Je voulais vous dire…


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lundi 16 août 2010

Oh niçois qui mal y pense

Comme vous le savez, je suis niçois. Enfin, j’habite Nice ce qui est, à mon sens, un peu différent.
Car pour pouvoir affirmer, comme ça la tête haute et le regard fier, son appartenance à une région, une culture, ou encore une ville, il faudrait au moins en ressentir une certaine légitimité, ce qui n’est pas mon cas.
Mais au-delà de cette légitimité, je pense qu’il faudrait aussi être plutôt fier de cette appartenance. Et là, le moins que l’on puisse dire c’est que côté fierté...
Les niçois auraient un peu de mal à la ramener en ce moment.

Il y a une quinzaine de jour, nous parlions d’Eric Ciotti et de sa proposition d’incarcérer les parents d’enfants délinquants, après leur avoir retiré toutes formes d’aides sociales bien sûr. Et dans les commentaires qui suivirent cet article, nous en sommes venus assez rapidement à nous demander pourquoi le Sud-est de la France était si prolifique en fascisme en tout genre.

Le climat, la proximité avec l’Italie, les traditions mafieuses, l’argent, l’âge de la population, etc... Toutes ces raisons ont été évoquées, sans pour autant que nous arrivions à déterminer une qui prédomine sur les autres.

Mais bon, c’est un fait : C’est chez moi que l’on compte le plus de réacs et de fachos au mètre carré. Même l’Alsace, qui a pourtant son lot d’égouts à ciel ouverts, ne nous arrive pas à la cheville !

Donc, après la saillie du nazillon niçois Ciotti, voilà que son supérieur direct, à savoir monsieur le maire de Nice Christian Estrosi, dit le motodidacte, en rajoute une couche dans le JDD de ce weekend et propose d’imposer des sanctions financières aux Maires des communes qui ne respecteraient pas selon lui « leur obligation de sécurité ».
Les esprits chagrins pourraient se demander pourquoi c’est le Ministre de l’Industrie qui se permet de se balader sur les terres de l’Intérieur... Oui, ils pourraient. Mais bon, ce gouvernement nous a habitués au mélange des genres et s’y applique justement pour entretenir la confusion. Confusion qui est mère du vote à droite comme chacun sait.

Ce n’est donc pas le ministre de l’Industrie qu’il faut voir derrière cette proposition débile, mais plutôt la voix de son seigneur et maître actuellement en vacance sur la même Côte d’Azur.
Enfin, je dis débile, mais en fait la proposition est assez subtile. En se basant sur la loi qui oblige les communes à respecter un certain pourcentage de logements sociaux (mise en place par la gauche), Estrosi compte à la fois exacerber les tensions déjà existantes, mais en plus jeter l’opprobre sur les mairies de gauche. Cerise sur la gâteau, si jamais sa proposition n’aboutit pas, et qu’on lui démontre constitution à l’appui que l’Etat n’a rien à imposer aux communes en matière de sécurité, il aura beau jeu de se servir l’argument pour en finir une bonne fois pour toute avec les logements sociaux imposés... Vous me suivez ?

Quel que soit le devenir de cette proposition, il y a matière pour l’UMP et ses sbires, d’en tirer un bénéfice.

Autre chose qui m’exaspère dans cet « appel républicain » comme il nomme lui-même son dégueuli, c’est l’emploi de cet adage « La sécurité est la première des liberté ».

Ah lala... Mais c’est pas possible d’entendre une connerie pareille ! Et dire que ce concept nauséabond est apparu pour la première fois dans la bouche d’un élu de la gauche de gouvernement ! (Jospin pour ne pas le nommer)

Tien, en parlant de ça, il semblerait que la Madone du Poitou soit en train de préparer sa rentrée médiatique sur ce thème... Elle compte nous resservir son couplet sur « l’ordre juste » et grappiller, le croit-elle, quelques points de sondage auprès des retraités et des professions libérales.

