Bon, c’est l’été, il fait chaud et beau et la plupart des gens ont autre chose en tête que les vicissitudes de la vie quotidienne avec son cortège de petits tracas et de vilénies.
C’est normal, ça sert à ça l’été. Ça doit avoir un rapport avec la température et la durée d’ensoleillement, un truc comme ça... On s’aère les neurones pour être sûr de pouvoir supporter le reste de l’année sans péter un plomb.
Mais si cette nécessaire décompression est utile quelque part, elle ne doit pas nous faire oublier dans quel monde et dans quel pays nous vivons.
Parce que pour info, ces grands malades qui nous gouvernent, eux n’oublient pas. Et d’ailleurs j’ajouterais qu’ils comptent justement sur le relâchement estival pour nous le mettre encore plus profond qu’il ne nous est coutumier de supporter.
Aussi, et parce qu’un commentaire un peu angélique sur les gardes à vue m’en a donné l’idée, permettez-moi de faire une petite piqure de rappel.
Juste comme ça, en passant...
Donc, à réécouter dans l’ordre et sans modération ces deux émissions de Là-bas si j’y suis qui nous relatent la réalité des choses et l’immense atteinte aux libertés, permanente, qu’est la garde à vue, aujourd’hui en France.
Oh putain la boulette ! La grosse, grosse, grosse boulette de chez boulette !
Hier au soir, comme des millions de français, j’ai pu apprécier les jolies images en couleur sur lesquelles ont voyait cinq jeunes gens faire le poireau à l’entrée d’un supermarché. La voix-off nous déclarait sans ambages qu’il s’agissait là du « commando terroriste » d’ETA responsable de la mort d’un policier à Dammarie-les-Lys. Celui-là même qui avait provoqué la bouffée délirante de notre Président Glorieusement Elu dont nous parlions hier.
Cette petite voix-off nous précisait même à la fin que les images étaient fournies par la SDAT (Sous-Direction AntiTerroriste) et diffusée en accord avec icelle. Genre appel à témoin, « Amber alert ! », tout le monde sur le pont et retrouvez-moi ces salopards !
Sauf que, pas de bol, les cinq types que l’on voit sur la vidéo ne sont en fait que de gentils pompiers catalans venus passer quelques jours de vacance en France…
Merde alors ! Si ça ce n’est pas ce que l’on appelle une boulette !
Imaginez un peu… Vous êtes là, tranquille à regarder la télé française parce que vous aimez bien la France et que vous maitrisez la langue. Et tout à coup, vous apercevez la tronche de votre mari, ou celle de votre frère sur l’écran ! En plus, vous entendez avec vos oreilles que celui-ci est désigné à la vindicte populaire comme étant un dangereux criminel tueur de flic…
Ça fait froid dans le dos…
Du coup, bien sûr, vous remuez ciel et terre pour alerter qui de droit afin qu’il rectifie au plus vite la boulette… En même temps j’imagine que vous prévenez aussi le mari ou le frère pour lui dire de se planquer, le temps que la rectification soit faite ! C’est qu’ils seraient capables de tirer à vue ces cons !
Bref, il aura fallu la nuit pour innocenter ces cinq pauvres pimpons.
Dites-moi, la SDAT… Ce n’est pas ceux qui avaient déjà jeté l’opprobre sur les sympathiques épiciers de Tarnac ? Il me semble bien…
En fait les superflics de MAM m’ont bien l’air d’être de grosses brelles.
Tout à l’heure j’étais en train de réécouter notre cher Président élu s’exprimer à la suite du décès de ce policier à Dammarie-les-Lys, et réclamer que l’on applique la sentence maximale aux meurtriers d’un membre des forces de l’ordre, soit 30 ans…
Quand soudain, la boulette.
Je ne sais pas ce qui m’a pris. Une faute d’inattention sans doute, ou encore une bouffée aussi délirante que subite, mais le fait est qu’à ma grande honte je n’ai pu me contrôler… C’est sorti comme ça, de nulle part… Je me suis posé une question.
Oui je sais, tout de suite vous vous dites que le Gwen a forcément des circonstances atténuantes pour se risquer à de telles extrémités. Des soucis sentimentaux, des factures en suspens… Que sais-je. Se poser des questions par les temps qui courent c’est dangereux, c’est un acte d’une résistance inouïe qui comporte des risques énormes !
