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samedi 17 octobre 2009

De la trahison des idéaux

Il y a quelques temps je m’inquiétais auprès d’une amie de cette fâcheuse tendance à la trahison de leurs idéaux qui anime bon nombre de gens de gauche.
La liste est longue depuis deux ans et demi… Eric Besson (Premier d’entre les Premiers), Martin Hirsch, Fadela Amara, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel…

Je m’interrogeais de savoir s’il existait dans l’histoire politique de notre pays des gens qui avaient fait le voyage en sens inverse… Et j’ai eu beau réfléchir, nous avons eu beau nous décarcasser la mémoire mon amie et moi, nous n’avons pas trouvé d’exemple de politiques qui au court de leur carrière seraient passés de la droite, vers la gauche…

Dans ce domaine, la trahison semble unilatérale…

Alors que nous faisions ce constat, mon amie me dit soudain :

-Ca fait flipper hein ?

Oui, ça fait flipper comme tu dis… Ca fait flipper, parce cette unilatéralité a quelque-chose de définitif. Comme si la logique voulait absolument que la sagesse conduise vers des idées de droite. Comme si cette unilatéralité désignait d’office qu’un camp valait forcément mieux qu’un autre et que le temps aidant, ces trahisons à répétition le démontraient…

Puis, au bout d’un moment plein de désarroi, je me suis souvenu d’un texte que j’avais écris il y a quelques mois… Un texte que je n’ai pas retrouvé, mais qui disait en substance ceci.

Être de gauche c’est réfléchir plus avant sur les faits qui font qu’une société fonctionne. Être de gauche, c’est avoir conscience que l’individu fait parti d’un tout. Être de gauche c’est avoir une conscience sociale. Être de gauche, c’est se préoccuper du bonheur des autres. Être de gauche, c’est s’obliger à participer à la vie collective même si cela empiète sur son petit bonheur égoïste. Être de gauche, c’est avoir le courage de s’attaquer aux sources des problèmes plutôt qu’à leurs conséquences. Être de gauche, c’est se battre encore et toujours contre les injustices. Être de gauche, cela demande des efforts… Des efforts constants et réguliers. Cela demande de la tolérance, de l’humanité, du respect…
Bref, être de gauche, c’est du boulot. C’est un combat.

Alors qu’être de droite c’est considérer que les autres peuvent et doivent se démerder sans l’appui des autres. Être de droite, c’est croire en la chance et au hasard qui fera forcément bien les choses pour la multitude. Être de droite, c’est penser d’abord à soi et à ses proches avant que de s’inquiéter du voisin de palier. Être de droite, c’est se considérer comme le centre d’un tout, et non-pas une partie d’un tout. Être de droite, c’est préférer rejeter qu’accepter. Être de droite, c’est laisser parler les instincts les plus basiques qui font la nature humaine. Être de droite, c’est accepter les inégalités comme une normalité…
Bref, être de droite c’est facile.

Alors j’ai compris que tous ces Besson, Kouchner, Amara, Bockel et autres Jouyet, n’avaient pas soudainement aperçu la lumière. J’ai compris que ces gens n’avaient pas réalisé combien la voie de droite était plus juste que celle de gauche… J’ai compris qu’ils avaient simplement choisi le côté obscure de la force. Ils avaient baissé les bras. Ils avaient choisi la facilité plutôt que le combat…

Voilà pourquoi, à mon sens, les désertions et les trahisons ne peuvent se produire que dans un sens et pas dans l’autre. Car, aussi vrai que la chair est faible, l’esprit l’est encore plus et les tentations sont grandes.

Ah oui ! Il me faut peut-être vous dire pourquoi j’ai pensé à ça en ce beau mais froid samedi qui s’annonce… Et bien c’est en écoutant la superbe chronique que François Morel a fait hier sur Inter… tout simplement.



samedi 5 septembre 2009

L’énigme Fillon

La question qui me vient à l’esprit ce matin, concerne ce pauvre François Fillon. Oui, ce matin j’ai envie de faire précéder le nom du chef de notre gouvernement de l’adjectif « pauvre ». Je trouve que c’est de circonstance…
Je me demandais ce qui pouvait bien se passer dans la tête d’un type comme lui, arrivé au point où il en est.

