Je voulais vous dire…


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mercredi 30 juin 2010

Quand le gouvernement cultive l’apologie de la médiocrité

Il y a une quinzaine de jours je vous disais vouloir m’abstenir de parler de football tellement le sujet me semblait grotesque. Je n’ai pas changé d’avis.
En plus, il y a des chances que je ne sois pas compétent pour trier entre les responsabilités de chacun... Domenech, les joueurs, la fédération, qui a été le plus nul ? Franchement, je n’en sais rien. Là, comme ça, à vue de nez je dirais les trois mon Capitaine.
Mais bon, comme je vous l’ai dit je ne suis pas compétent. Et en plus je m’en fous.

Par contre s’il est un aspect de cette bérézina qui me semble digne d’intérêt, c’est la récupération et la signification politique de l’événement.
Car il y en a une, n’en déplaise aux derniers naïfs de cette terre qui croient encore que les sport est une chose et la politique une autre. Tout est politique comme disait l’autre et le foot ne fait pas exception, surtout lorsqu’il s’agit d’une compétition internationale.
Alors, que certains politiques se sentent obligés d’utiliser cet outil qu’est le sport, j’ai envie de dire pourquoi pas. D’autres l’ont fait avant eux et pas des moindres, à commencer par l’Allemagne Nazie de 1936... Et plus récemment Nelson Mandela avec la coupe du monde de rugby (voir le film Invictus).

Comme souvent dans ce genre de partie, ce sont les plus nationalistes qui récupèrent en premier le ballon (pardon !). Qui dit compète internationale dit forcément représentation nationale, c’est comme ça. Onze types vont courir après une balle, et ces onze types nous représentent. Ils sont notre image, notre identité nationale. C’est bien pour ça qu’ils sont les premiers à râler lorsque la couleur de l’équipe ne correspond pas forcément à l’idée qu’ils se font de la France. Mais bon, ça on a l’habitude, et on s’étonnerait même qu’ils ne le fassent pas.
Pour les autres, on va dire ceux un poil moins fachos sur les bords, tout va dépendre des résultats de ladite équipe... Si ça marche, youppie la France. On est les meilleurs, tout va bien dans le pays puisque la France a gagné. La gloire devient contagieuse et se répercute sur ceux qui s’en approchent... Cela peut paraitre facile pour les esprits éclairés que vous êtes, mais c’est ainsi que les choses fonctionnent.

Par contre, si l’équipe en question foire son coup, on se dépêche de la balancer aux ordures et on redevient sérieux, car tout un chacun sait bien que le sport c’est bien joli, mais il y a quand même des choses plus importantes en ce bas monde.

En clair, pour les chantres de la démocratie moderne, le sport est un outil politique. S’il est efficient, tant mieux. Sinon, on le balance. C’est ingrat pour les joueurs, je sais, mais en même temps ce sont des sportifs hein ?
L’image qui me vient à l’esprit est celle du feu d’artifice. Si ça marche on dit « oh la belle bleue », et si ça foire et que la bombe fait long feux, et bien on s’en éloigne le plus possible et on attend. On attend le temps qu’il faudra pour être sûr qu’elle ne nous pétera pas à la gueule.

Alors que peut-on penser d’un gouvernement qui peine à se débarrasser de son outil foireux ?

Ben oui, à un moment il faut bien poser la question. Et pour le coup plusieures réponses sont possibles.
Ce gouvernement a intérêt à ce que la polémique ne retombe pas, parce que le seul sujet vers lequel il serait alors obligé de se retourner serait... les retraites ou l’affaire Woerth.
Et là, attention terrain miné.
Donc, on continu à en parler pour ne pas avoir à parler d’autre chose, quitte à devenir de plus en plus ridicule et, par exemple, convoquer les protagonistes devant l’Assemblée Nationale.

Deuxième réponse, ce gouvernement croit fermement à toutes ces conneries sur l’Identité Nationale, et la défaite de l’équipe de France de football est vécue par lui comme un drame biblique. Dans ce cas, nous sommes donc obligé de prendre acte que notre pays n’est plus la France que nous connaissons, mais un truc du genre Union Soviétique, ou la Chine...

Pour ma part, j’aurais tendance à penser qu’il s’agit sans doute un peu des deux réponses.

Cela-dit, et là peut-être que certains d’entre vous ne vont pas aimer ce que je vais dire, à travers tous ces remugles puants qui entoure le fiasco des bleus, il en est un qui a raisonné de façon particulière à mes oreilles. Il s’agit de l’intervention du philosophe de droite (oxymore ?) Alain Finkielkraut sur France Inter, et qui décrit le mélodrame pathétique que les aficionados ont vécus comme « un putsch débile de voyous milliardaires ». Je suis d’accord avec lui quand il décrit (reprenant un article du Monde) « les divisions religieuses de l’équipe », ou bien « la persécution du premier de la classe »...
Ça, ce sont des dérives actuelles de notre société que j’ai déjà eu le loisir de dénoncer.

Là où je ne le rejoins pas, par contre, c’est quand il impute tous ces dérapages à la seule figure de l’entraineur, le comparant à ces profs dépassés des cités, incompétents et couards.

Pour moi, si cette équipe est le reflet de notre pays, elle est d’abord celle de la France de Sarkozy. Cette France du communautarisme exacerbé, des valeurs altérées ou le profit remplace le fair-play, de l’ambition démesurée. Elle est celle du « racisme intellectuel » dont parle Bibi (et accessoirement Bourdieu), mais dans le sens contraire où il l’entend.
C'est-à-dire que c’est plutôt celui qui a plus de deux neurones alignés et qui s’en sert qui est mis au banc de la société et qualifié de tous les noms.
Cela rejoint ce que j’appelle l’apologie de la médiocrité. Et pour le coup, cette histoire de football mitonnée à la sauce politique est pour le moins médiocre... Et c’est peut-être pour ça qu’elle satisfait autant les masses.

samedi 27 février 2010

De la probité en politique

D’habitude, dès que Frédéric Lefebvre ouvre ce qui lui sert de bouche, on peut être à coup sûr certain que les alentours vont commencer à sentir l’égout. C’est naturel chez lui, la pestilence verbale.

Oui, j’ai commencé ma phrase par l’expression « d’habitude »… Vous avez remarqué ? Est-ce que cela veut dire pour autant que cette fois-ci sa logorrhée sent la rose ? Peut-être bien… Ou peut-être pas. En fait j’en sais rien. Nous verrons bien quand j’aurais fini ce texte qui me tiendra lieu de réflexion.

Reprenons depuis le début. L’affaire porte désormais un nom, c’est l’affaire Ali Soumaré. Et celle-ci empoisonne l’air de la campagne électorale en IDF depuis bientôt une semaine.
En clair et pour faire vite, deux lascars de l’UMP, Francis Delattre et Pascal Meurant, ont déclaré dans un bel ensemble que le candidat PS du Val d’Oise, Ali Soumaré, était je cite « un délinquant multirécidiviste ».
Diantre, cela ne lui suffisait pas d’être noir comme un joueur de l’équipe réserve du PSG, voilà que le jeune politicien en herbe traine derrière lui des casseroles grosses comme des faitouts !
A droite on jubile et on relaie l’info sans trop y réfléchir, et à gauche on s’interroge benoitement pour détourner l’attention : « Et comment vous savez ça, d’abord ? ». Bref, le bordel s’installe et la presse, comme la blogosphère, s’enflamme.
Manque de bol pour les nervis de droite, il s’avéra qu’une partie des accusations concernait un homonyme… Mais bon, qu’à cela ne tienne, il n’empêche que le Ali Soumaré n’est pas blanc comme neige (Oups !).

Pendant toute la semaine, on a entendu un peu tout et n’importe quoi mais la plupart du temps à gauche il s’agissait soit de noyer le poisson en criant au procédé indigne, soit de ramener l’affaire sur le terrain du racisme, toujours payant en période électorale. Ou encore, dans le camp d’en face, de dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu (ça marche toujours l’histoire de la fumée sans le feu…), que quelque soit les gesticulations des bien pensants il n’en reste pas moins que le bonhomme est suspect… Bref, on parle le plus souvent dans le vide, rendant coup pour coup au fur et à mesure qu’on en reçoit un.
Tiens, d’ailleurs si les échanges des uns et des autres vous intéressent, vous n’avez qu’à écouter le toujours excellent Didier Porte qui vous en fait le résumé de façon exhaustive… Et rigolote.