Mais bon, le fait est que bang, splash, boum, à un moment j’écoutais le Président, et au moment d’après j’entendais dans ma tête : « Et pourquoi ? »
Tout ému par la soudaineté du truc, j’ai marqué une pause… Puis, peu à peu, un raisonnement d’une folle témérité s’est fait jour dans les limbes obscures de mon cerveau.
Un raisonnement, vous vous rendez-compte ? Le truc qui commence avec un début, se poursuit avec un milieu et se termine par une fin en forme de conclusion ! Un truc de ouf je vous dis !
Bon ok, assez déconner, je vais vous raconter ce qu’il m’est passé par la tête, et à la fin vous me direz si je suis bon à enfermer… ou pas.
Donc voilà, j’étais là, tranquille, à me dire que décidément Démago-Joe n’avait peur de rien en utilisant une fois encore la ruse éculée qui consiste à sauter sur le premier fait-divers qui passe pour racoler comme une chaudasse sur la Promenade des Anglais, lorsque soudain je l’ai entendu dire qu’il exigeait la peine maximal pour les meurtriers de policiers et de gendarmes… Dans sa bouche cela résonnait comme si la condition policière était comment dire… Une circonstance aggravante. Oui, c’est ça, comme si le fait de tuer un flic rendait le crime encore plus odieux que si c’était l’épicier du coin.
C’est alors que l’incohérence de la situation m’est apparue comme l’archange à la vierge. Si je ne m’abuse (et je ne m’abuse pas parce que j’ai vérifié), un meurtre c’est quand on prend la vie de quelqu’un ok ?
Et la gravité de ce meurtre peut aller de la légitime défense (genre, c’est lui qui a commencé m’sieur !) juqu’au meurtre d'enfants de moins de 15 ans accompagnés ou suivis de viols, torture, et barbarie.
Dans le premier cas, on ira même jusqu’à pardonné celui qui a tué, et dans le second on lui appliquera la peine la plus lourde qui soit. A savoir la réclusion à perpétuité assortie d’une peine de sureté de trente ans.
Donc, si je ne déconne pas, il me semble que l’on peut dire que les peines sont proportionnelles à la gravité des faits. En tous cas, c’est comme ça qu’elles doivent l’être. Il y a une logique dans tout ça. Plus vous vous en prenez à une personne faible et sans défense, plus le crime est considéré comme grave et la peine est lourde.
Jusque là vous me suivez ?
La où je trouve qu’il y a comme une couille dan le potage, c’est que le Petit Nicolas voudrait élever le meurtre d'un représentant des forces de l'ordre au même niveau de gravité que l’infanticide perpétué par un sadique pervers… Alors que si je ne m’abuse (j’ai vérifié aussi), les policiers et les gendarmes sont loin d’être des petits êtres fragiles et sans défense !
La plupart du temps, c’est bien un Sig-Sauer qui pend à leur hanche, et pas un doudou !
Donc, si l’on voulait respecter un tant soit peu la logique judiciaire (et la logique tout court) le meurtre d’un flic entrainé à se défendre devrait être moins grave que le meurtre d’un épicier trentenaire. Et à fortiori d’une gamine à peine nubile…
C’est bon, vous me suivez toujours ?
On peut donc dire que la mort d’un flic ne respecte pas la logique judiciaire… C’est quelque chose de différent qui doit être jugé selon des critères différents, et ceux-ci ne sont ni moraux, ni logiques.
Alors quels sont-ils ? Hein, à votre avis ?
Et bien oui, ça me semble évident, le meurtre d’un policier ou d’un gendarme est jugé de manière politique. Tuer un flic, même s’il n’est pas dans l’exercice de ses fonctions, se révèle être encore plus grave que buter un épicier car à l’acte lui-même s’ajoute la circonstance aggravante qu’apporte le jugement politique. C’est dingue non ?
D’ailleurs, si l’on veut continuer ce raisonnement, on peu aller vachement loin… Si s’en prendre à une autorité est jugé comme un crime politique, c’est donc que c’est un acte politique…
D’ailleurs, notre Président élu ne s’y est pas trompé, car après avoir annoncé son intention de porter le meurtre de flics au rang du crime-le-plus-odieux-qu’on-puisse-commettre, il a déclaré vouloir rendre systématique le dépôt de plainte au moindre manque de respect envers un fonctionnaire de police… Le délit d’outrage à donc encore de beau jour devant lui.
