Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


vendredi 6 février 2009

Merci et bravo !

Bonjour à vous !
Alors, comment ça va ce matin ? Vous vous sentez rassurés ? Notre Glorieux président Élu a-t-il répondu à vos questions ? Vous êtes prêt à mettre vos récriminations corporatistes en sourdine et à vous relever les manches pour bosser, bande de gauchistes ?
C’est vrai quoi ! Vous les avez vos réponses maintenant ! Le président est à la barre, c’est lui qui mène le cap, et il nous ramènera sain et sauf aux rivages accueillants de la croissance. Moi qui suis marin, je peux vous dire que la métaphore est suffisamment explicite… Lorsque le bateau France traverse la tempête, il est rassurant de savoir que le capitaine est à la barre et qu’il sait ce qu’il fait !

Alors, je sais que dans vos esprits pervertis par le trotskisme-léninisme vous allez me dire que vous n’êtes pas convaincu par la prestation d’hier au soir… Pourtant, gens de peu de foi, je peux vous affirmer que notre Président a été grandiose ! Phénoménal !
D’ailleurs, il vous suffit de constater la maestria avec laquelle il a su mener les débats lors de cette interview. Un vrai cas d’école, une démonstration magistrale dans la façon de gérer les compétences de chaque journaliste. En les choisissant tout d’abord, de façon à ce qu’ils ne parasitent pas le message présidentiel par des questions perfides. En excluant d’emblée les journaleux rouges, le Président a pu se montrer efficace dans son propos sans avoir à perdre son temps en justifications stériles… Et ça, mes amis, c’est tant mieux pour la clarté du message, et c’est tant mieux pour la France.
Ensuite, en choisissant lui-même les questions qui intéressent en premier lieux les français. Les français ont peur, et il ne sert à rien de perdre du temps en abordant d’autres sujets que ceux qui les concernent directement. A sa manière, franche et directe, Nicolas Sarkozy a pu donc aller directement au cœur des préoccupations des français.

C’est donc dans un environnement propice que le Président a pu répondre aux quelques manifestants qui défilèrent dans les rues la semaine dernière. Répondre, mais également se montrer ferme, et c’est ce que nous attendons tous d’un Chef de l’Etat.
Contrairement à ce que réclament ces militants surpolitisés et noyauté par l’ultragauche, Nicolas Sarkozy n’a pas l’intention de céder un pouce de terrain devant les menaces. Il est hors de question que l’on dilapide l’argent public en faisant des aumônes aux classes les plus basses. D’une part, ce ne serait pas leur rendre service, car on sait très bien que la première chose qu’ils feront avec cet argent, s’est le dilapider en futiles dépenses. Alors qu’il est bien plus profitable pour la nation de soulager les entreprises prisent à la gorge par une fiscalité déplorable, héritée de la gauche. Aussi, la suppression de la taxe professionnelle est une formidable avancée dans le domaine du développement économique. La droite réclamait depuis des décennies que l’on supprime cette taxe injuste, et la crise nous offre l’occasion d’en finir avec cet archaïsme d’un autre âge. En soulageant les patrons, nous pourrons ainsi faciliter le développement des entreprises et éviter les délocalisations…
Alors, ben sûr, les édiles de gauche n’ont pas tardé à hurler au manque à gagner… C’est bien caractéristique des gens de gauche ça ! Rappelons simplement que cette manne financière, ponctionnée sur le dos de nos patrons, sert surtout à payer des gens à ne rien faire et à financer des actions dites sociales… Alors que cet argent serait bien plus utile dans le portefeuille des actionnaires laminés par la crise et qui sont, tout le monde le sait, les seuls vrais acteurs de l’économie. Au moins, en 2010, ils n’auront plus l’occasion de dilapider les forces vives de notre pays ! Bravo Monsieur le Président !

