Je voulais vous dire…


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samedi 2 janvier 2010

Mon Crédo

Pour entamer cette nouvelle année 2010, je me disais comme ça, qu’il serait peut-être judicieux que je revienne sur ce qui fait quand même le pain quotidien de ce blog, à savoir les indignations, les interrogations et les positions du taulier.
C’est vrai quoi, cela va faire maintenant vingt mois que je m’échine à vous parler de politique, et vous seriez peut-être intéressé de savoir où je me situe exactement sur notre échiquier hexagonal…
Mais peut-être devrais-je commencer par le commencement et vous raconter pourquoi j’ai envie de vous parler de ça ce matin. Ok, on va faire ça.

Alors donc, voilà. Hier, je suis allé jeter un œil chez mon confrère Humeurs de Gauche, et je suis tombé sur ses vœux. Des vœux un peu particuliers puisqu’au lieu de souhaiter de bonnes choses à ceux qu’il aime, il a préféré en souhaiter de mauvaises à ceux qu’il n’aime pas.
Perso, je trouve la démarche intéressante, tout à fait en adéquation avec son auteur puisqu’elle se situe dans la résistance et la lutte. D’ailleurs, sont pseudo c’est Gauche de Combat, ce qui dit bien ce que cela veut dire…
Je dis « démarche intéressante », mais en fait c’est plus que ça, car son article m’a franchement fait marrer. Et ce qui m’a fait surtout rigoler, c’est de constater que parmi les cibles honnies de ses vœux il y avait notamment un blogueur dit de gauche. Marc Vasseur pour ne pas le nommer. Et aussitôt, que ce passe t’il ? Une partie de la blogosphère lui tombe alors sur le râble pour lui reprocher de taper sur un collègue ! Et pas n’importe qui, des pointures ! Des gens connus et respectés dans le milieu !
Et c’est donc face à cette volée de bois vert que m’est venue l’idée du présent billet…

De plus en plus de personnes viennent me visiter et je les en remercie. Cependant, je n’ai vraiment pas envie qu’il m’arrive la même chose qu’à GdC, c'est-à-dire que l’on vienne me reprocher mes positions politiques sous prétexte que parce qu’on est de gauche on doit forcément être d’accord avec tout ce qui se dit à gauche.

Alors soyez avertis, lectrices et lecteurs, que vous êtes ici sur un blog que la terminologie classique qualifierait d’extrême-gauche. A gauche de la gauche si l’on veut employer une expression plus contemporaine.

Vous l’aurez sans doute remarqué, le centre de gravité de notre paysage politique national s’est, depuis quelques années, sérieusement déplacé sur la droite. C’est un fait. Ainsi, par exemple les socialistes en sont venus à embrasser des deux bras le libéralisme, maquillant le tout sous l’appellation grotesque de sociale-démocratie.
En ce qui me concerne, même si le curseur de la balance a bougé, moi pas. Les méchants sont toujours situés à ma droite, et c’est donc avec tristesse que j’ai vu certains partis politiques glisser irrésistiblement de ce côté-là de mon idéologie personnelle.

Ainsi, ne vous étonnez pas si vous me voyez taper à bras raccourcis avec le même enthousiasme sur Ségolène Royal, Cécile Duflot ou Nicolas Sarkozy. Même si j’arrive quand même à faire la différence entre les trois, ils se situent en ce qui me concerne du mauvais côté de ma ligne de tir.
Car oui braves gens, je sais faire la différence entre l’UMP, le PS et les Verts ! Il y d’un côté le pire, et de l’autre les moins pires… Le seul point commun que je leur accorderais et d’être tous les trois non-conformes avec ce que j’aimerais que notre société devienne.
Donc, ne me dites pas que je fais l’amalgame UMPS, comme je me le suis fait reprocher il y a peu de temps, je sais très bien faire la différence entre les épinards, les endives et les blettes. L’important étant qu’il n’y en est pas dans ma cuisine.

Donc je résume, vous êtes ici sur un blog d’extrême-gauche assumée et non encartée. Je précise bien « non encartée » car c’est important. Tout au long de cette année vous me verrez m’en prendre aussi bien aux sinistres fachos qui nous gouvernent qu’aux tiédeux de la gauche bon teint. Je hais littéralement ce qui ressemble de près ou de loin à une religion. Je trouve que la CGT est un ramassis de vendus au grand capital. Je cautionne la violence comme moyen d’expression politique. Et je déteste les épinards, les endives et les blettes.

