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vendredi 12 février 2010

Ces Grecs qui font bander Nicolas

Ce matin j’avais envie de parler de ce qui se passe Grèce. Sauf que pour tout vous dire je n’y pige pas grand-chose. Enfin, je pourrais si je m’en donnais la peine, mais pour ça il faudrait que je potasse un peu… Et je n’ai pas envie.

Mais est-ce que cela va m’arrêter pour autant ? Que nenni fidèle lectorat ! J’ai la faiblesse de croire (ou l’orgueil, c’est vous qui voyez) qu’un regard candide sur les choses est aussi une source d’information. Alors je vais candider.

D’après ce que j’ai compris, à partir de ce que j’ai entendu, la Grèce est en faillite. C'est-à-dire qu’elle n’a plus les ressources nécessaires pour assurer le paiement de son train de vie, de ses fonctionnaires. Circonstance aggravante, le fait que la Grèce trébuche, attire des spéculateurs sans scrupules (pléonasme !) qui en profitent pour parier sur la chute du pays, accélérant d’autant le processus de faillite…
Craignant un effet domino qui pourrait entrainer la chute d’autres pays qui ne vont pas bien non-plus, la zone euro se mobilise donc pour inciter la Grèce à se reprendre en main. Pour eux, pas question de prêter du fric à ces grecs qui ne savent pas le gérer, mais par contre ils peuvent toujours se fendre d’exigences pour « redresser » la situation. Des trucs du genre : un gel total des salaires des fonctionnaires, le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite et l’augmentation des taxes sur les carburants. Bref que des trucs que Nicolas Sarkozy aimerait bien que l’on fasse chez nous, tellement il est libéral, tellement c’est comme ça qu’il faut faire pour le bonheur de la multitude. Amen.
Et puis en plus il parait qu’ils auraient falsifié leurs comptes pour faire partie du club alors…

Sauf que ces cons de grecs, je parle des péquenots de base, ils ne comprennent pas qu’on ne veut que leur bien et ils défilent dans les rues pour dire qu’ils ne sont pas d’accord.

Voilà, on en est là.

Bon déjà, on peut se demander comment ça se fait qu’un pays soit en faillite… C’est vrai quoi, un pays ce n’est pas une entreprise ! Enfin, je crois… Non ?
Logiquement un pays, lorsqu’il a des problèmes de sous, et bien il en re-fabrique le temps de s’en sortir, quitte a avoir de l’inflation par la suite, mais un pays, un état, c’est supposé être une entité insubmersible, non ? Enfin, c’est comme ça qu’on faisait avant…

Oh mais que j’suis con ! J’oubliais ! C’est fini ce temps là où les pays émettaient leur propre monnaie et étaient ainsi maitre de leur destin ! Maintenant tous les européens ont la même !
C’est donc pour ça que les autres ils balisent à mort et qu’ils ne veulent pas leur filer des sous ! Parce que ça les impacterait eux aussi !
C’est bête cette histoire, parce que s’il n’y avait pas eu la monnaie unique… peut-être que la situation ne serait pas si grave que ça en Grèce… ? Hein ? Enfin, moi j’dis ça, j’dis rien.

Et puis il y a truc qui me semble évident… Bon, on sait bien que l’Europe n’est qu’une fiction sociale, mais qu’en matière d’économie c’est une machine bien huilée qui n’a qu’un seul but : Transformer tous ces adhérents en pays ultralibéral. Donc, en fait, cette crise c’est pour elle du pain bénit pour imposer des transformations à la Grèce sans avoir la populace aux fesses. Genre, t’as pas le choix ma grande et tout pays fondamentalement de gauche que tu sois, il va bien falloir que tu t’y fasses…

Moi ce qui me fait un peu baliser, c’est que dans les journaux ils disent que la Grèce n’est qu’un début… Oui ils le disent ! Selon eux les prochains qui devraient boire la tasse se sont dans l’ordre (parce qu’ils ont même réussi à trouver un ordre) : L’Espagne, le Portugal et… la France !

Doux Jésus, j’imagine déjà la trique qui doit lui venir à notre Nain National ! Une bonne gamelle financière, ça serait l’idéal pour mettre au pas ces foutus gauchistes de merde qui empêchent les bonnes gens de faire du fric ! Avec ça, tous ces fonctionnaires rétrogrades et paresseux, ils seraient bien obligés de les accepter les réformes !

Oh oui ! J’suis sûr qu’il bande déjà le Nicolas !

mercredi 26 août 2009

« Moralisation du capitalisme ? » Mon cul !

Vous savez ce que j’ai fait ce matin ? Hein ?
Et bien je me suis coltiné le discours de l’autre Nain sur le site du château ! Si ! C’est vrai !
En fait, ce que je voulais faire, c’était essayer de donner une suite à l’article que j’avais écrit le 7 août dernier. Souvenez-vous (ou relisez-le), cela concernait le milliard d’euros provisionné par la BNP dans le cadre des rémunérations des traders.
A l’époque je me gaussais de cette esbroufe médiatique qui consistait à dire « Attendez que le patron revienne de vacance et vous allez voir ce que vous allez voir ! »

Donc, hier les banquiers ont été de nouveau convoqués à l’Élysée, pour voir ce qu’il y avait à voir.
Et ils ont vu quoi ? Ils ont vu notre Président Glorieusement Élu se contorsionner derrière son pupitre pour leur expliquer qu’il allait leur imposer des règles aussi inédites que draconiennes.
Lesquelles ? Et bien vous n’avez qu’à aller sur le site du Figaro.fr et lire cet article pour le savoir. Vous verrez, c’est assez bien expliqué.
Mais bon, pour ceusses qui préfèrent ma diatribe à celle de l’expert-éco du Figaro (ce que je comprendrais très bien !), voilà en gros à quoi se résument ces règles :
A partir de maintenant, les traders seront toujours payés aussi cher. Sauf que les 2/3 de leur rémunération seront bloqués pendant trois ans en attente de résultats positifs. S’il n’y a pas de résultats positifs, ils ne toucheront pas leurs bonus.
Pour veiller sur les sous que touchent les cent plus gros traders, Sarko nomme ce qu’il appelle lui-même « un tsar des rémunérations » (Non, vous ne rêvez pas, il l’a vraiment appelé comme ça !), en la personne du très catholique Michel Camdessus, ex-DG du FMI et accessoirement soutien de François Bayrou aux présidentielles de 2007.