Ensuite, notre Président, qui pour le coup fait preuve d’une clairvoyance peu commune, à su renvoyer les syndicats à leur propres contradictions et à leurs utopies. Ce ramassis de gauchos qui ne sait faire rien de mieux que contester systématiquement, réclamait des « avancées sociales » ! Et bien, notre Chef leur a demandé de se mettre d’accord pour valider quelques propositions. La manœuvre présidentielle est habile à plus d’un titre : Tout d’abord elle permet au gouvernement de temporiser et de noyer dans l’œuf toutes rébellions.
Ensuite, en demandant aux partenaires sociaux de se mettre d’accord sur l’utilisation future des 1,4 milliards que rapporte l’aide accordée aux banques, le Président peut enfin avoir les coudées franches pour continuer à réformer le pays, pour le bien de tous. Nous savons bien que les partenaires sociaux n’arriveront jamais à se mettre d’accord sur quoi que ce soit, car ils sont inefficaces par nature. Ils vont perdre ainsi leur temps en vaines discussions, se chamailler comme à leur habitude, et au final, c’est au Président et à lui seul qu’il reviendra de trancher. Qui plus est, les hypothèses sur lesquelles ils devront « travailler » ne représentent financièrement qu’une très faible part des recettes de la Nation. Sans réel impact sur l’économie. Il ne manquerait plus qu’on leur demande de dire au gouvernement comment dépenser l’argent des français ! Et puis quoi encore !
Habile stratégie que celle de Nicolas Sarkozy, qui sait en bon Capitaine, donner un boulot factice aux parasites pour ne pas les avoir dans les pattes et agir dans l’intérêt du pays ! D’autant qu’à la fin, le peuple sera bien obligé de reconnaitre l’inefficacité de ces mêmes partenaires et à s’en remettre à celui qui avait tout prévu depuis le début… Non, vraiment, je reste baba devant ce plan, tant il est brillant.

La dernière idée profondément géniale que notre Glorieux Président Brillamment Elu Par le Peuple à eu, est d’ordre plus politique qu’économique… Je dirais même philosophique. En proposant aux entreprise de réfléchir à une plus « juste » répartition des bénéfices d’une société, selon la règle des trois tiers, le Président suggère ainsi que les employés soient intéressés au sort de leur entreprise. Ils auraient ainsi à cœur de travailler plus pour le bien de tous, et moins enclins à faire la grève, à poser des RTT ou à prendre des congés maternités… Là encore, saluons ensemble l’intelligence de la proposition ! En transformant le salarié en petit actionnaires, on règle du coup tous les conflits sociaux et les revendications illusoires ! A long terme bien sûr, cela rentre dans le cadre de la grande mutation souhaitée par les penseurs éclairés du libéralisme économique. A l’issu de cette mutation, nous pourrons enfin vivre dans un pays de propriétaires et d’actionnaires, où chacun fera partie d’un tout harmonieux… Mais bon, il reste quand même énormément de chemin à faire pour arriver à cet idéal, et les obstacles seront nombreux. Les forces rétrogrades, perverties par le marxisme-léninisme, sont encore vivaces dans notre belle France, et la quête du bonheur et de la liberté sera longue… Cependant, après l’intervention du Chef de l’Etat, hier au soir, je suis rassuré car je sais que nous y arriverons ! Encore Bravo Monsieur le Président !

Ah oui ! J’oubliais une chose… Figurez-vous que pendant la nuit, il semblerait que quelqu’un se soit introduit chez moi et m’ait volé mon cerveau… Cela démontre bien que le volet sécurité de la politique de notre Président est justifié mais reste encore à améliorer… Cependant, même si je ne constate pas de réel changement dans ma vie de tous les jours, j’aimerais quand même le récupérer. C’est pas qu’il me soit indispensable, loin de là, je vous l’ai dis, je vis très bien sans, mais j’y suis attaché de façon sentimentale... C’est bête, je sais. Donc, si vous avez des infos sur le sujet, ou que vous le voyez trainer quelque-part, n’hésitez pas à m’en informer.
Merci d’avance, et bonjour chez vous !

mardi 3 février 2009

La bonne paye

Bon, en ce moment c’est pas trop la joie, et j’ai le cerveau aussi sec que le désert de Gobi. Et encore… Imaginez plutôt le désert de Gobi, auquel on aurait soustrait le pourcentage inverse du taux d’humidité de celui du Kalahari. Voilà, vous faites ça et vous serez assez proche du manque d’inspiration qui m’habite en ce moment…
C’est très certainement passager, en tous cas je l’espère. Car je me connais un peu, et je sais que la perte du goût d’écrire, est le symptôme d’une bonnes grosse crise d’angoisse cafardeuse dont j’ai le secret. Mais bon, ça va passer.

Aussi je vais abréger les préliminaires littéraires et passer directement à ce qui m’amène aujourd’hui.