Décidemment, cette rentrée 2010 sera éminemment sécuritaire ou ne sera pas... Pour ma part, je préfère garder en mémoire cette citation de Benjamin Franklin qui résume assez bien mon opinion là-dessus :

« Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux ».

lundi 2 août 2010

Conciliabule

-Gwen ?
-Jawohl...
-Heu... Je peux te déranger deux minutes ?
-C’est que j’suis en train d’écrire là...
-Oui, je sais bien puisque je suis dans ta tête. Mais tu peux t’arrêter deux secondes qu’on discute ?
-C’est deux minutes ou deux secondes ? Faut savoir...
-Ok, Monsieur l’impertinent, faut qu’on parle. S’il te plaît.
-Bon ok, mais fais vite, j’suis en forme là...
-Gwen, mon chéri mon amour, tu sais que je t’aime et qu’en règle générale, et compte tenu de nos accord de septembre 2006, j’essaye de te foutre une paix royale en matière d’écriture... Vrai ?
-Heu... Si tu le dis.
-Je le dis.
-Bon d’accord, et alors ?
-Et alors je tiens à te rappeler que la dernière fois que tu as écrit ce genre de texte, tu t’es fait taper sur les doigts par tes amis...
-Hein ? Mais qu’est-ce que tu me racontes ? Ça te plaît pas ce que j’ai écris ?
-Si, bien sûr. Tu sais bien que j’adore tout ce que tu fais. Mais je me dois quand même de te rappeler que ce genre de... comparaison, n’est pas du goût de tout le monde.
-Oh putain, v’là la censure...
-Relis ça, et tu verras bien avant de monter sur tes grands chevaux !
(-------------)
-Bon, et alors ? J’étais en colère à cette époque-là... Aujourd’hui ce n’est plus pareil...
-Comment ça ce n’est plus pareil ? Tu déconnes ou quoi ? Relis-toi merde ! La dernière fois tu traitais le député Ciotti de petit nazillon pervers, et là tu recommence !
-J’ai pas écris « nazillon », j’ai écris « nazi » tout court...
-Ouais c’est ça fait le malin ! Non mais relis-toi je te dis ! « Ce petit tas de merde, fort marri de constater que la loi lui interdisait de s’en prendre aux enfants directement, n’a rien trouvé de mieux que de vouloir enfermer les parents. Après avoir réinstauré le couvre-feu pour mineur et la suppression des aides sociales, le voilà qu’il franchit un pas de plus dans l’ignominie et réinvente les camps de rééducation parentaux. ». Hé ! C’est pas marrant je te signale !
-Hihihi... Si tu le dis !
-Je continue : « Le Monsieur sécurité de l’UMP, tel un petit gestapiste zélé, prend à cœur la mission que le Président lui à confier : A savoir, être le pourvoyeur d’idées sécuritaires destinées à séduire l’électorat fasciste de ce pays. Bref, Eric Ciotti, c’est l’âme damné de ce gouvernement. Le futur Himmler de ce pays. »
Là, Gwen, je suis désolé mais je ne peux pas te laisser dire ça. Tu vas avoir des ennuis si tu continues.
-Mais euuuuh.....
-Gwen, on te l’a déjà fait remarquer en plus. S’en prendre au physique des gens c’est indigne d’un démocrate.
-Bon... Je fais quoi alors ?
-Et bien c’est simple, tu me réécris ces paragraphes et tu m’enlèves les deux fois où tu as utilisé le mot « petit ». Attaquer les gens sur leur taille, cela ne se fait pas. Un point c’est tout.
-Pfff... Bon d’accord... Et pour la photo je fais quoi ?
-Quoi la photo ? Ah oui, le montage... Tu n’as pas mis de toise, d’échelle métrique ou un truc comme ça ?
-Euh non...
-C’est bon alors, tu peux la publier.

jeudi 29 juillet 2010

Une interdiction qui pue du bec

Alors que je commence à taper ces mots, je me doute que ce que je vais écrire risque d’en choquer plus d’un, voire si la chaleur est suffisante, transformer le fil des commentaires en chaudron. Mais bon, je prends le risque. Les gens se sont toujours bien tenus chez moi, et il n’y a pas de raison pour que ça change.

Hier le parlement de la Catalogne a voté par 68 voix contre 55, dans la douleur et sur fond de crise indépendantiste, l’interdiction de la corrida sur son territoire...