Sinon… Rien d’autre. A aucun moment il n’a été vraiment question de cette fameuse « moralisation du capitalisme » dont on nous a rebattu les oreilles. A aucun moment il n’a été question de séparer les activités financières des banques de celles des activités économiques… Bref, notre Nain National à trépigné pour la galerie en désignant des boucs émissaires, les traders, sans jamais remettre réellement en question la façon dont les banques utilisent notre argent pour faire leur beurre.

En ce qui concerne la réticence qu’ont les banques à prêter de l’argent au entreprises ou aux particuliers, il a fallut que ce soit un journaliste qui aborde le sujet en lui posant la question !
Question à laquelle il a répondu de la façon suivante :

« Il faut que les gens aient le sentiment qu’on fait attention à cette question de justice. »
Outre la faute de syntaxe digne d’un enfant de CM2, j’espère que vous avez noté que ce qui compte vraiment, c’est l’impression que les français doivent avoir… Rien à voir avec la réalité des faits. Juste l’impression que l’on a des faits.
Ca me rappelle cette citation : « Ce que nous cherchons ce n’est pas la vérité, c’est l’effet produit. » Elle est de Joseph Goebbels…

Bref, rendormez-vous braves gens ! Il n’y a rien à voir ! Tout recommence comme avant la crise, et ce qui fait hurler le bon peuple et bien on va tellement le planquer derrière un immense tas de fleurs qu’il ne verra plus rien !
A voir aussi sur le même sujet le billet de Sarkofrance qui dit plus ou moins la même chose que moi, mais en mieux !

vendredi 7 août 2009

La justice avant la loi

Yo les aminches ! Je voulais revenir avec vous sur la petite sauterie qui a eu lieu ce matin à Matignon.
Pour ceusses qui n’ont pas les neurones branchés, abrutis qu’ils sont par le farniente et les odeurs de crèmes solaires, je vous refais le résumé des épisodes précédents.

En début de semaine le site de Libération.fr révélait que la banque BNP Paribas venait de provisionner la somme d’un milliard d’euros dans la perspective de rémunérer ses traders en fin d’année. Provisionner, ça veut dire qu’au vue des résultats plutôt bons de ce premier semestre 2009, la banque prévoit, si le second semestre se révèle de la même mouture que le premier, qu’elle aura cette somme à verser à ses employés. C’est de la simple gestion comptable, et la comptabilité de la banque a l’obligation de déclarer publiquement ce genre de provision. Cela permet aux acteurs, les actionnaires ou l’Etat, de savoir un peu ce qui les attend dans les mois avenirs.

Aussitôt l’information connue, les médias s’emparent de l’affaire et se font les porte-paroles du français moyen qui n’entrave quedalle aux bilans comptables, mais qui a le poil qui se hérisse sur l’échine dès qu’il entend parler d’une telle somme. D’ailleurs, moi-même (Vous parlez d’un média !), je vous en parlais dans ma revue de presse d’hier…
Bref, face au tollé général, et malgré les déclarations répétées de la bonne foi des intéressés, toute la clique bancaire (entendez les grands argentiers de notre pays) se retrouve convoquée d’urgence dans le bureau du proviseur pour se faire remonter les bretelles. Ça, c’était donc ce matin.

Sauf que ce matin, à ladite remontée de bretelle, n’étaient présents ni la prof d’économie hystérique, Christine Lagarde ni le proviseur dépressif, François Fillon. Ce qui démontre bien à mon sens que cette petite sauterie n’avait que pour but de rassurer l’opinion public, et non-pas de transmettre un réel message au secteur bancaire. D’ailleurs, preuve en est, ce même secteur sera de nouveau convoqué le 25 août prochain par le Nanoprésident himself.
En clair, on organise vite fait une petite réunion, histoire de montrer qu’on est concerné par ce qui se passe, mais en fait comme la seule personne qui décide est actuellement en train de ce faire bronzer les miches au Cap Nègre, il faudra que vous repassiez M’sieurs-Dames !

Donc, il s’agissait d’une réunion pour l’esbroufe, on est bien d’accord. Un truc sans grande valeur si ce n’est le message qu’il est sensé transmettre : « Rallongez-vous sur vos serviettes braves gens ! Tout va bien ! Le gouvernement s’occupe de vos intérêts ! ».

D’ailleurs, les patrons de banques sont ressortis ce matin avec sur le visage la parfaite expression de l’angélisme bafoué. Ils étaient venus pour se faire rappeler les quelques petites règles morales édictées au dernier G20, mais comme ils n’ont eu aucun mal à les respecter vu leur petitesses, ils étaient dans leurs petits souliers. Ils ont eu même le culot de rappeler qu’une des contreparties exigée par l’état, l’augmentation du nombre d’octrois de crédits aux entreprises, avait été respectée ! Oui M’sieurs-Dames ! Plus 3,5% ce dernier semestre !
3,5%... J’imagine que la somme que représente ce ridicule pourcentage n’atteint pas le milliard provisionné par la BNP. Enfin… moi j’dis ça, mais j’ai pas les chiffres…

Cela-dit, je me rends compte que ni les banquiers, ni le gouvernement, ni-même les médias ne parlent de la raison qui fait qu’une telle annonce choque le français moyen.
C’est vrai quoi ! Les traders de chez BNP se partageront un milliard en fin d’année, grand bien leur fasse ! Le problème est que dans la tête des gens, et à juste titre selon moi, il règne une confusion, un mélange des genres savamment entretenu, entre les bénéfices issus de l’activité financière (ceux qui vont profités aux traders), et l’économie réelle.
J’explique.