Mais bon, ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler… Souvenez-vous, je vous disais en préambule que Lefebvre avait de nouveau ouvert sa bouche et que pour une fois c’était pour ne pas forcément dire une connerie.
Il a proposé hier que désormais les candidats rendent public leur casier judiciaire et qu'ils soient rendus inéligibles s'ils ont été condamnés pour des actes de "violence contre des personnes".
Si vous n’avez pas entendu ouvrir ma gueule sur l’affaire Soumaré pendant toute cette semaine, et bien c’est parce que je suis plus ou moins d’accord avec Frédéric Lefebvre. Oui, je sais, moi aussi ça me fait mal au cul, mais c’est comme ça.

Car, ceux qui me lisent régulièrement le savent bien, je suis comment dirais-je… assez intransigeant en ce qui concerne la probité des élus ou celle de ceux qui concourent à l’être. Pour moi, un élu se doit d’être irréprochable, point barre. La moindre suspicion, la moindre parcelle de doute quant à l’honnêteté d’un élu, ou encore je le répète de quelqu’un qui veut l’être, devrait à mon sens le disqualifier d’office.

Alors bien sûr, j’ai conscience que ce jugement moral à l’emporte-pièce se heurte à plein d’autres considérations toutes aussi morales. Je me suis déjà fritté sur le sujet avec des blogueurs de gauche quand il fut s’agit de Julien Dray et de ses indélicatesses comptables et je me suis reçu la présomption d’innocence en pleine figure (Bon, sauf que Juju n’était pas aussi innocent que ça…). De même, j’ai moi-même défendu sur la TéléLibre le droit à l’oubli… Tiens, d’ailleurs j’ai retrouvé ce que j’écrivais à l’époque. C’était en septembre 2008, et c’était au sujet du fichage des enfants à partir de 13 ans…
Je disais : « Sans rentrer dans un débat philosophique, notre société est basée sur un principe selon lequel l’homme est perfectible. Les gens changent, et plus particulièrement les jeunes gens. Qui peut dire qu’il est exactement le même qu’à l’âge de 13 ans ? Personne. Marquer ainsi une erreur de jeunesse, ou pire une bêtise d’enfant, c’est renier ce principe de perfectibilité de l’être humain. Ficher un enfant, c’est faire le pari que son avenir sera le même que son présent, la délinquance. »
Mais bon, il s’agissait-là d’enfants et non-pas d’ados ou même d’adultes…

Comme vous l’avez sans doute compris, il y a là comme une contradiction dans mes jugements.
D’un côté j’ai comme une réaction épidermique lorsque j’apprends qu’un élu, quelque soit son bord, s’est rendu coupable d’un délit quelconque. Je serais prêt à le démettre de ses fonctions au moindre soupçon et à le rendre inéligible à vie si les faits s’avéraient exacts, quitte à jouer le jeu de quelques horribles diffamateurs… Et d’un autre côté, j’ai des principes moraux qui me collent aux basques et auxquels je suis bien obligé de souscrire, comme la perfectibilité humaine par exemple, ou encore la résomption d’innocence… Principes moraux s’il en est, garants d’une démocratie digne de ce nom.
Pas très confortable comme situation vous en conviendrez.

Alors reprenons la déclaration de Lefebvre : Pour lui les candidats à une élection devraient rendre public leur casiers judiciaires. Là, je suis d’accord. A partir du moment où une personne prétend vouloir me représenter, j’estime être en droit de savoir ce qu’il a fait de mal dans sa vie, et c’est moi et moi seul qui suis juge de la confiance que je peux lui accorder.
Après tout, pour intégrer certains postes de la fonction publique, n’est-il pas demandé aux postulants d’avoir un casier judiciaire vierge ? Il me semble bien que c’est le cas pour la police par exemple…
Je ne vois pas en quoi quelqu’un qui prétend être un représentant du peuple ne devrait pas souscrire aux mêmes critères moraux qu’un représentant de la loi. D’ailleurs, si je ne m’abuse, la plupart des élus ne sont-ils pas de fait Officier de Police Judiciaire ? Les maires par exemple ? Si, bien sûr.
Aussi, je ne vois pas pourquoi ce qui est valable pour un flic ne le serait pas pour un maire, un conseiller régional, un député ou même un ministre. Je dirais même que ce serait valable a fortiori.

Ensuite, le roquet de son maitre propose que les personnes condamnées pour des actes de "violence contre des personnes" soient rendus inéligibles. Pourquoi seulement pour des violences aux personnes ? Hein ? Pourquoi ne pas étendre cette règle aux délits financiers par exemple ? Aux abus de biens sociaux, au détournement de fonds publics, j’en passe et des plus graves.
Sachant que je considère que la position d’élu dans le cadre d’un délit financier devrait être considérée comme une circonstance aggravante, il n’y a pas de raisons pour que l’on s’arrête en si bon chemin…

En fait, j’ai peut-être trouvé une position intermédiaire qui me permettrait de satisfaire à la fois mon désir de probité en matière de politique et le légitime droit à l’amendement et à l’oubli…

L’idéal serait de rendre obligatoire la publication du casier judiciaire de toute personne prétendant à une élection, quelle qu’elle soit, et de laisser le choix à l’électeur de considérer en conscience si tel ou tel délit mérite son indulgence ou pas. Pas d’inéligibilité, juste le jugement populaire. Comme aux Etats-Unis ! Là-bas, la moindre faute découverte, et c’est goodby Monsieur ! Les types n’envisagent même plus de se présenter s’ils n’ont pas un passé d’une blancheur immaculée !

Mais bon, soyons honnêtes, il y a des délits qui ne méritent pas l’opprobre pour autant. Si le candidat s’est fait gauler en train de fumer du shit à la fac, ça n’a quand même pas le même poids que s’il avait volé de l’essence et pris la fuite à bord d’un Simca… Non, ce n’est pas vraiment la même chose. (Cliquez pour agrandir la photo !)
Le souci c’est que même si je crois le peuple capable de jugement, je le sais aussi oublieux.

Grrrr !!!! Quel casse-tête ! Tout serait si simple avec une méthode plus radicale ! Pas une seule ligne sur le casier sinon, pas d’élections ! Mais en même temps, je connais des tas de types et de nanas qui sont d’excellentes personnes et à qui je confierais les clefs de chez moi, alors qu’ils ou elles ont fait des conneries dans leur jeunesse ! Moi le premier d’ailleurs.

En fait, je m’aperçois que dans cette histoire, et comme me le faisait remarquer récemment fort judicieusement l’un d’entre vous, j’idéalise peut-être un peu trop la position de l’élu. Il n’est qu’un être humain après tout. Et l’être humain est paradoxal par nature…
Alors pourquoi est-ce que je place la barre aussi haute en ce qui les concerne ? Franchement je ne sais pas.

Maintenant, juste pour le fun, imaginons un instant que je sois électeur dans le Val d’Oise… Est-ce que je voterais, en dehors de toutes considérations politiques, pour un ex-caïd de quartier reconverti ? Peut-être. Tout dépendra je pense des preuves de réhabilitation qu’il aura su donner depuis les faits.
Est-ce que je voterais pour un candidat jugé coupable dans une affaire de détournement de fonds publics ? Peut-être pas. Ou alors c’est qu’il aura su donner un ENORME tas de preuves de réhabilitation depuis les faits.