Et bien moi qui revient justement de Catalogne et qui en ai apprécié la richesse culturelle (et culinaire), je peux vous dire que cette nouvelle me désole.

Oui, franchement cela me désole. Bon, je crois qu’il est inutile que je fasse ici l’apologie de la tradition tauromachique, ce serait je pense parfaitement stérile.
Chacun a son avis sur la question, plus ou moins étayé d’ailleurs, et répondant a sa propre sensibilité.
Et le mien d’avis (aussi peu étayé que la plupart), c’est que j’aime la corrida. J’ai toujours aimé la corrida. Je trouve ça beau et tragique à la fois. Je ne saurais pas vous l’expliquer autrement, j’aime ça c’est tout.

Après, qu’une majorité l’interdise sur son territoire, ne me dérange pas plus que ça. Cela m’attriste un peu, mais je ne vais pas en faire un ictère pour autant.

Par contre, ce qui me fait grimper dans les tours, c’est lorsque j’entends les arguments de ces lobbys anti-corridas... Là oui, j’ai une subite envie de pousser une gueulante, voire de devenir grossier.

Je trouve ces ayatollahs de la bienpensance totalement imbuvables et leurs méthodes à gerber.
Leur discours est violent, tout autant si ce n’est plus que la prétendue violence qu’ils entendent dénoncer. Leur dialectique est binaire et réductrice (T’es pour la vie ou pour la mort ? Utilisation du terme abolition plutôt qu’interdiction...), et leur tendance à utiliser la culpabilité comme moyen de communication est des plus dérangeante.
De plus, si l’on s’attarde un peu sur les sites anti-corridas on s’aperçoit que ceux-ci n’hésite pas à mélanger allègrement les genres pour faire passer leur message. Un mélange des genres qui n’est pas sans rappeler les délires que l’on peut retrouver sur les sites d’extrême droite.
Vous en avez un très bon exemple ici.

Bref, autant je respecte leur avis sur la question, autant je trouve l’argumentaire de ces talibans écolos plus que suspect. Derrière cette communication à deux balles destinée aux esprits faibles et incultes, et que je comparerais volontiers à de la propagande nazie, je vois poindre une idéologie dangereuse et totalitaire.
D’ailleurs, si je ne m’abuse docteur Malthus, ce n’est pas la première fois que j’ai sur ces écolos fanatiques de tels soupçons... A lire, si cela vous intéresse, cet article que j’ai écrit l’année dernière.

Tout ça pue du bec, moi je vous le dis.

Et que dire de la réaction de cette ancienne starlette devenue aussi rance que ses propos ? Là, c’est bien simple, cela frise tellement le ridicule que je préfère me taire.

Bon, heureusement qu’en face la Résistance s’organise (tien, moi aussi je fais des amalgames !) et que certains militent pour inscrire la tauromachie au patrimoine culturel de nos régions... Comme ça ces crétins ne pourront plus y toucher ! Olé !

jeudi 8 avril 2010

Riposte(s)

Bon allez ! Étant donné que ce matin JVVD a reçu la visite d’un catho-facho de base à l’esprit aussi étroit que le fondement d’un premier communiant, l’humeur est donc à l’anathème clérical, au dépeçage de cureton et à la réouverture des camps de rééducation que nous baptiserons dorénavant « Centres de la Réappropriation de l’Estime de Soi et de Désintoxication Mentale » (Les CRESDM).

Oui, je sais, vous allez me dire qu’il y a peut-être d’autres sujets que la religion et ses mensonges... Mais que voulez-vous, je n’y suis pour rien si un fâcheux pétri de superstitions est venu caguer sur mes plates-bandes à 07h52 du matin ! Moi, j’étais prêt à passer à autre chose, et ce sont eux qui viennent m’emmerder ! Est-ce que je vais laisser des commentaires sur leurs blogs puants moi ? Non, bien sûr....

Alors bon, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je me dis que pour en remettre une couche histoire de bien les habiller pour l’hiver tous ces culs-bénits, rien ne vaut un bon Didier Porte ! N’est-il pas ?