Donc, en conclusion, tuer un flic est crime politique. Insulter, résister ou vouloir simplement contester un flic, est un délit politique.
Putain… Je savais bien qu’il ne fallait pas que je me pose se genre de question… Vous voyez bien où ça nous mène !
Si ça continu, je ne vais pas tarder à me dire que la France n’est qu’une dictature, que la répression policière est la même qu’en Chine…
Déjà que je suis gauchiste, il manquerait plus que je finisse anarchiste !
Mise à jour le 20 mars 2010 à 04H25. Même Sarkofrance pense comme moi !
Je ne sais pas comment le dire autrement : J’ai honte.
Je me rends compte que je vis dans un pays où l’on est capable d’envoyer deux bagnoles de flics pour se saisir de deux gamins de six et dix ans. Un pays où sur un simple soupçon de vol de vélo, on envoie six sbires en uniforme pour arrêter des enfants au sortir de leur école. J’ai honte.
Je me fous de savoir s’ils les ont volés leurs vélos, ces gosses. Ce n’est pas ça l’important. L’important c’est le peu de cas que la police se croit devoir faire de nos libertés.
Alors on s’indigne et on hurle. Même les suppôts supporters de celui par qui tout cela devient maintenant possible se sentent obligé de demander des comptes… Les grands manitous de la répression s’étonnent que l’on s’étonne… Les quelques voix syndicales encore autorisées à s’exprimer au sein de la police fustigent la culture du résultat…
Je me fous de ces vaines justifications ! Les faits sont là : En France on arrête des enfants dans la rue sur un simple soupçon ! On les interroge pendant deux heures sans la présence de leurs parents ! Sans une quelconque protection ! Et que l’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une regrettable erreur ! D’un excès de zèle somme toute compréhensible !
Moi je dis que c’est un symptôme. Un de plus. Un exemple frappant de ce que mon pays est en train de devenir… Et c’est pourquoi aujourd’hui j’ai honte. Honte d’être français. J’ai honte et j’enrage de me sentir si impuissant face à ce que ce gouvernement est en train de faire…
Bordel de Dieu, y’a des matins comme ça ou j’aimerais bien me réveiller ailleurs…
Bon. Je sais ce que vous allez me dire: Qu’est-ce que t’as foutu ?!? T’as vu l’heure ? C’est une heure pour publier ton analyse des vœux Sarkoziens ? Non mais ! Baste ! C’est pas ma faute ! Ce matin j’étais tout disposé à me mettre au boulot pour vous dire ce que je pensais des vœux aux « acteurs de la sécurité »… Oui, mais voilà : Je ne pouvais pas. Pourquoi ? Et bien parce que tout simplement il n’y avait rien sur le web pour me relater ce qui c’est passé hier à Orléans. Quedalle. Peau-de-zob. Pas la queue d’une info. Pas la moindre vidéo. Le désert. Même le (désormais très connu de moi) site de l’Elysée, ne me proposait rien sur l’événement ! Bon ok. J’exagère un peu… J’ai réussi à mettre la main sur une dépêche de l’agence Reuters, et sur un article du libéorléans.fr… Mais bon, c’est tellement connoté comme compte-rendu, qu’on s’aperçoit tout de suite que ça a été écrit par un gauchiste aigri et revanchard. Je m’en voudrais de ne baser mon analyse uniquement sur l’avis partial d’un pigiste trotskiste. Vous me connaissez : je ne mange pas de ce pain là ! Non, moi ce qu’il me faut pour bosser, c’est le texte intégral. A défaut de le voir gesticuler, le Sarko, j’ai besoin, a minima, de lire sa prose (ou celle d’un affidé, c’est idem), pour me faire un avis honnête et impartial… Bref, j’étais bien embêté. Ce n’est que vers midi que les petites mains aussi habiles qu’élyséennes ont enfin mis en ligne les propos de notre nano-président… Moi, à c’t’heure, il faut bien que je me nourrisse. Ensuite, faut que je fasse mon dodo… Aussi, voilà pourquoi je ne m’y suis mis que tard dans l’après-midi… C’est bon ? Je suis pardonné ? Merci.