Mais pour ce faire, encore faut-il que je sois au courant du passé dudit candidat…

Bon, j’en suis à trois pages d’écritures, et je n’en suis pas plus avancé. Alors, si vous avez su supporter la longueur de cette réflexion profonde, j’imagine que vous aurez également suffisamment de patience pour me fournir quelques remarques constructives. Je compte sur vous !

mardi 23 février 2010

Le teeshirt de la discorde

Quelqu’un qui affiche ses idées n’est pas à même de recevoir un enseignement…

Rassurez-vous lecteurs il ne s’agit pas là d’une réflexion à laquelle je vous convie, ni même d’une citation tout droit sortie des annales du baccalauréat de philo, mais bel et bien de la déclaration valant justification d’un professeur du collège Claude-Bernard à Villefranche-sur-Saône suite à l’exclusion d’une élève…

Reprenons l’histoire depuis le début. Le 29 janvier dernier, un prof fait son cour d’histoire-géo ; Le sujet, la Russie… Puis, le voilà qui digresse et atterrie du côté d’Israël et de la Palestine. Il semblerait alors que la nature de ce prof l’amène à balancer quelques critiques bien senties envers le peuple palestinien et a se prononcer en faveur de l’expansion d’Israël…
Dans la salle de classe, une élève de 16 ans, Zeyneb, est choquée par ce qu’elle entend et tente de protester… Peine perdue, le prof n’entend pas se voir contredire.

La jeune-fille n’entend pas elle non plus se taire pour autant, et le lendemain elle débarque en cours avec un teeshirt sur lequel est inscrit « free Palestine ». Teeshirt, il faut quand même le préciser, qu’elle arbore régulièrement au sein de l’établissement depuis deux ans…

Là, forcément le prof, qui s’il est un crétin n’en n’est pas moins pourvu d’un cerveau, comprend qu’il ne reçoit que la monnaie de sa pièce… Et le prend plutôt mal. S’ensuit une confrontation qu’il remporta haut la main, puisque la jeune-fille s’enfui du cours, en larme, et va se réfugier chez sa mère qui travaillait non-loin du collège.

Quelques jours plus tard, Zeyneb se voit notifier son exclusion temporaire de trois jours pour « Départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance » et « acte de prosélytisme ».

Soutenu par son académie, le professeur incriminé se fend alors de cette maxime profonde et définitive : Quelqu’un qui affiche ses idées n’est pas à même de recevoir un enseignement…

Moi, c’est cette phrase qui me frappe plus encore que la bisbille administrative dans laquelle se retrouve cette gamine… Parce que qu’est-ce qu’elle nous dit cette phrase ? Elle nous dit que l’école ne doit pas être un lieu d’expression de la pensée politique ? Mouais… Peut-être, et encore ça se discute. M’enfin… J’espère bien que c’est ça… Parce que sinon, cela voudrait dire qu’un esprit où la pensée politique est déjà naissante n’est plus à même d’apprendre… Et là, c’est plutôt grave comme jugement.

Vous savez ma détermination à extirper le religieux de la sphère publique et plus particulièrement de notre Éducation Nationale. Mais doit-il en être de même pour le politique ?

Dans cette histoire, et pour peu que l’on connaisse réellement tous les tenants et les aboutissants, la jeune-fille s’est mise en défaut en quittant son collège. Ok. Mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle l’a fait pour des raisons sérieuses, motivées, et que l’indulgence aurait dû être la règle.
Pour ce qui est du prosélytisme, qu’en est-il de celui affiché par le professeur ? Sera-t-il sanctionné lui aussi ? J’en doute… Et c’est bien pour ça que, là encore, l’exclusion de l’élève me semble disproportionnée, voir carrément injuste au regard de celui par qui le scandale est arrivé.

Cette histoire, pour anecdotique qu’elle puisse être, pose selon moi beaucoup de questions sur le rôle de l’école dans sa mission la plus sacrée qui est, toujours selon moi, de former des citoyens.

Selon moi, il est utopique de vouloir exclure le politique de l’école. C’est utopique car c’est justement à l’école que l’élève apprend à faire ses choix moraux en fonction des informations qu’il glane au fil de ses cours… En tous cas moi c’est comme ça que ma conscience politique a émergé, et je portais fièrement le keffieh pour l’exprimer.
Alors certes, le rôle de l’enseignant est de garder une stricte neutralité dans l’exposé des faits, mais je ne pense pas qu’il doive interdire pour autant l’expression de la pensée politique naissante.
Nous nous plaignons suffisamment du désintérêt croissant de notre jeunesse pour la politique… Ce n’est donc pas en la bridant que les choses s’arrangeront.

Ce professeur est clairement en faute. Il n’aurait pas dû exprimer son avis, mais plus encore il n’aurait pas dû empêcher que l’élève exprime le sien.

Car c’est comme ça que nait un citoyen, en donnant son avis.

lundi 16 novembre 2009

Mais que veut Ségolène Royal ?

Je n’ai pas trop suivi l’affaire, mais il parait que la Dame du Poitou aurait fait des siennes ce weekend ? Elle se serait pointée, comme ça la gueule enfarinée et sans invitation à un rassemblement organisé par son ex-lieutenant Peillon ?
Diantre quelle malotruïté ! Malotruïtude…
Quelle impolitesse !


C’est vrai qui ! On ne débarque pas comme ça chez les gens sans en avoir au préalable averti le maître de maison. Ça ne se fait pas… Ne serait-ce que pour une simple question d’intendance. Imaginez un peu, si la Dame avait décidé de rester manger… hein ? Les couverts qu’il faut rajouter, tout ça…

En plus, j’imagine que la conversation lors du repas aurait été des plus compliquée. Propre à casser l’ambiance. D’un côté une bande de joyeux convives, pleins d’espoir, venus exprès pour tenter de fabriquer un mouvement fait de bric et de broc. Des gens motivés par je ne sais quelle lubie qui leur est propre, pensant pouvoir réunir sous la même bannière des entités aussi différentes que le communisme, l’écologie, le socialisme ET le Modem !

Même si pour moi de tels accouplements sont contre-natures, il faut quand même avoir un minimum de respect pour les crétins qui eux, y croient. Chacun sa sexualité nom de dieu !

Bon, donc tous ces types sont là, tranquilles, à essayer de faire leur truc de mariage entre la carpe et le lapin comme on dit, et voilà t’y pas que celle qui considère que le rassemblement de la gauche doit se faire sur un nom et non-pas sur des idées, débarque !

Ça fait désordre, non ? Du coup le Peillon se fâche tout rouge et agonise son ex-patronne ! Ouais… T’as rien à faire ici… On t’as pas invité… T’es une hase been…

Et la donzelle de rétorquer : Ouais… Je suis venu pour les militants qui m’aiment, tout ça… Il n’y a pas de quoi piquer une crise… Je suis socialiste moi aussi…

Tudieu le bordel qu’elle a mit ! Résultat, on ne sait même pas ce qui a pu émerger de cette réunion, si les lapins ont appris à nager ou bien si les carpes se sont fait pousser des oreilles ! La seule chose que l’on retiendra de ce weekend «social, écologique et démocrate» c’est que Ségolène Royal est venue faire son show et a foutu la merde…

Alors, pour répondre à la question : Mais que veut Ségolène Royal ?, je crois qu’il ne faut pas être grand clerc. Ce qu’elle veut c’est rappeler à ceux qu’elle croit être ses partisans que cela ne sert à rien de réfléchir, et que seul compte l’image du candidat. En l’occurrence elle. Les militants qui réfléchissent, c’est pas bon pour le bizness électoral, il n’y a qu’à voir comment Sarko a été élu.
Hier, j’ai entendu dans la télé Bayrou dire à peut près la même chose, qu’il était persuadé que les gens votaient pour un homme (ou une femme) et non pas pour des idées… La Ségolène est persuadée de la même chose. Pire, elle est persuadée que cette icône rassembleuse, c’est elle…
Bref, deux mégalos, plus Sarko ça fait trois, le triangle de 2012 est mal barré, moi j’vous l’dis !

Non mais c’est quoi cette conception de la politique ? Depuis quand élit-on une image publicitaire ?
Je sais bien que c’est comme ça que la politique nous est de plus en plus présentée par les bureaux d’études marketings, mais ce n’est pas une raison pour céder. Certes les hommes, ou les femmes, qui portent les idées sont importants, mais ils ne doivent en aucun cas prendre le pas sur les idées !

Merde !