Bon, je vous laisse, il vient de m’arriver un commentaire assassin d’une mère de famille outrée qui me reproche mon billet sur les autistes de la semaine dernière... Oui je sais, c’est la deuxième qui n’a pas compris le sens de mon propos... Mais je vous promets qu’avant de lui répondre je vais aller prendre l’air... Histoire qu’elle ne pâtisse pas de ma mauvaise humeur du jour.

Je sens qu’elle va être longue cette journée... !

mercredi 11 novembre 2009

Les délires d’Eric Raoult, ou la montée d’un fascisme ordinaire

J’avais plus ou moins décidé de faire l’impasse sur le sujet tant l’affaire me paraissait ridicule, comme ça au premier coup d’œil, et puis… Finalement non.
En fait, c’est en lisant ce matin l’article d'Humeurs de Gauche sur le sujet, que je me suis dit qu’il fallait que je participe moi aussi au tollé, et même que j’en rajoute une couche si besoin était.

Je veux parler bien sûr de cette déclaration immonde d’Éric Raoult, député de la Seine-Saint-Denis et accessoirement diplômé de l’Institut Français de Presse.

Pour ce qui est du rappel des faits, reportez-vous au texte de GdC. Comme ça, moi ça me fait gagner du temps, et en plus je doute de pouvoir faire mieux…
Donc, pour monsieur Raoult, les écrivains récompensés (ici Marie Ddiaye), devraient s’en tenir à ce qu’il appelle « un devoir de réserve » et éviter de critiquer son propre pays dans les médias… Le texte exact de sa protestation auprès du ministre de la culture étant :

« Monsieur Éric Raoult attire l’attention de M. le ministre de la Culture et de la Communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt.
En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française.
A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l’image de notre pays. »
« Le droit d’expression ne peut pas devenir un droit à l’insulte »

Il y aurait énormément à dire en reprenant point par point la déclaration de ce monsieur, notamment en ce qui concerne le devoir de réserve qui n’a aucune réelle existence juridique dans notre pays pour les civils. Mais une analyse de texte serait déjà trop d’honneur pour de tels propos.
On pourrait d’ailleurs aussi traiter par le dédain une telle demande et ne lui apporter aucune attention… Le ridicule ne méritant pas le temps qu’on perd à le dénoncer.

Pour ma part, je pense que ce que monsieur Raoult à déclarer est certes ridicule et complètement déplacé, mais aussi très grave.
C’est très grave car c’est la parfaite expression du totalitarisme intellectuel. Et le fait que cette opinion soit émise par un type qui a fait des études de journalisme me laisse perplexe…

A mon sens, il ne faut pas prendre à la légère de tels propos et y voir un énième coup de sonde à destination de l’opinion public. En effet, le gouvernement de Sarkozy nous a habitués depuis son avènement à ce genre de pratique qui consiste à balancer une bonne grosse bombe médiatique histoire de voir comment le peuple réagit. Si la réaction est trop forte, on recule aussitôt. Si le message passe, on va plus avant… C’est classique depuis 2007, et en plus ça marche.

Donc, je pense qu’il ne s’agit pas là des délires mégalomaniaques d’un gros nul comme le dit GdC, mais bel et bien d’une tentative de corruption d’une de nos valeurs les plus sacrées. A savoir la liberté d’expression.

Si nous laissons passer une telle chose, vous verrez que la suite ne tardera pas à nous tomber sur la gueule. A commencer par nous, blogueurs et commentateurs de la vie politique de notre pays.

Ce genre de déclaration, ce n’est ni plus ni moins que du fascisme. C’est l’expression d’un désir de voir se taire toute forme de contestation au profit d’une pensée unique. Et si vous ramenez les propos de monsieur Raoult dans le contexte du débat sur l’identité nationale actuellement en cours, ils prennent alors tout leur sens… Ils nous dessinent une France merveilleusement unanime derrière son chef. Une France aseptisée. Une France fasciste.

Et en ce qui me concerne, une France morte.

Alors, quitte à me mettre en délicatesse avec la loi, je vais rajouter une couche par rapport à ce que disait mon collègue : Éric Raoult n’est pas un gros nul, c’est un gros fasciste nul.

vendredi 22 mai 2009

J’ai honte

Je ne sais pas comment le dire autrement : J’ai honte.

