Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


mardi 18 novembre 2008

Zemmour, la science et moi

Le 13 novembre, lors de l’émission « Impertinente » diffusée sur Arte, le journaliste Eric Zemmour, que l’on sait grand polémiqueur et prompte à susciter la controverse, s’est « lâché » en se laissant embarquer dans un imbroglio sémantique dont il n’est pas sorti vraiment grandi.
D’abord épinglé par le zapping de Canal, la toile s’est emparée de l’affaire et depuis, les vidéos tournent en boucle pour servir à de multiple fins…
La voici, je vous laisse en juger.


Eric Zemmour réhabilite les "races" - Arte - 13 nov. 2008
par acrimed



Personnellement, lorsque j’ai vu le zapping et écouté les paroles de Zemmour, je n’ai pas tiqué. Je me suis même dit que pour une fois, ce type que je considère comme une tête à claques aux paroles méchantes et nauséabondes, avait raison. Avec le recul, je peux même dire que sur le coup, j’ai été un peu étonné de prendre son parti… Puis, lorsque Pseudo m’a signalé que la vidéo tournait en boucle sur le net et faisait un buzz d’enfer, je me suis dis que j’allais vous pondre un article en sa faveur… C’est vrai quoi ! Tout le monde sait bien qu’il existe des races (les blancs, les noirs et les jaunes) dans l’espèce humaine, au même titre que dans toutes les espèces de la terre, et qu’il n’y a pas lieux de s’en formaliser outre mesure… C’est ainsi et puis c’est tout. (Attendez ! Gueulez pas tout de suite ! J’ai pas fini…)

Et puis, comme je ne suis pas du genre à balancer des arguments sans avoir un tantinet fait quelques recherches, j’ai potassé mon sujet… Et, au fur et à mesure que j’approfondissais mes recherches, que je revoyais mes bases de biologie, de génétique et tout le toutim, je me suis rendu compte que… J’ETAIS UN CRETIN !!!

Si je n’ai pas réagi aux paroles de Mr Zemmour, c’est parce que lorsque j’étais à l’école, on m’a apprit que les races existaient oui, mais que ce n’était pas grave. Et puis cette information est restée imprimée dans mon cerveau, comme ça, bêtement… Sans tenir compte de ce que j’ai appris bien plus tard et qui allait à l’encontre de cet enseignement premier. Comme quoi, il faut bien faire attention à ce que notre cerveau nous dit parfois, et se remettre en question régulièrement. C’est donc ce que j’ai entrepris depuis ce matin, en remettant à jour mes connaissances. Et comme je suis d’un naturel généreux et que la vulgarisation scientifique ne me fait pas peur, je vous invite à prendre connaissance du résultat de mes investigations. On ne sait jamais, si à moi il m’est arrivé d’oublier ce que je savais pourtant, ça peut très bien vous arriver à vous aussi !

D’un point de vue strictement biologique, la science a coutume de classer le vivant en catégories, de façon à pouvoir parler d’une seule voix, quelque soit le pays d’où l’on vient. Cela s’appelle la taxinomie, ou taxonomie. La classification se fait donc selon l’acronyme suivant : RECOFTGE.
C'est-à-dire : Règne, Embranchement, Classe, Ordre, Famille, Tribu, Genre et Espèce.
Chaque taxon, peut être divisé lui-même en rang taxinomique inférieur ou supérieur. On ajoutera pour ce faire les préfixes « sous », « infra » ou « super » au taxon que l’on veut diviser. Ainsi, l’espèce peut être elle-même subdivisée en « sous-espèces » que l’on appelle vulgairement variétés, selon qu’ils s’agissent de végétaux, ou races si nous parlons d’animaux…
En ce qui concerne l’être humain, car il faut bien lui trouver une place à lui aussi, on procède donc selon le tableau ci-contre.
En simplifiant un peu, ça donne ça :

