Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


lundi 13 avril 2009

Les larmes de Tanit

Depuis quelques jours je garde dans un coin de ma tête une pensée triste mêlée de colère… Et de plein d’autres choses aussi. Une espèce de mélange inconfortable, brinqueballant, qui m’emmène valdinguer d’un côté et de l’autre du registre de mes émotions…
C’est confus. C’est méchant. C’est triste… Ca me donne envie de hurler, de pleurer, de foutre des beignes à pas mal de monde… Mais surtout de hurler et de pleurer face à ce qui n’est pour moi que de l’injustice.
Il n’est pas juste qu’une famille qui avait fait le choix, oh combien courageux, de ne pas suivre les mêmes routes que les autres, se retrouve non seulement endeuillée, mais également salie, insultée, trainée dans la boue par des moins que rien, des pisses-froids, des abrutis de premières, des débiles mentaux dotés d’un QI de bulot, des tristes sires à l’imaginaire atrophié… En somme, des imbéciles et des cons.

Moi, je voudrais vous parler d’une petite famille bien sympa qui avait un rêve. Celui de profiter un peu de cette planète avant qu’elle ne disparaisse. Une petite famille pleine d’amour et de projets pour leur enfant. Je voudrais vous parler de Cloé, Colin et de Florent…

Ils sont partis de Vannes un 26 juillet de l’année dernière, à bord d’un modeste voilier pour un périple autour du monde. Leur fière machine ne payait pas de mine mais elle avait l’avantage d’être sûre, solide et confortable. C’était un voilier taillé pour l’océan, le vrai. Celui qui ne fait pas de cadeaux, qui peut vous retourner comme une galette de sarrasin, mais qui, jour après jour, vous apporte également son lot de bonheur. Son nom, le Tanit.
Ils ont navigué au large du Portugal, franchis les colonnes d’Hercule, doublé Malte, la Sicile, Chypre… Ils ont fait escale en Egypte, franchi le Canal de Suez, se sont arrêté à Djibouti, Aden, Al Mukalla… Avant que de faire route au Sud, vers le Kenya…

Tout au long de leur périple, ils ont communiqué leur joies, leurs galères, leurs expériences à travers un blog : Le voyage de Tanit. Ils ont partagé leur bonheur. Ils ont reçu le soutien d’enfants des écoles émerveillés par l’aventure, les encouragements d’autres familles en voyage. Ils ont raconté l’appréhension qui était la leur alors qu’ils s’approchaient des eaux hasardeuses du Golfe d’Aden et des côtes de Somalie. Ils ont réfléchis, pesé les risques, opté pour une route discrète, bien au large des routes habituelles. Ils ont cru que l’allure débonnaire du Tanit, sa modestie autant affichée que réelle ainsi que le cap suivi allait les préserver des pirates… Mais ils se sont trompés.

Le 20 mars, le blog du Tanit publie son dernier message. On y parle encore de la traversée qui s’annonce… Et puis c’est fini. La suite vous la connaissez, je n’ai pas besoin (ni envie) de vous la raconter.

En France, alors que l’on était sans nouvelles de l’équipage, alors que d’obscure et de funestes événements se préparaient, les commentaires nauséabonds, les reproches, les critiques acerbes ont commencé à pleuvoir sur la famille. Une meute de crétins congénitaux qui ne comprennent rien à rien s’est abattue sur eux… Ils ont mis en doute leur choix de vie. Leur responsabilité de parents, d’hommes blancs… Que sais-je encore ?
Il y a même un connard qui a regretté que le blog ne soit pas monétisé, vu le nombre de visite qu’il recevait depuis la prise d’otage… Sinistres crétins. Rebus de l’humanité…
Ce matin encore je lisais quelques-unes de ces monstruosités, et j’en avais la nausée… J’avais envie de gerber sur ces philistins qui n’ont jamais tenu une barre de leur vie. J’avais envie de taper sur ces abrutis décérébrés qui n’envisagent rien de plus que leur petite vie de merde. Ce matin, j’avais envie de dire que je pensais à Florent, Chloé et à Colin…

Je me disais qu’ils avaient fait un choix qu’ils ne devaient en aucun cas regretter. Je me disais que la vie, parfois est injuste. Je me disais qu’il me tardait de pouvoir faire comme eux…
Je pensais au Tanit, ce fier petit navire, seul, abandonné par sa famille en deuil… Je me disais qu’il avait fait de son mieux, et que lui aussi il devait penser à sur son équipage perdu… Car, si je suis sûr que les humains n'ont pas d'âme, les bateaux eux en ont une, et ils savent pleurer sur les injustices de ce monde.