Je me rends compte que je vis dans un pays où l’on est capable d’envoyer deux bagnoles de flics pour se saisir de deux gamins de six et dix ans. Un pays où sur un simple soupçon de vol de vélo, on envoie six sbires en uniforme pour arrêter des enfants au sortir de leur école.
J’ai honte.

Je me fous de savoir s’ils les ont volés leurs vélos, ces gosses. Ce n’est pas ça l’important. L’important c’est le peu de cas que la police se croit devoir faire de nos libertés.

Alors on s’indigne et on hurle. Même les suppôts supporters de celui par qui tout cela devient maintenant possible se sentent obligé de demander des comptes… Les grands manitous de la répression s’étonnent que l’on s’étonne… Les quelques voix syndicales encore autorisées à s’exprimer au sein de la police fustigent la culture du résultat…

Je me fous de ces vaines justifications ! Les faits sont là : En France on arrête des enfants dans la rue sur un simple soupçon ! On les interroge pendant deux heures sans la présence de leurs parents ! Sans une quelconque protection !
Et que l’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une regrettable erreur ! D’un excès de zèle somme toute compréhensible !

Moi je dis que c’est un symptôme. Un de plus. Un exemple frappant de ce que mon pays est en train de devenir… Et c’est pourquoi aujourd’hui j’ai honte. Honte d’être français.
J’ai honte et j’enrage de me sentir si impuissant face à ce que ce gouvernement est en train de faire…

Bordel de Dieu, y’a des matins comme ça ou j’aimerais bien me réveiller ailleurs…


mardi 17 juin 2008

Outrage fait à la loi

Ces temps-ci, ce ne sont pas les sujets d’articles qui manquent, et pourtant, bizarrement, j’ai du mal à trouver l’inspiration, qu’au début de ce blog, je voulais quotidienne. Mais là, je suis tombé sur un sujet de fond assez intéressant. Il s’agit d’un article paru sur Rue89 et qui traite du délit d’outrage. Je me suis dit que cela pouvais vous intéresser… Alors voilà.
Le délit d’outrage à agent ou à représentant de l’état est définit comme suit dans le code pénal par l’article 433-5 (source Légifrance):
"Constituent un outrage puni de 7500 euros d'amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l'envoi d'objets quelconques adressés à une personne chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie. Lorsqu'il est adressé à une personne dépositaire de l'autorité publique, l'outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. Lorsqu'il est commis en réunion, l'outrage prévu au premier alinéa est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende, et l'outrage prévu au deuxième alinéa est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.".

Le problème avec cet article du code, c’est que celui-ci est de plus en plus employé par les forces de l’ordre, et les représentants de l’Etat en général, pour s’emparer de personnes et les trainer devant les tribunaux. A l’image des deux ou trois histoires racontées dans l’article, on peu ainsi se retrouver sur la sellette pour avoir proférer une insulte… Ou du moins ce que le plaignant considère comme une insulte. Ainsi, si j’écris sur mon blog que je pense que Nicolas Sarkozy est un facho, je suis passible de 7500€ d’amende et de six mois de taules… En l’espèce, le nain pourrait très bien considérer que mes propos sont une insulte. Libre à lui. De mon côté, je pourrais arguer qu’il s’agit plutôt d’un adjectif qualificatif à caractère descriptif, basé sur une analyse personnelle et néanmoins complète de l’ensemble de son activité politique… Question de point de vue. On en vient donc à vouloir juger les personnes sur leurs opinions et sur l’émission de ces opinions.
Je conçois cependant que l’on doive empêcher certains propos à caractères racistes ou xénophobes, car ceux-ci vont à l’encontre de la conception que nous nous faisons de notre société républicaine. Mais delà à étendre ce raisonnement à l’ensemble des critiques que l’on peut proférer sur une personne ou un groupe de personnes il y a un pas, un peu trop vite franchi à mon goût.
Dans le même genre de débilité il y a aussi l’article
433-10. Celui-ci sert par exemple de prétexte à l’arrachage de banderoles et autres calicots lors de manifestations populaires. Nous avons tous pu voir la police française retirer des drapeaux tibétains lors du parcours de la flamme olympique ? Et bien, c’est une application de 433-10. De même la confiscation de tracts LCR lors de la visite de notre Glorieux Président Elu à Vienne (voir l’article Délit d’opinion).
Alors peut-on parler de dérive sécuritaire ? Je le crois. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Pour ma part, je tiens à m’excuser à l’avance si ce blog s’arrête sans prévenir… C’est qu’une âme bien intentionnée aura signalé mes digressions verbales aux autorités et que j’aurais été emprisonné faute de pouvoir payer mon amende ! C’est ça aussi la baisse du pouvoir d’achat !

