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samedi 29 mai 2010

Ma retraite, je m’en bats l’œil, et les français aussi apparemment...

J’ai un aveu à vous faire, je n’arrive pas à m’intéresser à la réforme des retraites...
Enfin, je n’arrive pas à m’y intéresser comme il faudrait que je m’y intéresse, si j’étais le blogueur politique que certains pensent que je suis. (Rassurez-vous ils sont très peu !) Et ça, croyez-le ou pas, ça m’emmerde...

Ca m’emmerde parce que je ne peux me défaire de cette bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne qui susurre à l’oreille de mon cerveau que je devrais m’intéresser à l’avenir de mes concitoyens...

Oui mais voilà. Le fait est que je m’en tape royalement.

Et pourquoi donc ? Me demanderiez-vous si vous aviez la moindre envie de me voire étayer cette constatation.

Et bien tout simplement parce qu’en ce qui me concerne, cela fait longtemps que dans mon esprit je sais que je n’aurais jamais droit à une retraite. C’est aussi bête, et égoïste que ça. Par conséquent, et comme je ne me sens pas concerné, et bien je m’en bats l’œil.

Ah il est beau le Gwen avec sa conscience politique rebelle ! Il est beau le pourfendeur candide des injustices crasses ! Il est beau le petit révolutionnaire de pacotille !
Môsieur ne se sens pas concerné par un sujet, alors il est incapable de s’en indigner pour autant ? Fumiste va !

Ouais bon, ça va... Au lieu de me gueuler dessus, vous feriez peut-être mieux de vous demander d’où peut bien me venir cette indifférence... Cela serait un poil plus constructif vous ne croyez pas ?

Et bien si vous voulez savoir, je crois que je me suis fait à cette idée depuis un petit moment déjà... Un peu comme une intuition qui tout doucement s’impose à votre esprit comme une évidence : Etant donné ce que je suis, la vie que j’ai eu et celle que j’aurais très probablement, jamais je ne travaillerais suffisamment pour en bénéficier.

Rendez-vous compte. Pour espérer avoir un jour une retraite à taux plein (quelle qu’elle soit), et pour peu que je recommence à bosser dès demain matin, il me faudra un peu plus d’une trentaine d’années pour en bénéficier.
C'est-à-dire que je pourrais enfin « profiter » de mon dur labeur quand j’aurais atteint l’âge canonique de 73 !

Je ne sais pas pour vous, mais la perspective de bosser pendant encore trente années, ça me déprime. C’est quelque chose que je n’envisage même pas tellement ça me fout les jetons d’y penser... Même pas en rêve !

En fait, si je réfléchis deux secondes, c’est le concept tout entier de la retraite qui me pose problème... Comme beaucoup, j’espère, je n’entrevois pas la retraite comme une finalité. Je veux dire par là que bosser mon cotât d’annuités dans le but d’avoir, plus tard, une petite vie pépère, c’est quelque chose que je n’arrive pas à concevoir. Je trouve ça limite mesquin pour tout vous dire.

La vie pépère, autant essayer de l’avoir tout de suite.

Cela me fait penser à tous ces blaireaux (pardon pour les blaireaux), qui se font chier à longueur de semaine dans les embouteillages et à leur boulot, dans l’espoir de profiter vraiment de la vie uniquement pendant les weekends et les congés payés...
Oui, c’est ce que je disais : C’est mesquin et déprimant.

De plus, d’un point de vue purement comptable ça n’a pas de sens.
En effet, avec la vie qui a été la mienne jusqu’à présent, et étant donné les statistiques médicales, je doute fortement d’atteindre un jour cet âge. Donc, me faire chier à supporter un boulot pour ne pas, ou peu, profiter des avantages de la retraite, n’a franchement aucun intérêt logique.

Alors vous me direz que je n’ai qu’à trouver un boulot qui ne me fasse pas chier, qui me rende heureux, là maintenant tout de suite, et tout ira bien dans le meilleur des mondes. C’est pas faux. Et j’ajouterais même que c’est bien comme ça que j’envisage le travail. Mais franchement, vous en connaissez beaucoup des personnes qui s’éclatent dans leur boulot ? Hein ?

Moi si, j’en connais une. Et manque de bol, elle est à la retraite...

Blague à part, il y a peut-être une autre raison pour laquelle ma retraite ne me préoccupe pas plus que ça. C’est qu’en France, pour l’instant, il existe un truc qui s’appelle l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Soit actuellement une somme de 677,13 € par mois.
Ce n’est pas grand-chose, et même pour certains ce peut être tout à fait insuffisant, mais je sais qu’à moi cela me suffira.

J’ai été pauvre tout ma vie d’adulte, et je serais pauvre pendant ma vieillesse. C’est ainsi. Et franchement cela ne me dérange pas plus que ça... J’ai appris à faire avec comme on dit. J’ai peu de besoins, je consomme peu, et je n’ai absolument aucune ambition... Sauf celle d’être heureux et de profiter autant que je le peu de ce que m’offre la vie.

Bon, ça c’est en ce qui me concerne et ma conception toute particulière de la vie. Mais les autres alors ? Tous mes concitoyens auraient-ils atteint le même je-m’en-foutisme détachement que moi pour se désintéresser autant du problème ?

Permettez-moi d’en doutez.

Alors qu’est-ce qu’ils foutent bordel à queue ! Qu’est-ce qu’ils attendent pour préserver les droits durement acquis par leurs ainés ? On dirait qu’ils sont... résignés. Oui, c’est ça, résignés, impuissants... Comme s’ils avaient soudain accepté le fait qu’ils ne pouvaient rien y faire...

Le copain Corto l’a parfaitement décrit dans son article (pour un type de droite je veux dire), et d’ailleurs j’ai presque envie de faire mienne sa dernière phrase : « Parce que finalement, qui ne dit mot consent, non ? Alors, en guise de mobilisation générale, on est plutôt dans un contexte de consentement général ou apathique: chacun fait ce qu'il peut et faites pas chier ! »

C’est déprimant de lire des trucs pareils, hein ? Surtout quand on pense que c’est très certainement vrai.

Depuis des années on reproche aux syndicats de ne plus être dans le combat mais dans le consensus. Depuis des années on trouve que les Thibault, Mailly, Chérèque et compagnie s’éloignent des préoccupations de la base. Et le jour où justement c’est à la base de montrer sa présence et son engagement, il n’y a plus personne...

Franchement, des fois je me demande si tout ça vaut la peine.

PS : Par souci d’honnêteté, je précise que j’ai écris ce billet en essayant de faire abstraction de mon futur mode de vie.

lundi 15 février 2010

Réforme des retraites, enfin le déclic ?

La question que je me pose en ce début de semaine, c’est de savoir si enfin nos syndicats vont arriver à retrouver leurs couilles.
D’accord, c’est peut-être un peu présenté crument, mais avouez que la question est d’importance puisque c’est aujourd’hui que commence ce qu’ils appellent un « sommet social » consacré à la réforme des retraites.

D’après la presse quotidienne de ce matin, il semblerait que la retraite après 60 ans soit considérée comme un casus belli… Bon, moi je veux bien, mais l’expérience nous montre que les Mailly, Chérèque et autres Thibault n’en sont pas à une compromission près, et qu’ils se sont plus souvent couchés devant le patronat ces derniers temps, que la décence ne le permet.