Règne : Animal (Ben oui ! On n’est pas des géraniums !)
Embranchement : Chordés (pourvus d’un semblant de colonne dorsale)
Sous-embranchement : Vertébrés (colonne dorsale divisée en vertèbres)
Classe : Mammifères (qui allaitent ses petits)
Sous-classe : Thériens (qui portent leurs petits pendant leur développement. A opposer à l’ornithorynque)
Infra-classe : Euthériens (développement des petits au sein d’un placenta nourricier)
Ordre : Primates (On se rapproche !)
Sous-ordre : Haplorhiniens (à différencier des lémuriens)
Infra-ordre : Simiiformes (les singes dans le sens le plus large)
Super-famille : Hominoïdes (les singes sans queue… Quoi que…)
Famille : Hominidés (les grands singes, gorilles, chimpanzés, bonobos, orang-outang et l’homme)
Sous-famille : Homininés (Y’a plus que les gorilles, les chimpanzés et nous !)
Tribu : Hominini (On se retrouve avec notre pote Cheeta)
Genre : Homo (Y’a plus que nous… plus une ribambelle de genres disparus comme notre ami le néandertalien)
Et on en arrive enfin à l’espèce et à l’appellation Homo Sapiens. Sapiens voulant dire « qui pense ». En ce qui me concerne je trouve qu’il y aurait certainement à redire sur ce qualificatif… Mais bon, on a bien le droit de se la péter un peu de temps en temps…

La principale caractéristique d’une espèce étant qu’elle est interféconde, c’est à dire que les individus la composant sont à même de se reproduire de façon viable.

La question que l’on peut se poser maintenant est la suivante : Peut-on (ou doit-on) affiner plus avant cette classification ? Et si oui, pourquoi faire ?

En biologie ou en botanique, la question ne se pose même pas, puisque l’on va arriver à déterminer des sous-espèces ou des variétés différentes au sein d’une même espèce… Et cela se justifie pleinement lorsque l’on regarde un chihuahua et un dogue allemand, ou bien une variété de blé à douze épis alors que la plupart en ont huit…
Mais, si l’on arrive à déterminer une différence phénotypique, une différence d’aspect extérieur, il n’existe aucune différence génotypique (dans l’ADN) avérée.
Si l’aspect extérieur change, c’est parce que l’évolution, naturelle ou induite, a fait que les individus d’une même espèce ont évolués de manière différente. (L’évolution induite, c’est la sélection que font les éleveurs par exemple).

En ce qui concerne l’être humain, On peut effectivement déterminer des différences phénotypiques… En effet, nous avons des yeux pour voir et ils nous disent que celui-ci à la peau noire et celui-là les cheveux blonds… Mais dans les faits scientifiques, rien ne différencie untel d’un autre, puisque les caractéristiques de chacun sont transmissibles et interférents. Je veux dire par là, qu’il n’y a pas lieux de créer des classes et des sous-classes puisque les individus sont à même de se mélanger entre eux.
Pour être tout à fait complet et juste, il faut quand même préciser que les différences évolutives peuvent induire des comportements particuliers. Ainsi, en 2005 on a vu apparaitre le premier médicament pour les noirs. En effet, on a remarqué que certaines molécules étaient statistiquement plus actives dans une catégorie de la population, à savoir les noirs. Aussitôt les vieilles peurs ont ressurgies, et partagé le monde scientifique en deux camps, les pour et les contres. Ceux qui prônent une médecine « personnalisée » et ceux qui crient à la ségrégation et à la médecine « racialisée ». En fait, et c’est mon avis, que l’on applique tel ou tel terme pour désigner les différences infimes qu’il existe entre chaque être humain, au final on parle toujours de la même chose. De l’individualité qui fait que chaque personne est différente et réagit différemment selon son origine, son vécu et son mode de vie. Et ce, pas nécessairement dans cet ordre.



Nous ne sommes en fait que le produit des différentes lignées issues d’une même souche, l’Homo Sapiens. Ce qui complique les choses, c’est que nous sommes des individus pensants. L’homme avec son cerveau énorme, a besoin d’intellectualiser, de quantifier les choses. C’est par ce moyen qu’il a pu se hisser tout au long de l’échelle de l’évolution. L’effet pervers de cette capacité, ainsi que la méconnaissance, a malheureusement induit également des comportements de rejets et de peurs. Des envies de savoir qui est différent de qui, qui est supérieur à qui… Tout cela est d’une puérilité qui est indigne de la remarquable réussite évolutive que nous sommes. Nous, les êtres humains. Tous ensembles.