lundi 9 juin 2008

Les questions dangereuses

Je voudrais aujourd’hui porter votre attention sur quelque chose qui me semble du plus haut intérêt pour notre démocratie.
En effet, depuis quelque temps circule au sein des écoles primaires un questionnaire destiné à « évaluer » les élèves de CM2. Ce questionnaire s’inscrit dans une démarche initiée par le gouvernement dans le cadre de la nouvelle politique destinée à remédier à l’échec scolaire à la sortie du primaire. Il est émit par la Direction de la Prospective, de l’Evaluation et de la Performance (Rien que le nom m’énerve !).
Bon, c’est bien pour nos bambins, me direz-vous. Le problème c’est que lorsque l’on lit ledit questionnaire, et plus particulièrement sa partie 4, on s’aperçoit que les questions sont quelque peu « bizarres ». Je dirais même inquiétantes.
Pour préciser les choses, sachez qu’il s’agit de questions que l’instit pose à l’enfant, en tête à tête. Même si il est précisé que l’on doit signifier à l’enfant qu’il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises réponses, celui-ci se déroule quand même dans un climat plutôt formel, avec le stress que cela implique.
Vous pouvez retrouver l’intégralité du questionnaire en cliquant
ICI, mais je vous livre déjà quelques questions, comme ça, juste pour que vous vous fassiez une idée…
Première question : Tu es un garçon ou une fille ?
Deuxième et troisième question :
Ta mère ou ton père son nés en France ?
Quatrième question :
Quelle langue parles-tu à la maison ?
Cinquième question :
Quel âge as-tu ?
Vous noterez que l’on rentre dans le vif du sujet dès que le sexe de l’enfant est identifié. Cash, le questionnaire s’intéresse de près au cercle privé de l’enfant.
Puis arrivent les questions laissant une part d’interprétation plus large… Je rappelle quand même qu’il s’agit de minots de 10 ou 11 ans à qui l’on demande une appréciation sur leur propre comportement.
En voici une qui me parait significative, intitulée « Ce que je pense de ce que je fais en classe ». Parmi les réponses proposées, on peut trouver :
-En classe, je travaille parce que j’aurai honte de moi si je ne travaillais pas.
-J’essaye de répondre aux questions de l’enseignant(e) parce que j’ai honte de moi quand je n’essaie pas.
-J’essaie de répondre aux questions posées parce que c’est agréable de répondre aux questions.
(Celle-là elle est gratinée…)
Et allez, pour finir :
Je dirais que la réputation de mon école est : Très mauvaise, mauvaise, assez bonne, bonne ou très bonne.

Je ne sais pas ce que vous allez en penser, mais moi ce genre de questionnaire me débècte.
Tout d’abord, parce que l’école ne doit pas se mêler de la vie privée des élèves. Ce genre de données statistiques est pour moi inutile et représente une atteinte flagrante aux libertés individuelles. Il ne manquerait plus qu’il demande carrément à l’enfant si son père ou sa mère a sa carte de séjour !
De plus, je ne suis pas certain qu’un enfant de 10 ans soit capable de répondre aux questions concernant sa situation dans le système éducatif. Cela demanderait quelques éclaircissements (C’est à toi qu’je cause Cazo !).
Alors pour être complet je me dois de vous dire que la partie 4 a été finalement retirée in extremis par le ministère, via un mail en date du 22 mai. De même un autre questionnaire destiné lui aux parents d’élèves de 6ème, comportant dix-huit pages de questions relatives à la nationalité, la langue parlée, les revenus, etc., a dû être retiré en catastrophe (Voir à la fin du questionnaire de CM2).
Il n’est pas présomptueux de croire que le gouvernement persiste dans sa politique de contrôle des personnes. Cela fait maintenant un an que la Cnil est obligée d’intervenir dans des tentatives plus ou moins discrètes de fichage (voir cet
article de Libé). Mais à chaque fois, ce genre de questions odieuses se retrouvent sur des formulaires ou des questionnaires transmis via nos enfants. Quand il ne s’agit pas, comme ici, de questionner directement l’enfant sur sa famille… Une dernière précision. Le remplissage du questionnaire destiné aux parents d’élèves de 6ème était obligatoire… Sous peine d’une amende de 300€ !