Aussi, lorsque je lis une telle radicalité dans le propos (casus belli), je me dis que c’est un peu trop beau pour y croire…
D’autant plus que la gauche « gouvernementale » (comme les tiédeux aiment à se nommer eux-mêmes) ont déjà montré qu’ils étaient près à faire moult concessions en la matière. D’abord le lapsus de Titine, vite démenti mais trop tard quand même. Puis encore hier la langue de bois de Moscovici, du genre ça restera la règle mais elle ne sera plus obligatoire… Même Méluche s’y est mis en bottant en touche de belle manière ! Bref, il semblerait bien que les dés en soient jetés et que la retraite à 60 ans soit belle et bien enterrée, comme le reste d’ailleurs.

Le seul qui ait osé se déclarer en faveur du maintien de la retraite à 60 ans, c’est Olivier Besancenot. Il a appelé hier à un front unit regroupant tous les partis de gauche… Mais bon, personne ne lui a répondu pour l’instant, et je doute qu’ils le fassent.

Mais bon, même si apparemment les acteurs de ce sommet social sont déjà presque d’accord sur les résultats, il n’empêche que cela risque de ne pas être la même sauce pour le peuple… C’est qu’ils y tiennent à leur retraite les bougres !

D’ailleurs c’est bien pour ça que depuis quelques jours on nous abreuve de chiffres en tous genres. On nous montre avec de beaux tableaux ce que font nos voisins européens. On nous dit que nous sommes une « particularité » par rapport à eux… Mais si l’on écoute bien le ton avec lequel ce mot de « particularité » est prononcé, on entend clairement d’autres termes comme « bizarrerie », « anachronisme » voir « imbécilité ».
En clair, il s’agit là d’une offensive médiatique destinée à nous préparer au pire et à nous le présenter comme quelque chose d’acceptable.

Et c’est bien pour ça que je suis plus que sceptique sur le résultat de ce sommet. La crise est là, et comme levier pour avaler d’énormes couleuvres il n’y a pas mieux ! Demandez aux grecs et aux espagnoles !

Non, ce que j’espère vraiment c’est que cette déclaration préliminaire des syndicats ne soit pas une posture de plus. J’espère vraiment qu’ils écouteront leur base pour une fois, et qu’ils feront ce qu’il faut pour empêcher qu’un de nos acquis sociaux le plus cher ne soit sacrifié sur l’autel du pragmatisme économique.

En fin de journée doit avoir lieu une réunion intersyndicale pour faire un premier bilan et décider, ou pas, s’il y a lieu de mobiliser les travailleurs…

Je croise les doigts, mais je vous avoue que c’est sans conviction… Pourtant, se serait tellement bien si cette réforme de plus était la réforme de trop, et qu’elle serve de déclic à la populace vengeresse ! Hein ?

Oh oui, ça serait bien… Un déclic ! Enfin !

mercredi 3 février 2010

Honni soit l’Ordre

Hier, même si tout n’était forcément à la joie (youpi-tralala-tsointsoin !) question inspiration, cela ne m’a pas empêché d’aller lire ce qui ce passait chez les autres. Et j’ai bien fait.
En parcourant le dernier billet de la naïve et chimérique Isabelle, j’ai découvert un truc énorme. Oui ENORME !

Vous saviez, vous, que la profession d’infirmière était en pleine guerre civile ? Non ? Si ? Et bien moi je ne le savais pas…
Je savais que les hôpitaux étaient mis à mal par la réforme de la carte hospitalière. Je savais que l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris prévoyait de se débarrasser de 3 à 4000 de ses employés, mais je ne savais pas que la création d’un Ordre Infirmier foutait le bordel dans la belle et noble profession des petites mains de la santé.
D’ailleurs, ce qui me rassure c’est qu’Isabelle n’en sait guère plus sur le sujet.

Tout a commencé en 2006 par la création d’un Ordre National Infirmier (ONI) à l’image de celui des médecins. Cet ordre était/est sensé « Représenter et promouvoir la profession d’infirmier (privé, public, libéral). Il est chargé par le législateur d'être la voix de la profession sur des sujets comme la réforme de la santé au travail, la réforme de la santé mentale, les réformes des études, et les pratiques avancées. Il a également des missions de santé publique qui lui ont été confiées par la loi. Il maintient l'éthique et la déontologie de la profession d'infirmier en France et établit le premier code déontologie de la profession. »

Bon, a priori quand on lit ça, on peut se dire qu’une organisation professionnelle destinée à défendre les quelques 500 000 infirmiers et infirmières du pays ce ne peut être qu’une bonne chose, et on pourrait même se demander pourquoi cela n’a pas été créé avant. A l’époque, la profession était représentée par une foultitude de syndicats et d’associations, qui bossaient chacun dans leur coin, et l’idée première était donc de fédérer un peu tout ça… Oh bien sûr, tous n’étaient pas forcément d’accord à l’époque. Certaines brebis galeuses, du genre brebis rouge-vif-mangeuses-d’enfants, subodoraient déjà que la création de cet Ordre risquait de faire taire les voix dissonantes en créant une seule et même entité représentative.
Imaginons alors que cette entité représentative soit proche du pouvoir en place, il en devient d’autant plus facile alors de réformer la profession à grands coups de scalpel.

Donc en 2006 le décret portant création d’un Ordre National Infirmier est promulgué. Le temps que tout ça s’organise, il a bien fallu trois ans. Des élections ont eut lieux, et une certaine Dominique Le Bœuf est nommée à la tête de l’ONI. Pour arriver à faire marcher le bouzin, quoi de plus normal alors que de demander aux infirmiers et infirmières de se fendre d’une cotisation annuelle nécessaire et suffisante. Il était prévu lors de la création de l’ONI que celle-ci ne dépasserait pas les 30 € …

Mais quelle ne fut pas la surprise des professionnels de la profession, lorsqu’ils découvrirent en 2009 que ladite cotisation devait être de 75 € ! Et, griotte sur le clafoutis, cette cotisation devint même obligatoire pour avoir le droit d’exercer !

Alors bien sûr, ça a commencé à gueuler sérieux dans les rangs. Plusieurs membres de ce qui était en train de devenir une gigantesque pieuvre, démissionnèrent. Les mouvements qui étaient au départ contre la création de cet ordre, retrouvèrent un second souffle en voyant arriver de plus en plus de sympathisants, et la grogne générale commença à s’installer.

Une étape supplémentaire dans le bordel fut franchie à la fin 2009 lorsque les infirmiers et infirmières commencèrent à recevoir des lettres recommandées leur intimant l’Ordre (si, c’est drôle !) de s’inscrire sur des listes et de s’acquitter de leur cotisation sous peine de se voir refuser de pratiquer leur métier. Des lettres bien flippantes du genre : « T’as intérêt à raquer bébé, parce que si tu ne le fais pas, ton boss il va te virer et tu ne pourras plus exercer nulle part ».
Il a même été prévu dans une circulaire à l’intention des conseils départementaux de l’ONI de mettre en branle un arsenal offensif contre les retardataires comprenant : Des lettres de rappel, des relances téléphoniques, des mises en demeure, des majorations de cette cotisation, le recouvrement par voie d'huissier, voire carrément des plaintes pour exercice illégal !