Lorsque que l’on parcoure le CV de François Fillon, on se rend compte que ce fringant jeune député prometteur, benjamin de l’hémicycle en 1981, plusieurs fois ministre sous plusieurs gouvernements, avait dans les mains toutes les cartes pour être promis à un brillant avenir politique.
Intelligent, consciencieux, cet homme de dossier faute d’avoir cependant la carrure d’un président accéda quand même en 2007 à la fonction la plus haute à laquelle il puisse avoir un jour rêvé, celle de premier ministre.

Avait-il seulement imaginé ce qui l’attendait ? Avait-il seulement eut le quart de la moitié d’une intuition sur le sort peu envieux qui est le sien actuellement ?

Rabaissé, humilié, contredit, moqué de tous, la vie de ce pauvre François doit ressembler à un cauchemar. En tous cas, j’imagine qu’elle doit l’être… car en ce qui me concerne je ne pourrais pas supporter tout ce que cet homme supporte. A sa place, j’aurais démissionné depuis longtemps.

D’ailleurs qu’est-ce qui l’en empêche ?
Sarkozy détient des choses sur lui et lui fait du chantage pour le maintenir à son poste ou quoi ?
J’entends bien qu’une certaine « solidarité » plus ou moins forcée doit régner au sein d’une équipe gouvernementale, mais à ce point là, c’est inimaginable qu’il puisse en supporter autant…
Ou alors cet homme n’a pas de fierté ? Pas d’amour-propre ?

Allez François, lâche l’affaire et rentre te reposer dans la Sarthe. Crois moi, c’est de loin ce que tu as de mieux à faire. Et c’est surtout pour toi que je dis ça.
Car, nous savons, et toi aussi sans doute, que si tu t’en vas, le Prince des Ténèbres nommera un autre fantôme à ta place. Un pantin inutile, juste bon à se faire marcher dessus à longueur de semaine… Bref, pour nous les choses ne changerons guère.

Alors François, s’il ne te reste qu’une once d’instinct de survie, écoute-moi : Démissionne et rentre chez toi !

jeudi 18 décembre 2008

Amendements et démocratie

Bonjour à tous ! Ça va bien ? Moi, ça va mieux, je vous remercie…
M’enfin, ça va mieux… Quand je dis ça va mieux, je parle de ma petite santé. Parce que sinon, pour ce qui est de mon beau pays que j’aime, le moins que l’on puisse dire c’est que ça va de mal en pis. Et quand je dis pis, je ne parle pas des mamelles de la France ! D’ailleurs, celles-ci ne sont plus, comme on nous l’a appris à l’école, labourage et pâturage, mais plutôt enfumage et rétropédalage.
Mais bon, là je m’égare…

En ce froid matin de décembre, j’avais envie de revenir sur la réforme de l’audiovisuel public. Non pas sur le fond, mais pour une fois sur la forme.

Je ne sais pas si vous l’aurez remarqué, mais cette dernière semaine avant les fêtes de Noël et la fameuse trêve des confiseurs, nous venons d’assister à une étrange manœuvre de la part de notre gouvernement et de sa majorité. Une manœuvre que l’on pourrait qualifier de rusée et légitime si l’on est un umpiste patenté, et de quelque peu perverse et contraire à la démocratie si l’on est un gauchiste invétéré comme moi.

En vous la faisant courte, voici donc les faits. Mardi, la ministre de la Culture demande au patron de France télévision de prendre lui-même la décision de la suppression de la pub sur ses chaines (Demande, demande… moi je dirais plutôt ordonne !). Celui-ci, un peu coincé s’il veut garder son poste encore un peu, s’exécute. Le prétexte invoqué pour justifier d’une telle démarche est le suivant : Vu la lenteur des débats à l’assemblée nationale, le vote risque de ne pas avoir lieu dans les temps pour entériner la réforme avant le 5 janvier. Date à laquelle s’est préparée la chaine depuis un an pour installer sa nouvelle grille. Au passage, la décision devient industrielle et non-plus politique. Vous gouterez la subtile différence…
Le lendemain, mercredi 17, l’assemblée fini ses travaux et vote le texte avec une majorité toute relative, 293 voix contre 242….
Il n’y a pas un truc qui vous choque ? Parce que pour moi c’est clair, le gouvernement n’était pas vraiment sûr de sa majorité et a préféré assurer le coup, au cas où les choses se passeraient mal.