Voilà ! J’espère que ce petit rappel de connaissances vous aura servit à quelque-chose. Pour ma part, je tirerai de ce plongeon dans mes vieilles années d’études un enseignement supplémentaire : Ne jamais croire qu’une connaissance est acquise. Et Mr Zemmour aurait mieux fait de faire comme moi et se replonger dans ses bouquins avant d’ouvrir sa bouche !

lundi 17 novembre 2008

Maux roses

Nous sommes lundi, et il pleut sur la France… A croire que la météo s’est mise en accord avec le peuple de gauche qui aujourd’hui pleure sur lui-même.
Ce matin, alors que j’avalais mon mug de café et que je réfléchissais à la teneur de mon billet actuel, je me disais que j’allais me laisser tenter par l’ironie et la moquerie… Ben oui ! Etant donné ce qui c’est passé ce week-end à Reims, on aurait bien envie de se moquer de cette vieille dame qu’est le Parti Socialiste. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait un peu partout sur le net, et tout au long du congrès, avec mes petits commentaires acides et mon air de blaireau gauchiste.
Et puis, au fur et à mesure que je faisais ma petite tournée des sites de presse et des blogs, je ne vous cache pas que mon humeur s’est mise peu à peu au diapason de la météo de ce lundi. C'est-à-dire que comme la France, je fais grise mine.
Je fais grise mine parce que je suis déçu de voir ce vieux parti, pour lequel j’ai voté quand même pas mal de fois, s’autodétruire de la sorte. Je suis déçu de voir le PS, dix ans après la droite, en venir à devoir choisir entre tradition et modernisme.

La tradition, c’est ce que j’appellerais le PS « canal historique ». C’est ce qui a fait que ce parti est présent dans l’immense majorité des communes, des départements et des régions. C’est un parti de terrain axé sur ses militants et sur leur travail au sein même du territoire. C’est un parti qui se veut en tête de toutes les revendications qui portent sur le progrès social et la lutte contre toutes les formes de discrimination. C’est un parti qui a fait sienne la devise de notre pays : Liberté, égalité, fraternité.
Seulement, depuis quelques temps, cette vieille et auguste dame se heurte à une conception plus moderne de la politique. Une conception plus « pragmatique », et qui se veut plus réaliste…
Pragmatique, ça veut dire que l’important est d’arriver au pouvoir quitte à en oublier quelques principes moraux. Ca veut dire qu’il faut être efficace et que de nos jours ce sont les méthodes les plus élaborées de la communication qui font les chefs d’état et non plus les idées que celui-ci représente. C’est triste, on le regrette amèrement, mais c’est un fait et il faut bien faire avec… C’est ça être un socialiste moderne.
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder autour de soi ! C’est comme ça qu’ils font aux Etats Unis depuis des années. C’est comme ça que le camp d’en face a réussi à faire élire Sarkozy… C’est donc que la méthode est la bonne, qu’elle fonctionne, et que c’est comme ça qu’il faut faire dorénavant.
Alors pour ce faire, on va multiplier la communication en se servant de l’internet, on va choisir une image, une icône, qui va servir de base au projet. On va ensuite créer tout un web-réseau qui se chargera de mettre en valeur la personnalité de cette image. La personnalité : C’est ça qui intéresse les électeurs… Il n’y a qu’à voir les différentes émissions de téléréalité qui cartonnent, les gens votes pour celui ou celle qui a une personnalité et non pas pour son talent…
D’ailleurs, il faut également rajeunir la base du parti… Les jeunes sont plus sensibles à la communication de masse. Pour ça on va créer une adhésion via internet. Une adhésion qui coutera 20 € et qui contribuera à constituer une base, un fond, un public, que l’on va tenir informé en permanence par des vidéos et des newsletters… Il faut, dorénavant, mettre en scène la vie du produit. Créer le buzz, et l’entretenir.

