéresser à tous ceux qui prendront leurs journée ce jeudi, et qui « galèrent » eux aussi pour pouvoir être dans la rue…
D’accord, Canal est plutôt à gauche comme chaine de télé, mais quand même... Je trouve que ça illustre bien le ras le bol général qui nous submerge ces temps-ci.

Or donc, la France va encore une fois manifester, et c’est une bonne chose.
Je serais pour ma part dans la rue avec les autres, et je compte bien prendre plein de photos afin de vous faire partager ce moment ! On se retrouve donc vendredi.

Bon défilé à tous, et faites gaffes aux playmobiles…


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