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samedi 29 mai 2010

Ma retraite, je m’en bats l’œil, et les français aussi apparemment...

J’ai un aveu à vous faire, je n’arrive pas à m’intéresser à la réforme des retraites...
Enfin, je n’arrive pas à m’y intéresser comme il faudrait que je m’y intéresse, si j’étais le blogueur politique que certains pensent que je suis. (Rassurez-vous ils sont très peu !) Et ça, croyez-le ou pas, ça m’emmerde...

Ca m’emmerde parce que je ne peux me défaire de cette bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne qui susurre à l’oreille de mon cerveau que je devrais m’intéresser à l’avenir de mes concitoyens...

Oui mais voilà. Le fait est que je m’en tape royalement.

Et pourquoi donc ? Me demanderiez-vous si vous aviez la moindre envie de me voire étayer cette constatation.

Et bien tout simplement parce qu’en ce qui me concerne, cela fait longtemps que dans mon esprit je sais que je n’aurais jamais droit à une retraite. C’est aussi bête, et égoïste que ça. Par conséquent, et comme je ne me sens pas concerné, et bien je m’en bats l’œil.

Ah il est beau le Gwen avec sa conscience politique rebelle ! Il est beau le pourfendeur candide des injustices crasses ! Il est beau le petit révolutionnaire de pacotille !
Môsieur ne se sens pas concerné par un sujet, alors il est incapable de s’en indigner pour autant ? Fumiste va !

Ouais bon, ça va... Au lieu de me gueuler dessus, vous feriez peut-être mieux de vous demander d’où peut bien me venir cette indifférence... Cela serait un poil plus constructif vous ne croyez pas ?

Et bien si vous voulez savoir, je crois que je me suis fait à cette idée depuis un petit moment déjà... Un peu comme une intuition qui tout doucement s’impose à votre esprit comme une évidence : Etant donné ce que je suis, la vie que j’ai eu et celle que j’aurais très probablement, jamais je ne travaillerais suffisamment pour en bénéficier.

Rendez-vous compte. Pour espérer avoir un jour une retraite à taux plein (quelle qu’elle soit), et pour peu que je recommence à bosser dès demain matin, il me faudra un peu plus d’une trentaine d’années pour en bénéficier.
C'est-à-dire que je pourrais enfin « profiter » de mon dur labeur quand j’aurais atteint l’âge canonique de 73 !

Je ne sais pas pour vous, mais la perspective de bosser pendant encore trente années, ça me déprime. C’est quelque chose que je n’envisage même pas tellement ça me fout les jetons d’y penser... Même pas en rêve !

En fait, si je réfléchis deux secondes, c’est le concept tout entier de la retraite qui me pose problème... Comme beaucoup, j’espère, je n’entrevois pas la retraite comme une finalité. Je veux dire par là que bosser mon cotât d’annuités dans le but d’avoir, plus tard, une petite vie pépère, c’est quelque chose que je n’arrive pas à concevoir. Je trouve ça limite mesquin pour tout vous dire.

La vie pépère, autant essayer de l’avoir tout de suite.

Cela me fait penser à tous ces blaireaux (pardon pour les blaireaux), qui se font chier à longueur de semaine dans les embouteillages et à leur boulot, dans l’espoir de profiter vraiment de la vie uniquement pendant les weekends et les congés payés...
Oui, c’est ce que je disais : C’est mesquin et déprimant.

De plus, d’un point de vue purement comptable ça n’a pas de sens.
En effet, avec la vie qui a été la mienne jusqu’à présent, et étant donné les statistiques médicales, je doute fortement d’atteindre un jour cet âge. Donc, me faire chier à supporter un boulot pour ne pas, ou peu, profiter des avantages de la retraite, n’a franchement aucun intérêt logique.

Alors vous me direz que je n’ai qu’à trouver un boulot qui ne me fasse pas chier, qui me rende heureux, là maintenant tout de suite, et tout ira bien dans le meilleur des mondes. C’est pas faux. Et j’ajouterais même que c’est bien comme ça que j’envisage le travail. Mais franchement, vous en connaissez beaucoup des personnes qui s’éclatent dans leur boulot ? Hein ?

Moi si, j’en connais une. Et manque de bol, elle est à la retraite...

Blague à part, il y a peut-être une autre raison pour laquelle ma retraite ne me préoccupe pas plus que ça. C’est qu’en France, pour l’instant, il existe un truc qui s’appelle l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Soit actuellement une somme de 677,13 € par mois.
Ce n’est pas grand-chose, et même pour certains ce peut être tout à fait insuffisant, mais je sais qu’à moi cela me suffira.

J’ai été pauvre tout ma vie d’adulte, et je serais pauvre pendant ma vieillesse. C’est ainsi. Et franchement cela ne me dérange pas plus que ça... J’ai appris à faire avec comme on dit. J’ai peu de besoins, je consomme peu, et je n’ai absolument aucune ambition... Sauf celle d’être heureux et de profiter autant que je le peu de ce que m’offre la vie.

Bon, ça c’est en ce qui me concerne et ma conception toute particulière de la vie. Mais les autres alors ? Tous mes concitoyens auraient-ils atteint le même je-m’en-foutisme détachement que moi pour se désintéresser autant du problème ?

Permettez-moi d’en doutez.

Alors qu’est-ce qu’ils foutent bordel à queue ! Qu’est-ce qu’ils attendent pour préserver les droits durement acquis par leurs ainés ? On dirait qu’ils sont... résignés. Oui, c’est ça, résignés, impuissants... Comme s’ils avaient soudain accepté le fait qu’ils ne pouvaient rien y faire...

Le copain Corto l’a parfaitement décrit dans son article (pour un type de droite je veux dire), et d’ailleurs j’ai presque envie de faire mienne sa dernière phrase : « Parce que finalement, qui ne dit mot consent, non ? Alors, en guise de mobilisation générale, on est plutôt dans un contexte de consentement général ou apathique: chacun fait ce qu'il peut et faites pas chier ! »

C’est déprimant de lire des trucs pareils, hein ? Surtout quand on pense que c’est très certainement vrai.

Depuis des années on reproche aux syndicats de ne plus être dans le combat mais dans le consensus. Depuis des années on trouve que les Thibault, Mailly, Chérèque et compagnie s’éloignent des préoccupations de la base. Et le jour où justement c’est à la base de montrer sa présence et son engagement, il n’y a plus personne...

Franchement, des fois je me demande si tout ça vaut la peine.

PS : Par souci d’honnêteté, je précise que j’ai écris ce billet en essayant de faire abstraction de mon futur mode de vie.

dimanche 2 mai 2010

Un 1er mai tiédeux

Hier c’était le défilé du 1er mai, et le moins que l’on puisse dire c’est que la journée n’a pas vraiment fait recette.
Normal, je n’y suis pas allé... et pas mal de français ont fait la même chose.