Figurez-vous que je viens d’en apprendre une belle. Un truc tellement dingue que je suis étonné de ne pas en avoir entendu parler plus tôt. C’est notre Bien Aimée Monique qui vient de m’envoyer un mail sur le sujet !
Notre Président à nous, car il s’agit encore et toujours de lui, aurait d’après le Canard Enchaîné du 12 décembre 2007, continué à toucher ses émoluments de ministre de l’Intérieur alors qu’il était devenu Président de la République française… Le temps que l’augmentation de son salaire, décidé par lui seul, soit effective !

Alors si j’ai bien tout compris voilà donc la chronologie des faits :
En mars 2007, Nicolas Sarkozy démissionne de son poste de Ministre des Poulets pour pouvoir faire sa campagne et se présenter aux élections présidentielles… Contre toute attente, il continu pourtant de percevoir son salaire de ministre, soit 11 500 euros net par mois.
Acte deux, le petit Nicolas devient président des Français au mois de mai 2007, avec des émoluments nets de 7500 Euros… Devant le manque à gagner évident, Notre PGE décide alors de conserver son salaire de ministre plutôt que d’accepter celui de président. En parallèle il décide alors de réaligner le salaire du Président sur celui de son Premier Ministre et de l’augmenter de 172%... Passant donc de 7500 Euros à 19 331 Euros !
Les lourdeurs administratives étant ce qu’elles sont, ladite auto-augmentation n‘entra en vigueur que le 1er janvier 2008… Ce jour-là, son salaire d’ex-ministre de l’Intérieur cessa de lui être versé, parce que 19 331 Euros, ça a quand même plus de gueule en bas d’une fiche de paye que 11 500 Euros… Et à fortiori que 7500…

Alors bien sûr, c’était il y a un an et de nombreuses péniches ont passées sous les ponts. La phase Bling-bling est officiellement derrière nous, et notre PGE a depuis endossé d’autres frusques plus amples et plus classes. Président de l’Europe, sauveur du Capitalisme, Grand Réformateur devant l’Eternel… Malgré ça, il n’empêche que Nicolas Sarkozy n’est, ni plus ni moins, qu’un escroc.
Sur ce coup là, on bien obligé de constater que la soif de pouvoir n’est pas la seule chose qui habite ce Petit Monsieur. Non, il y a également l'appât du gain. Moi qui trouvais déjà la première méprisable, alors là… On touche le fond !

Si vous n’avez pas tout compris à mon laïus, ou si vous êtes désireux d’en savoir plus, veuillez vous reporter à l’article de politique.net sur le sujet. Et encore merci à Momo pour m’avoir aiguillé sur cette info, qu’à ma grande honte, j’ignorerais.
En plus, effet non négligeable, ça m’a permis de pondre quelques mots… Le désert de Gobi recèle peut-être quelques oasis malgré tout !


vendredi 30 janvier 2009

Ah ça ira ! (Deuxième partie)

Vous savez quoi ? J’suis fumasse !
Oui ! Fumasse ! En colère, je fulmine, je peste, je rage, j’enrage, je maronne, je trépigne, je hurle… Alors que le soleil est encore au pieu, et que moi je suis déjà à faire le tour des médias pour glaner les informations nécessaires au présent article, je sens monter la bile le long de mon œsophage ! Bref, en un mot comme en cent : J’suis pas content !

Bon…. Allez, calme toi mon Gwen… Respire… Voilà, c’est bien… Cool… Maintenant je veux que tu arrêtes de taper comme un forcené sur les touches de ton clavier… Il ne t’a rien fait le clavier, n’est-ce pas ? Voilà, c’est mieux… Souples les doigts, souples !

Bon, je vais peut-être vous expliquer pourquoi je tempête ainsi de bon matin… Plutôt que de vous ensevelir sous une pluie de points d’exclamations et de suspension. Ca sera bien plus productif, n’est-ce pas ?