Bon, je ne sais pas ce que vous en pensez, d’ailleurs vous me le direz, mais moi je trouve le procédé quelque peu roublard. Parce que si par un heureux hasard l’assemblée n’avait pas voté le projet de loi, étant donné que le CA de France Télévision avait déjà voté la suppression de la pub, la réforme était, de fait, actée. Donc, le joli gros cadeau que Sarkozy voulait faire à ses copains des chaines privées était de toute façon déjà livré avec la hotte du père Noël…
Ca, c’est du forçage de mimines ou je ne m’y connais pas.

Si vous écoutez les caciques de l’UMP, Jean-François Copé en tête et Lefebvre juste derrière en train de lui sucer la roue (à défaut d'autre chose ?), vous entendrez que tout ça c’est la faute à l’obstruction acharnée de l’opposition.
Mouais… Obstruction ou simple travail parlementaire ? Parce qu’il faut savoir ce qu’il veut le Sarko quand il dit vouloir plus de pouvoirs pour le parlement !

Penchons nous un instant, si vous le voulez bien, sur ce qui est pour moi un aspect vachement important de la démocratie à la française.
Lorsque l’on est assez con pour élire, ou pas, un président au suffrage universel, ça ne veut pas forcément dire qu’il va pouvoir faire tout ce qu’il veut pendant cinq ans ! Ben non ! Parce que même si celui-ci dispose d’une confortable majorité à l’assemblée et au sénat, le dispositif parlementaire est là pour, comment dire, encadrer les actions du gouvernement. Et la seule façon qu’il reste à l’opposition pour tenter de contrer les actions du gouvernement au sein de ce dispositif parlementaire, c’est de déposer des amendements.
Sinon, il y a aussi la rue comme façon de contrer le gouvernement, mais on en a déjà parlé dans l’article précédent…

Je ne vais pas vous faire un court de droit constitutionnel sur les amendements je vous rassure. Tout d’abord parce que c’est bien chiant, et ensuite j’ai pas toute la matinée car mon frigo est vide et je dois aller faire quelques courses.
Je vous dirais seulement qu’il y a deux buts à un amendement.
Le premier c’est celui d’amender au sens ancien du mot, c'est-à-dire : améliorer. Il s’agit de contester un point particulier du projet de loi, de façon à le modifier ou à le supprimer.
Le deuxième but est de pousser la majorité à la faute en espérant que celle-ci fera l’erreur de ne pas être en nombre suffisant pour le vote de chaque amendement. Rappelez-vous ce fameux mois de mai 2008, lorsque la loi sur les OGM a faillit capoter ! (Voir archives de la Télélibre.fr). C’est à ça que servent les amendements !
Donc, pour multiplier les possibilités de fautes, l’opposition multiplie les amendements. Et ça peut même devenir carrément une vraie bataille interminable de procédure lorsque l’on arrive, comme sur l’audiovisuel public, à une somme de 850 amendements… Et encore ! 850 c’est de la roupie de sansonnet au regard des 4000 qui ont été déposé contre la loi sur le travail le dimanche !

Je ne sais pas si vous avez eu un jour la curiosité de regarder à la télé les discussions des députés lors de l’examen de ces amendements… Bon, je vous l’accorde, ça a un côté bien chiant comme ça au prime abord. Mais ça vaut le coup d’œil, au moins une fois, ne serait-ce que pour constater de visu comment fonctionnent nos institutions. Les raisons de chaque amendement sont défendues, puis contestées puis enfin vient le vote. Et tout ça peut prendre facilement trente minutes sinon plus. Au final, on perd du temps et on retarde d’autant l’adoption de la loi.
C’est une lutte âpre et acharnée, qui ressemble à une guerre de tranchée… C’est de la baston en direct, mais au moins cela a le mérite de mettre tous les points d’un texte sur la place publique. C’est l’agora de nos ancêtres, le lieu des révélations où chacun peut prendre connaissance de son devenir… C’est l’arène où a lieu un travail parlementaire essentiel, qui fait la différence entre une démocratie et une dictature présidentielle, fut elle glorieusement élue.

Alors je sais ! Si quelques égarés de droite viennent me visiter, ils auraient beau jeu de me rétorquer que c’est la gauche qui, par le passé, usait et abusait de l’article 49.3, dit du vote de confiance, qui permet l’adoption sans débat d’un texte, pour forcer la main à la droite lors des périodes de cohabitation. Et ils auraient raisons ces visiteurs.
Pour moi, ces pratiques sont un déni de démocratie. Point barre.