195 000 participants selon la police, de 200 à 350 000 manifestants selon le Figaro, et 350 000 tous ronds pour Libération.
On est loin du million de l’année dernière. Très loin même.

Bon ok, moi j’avais une excuse, mais les autres ? Hein ? Qu’est-ce qu’ils ont foutu les autres ? Ils sont partis en weekend ?
M’est avis que cette inassiduité est à mettre sur le dos des grandes centrales syndicales... et à leur, comment dire, tiédeur... Ou leur bêtise, au choix.
Parce que vous avouerez qu’organiser un défilé du 1er mai un samedi, c’est faire montre d’une certaine désorganisation, non ?

Pardon ? Z’avaient pas le choix ? Peut-être...

Mais il n’empêche, le choix d’arriver unis, ils l’avaient que je sache ? Hein ?
Le choix de mobiliser l’opinion public, de s’inscrire dans la lutte et pas dans la compromission, ils l’avaient aussi je pense ?

Vous voulez que je vous dise ? Tout ça ne laisse rien présager de bon en ce qui concerne la réforme des retraites, moi j’vous l’dis.

Bon, d’un autre côté... Vous allez me dire que la retraite, une fois qu’on a admis qu’on n’en bénéficiera pas... ça devient alors le cadet de nos soucis..

Et vous auriez raison.

lundi 15 février 2010

Réforme des retraites, enfin le déclic ?

La question que je me pose en ce début de semaine, c’est de savoir si enfin nos syndicats vont arriver à retrouver leurs couilles.
D’accord, c’est peut-être un peu présenté crument, mais avouez que la question est d’importance puisque c’est aujourd’hui que commence ce qu’ils appellent un « sommet social » consacré à la réforme des retraites.

D’après la presse quotidienne de ce matin, il semblerait que la retraite après 60 ans soit considérée comme un casus belli… Bon, moi je veux bien, mais l’expérience nous montre que les Mailly, Chérèque et autres Thibault n’en sont pas à une compromission près, et qu’ils se sont plus souvent couchés devant le patronat ces derniers temps, que la décence ne le permet.

Aussi, lorsque je lis une telle radicalité dans le propos (casus belli), je me dis que c’est un peu trop beau pour y croire…
D’autant plus que la gauche « gouvernementale » (comme les tiédeux aiment à se nommer eux-mêmes) ont déjà montré qu’ils étaient près à faire moult concessions en la matière. D’abord le lapsus de Titine, vite démenti mais trop tard quand même. Puis encore hier la langue de bois de Moscovici, du genre ça restera la règle mais elle ne sera plus obligatoire… Même Méluche s’y est mis en bottant en touche de belle manière ! Bref, il semblerait bien que les dés en soient jetés et que la retraite à 60 ans soit belle et bien enterrée, comme le reste d’ailleurs.

Le seul qui ait osé se déclarer en faveur du maintien de la retraite à 60 ans, c’est Olivier Besancenot. Il a appelé hier à un front unit regroupant tous les partis de gauche… Mais bon, personne ne lui a répondu pour l’instant, et je doute qu’ils le fassent.

Mais bon, même si apparemment les acteurs de ce sommet social sont déjà presque d’accord sur les résultats, il n’empêche que cela risque de ne pas être la même sauce pour le peuple… C’est qu’ils y tiennent à leur retraite les bougres !

D’ailleurs c’est bien pour ça que depuis quelques jours on nous abreuve de chiffres en tous genres. On nous montre avec de beaux tableaux ce que font nos voisins européens. On nous dit que nous sommes une « particularité » par rapport à eux… Mais si l’on écoute bien le ton avec lequel ce mot de « particularité » est prononcé, on entend clairement d’autres termes comme « bizarrerie », « anachronisme » voir « imbécilité ».
En clair, il s’agit là d’une offensive médiatique destinée à nous préparer au pire et à nous le présenter comme quelque chose d’acceptable.

Et c’est bien pour ça que je suis plus que sceptique sur le résultat de ce sommet. La crise est là, et comme levier pour avaler d’énormes couleuvres il n’y a pas mieux ! Demandez aux grecs et aux espagnoles !

Non, ce que j’espère vraiment c’est que cette déclaration préliminaire des syndicats ne soit pas une posture de plus. J’espère vraiment qu’ils écouteront leur base pour une fois, et qu’ils feront ce qu’il faut pour empêcher qu’un de nos acquis sociaux le plus cher ne soit sacrifié sur l’autel du pragmatisme économique.

En fin de journée doit avoir lieu une réunion intersyndicale pour faire un premier bilan et décider, ou pas, s’il y a lieu de mobiliser les travailleurs…

Je croise les doigts, mais je vous avoue que c’est sans conviction… Pourtant, se serait tellement bien si cette réforme de plus était la réforme de trop, et qu’elle serve de déclic à la populace vengeresse ! Hein ?

Oh oui, ça serait bien… Un déclic ! Enfin !

samedi 16 janvier 2010

Le monde à l’envers : Sarkozy rend hommage aux syndicats…

Salut tout le monde ! Ce weekend s’annonce bien ? Parfait…
Bon, ce samedi je vais vous parler un peu des vœux présidentiel aux Partenaires Sociaux.
Oh, rassurez-vous, ça ne sera pas long car il n’y a pas grand chose à en dire. D’ailleurs notre Président a fait lui aussi très court sur ce coup-là, et d’un ton tellement monocorde et las qu’on devine aisément qu’il commence à en avoir marre le pauvre… Enfin, je dis le pauvre mais fait pas croire que je le plains plus que ça quand-même ! Je veux bien être compréhensif, mais il ne faudrait pas voir à trop pousser mémé dans les orties.

Donc hier, Nicolas 1er s’est exprimé devant ce que l’on a coutume d’appeler les Partenaires Sociaux.
Partenaires… Voilà bien une appellation bien consensuelle qui jusqu’alors me faisait plutôt marrer. En effet, ce terme est (était ?) quand même sensé regrouper, en tous cas dans mon esprit, des organisations défendant des intérêts contradictoires. Je veux parler bien sûr des intérêts des travailleurs ou ceux des patrons. Mais bon, moi je dis ça, c’est parce que je suis un irréductible gauchiste qui croit en la lutte des classes, car si j’en crois le discours du Président le sens du mot « partenaire » est effectivement à prendre au pied de la lettre.

Et du coup, j’ai beaucoup moins envie de me marrer…

Sarkozy a commencé par se féliciter du climat serein qui règne en France (j’déconne pas, c’est vrai !) et a déclaré que si « le pays ne s’est pas déchiré » en 2009, c’est parce que les partenaires ont agis en « responsabilité ».
Agir en responsabilité… Voilà bien encore une phrase bien tournée pour désigner la collaboration pleine et entière de la plupart des syndicats pendant l’année écoulée. Donc, en clair il veut dire : Les mecs, vous avez été sympa avec moi l’année dernière. Vous avez réussi à empêcher la plèbe de me lyncher en retenant vos troupes. Alors continuez comme ça parce qu’en 2010 j’ai bien l’intention de continuer !