Bon, j’arrête là. Je crois que vous avez compris l’essentiel. Le PS est à un tournant de sa vie où il doit faire le choix crucial entre, jouer le jeu d’une nouvelle forme de démocratie cathodique qui parle à tout le monde, même (et surtout) ceux qui n’ont aucune culture politique ; Ou bien considérer que la politique se fait sur le terrain avec de vrais gens, pour de vrais gens.
Je serais bien en peine de vous dire ce qu’il va advenir de cette vieille dame. Franchement, j’en sais rien.
Si, comme Ségolène Royal le pense, la page du militantisme à la papa est déjà tournée et que maintenant la base du PS est déjà bien remplie par des adhérents accroc au produit, ce sera un socialisme moderne qui verra le jour. Un socialisme libéral, un social-libéralisme à la mode anglo-saxonne… Un socialisme qui pourra peut-être lutter à arme égale avec l’UMP et prétendre à la reconquête du pouvoir.
Ou bien, le corps de la dame n’est pas encore totalement vérolé, et les militants continueront à penser que c’est par le bas qu’on change les choses. Au risque, peut-être, de ne pas pouvoir lutter à l’échelle nationale contre le rouleau compresseur médiatico-lobotomisant de l’UMP, et ne pas arriver au pouvoir avant longtemps… Même si, par ailleurs, au niveau local, la France préfère lui confier les rênes de la vie de tous les jours.

Cette question qui, je crois, résume l’essentiel du dilemme socialiste, sera tranchée définitivement le 21 novembre lors du vote des militants. Nous verrons alors ce que le Parti Socialiste, cette vieille dame usée par les combats, deviendra. A partir de là, chacun prendra acte de cette nouvelle orientation et fera ses propres choix…

Il fait décidément très gris sur la France aujourd’hui.

samedi 15 novembre 2008

S'arrêter et réfléchir

Voici une vidéo amicalement transmise par Monique concernant la journée sans achat prévue pour le 29 novembre 2008.
En fait, tout se résume assez bien dans cette question :



Et si on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir ?




jeudi 13 novembre 2008

Breaking news !

On l’attendait depuis longtemps… Je l’attendais depuis longtemps. Le nouvel album de Noir Désir est presque là… Enfin, encore quelques mois et, courant 2009 on devrait pouvoir enfin déguster les nouvelles compositions de Bertrand et sa bande. Mais oh surprise ! Noir Désir nous propose dès aujourd’hui, en exclusivité et en téléchargement gratuit de pouvoir écouter deux nouveaux titres Gagnants / Perdants, et une version inédite du Temps des cerises.
Pour accéder au site officiel de Noir Désir c’est ICI.
Dès que j’arrive à trouver une version blogable, je vous la mets illico ! En attendant, dans le la petite vignette en haut à gauche, je vous ai mis une version live d’un de mes titres préférés A l’envers, à l’endroit… Profitez, c’est du bon son, et le texte est curieusement d'actualité !

mercredi 12 novembre 2008

Ça déraille

C’est bien connu, un train qui arrive en retard ça fait chier grave. A chaque fois que cela se produit, on a le sang qui monte à la tête, la moutarde qui s’invite dans les naseaux et la vindicte facile. Les responsables pré-désignés sont toujours les mêmes : Les cheminots-branleurs, les privilégiés du rail, les preneurs d’otages en cotte bleue, les prolos-jaloux…
Cette fâcheuse tendance à taper sur le cheminot, qui en a vu d’autre, est un sport bien français qui soulage le clampin et rassure la ménagère.
Aussi, lorsque les trains ont commencé à arriver en retard parce que des petits plaisantins avaient placé quelques objets hétéroclites sur les rails ou les caténaires, le bon peuple s’est tout de suite tourné vers son coupable préféré. Il a commencé à le regarder de biais puis, lentement, les doigts se sont pointés dans sa direction… Là, pour le coup, le cheminot s’est senti un peu mal. Ben oui ! Pour une fois qu’il n’y était pour rien ! Enfin… Il croyait n’y être pour rien. En fait il ne savait plus très bien s’il y était pour quelque chose ou pas. Dans les gares et les bureaux, on a commencé à se regarder en chien de faïence, se demandant si le voisin n’aurait pas décidé par lui-même d’une action unilatérale et radicale… On enquête en interne pour savoir si un syndiqué n’aurait pas pété une caténaire (oui je sais, elle est facile !), on propose même son aide aux autorités pour trouver les coupables… C’est qui faut pas déconner avec des trucs pareils ! Manifester, revendiquer oui. Mais, balancer des trucs sur les voies au risque de causer des accidents, c’est pas le genre de la maison ! Cela-dit, ceux qui ont fait ça avaient quand même l’air d’être vachement bien renseignés… Z’avez vu les machins qui z’ont foutu sur les câbles ? Si ça c’est pas du travail de pro !