Maintenant que tout est fini, que le gouvernement a réussit à mettre à genoux la télé publique, le travail de ces parlementaires d’opposition, cette « obstruction » tant décriée, aura au moins eut le mérite de nous avertir des dangers qui nous guettent. Nous seront on ne peut plus vigilants quant aux dérives éventuelles que cette réforme suscitera.

La prochaine partie de ce jeu passionnant a dors et déjà commencée… Pensez-donc ! Il leur a fallut trois semaines pour examiner 850 amendements ; Imaginez un peu le temps que ça va leur prendre d’en examiner 4000 !

Je sens qu’on n’a pas fini de rigoler !

vendredi 19 septembre 2008

La bête est morte

D’habitude je n’aime pas crier victoire trop tôt. Ce n’est pas trop mon genre, même si je suis une personne plutôt encline à s’enthousiasmer facilement. Donc, je passe mon temps à me tancer et à me conseiller à moi-même la tempérance et la patience. Mais aujourd’hui je ne peux m’empêcher de crier victoire, et de me féliciter de la vigilance du bon peuple français.
EDVIGE est morte, et même si certains disent que la carcasse bouge encore, j’ai quand même assisté en direct à son exécution.
Hier, en fin d’après-midi, j’étais donc devant I-Télé afin d’assister en direct à la déclaration de la ministre de l’intérieur Michelle Alliot-Marie. Celle-ci s’exprimait devant la commission des Lois.
Point par point, j’ai vu MAM faire montre d’une spectaculaire gymnastique. En effet, chaque pan du décret précédent a été abordé, détricoté, et remonté dans le sens des libertés individuelles. Un exercice hors paire d’hypocrisie et de manipulation. A chaque fois que MAM redéfinissait un des points litigieux d’EDVIGE (qui ne s’appellera plus Edvige d’ailleurs !), on avait l’impression que cette modification était issue de sa propre conscience des libertés individuelles et de son sens moral ! C’était à la fois pathétique, avec un soupçon de drôlerie mâtinée de perplexité…

Donc, exit Edvige, et saluons la naissance de deux nouveaux fichiers dont les noms, qui ne seront probablement plus féminins sur le coup-là, ne sont pas encore définis.
Tout d’abord, Il n’y aura plus de confusion entre les activités publiques ou citoyennes et la délinquance. C’est heureux, car déjà que nous avons de moins en moins confiance dans nos institutions, ce n’est pas la peine de tout mélanger. Les « personnalités qui exercent un mandat ou jouant un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif » seront répertoriées dans un « répertoire » (comme c’est intelligent !) contenant simplement les noms, adresses et numéros de téléphone.
A ce propos, j’ai bien aimé la description de l’ânonnante MAM sur l’utilisation d’un tel répertoire : pour elle, cela sert essentiellement à lancer des invitations, chercher des interlocuteurs ou encore a délivrer des décorations… (sic) Bref, c’est un peu le who’s who de la vie publique, un répertoire des fonctions officielles et déclarées tenu au niveau des préfectures et non-plus au niveau national…

Ensuite, en ce qui concerne le point d’achoppement sur les délinquants de 13 ans et plus, un droit d’oubli sera instauré. Si le jeune se tient à carreau, on oubli au bout d’un certain temps ses erreurs de jeunesse. Au bout de combien de temps ? Mystère… Mais on parle cependant de 5 ans…
Bien. Je ne suis pas totalement débile et je sais bien que la délinquance se rajeuni à vue d’œil… Mais je crois également que l’on a droit au pardon et à l’oubli. Le propre du jeune n’est-il pas d’évoluer ? Donc, pour moi, ça c’est réglé.
On notera également la disparition de l’adjectif « susceptible » qui empoisonnait l’ensemble du texte. En effet, cette susceptibilité de l’action, cette hypothétique dangerosité, distillait la suspicion sur l’ensemble de la population. Les personnes fichées ne le seront dorénavant que pour des faits avérés. Et c’est tant mieux !
Bon, on a gagné, le peuple a gagné et nous pouvons nous réjouir, je crois, à juste titre. Cependant, je pense que l’on pourrait être en droit de regretter certaines choses.
D’abord, je trouve regrettable que cela soit à nous, le peuple, de devoir faire ce genre de choses. Dans un pays démocratique comme le notre, le gouvernement devrait maitriser quelque-peu ses actions ou, tout du moins réfléchir un peu plus avant de promulguer des imbécilités. Il est sensé exister des garde-fous pour empêcher un gouvernement de se la péter et de se prendre pour Dieu. Je pense particulièrement aux institutions de régulation, et à l’opposition. Force est de constater que ces régulateurs ont faillis, et que c’est le peuple français qui a dut se retrousser les manches pour empêcher le gouvernement de sombrer un peu plus dans la démagogie dictatoriale. Mais, ce n’est à priori pas sont rôle, au peuple !