Ce qui me fait bondir ainsi, c’est que depuis ce matin, et hier soir déjà, j’entends de partout que les quelques deux millions de personnes qui ont battu le pavé hier le faisaient par crainte de la crise. Que le sentiment général qui transpirait de ces manifestations, c’était la peur du lendemain, le sentiment d’être abandonné par l’Etat dans le plan de relance économique…
Tout ça, c’est des foutaises ! C’est de la désinformation pure et simple !
Moi j’y étais dans la rue, et je peux vous dire que le message lancé par mes concitoyens niçois n’avait rien à voir avec la crise ! Mais alors rien du tout ! Le message que le peuple criait haut et fort était : « Sarko, on en a marre de toi, casse-toi ! ».
Oh bien sur, la crise était évoquée ici et là mais elle servait uniquement de prétexte à dénoncer les errements de ce gouvernement, à fustiger les réformes engagées bien avant le cataclysme financier, à mettre en avant la nécessaire mutation que doit entreprendre notre société.
Qu’elles étaient belles les pancartes que brandissaient la foule ! On y voyait de tout : De l’enseignant dénonçant l’abandon et le flicage de l’école, du personnel hospitalier dénonçant des soins au rabais, des pompiers en colère, des postiers en colère, des salariés de la grande distribution en colère, des travailleurs sociaux en colère, des sans-papiers en colère, des étudiants en colère, des chercheurs en colère, des retraités en colère… Bref, moi j’ai vu une France en colère et qui dénonce la destruction systématique de son environnement social et économique. Et je suis désolé d’aller à contre courant de tout ce qui ce dit ce matin dans les médias, le responsable désigné de tout ça, c’est bien Nicolas Sarkozy et pas la crise !

Nous étions près de 20 000 à défiler malgré l’obstruction manifeste entreprise par le maire de la ville Christian Estrosi. En effet, figurez-vous qu’à quelques heures du départ de la manif, le parcours n’avait toujours pas été validé par les autorités ! Je ne vais pas entrer dans les détails pour ne pas assommer les non-niçois, mais en gros sachez que le Maire ne souhaitait plus que les manifs empruntent l’avenue Jean Médecin… plus jamais ! Imaginez un peu que l’on dise aux Parisiens qu’ils ne peuvent plus défiler de Bastille à République et on verra ce que cela donne ! Bon, ben… Sur ce coup-là, l’Estrosi ferma sa bouche et l’on fit comme on l’entendait. Non mais !

Moi, dopé aux analgésiques, je sillonnais le cortège de long en large à l’affut de la bonne photo. Je gambadais comme le cabri moyen, l’appareil vissé sur l’œil, je décryptais les panneaux et les banderoles, cherchant le bon mot et la bonne attitude. Les gamins dans les poussettes, les égéries perchées sur des fourgons, les sourires et la bonne humeur… Car oui mes amis ! On peut crier sa colère et garder le sourire, je vous l’affirme !
C’était bon vivant, mais également on sentait la fermeté derrière le brocard. La liste des dégâts causé par l’autre tâche n’en finit pas de s’allonger, et on sent bien que peu à peu la moutarde monte au nez des français.

La manifestation prit fin dans le calme aux premières heures de l’après-midi… La police, discrète tout au long du parcours se fit encore plus discrète alors que les familles, les employés, les retraités regagnaient leurs pénates. Pas d’incident à regretter et c’est tant mieux pour tout le monde. Même pour nos édiles qui ne craignaient rien de moins que n’éclatent quelques échauffourées.
Pour ma part, je me fis raccompagner par un ami, le corps perclus, et l’âme heureuse…
Ce n’est qu’après quelques heures de sommeil, que je me mis à fabriquer ce petit clip qui j’espère vous plaira… Alors, dégustez, et surtout n’oublions pas pourquoi nous étions dans la rue hier, et n’écoutons pas les sinistres qui nous disent que nous avons peur de la crise. Non, nous n’avons pas peur, nous voulons juste que ce type s’en aille. C’est tout.


mercredi 28 janvier 2009

Ah ça ira !