PS : Ce n’est pas la peine de laisser un commentaire si c’est pour faire comme la meute. Abstenez-vous, c’est mieux. Je risquerais de mal le prendre.

samedi 11 avril 2009

Nice, son soleil, sa promenade, sa taxe d’habitation…

Saviez-vous que… Oh mais bien sûr que vous le savez ! Les impôts locaux vont exploser cette année ! Si vous ne l’avez pas encore appris, rassurez-vous cela ne va pas tarder. Vous recevrez bien assez tôt la douloureuse sous la forme d’un avis de taxe foncière ou d’habitation aux chiffres improbables…

C’est donc à l’automne, alors que les feuilles commencent à tomber, que vous recevrez directement sur le coin de la gueule celles de vos taxes… Ouille ! Bobo le portemonnaie ! Mais heuuuu ! Vous voyez pas qu’on a plus un rond ! Qu’est-ce qui vous prend d’augmenter autant les impôts locaux alors que c’est la crise ? Z’êtes malade ou quoi ?
Il y a, pauvre contribuables impuissants, qu’effectivement c’est la crise… Mais bon, pour les explications, j’y reviendrais plus tard.

Ce qui me fait réagir aujourd’hui, c’est la manipulation politique qu’engendre cette crise. En effet, ces derniers jours, un quarteron de députés de droite a eu la bonne idée de publier « Le Livre Noir des Villes de Gauche ». Bon, je vous ai mis le lien pour être un tantinet informatif, mais je vous assure que vous ne perdriez rien à ne pas cliquer sur les mots en jaune ! Car en fait, ce Livre Noir n’a hélas pour seul et unique but, de faire passer un message simple qui pourrait se résumer ainsi :
« Regardez braves gens ce qu’il se passe quand c’est la gauche qui gère ! Elle augmente vos impôts ! ».
Pour sûr, ce genre de message simpliste va recevoir le plus bel accueil auprès des masses endettées, enfermées dans leurs crédits revolvings et menacées par le chômage… C’est triste, mais c’est ainsi.
Sauf que la réalité est peut-être un peu plus compliquée qu’il n’y parait.

Pourquoi croyez-vous que les municipalités augmentent autant nos impôts ? Parce que le plupart des villes de France sont gérées par la gauche et que ces gens là sont fascinés par l’imposition maladive ? Cela serait trop beau si c’était aussi simple !

Le fait est que, à l’image de l’état, lorsqu’une ville perçoit ses taxes, celles-ci sont placées… Où ? Ben, dans des placements qui rapportent bien sûr, (Z’êtes bêtes ou quoi ?) Et qu’est-il arrivé à la plupart de ces placements à hauts rendements ces derniers temps ? Ils se sont cassé la gueule ! Bien, je vois qu’il y en a qui suivent… Donc, la plupart des communes de France se retrouve avec des pertes énormes, sacrifiées sur l’autel des fonds de pensions et autres actifs toxiques.
Et qui va rembourser ces placements hasardeux ? Nous, bien évidemment ! Et pas plus tard que cet automne !
Mais bon, c’est le cas de toutes les villes, qu’elles soient de droite ou de gauche. La stupidité ne connait pas de frontières idéologiques, c’est bien connu…

Mais là où on peut rigoler un peu, c’est quand on regarde de près ce fameux Livre Noir, on s’aperçoit qu’une ville fait l’objet d’un traitement particulier… Laquelle ? Je vous le donne en mille, la mienne : NICE !
Nice et son augmentation de la taxe d’habitation de 17,7% ! Sauf que, selon ces dignes représentants de la morale publique, si l’ex-ministre Christian Estrosi en est venu à agir de la sorte, c’est pour investir… Ben oui ! Les élus de gauche augmentent les impôts pour dépenser, alors que les élus de droite c’est pour investir ! La différence sémantique est énorme !

Non, sérieusement, elle n’est pas un peu grosse la ficelle ?

Quand je pense que, comme le rapporte Marianne.fr, ce Livre Noir est destiné à « faire connaître aux Français (…) la gestion de leur ville, au-delà des campagnes de communication menées à la gloire des majorités en place » ! On croit rêver…

mercredi 8 avril 2009

Bien joué !

