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mercredi 28 janvier 2009

Ah ça ira !


Juste quelques lignes, comme ça en passant… Demain, je pense que vous le savez tous, c’est la Grève Générale. Avec deux bons gros G majuscules.
Depuis le début de la semaine, les médias nous abreuvent d’articles ou d’émissions pour nous prévenir que cette journée risque de faire date dans l’histoire des grèves que compte notre beau pays.
Dès lundi, nous pouvions lire et entendre de-ci de-là, les habituels commentaires sur « la galère des usagers » et les « prises d’otages » que représente ce « jeudi noir ». Bon, vous allez me dire qu’on a l’habitude, et que ce n’est pas ça qui va nous empêcher de faire grève ni de défiler… Il n’empêche que c’est ainsi que depuis quelques temps, les mouvements sociaux sont qualifiés, marquant ainsi la tendance actuelle indiquée par notre Président mal aimé.
Les gens qui défilent ou revendiquent quelque-chose sont nécessairement la plaie des honnêtes travailleurs. Manifester devient une insulte aux bonnes mœurs nationales et indique un irrespect des autres… C’est mal, c’est égoïste et c’est inutile.
D’ailleurs, tout est fait pour que le grand public abonde dans ce sens. La voix de la rue, n’est pas celle du peuple qui ne s’exprime que par les urnes. Telle est la conception des choses que l’on voudrait nous voir adopter.
Sauf que ce que nos élites gouvernementales oublient, c’est que cette conception-là de la démocratie est très éloignée de celle de monsieur tout le monde… Dans l’esprit du français moyen, le fait d’élire une personne ne lui donne pas tous les pouvoirs et au final, ce sera toujours la rue qui aura le dernier mot. C’est ainsi que nous fonctionnons. C’est ainsi que s’exprime notre liberté, individuelle et collective.
Et lorsque notre Président Glorieusement Elu déclare en fanfaronnant : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ! », c’est une insulte au peuple tout entier. Une insulte qui, je le crois, sera belle et bien lavée demain.
Car le mécontentement est général. Et ça, la plupart des médias l’ont bien compris. En effet, depuis la parution d’un sondage du Parisien révélant que 69% des français apportaient leur soutien à cette grève, leur discours à bien changé…
Désormais on ne parle plus de « jeudi noir », mais de « grande grève », et la gêne des non-grévistes devient secondaire.
Pour illustrer ce revirement éditorial, je citerais l’émission, l’Edition Spéciale, que je regarde régulièrement sur Canal +. Alors que le présentateur invitait les téléspectateurs à lui envoyer des mails pour raconter leur galères d’usager, il s’est vu répondre, massivement et vertement, qu’il pourrait également s’intéresser à tous ceux qui prendront leurs journée ce jeudi, et qui « galèrent » eux aussi pour pouvoir être dans la rue…
D’accord, Canal est plutôt à gauche comme chaine de télé, mais quand même... Je trouve que ça illustre bien le ras le bol général qui nous submerge ces temps-ci.

Or donc, la France va encore une fois manifester, et c’est une bonne chose.
Je serais pour ma part dans la rue avec les autres, et je compte bien prendre plein de photos afin de vous faire partager ce moment ! On se retrouve donc vendredi.

Bon défilé à tous, et faites gaffes aux playmobiles…


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jeudi 15 mai 2008

Le SMA, un leurre antidémocratique

Le SMA (Service Minimum d'Accueil), c’est la marotte de Nicolas Sarkozy. C’est son truc et il entend bien le voir généralisé d’ici 2009. Et il a beau jeu, car il sait que la population française est derrière lui, avec plus de 60% d’avis positif sur la question. Mais la mise en place de ce service ne se fait pas sans mal. Car certain hurlent à la confiscation du droit de grève, bref, à l’atteinte de nos droits les plus fondamentaux…
C’est certain, les grèves, ça fait chier tout le monde. En tous cas, ça fait chier une grande majorité des français. Qui ne s’est pas retrouvé en galère à la suite d’une grève des transports ? Qui n’a pas dû sacrifier un jour de RTT pour garder ses enfants alors que les écoles étaient fermées ? Qui n’a pas dû retarder l’envoie de son tiers provisionnel parce que les impôts étaient… Ah, non, ça ce n’est jamais arrivé… Et que dire de l’image de la France, pays le plus visité au monde rappelons-le, auprès de nos millions de visiteurs annuels ?
Bref, La grève a une image déplorable et toute action en faveur des usagers est plutôt bien perçue par la population. Pourtant, ce n’est pas aussi simple que la majorité des français veut bien le croire.
Pour certains, dont je suis, le service minimum va à l’encontre du droit constitutionnel de faire grève. En effet, ce qui fait la force démocratique d’une grève c’est son impact sur le fonctionnement de la nation. Plus le peuple se mobilise, plus le poids qu’il représente se fait sentir auprès du pouvoir. Rendre obligatoire le service minimum revient à rendre stérile tout combat syndical, ou du moins à en diminuer considérablement les effets. C’est une façon détournée de museler la voix de la population française.
Ceux qui pestent contre les grèves et réclament le SMA, ne comprennent pas que ce sont leurs propres droits qu’ils contrarient ! La lutte d’aujourd’hui sur les retraites dans la fonction publique, c’est la même chose que la lutte qu’il faudra mener demain dans le privé. La fonction publique a le mérite d’être organisée et de pouvoir se mobiliser fortement, Croyez-vous que les salariés des PMI/PME sont capables de faire la même chose ? Dénaturer leur combat revient à dénaturer tous les combats futurs, que même les usagers des services publics seront amenés à faire un jour peut-être.
A cela s’ajoute le fait de pouvoir organiser ce SMA. Qui, comment, avec quel argent ? Mais bon, pour moi il n’y a même pas lieu de se poser ces questions puisque la mesure en elle-même est inique.
Alors je voudrais dire à ces 60% de français qui sont favorable à une mise en place du service minimum, qu’ils arrêtent de se comporter égoïstement. Je les engage à avoir une vue un peu plus longue sur notre société, et sur le rôle que doit jouer chaque citoyen s’il veut se montrer solidaire et humaniste.