D’ailleurs, à ceux qui dénoncent une certaine « proximité » entre le gouvernement et quelques représentations syndicales, il déclare avec ironie qu’il est toujours mieux de se parler que de ne pas vouloir se voir (Ricanements dans la salle).

Ensuite, et là vous allez voir qu’on ne rigole plus du tout, il déclame cette phrase lourde de sens, ou de non-sens, au choix : « Il y a eut des conflits sociaux, des conflits sociaux difficiles dans des entreprises symboliques. Je crois que le gouvernement, et j’en remercie le Premier Ministre et le Ministre du Travail monsieur Darcos, qui a toute ma confiance plus que mon amitié ( là j’ai pas compris…), a su faire les gestes et les ouvertures… Mais quand nous ne sommes pas d’accord, nous ne renonç… Nous ne cédons pas. Voilà. »

Vous y comprenez quelque chose vous ? Oui, je sais, ce n’est pas si facile de comprendre une phrase qui dit une chose au départ et son contraire à la fin. Et pourtant il semblerait que ce soit là la façon dont Sarko 1er, Roi des Français, envisage le dialogue social. Je décide, et vous pouvez toujours gueuler mais cela ne servira à rien.
Du coup, si effectivement les syndicats ont intégrés ce concept, il n’est pas étonnant que le Nabot en chef se félicite de leur « partenariat ».

Et il espère bien que cette belle collaboration va perdurer pour l’année qui vient, car en 2010 il compte s’attaquer à la réforme des retraites. Aussi, comme des vieux et des mères de familles qui descendent dans la rue ça fait toujours mauvais effet, la pleine et entière collaboration des dirigeants syndicaux sera, bien sûr, la bienvenue.

D’ailleurs à propos des retraites il a déclaré qu’il ne fallait pas « confondre égalité et uniformité, qui est défaut français ». Je laisse le soin à celles et ceux qui ont l’esprit plus subtil que le mien de tenter de comprendre ce que cela va impliquer… Pour ma part, je sens que ça risque d’être un joyeux bordel.

Et de terminer en saluant encore une fois « le respect de la personne » qui a été constant pendant toute cette année…

Bref, ce fut donc un discours peu longuet (pour une fois) qui ne fut consacré qu’à une seule et unique chose, remercier la gentillesse des syndicalistes et les enjoindre de continuer sur leur lancée de léchage de botte.
M’est avis que le goût des souliers vernis doit leur convenir car la rentrée sociale explosive qu’on nous avait promis pour septembre de l’année dernière… Et bien on l’attend toujours !

Allez ! Passez un bon weekend quand même…

samedi 12 décembre 2009

Réélection de Bernard Thibault, la CGT baisse son froc (encore une fois)

Il y a des fois où la tournure des événements fait qu’on se lève le matin et on se demande si tout ce qu’on fait, tout ce qu’on dit, tout ces mots de révolte alignés au fil du temps, toutes ces petites pierres que l’on pose jour après jour, on se demande si tout cela sert à quelques chose.

Et c’est un peu la question que je me suis posé lorsque j’ai appris la réélection de Bernard Thibault à la tête de la CGT.

Je ne pensais pas qu’il allait être réélu… Non, c’est vrai, j’étais persuadé que la grogne générale que j’avais cru discerner au sein du monde syndical allait pousser dehors ce monsieur un peu trop tiède. Durant cette année 2009 de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’inactivité du principal syndicat français, de même que ses postures plutôt paradoxales comme l’expulsion manu militari des sans papiers de la bourse du travail… On a même accusé son dirigeant, Bernard Thibault, d’être « atteint de sarkozysme aigu », comme si celui qui était sensé représenter l’opposition au patronat fricotait avec l’ennemi ! Avec tout ça, je me disais que le Thibault allait être remercié et que les masses laborieuses allaient se reprendre en main… mais non.

Certes, des voix se sont fait entendre lors de ce 49ème congrès pour dénoncer cette dérive libérale, mais lorsqu’il a s’agit de procéder au vote et d’élire le nouveau boss, ces voix se sont vite tu. D’ailleurs, chose bizarre, le Thibault était bien le seul candidat à sa propre réélection, ce qui me plonge dans un abyme de perplexité, et me fait me poser moult questions sur la façon dont ce syndicat fonctionne…

Or donc, Bernard Thibault, ce quinquagénaire à la coupe de cheveux aussi hasardeuse que sa conception de la lutte des classes rempile pour un quatrième mandat. Mandat qui devrait s’achever en 2012, c'est-à-dire en fait que ce tiédeux accompagnera la présidence de Sarkozy jusqu’à son terme, se faisant l’allié objectif de la sape systématique commencée il y a maintenant deux ans et demi.

Si maintenant la CGT se rallie à la conception nord-européenne du syndicalisme, à savoir que la lutte syndicale ne doit plus être dans la confrontation mais dans la concertation, il ne va plus rester que SUD pour réellement défendre les intérêts des travailleurs. Car il faut quand même savoir que cette fameuse concertation dont je viens de parler n’est en fait qu’une vaste fumisterie dont les seuls bénéficiaires sont les patrons et leurs actionnaires ! Vous le savez ça quand même ?
La seule chose que ces gens-là comprennent, c’est l’argent qu’ils gagnent. Et le seul moyen connu, et efficace, pour leur faire arriver à cracher quelques modestes avancées sociales ou pécuniaires, c’est la menace de leur faire perdre cet argent. Preuve en est encore hier, avec les augmentations de salaires obtenues par les chauffeurs routiers.

Le syndicalisme gagne lorsqu’il est dans la rue et qu’il agite un gros gun, pas lorsqu’il est assis en permanence à la droite de son patron !

Alors, traitez-moi de naïf si vous voulez. Pensez de moi que je suis un indécrottable utopiste rétrograde qui ne comprend rien à rien. Imaginez ce que vous voulez…
Mais le fait est que lorsque je vois, ce qui fut jadis le fer de lance de la lutte sociale et syndicale, la terreur du MEDEF et des bourgeois, rentrer dans le rang et baisser son froc. Et bien ça n’a pas vraiment de quoi égayer mes pensées…

Allez camarades ! Bonne journée à vous quand même !

vendredi 31 juillet 2009

New Fabris : La lutte finale ?

Bon, allez ! On va se faire un dernier petit article pour terminer ce mois de juillet que, en ce qui me concerne, j’ai trouvé plutôt long.
Mais bon, j’imagine que les salariés de New Fabris l’on trouvé bien plus long que moi ce mois de juillet. Ces dernières semaines ils ont bataillé comme des forcenés pour obtenir gain de cause. De réunions en manifestation ils ont clamé haut et fort leur désir de ne pas se faire exécuter en silence.