Bonjour !

Bon… Comment vous dire ? J’suis un peu embêté aujourd’hui…
Rassurez-vous, rien de bien méchant ni de véritablement gênant. C’est juste qu’aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de faire un truc avec lequel je ne suis pas très familiarisé… Figurez-vous que ce matin je suis obligé de dire du bien de Ségolène Royal !
Vous n’imaginez pas à quel point l’exercice est difficile pour moi ! C’est dingue ! Mais bon… Là, sur ce coup, je suis quand même obligé de reconnaitre qu’elle a fait très fort.

Je parle bien évidemment de son contre-discours de Dakar.
Or donc, la Royal s’en est prise directement au président de la République en présentant ses excuses pour les propos insultants que Sarkozy avait tenu le 26 juillet 2007.
Vous vous souvenez ? Mais si ! Rappelez-vous, le nain avait profondément insulté l’Afrique toute entière en caricaturant « l’homme africain » avec un regard d’un néocolonialiste dégoulinant et une morgue ineffable ! Ah quand même ! Vous vous en rappelez ! Parce que je peux vous dire que sur le continent africain, eux, ils s’en souviennent très bien !
Et là, avec ce contre-discours, Ségolène a fait ce que bon nombre de français ont eu envie de faire à l’époque. S’excuser des propos tenus. Demander pardon pour l’insulte. Assurer que le jugement porté, n’engageait que la personne du président et en aucun cas le peuple français.
D’un point de vue humain, c’est exactement ce qu’il fallait faire.
D’un point de vue plus politique, c’est du grand art… En tenant ce discours, Ségolène Royal arrive à se positionner comme l’opposante principale de Sarko sur les grands sujets de politique internationale. Elle devient enfin crédible, du moins en ce qui concerne ce sujet particulier…

D’ailleurs, pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire les réactions de la majorité depuis lors ! C’est l’hallali ! Lefebvre, Copé, Fillon, ils s’y sont tous mis pour hurler à l’humiliation nationale, aux propos démagogiques, à l’irresponsabilité « indigne et scandaleuse »… Quel beau bordel ! C’est magnifique ! Pour provoquer autant de réactions, c’est donc qu’elle a sut taper là où ça fait mal… Alors, aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je dis : Bravo Ségo !

Tiens ! Libération a mit en ligne un petit montage qui raconte en quelques minutes l’affaire… regardez, et savourez !


Royal: le contre-discours de Dakar
par liberation



Cela-dit, ne pouvant quand même pas virer soudainement ma cuti et sombrer tout à fait dans le ségolènisme primaire, je me dois de préciser qu’elle a été (comme toujours) très nulle dans sa façon de se mettre en scène… Faut vraiment qu’elle arrête de fréquenter Besnehard !
Voilà ! C’est fait ! J’ai fait ma BA! J’ai dit du bien de la Dame du Poitou ! J’espère que cela ne va pas se reproduire de si tôt, parce que c’est pas facile !

mardi 7 avril 2009

Légitime violence

Allez ! Hop ! Je vous propose aujourd’hui une petite réflexion de derrière les fagots ! Au début, je voulais glisser quelques mots dans la colonne de droite, mais au final, je me suis dit que cela risquait d’être un peu plus consistant que ça… Donc, allons-y, n’ayons pas peur, lançon-nous carrément dans un article ad-hoc !
La violence se justifie-t-elle ? En voilà une bonne question, n’est t’il pas ? En tous cas, moi, c’est la question qui me semble opportun de se poser au lendemain du week-end que les strasbourgeois viennent de passer…