Juste quelques lignes, comme ça en passant… Demain, je pense que vous le savez tous, c’est la Grève Générale. Avec deux bons gros G majuscules.
Depuis le début de la semaine, les médias nous abreuvent d’articles ou d’émissions pour nous prévenir que cette journée risque de faire date dans l’histoire des grèves que compte notre beau pays.
Dès lundi, nous pouvions lire et entendre de-ci de-là, les habituels commentaires sur « la galère des usagers » et les « prises d’otages » que représente ce « jeudi noir ». Bon, vous allez me dire qu’on a l’habitude, et que ce n’est pas ça qui va nous empêcher de faire grève ni de défiler… Il n’empêche que c’est ainsi que depuis quelques temps, les mouvements sociaux sont qualifiés, marquant ainsi la tendance actuelle indiquée par notre Président mal aimé.
Les gens qui défilent ou revendiquent quelque-chose sont nécessairement la plaie des honnêtes travailleurs. Manifester devient une insulte aux bonnes mœurs nationales et indique un irrespect des autres… C’est mal, c’est égoïste et c’est inutile.
D’ailleurs, tout est fait pour que le grand public abonde dans ce sens. La voix de la rue, n’est pas celle du peuple qui ne s’exprime que par les urnes. Telle est la conception des choses que l’on voudrait nous voir adopter.
Sauf que ce que nos élites gouvernementales oublient, c’est que cette conception-là de la démocratie est très éloignée de celle de monsieur tout le monde… Dans l’esprit du français moyen, le fait d’élire une personne ne lui donne pas tous les pouvoirs et au final, ce sera toujours la rue qui aura le dernier mot. C’est ainsi que nous fonctionnons. C’est ainsi que s’exprime notre liberté, individuelle et collective.
Et lorsque notre Président Glorieusement Elu déclare en fanfaronnant : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ! », c’est une insulte au peuple tout entier. Une insulte qui, je le crois, sera belle et bien lavée demain.
Car le mécontentement est général. Et ça, la plupart des médias l’ont bien compris. En effet, depuis la parution d’un sondage du Parisien révélant que 69% des français apportaient leur soutien à cette grève, leur discours à bien changé…
Désormais on ne parle plus de « jeudi noir », mais de « grande grève », et la gêne des non-grévistes devient secondaire.
Pour illustrer ce revirement éditorial, je citerais l’émission, l’Edition Spéciale, que je regarde régulièrement sur Canal +. Alors que le présentateur invitait les téléspectateurs à lui envoyer des mails pour raconter leur galères d’usager, il s’est vu répondre, massivement et vertement, qu’il pourrait également s’intéresser à tous ceux qui prendront leurs journée ce jeudi, et qui « galèrent » eux aussi pour pouvoir être dans la rue…
D’accord, Canal est plutôt à gauche comme chaine de télé, mais quand même... Je trouve que ça illustre bien le ras le bol général qui nous submerge ces temps-ci.

Or donc, la France va encore une fois manifester, et c’est une bonne chose.
Je serais pour ma part dans la rue avec les autres, et je compte bien prendre plein de photos afin de vous faire partager ce moment ! On se retrouve donc vendredi.

Bon défilé à tous, et faites gaffes aux playmobiles…


Découvrez Les Sans Culottes!

samedi 24 janvier 2009

Mainmise sur la presse

Tout le monde se souvient des vœux à la presse présentés par Nicolas Sarkozy en 2008. Mais oui ! Rappelez-vous ! Nous étions encore dans la période bling-bling, les réformes n’étaient pas encore tout à fait lancées, et la préoccupation première du public était de savoir si notre PGE allait convoler en juste noce avec la Bruni de service… Laurent Joffrin évoquant la monarchie élective de Sarko s’était fait étrillé sous les ricanements de ses collègues, sans possibilité de se défendre. On annonçait la suppression de la pub sur le service public… C’était il y a un an. C’était il y a un siècle…

Le fait est que l’arrogance présidentielle fit tellement de bruit que son entourage décida de ne pas renouveler l’expérience… Donc cette année, pas de vœux à la presse, pas de jeu question-réponse, la presse est dorénavant une ennemie qu’il convient de contrôler.
D’ailleurs la presse, et la presse écrite plus particulièrement, va mal. Les tirages s’amenuisent, les pertes s’accumulent, et notre Président Glorieusement Elu a décidé qu’il convenait de réorganiser tout ça. Pour ce faire il confia en octobre à la controversée Emmanuelle Mignon, la rédaction d’un Livre Vert des États Généraux de la Presse Écrite. Notre président, se trouvait donc hier devant un parterre de journalistes muets, pour rendre compte des travaux de ces États Généraux et de ce fameux Livre Vert.

Pourquoi vert ? Je ne sais pas. D’habitude on parle de livre Blanc quand il s’agit de faire un état des lieux de quelque-chose, mais là, il est vert. La rupture, même dans les codes couleurs, ça c’est notre Président à nous !