Aux dernières nouvelles le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi (accessoirement mon connard de maire) qui s’était imposé comme médiateur entre les travailleurs et les constructeurs automobiles PSA et Renault, avait proposé au nom de l’état actionnaire une prime extralégale de 11 000 € par salariés. A prendre ou à laisser. Alors que les revendications des travailleurs étaient de 30 000 €.
Extralégale. Voilà bien un terme que les patrons utilisent volontiers… Comme il convenait d’insister lourdement sur le côté « hors de la légalité » d’une telle prime. Un peu comme si cet argent était en quelques sortes extorquée. C’est lamentable.
Si les 50 000 € que les travailleurs de Continental ont touchés étaient si illégaux, je ne vois pas pourquoi la direction a accepté de les payer dans ce cas là. Quand c’est illégal, on ne le fait pas, et si on le fait c’est que c’est légal et légitime. Un point c’est tout.

Ce matin ces combattants, à mon sens il convient de les appeler ainsi, doivent décider si oui ou non ils accepteront cette maigre aumône ou bien s’ils continueront le combat.
Pour marquer le coup, et pour aussi remobiliser les troupes, ils ont manifesté hier dans les rues de Châtellerault. Les collègues des autres champs de bataille étaient à leurs côtés pour les soutenir. Il y avait les salariés d’Aubade, de Continental. Ceux de chez Molex et de chez Ford, de Magneti Marelli, de Valeo… Bref, ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls.
Car face à l’intransigeance du gouvernement, ils ont bien besoin qu’on les soutienne les New Fabris. Parce que depuis le début du conflit, on ne peut pas dire que les pontes de Paris, ces grands leaders syndicaux, les aient beaucoup aidés.
Pour ces grands messieurs, il n’est pas convenable que l’on menace l’outil de travail… Comme je l’ai déjà dit ici, je pense que ces couilles molles ne comprennent plus rien à la lutte syndicale. Je me demande même s’ils croient encore à la lutte des classes, c’est dire…
Trop éloignés de la base peut-être ? Trop acoquinés avec les grands patrons et les gouvernementeux sûrement…

Alors ce matin ils vont voter. Ce ne sera pas facile de ne pas céder aux voies pessimistes qui leur susurrent que finalement 11 000 € c’est mieux que rien… Que de toute façon ils n’auront pas plus… Qu’il vaut mieux tenir que courir… Déjà, dans les rangs, la capitulation se murmure.

Alors que j’écris ces mots, j’apprends que le Strosi vient de relever son immonde prime de 1000 €… Ça fait donc 12 000 net maintenant… De quoi faire céder les dernières résistances et faire pencher la balance dans le sens de paix sociale.

Alors, en ce qui me concerne, j’espère sincèrement qu’ils vont refuser de se laisser marcher dessus de cette façon. Ces 366 hommes et femmes sont nos grognards, ils se battent également pour nous. Sachons apprécier leur combat.

Mise à jour 18H30.
Et bien voilà, c’est fait. Les salariés ont voté la fin du mouvement… Déjà dans la matinée la rumeur sourde du résignement se faisait entendre, pour finalement s’exprimée par la voix des urnes.
La majorité des salariés a accepté les 12 000 € par peur de se retrouver sans rien… Par peur du lendemain…
A l’instar des meneurs de cette fronde légitime, je suis déçu.
Encore une fois c’est le gouvernement et le grand patronat qui ont gagné. Ils ont gagné avec leurs armes favorites, maintes fois éprouvées, l’essoufflement dans la durée et l’intimidation. Les pères de familles ont accepté ce qu’on leur proposait, sous la pression et malgré l’insulte qu’une telle aumône représentait… Prenez votre fric et allez vous faire pendre ailleurs !
J’suis vert là…

jeudi 16 juillet 2009

« Le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Bon, je sais que je me fais rare en ce moment… C’est vrai. Désolé. Mais c’est pas ma faute, c’est celle du temps.
Du temps qui passe et du temps qu’il fait… Et tout ça en même temps.
Le temps qui passe ce fait dans la douleur de la convalescence. Ma cheville prend tout son temps, elle aussi, pour se remettre de l’intervention… (En clair, j’ai un putain de mal !) Et le temps qu’il fait m’incite plus à la torpeur et à la déconnexion mentale.
Car je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais c’est l’été et il fait chaud. Oh, ce n’est pas la canicule, loin de là, mais il faut que vous sachiez qu’au dessus d’une certaine température, j’ai la particularité d’avoir le cerveau qui passe en mode ralenti… Peut-être que les échanges thermiques sont prioritaires par rapport aux activités cérébrales ? Allez savoir…
Cela-dit, je réfléchis quand même un peu, et en ce moment il y a une chose qui m’interpelle un tantinet… Et comme souvent, lorsque je suis interpellé (un tantinet) et que la réponse ne me vient pas automatiquement, je décide de partager mon questionnement avec vous…

Dans le monde du travail, il y a une règle communément admise qui dit que quelque soit son mécontentement, le salarié ne doit en aucun cas s’en prendre à son outil de travail…
Mouais… Une règle, une règle… J’ai plutôt l’impression qu’il s’agit-là d’une pratique qui relève plus de la coutume que de la règle. Car, si je ne m’abuse, rien de tel n’est inscrit dans le code du travail.
Non, il s’agit plutôt d’une espèce de code de conduite, une pratique non-écrite, un pacte silencieux qui aurait été passé entre les travailleurs et les patrons, et ce depuis des temps immémoriaux…
Pour ma part, j’aurais tendance à penser que cette coutume est issue de la pensée libérale…
Ouais, je sais. Vous allez encore me dire que je fais une fixation en revenant toujours sur ce sujet. Ou bien, vous allez me faire remarquer que je suis décidemment bien naïf… Mais que voulez-vous ? Moi, pour ainsi dire, je débute dans le radicalisme. Je n’ai eu aucune éducation syndicale, encore moins révolutionnaire. En fait, je ne prends réellement conscience de ces choses que depuis deux ans et demi… Deux ans, neuf mois et vingt-six jours pour être précis. Mais bon, ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est que depuis quelque temps on assiste à un raidissement (le mot est faible) dans les relations entre le salariat et le patronat. (Cliquez sur la carte pour accéder à une infographie sur l'ensemble des plans sociaux en France.)
Déjà, il y a quelques mois les salariés de Continental/ Clairoix ainsi que ceux de Sony et bien d’autres, séquestraient leur patron, franchissant ainsi un pas dans la lutte contre l’abus de plans sociaux. A l’époque, on s’interrogeait déjà sur cette pratique typiquement française. Les libéraux dénonçaient dans ce geste la main invisible de l’extrême gauche, accusant les salariés d’user de méthodes de gangsters. Les mêmes salariés eux, rétorquaient que leur violence n’était qu’une juste réponse aux abus de leur direction…
Bon, je préfère vous le dire tout de suite je suis plutôt d’accord avec ce genre d’action. Surtout si, au final, ça marche. Pour moi, il est parfaitement intolérable qu’une entreprise qui réalise des bénéfices licencie son personnel sous prétexte de vouloir faire perdurer les investissements de ses actionnaires. C’est comme ça, c’est une question de priorité. Mais j’y reviendrais plus tard…