Ce week-end a eu lieux comme vous le savez certainement le sommet anniversaire des 60 ans de l’OTAN à Strasbourg. Bon, je ne vais pas dégoiser sur les tenants et les aboutissants de cette petite sauterie, d’autres le feront certainement beaucoup mieux que moi… D’ailleurs, je me suis déjà exprimé sur le sujet il y a quelques jours, et d’après ce qu’en j’en lis, les faits corroborent mes hypothèses. Donc, disais-je, pas besoin d’en rajouter une couche pour l’instant.
Non, ce dont je voulais qu’on cause aujourd’hui, si ça vous chante, c’était plutôt de ce qu’il s’est passé en marge de la réunion, comme disent les journalistes. Je veux parler bien sûr des échauffourées qui ont eu lieu dans les rues et des batailles rangées qui ont vu s’affronter forces de l’ordre et Black Blocks.
Black Blocks… Voilà bien un mot qui fait trembler la ménagère ! Ca sonne bien dans la bouche, et ça claque comme un fouet dans les oreilles ! Autrement mieux que si l’on disait « Blocs noirs », non ?
Donc, Strasbourg a eu droit à des débordements de violence, la destruction d’un ancien poste de douane, l’incendie d’un hôtel, d’une pharmacie, d’une banque, etc… Des barricades un peu partout, des arrestations en pagaille… Bref, de la belle et bonne baston bien classique.
Ce n’est pas la première fois qu’un sommet international suscite de tels débordements. Auparavant il y a eu Gênes, Seattle, Annemasse, j’en passe et des meilleurs, mais ce qui me frappe dans les événements de ce week-end, c’est qu’ils s’inscrivent dans la continuité d’autres mouvements violents. Je pense bien sûr aux manifs en Corse, et aux séquestrations de patrons. Donc, l’heure est à la violence, ou du moins à une certaine forme de violence.
Dans les médias et ailleurs, beaucoup s’insurgent et hurlent, chacun selon sa sensibilité, dégobillant sur les voyous casseurs ou bien sur les provocations policières… Mais il y a cependant un consensus, c’est que l’on demande à tout un chacun de condamner absolument cette violence. Alors bien sûr, certains ont du mal… Mais au final, ils le font tous quand même ! Ils se rangent derrière la bannière de la pensée unique et du politiquement correct pour condamner parce qu’il est de bon ton de le faire…

Il y a quand même une bonne dose d’hypocrisie dans cette démarche.

Pourquoi la politique, au sens premier du terme, serait-elle exempte de toute violence ? La politique est une expression de l’humanité, et l’humanité est violente par nature… Non ? (Bien sûr que si !) La violence est inscrite dans nos gènes et par là-même fait partie intégrante de l’action politique. Ne serait-ce que pas sa simple évocation… En effet, un piquet de grève aux portes d’une usine, une manifestation d’étudiants, sont des actions politiques qui recèlent une violence potentielle… Même si celle-ci est larvée, elle est néanmoins présente sous la forme de menace ou d’avertissement. De même, un barrage de policiers en armure est lui aussi la démonstration ostentatoire d’une menace possible...
Vous me direz que tant qu’on reste au niveau de la menace, il n’y a pas trop de mal… Bien sûr, je suis d’accord, mais la menace n’est valable que si elle est susceptible d’être suivie des faits… Forcément, à un moment ou à un autre, la situation peut franchir un seuil invisible et la violence passera alors de la simple évocation, à la matérialisation.

Ce à quoi nous avons assisté, c’est au franchissement de ce seuil. Ce seuil où l’être humain est prêt à mettre en danger son intégrité physique pour défendre ce qui lui semble important. Que cela soit dans les actions radicales des Black Blocks qui considèrent que la destruction du capitalisme passe par la destruction de ses symboles. Que cela soit des employés abusés qui retiennent leur patron prisonnier, ou encore le pauvre quidam qui se suicide dans les locaux de son entreprise… Tous ces gens ont franchi un seuil. Et ce seuil, on pourrait l’appeler désespérance.
Nous possédons tous notre propre seuil de désespérance. Celui-ci est comme un curseur qui se ballade sur l’échelle de notre vie, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’en ce moment, et bien le curseur il a tendance à descendre dangereusement.

Donc, contrairement à l’actuel angélisme qu’il est de bon ton d’afficher, je pense que la violence peut se légitimer. Tout simplement parce que comme je l’ai dis, elle est humaine et qu’il serait complètement utopique (débile !) de nier ce que nous sommes…
Pourtant, ils sont nombreux ceux qui voudraient nous faire croire que l’on peut aller à l’encontre de nos instincts. Ils sont nombreux, surtout à droite, à vouloir que l’on se détourne des causes pour ne s’intéresser qu’aux effets… Ils nous disent avec des trémolos dans la voix que tout ceci est inacceptable ! Qu’il est inadmissible d’employer de tels moyens pour arriver à ses fins !
Inadmissible ? Et puis quoi encore ? Ce qui l’est, inadmissible, c’est d’avoir provoqué cette violence, pas qu’elle se soit exprimée ! La violence est une conséquence et en aucun cas une cause ! C’est le symptôme de la maladie et non pas la maladie elle-même…

Pour être tout à fait franc avec vous, et étant donné ce qu’il se passe dans notre pays et ailleurs, je ne ferais pas comme tous ces hypocrites qui disent qu’il ne faut pas excuser la violence. Bien au contraire, nous seulement je l’excuse parce que je la comprends, mais il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que j’en vienne à l’appeler de mes vœux !