Bref, un climat délétère, comme on dit dans les forums politiques, régnait dans la maison SNCF… Les médias se frottaient les mimines en entretenant la psychose. Pour preuve, le Figaro légendait la photo ci-contre : « Les images exclusives de la caténaire de la peur » ! Brrrr ! Ça fout les jetons…
Mais, tadaaa ! Voilà enfin le ministère de l’Intérieur qui annonce avoir mis la main sur les (présumés) coupables. C’est qu’ils avaient mis du monde sur l’affaire au ministère ! On a carrément mis la section anti-terroriste du parquet de Paris sur la piste des malfaisants ! Et ils ont fini par les trouver nos fins limiers !
Alors bien sûr, à la SNCF ou pousse un ouf de soulagement… Les saboteurs ne sont que des dangereux ultragauchistes appartenant à la mouvance anarcho-autonome. Bref, des petits cons quoi ! Rien à voir avec le syndicalisme de papa. Dans les foyers syndicaux, et malgré la fumée et les relents de bière, on se met à respirer un peu mieux.

Bon, comme vous vous en êtes probablement rendu compte, cette petite galéjade a tendance à me faire plutôt sourire. Mais, au-delà de mon sens de l’humour peut-être douteux je vous l’accorde, je me pose quand même quelques questions…
C’est qui ces types ? Pourquoi ils décident tout à coup de se lancer dans le sabotage ? C’est quoi leur message ? Pourquoi n’a-t-on pas eu vent de quelconques revendications ?

Entendons-nous bien : Moi, tant que je n’ai pas de réponses à ces questions, je ne peux objectivement pas me permettre de juger leurs actes. Je ne vais pas non plus jouer les oies blanches ni vous sortir un discours pacifiste et non-violent, car je reste persuadé qu’à un moment ou à un autre d’une lutte, quelle qu’elle soit, il est possible que l’on soit amené à utiliser ce genre de méthode.
A toute fin utile, je précise pour les « veilleurs » de la blogosphère chers à Mr Darcos, que je ne prône pas ce genre de méthode, je dis juste qu’elles sont envisageables dans le cadre d’une lutte pour la liberté. Ok ? Vous saisissez bien le distinguo les gars ?

Alors comme ça, une dizaine de militants ont jugé bon de passer à la vitesse supérieure et d’entreprendre des actes de sabotage envers le symbole de l’Etat que représentent nos tchoutchous à nous… Bon, si c’est juste pour faire chier, je dirais que c’est crétin et dangereux. Si c’est pour lutter contre le grand capital ou la dérive fascisante de notre gouvernement, je dirais que ce n’est pas la bonne méthode et encore moins le bon timing. On n’en est pas là. Pas encore en tous cas.
Et puis, effet pervers entre tous, ce genre d’action amène de l’eau au moulin du gouvernement qui peut se sentir légitimement en droit de fliquer encore plus notre société. Ce qui est, je pense, l’effet inverse de ce que ces jeunes cons voulaient provoquer. D’ailleurs, on peut remarquer que déjà dans les médias on utilise la paranoïa que peut susciter de telles actions. Le terme de « mouvance » employé depuis l’arrestation des présumés coupables, me rappelle que ce mot n’avait été utilisé récemment que pour désigner Al Qaida…
Non, sérieusement les gars… Avant que de passer à la lutte armée, il existe tout un tas de méthodes efficaces et médiatiques pour combattre ! Vous n’avez qu’à aller jeter un œil sur cet article de Rue89 et sur les deux vidéos qu’il présente… Elles nous montrent bien que la désobéissance, l’action militante ça ne s’improvise pas. Et qu’il y a plein d’autres façons de militer, de combattre et de s’impliquer dans une résistance citoyenne structurée et efficace.

dimanche 9 novembre 2008

Rêve de mer

Salut tout le monde ! Aujourd’hui je ne vais pas vous parler des chamailleries du partie socialiste, ni même du honni petit nabot qui nous gouverne… Non, je vais vous parler d’un rêve. Je vais parler de ce qui est plus qu’une course. Je vais vous parler du Vendée Globe.