Alors donc, je m’y mets : Hier, Monsieur le président de la République Française s’est rendu en la bonne ville d’Orléans pour y présenter ses vœux aux acteurs de la sécurité. Les acteurs de la sécurité ne sont pas, comme on pourrait légitimement le supposer, issus d’un club hollywoodien de gros bras au service du Bien… Non, il s’agit plutôt de ce que la France compte de policiers, gendarmes, matons et autres pompiers. Bref, tout ce qui porte un uniforme avec des choses qui brillent dessus. Vous vous doutez bien que le petit Nicolas était tout à son aise devant ce parterre de képis en tout genre. (Papa est revenu nous voir ! Chouette !) En fait j’ai eu l’impression de voir un ministre de l’intérieur chargé de faire son bilan… Et ce fut le cas, parce que pendant un bout de temps, la moitié du discours en fait, il s’est gargarisé de tout ce qui avait été fait depuis sept ans. Pour sûr, on en a entendu des chiffres ! Des pourcentages en veux-tu en voilà, que je ne contredirais pas, parce que je n’en ai ni l’envie nie le temps. Mais bon, il était content de lui le Président ! Puis, après un parallèle plus que douteux entre les droits de l’homme et la création des fichiers en tous genres, notre PGE a commencé à développer son sujet principal : La victimisation. Ah non, pardon ! C’est pas ça… Il a dit « les victimes », « il faut penser aux victimes », « le droit des victimes… ». Voilà, c’est ça qu’il a dit. Il a dit que les victimes passaient avant tout le monde et que la mise en prison des coupables pour satisfaire les victimes, étaient ce qui comptait le plus… Moi qui croyais que la justice se rendait au nom de la société toute entière, je vais devoir revoir mes principes de bases…
Alors qu’il planait avec grâce sur son petit nuage cumulo-démago tout rose, il n’eut même pas besoin de transition pour arriver au sujet suivant ! (Il est fort quand même…) : La culture du résultat.Les résultats qui doivent être récompensés et les absences de résultats qui doivent être sanctionnées. Brrr ! Attention messieurs ! Le président il en a déjà viré quelques-uns, et il va continuer ! Si vous continuez à organiser des matchs de foot, ça va chauffer pour votre matricule ! Donc, du résultat, du résultat, encore du résultat. Comme ça, l’année prochaine, il aura encore son petit nuage rose !
Ensuite, Le chef de l’état, qui est donc aussi le chef de la police par voie de conséquence (normal pour un état policier), a fixé l’objectif pour 2009. Je dis bien l’objectif, parce qu’il y en n’a qu’un seul. Un seul, mais d’importance : Les violences urbaines. Violences urbaines, pour Sarko, ça veut dire beaucoup de chose. Ca comprend les violences en bandes, comprenez la racaille qui se défoule, l’extrémisme politique et les émeutes… Il faut à tout prix que la police pratique avec zèle la « tolérance zéro » ! Donc, avis aux manifestants de tous poils, aux mécontents grincheux, aux syndicalistes psychopathes, les autorités sont prévenues que cette année vous avez plus ou moins prévu d’ouvrir la bouche ! Elles seront prêtes les autorités ! Elles vous attendront ! Et si par malheur il y a dans le lot des éléments étrangers, je veux dire pas français, qui comptent attiser les tensions intra-communautaires (sic), ils trouveront sur leur chemin les sauveurs de la république, Une et Indivisible ! De même, accessoirement, un vol charter…
En clair, ce qui se passe à Gaza, reste à Gaza.