Diantre ! Je devine déjà quelques-uns parmi vous qui se demandent quelle mouche empoisonnée a bien pu me piquer pour en venir à tenir de tels propos aussi radicaux ! Que voulez-vous ? Moi aussi j’ai mon propre seuil de désespérance ! Et lorsque je vois ce qui passe autour de moi, il me vient de plus en plus souvent l’envie de souhaiter que tout s’écroule une bonne fois pour toute… Quand je vois que cette crise systémique globale n’a pas réussit à mettre du plomb dans la cervelle de tous ces ultralibéraux de merde, je me dis qu’il est temps que le peuple s’en charge ! Voilà !

Vous voyez ? Même moi qui suis pourtant connu pour ne pas être un parangon de violence, je m’y mets aussi… Ne serait-ce qu’avec des mots. C’est vraiment qu’il y a quelque-chose de pourri dans le royaume du Danemark…

samedi 4 avril 2009

Happy birthday to me !

« Bien, c'est plutôt laborieux, et je galère un max pour organiser ce blog. Je n'ai pourtant pas un QI de 12, mais l'interface de gestion de mon blog me semble être du chinois... Je tâtonne, je fais des essais, je me plante, je recommence... Bref, je m'amuse comme un petit fou! »

Vous ne vous en souvenez probablement pas, mais c’est par ces mots qu’il y a exactement un an je commençais ce blog…
Et oui ! Un an ! C’est plutôt drôle parce qu’en fait je me dis que c’était hier et en même temps je me dis que j’ai l’impression que cela fait une éternité ! Va comprendre… Peut-être que mon ordi recèle les secrets d’une faille spatiotemporelle qui altère ma perception du vécu… Allez savoir ? On ne sait jamais, avec tous ces trucs qui nous font en ce moment : Les OGM, les ondes des antennes relais, le sarkoïdose aigüe…

Mais bon… Je m’égare. Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui ! Ça fait donc un an que j’ai décidé de me lancer dans la tenue de ce blog… Avant que de sacrifier à la tradition et de vous faire un petit bilan de cette année, je me dis qu’il serait peut-être intéressant que j’essaye d’exprimer ce que cet espace m’apporte.
« Que j’essaye d’exprimer… » C’est marrant, mais maintenant que j’y pense, j’ai l’impression que c’est à ça que je passe la plupart de mon temps depuis une année… Je m’exprime, ou du moins j’essaye.
Pour tout vous dire, depuis que je suis gamin j’aime écrire. J’aime utiliser le verbe, la langue. J’aime les mots. Au-delà de la subtile puissance que recèle la langue française, j’aime à faire en sorte de me faire comprendre le mieux possible. J’aime à essayer de renouveler, autant que faire se peut, ce petit miracle qui est de transcrire la pensée en des signes que les autres peuvent décrypter… Et en même temps, je m’aperçois qu’écrire me permet également de clarifier la mienne de pensée… C’est donc double bénef pour bibi !
Sans entrer dans les détails glauques de mon enfance, ni même tenter une auto-psychanalyse de comptoir, je crois qu’avec l’écriture, j’arrive en fait à combler un gros déficit affectif… Pour le dire plus simplement, j’étais (je suis ?) comme un gamin qui trépigne et se roule par terre en criant « Mais écoutez-moi à la fin ! ».
Bon… Je sais bien que ça peut sembler tout à fait pathétique comme démarche. Mais que voulez-vous, c’est la mienne et je l’assume entièrement !

Aussi, quand ce petit mioche teigneux a découvert qu’il pouvait s’épancher sur un blog, et qu’en plus ce qu’il avait à dire intéressait plus ou moins de monde, vous pensez bien qu’il a sauté sur l’occase le bougre ! Donc, depuis un an, je m’épanche et vous, vous épongez.
Et encore heureux que vous soyez là pour éponger, mes lecteurs chéris ! Sinon, je me demande bien à quoi cela servirait que je m’épanche ? Hein ? Je vous le demande !