Et en attendant j’en connais un qui doit bien se marrer…

lundi 21 septembre 2009

Révélations ! Pourquoi je trouve que Ségolène Royal est nulle de chez nulle !

Hier au soir je me disais qu’il me fallait vous toucher deux mots de la fête de la Fraternité (avec un F majuscule) qui a eu lieu à Montpellier ce samedi… Sur le coup, je salivais presque en pensant à ce moment de défoulement que j’allais m’accorder. Et puis, maintenant que je suis là, assis à mon bureau, et que je commence à vous écrire ces mots, je me demande sérieusement pourquoi je prends autant mon pied à taper sur Ségolène Royal…
Appelez ça comme vous voulez, des scrupules ou bien de la culpabilité, mais je crois qu’il est bon de se poser de temps en temps la question de savoir pourquoi on fait ceci ou cela…

Bon, si j’essaye d’être objectif, je crois pouvoir dire que si je critique aussi allègrement la Dame, c’est parce que je suis quelqu’un de susceptible et de rancunier.
Vous allez me dire que ce sont-là de très vilains défauts, et c’est vrai… Mais en même temps, ce sont aussi des traits de ma personnalité, des petites parties du grand tout qui me constitue, et qui font que dans l’ensemble je suis un mec plutôt bien.
Donc, j’assume.

Mais attendez deux secondes que je vérifie un truc… Non c’est bon. Pendant un moment je me suis demandé si je ne vous avais pas déjà parlé de ça… A priori non... Je crois me souvenir avoir plus ou moins développé le sujet dans un commentaire quelque-part, mais pas encore sur mon blog, donc je continu.

Fin 2006, lorsque Ségolène Royal a été choisie par les militants socialistes pour représenter le parti aux élections présidentielles de 2007, j’ai été vachement content. J’ai été content parce que pour une fois une femme avait de très sérieuses chances d’accéder à la magistrature suprême, et ça mes amis ça me faisait plutôt kiffer. Cette candidature était, à mes yeux, porteuse d’espoir pour la gauche. C’était une chance de contrer la montée en puissance d’un homme dont on sentait déjà les velléités de dictature… Et puis la Dame avait quand même une certaine expérience, une aura de gestionnaire acquise au sein de sa région. Sa façon de présenter sa campagne, de parler de démocratie participative, tout ça fleurait bon le renouveau de la gauche et surtout donnait, comme je l’ai dit plus haut, de l’espoir.

Et puis, au fil de la campagne, plusieures choses ont commencées à me faire tiquer.
Malgré l’apriori positif que je nourrissais envers elle, j’ai commencé à trouver sa façon de s’exprimer de plus en plus, comment dire… fausse. Oui, c’est ça fausse. Je veux dire par là que l’on sentait qu’elle jouait ses mots plutôt qu’elle ne les prononçait.
Bon d’accord, j’aurais pu m’accommoder d’un déficit en communication de ma candidate… Pour preuve, je me suis même rendu à un de ses meetings lorsqu’elle est passée à Nice, c’est vous dire !
Mais bon, l’absence de charisme c’est quand même sérieusement handicapant lorsque l’on brigue la présidence. Mais l’essentiel c’est quand même les idées hein ? Enfin, c’est ce que je me disais… Mais au fur et à mensure que l’on avançait dans le temps, les mots eux-mêmes commencèrent à sonner aussi faux que le ton.
Qu’est-ce que c’était que ces slogans à la mort moi le nœud répétés à tout bout de champ ? L’ordre juste, Gagnant-gagnant ? C’est quoi ces notions libérales ?
Gagnant-gagnant, c’est bien une expression du commerce non ? Qu’est-ce que ça vient foutre dans un discours de gauche ? Utiliser l’armée pour mater le sauvageon ? Elle nous la fait sécuritaire ou bien ?

Bref, j’ai commencé à me dire que non contente de mal les faires passer, les idées de la Dame sentaient bien le moisi. Ma répugnance à la suivre augmenta tout au long de la campagne et trouva son point culminant (acmé, Cécile !) le soir du débat télévisé l’opposant à Nicolas Sarkozy.
Vainqueur par ko en un seul round, le Petit rétama la belle en deux coups de cuillères à pot. En une seule soirée les espoirs de la gauche furent réduis à néant non pas par la logique des arguments du Nain, mais par l’attitude hautaine et ridicule de madame Royal. Elle s’humilia toute seule comme une grande et par conséquent elle humilia également ceux qu’elle représentait. C'est-à-dire les gens de gauche, et en l’occurrence moi.

Alors bien sûr, j’ai quand même voté pour elle. Au deux tours. Et ce malgré l’épisode affligeant de la sérénade sous les fenêtres de Bayrou… La suite vous la connaissez, on en a pris pour cinq ans minimum avec le pire chef d’état que la France ait connue. Notre George W Bush à nous.

Au lendemain des élections, je l’avais bien sûr mauvaise et je pestais toujours contre l’erreur de casting que représentait Ségolène Royal… Mais non contente de nous avoir emmenée dans le mur la dame ne s’arrêta pas là. Elle commença à avoir une attitude de mauvaise perdante qui me hérissa le poil au plus haut point. Tout ça c’était la faute des autres, ceux de son parti qui ne l’avait pas suffisamment soutenu, etc… Bref, aucune remise en question, aucun recul.
Bien au contraire, elle entreprit de semer la zizanie au sein de son propre parti, se gargarisant de ses dix-sept millions d’électeurs et voulant ainsi se la jouer moi-les-gens-m’aiment-alors-vous-me-laissez-être-la-patronne-parce-que-j’ai-eu-dix-sept-millions-de-voix…
Bien entendu le Parti Socialiste n’entendait pas mettre à sa tête celle qui les avait fait perdre et se démarqua de son ancienne candidate. Et depuis ça dure, ça dure…

Alors depuis vous comprenez pourquoi je garde une dent contre Madame Ségolène Royal. Et les choses ne s’arrangent pas avec le temps. Même s’il m’arrive de saluer ce qu’elle fait de bien, je suis obligé de constater que mon opinion envers elle se dégrade de mois en mois. A cela s’ajoute, et c’est important, que depuis mai 2007 j’ai quelque peu affiné mon jugement politique et que je me rends compte que le Parti Socialiste n’a plus de socialiste que le nom et que Ségolène Royal correspond à la partie la plus à droite de cette vielle institution.
L’épisode de Reims me fit divorcer définitivement du PS et, depuis que je sais que ces gens ne croient plus en la lutte des classes, je me dis qu’on n’a vraiment plus rien à voir ensemble.

Mais bon, si je vous ai raconté tout ça, c’est quand même pour que vous compreniez que je ne suis pas un anti-ségolèniste primaire. J’ai des raisons de ne pas l’aimer. Pour moi elle a trahi la confiance que la gauche et moi avions placée en elle. En se révélant particulièrement incompétente en matière de communication d’une part, et en prônant des orientations libérales qui n’ont plus rien à voir avec une politique de gauche d’autre part.
Mon inimitié est structurée et légitime. Oui, légitime car je considère que cette femme représente un danger pour notre pays. Peut-être même presque autant que Sarkozy. Et, c’est donc tout à fait légitimement que je prends la défense de mon pays… Voilà !

Incompétente en matière de communication, elle l’est toujours. Il n’y a qu’à voir son site internet ou bien sa dernière prestation à Montpellier pour s’en convaincre. Jouant les martyres, elle est convaincue par une suite de partisans presque fanatiques qu’elle est toujours soutenue par la moitié des français, Ségolène Royal n’en finit plus de se rendre ridicule. D’ailleurs ses anciens compagnons de route s’en sont bien rendus compte et se sont éloignés d’elle. Le côté « habitée » qui déjà en 2007 la caractérisait s’est affirmé encore plus, et c’est en ça que je la juge dangereuse.
Les messies étant dangereux par nature.

Comme pas mal de français, j’ai cru en elle et lorsque je me suis rendu compte qu’elle n’était pas ce qu’elle laissait paraitre, je me suis senti trahi. Et pour moi, la trahison est rédhibitoire. Je n’oublie pas et je ne pardonne jamais.