Donc, après les « maintiens sur site » observés récemment, voilà qu’un degré supplémentaire vient d’être franchi dans la lutte, et pas un petit, puisque les salariés en viennent à menacer de faire sauter leur usine pour se faire entendre convenablement. En clair, la dernière arme qu’il reste à ces travailleurs, leur dernière cartouche en fait, c’est de s’en prendre à leur outil de travail.
Bon, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela représente comme action… C’est grave. Et vous savez pourquoi c’est grave ? Et bien tout simplement parce que les salariés s’attaquent ni plus ni moins au seul droit de l’homme que les libéraux ont retenus dans la déclaration universelle (article II). Celui du droit à la propriété.
Et dans ce genre de cas, il ne s’agit plus de droit du travail. On entre carrément dans le pénal !

Pour ma part, cette montée en puissance de l’action du salariat est plutôt bon signe. Je ne veux pas faire l’apologie d’un quelconque crime ou délit, je dis simplement que je trouve légitime cette réaction… Car, face à la violence que représentent les licenciements massifs, les délocalisations sauvages, tout ça au nom du profit de quelques-uns, je pense qu’il est normal et juste de se défendre. Et ce, même si pour cela il faut se mettre en délicatesse avec la loi.
Un peu dans l’esprit d’insurrection que prônait la déclaration des droits de l’homme de 1793 (articles 33, 34, et 35), celle que l’on s’efforce de nous faire oublier…
La transgression de ce tabou libéral qui concerne le respect de l’outil de travail est un pas, à mes yeux, important vers une nouvelle relation salariat/patronat. Car, à mon sens, il est important que le patronat prenne enfin conscience de son rôle social. Rôle social qui, quoi qu’il arrive, doit toujours primer sur le rôle économique.
Mais bon, pour faire rentrer ce concept dans la tête du MEDEF, il y a encore du boulot !

Voilà ce que ces derniers événements m’inspirent en ce moment… Enfin, moi ce que j’en dis, c’est avec mes petits neurones fatigués par le temps que je déduis ces choses. Si vous trouvez que je me plante dans les grandes largeurs, n’hésitez surtout pas à m’en faire part. Votre contribution est indispensable !

dimanche 14 juin 2009

Une erreur qui va couter cher

« Il semblerait donc que nos dirigeants syndicaux aient oubliés ces fondamentaux de l’action sociale. Ajoutez à cela une communication inexistante, et on se dirige tout doucement vers un gros bide. Et si gros bide il y a, j’en connais quelques-uns qui, dès ce soir, vont faire leur gorges chaudes de ce non-événement et enquiller sur la remontée du nain dans les sondages… »

Qui donc a bien pu écrire ce sinistre augure ? Hein ?
Oh ! Suis-je bête… C’est moi ! Et pas plus tard qu’hier en plus…

Franchement, j’aurais préféré me tromper… Vraiment. Mais le fait est que c’était couru d’avance. On ne le répétera jamais assez, une manifestation, fut-elle unitaire, organisée un samedi : Ca ne marche pas ! Ils devraient quand-même le savoir depuis le temps !
Ajouter à cela l’approche de l’été et une usure légitime des travailleurs et on obtient ce qui est arrivé hier : Un gros bide.

Et comme de bien entendu, les gros bides, en plus de nuire à ceux qui les provoquent, ont la manie de profiter à ceux qui n’attendent que ça.
Dès la fin de l’après midi le Figaro titrait déjà : « Mobilisation en recul contre la politique anticrise de Nicolas Sarkozy ».

Vous noterez, en passant, que ce titre est habilement rédigé, puisqu’il sous-entend sans vergogne que les manifestants qui défilaient dans la rue hier sont contre les efforts que notre président s’échine à déployer pour nous sortir de la crise… Ce qui revient à dire que ces personnes sont ni plus ni moins pour la crise. Mais bon ! Rassurez-vous braves gens ! Ils sont en recul !

Donc, comme je l’avais subodoré, cette manif devient un atout dans la manche de notre PGE. Mieux, avec l’appui d’une dialectique bien rodée et d’un plan média ad hoc, cette erreur monumentale va se transformer en un soutien à la politique du gouvernement.

Putain ! Ça fait chier d’avoir raison !

Allez… Bon dimanche quand-même…

samedi 13 juin 2009

Le samedi c’est manif (Ah bon ?)

« Lorsque l’on a la prétention de vouloir tenir un blog qui s’est donné pour but de parler de politique et de société, la moindre des choses, c’est quand même de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde, et a fortiori dans son propre pays. »
Voilà le genre de reproches que je me faisais à moi-même ce matin, et je peux vous dire que c’est vraiment pas cool de commencer la journée comme ça.

Bon, d’accord, je ne me suis pas infligé cette critique bien judéo-chrétienne exactement en ces termes. Et puis, je vous l’avoue, ce n’est pas la première chose qui me soit venue à l’esprit non plus… Mais le fait est, qu’au bout de quelques minutes de ma petite revue de presse matinale, c’est quand même à ce genre de constatation à laquelle je suis arrivé. Et franchement : Ça me fait chier.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je me mets à être grossier de si bon matin… Et bien c’est parce que je viens de me rendre compte que ce samedi, c’est jour de manif. Et pourquoi je n’étais pas au courant ? Hein ?
C’est vrai quoi… D’après ce que j’ai lu, il s’agit de la dernière mobilisation intersyndicale (presque) de la saison et je n’en entends parler que le jour même ? C’est quoi cette histoire ?

Réflexion faite, je me rends compte qu’en fait je n’y suis pour rien. Si je n’étais pas au courant, c’est tout simplement parce que les médias n’en n’ont pas parlé, point barre.
D’accord, je veux bien admettre qu’ils avaient peut-être autre chose comme sujet de conversation ; Un avion qui tombe, les élections européennes et la déroute du PS, le silence de Ségo la Sainte, le discours bien consensuel et pétri d’obscurantisme d’Obama, les élections en Iran… (Que sais-je encore ?) Mais apparemment il n’y avait pas de place pour une manif de protestation contre la politique de notre nano-président…

Alors je vous le dis, puisque j’imagine que vous êtes aussi non-informé que moi, cette journée est sensée s’inscrire dans la continuité des rassemblements du 29 janvier, 19 mars et 1er mai… Sauf que de mémoire de gauchiste, une manif organisée un samedi est quelque-chose de complètement inutile, voir de contre productif. C’est d’ailleurs ce que semble penser Force Ouvrière en se désolidarisant « partiellement » de cette journée d’action. FO (d’après Libé), parle de « simulacre de journée d’action », et Jean-Claude Mailly soutient qu’il n’est pas « un GO du social ».