Plus sérieusement, je tenais à vous remercier toutes et tous pour l’amitié que vous me faite de venir me rendre visite jour après jour. Vous me donnez de l’énergie.

Alors, faisons, si vous le voulez bien, un petit bilan de cette année passée :
En un an Je voulais vous dire à reçu, à la louche, environ 6000 visiteurs uniques pour je ne sais pas combien de pages vues. Et oui ! Je vous l’ai déjà dit lors de mon centième article, je ne tiens pas (encore) à entrer dans une logique comptable de ma popularité. Donc, les statistiques sont réduites au strict minimum.
Plus important que le nombre de visites, c’est le nombre de commentaires qui m’importe. Vous m’en avez laissé 1349 tout au long des 182 articles que j’ai pu écrire. Ca fait donc si on aime les moyennes, en gros, une quinzaine de visiteurs par jours, un article tous les deux jours et sept commentaires par articles…

Arrêtons avec le quantitatif et intéressons-nous au qualitatif :
L’article qui apparemment vous a le plus plu puisque qu’il a suscité le plus de commentaires de votre part c’est celui-ci. L’article qui a provoqué chez moi le plus de… conséquences inattendues, c’est celui-ci. A cause, ou grâce à lui, je me suis fâché avec toute ma famille qui ne veut plus me parler depuis !
Il y a eu de grandes séries d’articles consacrés à la forêt et au Grand Tétras. Il y a eu quelques coups de gueule, des moments de plaisir, de doutes… Bref, ce fut une année plutôt chargée en émotions diverses !
Et c’est ça que je veux absolument garder en mémoire. C’est ça qui fait que je vais continuer à écrire encore et encore, semaine après semaine, pour mon plus grand plaisir et j’espère également le votre !

Allez ! Je vous fais plein de bises à tous et on repart pour une nouvelle année pleine d’aventure !

vendredi 3 avril 2009

Bluette fictionnelle

« Bonjour Monsieur ! »
« Monsieur, bonjour ! »
« Voilà… Je m’disais… Je vois ici sur votre publicité que votre établissement est situé dans un pays inscrit sur la liste gris foncé des paradis fiscaux… »
« Absolument Monsieur ! Le label gris foncé nous a été accordé en 2000 par l’OMC et confirmé cette année par le G20 ! Je dois vous dire que nous en sommes assez fier… »
« Je suis content pour vous, mais je m’demandais quels services vous pouviez m’offrir maintenant que vous êtes officiellement labélisé paradis fiscal gris foncé… »
« Eh bien mon cher Monsieur, sachez que notre établissement est à même de vous fournir tous les services auxquels vous avez été habitué depuis des décennies. Nous vous garantissons toujours l’anonymat, vous pouvez toujours utiliser nos coffres et nos placements, comme avant… »
« Ah bon ? Mais j’avais cru comprendre que depuis le G20 de Londres on ne pouvait plus… »
« Mais non ! Ca c’est ce qu’on a été obligé de dire officiellement pour rassurer le bas peuple ! Dans les faits, rien ne change ! Vous pouvez toujours nous faire confiance… »
« Mais… Ils ont dit… »
« Ne tenez pas compte de ces effets d’annonce ! Cela ne vous concerne évidemment pas ! »
« J’entend bien Monsieur, mais je voulais quand même savoir… Pour ce qui est des impôts… »
« En ce qui concerne les services fiscaux, ou même judiciaires, de votre pays nous serons bien sûr obligé de répondre à leur demande d’information le cas échéant… Mais, rassurez-vous ! Encore faut-il qu’ils nous fassent une demande en bonne et due forme, avec votre nom, votre numéro de compte, tout ça… Si vous prenez quelques élémentaires précautions de votre côté, il n’y a aucune raison pour qu’ils aient accès à ce genre d’information ! En plus, ça prend toujours du temps ces choses là, et vous aurez largement le temps d’ouvrir un autre compte ailleurs ! Dans la banque d’en face par exemple ! »
« Ah bon… Mais j’ai entendu dire que vous envisagiez de passer du gris foncé au gris clair… Qu’est-ce que… »
« Ne vous inquiétez pas, si nous faisons ça, c’est pour une question d’image. Rien ne changera en fait ! Tant que nous ne sommes pas obligés de signaler les transactions venues de l’étranger de façon systématiques, rien ne change vraiment ! »
« Mais le secret bancaire ? Le président Sarkozy a dit que le secret bancaire n’existait plus ! »
« Hé hé hé… Ben oui, et alors ? Que croyez-vous que cela change ? Rien ! Absolument rien ! Nous ne sommes pas obligés de crier sur tous les toits ce qui se passe chez nous… Tant que l’on ne nous demande rien, nous on ne dit rien ! Ce n’est pas comme si nous mentions ou que nous refusions de répondre… On va dire que nous sommes discrets, et c’est le moins que vous puissiez attendre d’un établissement comme le notre… »
« Bien. Ecoutez, tout cela me semble parfait. Je suis rassuré… Je pense donc que je vais pouvoir faire appel à vous en fin de compte… Bien évidemment, je vous demanderais d’oublier… »
« Bien sûr, cher Monsieur, je ne vous ai jamais vu, et nous n’avons jamais eu cette charmante conversation ! D’ailleurs, sur les documents d’ouverture de compte, vous n’êtes pas obligé d’inscrire votre vrai nom… Vous pouvez très bien mettre ce que bon vous chante ! »
« C’est bien ainsi que je l’entendais ! Je vous remercie beaucoup cher Monsieur pour votre amabilité et votre temps précieux. Je pense que nous serons amenés à nous revoir très bientôt ! »
« Oh vous savez : Rien ne vous y oblige. Nous disposons d’un système informatique dernier cri qui vous permettra de gérer vos transactions de chez vous en toute sécurité et discrétion… »
« Ah ? Bien. Tout cela est vraiment parfait. Je vous remercie encore cher Monsieur pour votre accueil… »
« A votre service Monsieur. »
« Dites-moi, pour reprendre l’autoroute je dois prendre par où ? «
« Oh Monsieur ! Mais notre service d’hélicoptère se fera un plaisir de vous transporter jusqu’à l’aéroport de Nice. Le vol ne dure que dix minutes ! »
« Bien ! Parfait ! Faisons donc cela ! Bonne journée Monsieur !»
« Oh mais, bonne journée à vous mon cher Monsieur ! »

