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vendredi 10 octobre 2008

Les conséquences

Depuis quelques semaines, le péquin moyen assiste, impuissant, à l’énorme crise financière qui secoue la planète. Enorme ? Peut-être pas pour tout le monde. En effet, j’ai regardé hier deux reportages, genre micro-trottoir, sur l’impact de la crise sur certaines personnes de la rue… Deux reportages sur deux chaines différentes : Tf1 et France 2.
Ces deux instantanés sont peut-être orientés, sûrement même. Je veux dire par là, qu’il s’agit de restaurer la confiance des petits épargnants en ces temps troublés, et quoi de plus efficace que de montrer l’insouciance de la rue ? La vie de tous les jours plutôt que des traders à la mine déconfite ? Car, en substance, il ressortait du questionnement proposé ; que les français étaient, certes inquiets, mais n’avaient pas vraiment conscience d’être réellement en danger.

Pour eux, ce qui se passe en ce moment ne les concerne pas, ou du moins pas directement. Les bourses qui flanchent une à une, les taux d’intérêts qui baissent, tout ça c’est loin de la réalité concrète de la vie quotidienne. Pour ces personnes interrogées, ce ne sont que les riches, ceux qui possèdent des actions, des entreprises, ceux qui boursicotent et qui vivent de la sueur des autres qui en prennent plein la figure… parce que le péquin moyen, il n’a pas plus de 70 000 euros à la banque ! Le péquin moyen il est protégé par l’état ! Mais si, c’est le président qui l’a dit ! Pour eux encore, il s’agit d’une crise FINANCIERE. C'est-à-dire qui touche les financiers. Pas eux.

Alors je sais, vous qui me lisez, vous vous dites dans vos petites têtes bien faites, que ces gens-là ont tort. Et que le tort tue.
Nos politiques nous rabâchent à longueur de JT que la crise est financière et non pas économique. Qu’il convient de bien faire la part des choses, que les mécanismes ne sont pas les mêmes… Et cetera. Ce que ces bons messieurs oublient de nous dire, c’est que, oui se sont deux choses différentes, mais se sont également deux phénomènes liés entre eux. De l’un découle l’autre.
Lorsque les financiers auront bien accusés le coup, les conséquences pour notre économie se feront alors ressentir. Fermeture d’entreprises, chômage, pauvreté, hausse des prix de l’énergie et de l’alimentaire… Les gens qui se baladent en se gaussant des conséquences de cette crise ne veulent pas imaginer ce futur-là.

Mais, le point qui m’inquiète le plus n’est pas celui-ci. Il est plus général. Le péquin se dit que puisqu’il n’a rien, contrairement aux financiers, il n’a donc rien à perdre. Et ça on sait que c’est faux. Le financier lui, aura toujours de quoi remplir sa gamelle. Le péquin, c’est moins sûr.
Et que dire de ceux de par le monde qui crèvent déjà de faim ? Car, dans cette affaire, finalement, nous n’allons perdre que quelques degrés de confort et de niveau de vie.
Pour eux, les fermetures, le chômage, la hausse des prix se transformeront en famines, en guerres, en révolutions, en émeutes…
Car il ne faut pas se leurrer, c’est ce qui nous attends à court terme ! Oh, peut-être pas nous, ici en France, mais dans des endroits autrement plus importants que notre petit village gaulois. L'Afrique, le Moyen Orient, l’Asie du sud est, les Balkans, l’Europe de l’est…
Le péquin moyen, verra alors se pointer devant sa porte les vraies conséquences de cette crise, et il en sera forcément affecté. La question sera alors de savoir comment il va réagir de le péquin… Sera t’il solidaire et humain, ou défendra t’il son pré carré ?
Alors je veux dire à ces messieurs qui nous gouvernent, les dames aussi d’ailleurs, que je comprends leur discours rassurant. Il vaut mieux mentir au peuple pour qu’il reste calme, plutôt que de lui décrire par le menu ce qu’il va lui arriver. Je comprends, mais je ne cautionne pas pour autant. Car c’est cette absence de connaissances des faits et de ses conséquences qui feront que ce système pourri perdurera. Si les gens avaient un peu plus conscience de ce qui va se passer, peut-être mettraient-ils plus d’entrain pour revoir carrément le système.
Une image me vient à l’esprit : Le navire coule et l’équipage se contente de démonter les cloisons pour boucher les trous… Alors qu’il suffirait de prendre les chaloupes pour rejoindre l’île qui se trouve à l’horizon, et construire un nouveau bateau…. Différent. Plus solide. Plus humain.