Allez ! Maintenant vous savez pourquoi je déteste Ségolène Royal et que je n’aurais de cesse de dire qu’elle est nulle. Nulle de chez nulle.

mercredi 9 septembre 2009

To be de gauche or not to be…

Ce matin, je me suis creusé le ciboulot pour vous dégotter un sujet sur lequel dégoiser… En pure perte. Alors, comme l’inspiration ne daignait pas montrer le bout de son nez, je suis parti à sa recherche chez mes confrères blogueurs. Et j’ai eu raison, car elle s’y planquait bel et bien la bougresse !
Elle était là, tapie à la une de Partageons mon avis (le number one du classement Wikio) sous la forme d’une question toute bête :
Êtes-vous de gauche ?
Et Nicolas de proposer de répondre à cette question sous la forme de propositions, genre programme idéal…

Même si Nicolas ne m’a pas tagué nommément (le chien !), j’ai quand-même commencé à réfléchir à ce que je pourrais lui répondre, et chemin faisant je me suis souvenu de ce reportage du collectif Othon, diffusé en mai dernier sur la TéléLibre.fr et de l’analyse qu’il m’avait inspiré.
Je l’ai relu ce matin, et finalement je me suis dit que ce serait une bonne façon de répondre à la question de Nicolas… Ou du moins de clarifier les raisons pour lesquelles je ne suis pas de droite !
Cela fait un bout de temps que j’essaye de savoir exactement pourquoi je suis de gauche… C’est une longue réflexion, et elle n’a pas aboutie pour l’instant. Mais je peux dire sans me tromper que ce reportage a largement contribué à mon questionnement.

Alors certes, certains vont crier au recyclage, et ils n’auront pas tord. Cependant, je me permets de vous signaler (mais peut-être l’avez-vous remarquez ?), que ma visibilité c’est quelque peu accrue ces temps-ci (Je parle de mon blog, bande de nazes, pas de ma silhouette ! Elle, elle s’affine, merci pour elle !). Et donc que j’ai tout plein de nouveaux visiteurs qui ne connaissent peut-être pas la TéléLibre ni même ce reportage, et encore moins ce que j’en ai pensé ! Et pense toujours d’ailleurs.

Donc, voici ce reportage de 110 mn, suivit de mon analyse. Bon visionnage et bonne lecture !


DOC: JEUNES MILITANTS SARKOZYSTES
par latelelibre




• Alors là, bravo.
C’est ce que j’appelle du reportage utile. La démarche est quasiment sociologique, voir anthropologique. Les informations que nous apportent ces jeunes gens sont extrêmement complexes quant à leur motivation, leurs attentes, leurs conceptions du monde… Il y aurait suffisamment d’information pour publier une thèse de doctorat !
Bon, je ne vais passer en revue tous les discours, ce serait beaucoup trop long, mais je note quand même qu’on peut dégager quelques idées-forces.

Tout d’abord, l’ensemble des thèmes abordés balaie assez bien le champ de l’idéologie politique : La valeur travail, le mérite, le patriotisme, mai 68, l’éducation, la repentance et la culture… Avec tous ces sujets je crois qu’on arrive assez bien à faire le tour des divergences gauche/droite autour des problèmes de société.

La valeur « travail » est un leitmotiv asséné comme étant la base de tout. Elle se lie avec le « mérite » pour instituer une espèce de hiérarchie entre les êtres humains. Pour ces jeunes gens, la valeur d’une personne, et donc sa place dans la société (c’est-à-dire ses droits et ses devoirs), est mesurée à l’aune du travail qu’il fait et du mérite qui en découle. Cela implique bien sûr que certains soient exclus du processus, et qu’ils doivent être considérer comme des citoyens de seconde zone, incapables de participer à « l’effort » nécessaire à l’essor du pays.
On est clairement dans une démarche élitiste, voir ségrégationniste.

Le patriotisme est une notion que les personnes interrogées abordent avec le flou propre à l’affectif. Je veux dire par là que tous se définissent comme patriotes, mais lorsqu’on leur demande ce que cela signifie pour eux, les motivations restent inégales, et sont rattachées à des concepts évasifs… Au final, on retiendra qu’être français, c’est en gros, partager les mêmes valeurs que les leurs. Parfois même, certains seraient enclins à dénier la nationalité française à ceux qui contestent leur point de vue. Cela en dit long que l’esprit de tolérance de ces jeunes et sur leur ouverture d’esprit…

Mai 68 est un sujet qui les dépasse. C’est d’ailleurs la partie qui m’a fait le plus sourire. Pour eux, ces événements n’ont pas vraiment de sens. Non pas parce que ce qui s’est passé à « cette époque » est dénué de sens, mais plutôt parce qu’ils n’y ont pas vraiment réfléchi… On remarque une absence complète de culture historique concernant ce sujet, ce qui est en opposition avec la notion d’Histoire Française, utilisée comme alibi pour justifier un patriotisme fort. Par contre, cette ignorance affichée, et parfois revendiquée, est en accord avec le rejet de la repentance. L’histoire est ce qu’elle est, on n’y réfléchi pas et surtout on ne la remet pas en question. On est dans le déni de plus complet des périodes historiques troubles. Surtout si celle-ci peuvent être culpabilisantes. Mention spéciale pour le jeune homme qui cita : « Napoléon à piqué un bout du menhir… ». Là, en matière de culture générale, on touche le fond.
Si par ailleurs, certains s’expriment sur mai 68, c’est en s’accrochant à des clichés surannés tels que les « soixante-huitards attardés ».

On notera une contradiction avec ce refus de la culpabilité historique, et celle que doit nécessairement ressentir celui qui ne travail pas ou qui n’est pas d’accord avec les concepts de travail et de mérite… Comme si la culpabilité était une chose réservée aux autres, et qui ne vie que dans le présent. Troublant comme idée…

Enfin, lorsqu’il s’agit d’aborder la politique culturelle… Là, c’est le vide intersidéral. La culture, au sens large, n’a pas vraiment d’importance. Ce qui, et là c’est flagrant, est en adéquation avec ce que nous avons vu avant, c’est-à-dire un manque total d’intérêt pour ce qui ne tourne pas autour de leur personnes.
Tous ces thèmes, et les arguments qui les ont étayés, sont dans l’ensemble assez cohérents. L’individualisme, l’esprit de compétitivité personnelle et la notion de hiérarchie qu’elle implique, vont de paire avec un manque d’intérêt pour les autres. D’où un déficit en culture générale récurent et une fibre sociale dégradée.

Le fait de réinterroger les personnes un an plus tard est une façon intelligente de clore se reportage… C’est intelligent, et surtout très révélateur.
La gêne affichée par certains sur la première année de Sarkozy est palpable, même s’ils s’accrochent encore, envers et contre tout, à leurs certitudes. Apparemment, ce n’est pas parmi ces jeunes sarkozystes que l’on trouvera des repentis, ni même l’expression d’un quelconque regret. Ce sont des militants purs et durs, et leur conviction, même égratignée, reste forte. Cette constance se doit d’être reconnue et saluée.
Tous approuvent l’objectivité du reportage et la non-déformation de leurs propos. Tous (sauf un peut-être, Jean-Baptiste), n’ont pas vu le piège…

Car pour moi, il y avait un piège, et ces jeunes sont tombés droit dedans. L’exposition de leurs convictions et de leurs idées, n’a pas besoin d’être déformée. Elle se suffit à elle-même pour démontrer bien des choses, conforter les gens de gauches sur leurs positions, et mettre en évidence les faiblesses d’une approche libérale de la société.
La grande différence qui existait entre les intervieweurs et les interviewés était que les premiers étaient rompus à l’exercice intellectuel qui consiste à réfléchir sur les problèmes de notre société… Mais à réfléchir vraiment ! Alors que les convictions de ces gens de droite me semble issues d’un ressenti plutôt que d’un travail intellectuel.

Pour finir, une chose m’a frappée au tout début du reportage… Pourquoi tous les intervieweurs ont-ils déclaré dans une belle unanimité avoir voté Ségolène Royal aux deux tours de la présidentielle ? C’est bizarre tout de même !