Hein ? Ça ressemble à du chantage ? Et bien oui, s’en est. De bon gros chantage des familles, du racket institutionnalisé, avec des méthodes d’intimidations que la mafia ne renierait pas.

Alors comme je vous l’ai dis, ça gueule. Et parmi ceux qui gueulent, il y a le Contre Ordre Des Infirmiers (CODI). Celui-ci appelle au boycott des cotisations et demande aux personnels concernés de ne pas s’inscrire sur les listes. Initialement la date butoir pour le paiement des cotisations était le 30 septembre 2009. Face à la grogne, l’ONI l’a reculé d’un mois et a accepter de « faire un geste » à l’intention des jeunes diplômés. Ceux-ci ne paieront que 50% des 75 € la première année… Les bonnes âmes !

Nous en sommes donc là. D’un coté une organisation voulue et mise en place par l’UMP et un quarteron de syndicats libéraux, et de l’autre nous avons 500 000 infirmiers et infirmières à qui on demande du jour au lendemain de payer une somme plus de deux fois supérieure à ce qui était prévu pour avoir le droit de faire leur boulot !

75 euros que multiplient 500 000 infirmier(e)s, ça nous fait quelque 37 millions et demi d’euros de budget annuel pour un Ordre auprès duquel la plupart des « adhérents obligatoires » ne se sont pas encore signalés. L’ONI refuse actuellement de communiquer sur l’état de ses inscriptions et cotisation, mais d’après ce que j’ai pu lire un peu partout il semblerait que la fronde soit quasi générale.
Sachant que le salaire net moyen mensuel d’une infirmière est de 2.244 euros dans la fonction publique d'Etat (FPE), de 1.709 euros dans la fonction publique territoriale (FPT) et de 1.997 euros dans le secteur privé, on peut se poser la question de savoir à quoi va bien pouvoir servir tout ce fric.
Deuxième question, de quel droit cet ONI se permet-il d’utiliser des méthodes de soudards pour mettre au pas les récalcitrants ?

La réponse à ces deux questions se trouve, à mon sens, dans les propres mots de Dominique Le Bœuf. Dans un éditorial destiné à présenter l’ONI elle dit : « Cet Ordre que nous allons former tous ensemble, sous le signe du caducée infirmier, nous le voulons fiable et pragmatique, réactif et transparent. »

« Fiable, pragmatique (Grrrr !), réactif et transparent. » Rien que des adjectifs empruntés au vocabulaire de l’entreprise libérale ! On croirait presque lire une plaquette du MEDEF !

Il n’est plus étonnant du coup, que cet honni ONI se comporte alors comme le plus méprisable des patrons voyous…

lundi 11 janvier 2010

La France ultramarine existe !

Bien, il est 10h40 et il serrait peut-être temps que je m’y mette, vous croyez pas ?
Parce que c’est bien bon de perdre la notion du temps en déboulonnant des goules et des magiciens, mais en attendant, personne ne va l’écrire à ma place mon billet du jour, hein ?

Allez au boulot le Gwen et direction les Caraïbes !

Alors comme ça la nouvelle du jour c’est le non massif au référendum sur le changement statut des départements de Guyane et de la Martinique ? C’est bien… Sauf que déjà encore eut-il fallut que nous le sachions qu’il y avait une consultation à ce sujet. Parce que je ne sais pas vous, mais moi je n’en savais absolument rien. C’est dingue ça, à moins d’être fidèle spectateur de RFO, le métropolitain moyen n’est jamais au courant de rien concernant l’outre-mer. Vous avez remarqué vous aussi ?

Bon, alors ils ont dit non… A quoi déjà ? Ah oui, au passage de leurs départements sous le régime de l’article 74 de la constitution… En clair ça veut dire qu’ils ont préféré rester des départements comme les autres et non pas comme le sont la Polynésie et Mayotte ou encore St-Pierre et Miquelon.
Et pas un non du bout des lèvres hein ? Un vrai non, franc et massif ; 78,9% à la Martinique et 69,8% en Guyane. Avec un taux de participation moyen pour les deux de 55,35%.

Si l’on écoute les élus locaux de « gauche », instigateurs de cette consultation, les habitants ont eu peur de changer par manque d’information. Par peur de l’inconnu… C’est cela oui… Par ce que j’en connais parmi les lecteurs du Figaro qui pensent que c’est parce que ces pouilleux d’assistés sociaux que sont « ces gens-là » avaient trop peur de perdre la manne de l’État ! (lisez les commentaires, vous verrez, c’est affligeant).

Pour moi, ils ont tous tord. Si les habitants de ces départements n’ont pas voulu changé de régime, c’est sans doute pour ne pas devenir ce que sont justement devenus les Dom ayant acquis ce statut particulier ! Tous simplement. Pour vous en convaincre, il n’y a qu’à jeter un œil sur les magouilles politiciennes en Polynésie ou bien sur le déficit chronique de moyens dont dispose St Pierre et Miquelon ! Dans le premier cas, le plus d’autonomie c’est transformé en une espèce de République Bananière où règnent l’affairisme et la corruption. Et dans le deuxième, le manque de moyens et de ressources sont en train de tuer une région aussi surement que si l’on y balançait des bombes… A un point tel, j’ai lu ça quelque-part mais je ne sais plus où, que St Pierre et Miquelon envisage sérieusement de faire sécession et de devenir Canadienne, c’est vous dire !

Non, ces braves gens ont parfaitement voté et ce en toute connaissance de cause et c’est bien comme ça.

Par contre, je voulais attirer votre attention sur la réponse de L’Elysée à ce plébiscite… Sarkozy, parce que c’est quand même sa voix qui transpire d’un communiqué Elyséen, proclame que «ce choix traduit l'attachement des Guyanais et des Martiniquais à un statut qui soit proche de celui des collectivités de métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République».

« Réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République»… Alors comme ça la Martinique et la Guyane ont « des liens étroits » avec la république Française ?

C’est bête, moi je croyais qu’ils en faisaient partie intégrante…


Allez ! Je vous laisse méditer là-dessus ! Bonne journée à tous !

mercredi 28 octobre 2009

Agriculture : De l’électoralisme à 1,65 milliard d’euros

Bon, avant même que de commencer ma petite prose du jour, dont entre parenthèse je ne sais encore pas de quoi elle causera, je tiens à vous signaler un excellent reportage à voir sur France 3 ce soir à 23h00. Oui, je sais c’est tard, mais croyez-moi ça vaut le coup. Il s’agit de la troisième et dernière partie de « La mise à mort du travail » diffusé lundi soir. Un documentaire fascinant sur le monde de l’entreprise, la déshumanisation et la manipulation des relations entres managers et « collaborateurs ». Bref, un doc édifiant. J’y reviendrais certainement dès que j’aurais un lien pour vous le faire découvrir…

Sinon, et bien je voudrais vous causer (ça y-est j’ai trouvé) de la petite démonstration d’électoralisme de notre PGE hier. PGE, je le rappelle pour les nouveaux, c’est notre Président Glorieusement Élu.
Alors comme ça, il semblerait qu’il soit beaucoup plus aisé de sortir des pépettes pour une certaine catégorie de personnes, mais beaucoup plus compliqué pour d’autres.
1,65 milliard d’euros en prêts, allègement fiscaux et faveurs diverses pour les agriculteurs et rien que pour eux !