Nous devons donc prendre acte de cet état de fait, et prendre en main notre destin…
Ensuite, je m’interroge sur ce précédent décret qui, de l’aveu même de MAM et selon les directives présidentielles, était « volontairement imprécis ». Nous devons donc comprendre que l’attitude de Sarkozy est dorénavant claire. Ce type, ce petit dictateur en devenir, passe son temps à tester sa marge de manœuvre. Comme un gamin teste les limites de ses parents. Si nous ne prenons pas garde, nous allons nous réveiller un beau matin dans un pays où les libertés auront disparues. Donc, vigilance, vigilance, vigilance.
Allez ! Juste pour le fun. Z’avez vu le Fillon, qui alors même que MAM faisait son exercice d’équilibriste a voulu montrer qu’il existait en « sommant » sa ministre de revoir sa copie ? Petit problème de timing au sein du gouvernement ? J’en rigole encore…

mercredi 2 juillet 2008

Soyons logique !

Hier le ministre de l’Ecologie de l’Energie et du Développement Durable, Jean-Louis Borloo nous à fait une bien bizarre déclaration. Lors d’une interview accordé au Parisien celui-ci à déclaré, je cite : « Le malus des véhicules extrêmement polluants sera payé, non plus simplement à l'achat, mais tous les ans. A l'inverse, la prime de bonus pour les voitures propres représente un véritable gain de pouvoir d'achat pour les Français. ».
Comme vous le savez, je suis plutôt écolo sur pas mal de point, mais là je trouve que cette déclaration révèle, non seulement une langue de bois proche de la désinformation, mais qui plus est, une certaine injustice.
Comment ? T’as fumé la moquette Gwendal pour dire une chose pareille ? T’es malade ? C’est ton dimanche sans connexion qui t’a porté sur le ciboulot ?
Que nenni mes amis, je me permets juste d’être critique jusqu’au bout et voici pourquoi.
Le système bonus-malus inspiré du grenelle de l’Environnement et mis en place au 1er janvier 2008, consiste à taxer l’achat des véhicules neufs les plus polluants et de favoriser l’achat de véhicules « propres » sous la forme d’une prime. Ou d’une ristourne, comme vous voulez…
Jusque là, me direz-vous, pas de quoi hurler au loup, la mesure est plutôt bonne et va dans le bon sens… Cependant, il convient alors de définir ce qu’est un véhicule propre et un véhicule pas propre. La réglementation à fixé le seuil à 250g/km de CO2 émit. Plus de 250g, vous êtes un connard de pollueur. Moins de 250g, vous avez la conscience tranquille car vous êtes considéré comme un bon citoyen…
Le principe de cette réglementation étant d’inciter la population, mais pas forcément de se faire du fric sur le dos du consommateur. A ce titre, les sommes taxées et les sommes versées sont sensées s’équilibrer. Le problème, voyez-vous, c’est qu’étant donné les progrès technologiques actuels, les véhicules neufs qui émettent plus de 250 g de CO2 au kilomètre ne représentent que 1% des véhicules vendus… Pour vous dire, même une Ferrari F430 ou un Porsche Cayenne pollue moins que ça !
Donc, six mois après la mise en place de cette loi, le gouvernement s’est vite rendu compte que la mesure lui coutait plus qu’elle ne lui rapportait. Soit environ 200 millions d’euros par an ! Oups ! L’écologie s’est bien, mais faut quand même pas pousser mémé dans les orties…
Ores donc, il a été décidé que les pollueurs paieraient maintenant non seulement à l’achat, mais également annuellement à hauteur de 10% de la somme déjà prélevée lors de l’acquisition… Une double imposition en quelque sorte, et là, déjà, y’a comme un problème.
Il y a un problème parce que l’on assiste à un exemple d’ostracisme qui commence à me gonfler sérieux, comme pour les fumeurs, les obèses et les malades, et bientôt, pourquoi pas, les mangeurs d’andouillette ou les bouffeurs de camembert au lait cru… Je trouve le procédé immonde, et ce n’est pas parce que c’est bon pour la planète et que ça emmerde le bourgeois que je vais le tolérer ! Non mais !
D’autant plus que celui qui est capable de se payer un gros 4x4 bien crade peut certainement se fendre de la taxe de 260 euros par an (maxi), ce n’est pas ça qui va l’arrêter. Ce n’est donc pas comme ça que l’on change les mentalités monsieur Borloo ! Quitte à vouloir réduire les émissions de CO2, vous n’avez qu’à tout simplement baisser votre limite de 250g ! C’est pourtant pas compliqué !
Et puis, si l’on voulait être tout à fait juste, il faudrait aussi que le bonus soit versé annuellement à ceux qui roulent en véhicules propres… Non ? Soyons logique, nom d’un hobbit ! Et que dire des véhicules anciens qui polluent bien au-delà des limites décrétées ? Et bien on n’en dit rien... Car avec la baisse du pouvoir d’achat, ou la montée de la pauvreté selon la sémantique, ce n’est pas demain la veille que le français moyen pourra se racheter une voiture propre.
Alors soyons logique, et arrêtons de faire n’importe quoi, qui plus est au nom de la sauvegarde de la planète. La cause est suffisamment belle pour ne pas être ternie par des procédés antidémocratiques et bouche-trous. Oui, bouche-trous ! Ma grand-mère me disait toujours : « fait les choses correctement ou bien abstient-toi ! ». Et une grand-mère, ça a toujours raison, c’est bien connu…