Tant que se seront les mêmes établissements qui joueront à la fois en bourse et qui gèreront l’argent du péquin moyen, cette confusion perdurera. Et c’est pour ça que le public râle.
Car, soyons honnêtes, c’est quand-même avec notre fric que ces gens-là font joujou. C’est quand-même avec nos pépettes que ces gens-là se payent. Il est donc juste et normale que nous soyons indignés de voir ces types toucher je ne sais combien de fois le smic en gratifications, alors que nous galérons pour nous voir accorder un délai de paiement ou une ligne de crédit supplémentaire.
Donc, Messieurs les banquier, si vous ne voulez plus passer pour des voleurs (ce que vous êtes finalement), séparez distinctement vos activités boursières tellement rémunératrices de la gestion des comptes courants et professionnels. Comme ça, si vous vous plantez, il n’y aura que vous de touché !

Un jour j’ai entendu un type dont j’ai parfaitement oublié le nom dire une chose qui résume assez bien cette affaire… Il disait que les français seraient toujours foncièrement indisciplinés, car ils font toujours passer la justice avant la loi…

Je vous laisse méditer là-dessus !

jeudi 2 avril 2009

Un G20 pour rien

Depuis le début de la semaine, tout le monde s’emballe autour de la réunion du G20 qui a lieu aujourd’hui à Londres.
Mouais… Moi je veux bien que les gens s’emballent si ça peut leur faire plaisir, mais j’ai bien peur qu’au sortir de ladite journée, l’emballement soit suivit d’une désillusion profonde.
Sur le papier, il est vrai que la promo événementielle est alléchante : Pensez-donc ! Les grands pontes vont se réunir pour trouver une solution à cette crise systémique globale qui fait transpirer les banquiers, frémir les politiques, et accessoirement fait licencier à tour de bras des millions de travailleurs de par le monde. Ils sont sensés faire en sorte que ce qui est en train d’arriver au système financier mondial, ne se reproduise plus jamais ! Ils sont sensés déterminer des solutions pour « moraliser » le capitalisme ! Merde ! C’est quand même pas rien !

Bon d’accord, vous avez bien senti l’ironie que j’ai essayé de mettre dans cette petite entrée en matière (sentie, l’avez-vous ?). L’ironie c’est ce que j’ai l’habitude d’employer lorsque je vois l’espoir que l’on essaye de nous inculquer alors même que tout nous démontre le contraire. L’ironie, c’est tout ce qui reste aux gens comme moi qui devinent très bien ce qui se passe derrière les communiqués et les postures individuelles… L’ironie, c’est également ce qui précède la colère. Mais ça, c’est un autre sujet…

Or donc, les vingt chefs d’état les plus riches, ou les plus influents, de la planète vont se réunir pour tenter d’apporter une solution à cette crise mondiale… Chacun arrive avec sa vision des événements, et chacun a sa solution. Bien évidemment, visions et solutions sont sensées se confronter, et il devrait logiquement en sortir un texte commun aux vingt protagonistes… Logiquement.
Sauf que déjà, on devine à travers les postures et les déclarations préliminaires des uns et des autres, que même si ils vont probablement arriver à s’entendre pour que rien ne change, cela risque de ne pas se faire sans heurs.

Pour exemple, prenons les deux stars de ce sommet : Je dis stars, mais c’est parce que je me situe d’un point de vue franchouillard… Parce que s’il le faut, du point de vue des chinois, il y a probablement une des deux qui n’est rien d’autre qu’une punaise malodorante… Bref, prenons l’exemple d’Obama et de notre Président à nous.
Outre les bons cent-dix-huit centimètres qui séparent les deux hommes, chacun d’eux a en fait à cœur de défendre son près carré et rien d’autre.
Le premier, tout encore auréolé d’une sainteté virginale, joue à merveille le rôle de celui-qui-veut-faire-en sorte-que-les-choses-aillent-mieux-pour-tout-le-monde, mais en fait ce qui lui importe c’est que le dollar continue à être la monnaie de référence du commerce mondial. Ça, c’est son objectif principal. Si jamais les acteurs économiques décident qu’il y en assez d’être assujetti à cette monnaie de singe, son pays va se retrouver ruiné dans les mois qui viennent et par là même un tas d’autres comme la Chine (qui possède la dette américaine, rappelons-le) et la plupart des pays anglo-saxons. De même, le plan de relance massif de son pays s’en trouverait complètement anéanti si jamais ce n’était plus lui qui commandait la planche à billet… Bref, Obama joue sa tête sur ce coup-là, mais aussi la tête des milliards de consommateurs de par le vaste monde libéral.
Le second, notre Président Sarkozy, lui il joue sur un tout autre registre. Ce qui lui importe ce ne sont pas de vagues questions d’ordre économique, non… Ce qui lui importe c’est sa réélection en 2012.
Vous trouvez que je vais vite en besogne ? Que je suis réducteur ? Pourtant pour moi cela me semble évident !
Vous croyez vraiment que le petit Nicolas il veut que les règles du jeu capitaliste changent ? Alors que ce même petit Nicolas voulait il n’y a pas si longtemps que nous vivions dans un France de propriétaires, que nous empruntions à tout va, que nous devenions des actionnaires ? Les gens ne changent pas, jamais, sachez-le. Ils peuvent à la rigueur évoluer, mais ce qui fait leur moi profond, lui ne change jamais. Aussi, je doute que notre PGE est beaucoup évolué en quelques mois… Non, ce qu’il veut notre président, c’est que les français arrêtent de défiler dans les rues tous les mois. Ce qu’il veut c’est que l’on arrête de séquestrer des patrons. Ce qu’il veut, c’est arrêter de voir sa tête promenée au bout d’une pique à longueur de journée… Il veut ça, et rien d’autre. Le système financier mondial, il s’en moque comme de ses premières talonnettes ! Si il gesticule et menace, c’est pour que le G20 ponde quelque-chose qui lui permette de pouvoir faire bonne figure dans les médias et remonter ainsi sa côte de popularité, rien d’autre… Car 2012, c’est pas si loin ! C’est dans trois ans…