Enfin, Sarkozy en profite également pour distribuer des rallonges budgétaires : 80 millions pour les prisons, 100 millions à partager en part égale entre la police et la gendarmerie pour acheter des bagnoles, et… C’est tout. C’est à ce moment que vous vous dites, parce que vous êtes un lectorat attentif, et les pompiers ? Ils sont où les pompiers ? Pourquoi y z’ont pas de sous les pompiers ? D’ailleurs pourquoi, le nain il a pas parlé des pompiers ? Et c’est vrai que les pompiers sont les grands absents de ce discours. Pour être tout à fait franc avec vous, il en a parlé… Trente secondes et demi. C’était pour dire qu’il fallait qu’ils intensifient le recrutement de pompiers volontaires, et que pour cela il fallait envisager de leur filer des points retraites supplémentaires…
Des pompiers gratos, donc, mais pas un sou de plus et surtout on ne parle pas de la requalification de leur métier en métier à risque… Non, surtout pas. En bas de mon boulevard il y a une caserne de pompiers… Ceux-ci crient leur désespoir depuis des mois en bariolant leurs beaux camions rouges de slogans. Ca fait des mois, des années que ça dure. Ils réclament des moyens pour effectuer leur mission. Ils réclament de la considération… Et le président les considère pendant trente secondes et demi, sans leur donner un centime…
Voilà ! Je crois que je n’ai rien oublié… Enfin, j’veux dire que j’ai probablement omis certaines choses, mais en gros c’est ce que j’ai retenu des vœux « aux acteurs de la sécurité ». On se fait un petit résumé pour récapituler tout ça ?
Donc, on résume : Sarkozy c’est le meilleur. C’est pas parce qu’il est devenu le chef de tous les français, qu’il n’en est pas moins toujours le chef de tous ceux qui portent un uniforme avec des choses qui brillent dessus… Sauf ceux qui ont des bandes rouges sur le côté du pantalon, bien entendu. Il est content de lui, et il est content de ses troupes. Et cette année, c’est top-priorité à ce qui fait pleurer la ménagère. Les victimes passent avant les erreurs judiciaires et les bavures. Et c’est tolérance zéro pour ceux qui auront l’idée saugrenue de vouloir sortir du rang en voulant contester les réformes !
Ce matin, j’avais décidé de vous faire partager mes impressions sur la manif de RSF prévue hier après-midi. Interdite, puis autorisée, pour être finalement empêchée par la police… J’étais assez remonté, limite énervé. Mes doigts tremblotaient déjà d’excitation et mon cerveau avait emmagasiné suffisamment de petites remarques acerbes et revendicatrices pendant la nuit pour pouvoir étaler tout ça à vos pieds… Donc ce matin, après avoir relevé mes commentaires blogesques, je décide d’effectuer un tour des sites journalistiques pour récupérer des infos fraiches. Et là, c’est la consternation : Rien ! Rien sur cette manifestation, rien sur l’action de la police, rien… Le Figaro et le Monde n’en parlent pas. Libération se fend d’un mini article dans la rubrique sport. Le Parisien, pas un mot. 20Minutes.fr, silence radio. Metro, trois fois rien. L’Humanité, quedalle… Je suis d’abord étonné, puis peu à peu, au fur et à mesure que je fouille les sites, ma tension monte, mon pouls s’accélère et j’enrage de plus en plus. Pour trouver des informations sur les événements, je me rabats sur les chaînes info, I-Télé et BFM.TV. L’Express, le Nouvel Observateur et Le Point.fr sont les seuls sites où je peux trouver quelque chose à me mettre sous la dent… Alors mes amis, puisque vous n’êtes pas près d’en savoir plus sur ce qui s’est passé à Paris dans l’après-midi d’hier, je vais remplacer ces médiats défaillants et vous conter l’ignominie de notre état policier. Pendant la durée des Jeux Olympiques, Reporter Sans Frontière ne baisse pas les bras et continu son combat. Pour preuve, déjà dans la matinée (heure de Pékin), l’association avait réussi a pirater une bande FM pour diffuser pendant une vingtaine de minutes, un message d’information en anglais et en mandarin dénonçant le contrôle des médias, la censure et les innombrables prisonniers politiques. Joli coup, surtout quand on pense que cela a été fait avec des émetteurs miniatures et des cannes de marche en guise d’antennes ! La portée de cette action est probablement extrêmement limitée mais elle aura eut le mérite d’être la première émission de radio libre sur le sol chinois depuis 1949. C’est déjà ça. En France, RSF avait prévu, juste avant la cérémonie d’ouverture des Jeux, une manifestation devant l’ambassade de Chine et mobilisé quelques 300 personnes. Comme je l’annonçais hier dans mes brèves (Oui, la colonne de droite, j’appelle ça mes brèves !) la préfecture de police avait interdit cette manifestation. Contrairement à d’autres villes dans le monde où le même type de défilé avait été autorisé, la France se distinguait encore une fois en jouant le jeu de la dictature chinoise. Appliquant les mêmes méthodes, la préfecture privait pour la première fois, l’association de son droit élémentaire de manifester. Qu’à cela ne tienne, RSF décide alors de se rabattre sur un autre lieu devenu hautement symbolique de la Présidence bling-bling : Le restaurant le Fouquet’s sur les Champs-Elysées. En même temps, RSF introduisait un recours devant le tribunal administratif pour voir se levé l’interdiction qui, en l’espèce, n’avait pas lieu d’être. Alors que les manifestants s’étaient déjà rassemblés devant le restaurant, la nouvelle tombe. Le tribunal a rendu son jugement et lève l’interdiction. Tout à sa joie, le défilé se dirige donc vers l’ambassade de Chine, rejoint par une autre manif pro-tibétaine, en descendant (Ou, en la remontant, je sais pas comment vous dites les parigots !) l’avenue Georges V. Surprise ! La soldatesque est là, barrant le passage, faisant fi de la décision de justice. Rien n’y fera, ni les demandes répétées par haut-parleur ni les tentatives de contournement du dispositif policier. L’ambassade de Chine reste inaccessible, et elle le restera jusqu’à la fin de la manifestation. Alors, que peu-on dire de tout ça. Outre le fait que la justice a peut-être encore quelque indépendance dans notre pays, il est flagrant que la police reste aux ordres de l’Elysée. Quoiqu’il puisse se passer le Président Sarkozy ne veut en aucun cas froisser ses hôtes et il le clame haut et fort : « On ne boycotte pas un quart de l’humanité » a-t-il dit. Sauf qu’il ne s’agit pas de ça. Il s’agit plutôt de mettre au ban de cette humanité, un régime dictatorial et liberticide, et de dénoncer une connivence économique hypocrite. Mais ça, il n’y capte rien notre petit dictateur français. Il a certainement dû s’extasier devant le spectacle de la cérémonie d’ouverture, glorifiant le bel ensemble des figurants/militaires. Louant l’image faussée d’un pays qui vit sous le joug. Il faut espérer qu’il n’en retirera pas la lubie de vouloir nous imposer ce genre de démonstration de propagande ! Car il ne faut pas se tromper. Les jeux olympiques sont pour la Chine une occasion unique de communiquer. Une double communication d’ailleurs. Premièrement, il s’agit de montrer à la face du monde que la Chine est toute puissante, conquérante, incontournable pour les années à venir. Deuxièmement, le message s’adresse aux chinois eux-mêmes. Depuis l’abandon tacite de l’idéologie marxiste-léniniste au profit d’un libéralisme débridé, la Chine se doit de trouver un nouveau leitmotiv pour contrôler ses masses populaire. Pour ce faire le gouvernement a choisit la voie du nationalisme exacerbé et nauséabond. Un peu comme la Russie d’ailleurs. Et comme la plupart du temps, ça marche. Pour revenir sur le traitement médiatique navrant des événements d’hier, il est à noter une chose encore plus navrante. Si on lit attentivement les commentaires qui suivent le peu d’articles consacrés au sujet, on remarque un désintérêt croissant pour la cause des libertés individuelles. Ca et là, se ne sont que critiques sur la gesticulation de Robert Ménard, sur l’inutilité d’une telle lutte. Cela me désespère un peu de notre capacité à nous révolter et me rend inquiet pour notre avenir. Si nous commençons à tolérer les initiatives fascistes de la police, si nous acceptons que notre gouvernement soit complice d’une mascarade propagandiste, notre pays est foutu et court droit dans le mur. En tout cas, ce n’est pas comme ça que, moi, j’envisage l’avenir de mon pays.