mercredi 25 juin 2008

De la propagande à deux euros

Depuis deux jours la télévision diffuse une drôle de publicité. Une publicité qui, malgré les déclarations du gouvernement, est une grande première dans notre république. Pour la première fois en France le gouvernement a décidé de SE faire de la pub et de communiquer sur son action. La première est suffisamment remarquable pour être signalée, même si cette campagne me semble relativement cohérente avec l’hyper-présidence dont nous sommes maintenant habitués depuis un an. Il s’agit de la première action concrète du nouveau conseiller en communication du gouvernement, Franck Louvrier. Et pour une première le bougre met le paquet !
Il est prévu que cette propagande soit diffusée 1630 fois sur tous les écrans et dans des tranches horaires efficaces (les plus chères, bien sur) pour un budget estimé à plus de 4 millions d’euros. Précisons toutefois qu’il s’agit là de nos impôts, cela va sans le dire, mais c’est quand même mieux en le disant. J’utilise le terme propagande à bon escient croyez-moi, car le Larousse le définit comme suit : Propagande : Action systématique exercée sur l'opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social.
Plus au prés de cette définition, je ne crois pas que cela soit possible.
En l’occurrence, la doctrine que le gouvernement tente de nous faire rentrer dans la tête c’est que les gens sont IMPATIENTS ! Dès les premiers mots la voix off nous rassure en nous disant que le gouvernement l’est aussi (super !). Puis la voix, dramatique à souhait, nous décrit les progrès que les français peuvent dors et déjà constaté dans leur vie quotidienne : Les heures sup, la suppression des intérêts d’emprunt, un mois de caution au lieu de deux, l’exonération des revenus étudiants pour les impôts des parents, etcetera… Euh non, pas etcetera. C’est tout…
On aurait pu espérer une communication subtile, toute en finesse, destinée à redonner confiance aux Français… Mais non, la ficelle est la même que celle que les ministres et leur chef ne cessent de nous rabâcher, que le peuple veut que le gouvernement aille plus vite, plus loin, plus fort dans les réformes… Mais que malheureusement les résultats se font un peu attendre. Donc cette pub est conçue essentiellement pour rassurer. Faire patienter, si vous préférez… Le problème est que les français risquent de devoir patienter pendant longtemps. J’ajouterais même qu’il le fera sans doute en pure perte.
Donc, je trouve que cette campagne de publicité est non seulement grossière et démagogue, mais également insultante pour ceux pour qui le pouvoir d’achat est une réalité. D’ailleurs à ce propos, les mots « pouvoir d’achat » sont déjà en eux-mêmes une vaste fumisterie pour désigner le souci principal des Français… En Afrique francophone on dit plutôt « la vie chère », et pour ma part je l’appellerais plus simplement la pauvreté.

Allez, je vous glisse ici une petite parodie que j’ai dénichée sur le net… Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous mettre le vrai clip quand même ! Manquerait plus que je m’associe à cette pantalonnade…




clip Pouvoir d'achat parodie
envoyé par effer