Alors, franchement, je serais bien surpris que ce sommet arrive à faire changer les choses… On a cru, j’ai cru, pendant un temps que l’effondrement du château de carte allait permettre de voir l’avènement d’une nouvelle économie plus humaine. J’ai vraiment cru que les acteurs de cette économie se rendraient compte que lorsqu’un système s’écroule, c’est parce que ses bases sont pourries… J’ai vraiment cru que la logique évidente de cette constatation allait changer les choses…
Mais aujourd’hui, alors que tous ces chefs d’états se réunissent pour un simulacre de conseil de guerre, je m’aperçois qu’en fait, ils vont arriver à se mettre d’accord pour que le système perdure. Ils se demandent déjà comment ils vont pouvoir faire pour justement ne rien faire… Attendre que la bourrasque passe, et faire en sorte d’en tirer un profit malgré les dégâts. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que l’on entend depuis des semaines par la voix des représentants de tous ces gouvernements ? N’est-ce pas ce que notre nain national nous a déclaré avec tant de conviction ? L’important ce n’est pas tant la crise elle-même, mais l’après-crise. « Nous nous en sortirons plus fort ! » qu’il a dit le psychopathe !
Dire cela, c’est déjà comme réciter un mantra de l’idéologie libérale… La naissance et la mort font parties du jeu, ce sont des choses de la vie. La naissance et la mort des entreprises sont donc également des choses de la vie… Et sur le terreau des emplois supprimés peuvent renaitre d’autres entreprises et d’autres emplois… C’est le cycle du carbone appliqué au monde du commerce.

Sauf que nous ne sommes pas QUE des atomes de carbones ! Nous sommes également des êtres humains, avec des vies individuelles… Mais ça, curieusement, ce n’est pas précisé dans le mantra.

lundi 29 septembre 2008

Suggestions

Lorsque j’entends, de ci de là tralala, les ténors de l’opposition à la voix curieusement et lamentablement si atone, parler de la politique économique de Nicolas Sarkozy et de sa responsabilité concernant la crise financière qui frappe notre pays : Je me gausse un petit peu.
Depuis le discours de Toulon, ce ne sont que critiques molles et rabâchages stériles dont l’argument principal et plutôt fallacieux est l’hypocrisie du discours de Sarko et la sempiternelle rengaine concernant le cadeau fiscal de 15 milliards d’euros fait au début de la mandature… Je n’entends pas de contre-propositions constructives, ni de suggestions un tant soit peu utiles. Rien. Quedalle.
Si je vous parle de ça, c’est parce que récemment j’ai entendu le député Vert Noël Mamère, en pleine promotion de son dernier bouquin « La tyrannie de l’émotion », critiquer notre Président Glorieusement Élu en lui reprochant essentiellement de tenir un double discours et en mettant en exergue cette réflexion : Comment peut-on adopter une position économique interventionniste et critiquer les parachutes dorés et les salaires mirobolants ET en même temps faire de jolis cadeaux fiscaux ?
L’argument n’est pas faux en soi, mais pour le coup je trouve qu’il est à côté de la plaque.
En face, tout un chacun nous explique que ce qui arrive à notre beau pays n’est surtout pas la faute de Sarkozy ni de ses décisions stupides. Les responsables sont à rechercher de l’autre côté de l’Atlantique, chez les méchants cowboys. Eux n’y sont pour rien, d’ailleurs si on va s’en sortir c’est justement grâce à la politique de Sarkozy… Bon là, je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi de tels propos sont débiles…

Bon, le moins que je puisse dire, c’est qu’ils s’y prennent comme des manches… Alors si je puis me permettre, voici quelques petites réflexions de mon cru.

Que peut-on exactement lui reprocher à Sarko ?
Bon, on ne va pas lui reprocher la crise systémique globale… Faut quand même pas exagérer, il n’y est pour rien le pauvre… On peut, à la rigueur, lui reprocher d’avoir cautionné le libéralisme à outrance, mais c’est tout.
Par contre, ce qu’on peut lui reprocher c’est de n’avoir rien fait pour prévenir cette crise ! En effet, nous savions tous, nous les petits internautes citoyens et fureteurs, que quelque chose allait nous tomber sur le coin de la gueule. Depuis le début de l’année, les informations concernant l’imminence d’un effet domino à l’ampleur mondiale, circulaient sur le net. Dans les forums de discussion, sur les sites des think-tanks (voir Europe2020), on SAVAIT qu’en septembre il n’y aurait pas que les feuilles qui tomberaient… Et si nous, nous savions, on peut raisonnablement supposer que le gouvernement également. Non ? Si, bien sûr… Alors ? Pourquoi personne n’a pris de mesures préventives ?
Ensuite, pour contrer l’argument de droite qui dit que Sarko n’y est pour rien, on peut toutefois lui rétorquer qu’à partir du jour où le gouvernement a prit acte de la crise et entreprit de réagir (?!!), c'est-à-dire le 25 septembre 2008, notre PGE devient effectivement comptable des conséquences de cette crise. Là oui, il existe un point sur lequel taper.