jeudi 2 avril 2009

Un G20 pour rien

Depuis le début de la semaine, tout le monde s’emballe autour de la réunion du G20 qui a lieu aujourd’hui à Londres.
Mouais… Moi je veux bien que les gens s’emballent si ça peut leur faire plaisir, mais j’ai bien peur qu’au sortir de ladite journée, l’emballement soit suivit d’une désillusion profonde.
Sur le papier, il est vrai que la promo événementielle est alléchante : Pensez-donc ! Les grands pontes vont se réunir pour trouver une solution à cette crise systémique globale qui fait transpirer les banquiers, frémir les politiques, et accessoirement fait licencier à tour de bras des millions de travailleurs de par le monde. Ils sont sensés faire en sorte que ce qui est en train d’arriver au système financier mondial, ne se reproduise plus jamais ! Ils sont sensés déterminer des solutions pour « moraliser » le capitalisme ! Merde ! C’est quand même pas rien !

Bon d’accord, vous avez bien senti l’ironie que j’ai essayé de mettre dans cette petite entrée en matière (sentie, l’avez-vous ?). L’ironie c’est ce que j’ai l’habitude d’employer lorsque je vois l’espoir que l’on essaye de nous inculquer alors même que tout nous démontre le contraire. L’ironie, c’est tout ce qui reste aux gens comme moi qui devinent très bien ce qui se passe derrière les communiqués et les postures individuelles… L’ironie, c’est également ce qui précède la colère. Mais ça, c’est un autre sujet…

Or donc, les vingt chefs d’état les plus riches, ou les plus influents, de la planète vont se réunir pour tenter d’apporter une solution à cette crise mondiale… Chacun arrive avec sa vision des événements, et chacun a sa solution. Bien évidemment, visions et solutions sont sensées se confronter, et il devrait logiquement en sortir un texte commun aux vingt protagonistes… Logiquement.
Sauf que déjà, on devine à travers les postures et les déclarations préliminaires des uns et des autres, que même si ils vont probablement arriver à s’entendre pour que rien ne change, cela risque de ne pas se faire sans heurs.