Suis-je bien clair ?
Bien, tant mieux… Mais bon, ne vous inquiétez pas, en dehors de ça je suis un type hyper sympa, sensible et relativement cultivé et vous allez voir qu’on va bien se marrer pendant cette année !

Allez ! Passez un bon weekend !

samedi 17 octobre 2009

De la trahison des idéaux

Il y a quelques temps je m’inquiétais auprès d’une amie de cette fâcheuse tendance à la trahison de leurs idéaux qui anime bon nombre de gens de gauche.
La liste est longue depuis deux ans et demi… Eric Besson (Premier d’entre les Premiers), Martin Hirsch, Fadela Amara, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel…

Je m’interrogeais de savoir s’il existait dans l’histoire politique de notre pays des gens qui avaient fait le voyage en sens inverse… Et j’ai eu beau réfléchir, nous avons eu beau nous décarcasser la mémoire mon amie et moi, nous n’avons pas trouvé d’exemple de politiques qui au court de leur carrière seraient passés de la droite, vers la gauche…

Dans ce domaine, la trahison semble unilatérale…

Alors que nous faisions ce constat, mon amie me dit soudain :

-Ca fait flipper hein ?

Oui, ça fait flipper comme tu dis… Ca fait flipper, parce cette unilatéralité a quelque-chose de définitif. Comme si la logique voulait absolument que la sagesse conduise vers des idées de droite. Comme si cette unilatéralité désignait d’office qu’un camp valait forcément mieux qu’un autre et que le temps aidant, ces trahisons à répétition le démontraient…

Puis, au bout d’un moment plein de désarroi, je me suis souvenu d’un texte que j’avais écris il y a quelques mois… Un texte que je n’ai pas retrouvé, mais qui disait en substance ceci.

Être de gauche c’est réfléchir plus avant sur les faits qui font qu’une société fonctionne. Être de gauche, c’est avoir conscience que l’individu fait parti d’un tout. Être de gauche c’est avoir une conscience sociale. Être de gauche, c’est se préoccuper du bonheur des autres. Être de gauche, c’est s’obliger à participer à la vie collective même si cela empiète sur son petit bonheur égoïste. Être de gauche, c’est avoir le courage de s’attaquer aux sources des problèmes plutôt qu’à leurs conséquences. Être de gauche, c’est se battre encore et toujours contre les injustices. Être de gauche, cela demande des efforts… Des efforts constants et réguliers. Cela demande de la tolérance, de l’humanité, du respect…
Bref, être de gauche, c’est du boulot. C’est un combat.

Alors qu’être de droite c’est considérer que les autres peuvent et doivent se démerder sans l’appui des autres. Être de droite, c’est croire en la chance et au hasard qui fera forcément bien les choses pour la multitude. Être de droite, c’est penser d’abord à soi et à ses proches avant que de s’inquiéter du voisin de palier. Être de droite, c’est se considérer comme le centre d’un tout, et non-pas une partie d’un tout. Être de droite, c’est préférer rejeter qu’accepter. Être de droite, c’est laisser parler les instincts les plus basiques qui font la nature humaine. Être de droite, c’est accepter les inégalités comme une normalité…
Bref, être de droite c’est facile.

Alors j’ai compris que tous ces Besson, Kouchner, Amara, Bockel et autres Jouyet, n’avaient pas soudainement aperçu la lumière. J’ai compris que ces gens n’avaient pas réalisé combien la voie de droite était plus juste que celle de gauche… J’ai compris qu’ils avaient simplement choisi le côté obscure de la force. Ils avaient baissé les bras. Ils avaient choisi la facilité plutôt que le combat…

Voilà pourquoi, à mon sens, les désertions et les trahisons ne peuvent se produire que dans un sens et pas dans l’autre. Car, aussi vrai que la chair est faible, l’esprit l’est encore plus et les tentations sont grandes.

Ah oui ! Il me faut peut-être vous dire pourquoi j’ai pensé à ça en ce beau mais froid samedi qui s’annonce… Et bien c’est en écoutant la superbe chronique que François Morel a fait hier sur Inter… tout simplement.