Le Vendée Globe… C’est un truc de dingue ! Les médias, friands de métaphores, l’ont surnommé « l’Everest de la mer ». Sauf qu’on n’a jamais aligné une trentaine de concurrents pour gravir le plus haut sommet du monde… Mais l’image est cependant parlante et elle décrit bien ce qu’est le Vendée Globe… C'est-à-dire, ce qu’il y a de plus dur, de plus beau, de plus impliquant dans le milieu de la course au large. Pour un marin, c’est le défi ultime.
Imaginez plutôt, une course autour du monde, en solitaire, sans assistance et sans escale. Le tout sur des bateaux quasiment identiques, des 60 pieds… Rien que ça.

Bon, je sais qu’il n’y a pas beaucoup de voileux parmi vous, aussi je vais tenter de vous expliquer ce qu’elle a de si particulier cette course.
Faire le tour du monde, ça ok, tout le monde voit à peut-près ce que cela veut dire… Etant donné la configuration de notre géographie planétaire, pour arriver à réaliser cette circumnavigation le plus rapidement possible au départ des Sables-d’Olonne, il n’y a pas trente-six chemins. Et celui-ci consiste en gros à faire le tour du pôle sud en passant par le cap de Bonne Espérance et le cap Horn… (Mouais… Pour les nuls en géo, regardez la carte ci-contre, ça vous situera un peu le truc !)

Une fois le parcours posé, et bien on se rend compte au regard des conditions météo qui règnent dans ces zones là, qu’il va bien falloir utiliser un bateau capable de les affronter… Les conditions météo. Et notamment le fait que le marin, il va passer pas mal de temps à avoir le vent dans le nez, plus rarement de travers, et encore plus rarement dans le dos. C’est pourquoi, pour faire cette course avec un seul type à bord, on préférera un monocoque. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’un monocoque est plus facilement gérable seul dans les allures de prés qu’un multicoque… Aï ! Je sens que je vous perds là… Bien, on va faire un peu de didactique.

Alors voilà. Imaginez vous debout, les bras écartés dans le prolongement de vos épaules… Ca y est ? Bien. Quand le vent vient vous frappé direct en plein nez, vous êtes vent-debout (c'est la zone rouge, là à droite). Ça veut dire que vous n’avancez pas ou pire, que vous reculez ! (Si, la marche arrière ça existe sur un voilier !)
Si vous sentez que le vent vient caresser les ailes de votre nez, ou qu’il vient d’un endroit qui est situé devant vos bras écartés, vous êtes dans une allure (une situation par rapport au vent) qu’on appelle au prés.
Si le vent vient de vos côtés, vous êtes au travers. Et enfin, si vous sentez que le vent vient vous titiller toutes les parties arrières, vous êtes à une allure de portant.
C’est bon ? Ok, je continue. Pour chaque allure, en plus de la Grand Voile, on va se servir d’une voile supplémentaire et appropriée… Pour le prés, ce sera un foc, ou un génois, ou un tourmentin, tout dépendra de la vitesse du vent. Pour le portant on utilisera un spinnaker, ou un spi si vous préférez. L’allure la plus rapide pour un bateau à voile est toujours le portant, et c’est aussi la plus confortable puisque le bateau est bien à plat sur l’eau, propulsé par la plus grande surface de voile possible, le spi.
Tous les bateaux à voiles, qu’ils aient une, deux, ou trois coques se débrouillent plus ou moins quelque soient les allures. La différence va donc se faire dans la capacité qu’ont chacun d’eux à réduire le plus possible cet angle mort que représente le vent-debout. En gros, vous avez de 30 à 45 degrés à gauche et à droite de l’axe du vent, où vous ne pouvez pas vous diriger… Et bien, un monocoque va pouvoir réduire cet angle, on dit remonter au vent, beaucoup plus qu’un multicoque (moi, perso, avec un Surprise bien réglé, je suis remonté jusqu’à 25 degrés…). Lorsqu’un bateau a une capacité naturelle, de par sa conception, à remonter au vent, on dit qu’il est ardent. C’est joli comme adjectif non ? Problème, à cette allure de prés serré, très serré même, votre bateau gîte énormément et vous êtes constamment dans un équilibre précaire. C’est stressant, et c’est dur à maintenir sur le long terme.
Bon. Vous comprenez maintenant pourquoi ce sont des monocoques qui font cette course ?