Lorsque ce sont les profs qui défilent dans la rue pour réclamer des sous, la réponse du gouvernement c’est quedalle et des licenciements en prime. Mais lorsque ce sont les agriculteurs… C’est une autre paire de manche ! On s’aplatit, on fouille le fond de ses poches !

Bon, ne soyons pas dupe. Il s’agit bien évidemment de mesures destinées à apaiser un électorat récalcitrant, qui a parfaitement conscience du pouvoir qu’il représente et qui s’en sert.
Hier, nous parlions d’un désamour croissant chez les électeurs sarkozystes et de la campagne de reconquête entreprise pour les ramener dans le droit chemin… Grande discussion sur l’identité nationale, et maintenant un geste, un gros geste, envers l’électorat de base de la droite. La machine est en marche ! Et tout ça, avec nos sous bien sûr…
Pour vous en convaincre voici ce que l’autre empafé disait hier :
«La terre fait partie de l’identité nationale. Et l’identité nationale est constituée, notamment, du rapport des Français à la terre. » Ou encore «L'agriculteur est un producteur, un entrepreneur. Pas un jardinier.»

Alors, je ne sais pas encore si cela va marcher ou pas. Ce que je sais par contre, c’est que les libéraux là-bas à Bruxelles, risquent de ne pas apprécier ces financements et vont hurler à la concurrence déloyale. De même, je doute fortement que ces faveurs grandioses profitent réellement au petit paysan en difficulté, mais permettent surtout de continuer à engraisser les céréaliers et les grands groupes de l’agroalimentaire.

Ça mes amis, ça s’appelle de l’électoralisme. Et l’électoralisme se balade toujours avec son pote le populisme et sa copine la démagogie. Et ce qui me navre plus tout, c’est que dans la plupart des cas, ce genre de mariage à trois fonctionne dans la plupart des cas...

Je suis bien conscient des difficultés que les agriculteurs rencontrent (n’oubliez pas que j’ai une formation agricole), et j’en ai d’ailleurs déjà parlé ici. Mais ces difficultés ne seront aucunement écartées par l’ajout d’un milliard ni même de deux ou trois. Ce qui ruine nos paysans, ce sont ces grosses firmes qui imposent leur loi. Ce sont ces intermédiaires et ces distributeurs qui en faisant jouer la concurrence déloyale de la mondialisation fixent des prix artificiellement bas.

Et de ça notre PGE n’en n’a bien évidemment pas parlé. Ni même d’ailleurs de l’agriculture bio… Un oubli sans doute.

samedi 29 août 2009

Retraites des mères de famille: Et les pères alors ?

Ok, hier j’avais pas envie. Pas envie, cela ne veut pas dire que je ferme mes orifices auditifs pour autant et cela ne m’a donc pas empêché de sursauter lorsque j’ai entendu aux infos que le Xavier Darcos allait s’attaquer à l’épineux problème de la retraite des mères de famille…

Ah bon ? Que je me suis dit dans ma tête. Les mères de familles ont droit à une retraite ? Première nouvelle !
Ben oui, que voulez-vous, l’étendue de mon ignorance est une source perpétuelle de ravissement chez moi.
Donc, je tends l’oreille et j’entends que le tout nouveau ministre du travail Xavier Darcos va lancer une consultation auprès des partenaires sociaux pour pouvoir adapter la loi à une jurisprudence de la cour de cassation suite à une plainte de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE).
Qu’est-ce c’est que cette histoire… Une plainte de la Halde qui mène à une révision du régime retraite ? Et que lis-je ici ? Les femmes qui ont participé à l’élevage d’un enfant au moins ont droit à quelques trimestres supplémentaires par rapport aux hommes ? Alors que les hommes non ?
Ah oui ! C’est profondément injuste ! La Halde a eu raison de porter plainte ! Il n’y a pas de raison qu’un avantage accordé aux femmes ne puisse pas bénéficier aux hommes ! C’est vrai quoi ! Des hommes qui élèvent seuls leurs enfants, ça existe aussi !

Donc forcément, et d’après ce que j’ai pu aussi lire ici (même si je n’ai pas tout compris), il va donc falloir niveler un peu tout ça… Et comme toujours dans ce cas de figure, il y a deux façon de faire les choses. Par le bas, ou par le haut !

Sauf que c’est un petit peu plus compliqué que ça… Il faut savoir que les hommes ont déjà une retraite supérieure de 23% par rapport à celle des femmes, et que si l’on supprime ces points retraites « offerts » au nom de leur participation à la natalité française, cet écart se creusera encore plus et deviendra de 36%.
Pourquoi cet écart ? Et bien parce que les femmes « travaillent » moins que les hommes pardi ! Puisque pour un grand nombre d’entres-elles, l’élevage est une occupation à plein temps !

S’ils décident d’accorder les mêmes avantages aux pères de familles… Je vous dis pas la gueule du budget des caisses des retraites ! Je ne suis pas sûr qu’elles le supporteraient…

Il y a aussi la solution d’en piquer un peu aux femmes pour pouvoir le donner aux hommes. Le système des vases communicants si vous préférez. Sauf que les associations féministes ont déjà prévenu qu’il était hors de question que les femmes sortent perdante de cette réforme ! Déjà qu’elles ne touchent pas bézef !

Grrr !! Quel casse-tête !

Ecoutez, comme je vous l’ai dit, je n’ai peut-être pas tout compris à cette histoire, tant il est vrai que pour moi la retraite n’est pas une préoccupation de tous les jours puisque je sais déjà que je n’en aurais pas. Cependant, dans ma petite tête et avec ma comprenette à deux balles, je me dis que si le gouvernement a été capable de sortir je ne sais plus combien de milliards d’euros pour sauver les banques, il peut facilement en trouver quelques-uns pour payer des points retraites aux pères qui ont arrêté de bosser pour élever leurs enfants. Non ?
Ne dit-on pas que femme au foyer, c’est un métier ? (ou homme au foyer, c’est la même chose) Alors dans ce cas, reconnaissons enfin ce métier, oh combien méritant, et considérons-le comme tel. En le rémunérant d’une part, et en le faisant cotiser pour la retraite, d’autre part.
Ca ne m’a pas l’air trop compliqué à faire comme réforme, non ?

Vous croyez qu’il va penser à ça le Darcos ?

Cela-dit, je dois quand même avouer que la Halde avec sa plainte, a eut le mérite de mettre au jour beaucoup plus que la simple injustice faite aux hommes. Elle aura permis de mettre le doigt sur plusieurs véritables sujets de société. La place des hommes dans cette société moderne ou la monoparentalité gagne du terrain, et la reconnaissance que la société devrait avoir envers celles et ceux qui élèvent ses enfant. Entre autres.

jeudi 11 juin 2009

Sécu: La grande offensive

Bien ! Les élections européennes sont maintenant derrière nous, avec les résultats que vous savez, et il est donc temps pour le gouvernement de passer à autre chose… C'est-à-dire de reprendre son lent et difficile travail de réforme de la société française.
Enfin… C’est comme ça qu’ils voient les choses, eux.
Parce que j’en connais (probablement de fieffés gauchistes) qui n’hésitent pas à comparer l’action du gouvernement à une casse systématique de nos acquis, sociaux et démocratiques.
Mais bon, on ne va pas ergoter sur la sémantique pendant des heures, le fait est que la machine est maintenant rodée, et cette jolie machine de destruction massive vient de nous faire une brillante démonstration de sa terrible efficacité. Une fois encore.