Alors, messieurs-dames de l’opposition, faites un peu votre boulot, il est plus que temps. De même, utilisez des arguments logiques et constructifs pour contrer la communication hors paire de l’Elysée ! Le coup du paquet fiscal, c’est usé à force…
Voilà ! C’est tout ! Bonne journée !

Les dessins sont de Xavier Lacombe.

vendredi 26 septembre 2008

Les vérités de Sarkozy

Bon, j’en ai marre. Cela va faire maintenant quatre heures que j’essaye de tenir ma promesse et de vous pondre un article sur le discours de notre président, hier au soir à la télé, et je galère comme un fou. Ca va faire trois fois que je m’y reprends, avec à chaque fois un ton différent, et je n’arrive toujours pas à vous pondre quelque chose de correct ! ‘Tain de Dieu, ça me gonfle ! Alors pour cette quatrième mouture, je vais essayer de vous la faire courte et me fixer sur mon ressenti, plutôt que d’essayer de vous faire une explication de texte en bonne et due forme. Avec ou sans humour. Dramatisante ou pas, décalée ou détaillée… On va le faire simple et direct. Cash !
Hier, j’ai donc regardé l’autre tache… C’était du bon Sarkozy, il me faut bien l’avouer. Il faut dire aussi que notre PGE (Président Glorieusement Elu), il aime bien cette ambiance de meeting électoral et qu’il y est très à l’aise. C’est sa came.
La première chose que j’ai remarqué c’est ce qu’il y avait de marqué sur le pupitre : « Discours de Toulon ». Un peu comme si celui-ci devait dorénavant correspondre à une date historique que nos enfants auront l’obligation d’apprendre à l’école… Il y a eu Latran, Dakar, et maintenant il y aura le discours de Toulon…

Le discours de Toulon donc, c’est le discours sensé rassurer les français. Car les français ont peur et pour empêcher cette peur il faut leur dire la VÉRITÉ ! Ben oui, c’est bien connu, lorsque l’on est au bord du gouffre, il est très important de savoir exactement la profondeur dudit gouffre. Ca aide quelque part.
Sauf que là, le nain il a mal commencé son discours puisque qu’il a dit, deux points, ouvrez les guillemets : « Nous sommes passé à deux doigts de la catastrophe ». Ah bon ? Moi qui croyais bêtement que le pire était à venir, nous serions donc maintenant à l’abri de ce tsunami financier qui ravage notre planète ? Puisque nous somme passé « à deux doigts », la catastrophe, elle est donc derrière nous ? Non, mais faut être précis là. C’est devant ou c’est derrière ? Parce que, après, Sarko il nous dit les yeux dans les yeux que les mois à venir vont être plutôt galère… Mais bon, pas de panique ! L’état sera là pour garantir aux petits épargnants qu’ils vont pouvoir récupérer leurs billes. Re-Ah bon ? Je croyais que la loi obligeait déjà les banques à assurer les placements à hauteur de 70 000 euros… M’enfin, puisqu’il nous dit qu’il va veiller à ce qu’on ne perde pas un centime… On va le croire, non ?
Ensuite, il nous dit que « L’idée de la toute puissance des marchés est une idée folle ». (Ça je le savais déjà, merci !).
Il nous dit également, en substance que nous sommes face, non-pas à la faillite du capitalisme mais à la faillite du système. Car le capitalisme reste une démarche extraordinaire, mais pas son système… Comprenne qui pourra. Le coupable, c’est le système. Le Système, avec un S majuscule. Celui qui permet aux traders de s’en mettre pleins les fouilles sans se préoccuper des petites gens. Celui qui permet de quitter son poste avec un parachute en platine et de ne pas assumer ses conneries. Ça-y-est on les tient nos responsables ! Brulons-les en place publique et on sera sorti de l’ornière ! Car le capitalisme est bon, le capitalisme est sain. Ce sont ses types qui ont tout foutu par terre. Ils ont profité bassement des mannes célestes et ont profanés de leurs mains sales ce beau capitalisme « qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles. » (Au passage on reconnaitra là la patte de Guaino, et son concept de civilisation.)
Ors donc, point n’est besoin de blâmer le capitalisme. D’ailleurs ceux qui seraient tentés de le faire seraient dans l’erreur. Une erreur Historique ! « Je veux le dire aux Français : l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique ». Ca c’est pour les imbéciles à la courte vue qui seraient tenté de voté Besancenot aux prochaines élections. Et pan dans les dents au Postier !
Mais tout n’est pas perdu non ! Rassurez-toi, peuple de France, Nicolas est là ! Il a plein de mesures à nous proposer/imposer pour qu’on s’en sorte ! Mieux ! Grace à lui, on va même pouvoir profiter de cette crise pour être encore plus puissants et plus riches qu’avant ! Si-si !
Comment ? Et bien, c’est tout simple : En faisant exactement comment on a fait depuis 2007. Ben oui, la solution, nous l’avons sous les yeux, elle est là ! La politique du présent gouvernement tombe pilepoil pour nous aider dans ces temps difficiles.
« Quand on veut dire la vérité aux Français, il faut la leur dire jusqu'au bout et la vérité c'est que l'Etat ne peut pas indéfiniment financer ses dépenses courantes et ses dépenses de solidarité par l'emprunt. Il faut bien un jour payer ses dettes. »
Alors on va faire des économies : Dès l’année prochaine 30 600 emplois supprimés dans la fonction publique, Carte judiciaire, carte militaire, réforme des hôpitaux, etc, on va continuer à tout casser parce que cela coûte cher. Bientôt, vous verrez que si les choses empirent, les nouveaux coupables seront ses faignants de fonctionnaires qui n’ont pas voulu être solidaire avec les français !
Et puis attendez vous à payer plus cher les énergies, car : « Dans le monde de la rareté, il va falloir payer plus cher le pétrole, le gaz, les matières premières », et chacun devra payer « le juste prix de ce qu’il consomme ».
On va aussi aider les patrons. Voui ! C’est le président qui l’a dit ! Comme ce n’est pas une politique d’austérité (Bouh le vilain mot !), il n’y aura pas de hausse d’impôts de taxes ou de charges sur les entreprises. Mieux, à terme, on devrait supprimer la taxe professionnelle ! Là je suis sûr que Parisot, elle a dû mouiller sa culotte !