Ensuite, il faut bien comprendre ce que signifie « sans assistance et sans escales ».
Sans assistance veut dire qu’en aucun cas le skipper ne doit recevoir d’aide extérieur sous peine d’être disqualifié. Ça veut dire, que s’il casse un truc, il doit le réparer tout seul. S’il tombe malade ou se blesse, c’est démerde toi ! A ce propos, on se souviendra de la mésaventure de Bertrand de Broc qui dut se recoudre la langue lui-même… Sans assistance, ça veut enfin dire que le skipper ne peut bénéficier de l’aide d’un « routeur ». C’est-à-dire que personne ne va analyser les données météo pour lui et lui tracer la route la plus efficace… Non, il doit le faire lui-même avec les informations dont tout le monde dispose. Ce qui induit, une constante remise en question, de la stratégie, de la chance parfois…

Enfin, ce tour du monde doit s’effectuer sans escales. D’une seule traite. Si jamais le bateau touche la terre ne serait-ce qu’une seule fois, c’est la fin. Cela veut dire que la course est longue… très longue. Elle va durer trois mois. Trois mois tout seul à gérer la casse, la météo, la stratégie… Sachez que depuis que la course existe, en moyenne, seulement la moitié des concurrents inscrits au départ arrivent sains et saufs à bon port (voir les statistiques dans la fiche wiki).

Vous comprenez maintenant pourquoi j’adore le Vendée Globe ? Parce que c’est, avant d’être une course, une aventure humaine hors du commun. Gagner, devient secondaire puisqu’il faut avant tout TERMINER. C’est une histoire entre l’homme, sa machine et les éléments.

Bon, je m’aperçois que je commence à être un peu long… Si ça vous plait d’en savoir un peu plus sur cette course mythique et sur la voile en général, et bien vous me le dites et j’en remettrais volontiers une ou plusieures couches ! C’est qu’il y a tellement à dire ! Le piège du golf de Gascogne. C’est quoi le Pot au Noir ? La navigation dans le Grand sud parmi les growlers… Comment fait-on pour dormir ?
Bref, il y a encore plein de trucs à voir. Pour ma part, sachez que je prends le départ à 13H02 des Sables-D’olonne… Et oui ! Je me suis inscrit au départ de la course virtuelle organisée par Virtualregatta.com ! Une course en temps réelle avec les mêmes données météo que les concurrents ! Ça va se bousculer un peu parce qu’on est déjà 24 409 participants ! Mon objectif : Arriver, et si possible dans la première moitié du classement…

samedi 8 novembre 2008

Science sans conscience…

Vous connaissez le Prix Ig Nobel ? Moi, je vous avoue que jusqu’à ce que je tombe sur un article dans Charlie Hebdo, je ne connaissais pas… Le Prix Ig Nobel (Prononcer Ignoble à l’anglaise) récompense chaque année depuis 1991 les recherches scientifiques ou techniques les plus stupides ou les plus bizarres. Par exemple, le prix Ig Nobel de médecine 2005 revint à un chercheur de l’université du Tennessee pour son travail sur la façon de faire passer le hoquet grâce à un massage rectal digital… Un doigt dans le cul si vous préférez. De même le prix Ig Nobel de médecine 2002 fut décerné à un chercheur anglais pour son étude sur l’asymétrie scrotale des hommes dans les statues anciennes. En clair, pour une étude qui compare la taille des couilles de ses beaux éphèbes grecs que l’on voit dans les musées… Bref, ce prix récompense tout ce qui peut se faire de loufoque ou d’apparemment inutile dans le monde de la science et de la technologie. Mais parfois, le prix est décerné avec une arrière-pensée politique certaine. Par exemple en 1996, le prix Ig Nobel de la paix revint à Mr Jacques Chirac pour avoir fait coïncider la date anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki avec la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique…
Donc, les petits plaisantins qui décernent ces prix sont, non-seulement des scientifiques ayant le sens de l’humour, mais également des citoyens du monde qui ont un message à faire passer.