Heureusement qu’il y a encore des enseignants vigilants, sinon cela ferait bien longtemps que nous serions tous fichés !
Mais peut-être le sommes-nous déjà ?

mercredi 14 mai 2008

Délit d’opinion

C’est peut-être nouveau pour vous, mais je vous annonce qu’en France, le délit d’opinion ça existe encore.
Ce matin alors que je surfais sur les différents sites d’info pour glaner quelques nouvelles fraiches relatives à mon article précédent, je suis tombé sur quelque-chose d’assez inquiétant.
Il s’agit d’un article parut dans Libé Lyon en date du 13 mai vers 17H00, qui relate l’action pour le moins liberticide de policiers en civil.
Les faits sont les suivants. Lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Vienne (38) pour participer à une table ronde sur la modernisation de l’économie, des militants avaient prévu de se faire remarquer aux abords du lieu de réunion, histoire de faire valoir leur droit constitutionnel à manifester. La LCR était là, ainsi que des militants PS et PC.
La police s’est alors mise à fouiller systématiquement tous les militants et à confisquer les tracts, autocollants et autres journaux ! Mieux, certains militants qui refusaient de donner leurs tracts se sont vus menottés et embarqués par les forces de l’ordre qui, je le rappelle, étaient en civil.
La réflexion que m’impose la lecture de cet article est la suivante. Déjà, lors du parcours de la flamme olympique du 7 avril dernier, nous avons pu assister à des confiscations de drapeaux tibétains. Ce qui me semble être un abus de pouvoir manifeste. Mais là, il s’agit carrément de la remise en cause de la liberté d’expression.
La Présidence de Nicolas Sarkozy est en train tourner à la dictature. Celui-ci, non content de devoir supporter critiques sur critiques, prend donc les devants en neutralisant le citoyen qui fait mine de vouloir émettre une opinion contraire à la sienne.
France, tu n’a jamais aussi mal portée ta devise. Celle-ci commence pourtant par ce mot : LIBERTE !

Pour voir l’article et les photos cliquez
ici.

samedi 5 avril 2008

Nuisibles

Dans la série : On ne sait plus quoi inventer, voici le Mosquito ! Vous allez voir, dans le genre débile et discriminatoire, y’a pas mieux !
Quoi t’est-ce donc que le Mosquito ?
Il s’agit d’un répulsif anti-jeune, rien de moins. Le dispositif étant constitué d’un haut-parleur qui diffuse un son audible uniquement par les personnes de moins de 18 ans. Ledit son, poussé à fond via un hautparleur étant sensé empêcher les attroupements de jeunes dans des lieux où leur présence n’est pas souhaitée.
Plus facho comme procédé, j’ai du mal à imaginer…
Je connaissais les répulsifs anti-chiens, anti-pucerons, et même les répulsifs anti-SDF sensés vous débarrasser des sales parasites qui encombrent votre bout de trottoir préféré… Mais là, on atteint des sommets dans la folie du tout-sécuritaire.
L’expérience s’étant révélée concluante en Angleterre, on ne devrait pas tarder à voir débarquer cette minable invention en France. Si vous repérez ce genre de dispositif, contactez-moi, je vous indiquerais comment s’en débarrasser à moindre frais.
Pour tester votre audition et accessoirement votre âge, cliquer sur le lien qui suit:
http://www.trianglerouge.be/mosquito/signature.php?lang=fr