Dès le début de son discours, Sarkozy commence fort, en balançant un direct du droit dans la bouche des journalistes présents : « Si vous le permettez, je ne prononcerais pas la formule rituelle « chers amis » pour maintenir l’indépendance de chacun, et qu’il n’y est pas d’ambigüité… ». Léger brouhaha dans la salle, tellement léger qu’on ne saurait dire si l’ironie du propos est appréciée ou encaissée, mais il n’empêche que ça commence bien !

Sarko justifie alors l’intervention de l'État dans le domaine de la presse. Avec ces 100 000 salariés, la presse écrite est un secteur économique et il est légitime pour l'État de s’en mêler comme il se mêle du secteur automobile…
Pour le Président une presse se doit d’être avant tout indépendante… Ah ça ! Qu’est-ce qu’on va l’entendre ce mot ! Ce qui montre bien que Sarko a parfaitement comprit que c’est là une des principales préoccupations de son public. Car, à force, on le connait le Sarko ! C’est donc un peu légitime que l’on s’inquiète lorsqu’il décide de mettre son nez dans le moteur de la démocratie. Sauf que, comme vous le verrez, son approche de la conception d’indépendance est quelque peu différente…
Car pour notre PGE, la première condition de l’indépendance et de la pluralité, c’est bien la viabilité financière. Face à « l’effondrement des perspectives publicitaires pour 2009 », la presse française est en mauvais état certes, mais elle est également minée par une structure désuète qu’il convient de réformer.
Pour l’établissement de cette réforme, et bien le gouvernement va mettre sur la table, quelques 600 millions d’Euros sur trois ans. Les mauvais esprits pourraient bien sûr se demander d’où peut bien sortir cet argent, mais comme je n’en suis pas un, je ne me poserais donc pas ce genre de question…

Alors, qu’est-ce qui va se passer ? Et bien, mes chers amis, le Livre Vert sort la grosse artillerie et arrose tous les pans de l’économie liée au journalisme.
Je vous livre ça en vrac, brut de décoffrage :
Et ça commence bien sûr par la nouvelle économie numérique. Les sites d’information sur internet se verront dotés d’un statut d’éditeurs de presse en ligne, accompagné d’une exonération de taxes professionnelles et d’une réduction de la TVA de 19,6 à 2,1%, comme pour la presse écrite (c’est La TéléLibre qui va être contente !).
Le régime des droits d’auteur sera modifié et non-plus accès sur un support unique, mais plutôt sur un temps d’exploitation. On parle de 24 heures pour l’instant, mais cela reste encore à préciser…
Les entreprises de portage se verront exemptées de charges patronales et l’emploi des étudiants et des retraités sera encouragé et facilité. Les points de vente auront un « paquet » d’aide à la modernisation soit environ 4000 Euros par points. Les imprimeries de presse devront être modernisées et rationalisées… Le sureffectif qui est le leur, supprimé. (Ouille !)
Un abonnement gratuit sera offert aux jeunes de 18 ans à un journal de la presse écrite pendant une année, pour les habituer à lire… (Mouais… Ça c’est limite démago !)

Notre petit Naboléon insiste bien sur le fait que la presse n’est pas assez rentable. Elle n’attire donc pas les investisseurs autres que les mécènes. Il faut donc augmenter la rentabilité pour attirer les investisseurs… Pour cela, toujours d’après le petit Nicolas, il convient de mettre en place un code de déontologie et une charte éditoriale.
Si vous le voulez bien, on va s’arrêter deux minutes et examiner un peu cette dernière proposition. Vous vous demandez certainement quel rapport il peut y avoir entre la rentabilité et la déontologie ? Et pourtant, même si cela ne saute pas aux yeux du non-initié, je peux vous dire que dans la logique Sarkozienne, le rapport existe bel et bien. Une charte éditoriale est, toujours d’après notre Président Omniscient, un engagement nécessaire qui doit lier la rédaction d’un journal avec son éditeur. Il est indispensable que l’éditeur, comprenez l’actionnaire, ait un droit de regard sur le contenu rédactionnel… « Sinon, comment voulez-vous attirer des investisseurs ? » S’interroge Sarkozy. « C’est une question de confiance et de bon sens ».
Quid de l’indépendance de la rédaction et donc du journaliste ? Ça, il n’en parle pas, puisque l’indépendance, on vous l’a déjà dit, se situe au niveau de l’équilibre financier, et pas ailleurs. Vu ?