Pour exemple, prenons les deux stars de ce sommet : Je dis stars, mais c’est parce que je me situe d’un point de vue franchouillard… Parce que s’il le faut, du point de vue des chinois, il y a probablement une des deux qui n’est rien d’autre qu’une punaise malodorante… Bref, prenons l’exemple d’Obama et de notre Président à nous.
Outre les bons cent-dix-huit centimètres qui séparent les deux hommes, chacun d’eux a en fait à cœur de défendre son près carré et rien d’autre.
Le premier, tout encore auréolé d’une sainteté virginale, joue à merveille le rôle de celui-qui-veut-faire-en sorte-que-les-choses-aillent-mieux-pour-tout-le-monde, mais en fait ce qui lui importe c’est que le dollar continue à être la monnaie de référence du commerce mondial. Ça, c’est son objectif principal. Si jamais les acteurs économiques décident qu’il y en assez d’être assujetti à cette monnaie de singe, son pays va se retrouver ruiné dans les mois qui viennent et par là même un tas d’autres comme la Chine (qui possède la dette américaine, rappelons-le) et la plupart des pays anglo-saxons. De même, le plan de relance massif de son pays s’en trouverait complètement anéanti si jamais ce n’était plus lui qui commandait la planche à billet… Bref, Obama joue sa tête sur ce coup-là, mais aussi la tête des milliards de consommateurs de par le vaste monde libéral.
Le second, notre Président Sarkozy, lui il joue sur un tout autre registre. Ce qui lui importe ce ne sont pas de vagues questions d’ordre économique, non… Ce qui lui importe c’est sa réélection en 2012.
Vous trouvez que je vais vite en besogne ? Que je suis réducteur ? Pourtant pour moi cela me semble évident !
Vous croyez vraiment que le petit Nicolas il veut que les règles du jeu capitaliste changent ? Alors que ce même petit Nicolas voulait il n’y a pas si longtemps que nous vivions dans un France de propriétaires, que nous empruntions à tout va, que nous devenions des actionnaires ? Les gens ne changent pas, jamais, sachez-le. Ils peuvent à la rigueur évoluer, mais ce qui fait leur moi profond, lui ne change jamais. Aussi, je doute que notre PGE est beaucoup évolué en quelques mois… Non, ce qu’il veut notre président, c’est que les français arrêtent de défiler dans les rues tous les mois. Ce qu’il veut c’est que l’on arrête de séquestrer des patrons. Ce qu’il veut, c’est arrêter de voir sa tête promenée au bout d’une pique à longueur de journée… Il veut ça, et rien d’autre. Le système financier mondial, il s’en moque comme de ses premières talonnettes ! Si il gesticule et menace, c’est pour que le G20 ponde quelque-chose qui lui permette de pouvoir faire bonne figure dans les médias et remonter ainsi sa côte de popularité, rien d’autre… Car 2012, c’est pas si loin ! C’est dans trois ans…

Alors, franchement, je serais bien surpris que ce sommet arrive à faire changer les choses… On a cru, j’ai cru, pendant un temps que l’effondrement du château de carte allait permettre de voir l’avènement d’une nouvelle économie plus humaine. J’ai vraiment cru que les acteurs de cette économie se rendraient compte que lorsqu’un système s’écroule, c’est parce que ses bases sont pourries… J’ai vraiment cru que la logique évidente de cette constatation allait changer les choses…
Mais aujourd’hui, alors que tous ces chefs d’états se réunissent pour un simulacre de conseil de guerre, je m’aperçois qu’en fait, ils vont arriver à se mettre d’accord pour que le système perdure. Ils se demandent déjà comment ils vont pouvoir faire pour justement ne rien faire… Attendre que la bourrasque passe, et faire en sorte d’en tirer un profit malgré les dégâts. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que l’on entend depuis des semaines par la voix des représentants de tous ces gouvernements ? N’est-ce pas ce que notre nain national nous a déclaré avec tant de conviction ? L’important ce n’est pas tant la crise elle-même, mais l’après-crise. « Nous nous en sortirons plus fort ! » qu’il a dit le psychopathe !
Dire cela, c’est déjà comme réciter un mantra de l’idéologie libérale… La naissance et la mort font parties du jeu, ce sont des choses de la vie. La naissance et la mort des entreprises sont donc également des choses de la vie… Et sur le terreau des emplois supprimés peuvent renaitre d’autres entreprises et d’autres emplois… C’est le cycle du carbone appliqué au monde du commerce.

Sauf que nous ne sommes pas QUE des atomes de carbones ! Nous sommes également des êtres humains, avec des vies individuelles… Mais ça, curieusement, ce n’est pas précisé dans le mantra.