Plus loin, plus vite, plus fort ! Il n’y a que comme ça que le Président compte nous sortir de la merde. La fuite en avant.
Enfin, Sarkozy nous dit que cette crise est finalement une chance. Et oui ! C’est une chance, car ses derniers mots furent :
« Alors que les vieilles idées et les vieilles structures sont balayées, nous devons être imaginatifs et audacieux. Nous avons le choix de subir ce changement ou d'en prendre la tête. Mon choix est fait. Françaises, Français, au milieu des difficultés nous devons précéder la marche du monde et non la suivre. Vive la République ! Vive la France ! »

Donc, si je comprends bien, les français vont devoir se serrer la ceinture en attendant des jours meilleurs, pendant que les patrons vont voir leurs activités facilitées… C’est très capitaliste ça… Ben oui, il l’a dit au tout début le président C’est le capitalisme qui a raison et c’est lui qui va nous sauver… Les français vont devoir faire des efforts, mais grâce à la politique de réformes engagée par le gouvernement on va s’en sortir mieux que les autres. Mieux, on va prendre la tête du monde.
Ben, si avec ça on n’est pas sauvé…

Alors voilà. On en est là. Des déclarations d’intention, des postures, mais au final rien de vraiment nouveau. Sarkozy va continuer à faire du Sarkozy, et tout ira bien pour peu que nous acceptions encore plus de réformes iniques et de décrets débiles… Pour peu que nous acceptions également de faire tous les sacrifices « nécessaires »…
Alors mes amis, si c’est tout ce que notre PGE a à nous proposer, je propose à mon tour, de nous exiler vers le Venezuela. Le voilier partira du port de Nice le 20 octobre en fin de journée, et il y aura de la place pour huit passagers. Pas plus… Sauvons-nous avant que ce type ne mette notre pays à feu et à sang !

mardi 5 août 2008

Une lettre d’intention.

Aujourd’hui je vais me faire le relayeur d’un personnage très intéressant pseudommé Sisyphe. Celui-ci publie régulièrement sur le site d’AgoraVox. Il officie également sur un forum auquel je participe (Bibiouland). Sisyphe a porté à mon attention une lettre coécrite par plusieurs responsables politiques de la gauche européenne adressée au tout nouveau Président de l’union, j’ai nommé Nicolas Sarkozy. Cette lettre, en date du 22 mai 2008, dénonce les dérives du libéralisme et enjoint sa sainteté Le Nain de prendre en compte les signes avant-coureurs d’une crise majeure, qui frappera l’Europe dans les mois à venir… Jusqu’à ce jour, aucune réponse n’a encore été apportée. Je gage que notre Glorieux Président Elu ruminera la question pendant ses vacances et qu’il répondra à tous ces illustres opposants dans des termes rassurants et plein d’optimisme ! En attendant voici la lettre en question, cosignée par messieurs Jacques Delors, Jacques Santer, Helmut Schmidt, Otto Graf Lambsdorff, Lionel Jospin, Pär Nuder, Michel Rocard, Hans Eichel, Göran Persson, Daniel Dãianu, Massimo d’Alema, Ruairi Quinn, Poul Nyrup Rasmussen, Eero Heinäluoma, Paavo Lipponen

M. le Président,

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

La crise financière actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir, comme le prétendent aujourd’hui les hauts responsables du monde des finances et de la politique. La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années déjà par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’autorégulation. Elle nous rappelle également les inquiétantes inégalités de revenus qui ne cessent de croître dans nos sociétés et jette de sérieux doutes sur notre capacité à nous engager dans un dialogue crédible avec les nations en développement concernant les grands défis mondiaux.

Les marchés financiers sont devenus de plus en plus opaques et l’identification de ceux qui supportent et évaluent les risques se révèle être un défi titanesque. Le secteur bancaire dit ‘de l’ombre’, peu ou pas régulé, n’a fait que croître au cours des vingt dernières années. Les grandes banques ont participé à un jeu de « création and distribution » de produits financiers extrêmement complexes et elles se sont embarquées dans la vente, sous un emballage assez douteux, de dettes liées à des emprunts immobiliers à haut risque. Des régimes de primes inadéquats, une vision à trop court terme et les conflits évidents d’intérêt ont encouragé les transactions spéculatives.

Les prêts hypothécaires douteux, basés à tort sur l’idée que les prix de l’immobilier continueraient d’augmenter sans cesse, permettant ainsi de rembourser la dette contractée, ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. Les trois plus grandes agences de notation au monde ont noté ces drôles de valeurs comme étant relativement sans risque. Une banque d’investissement a gagné des milliards de dollars américains en spéculant à la baisse sur les titres subprime tout en les vendant à ses clients, ce qui résume de façon plus qu’éloquente la perte de toute éthique dans le monde des affaires !