Je serais plutôt de son avis… Pour moi, la réussite d’une journée d’action se mesure avec deux critères : La mobilisation d’une part, et l’ampleur de l’emmerdement maximum provoqué d’autre part.
Et je serais même tenté de dire que le second critère prime sur le premier. Pour s’en persuadé il n’y a qu’à constater l’efficacité des actions des agriculteurs, des pêcheurs ou des routiers quand ils s’y mettent.
Il semblerait donc que nos dirigeants syndicaux aient oubliés ces fondamentaux de l’action sociale. Ajoutez à cela une communication inexistante, et on se dirige tout doucement vers un gros bide. Et si gros bide il y a, j’en connais quelques-uns qui, dès ce soir, vont faire leur gorges chaudes de ce non-événement et enquiller sur la remontée du nain dans les sondages… C’est là, que ce genre d’action devient contre-productif : En servant la soupe au gouvernement. C’est vraiment donner le bâton pour se faire battre, voilà ce que j’dis !

Donc, pour ma part, et une fois n’étant pas coutume, je n’irais pas manifester cette fois-ci. Pour les raisons que viens d’évoquer, mais aussi parce que la manif à Nice est pour une fois organisée à 14H30, et qu’à cette heure là, je dors.

Mais bon, rien ne vous empêche de vous y rendre vous-même, aussi je vous joins un lien vers une infographie qui recense l’ensemble des 160 cortèges.

Bonne manif si vous y allez, et en attendant de connaitre vos impression je vous souhaite un bon weekend !

vendredi 16 janvier 2009

Economie, démagogie et syndicalisme

Coucou ! C’est encore moi ! Et oui, je ne vous lâche pas, je continu dans mes petits commentaires sur les vœux présidentiels 2009… J’ai bien conscience qu’à la longue, mes diatribes sont susceptibles de vous gaver un poil, mais que voulez-vous, je me suis engagé à vous commenter les dires Sarkoziens, et je compte bien tenir mes engagements… Au moins jusqu’à demain. Après, le marathon des vœux sera fini et on pourra, vous et moi, faire une pause afin de digérer un peu tout ça…

Mais l’heure n’est pas encore à la digestion et aujourd’hui on va parler des vœux aux forces économiques qui ont eu lieu à Vesoul… (‘Tain Vesoul… Il doit être désespéré notre PGE pour aller là-bas.)

La première chose qui saute aux yeux, c’est qu’à la différence des interventions précédentes, notre Président Glorieusement Elu, n’officie plus seul à son pupitre comme un curé en prêche… Non, cette fois-ci, il a pour le soutenir, ou du moins appuyer son propos, une brochette de personnalités rangées en rang d’oignons derrière lui. Les enfants de chœur
Woerth, Lagarde, Devedjian, et Joyandet.
Voilà pour le côté visuel… Pour ce qui est de l’allocution proprement dite, je vous préviens tout de suite… Ca m’a gavé. Je ne sais pas, peut-être est-ce la lassitude de me taper le Nain suprême en live depuis une semaine, mais là… Là, franchement, il m’a gonflé.

C’est la crise… Blablabla… Relance…. Blablabla… Exceptionnelle… Blablabla… Sauver les banques… Blablabla… Vive le RSA… Blablabla… La faute aux 35 heures… Blablabla… Continuer les réformes… Blablablas…
Bouuuuuh… ! Tous ces blablablas, je peux vous dire que c’est fatigant à la longue. Surtout si c’est pour entendre les mêmes exemples d’autosatisfactions que j’entends depuis le début de la semaine. Non, j’imagine que le Sarko, lui aussi doit arriver à saturation. C’est vrai quoi ! Il commence à se répéter grave !

Pour être tout à fait juste avec vous, j’ai noté quand même deux passages qui ont, à mes yeux une certaine importance.
Le premier concerne son rôle de Zorro des places financière, défenseur de la morale, protecteur de l’éthique, pourfendeur des abus qui font mal aux yeux des ménagères…
Mardi dernier, le site du Monde.fr publiait un article révélant que 80% des entreprises du CAC40 étaient plus ou moins en délicatesse avec les nouvelles consignes ordonnées par la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, concernant « la moralisation du capitalisme ». Comme c’est quelque-chose d’important pour l’image de notre PGE, celui-ci a donc tiré les quelques oreilles qui trainaient…
On vous a aidé, d’accord, mais en échange vous devez faire des efforts en ce qui concerne les dividendes versés aux actionnaires, la rémunération des dirigeants et les bonus (Golden-parachute et golden-hello). J’imagine assez bien tous ces Grands-Patrons, inconfortablement installés sur leurs chaises, sourirent dans leurs barbes et se dirent en leurs fors intérieurs que les français allaient surement avoir du mal à gobé pareille sornette ! Peut-être même qu’ils se demandaient si la grand-mère de notre nano-président faisait du vélo ? Qui sait ?
Mais enfin, le PGE, il a bien insisté quand même. Il leur a dit que si d’ici la fin du trimestre, ils ne se calmaient pas sur les brouzoufs, il allait devoir sévir et légiférer !

Ensuite, la deuxième chose importante qui est malgré tout ressortie de ce discours, c’est que Sarkozy s’en est pris au syndicat SUD.
La chose a été amenée par une habile transition : « Il faut continuer les réformes, certes, mais dans un souci de dialogue avec les syndicats »… Et il embraille direct sur le syndicat SUD-rail qui selon lui est « une organisation syndicale irresponsable, qui casse le service public et bafoue l’intérêt des usagers en fermant la deuxième gare de France… ».
Sauf que ce n’est pas SUD qui a fermé, la gare St Lazare, c’est la direction de la SNCF… Mais bon, personne dans l’assistance n’ira le contredire. Ni même lui rappeler qu’il a obtenu rapido les excuses du PDG de la SNCF, ainsi que des compensations pour les clients… Ou les usagers, on ne sait plus.