Cette année, le prix Ig Nobel de médecine a récompensé le scientifique Dan Ariely pour son étude sur les placebos (Non, ce n’est pas une étude sur la musique anglaise). Une étude qui peut paraitre stupide, mais en même temps qui pose tout un tas de questions morales sur la médecine et sur les commerces qui en découlent. Jugez plutôt.
Ariely a démontré scientifiquement que l’effet d’un produit placebo était proportionnel au prix déclaré du produit. Par exemple, mettons que l’on propose à un panel de personnes deux boissons sensées améliorer les performances cérébrales. L’une coutant deux fois moins chère que l’autre. Puis demandez à ces personnes de répondre à quelques tests intellectuels de base… Et bien, immanquablement, le groupe de personne qui a absorbé le placebo le plus cher réussira mieux que l’autre ! Et oui ! C’est dingue non ?
En fait, c’est pas si dingue que ça… Et comme vous l’allez voir, c’est même plutôt inquiétant.

Dans un monde tel que le notre, où les gens meurent par millions par manque de soin, le coût des médicaments est un problème rédhibitoire (j’adore ce mot !). En Afrique, les malades du Sida meurent parce que les compagnies pharmaceutiques refusent catégoriquement de baisser le prix de vente des trithérapies… C'est-à-dire que l’argument économique reste un frein à la santé mondiale, ou plutôt, le profit que génèrent les soins, et le désir de conserver ce profit, tue des gens.
Avec une telle étude, Ariely apporte du grain à moudre à ces grandes compagnies pharmaceutiques, et il est le premier à le reconnaitre. Si l’on baisse le prix des médicaments, on peut s’attendre à voir leur efficacité diminuer, statistiquement bien sûr… A l’inverse, affichez n’importe quel prix élevé sur de la bouse de vache en pilule, et vous verrez que vous les vendez comme des bonbons.
Voilà qui ne va pas arranger la politique des médicaments génériques. Car, ceux-ci dans l’inconscient collectif, puisqu’ils sont moins chers seront donc moins performants… Alors qu’il n’en est rien.
Je tiens à préciser que nous raisonnons ici à l’échelle de la statistique. Un individu convenablement informé et éduqué ne peut pas entrer dans ces chiffres. Il ne se laissera pas avoir pas ses poudres de perlimpinpin hors de prix ni ne verra son mal de tête disparaitre moins vite en prenant de l’acide acétylsalicylique plutôt que de l’aspirine fabriqué par un laboratoire connu.
Mais, pour ces firmes mondiales, un point de plus dans les statistiques, cela représente des milliards de profit… On peut donc dire que l’étude de Dan Ariely est une petite perle de la science. Mais cette perle, jetée entre les mains d’économistes ou de marchands peu scrupuleux peut vite devenir une arme terriblement cynique. Certains diront sans doute pragmatique...

A ce propos, on peut faire un lien entre les travaux sur l’effet Placebo et l’actuelle controverse parue dans le journal UFC - QUE CHOISIR N°464 de novembre 2008. En résumé, tout, je dis bien tout, ce que vous lisez ou entendez sur les bienfaits des ces produits est faux. Les résultats sont inversement proportionnels à la précision des slogans qui vous sont donnés. Moins 40% d’effet peau d’orange avec les pilules Machin-Truc, c’est du pipeau ! L’Oenobiol ou le thé vert, de l’arnaque pure et simple ! Les Oméga 3, 18, 32, ou 124, de la connerie en barre que l’on vous vente pour vous faire consommer plus. Et pire que tout, ces produits soi-disant bons pour la santé se révèlent être des produits dangereux pour la plupart des gens qui n’en ont pas besoin…

Bref, je crois que l’on n’en a pas fini d’en entendre des vertes et des pas mûres au sujet de cette étude. Elle démontre pour moi ce que l’on peut faire de mal avec quelque chose de bien.

En conclusion, je dirais qu’il peut y avoir de la bonne et de la mauvaise science. La mauvaise science, étant celle qui démontre des applications potentiellement perverses et néfastes pour le genre humain. Dans ce cas là, moi une étude comme celle-ci je la prends et je la jette au feu illico. Car ce qu’a réussi à démontrer Ariely, c’est qu’on peut aller très loin dans la manipulation des masses et dans la justification de cette manipulation…

Et n’oublions pas que, comme le disait ce cher Rabelais, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »…