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lundi 15 février 2010

Réforme des retraites, enfin le déclic ?

La question que je me pose en ce début de semaine, c’est de savoir si enfin nos syndicats vont arriver à retrouver leurs couilles.
D’accord, c’est peut-être un peu présenté crument, mais avouez que la question est d’importance puisque c’est aujourd’hui que commence ce qu’ils appellent un « sommet social » consacré à la réforme des retraites.

D’après la presse quotidienne de ce matin, il semblerait que la retraite après 60 ans soit considérée comme un casus belli… Bon, moi je veux bien, mais l’expérience nous montre que les Mailly, Chérèque et autres Thibault n’en sont pas à une compromission près, et qu’ils se sont plus souvent couchés devant le patronat ces derniers temps, que la décence ne le permet.

Aussi, lorsque je lis une telle radicalité dans le propos (casus belli), je me dis que c’est un peu trop beau pour y croire…
D’autant plus que la gauche « gouvernementale » (comme les tiédeux aiment à se nommer eux-mêmes) ont déjà montré qu’ils étaient près à faire moult concessions en la matière. D’abord le lapsus de Titine, vite démenti mais trop tard quand même. Puis encore hier la langue de bois de Moscovici, du genre ça restera la règle mais elle ne sera plus obligatoire… Même Méluche s’y est mis en bottant en touche de belle manière ! Bref, il semblerait bien que les dés en soient jetés et que la retraite à 60 ans soit belle et bien enterrée, comme le reste d’ailleurs.

Le seul qui ait osé se déclarer en faveur du maintien de la retraite à 60 ans, c’est Olivier Besancenot. Il a appelé hier à un front unit regroupant tous les partis de gauche… Mais bon, personne ne lui a répondu pour l’instant, et je doute qu’ils le fassent.

Mais bon, même si apparemment les acteurs de ce sommet social sont déjà presque d’accord sur les résultats, il n’empêche que cela risque de ne pas être la même sauce pour le peuple… C’est qu’ils y tiennent à leur retraite les bougres !

D’ailleurs c’est bien pour ça que depuis quelques jours on nous abreuve de chiffres en tous genres. On nous montre avec de beaux tableaux ce que font nos voisins européens. On nous dit que nous sommes une « particularité » par rapport à eux… Mais si l’on écoute bien le ton avec lequel ce mot de « particularité » est prononcé, on entend clairement d’autres termes comme « bizarrerie », « anachronisme » voir « imbécilité ».
En clair, il s’agit là d’une offensive médiatique destinée à nous préparer au pire et à nous le présenter comme quelque chose d’acceptable.

Et c’est bien pour ça que je suis plus que sceptique sur le résultat de ce sommet. La crise est là, et comme levier pour avaler d’énormes couleuvres il n’y a pas mieux ! Demandez aux grecs et aux espagnoles !

Non, ce que j’espère vraiment c’est que cette déclaration préliminaire des syndicats ne soit pas une posture de plus. J’espère vraiment qu’ils écouteront leur base pour une fois, et qu’ils feront ce qu’il faut pour empêcher qu’un de nos acquis sociaux le plus cher ne soit sacrifié sur l’autel du pragmatisme économique.

En fin de journée doit avoir lieu une réunion intersyndicale pour faire un premier bilan et décider, ou pas, s’il y a lieu de mobiliser les travailleurs…

Je croise les doigts, mais je vous avoue que c’est sans conviction… Pourtant, se serait tellement bien si cette réforme de plus était la réforme de trop, et qu’elle serve de déclic à la populace vengeresse ! Hein ?

Oh oui, ça serait bien… Un déclic ! Enfin !

samedi 12 décembre 2009

Réélection de Bernard Thibault, la CGT baisse son froc (encore une fois)

Il y a des fois où la tournure des événements fait qu’on se lève le matin et on se demande si tout ce qu’on fait, tout ce qu’on dit, tout ces mots de révolte alignés au fil du temps, toutes ces petites pierres que l’on pose jour après jour, on se demande si tout cela sert à quelques chose.

Et c’est un peu la question que je me suis posé lorsque j’ai appris la réélection de Bernard Thibault à la tête de la CGT.

Je ne pensais pas qu’il allait être réélu… Non, c’est vrai, j’étais persuadé que la grogne générale que j’avais cru discerner au sein du monde syndical allait pousser dehors ce monsieur un peu trop tiède. Durant cette année 2009 de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’inactivité du principal syndicat français, de même que ses postures plutôt paradoxales comme l’expulsion manu militari des sans papiers de la bourse du travail… On a même accusé son dirigeant, Bernard Thibault, d’être « atteint de sarkozysme aigu », comme si celui qui était sensé représenter l’opposition au patronat fricotait avec l’ennemi ! Avec tout ça, je me disais que le Thibault allait être remercié et que les masses laborieuses allaient se reprendre en main… mais non.

Certes, des voix se sont fait entendre lors de ce 49ème congrès pour dénoncer cette dérive libérale, mais lorsqu’il a s’agit de procéder au vote et d’élire le nouveau boss, ces voix se sont vite tu. D’ailleurs, chose bizarre, le Thibault était bien le seul candidat à sa propre réélection, ce qui me plonge dans un abyme de perplexité, et me fait me poser moult questions sur la façon dont ce syndicat fonctionne…

Or donc, Bernard Thibault, ce quinquagénaire à la coupe de cheveux aussi hasardeuse que sa conception de la lutte des classes rempile pour un quatrième mandat. Mandat qui devrait s’achever en 2012, c'est-à-dire en fait que ce tiédeux accompagnera la présidence de Sarkozy jusqu’à son terme, se faisant l’allié objectif de la sape systématique commencée il y a maintenant deux ans et demi.

Si maintenant la CGT se rallie à la conception nord-européenne du syndicalisme, à savoir que la lutte syndicale ne doit plus être dans la confrontation mais dans la concertation, il ne va plus rester que SUD pour réellement défendre les intérêts des travailleurs. Car il faut quand même savoir que cette fameuse concertation dont je viens de parler n’est en fait qu’une vaste fumisterie dont les seuls bénéficiaires sont les patrons et leurs actionnaires ! Vous le savez ça quand même ?
La seule chose que ces gens-là comprennent, c’est l’argent qu’ils gagnent. Et le seul moyen connu, et efficace, pour leur faire arriver à cracher quelques modestes avancées sociales ou pécuniaires, c’est la menace de leur faire perdre cet argent. Preuve en est encore hier, avec les augmentations de salaires obtenues par les chauffeurs routiers.

Le syndicalisme gagne lorsqu’il est dans la rue et qu’il agite un gros gun, pas lorsqu’il est assis en permanence à la droite de son patron !

Alors, traitez-moi de naïf si vous voulez. Pensez de moi que je suis un indécrottable utopiste rétrograde qui ne comprend rien à rien. Imaginez ce que vous voulez…
Mais le fait est que lorsque je vois, ce qui fut jadis le fer de lance de la lutte sociale et syndicale, la terreur du MEDEF et des bourgeois, rentrer dans le rang et baisser son froc. Et bien ça n’a pas vraiment de quoi égayer mes pensées…

Allez camarades ! Bonne journée à vous quand même !