Nous avions été mis en garde des dangers de cette situation. Alexander Lamfalussy et le Comité des sages, dans un rapport sur les marchés des valeurs européennes (2001), ont souligné le lien entre l’apparente efficacité accrue de ces marchés et le prix à payer en matière de stabilité financière. Paul Volker il y a quelques années avait déjà exprimé son inquiétude. Paul Krugman a également pointé le doigt vers les menaces posées par des entités financières non régulées en croissance il y a à peu près une décennie. En 2003, Warren Buffett a taxé les produits dérivés d’« armes financières de destruction massive ». Un rapport de la Banque d’Angleterre sur la stabilité financière a mis en avant le fossé dangereux existant entre les créanciers et les conséquences de leurs décisions.

Le problème réside dans le modèle actuel de gouvernance économique et d’entreprise axé sur une maigre réglementation, sur un contrôle inadéquat et sur une offre trop faible de biens publics.

La crise financière ne démontre que trop clairement que l’industrie financière est incapable d’autorégulation. Il est impératif d’améliorer le contrôle et le cadre réglementaire des banques. Il faut également revoir les cadres réglementaires pour les instruments d’investissement. L’utilisation d’instruments financiers (comme les CDO - obligations adossées à des actifs) doit être réglementée. Toutes les institutions financières devraient, à l’instar des banques, maintenir des réserves minimales et le ratio d’endettement ne peut rester illimité. Enfin, les régimes de primes doivent être revus afin d’éviter que la prise de risques inconsidérés ne soit encouragée sans une certaine prudence.

En ce qui concerne les conséquences de cette crise sur l’économie réelle, il semble que les experts économiques du monde entier aient été frappés d’un accès de timidité. Presque tous les instituts de prévisions revoient leurs évaluations de croissance à la baisse pour les pays développés en 2008 et 2009. Mais personne n’ose dire clairement si l’Europe est menacée d’une récession économique ou pas. Certains symptômes toutefois ne trompent pas. Dans le cas de l’Union européenne, une récession cette année ou l’année prochaine aurait des conséquences dramatiques.

L’inégalité croissante de revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. Il est vrai que les progrès technologiques ont contribué de façon significative à des différences de plus en plus importantes de revenus en favorisant la main d’œuvre hautement qualifiée. Toutefois, les politiques mal avisées ont également eu un impact majeur dans ce domaine. Le capital financier représente à présent 15 fois le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays. La dette cumulée des ménages, des entreprises financières et non financières et des autorités publiques américaines représente plus de trois fois le PIB des USA, soit deux fois le niveau enregistré lors du krach boursier de 1929. Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif mais qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. Cette crise financière a permis de cerner un peu mieux les alarmantes disparités de revenus qui n’ont fait qu’augmenter au cours des dernières décennies. L’ironie de la chose est que les salaires et les primes de nombreux PDG ont atteint des niveaux extrêmement élevés alors que le rendement de leurs sociétés stagnaient ou même baissaient. L’enjeu éthique est donc majeur.

Les libres marchés ne peuvent faire fi de la morale sociale. Adam Smith, père du laisser-faire économique, a également écrit la « Théorie des sentiments moraux » et Max Weber a établi le lien entre le dur labeur et les valeurs morales d’une part, et l’avancée du capitalisme de l’autre. Le capitalisme décent (soit un capitalisme respectueux de la dignité humaine, pour reprendre les propos d’Amartya Sen) requiert une intervention publique efficace. La recherche du profit constitue l’essence de l’économie de marché. Mais lorsque tout est à vendre, la cohésion sociale s’effrite et le système s’effondre.

La crise financière actuelle réduit la capacité de l’Occident à entamer un dialogue plus constructif avec le reste du monde sur les défis mondiaux, sur la gestion des effets de la mondialisation et du réchauffement de la planète - alors que le boom économique extraordinaire de l’Asie pose de nouveaux défis sans précédent.

Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs aient contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’états faillis, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés.

Certains clament haut et fort que l’Europe compte ‘des économies solides’, avec un meilleur contrôle financier et une meilleure réglementation qu’aux Etats-Unis. On pourrait dire qu’il en est en partie ainsi. Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume-Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. Pensons également au nationalisme économique et au populisme qui ont tous deux le vent en poupe.

Les décideurs européens, tant au niveau de l’Union que national, doivent apporter une réponse ferme à l’actuelle crise financière. Nous avons besoin de pragmatisme, d’ouverture d’esprit et de coopération dans la poursuite d’objectifs communs.

L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise.

Il est temps de créer un ‘Comité de crise européen’ qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. Ce comité doit se donner comme tâche de :

Procéder à une analyse détaillée de la crise financière dans le contexte plus large que nous avons essayé de décrire plus haut ;
Identifier et évaluer les risques socioéconomiques que comporte la crise financière pour l’économie réelle, en particulier en Europe ;
Proposer une série de mesures au Conseil de l’UE afin d’éviter ou de limiter ces risques ;
Présenter au Conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effets de la crise et préparer une Conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux.