Nicolas Sarkozy conclu enfin son discours en faisant un parallèle douteux don-il s’excuse lui-même : Pour lui, une presse se doit d’être puissante à l’image des partis politiques, et de s’adresser au plus grand nombre. « Ce qui évite de s’adresser à des lectorats de plus en plus fermés, repliés, petits, et qui finit par concerner tellement peu de monde… ».

Bien-bien-bien… Je ne vais pas prétendre vouloir vous expliquer les tenants et les aboutissants de chacune de ces propositions (n’oubliez pas qu’en Sarkoland, proposition fait loi). Non, je ne suis pas assez calé pour ça. D’autres seraient à même de le faire, et je pense notamment à une ou deux amies lectrices dont la chose journalistique n’est pas inconnue (Monique, Cécile D, votre avis sur la question serait le bienvenu !). Particulièrement en ce qui concerne les questions de portage, de distribution, de gestion des invendus, dont je ne comprends goutte, si ce n’est que ça a certainement un rapport avec le fait que mon Tabac-Presse en bas de chez moi ne vende pas l’Humanité…

Non, sur ces questions là, je préfère me taire. Par contre, en ce qui concerne le fond du travail journalistique et sur la presse en ligne, je crois pouvoir m’autoriser à ouvrir ma bouche.
La presse en ligne, c’est mon pain quotidien. Sans elle, ce blog n’existerait pas. Sans elle, je serais contraint de me contenter des avis édulcorés fournis par une télévision, ou une radio, empêtrée dans des formats régis par la publicité. Sans elle, je deviendrais un citoyen sous-informé, et par là même, un citoyen manipulable. Ce que je me refuse de devenir, bien évidemment.

Bon, on ne va pas se leurrer, nous savons bien que les propriétaires de journaux ont toujours plus ou moins eus la mainmise sur leur personnel, et donc sur le contenu rédactionnel. Ainsi, si demain une quelconque entreprise de maçonnerie, ou encore un groupe gérant des fonds de pensions américains, décide de racheter un journal, on retrouvera bien vite dans ses colonnes des avis étonnamment conformes aux idées dudit maçon, ou desdits retraités… On le sait, mais que voulez-vous, c’est ainsi. C’est la loi du marché et tous les acteurs économiques doivent s’y conformer.
Sauf que, dans ce milieu ultralibéral de l’investissement. Les acteurs ont tous une même idée de monde et de sa façon de fonctionner… Et là, franchement, je ne vois plus trop ou se trouve le respect de la pluralité et de l’indépendance des médias.
Pour Sarkozy le mécénat c’est bien gentil, mais ce qu’il veut voir à la tête des journaux se sont des investisseurs, et des rédactions assujetties à ces mêmes investisseurs. Et moi je crois que cela ne serait pas bon pour la démocratie que tous nos journaux soient dirigés par les mêmes personnes soucieuses de leurs investissements.
L’information, garante de notre démocratie et de nos libertés, serait par trop uniforme et encline à peser dans le sens qui lui convient le mieux. C'est-à-dire dans le sens du consensus public, le sens de l’état.

Voilà. Pour le reste, ma foi, je vous laisse juge. Mais concernant ce point précis, je peux vous dire que les choses s’annoncent mal.

Pour finir, je vous dirais que contrairement à ce que l’on pourrait penser, la presse dont on vient longuement d’évoquer le sort, fait peut écho de ce discours. Le Monde.fr fait état de quelques réactions syndicales hostiles aux propositions du président. Libération.fr retient essentiellement l’abonnement offert aux jeunes de 18 ans, et enfin, Le Figaro.fr insiste sur les moyens mis en œuvre… Aucun de ces médias ne se pose les questions que je me suis posé. Ce qui me laisse à penser que : Soit je perds la tête et je vois des conspirations Sarkoziennes partout. Soit, qu’ils ont autre chose de plus important à traiter…

Allez ! Bon week-end !

vendredi 23 janvier 2009

Allez rame ma belle, rame !

Alors là ! Alors là qu’est-ce que je rigole ! Qu’est-ce que je me marre ! J’en ai les côtes qui se brisent tellement l’hilarité me prend ! C’en est trop ! J’en peux plus ! Stop !