Désolé, j’avais pourtant dit que je ne serais pas long…

Comment par Gwendal — 5 mai 2009 @ 10:18

mardi 1 septembre 2009

La supercherie de La Rochelle

Well ! Tout à la joie d’avoir atteint mon but d’allègement pondéral (ça ce dit ça ?), j’en ai oublié de vous parler de l’université d’été des socialistes et des sentiments contradictoires qu’elle m’inspire.
Partout dans la presse, on a pu lire que l’impression globale était que Martine Aubry sortait renforcée par cette session, et qu’elle avait su enfin prendre les rênes de son parti de la façon adéquate.

Pour ma part, je ne serais pas aussi catégorique… En effet, si Aubry a su être bonne à quelque-chose au cours de cette université, c’est surtout dans l’art de cacher les problèmes sous le tapis… Un peu comme le faisait en son temps son prédécesseur, François Hollande.
Regardons les choses en face : La crise idéologique que traverse le PS depuis un sacré bout de temps n’a en rien été résolue et l’unité affichée pendant ces trois jours ne fut que de façade.

Plusieurs indices me font penser de la sorte.

Tout d’abord, il y a eut cette fameuse polémique au sujet des primaires et des alliances soulevée une semaine avant par les plus libéraux des socialistes… Plus qu’une simple polémique, il s’agissait avant tout d’une bombe téléguidée par Ségolène Royal dans le but de rappeler aux militants son attirance immodérée pour le centre-droit. Malheureusement pour la Madone du Poitou, certains au PS ne voient pas les choses du même œil, préférant loucher sur les voix de la vraie gauche ; D’où polémique.
Sur ce coup là, Martine Aubry a su effectivement bien gérer les choses en bottant en touche de la plus belle manière, quelques heures avant que ne commencent les débats.
Coup de pied gagnant, puisque en reportant la question au bon vouloir d’un vote des militants pour le mois d’octobre, la pomme de discorde libérale s’est retrouvée hors la table et n’a pu empoisonner les convives.
Mais bon, ça me rappelle les repas de familles où l’on ne parle jamais des choses qui fâchent… Vu de l’extérieur, tout le monde sourit, mais en fait les invités n’ont qu’une seule envie : Se foutre sur la gueule !

Donc, exit le sujet des primaires et des alliances. Du coup les affidés ségolènistes vexés de ne plus voir sur la table leur fameuse pomme libérale, se sont cassés au plus vite, faute d’avoir à jouer leur rôle de supporter. Les Valls et Peillon ne sont restés à la Rochelle que vingt-quatre heures, imitant ainsi leur commanditaire, qui elle n’est restée que quelques heures.

Commanditaire qui, comme à son habitude a préférée jouer sur la forme plutôt que sur le fond. C’est en véritable star de cinéma que Ségolène Royal a fait son apparition à la Rochelle pour inaugurer la session. Vêtue d’une petite robe noire que Coco Chanel n’aurait pas reniée, l’ex-candidate aux présidentielles a souhaitée la bienvenue à tout le monde, et s’est cassée aussi sec ! Mais cela a suffit pour imprimer la rétine des militants et transmettre le message suivant. A côté de Ségolène, Martine Aubry ressemble à un pot à tabac vêtu d’un sac en toile de jute.

Pressée de toute part de s’exprimer sur les contingences de son parti, la Madone s’est contentée de jouer son rôle habituel, parfaitement raccord avec la robe d’ailleurs, c'est-à-dire à faire comme si les problèmes du parti ne la concernaient pas. Le port altier, le regard fier, l’icône des désireux d’un avenir qui chante attend son heure, persuadée qu’elle est que c’est vers elle et seulement elle que les socialistes se tournerons lorsque le temps sera venu de choisir un candidat. Tel le vautour moyen, elle attend perchée sur son rocher. Prête à fondre sur sa proie lorsqu’enfin elle aura cessée de bouger…

Cette morgue attitude n’a cependant pas empêchée Madame Royal de lâcher une perle en clamant haut et fort son complet désaccord avec la taxe carbone que le gouvernement veut mettre en place avec le soutien des écolos.
En fait, à mon sens, la Royal n’a fait que révéler au grand jour les limites d’une future alliance PS-Verts, qui pour le coup ne se présente plus de façon si évidente. En effet, obnubilés qu’ils sont par leur mission sacrée de sauvetage planétaire, les écolos en oublient parfois la plus élémentaire des justices sociales. Jusqu’à présent on évitait d’en parler, mais la déclaration de Ségo a eut pour but d’obliger le PS à se positionner sur le sujet et ainsi faire grimper Cohn-Bendit et Duflot aux rideaux. S’il s’agissait de torpiller une future alliance entre l’aile gauche du parti et les verts, c’est maintenant chose faite.

Du coup, puisque la gangrène libérale s’en était allée, ce qui restait d’un tant soit peu socialiste à la Rochelle s’est retrouvé suffisamment à l’aise pour jouer une partition sans véritables fausses notes. Le discours de clôture de Martine a même reçu un A+ de la part de la presse, et l’impression finale est que le Parti Socialiste reprend du poil de la bête, débarrassé des tiques et des poux qui l’habite depuis des lustres !

Inutile de vous dire que je n’y crois pas un instant, et vous l’avez fort bien compris en me lisant.
L’unité affichée n’est en rien la réalité, et elle ne sert qu’à donner du grain à moudre aux médias et à rassurer le pauvre militant qui ne sait plus où il en est.
Vous me direz que c’est déjà ça. Peut-être. Mais en attendant, le PS n’est en aucun cas en mesure de proposé une réelle alternative à la politique de Nicolas Sarkozy, tant il reste empêtré dans son dilemme idéologique. Être ou ne pas être libéral. Là est la question qu’il lui reste à résoudre.

Le Parti Socialiste n’est pas encore (tout à fait) mort disait Valls au début de l’été, mais force est de constater qu’il n’en fini pas de crever. Et l’apparente rémission est souvent le symptôme qui précède la fin…

mardi 25 août 2009

Primaires ? Ouvertes ou pas, j’en veux pas !

Je vous en parlais déjà samedi dernier, au Parti Socialiste, la question des alliances à gauche et au centre est posée avant même que de savoir s’ils sont d’accord sur une même plateforme idéologique… Pour moi, c’est un peu comme si l’on mettait la charrue avant les bœufs, mais bon… Soit ! Rien que pour le plaisir de la réflexion, imaginons que tous ces gens aient la capacité (oh combien enviable !) de débrancher une partie de leur cerveau et de faire comme si le libéralisme était une question annexe qu’il conviendra de régler… Plus tard, lorsqu’ils auront le temps.

Donc, le mot qui coure sur toutes les lèvres roses en ce moment c’est : Primaire.

Primaire, primaire… Ça serait-y pas une idée d’outre-Atlantique ça ? Il me semble bien…Ca voudrait donc dire que dans l’esprit de ces primairistes (Ouais, j’invente des mots !), notre pays serait mûr pour s’engager dans le bipartisme ? Que le spectre politique dont je vous parlais hier ne serait plus constitué d’un joli dégradé de couleurs chatoyantes, mais seulement de deux couleurs ? Pareil à la vue d’un chien ? M'Ouais… Lorsque l’on voit le vide intersidéral de la politique américaine, on est en droit de s’inquiéter.

Donc primaires, disais-je. Mais là où ça devient drôle (façon de parler), c’est que pour ces socialistes, il semblerait qu’il faille ouvrir ces primaires à l’ensemble de la gauche « de gouvernement » et pourquoi pas, pendant qu’ils y sont, au centre ! En fait, il s’agit de faire de l’ouverture à l’image de ce cher Sarko, non-pas dans un futur gouvernement, mais avant même que cet hypothétique gouvernement ne soit élu ! Là encore, je me demande ce que peuvent bien penser les bœufs… Mais bon, là encore, soit !

Si mes références ne sont pas faussées, ce qui se prépare est ce que l’on appelle une coalition… Un peu comme celle qui eut lieu en Italie, et dont on sait ce qu’elle a pu donner.
Mais ce qui me fait bien rigoler c’est que pour l’instant il s’agit là d’une idée pondue et débattue par les socialistes, et seulement par eux. Parce que les autres sensibilités vers lesquelles sont sensées s’ouvrir ces primaires : Et bien, elles n’ont rien demandé !