SUD (Solidaires, Unitaires et Démocratiques), c’est la petite bête qui monte en ce moment. Bien plus radical que ces confrères embourbés dans des connexions incestueuses avec le patronat (cf l’affaire Gautier-Sauvagnac et les caisses de l’UIMM), SUD gagne des membres au fur et à mesure des élections professionnelles. Plus proche de la LCR que du PC, ces bambins ont repris le flambeau de la lutte des classes abandonnés par leurs ainés et font parler d’eux à grands coups d’actions spectaculaires. Depuis des semaines SUD fait tourner en bourrique la SNCF en organisant des grèves tournantes de 59 minutes afin de revendiquer des augmentations de salaires et d’effectifs, et pour ce faire utilise toutes les failles possibles de la loi sur le service minimum dans les transports. Aussi, notre Bien Aimé Président envisage fortement de légiférer, là encore, pour cadenasser encore plus la loi… A suivre donc.
Entre parenthèse, je me demande s’il existe un SUD-rmistes… Faudrait que je me renseigne…
Bon, bref, le président, il aime pas les petits syndicats non-alignés qui n’en font qu’à leur tête. Honte sur eux ! Si le plan de relance ne marche pas, se sera de leur faute !

Voilà ! J’ai fini !
Ah ! J’oubliais ! A la fin, le président il a dit un truc qui m’a fait hurler :
Il a dit qu’il continuerait les réformes parce que « c’est l’idée que je me fais de l’intérêt de notre pays, et la responsabilité éminente qui est la mienne. ».
Là, je me suis dit qu’on touchait le fond, et que la démagogie n’avait pas de limite…

Allez ! Je vous dis à demain, pour les vœux aux corps diplomatiques, et après, si vous me le permettez, je m’accorderais une pause… Passeque là, j’en peux plus…

jeudi 22 mai 2008

Joli mois de mai

Belle journée que ce jeudi 22 mai 2008. Un beau soleil, une température clémente tout est propice à une bonne manifestation bien revendicatrice.
Comme promis donc, me voilà parti vers la place Masséna lieux de départ du cortège. Les rues de Nice sont particulièrement roulantes, en quinze minute ma voilà à pied d’œuvre, en avance d’une demi-heure sur l’horaire de rendez-vous. Pas de problème, j’en profite pour rendre visite à un de mes amis qui tient un magasin d’optique au coin Masséna-Gioffredo. On s’embrasse et nous nous mettons à parler de cette journée qui s’annonce. Lui est obnubilé par le fait que son fils ne veuille pas aller au collège, qu’il n’y a pas de bus (ce qui est faux, la preuve, je suis là !). Bref, mon ami est un patron de chez droite, du genre à penser que les centaines de personnes déjà réunies devant sa boutique ne sont que des paresseux qui mériteraient de perdre leur emploi. D’ailleurs, en tant que patron, il n’en aura pas de retraite lui ! Alors celle des autres, il s’en tamponne.
J’abrège la conversation d’une bise et me taille prétextant que j’ai du boulot. « Tu comprends, mon blog… J’ai promis… » Bref, comme d’hab, je n’argumente même plus avec lui.
D’autant que la place commence à se remplir. Deux cents, trois cents, de minutes en minutes des gens arrivent. Seuls ou bien en groupe. Les drapeaux se déroulent, les clans se forment. Chacun sous sa bannière, et pas question de se mélanger avec les autres. Un groupe d’une cinquantaine de joyeux lycéens descend l’avenue Jean Médecin en provenance de la gare. Ils viennent de Cannes et d’Antibes. La sono à fond balance du AC/DC. Ca y-est, l’ambiance monte d’un cran.
La police est là, bien sur, mais plutôt détendue. La tenue d’été et la casquette donnent comme un air de vacance. Ils n’ont pas l’air sur la défensive. D’ailleurs tous ces gens ne sont pas dangereux. Des militants bien disciplinés, la cinquantaine joyeuse. Ce n’est pas avec eux qu’on risque de jouer de la matraque. On se salue, on s’embrasse, tout le monde semble connaitre quelqu’un. J’ai la vision fugitive d’une sylphide en robe blanche, belle comme Marianne avec son drapeau orange. Je la capte d’un geste de semeur… Les bouddhas de la place Masséna, bienveillants et silencieux, observent cette assemblée hétéroclite et sage.

10H30 : C’est parti mon kiki. Direction le port, via la place Garibaldi. Je suis un peu déçu, car c’est plutôt court comme trajet. Et pas trop perturbateur. Le cortège n’avance pas vite, ce qui me permet de le précéder malgré ma patte folle et ma canne. Il faut vous dire que j’ai triché ce matin. Je me suis dopé aux analgésiques pour pouvoir accomplir cette mission.
J’ai envie de faire des photos d’un point haut, histoire d’appréhender l’ensemble de l’événement. Euréka ! La Promenade du paillon me fera un excellent point d’observation. Je grimpe les marches et me positionne, l’appareil photo à la main. A mes côtés un journaliste avec une caméra numérique, un photographe amateur, un couple d’amoureux… J’engage la conversation avec le photographe, combien sont-ils ? Il ne sait pas. La foule me semble interminable et fournie. J’ai une impression de masse en branle. Je regarde ma montre. Top ! Le cortège passe à ma hauteur, il est 10H40.