En 2000, nous avons convenu de faire de l’Union européenne la région la plus compétitive au monde. Cette ambition a été réitérée en 2005. Nous devons garantir que la compétitivité de l’Europe soit soutenue et non minée par les marchés financiers. Nous devons agir sans plus tarder : pour nos citoyens, pour davantage d’investissements, pour la croissance économique, pour la justice sociale, pour des opportunités d’emplois, et en définitive, pour un meilleur avenir pour tous les Européens.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués

Si vous ne savez pas encore ce qui risque de nous tomber sur le coin de la gueule dans les tous prochains mois, je vous engage à aller jeter un œil sur le think-tank Europe2020. Après avoir lu ce qui nous attend, essayez de garder le moral quand même ! Cela ne durera que jusqu’en 2013…


Je suis désolé, mais cet article rencontre des problèmes inexpliqués au niveau des commentaires. En effet, ceux-ci m’arrivent bien par mail, mais n’apparaissent pas sur le blog… Alors que sur des articles plus récents, c’est l’inverse. Je n’ai, hélas, aucune explication à vous fournir… C’est peut-être un robot maléfique aux ordres de Ségolène pour torpiller la lettre de Fabius et Rocard !

jeudi 17 juillet 2008

Petite leçon d’économie pour les nuls

Alors oui, on sait tous que le monde va mal, que nous sommes dans ce que certains appellent une crise systémique globale qui va étrenner des bouleversements financiers, sociaux et politiques majeurs pour les années à venir… Mais il faut bien avouer qu’à moins d’avoir un bac+5 en économie, la plupart des informations que nous donnent les médias nous passent par-dessus la tête. Subprimes, bulle immobilière américaine, prêts à risques… Tous ces mots sont bien trop compliqués pour nos cervelles, ou tout du moins sont tellement abstraits que le quidam moyen n’entrave quedalle. Ce qu’il voit le quidam, ce sont les conséquences, c'est-à-dire ce qu’il met dans son assiette tous les jours, le plein d’essence de sa voiture, le prix du pain et du lait. Point barre.
Mais bon, on ne va pas subir pour autant cette suite de catastrophe sans en comprendre un minimum, non ? Aussi, je vais vous faire part de ce que moi j’ai compris, et je vais tenter de vous le faire partager, avec mes mots à moi. Et au final, vous verrez que ce n’est pas si compliqué que ça.
Alors voilà : En France, lorsque vous voulez acheter une maison vous allez voir votre banque pour demander un prêt. Ok ? Ce prêt, il peut vous être accordé ou pas, et cela va dépendre de plusieures choses. Mais la plus importante est votre capacité à rembourser : C'est-à-dire vos revenus actuels et futurs, ainsi que d’éventuelles cautions vers qui la banque va pouvoir se retourner en cas de défaut de paiement. Donc, le principe fondamental est que l’on ne prête de l’argent qu’à ceux qui sont capables de le rembourser. Normal, simple, classique.
Mais, voyez-vous, chers amis lecteurs, les américains, eux, ils ne font pas comme ça… Non non non ! La philosophie propre à ce pays de pionnier, de self-made-man qui conquière sa place au soleil à la sueur de son front tout en gagnant la « struggle for life » a fait que l’on ne prête pas de l’argent à un individu mais en fonction d’un marché… J’explique : Dans le marché de l’emploi US, les choses sont tellement aléatoires et changeantes que vous pouvez perdre votre job du jour au lendemain et ce, quelque soit votre statut. Un caprice d’actionnaire : Viré. Une baisse des bénéfices : Viré. Votre tête ne plait pas au petit-chef : Viré… Et ainsi de suite… Donc un banquier US, il ne va pas pouvoir faire confiance à un travailleur lambda et à sa capacité à maintenir le même train de vie tout au long de la durée du prêt. Logique, puisque celui-ci peut devenir SDF du jour au lendemain ! Non, le banquier US va se baser sur les sacro-saintes lois du marché. Dans sa tête, le banquier US, et conformément à la règle de vie américaine qui veut que le marché ne peut que progresser (et oui, je sais, ça parait débile, mais ils y croient/croyaient dur comme fer !), il va prêter l’argent nécessaire à l’achat de la maison en fonction de la valeur de revente que celle-ci aura à l’échéance du prêt. De plus, ce prêt sera à taux variable, indexé en fonction du taux directeur de la banque centrale américaine, cela va de soit. L’être humain ne rentre plus en compte puisque c’est la croissance qui se chargera de rembourser le prêt. Cette façon de fonctionner, pour aussi exotique qu’elle puisse paraitre, a fonctionnée pendant des années permettant à des personnes sans réels revenus fiables d’avoir accès à la propriété. Encore une fois je précise que même cela peut paraitre individuellement risqué, cette pratique c’est révélée collectivement sûre et rentable pendant des décennies. Jusqu’à ce que le dieu tout puissant du marché immobilier et sa demi-sœur, la déesse de la croissance abandonne les Etats-Unis…
Il arriva donc ce que n’importe-quel néophyte peut comprendre : L’édifice s’est écroulé.
En premier lieu, ce sont les américains moyens qui n’ont plus pu rembourser leurs crédits et se sont retrouvés en faillite personnelle. Puis les banques, qui ont donc saisi les maisons, ne se sont plus arrivées à recouvrer leurs créances en revendant le bien immobilier puisque le marché baissait… Faillite des banques donc. Puis cela à fait boule de neige. Les avoirs vérolés de ses banques éparpillés aux quatre coins de l’économie mondiale sous forme de portefeuille d’action et de fonds d’investissement ont commencé à plomber l’ensemble des marchés boursier et… Nous en sommes là.
Alors voilà, cette crise mondiale est essentiellement due à une conception erronée de l’économie. La croissance, cette déesse que vénèrent tant d’économistes, c’est avéré une bien piètre idole. Elle a abandonné ses disciples qui se sont noyés dans leurs propres certitudes. Le résultat : l’économie de la terre entière est secouée, des peuples vont crever de faim, des familles entières vont souffrir. Tout ça à cause d’une foi aveugle en un marché-roi, régulateur de la vie des gens et finalement destructeur. Shiva a revêtu un habit aux couleurs de dollars, et sa vengeance va s’appliquer sur le monde…
Bien ! Moi, c’est comme ça que j’ai compris les choses. Ce qui ne veut pas dire que j’ai forcément tout saisit ! Si vous avez à redire à cette analyse, n’hésitez pas ! (Mais allez-y mollo quand-même… J’ai ma fierté…)