Tout a commencé avec une proposition quelque-peu incongrue du clébard de service, j’ai nommé Frédéric Lefebvre. Ce vil personnage que l’on sait être le démineur en titre de son seigneur et maitre (ai-je besoin de citer son nom ?) proposait que les personnes en arrêt de travail pour cause de maladie ou bien en arrêt pour cause de maternité, continuent à travailler chez eux… (Voir article) Bien évidemment, et comme d’habitude, cette mesure était présentée comme étant une possibilité de travailler plus pour gagner plus et uniquement destinée aux volontaires…
Le tollé fut immédiat et unanime. A tel point que dès le lendemain, ses collègues et amis ainsi que le propre maitre du clébard désavouèrent celui-ci, et sa proposition fut enterrée encore plus vite qu’elle était née.

Au moment de cette affaire, je m’étais interrogé sur cette proposition… Je me demandais vraiment où il avait bien pu trouver une idée aussi débile et surtout pourquoi il nous la sortait à ce moment-là. Ne voyant pas immédiatement une réponse à mon questionnement, j’en conclu donc qu’il s’agissait d’une manœuvre de diversion destinée à nous faire oublier les élections européennes. Je me trompais.

Je me trompais car cette semaine nous avons eu droit à une deuxième et une troisième salve, avec le même objectif : Remettre en question le statut de l’employé en arrête de travail, et par là même notre sécurité Sociale.

Ce mardi, la Tribune publiait un article mettant en avant un rapport de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie et titrait en lettre grasses et accusatrices : Plus de 10 % des arrêts de travail sont injustifiés (!)
Bon, je ne vais pas m’éterniser sur le parti-pris d’un tel titre, surtout que si l’on se renseigne un peu, on s’aperçoit très vite que la conclusion est hâtive et injustifiée (voir article de Rue 89). Pour vous la faire simple, il est tout à fait normal que l’on trouve un pourcentage plus élevé de « fraudes » chez une partie d’un public préalablement classé « à risque » que sur la totalité de ce public. C’est un peu comme si vous disiez que 50% des gens qui toussent ont la grippe : Ça ne veut en aucun cas dire que 50% de la population soit malade pour autant ! Et même si cela était, le montant des sommes engagées ne dépasserait pas les 100 000 euros, soit 0,015% du budget de la Sécu…
Donc, encore une fois, nous avons eu droit à une belle et bonne désinformation des familles. Avec comme objectif premier de diviser les français comme l’UMP le fait depuis des années en mettant d’un côté les bons, ceux qui bossent et qui se lèvent tôt, et les autres, les parasites, les paresseux et les assistés.

Troisième étape, et sans doute pas la dernière, la députée UMP Marie-Anne Montchamp, annonçait hier devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale que le déficit de la Sécurité Sociale serait bien plus élevé cette année que prévu initialement dans le budget.
Enfin… Quand je dis « bien plus élevé », il s’agit quand même de 20 milliards d’Euros alors que l’on n’en attendait que 10 ! Et d’après ce que j’ai pu lire ICI, la faute reviendrait à la crise et aux destructions d’emplois qu’elle génère…
Sauf que la dette de l’état envers la Sécu se monte à 13,6 milliards d’Euros… Et ça, on oublie bien souvent de le rappeler…

Je ne sais pas pour vous, mais moi si je mets bout à bout ces trois faits, je vois clairement se dessiner une offensive prochaine à destination de notre protection sociale.

On le sait, les libéraux ne peuvent supporter que la collectivité prenne en charge les plus déshérités, les laissés pour compte de la croissance et les travailleurs malades. Pour eux, la société n’a pas à s’embarrasser du travailleur qui perd son emploi ou qui tombe malade. Les assurances privées ne sont pas faites pour les chiens (quoique…) et si le plébéien n’est pas assez lucide pour comprendre ça, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

Donc, si l’on veut en arriver à supprimer cette aberration libérale qu’est l’assurance maladie, il faut d’abord et avant tout discréditer ses utilisateurs… On insinue que les malades pourraient quand même bosser du fond de leur lit. Ensuite on se pose la question de savoir s’ils le sont vraiment… Malades je veux dire. Puis, on rappelle que le système coute énormément à la collectivité et que, c’est vraiment pas de bol, la crise va faire que ça va couter de plus en plus cher…

Sincèrement, j’espère bien me tromper, mais je suis persuadé que nous n’en n’avons pas fini avec cette offensive en règle. Vous allez voir que d’ici peu, on va nous sortir que notre Président Glorieusement Elu souhaite engager une « réflexion » sur l’assurance maladie et que de cette « réflexion » jaillira une belle et bonne réforme. Une réforme qui laissera nos concitoyen se démerder seuls avec leur misères quotidienne, dès lors, soigneusement entretenue.

A suivre donc…

jeudi 21 mai 2009

Law & Order made in France

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais au tout début de l’année, lors de l’audience solennelle de rentrée de la cour de cassation, le Président Glorieusement Élu balançait allègrement un pavé dans la mare en annonçant qu’il souhaitait la suppression du juge d’instruction… A l’époque l’annonce, ainsi que les arguments employés pour la justifier, avait provoquée un tollé de protestations dans le monde de la magistrature.
Moi-même, qui suis attentif à ce genre de sujet, je vous avais pondu un article un peu long sur le sujet, intitulé : Vous avez dit justice ?
Je vous invite à le relire, histoire de vous resituer un peu dans le contexte, et de revoir un peu les arguments qui avaient été les miens pour qualifier cette réforme annoncée de… Grosse Connerie.
Si je vous reparle de tout ça, et si je vous conseil de vous référer à un précédent opus, ce n’est pas dans un souci d’autopromotion rassurez-vous. (J’avoue que comme beaucoup je suis en recherche de reconnaissance, mais je n’en suis tout de même pas à ce point-là…) Non, c’est tout simplement pour ne pas à avoir à me répéter, et comme ça les présentes lignes vous seront beaucoup plus digestes !

M’enfin, pour les flemmards qui ne veulent pas relire l’article, à l’époque je dénonçais une américanisation de notre système judiciaire, et pour ce faire je décortiquais le système US afin que vous saisissiez l’énorme différence que celui-ci a avec le notre… (Enfin, jusqu’à maintenant.) Et notamment, je parlais de la différence fondamentale qui existe entre les deux procédures judiciaires : La notre étant inquisitoire, alors que la procédure anglo-saxonne est d’ordre accusatoire.

Cette injonction présidentielle (car s’en est une) n’était pas née, comme on serait tenté de le penser, comme ça, tout d’un coup, dans l’esprit malade de notre PGE… Non, c’était en fait un des résultats préliminaire d’une commission, appelée le Comité Léger du nom du magistrat qui en a la charge. Cette commission planche depuis octobre 2008 sur la réforme et de la modernisation de notre justice et devrait rendre son rapport pour le 1er juillet de cette année.
Et cette semaine, on apprend par l’intermédiaire du quotidien La Croix, qu’outre la suppression du juge d’instruction, le comité préconiserait une autre « américanisation » de notre système : A savoir, l’introduction du « plaider coupable » dans la procédure.