Et puis soyons sérieux, concrètement comment les Peillon, Fabius, Montebourg et autres Hamon (même lui, quelle misère !) comptent t-ils faire pour organiser tout ça ? Hein ?
Chaque mouvance va présenter son candidat (les verts, les Communistes chaque groupuscules du PS, le MoDem, etc…) et on va faire voter les militants (et les sympathisants ?) de toutes ces formations ? Et celui ou celle qui remportera le plus de voix représentera la Gauche avec un grand G… ?

Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas envie (mais alors pas du tout) de voter pour un candidat qui aura été choisi par d’autres à la faveur d’obscures tractations dont je n’aurais même pas eu vent. Imaginons que ce soit par exemple, au hasard, Ségolène Royal qui soit choisit par ces primairistes… hein ? Vous croyez sincèrement que je vais glisser un bulletin à son nom dans une urne si c’est elle qui représente la gauche ? Je préférerais me couper un bras plutôt !

Car, ne nous leurrons pas, cette idée de primaire n’est pas apparue comme ça, brusquement, dans la tête des socialistes par l’opération du Saint Esprit. Elle est le fruit de ceux qui pensent, toujours à l’image de notre Nain National, que des élections ne se gagnent qu’à grand coup d’image et de communication. Ceux qui pensent que finalement les convictions importent moins que la médiatisation. Ceux qui ont été séduit par la présidentialisation de la V ème République et qui n’entendent pas revenir à une gestion plus saine de la vie publique… Ah ! Soif de pouvoir quand tu nous tiens…

Donc, vous l’aurez compris, pour moi cette histoire de primaire à gauche, c’est vraiment du n’importe quoi.

Si vous désirez savoir ce qu’en pense la blogosphère de gauche, je vous invite à aller jeter un œil (n’oubliez pas de le récupérer en sortant) chez Juste histoire de dire, qui a ouvert le sujet et qui est à priori aussi contre que moi. Rimbus itou. Ou bien chez Marc Vasseur qui lui est plutôt pour…

lundi 17 novembre 2008

Maux roses

Nous sommes lundi, et il pleut sur la France… A croire que la météo s’est mise en accord avec le peuple de gauche qui aujourd’hui pleure sur lui-même.
Ce matin, alors que j’avalais mon mug de café et que je réfléchissais à la teneur de mon billet actuel, je me disais que j’allais me laisser tenter par l’ironie et la moquerie… Ben oui ! Etant donné ce qui c’est passé ce week-end à Reims, on aurait bien envie de se moquer de cette vieille dame qu’est le Parti Socialiste. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait un peu partout sur le net, et tout au long du congrès, avec mes petits commentaires acides et mon air de blaireau gauchiste.
Et puis, au fur et à mesure que je faisais ma petite tournée des sites de presse et des blogs, je ne vous cache pas que mon humeur s’est mise peu à peu au diapason de la météo de ce lundi. C'est-à-dire que comme la France, je fais grise mine.
Je fais grise mine parce que je suis déçu de voir ce vieux parti, pour lequel j’ai voté quand même pas mal de fois, s’autodétruire de la sorte. Je suis déçu de voir le PS, dix ans après la droite, en venir à devoir choisir entre tradition et modernisme.

La tradition, c’est ce que j’appellerais le PS « canal historique ». C’est ce qui a fait que ce parti est présent dans l’immense majorité des communes, des départements et des régions. C’est un parti de terrain axé sur ses militants et sur leur travail au sein même du territoire. C’est un parti qui se veut en tête de toutes les revendications qui portent sur le progrès social et la lutte contre toutes les formes de discrimination. C’est un parti qui a fait sienne la devise de notre pays : Liberté, égalité, fraternité.
Seulement, depuis quelques temps, cette vieille et auguste dame se heurte à une conception plus moderne de la politique. Une conception plus « pragmatique », et qui se veut plus réaliste…
Pragmatique, ça veut dire que l’important est d’arriver au pouvoir quitte à en oublier quelques principes moraux. Ca veut dire qu’il faut être efficace et que de nos jours ce sont les méthodes les plus élaborées de la communication qui font les chefs d’état et non plus les idées que celui-ci représente. C’est triste, on le regrette amèrement, mais c’est un fait et il faut bien faire avec… C’est ça être un socialiste moderne.
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder autour de soi ! C’est comme ça qu’ils font aux Etats Unis depuis des années. C’est comme ça que le camp d’en face a réussi à faire élire Sarkozy… C’est donc que la méthode est la bonne, qu’elle fonctionne, et que c’est comme ça qu’il faut faire dorénavant.
Alors pour ce faire, on va multiplier la communication en se servant de l’internet, on va choisir une image, une icône, qui va servir de base au projet. On va ensuite créer tout un web-réseau qui se chargera de mettre en valeur la personnalité de cette image. La personnalité : C’est ça qui intéresse les électeurs… Il n’y a qu’à voir les différentes émissions de téléréalité qui cartonnent, les gens votes pour celui ou celle qui a une personnalité et non pas pour son talent…
D’ailleurs, il faut également rajeunir la base du parti… Les jeunes sont plus sensibles à la communication de masse. Pour ça on va créer une adhésion via internet. Une adhésion qui coutera 20 € et qui contribuera à constituer une base, un fond, un public, que l’on va tenir informé en permanence par des vidéos et des newsletters… Il faut, dorénavant, mettre en scène la vie du produit. Créer le buzz, et l’entretenir.

Bon, j’arrête là. Je crois que vous avez compris l’essentiel. Le PS est à un tournant de sa vie où il doit faire le choix crucial entre, jouer le jeu d’une nouvelle forme de démocratie cathodique qui parle à tout le monde, même (et surtout) ceux qui n’ont aucune culture politique ; Ou bien considérer que la politique se fait sur le terrain avec de vrais gens, pour de vrais gens.
Je serais bien en peine de vous dire ce qu’il va advenir de cette vieille dame. Franchement, j’en sais rien.
Si, comme Ségolène Royal le pense, la page du militantisme à la papa est déjà tournée et que maintenant la base du PS est déjà bien remplie par des adhérents accroc au produit, ce sera un socialisme moderne qui verra le jour. Un socialisme libéral, un social-libéralisme à la mode anglo-saxonne… Un socialisme qui pourra peut-être lutter à arme égale avec l’UMP et prétendre à la reconquête du pouvoir.
Ou bien, le corps de la dame n’est pas encore totalement vérolé, et les militants continueront à penser que c’est par le bas qu’on change les choses. Au risque, peut-être, de ne pas pouvoir lutter à l’échelle nationale contre le rouleau compresseur médiatico-lobotomisant de l’UMP, et ne pas arriver au pouvoir avant longtemps… Même si, par ailleurs, au niveau local, la France préfère lui confier les rênes de la vie de tous les jours.

Cette question qui, je crois, résume l’essentiel du dilemme socialiste, sera tranchée définitivement le 21 novembre lors du vote des militants. Nous verrons alors ce que le Parti Socialiste, cette vieille dame usée par les combats, deviendra. A partir de là, chacun prendra acte de cette nouvelle orientation et fera ses propres choix…

Il fait décidément très gris sur la France aujourd’hui.

lundi 1 septembre 2008

Socialisme et crédibilité

Je sais, vous allez me dire que je suis un niais. Une espèce de candide indécrottable. Peut-être… Le fait est que, comme pas mal de gens de gauche, je me suis intéressé à l’Université d’Eté du Parti Socialiste, traditionnellement sise en la bonne ville de la Rochelle.