En face de moi une école maternelle. Les bambins sont tout excités de voir autant de monde. La sono proclame que c’est pour eux que les gens sont dans la rue.
Passé le bruyant groupe de lycéens qui ouvre la marche, les confédérations se suivent. Les agents des Impôts, les Douanes, les cheminots, Air-France, l’Enseignement, le personnel hospitalier… Des camions d’EDF aux plaques masquées sont aussi de la partie. Tout le monde est sage et les slogans sont rares. Une sono diffuse un texte que je note au passage : « Nous refusons de travailler plus pour mourir plus vite. Nous voulons travailler mieux pour vivre mieux. »
Les calmants ont un effet limité et je m’assois sur les marches pour regarder passer la foule. Je réalise soudain que les deux amoureux que j’avais remarqués un peu avant sont en fait des compteurs. Je prends une photo discrète. La fille a à la main un autocollant de la CGT. Je me dis que j’ai décidément du bol et que je vais pouvoir enfin savoir combien de manifestants se sont réuni aujourd’hui. Je les observe du coin de l’œil. La fille me semble concentrée et compte les gens qui passent sous sont nez. Elle donne les chiffres à son compagnon qui note le tout sur une feuille de papier. De temps en temps, elle site tel ou tel groupe de manifestants et le nombre de personnes qui semble y être associé. Le type me semble moins assidu, il téléphone en même temps et me semble noter un chiffre sur deux. Tout cela n’est pas très sérieux comme méthode…
Les derniers viennent de passer, il est 11H25. La jeune femme annonce alors à son compagnon « L’UNSA, 54 personnes ! ». Moi, j’aurais dis un peu plus.
Je m’approche alors de la fille et je la questionne. « Alors, combien ? » Elle me répond que cela fait entre 2000 et 2500 personnes. Je suis déçu, je n’y crois pas. Je lui demande alors qu’elle méthode elle utilise pour pouvoir affirmer ce chiffre. Elle me répond que sa méthode est la plus précise puisqu’elle compte les gens par paquets de 30 ou 40, un par un. Ah bon ? C’est aussi simple que ça ? Nous continuons à discuter et elle me dit qu’elle estime qu’elle peut faire une erreur de 10% par groupe de 30 ou 40. Ce qui nous fait 3 ou 4 personnes de plus ou de moins. Son compagnon qui s’était éloigné un instant pour téléphoner se rapproche et lance : « De toute façon, les syndicats annonceront le double dès demain ! ».
Ingénument, je demande alors pour qui ils effectuaient se comptage. « A votre avis ? » me répond-t-il… Et là, je réalise soudain que ces deux jeunes gens sont en fait des fonctionnaires de police. (Avec le recul, je me dis qu’il faisait un peu chaud pour porter un blouson en jean…).
Nous continuons cependant à discuter. Selon eux le mouvement s’épuise, car la semaine dernière il y avait près de 4000 personnes dans les rues pour soutenir les enseignants. 2500 aujourd’hui pour les retraites. Pour eux, c’est dans la logique des choses… Un charmant monsieur s’est joint à nous et nous continuons à papoter alors que la rumeur du défilé s’éloigne peu à peu. Les deux flics s’en vont, je reste avec le monsieur (Salut LPG !) qui se révèle être un internaute assidu, nous échangeons nos points de vue. Il est temps de rentrer, la fête est finie.
De retour à la maison je commence à rédiger cet article et je continue de m’interroger sur les méthodes de comptage des manifestants. En fait, il en existe deux.
La méthode des organisateurs : a. On chronomètre le temps de défilement du cortège. b. On en déduit la longueur du cortège, en faisant une hypothèse sur la vitesse moyenne de défilement (2 km/h pour la CGT, ce qui semble assez lent donc assez prudent). c. On estime le nombre de manifestants par mètre de cortège (plusieurs estimations sont effectuées sur différents tronçons puis moyennées), ce qui dépend grosso-modo de la largeur des voies empruntées. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = longueur du cortège en mètres × nombre de gens par mètre.Avec cette méthode et ma propre estimation, (1500m x 7 pers/m) j’arrive à un nombre approchant les 10 500 manifestants.
La méthode de la police pour les manifs pas trop importantes : a. On se place en un (ou deux) point(s) du cortège, pas trop près du début ni de la fin, et on compte les rangs qui passent.
b. On mesure la largeur de la voie en ce(s) point(s), ce qui donne une assez bonne mesure de la largeur de la rangée. c. On en déduit le nombre de gens par rangée, en appliquant un barème (lequel ?) déterminant le nombre de gens par mètre de rangée. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = nombre de rangées du cortège × largeur d’une rangée en mètres × nombre de gens par mètre de rangée.
Sauf qu’avec cette méthode, une rangée se doit d’être cohérente. Alors que dans une manif, cela va du gars tout seul, à l'équipe de rugbymen se tenant par les coudes…
Bref, rien à voir avec ce qu’ont fait nos deux petits poulets… La jeune fille était peut-être consciencieuse mais son acolyte ne reportait pas tout les chiffres !
Je vous laisse juge au regard de cette photo ci-dessus. Sachez que cela ne représente que la moitié du défilé. Comptez les, et dites moi ce qu’il en est !

En conclusion, je dirais que c’était une belle journée pour défiler. Une très belle journée. Même si je n’étais pas là jusqu’à la fin, je ne pense pas qu’il y est eu des débordements. C’était de la manif de pros, faite par des gens concernés et responsables. J’espère seulement que la manifestation niçoise, qu’elle soit de 2500 ou de 10 000 personnes, viendra s’ajouter à toutes celles qui de par la France se déroulent aujourd’hui. La lutte est longue, ne perdons pas espoir.
J’attends vos commentaires et vos expériences des quatre coins de la France.
Addenda le 23 mai 2008 à 06H10.
Nice-Matin titre aujourd’hui : Sur un parcours inhabituel entre la place Masséna et le port de Nice, de 10 h 45 à 13 heures, la police a compté 2 500 participants quand plusieurs syndicats situent la barre autour de 7 000 et même 10 000 selon la FSU.

jeudi 15 mai 2008

Le SMA, un leurre antidémocratique

Le SMA (Service Minimum d'Accueil), c’est la marotte de Nicolas Sarkozy. C’est son truc et il entend bien le voir généralisé d’ici 2009. Et il a beau jeu, car il sait que la population française est derrière lui, avec plus de 60% d’avis positif sur la question. Mais la mise en place de ce service ne se fait pas sans mal. Car certain hurlent à la confiscation du droit de grève, bref, à l’atteinte de nos droits les plus fondamentaux…
C’est certain, les grèves, ça fait chier tout le monde. En tous cas, ça fait chier une grande majorité des français. Qui ne s’est pas retrouvé en galère à la suite d’une grève des transports ? Qui n’a pas dû sacrifier un jour de RTT pour garder ses enfants alors que les écoles étaient fermées ? Qui n’a pas dû retarder l’envoie de son tiers provisionnel parce que les impôts étaient… Ah, non, ça ce n’est jamais arrivé… Et que dire de l’image de la France, pays le plus visité au monde rappelons-le, auprès de nos millions de visiteurs annuels ?
Bref, La grève a une image déplorable et toute action en faveur des usagers est plutôt bien perçue par la population. Pourtant, ce n’est pas aussi simple que la majorité des français veut bien le croire.
Pour certains, dont je suis, le service minimum va à l’encontre du droit constitutionnel de faire grève. En effet, ce qui fait la force démocratique d’une grève c’est son impact sur le fonctionnement de la nation. Plus le peuple se mobilise, plus le poids qu’il représente se fait sentir auprès du pouvoir. Rendre obligatoire le service minimum revient à rendre stérile tout combat syndical, ou du moins à en diminuer considérablement les effets. C’est une façon détournée de museler la voix de la population française.
Ceux qui pestent contre les grèves et réclament le SMA, ne comprennent pas que ce sont leurs propres droits qu’ils contrarient ! La lutte d’aujourd’hui sur les retraites dans la fonction publique, c’est la même chose que la lutte qu’il faudra mener demain dans le privé. La fonction publique a le mérite d’être organisée et de pouvoir se mobiliser fortement, Croyez-vous que les salariés des PMI/PME sont capables de faire la même chose ? Dénaturer leur combat revient à dénaturer tous les combats futurs, que même les usagers des services publics seront amenés à faire un jour peut-être.
A cela s’ajoute le fait de pouvoir organiser ce SMA. Qui, comment, avec quel argent ? Mais bon, pour moi il n’y a même pas lieu de se poser ces questions puisque la mesure en elle-même est inique.
Alors je voudrais dire à ces 60% de français qui sont favorable à une mise en place du service minimum, qu’ils arrêtent de se comporter égoïstement. Je les engage à avoir une vue un peu plus longue sur notre société, et sur le rôle que doit jouer chaque citoyen s’il veut se montrer solidaire et humaniste.