Le « plaider coupable », appelé aussi « reconnaissance préalable de culpabilité » qu’est-ce que c’est ?
Et bien il s’agit tout simplement d’échanger avec le prévenu du temps d’audience contre une remise de peine. Ni plus, ni moins. Le but affiché étant de facilité le travail de la justice, et de désengorger les tribunaux…
Alors, bien sûr, les esprits tatillons me diront que ça existe déjà pour les délits encourant moins de 5 ans d’emprisonnement… C’est vrai. Le « Plaider coupable » est possible depuis la loi Perben II (2004) et concerne jusqu’à présent uniquement les délits. C'est-à-dire les infractions au code n’encourant que des amendes ou des peines de prison inférieures ou égales à 5 ans.

Mais là, ce que propose le comité Léger, c’est d’étendre cette procédure aux crimes, et donc à la cour d’Assise… Pour les délits, je trouvais déjà la procédure inique et discriminatoire (car il faut alors avoir les moyens de plaider son innocence), mais là, on atteint une tout autre dimension.

Alors je ne vais vous ressortir les arguments moraux qui font de la reconnaissance de culpabilité préalable un non-sens démocratique… (Z’aviez qu’à relire quand je vous l’ai demandé !) Je dirais seulement que cette obsession qu’à Sarkozy de vouloir absolument faire de notre pays une copie conforme des Etats-Unis se confirme encore et toujours. On est dans le grand n’importe quoi.

Pour vous en apporter la preuve, il suffit pour cela que vous sachiez que la mission du comité Léger est de proposer une réforme de la justice selon quatre axes : « Rendre notre droit pénal plus cohérent et plus lisible », « disposer d’outils efficaces pour lutter contre la récidive et la délinquance », « renforcer les droits de la défense » et « mieux prendre en compte les droits des victimes ».

Dors et déjà, je peux vous dire que si cette réforme est adoptée, les deux derniers axes, à savoir les droits de la défense et ceux des victimes, passeront à la trappe. En effet, le prévenu, s’il décide de rentrer dans ce jeu de justice automatique (faute de moyens financiers par exemple), verra les possibilités de se défendre efficacement réduites à néant. Et par conséquent, on va droit vers l’erreur judiciaire à grande échelle.
Quant aux victimes, je ne suis pas sûr que de se voir privées de la possibilité de poser des questions à l’accusé, ni de faire appel servira leur nécessaire travail de deuil…

Il y a aussi une chose qui met en évidence l’incohérence des travaux de ce comité à la noix… D’un côté ils veulent que l’on supprime le juge d’instruction, ce qui aura pour conséquence immédiate d’embouteiller les tribunaux. Et de l’autre, ils veulent que l’on prenne des raccourcis pour désengorger ces mêmes tribunaux…
Faudrait peut-être voir à être un peu logique, non ?

Bref, il me tarde d’être au 1er juillet pour voir ce que tout cela donnera. Mais je peux déjà vous dire que l’on se dirige vers une tempête (encore une) dans le monde de la justice ! Et je ne donne pas cher de la peau du ministre qui va avoir à défendre de telles mesures ! Car il est bien entendu que ce ne sera pas cette chère Rachida qui va se coltiner le bébé… Celle-ci est dors-et-déjà appelée vers une destinée européenne loin de ces juges et de ces avocats qui la haïssent cordialement. Bon vent madame Dati ! Et ne prenez pas froid surtout…

mardi 13 janvier 2009

Rien de nouveau à Saint-Lô

Vous savez quoi ? J’ai récidivé ! Je veux dire par là que je me suis encore une fois tapé Sarkozy dans le texte et dans la gesticulation. Bon, je sais que vous trouvez ça admirable, que vous saluez tous mon abnégation et mon courage… Je sais également que vous vous demandez comment cela est humainement possible. A cela je vous répondrais, modestement, que si je peux le faire sans tourner de l’œil, c’est que c’est à la portée de tout le monde.
Je dois vous faire une confidence, je commence à prendre goût à cet exercice. Le gus est brillant, quoi qu’on dise sur lui par ailleurs, et je commence à lire assez bien entre les lignes de son discours. Ou entre les lignes du discours d’une de ses plumes, c’est idem.

Cela-dit, je dois vous avouer que je tourne un peu en rond avec son discours d’hier… J’ai beau tournebouler tout ça dans ma tête, me repasser la vidéo une fois, deux fois, trois fois… Je n’arrive pas à en tirer une quelconque analyse. Donc, je me dis que si je n’y arrive pas, c’est que probablement il n’y a rien à en dire… Ou que je suis fatigué. C’est soit l’un, soit l’autre…
Hier, le président s’est rendu à Saint-Lô pour présenter ses vœux aux personnels de l’Education nationale… Moi, bêtement, je m’attendais à quelque chose de fracassant, de provocateur. Je me disais que l’on allait peut-être assister à une annonce susceptible de sauver le monde de l’éducation de sa désespérance, ou de l’enfoncer encore plus, alors qu’à l’extérieur de la salle où se tenait le discours, les CRS chargeaient allègrement les manifestants venu vilipender notre nain national… Je dois bien l’avouer, je suis resté sur ma faim.
Alors bien sûr, on a eu droit au discours habituel sur l’immobilisme. Vous voyez à quoi je fais allusion ? L’immobilisme qui est l’apanage de ceux qui s’opposent aux réformes ! Car il est évident, pour lui, que si on n’aime pas ses réformes, c’est que forcément on est un partisan d’un statuquo de bon aloi. « On est d’accord pour que les choses changent, mais dès qu’il faut changer, on est plus d’accord ! » ne cesse de marteler le président.
Evidement, il ne lui viendrait pas à l’esprit que si on est initialement d’accord pour réformer, on peut ne pas être d’accord avec sa réforme et sa conception du changement… Non, ça, ça ne lui viendrait pas à l’esprit de notre PGE… Parce que les réformes de Sarkozy sont forcément bonnes, et les profs forcément des fainéants idéologiquement corrompus.
De plus, il convient de souligner qu’au final, ces mêmes profs portent sur leurs épaules la responsabilité de l’échec des enfants qu’ils prétendent défendre. Honte sur eux ! Ces enfants qu’il convient de mener vers l’excellence, rien de moins, pour gagner ainsi la bataille de l’intelligence ! (C’est beau… On dirait du Guaino).

Mais bon, comme apparemment, quoiqu’on dise, ça ne passe pas, le président à décidé de changer les intervenants de la réforme. Exit le Darcos, et bonjour messieurs Hirsch et Descoings !
Le premier, maintenant que le RSA est en place (ah bon ?), se retrouve sans mission et dispose, last but not least, d’un capital sympathie inentamé. Il devient Haut Commissaire à la Jeunesse. Pour Sarkozy, si les jeunes défilent dans la rue, c’est qu’il existe un malaise au sein de notre jeunesse, et qu’il convient d’y apporter une réponse. Nos jeunes ne défilent pas pour protéger le système éducatif, mais parce qu’ils sont malheureux et on va donc leur présenter un homme qui saura les écouter et répondre à leurs angoisses… Je le crois pas ça… Avant, on avait un ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, et maintenant on va avoir une ministre, un secrétaire et un haut commissaire pour s’occuper de chacun de ses postes ! L’éducation réclame du personnel, mais c’est le gouvernement qui recrute !