De derrière mon écran 20 pouces, j’ai tenté, je dis bien tenté, de suivre les événements. J’espérais vaguement que quelque-chose de bon en ressortirait… Je ne sais pas moi, un consensus, une sorte de front commun anti-Sarkozy, une ligne directrice… Bref, un truc. N’importe quoi, mais au moins un truc… !
La seule idée commune que j’ai entendu, et bien entendu car elle a été hurlée par tous, c’est que le PS se veut uni ! Uni, certes, mais tous veulent que le PS s’unisse derrière celui ou celle qui hurle le plus fort. Résultat : Une cacophonie indescriptible. Un bordel sans nom.
Le Parti Socialiste avait là une occasion, peut-être la dernière, de mettre un terme aux rivalités internes et de rassurer ses militants. Il n’en fut rien.
A quoi avons-nous assisté ? A des tractations de maquignons, des alliances et des trahisons, des petites réunions sur les terrasses des cafés avec des combinaisons improbables entre socialistes de toutes tendances essayant de concilier l’inconciliable. Notamment le libéralisme et le socialisme.
Ségolène Royal voulant démontrer qu’elle était au-dessus de tout ça n’a fait qu’une visite éclair. Du genre : Moi, je ne me mélange pas avec la plèbe et je suis confiante dans le vote des militants !
Le pauvre Moscovici qui tente une sortie avec Montebourg avant de faire lâcher par lui et de se retrouver à la rue, privé de dessert…
Tout cela est d’un pitoyable ! Le PS est décidément, encore et toujours, décevant.
Le seul grand vainqueur de cette université d’été est donc (roulement de tambour !) Nicolas Sarkozy… Celui-ci doit se gargariser de voir les représentants du plus grand parti d’opposition (en nombre de voies pour 2007) s’acharner à s’autodétruire. C’est tout bénef pour lui !

Deuxième sur le podium des grands gagnants de cette université d’été : Olivier Besancenot et son parti anticapitaliste en devenir… Je gage que de nombreux militants ont déjà décidé en leur fort intérieur d’adhérer au NPA dès que celui-ci verra le jour.
Au final donc, le Parti Socialiste se plaignait de ne pas être audible… Je peux dire aujourd’hui, qu’en plus, il n’est plus du tout crédible.

Post-scriptum : Pendant le même temps se déroulait une autre université d’été, celle du parti Communiste… Bon, on ne va pas parler des morts, vous êtes d’accord ?

mercredi 25 juin 2008

De la propagande à deux euros

Depuis deux jours la télévision diffuse une drôle de publicité. Une publicité qui, malgré les déclarations du gouvernement, est une grande première dans notre république. Pour la première fois en France le gouvernement a décidé de SE faire de la pub et de communiquer sur son action. La première est suffisamment remarquable pour être signalée, même si cette campagne me semble relativement cohérente avec l’hyper-présidence dont nous sommes maintenant habitués depuis un an. Il s’agit de la première action concrète du nouveau conseiller en communication du gouvernement, Franck Louvrier. Et pour une première le bougre met le paquet !
Il est prévu que cette propagande soit diffusée 1630 fois sur tous les écrans et dans des tranches horaires efficaces (les plus chères, bien sur) pour un budget estimé à plus de 4 millions d’euros. Précisons toutefois qu’il s’agit là de nos impôts, cela va sans le dire, mais c’est quand même mieux en le disant. J’utilise le terme propagande à bon escient croyez-moi, car le Larousse le définit comme suit : Propagande : Action systématique exercée sur l'opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social.
Plus au prés de cette définition, je ne crois pas que cela soit possible.
En l’occurrence, la doctrine que le gouvernement tente de nous faire rentrer dans la tête c’est que les gens sont IMPATIENTS ! Dès les premiers mots la voix off nous rassure en nous disant que le gouvernement l’est aussi (super !). Puis la voix, dramatique à souhait, nous décrit les progrès que les français peuvent dors et déjà constaté dans leur vie quotidienne : Les heures sup, la suppression des intérêts d’emprunt, un mois de caution au lieu de deux, l’exonération des revenus étudiants pour les impôts des parents, etcetera… Euh non, pas etcetera. C’est tout…
On aurait pu espérer une communication subtile, toute en finesse, destinée à redonner confiance aux Français… Mais non, la ficelle est la même que celle que les ministres et leur chef ne cessent de nous rabâcher, que le peuple veut que le gouvernement aille plus vite, plus loin, plus fort dans les réformes… Mais que malheureusement les résultats se font un peu attendre. Donc cette pub est conçue essentiellement pour rassurer. Faire patienter, si vous préférez… Le problème est que les français risquent de devoir patienter pendant longtemps. J’ajouterais même qu’il le fera sans doute en pure perte.
Donc, je trouve que cette campagne de publicité est non seulement grossière et démagogue, mais également insultante pour ceux pour qui le pouvoir d’achat est une réalité. D’ailleurs à ce propos, les mots « pouvoir d’achat » sont déjà en eux-mêmes une vaste fumisterie pour désigner le souci principal des Français… En Afrique francophone on dit plutôt « la vie chère », et pour ma part je l’appellerais plus simplement la pauvreté.

Allez, je vous glisse ici une petite parodie que j’ai dénichée sur le net… Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous mettre le vrai clip quand même ! Manquerait plus que je m’associe à cette pantalonnade…




clip Pouvoir d'achat parodie
envoyé par effer

lundi 26 mai 2008

Aux urnes, citoyens ! (Epilogue)

Bon, ben… Les résultats sont tombés concernant le deuxième tour des élections législatives partielle de la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes :
Christian Estrosi : 69,37%
Paul Cuturello : 30,63%
Taux de participation : 34,31%



J’ai pas grand chose à en dire, si ce n’est que comme la semaine dernière le taux de gens concernés reste ridiculement bas. Et parmi ces gens (con)cernés, sept personnes sur dix préfèrent le bling-bling. Et bien, je suis plutôt fier de ne pas en faire partie !
Juste pour bien rappeler les choses, Estrosi est maintenant : Maire de Nice, Président du conseil Général, Président de la Communauté d’Agglomération Nice-Côte d’Azur, Député des Alpes-Maritimes. Désormais, le département lui appartient entièrement…


vendredi 23 mai 2008

Rencontre fortuite

Je vais vous la faire courte aujourd’hui.
Alors que je me rendais à mon petit supermarché de quartier, histoire de faire le plein du frigo pour le week-end qui s’annonce, j’ai fait ce matin une rencontre. Devant le magasin quelques militants tractaient en vue du deuxième tour des élections législatives partielle de dimanche prochain. Soudain, je me rends compte que la tête du monsieur en costard-cravate me dit quelque-chose. Je fouille ma mémoire, en vain. C’est alors que j’avise un des tracts posés sur un pare-brise de voiture, et je réalise soudain que j’ai en face de moi Paul Cuturello, candidat PS de ma circonscription ! L’homme est occupé à discuter avec une grand-mère hors d’âge, je décide alors de faire mes courses et de tenter de le saluer à ma sortie du magasin. Vingt minutes plus tard, il est toujours là. Je m’approche et j’engage la conversation. Ce n’est pas tous les jours que l’on à l’occasion de rencontrer le candidat d’une élection. Candidat, qui plus est, pour lequel j’ai bien l’intention de voter dimanche.
L’homme est extrêmement sympathique et comme il y a dégun à cette heure nous avons pu discuter à bâton rompu. Comme moi, il est inquiet de la dérive droitiste que prend le PS et il s’inquiète tout autant que moi de la future présidence de Ségolène Royale. (Certains militants m’ont dis que Cuturello était Emmanueliste ! Je savais même pas que ça existait !)
Bref, je lui ai dit que si par malheur le PS continuait à vouloir se rapprocher du centre, je ne voterais plus jamais pour eux. (Na ! Comme ça, c’est dit !). Je lui ai également fait part de mon envie de recadrage du parti vers de vraies valeurs de gauche, ce dont il a convenu avec moi. Et bien je peux vous dire que c’est très agréable de rencontrer un candidat PS qui ne soit pas aux ordres de son parti et qui compte bien jouer un rôle au congrès de Reims en novembre.
Une dernière chose : Un programme commun avec la LCR ? « Pourquoi pas ? A condition que la LCR veuille bien s’assoir à une table et mette les mains dans le cambouis. ».



France3 nice le 21 mai 08 législative partielle
par jefps

Paul Cuturello est sociologue et ingénieur d’étude au CNRS. Conseiller général et conseiller municipal de la ville de Nice.