Ces temps-ci, ce ne sont pas les sujets d’articles qui manquent, et pourtant, bizarrement, j’ai du mal à trouver l’inspiration, qu’au début de ce blog, je voulais quotidienne. Mais là, je suis tombé sur un sujet de fond assez intéressant. Il s’agit d’un article paru sur Rue89 et qui traite du délit d’outrage. Je me suis dit que cela pouvais vous intéresser… Alors voilà. Le délit d’outrage à agent ou à représentant de l’état est définit comme suit dans le code pénal par l’article 433-5 (source Légifrance): "Constituent un outrage puni de 7500 euros d'amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l'envoi d'objets quelconques adressés à une personne chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie. Lorsqu'il est adressé à une personne dépositaire de l'autorité publique, l'outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. Lorsqu'il est commis en réunion, l'outrage prévu au premier alinéa est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende, et l'outrage prévu au deuxième alinéa est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.". Le problème avec cet article du code, c’est que celui-ci est de plus en plus employé par les forces de l’ordre, et les représentants de l’Etat en général, pour s’emparer de personnes et les trainer devant les tribunaux. A l’image des deux ou trois histoires racontées dans l’article, on peu ainsi se retrouver sur la sellette pour avoir proférer une insulte… Ou du moins ce que le plaignant considère comme une insulte. Ainsi, si j’écris sur mon blog que je pense que Nicolas Sarkozy est un facho, je suis passible de 7500€ d’amende et de six mois de taules… En l’espèce, le nain pourrait très bien considérer que mes propos sont une insulte. Libre à lui. De mon côté, je pourrais arguer qu’il s’agit plutôt d’un adjectif qualificatif à caractère descriptif, basé sur une analyse personnelle et néanmoins complète de l’ensemble de son activité politique… Question de point de vue. On en vient donc à vouloir juger les personnes sur leurs opinions et sur l’émission de ces opinions. Je conçois cependant que l’on doive empêcher certains propos à caractères racistes ou xénophobes, car ceux-ci vont à l’encontre de la conception que nous nous faisons de notre société républicaine. Mais delà à étendre ce raisonnement à l’ensemble des critiques que l’on peut proférer sur une personne ou un groupe de personnes il y a un pas, un peu trop vite franchi à mon goût. Dans le même genre de débilité il y a aussi l’article 433-10. Celui-ci sert par exemple de prétexte à l’arrachage de banderoles et autres calicots lors de manifestations populaires. Nous avons tous pu voir la police française retirer des drapeaux tibétains lors du parcours de la flamme olympique ? Et bien, c’est une application de 433-10. De même la confiscation de tracts LCR lors de la visite de notre Glorieux Président Elu à Vienne (voir l’article Délit d’opinion). Alors peut-on parler de dérive sécuritaire ? Je le crois. Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour ma part, je tiens à m’excuser à l’avance si ce blog s’arrête sans prévenir… C’est qu’une âme bien intentionnée aura signalé mes digressions verbales aux autorités et que j’aurais été emprisonné faute de pouvoir payer mon amende ! C’est ça aussi la baisse du pouvoir d’achat !
C’est peut-être nouveau pour vous, mais je vous annonce qu’en France, le délit d’opinion ça existe encore. Ce matin alors que je surfais sur les différents sites d’info pour glaner quelques nouvelles fraiches relatives à mon article précédent, je suis tombé sur quelque-chose d’assez inquiétant. Il s’agit d’un article parut dans Libé Lyon en date du 13 mai vers 17H00, qui relate l’action pour le moins liberticide de policiers en civil. Les faits sont les suivants. Lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Vienne (38) pour participer à une table ronde sur la modernisation de l’économie, des militants avaient prévu de se faire remarquer aux abords du lieu de réunion, histoire de faire valoir leur droit constitutionnel à manifester. La LCR était là, ainsi que des militants PS et PC. La police s’est alors mise à fouiller systématiquement tous les militants et à confisquer les tracts, autocollants et autres journaux ! Mieux, certains militants qui refusaient de donner leurs tracts se sont vus menottés et embarqués par les forces de l’ordre qui, je le rappelle, étaient en civil. La réflexion que m’impose la lecture de cet article est la suivante. Déjà, lors du parcours de la flamme olympique du 7 avril dernier, nous avons pu assister à des confiscations de drapeaux tibétains. Ce qui me semble être un abus de pouvoir manifeste. Mais là, il s’agit carrément de la remise en cause de la liberté d’expression. La Présidence de Nicolas Sarkozy est en train tourner à la dictature. Celui-ci, non content de devoir supporter critiques sur critiques, prend donc les devants en neutralisant le citoyen qui fait mine de vouloir émettre une opinion contraire à la sienne. France, tu n’a jamais aussi mal portée ta devise. Celle-ci commence pourtant par ce mot : LIBERTE !