Le second, c'est Richard Descoings, directeur de science-po Paris, sera responsable d’une mission de concertation, chargée de recueillir les avis de tous les acteurs, enseignants, lycéens, parents d’élèves etc, et de compiler tout ça pour qu’à la rentrée 2010, tout soit prêt. Autant dire que, comme l’avait annoncé Xavier Darcos : On reprend tout et on recommence, mais pas avec les mêmes. Darcos est grillé, éparpillé façon puzzle, on met donc en face des syndicats d’enseignants, des personnes beaucoup plus consensuelles.
Donc, pas de vrais changements, comme vous pouvez le constater. L’esprit demeure, mais c’est la méthode qui change. Espérons seulement que les enseignants ne se laisseront pas berner par une manœuvre aussi évidente qu’inutile.

Bon… Aujourd’hui, nous allons avoir droit aux vœux au « monde culturel ». Je ne vous garantis pas que je regarderais la retransmission en direct, car si c’est comme hier, je risque de perde mon temps. Mai, je jetterais quand même un œil, on ne sait jamais…

jeudi 8 janvier 2009

Vous avez dit justice ?

On sait tous que le mois de janvier, c’est celui qui débute l’année calendaire. C’est le mois qui, par tradition, sert à tout un chacun à souhaiter de bonnes choses à son voisin. Traditionnellement aussi, les dirigeants de tous poils s’expriment de façon condescendante et parfois hypocrite, aux masses qu’il domine pour leur présenter leurs vœux mais également faire passer un message…
Depuis l’année dernière nous savons que notre Président aime à utiliser ces moments pour énoncer sa volonté suprême. Et c’est ce à quoi nous avons eu droit hier, lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation. Si vous désirez écouter l’allocution dans son entier, vous n’avez qu’à cliquer ICI… Mais bon, si vous avez la flemme, vous pouvez peut-être également me faire confiance et continuer de rester avec moi pour lire ce que j’en pense.

Jusqu’ici, l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation, était une tribune purement formelle, où le boulot du Président de la République consistait simplement à annoncer l’ouverture de la cession et sa totale confiance en la justice de son pays… Cette position neutre et de bonne figure, permettant de signifier ainsi au peuple que la justice reste indépendante du pouvoir en place. Et bien cette année, grand chamboulement ! Nicolas Sarkozy, à clairement signifié au parterre de magistrats devant lesquels il s’exprimait, qu’il ne l’entendait pas de cette oreille (ni d’une autre d’ailleurs), mais qu’il entendait plutôt jouer le rôle du conducteur d’attelage qui indique à ses mules dans quelle direction celles-ci doivent marcher.

Après avoir qualifié la justice française de troisième pouvoir, et relevé que celui-ci était miné par un « syndrome syndical », « issu de 1968 » (si je vous l’assure ! Vous n’avez qu’à vérifier !), il a enfin annoncé ce qui fait l’objet du présent article… J’ai nommé la suppression du poste de juge d’instruction.
Pour en arriver à cette mesure, notre PGE s’est, bien évidemment, appuyé sur l’image calamiteuse de l’affaire d’Outreau et sur une procédure qu’il qualifie « d’inadaptée et lourde » et « pas suffisamment respectueuse des droits des personnes ».
Pour lui, la preuve doit primer sur l’aveu et il juge qu’il est dorénavant impossible au juge d’instruction de mener à bien sa mission, qui est d’instruire une affaire à charge ET à décharge. Donc, exit le juge d’instruction et bienvenue au juge DE l’instruction chargé de surveiller l’enquête menée par le seul parquet…
De même, par voie de conséquence, exit le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) qui lui, comme son nom l’indique, est décisionnaire de la détention ou de la liberté des personnes sur avis du juge d’instruction. De même encore, pour notre PGE, puisque le secret de l’instruction est difficile, voir impossible, à faire respecter… Et bien on le supprime ! Point barre. On le remplace par une audience des charges, publique !

Bon, si vous êtes arrivés jusqu’à ce point, chers lecteurs, c’est qu’à priori le sujet vous intéresse, ou du moins vous attendez vous à ce que j’en termine avec l’argutie juridique et que je vous dise enfin pourquoi je ne suis pas d’accord avec tout ça. Rassurez-vous, j’y viens. Mais comme il s’agit d’un sujet sérieux, je dirais même fondamental, il convient de bien situé les propos de l’autre tache pour en saisir la teneur destructrice dans son envergure la plus entière… (Si ça c’est pas du style ampoulé, je ne m’y connais pas !).

Il est vrai que le citoyen français est paradoxalement peut familiariser avec les tours et les détours de sa propre justice. A moins d’y être directement confronté et guidé par un avocat patient, la plupart des français n’y comprennent quedalle et sont finalement beaucoup plus au fait des procédures américaines… La raison de cette méconnaissance me parait simple, même si elle est double.
Tout d’abord les français ne sont pas tous des criminels, ni même des délinquants (Y’a quand même une différence entre un crime et un délit, vous le savez ça ?), heureusement. Ensuite, et bien le citoyen téléspectateur a beaucoup plus de chances d’être le témoin des raffinements de la justice américaine que de la sienne propre. Car en effet, les séries ricaines sur le fonctionnement de la police et de la justice sont pléthores. (Ca s’accorde pléthore ?). On en est submergé à un point tel que le justiciable en vient à confondre ses droits avec ceux des citoyens de l’oncle Sam. On serait étonné de connaitre le nombre de personnes choquées de se voir refuser la présence d’un avocat pendant la garde à vue, ou encore étonnées que l’on ne leur lise pas leurs droits au moment de leur arrestation… Moi aussi d’ailleurs, mais j’imagine qu’elles sont nombreuses.

Et c’est donc maintenant que je vais vous parler d’une série que je regarde assez souvent, même si elle me fait bondir à chaque fois… Il s’agit de New-York Police District, également appelée New-York Police Judiciaire diffusée sur depuis 19 ans aux USA sous le titre original « Law & Order ». La loi et l’ordre, tout un programme n’est-ce pas ? D’ailleurs, dès les premières secondes, cette série annonce la couleur en commençant toujours par le même commentaire en voix off : « Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté par deux groupes distincts, mais d'égale importance : la police, qui enquête sur les crimes, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leurs histoires. »
Ce préambule a le mérite d’être clair, car il décrit parfaitement le fonctionnement du système US. Chacun joue son rôle : La police cherche les preuves contre le suspect, et le procureur (joué par Sam Waterston, l’inoubliable reporter de La déchirure) utilise ces preuves (et au besoin en cherche d’autres) pour accuser le suspect et lui faire reconnaitre sa culpabilité. La plupart du temps c’est à ce moment qu’ont lieux des tractations (qui à moi me font sauter à bas de mon canapé…) destinées à éviter à l’affaire d’aller devant un jury populaire. Des tractations du genre : Si tu plaides coupable, je requalifie le meurtre de ta femme de 75 coups de couteaux en homicide involontaire, et tu prends 15 ans au lieu de la peine de mort. Si le suspect s’entête à nier sa culpabilité l’affaire va devant un jury populaire et là, l’accusé risque sa tête. Autant vous dire que pour l’accusé, le choix est quelque peu restreint, car entre vivre ou mourir y’a pas photo.

Vous aurez remarqué que dans ce dispositif on ne parle pas de la défense de l’accusé… (Vous l’avez remarqué, non ? Ah quand même…) Si on n’en parle pas, c’est que la défense de l’accusé face à la machine judiciaire incombe à l’avocat et à lui seul. C’est pour ça que celui-ci est exigible dès les premières secondes de la mise en examen, car c’est le rôle de l’avocat de chercher les preuves permettant de disculper son client. Personne d’autre ne le fera à sa place ! Autant dire que sans avocat, le justiciable se retrouve sans défense et se fait bouffer tout cru. De plus, cela implique forcément que la défense de l’accusé se trouve nécessairement liée à sa faculté à se payer un bon avocat, avec les moyens de rechercher les preuves de son innocence, et que le péquin moyen ne se contentera que d’un avocat commis d’office, surchargé de travail et au budget proche de mon compte en banque le 10 du mois.

Bien, ça c’est la façon, au combien discutable vous en conviendrez, dont fonctionne la justice américaine. A ce stade de mon article, j’espère que vous commencez à deviner où je veux en venir ? Parce que si ce n’est pas le cas, vous devez vous demandez pourquoi je digresse ainsi sur une série télé, et que vient faire Sam Waterston dans les plans de Sarkozy !

Si je vous parle de tout ça, c’est que le discours de Sarkozy hier devant les magistrats est le prélude à une américanisation de notre système judiciaire. Ni plus, ni moins.

J’explique : En France jusqu’à présent les affaires nécessitant une enquête fouillée, sont menées par la police qui récolte les indices et qui les soumet à un juge d’instruction, lui-même requis par le parquet. Celui-ci est chargé d’instruire l’affaire à charge ET à décharge. Il recherche les preuves accusant le mis en examen (avant on disait l’inculpé, mais c’est la même chose), mais également il doit tenir compte des preuves qui disculpent ledit mis en examen. C'est-à-dire qu’il est responsable de la recherche de la vérité, quelle qu’elle soit. Les textes disent qu’il a pour mission de faire « tout acte utile à la manifestation de la vérité ».

On devine aisément que le juge d’instruction, pour pouvoir réaliser cette mission, se doit alors d’être une personne douée d’une impartialité à toute épreuve et d’un sens moral hors du commun. Et c’est souvent l’absence de ces qualités, de même que le poids des pressions subi, qui font du juge d’instruction la cible des critiques les plus diverses. Surtout lorsque celui-ci se plante et poursuit des innocents…
De même, pour pouvoir réaliser sa mission, le juge d’instruction se doit de disposer d’énormes pouvoirs discrétionnaires et d’une indépendance totale par rapport à toutes formes de contraintes. Qu’elles soient politiques, financières ou d’opinion. Et là, comment dire… Il y a certaines personnes qui considèrent qu’il est préjudiciable de se retrouver à la merci d’un magistrat disposant d’autant de libertés. Notamment celles de pouvoir fouiner là où a priori il ne faudrait pas qu’il fouille…
Car, dans les faits, le juge d’instruction ne s’occupe en moyenne que de 5% des affaires criminelles. 5% oui, mais ces affaires sont souvent des affaires liées à des sujets sensibles comme les meurtres, les crimes sexuels, mais aussi les délits financiers, les trafics d’influence, les détournements de fonds, et cætera, et cætera… On comprend alors, que certaines personnes susceptibles de se voir reprocher se genre de délit, soient on ne peut plus heureuse de voir disparaitre ce qu’ils appellent souvent eux-mêmes avec suffisance : les « petits juges ».

Lors de l’affaire d'Outreau, le haro avait été jeté sur le rôle du juge d’instruction. On lui reprochait essentiellement sa solitude et on mettait l’accent sur l’expérience requise par la fonction. Pour palier à cela, une commission d’enquête décida donc de soumettre l’action du juge à un collège de pairs, chargé de chapoter l’instruction et au besoin de recadrer s’il y a lieux… On commença même à remettre en question son indépendance et ses pouvoirs, au nom de la présomption d’innocence. Le scandale médiatique et populaire que cette affaire créa est à l’origine de cette réforme voulue par Nicolas Sarkozy.

Alors que faut-il réellement penser de cette réforme proposée par le chef de l’Etat ? Pardon, excusez-moi : « Edictée par le chef de l’Etat » serait plus juste.
D’après son discours, et comme le dit le Figaro.fr : « Oter au juge d'instruction ses pouvoirs d'enquête reviendrait à les transférer aux seuls magistrats du parquet, hiérarchiquement soumis au ministère de la Justice. ». Ce qui revient à dire que les enquêtes et les actions judiciaires seront menées par l’Etat et lui seul par le biais des procureurs et de ses substituts. Comme aux Etats-Unis. Quid de la défense du justiciable ? Aucune réponse n’a été apportée en ce sens par le chef de l’Etat, mais l’on suppose alors que le rôle de l’avocat en deviendra grandement augmenté, et que c’est sur lui que reposera la mission d’apporter la preuve de son innocence.
On s’éloigne donc ce qui fait notre droit depuis des centaines d’années, un droit issu d’une conception romaine de la justice, qui dit que la justice ne se rend qu’à l’issue d’une procédure inquisitoire. Inquisitoire, c'est-à-dire qui résulte d’une enquête qui se veut impartiale. On s’éloigne donc du droit romain pour se rapprocher du droit anglo-saxon qui lui, est basé sur une procédure accusatoire… C'est-à-dire, ben… accusatoire. Je t’accuse, et c’est à toi de me prouver que j’ai tord.
Vous voyez où le bât blesse ? En se cachant derrière des arguments fallacieux concernant la liberté individuelle, on en oubli le fondement de ce qui fait une bonne justice. C'est-à-dire que toute personne est innocente jusqu’à ce qu’on est prouvé le contraire. Et ça, je suis désolé, mais ce n’est pas rien. C’est même fondamental.

Alors, mes chers amis, et j’en finirais ici parce que ça doit commencer à vous paraitre long comme article, j’espère qu’avec toute ma prose vous aurez compris pourquoi je considère que cette réforme est une belle merde.
Certes, je conçois qu’il faille réformer le statut du juge d’instruction. Il conviendrait de le soutenir et de le sortir de son isolement mais en faisant en sorte de conserver cette indépendance qui est le garant d’une bonne justice. Mais ce que propose l’autre tâche, c’est ni plus ni moins que de nous faire copier le système américain. Avec tout ce que cela implique d’iniquité et d’erreurs judiciaires.
Pour moi, le système judiciaire, tout comme l’Etat d’ailleurs, est là pour assurer aux citoyens qu’ils seront traités avec impartialité et que leur défense sera assurée contre toute forme d’abus. Donner au seul parquet le pouvoir de poursuivre le citoyen sans tenir compte des éléments pouvant le disculper, reviendrait à instaurer une justice à deux vitesses, basée sur la présomption de culpabilité.
Jusqu’à présent le justiciable s’adressait au juge d’instruction en sachant que ses explications seraient prises en compte… Il disposait d’un interlocuteur disposé à l’écouter. C’est d’ailleurs pourquoi on appelle ça une audition. Si la réforme aboutit, le justiciable se retrouvera uniquement face à un procureur dont le rôle est de le foutre en tôle.
On se retrouve avec une justice dont la devise devient :

Vous êtes tous coupables, jusqu’à ce que vous ayez les moyens de prouver le contraire…

Et ça, franchement, j’ai pas envie.