Alors comme ça, Ségolène Royal fait de l’humour ? Et personne n’a rien compris à la blague ? Mais qu’on est con ! Non, c’est vrai, on est con…

Bon, je vais arrêter de me gondoler deux minutes et, si vous le voulez bien, on va revenir sur la petite histoire

Tout commence par une interview accordée par Ségolène Royal à un journaliste du Monde, Sylvain Cypel, lors de la cérémonie d’investiture de Barack Obama à Washington… Mais que faisait Mme royal en un tel lieu et en un tel moment, me direz-vous ? Et bien, elle faisait ni plus ni moins acte de présence et par là même ne perdait pas une occasion de communiquer. Pensez-donc ! Elle se trouvait être la seule personnalité politique française de premier plan à assister à cet événement planétaire, et entendait bien ainsi marquer sa différence… Il faut bien le reconnaitre, la Royal réussissait là un coup médiatique de premier ordre, lourd de symboles et de significations. Elle montrait son action inscrite dans le présent, proche de l’événement, et entendait également se démarquer du reste du Parti Socialiste coincé à Paris pour présenter ses vœux (Voir précédemment l’article « Martine présente ses vœux »).
Non, sérieusement c’était bien joué.

L’affaire se déroulait donc parfaitement et le plan-com battait son plein. Interviews pour la presse écrite, intervention en direct sur les chaines-info pour commenter les détails de l’investiture et faire quelques petites auto-promos de bon aloi… Tout cela marchait comme sur des roulettes jusqu’à ce qu’une petite déclaration de rien du tout, perdue dans un flot de commentaires dithyrambiques, vienne tout gâcher.
L’ex-candidate aux élections présidentielles déclarait que la cyber-campagne de Barack Obama, responsable pour une grande part de son élection, était directement inspirée de celle qu’elle avait elle-même mise en place en 2007 ! Les conseillers d’Obama seraient même venus exprès des States pour « copier » ses pratiques et les développer lors des élections américaines !

Mazette ! Rien que ça ? C’est énorme ! Rendez-vous compte mes amis ! Notre Ségolène à nous aurait été l’inspiratrice d’un des plus grands événements de ce début de siècle ! Cocorico !

Du coup, bien évidemment, l’affirmation étant tellement énorme le reste du plan-com passât un peu inaperçu… Les médias se jetèrent sur la déclaration et la curée commençât.
Comment ? Ségolène Royal se la pète en affirmant être à l’origine de la campagne de Barack Obama ? Mais pour qui se prend-elle ? Patati-patata… L’affaire fit grand bruit, notamment sur internet, les commentateurs se déchainèrent et raillèrent dans un bel ensemble l’attitude prétentieuse de la dame.

Pendant ce temps-là, la dame en question, Ségolène royal (zavez vu comme je suis poli ?), était loin de se rendre compte de tout ça. Elle poursuivait son petit voyage aux Etats-Unis, tranquillou-Marylou, probablement ravie d’elle-même et du sale coup qu’elle venait de faire à ses petits copains du Parti Socialiste. Jusqu’à ce qu’on l’avertisse du buzz que provoquaient ses déclarations dans le landerneau médiatico-politique français !

« Fuck ! » Se dit-elle en elle-même. « Va falloir que je rectifie un peu le tir, sinon je vais passer pour une cruche » ajouta-t-elle…
Ni une ni deux, la voilà qui se saisit de son plus beau stylo numérique et qui commence à rédiger une lettre destinée à rassurer ses partisans. Ladite lettre parait alors sur le site « Désir d’avenir », et explique en quelques mots que tout cela n’est qu’un malentendu, et que la dame avait voulu répondre à la question du journaliste de façon humoristique et ironique ! D’ailleurs, précise-t-elle, la question elle-même était « amicalement provocatrice ».

Alors-là, soudain on comprend tout ! Madame fait de l’humour, et nous pauvres commentateurs obnubilés par notre anti-ségolénisme primaire, nous n’avons rien compris à la blague ! On est vraiment très cons !
Pardon Madame de n’avoir pas su saisir la subtilité de votre propos. Veuillez excuser ce pauvre Sylvain Cypel, dont la stupidité crasse n’égale que son esprit mal tourné.
Vraiment Madame Royal, on s’excuse…

Sauf que, manque de bol pour vous, il n’y a pas que devant ce journaliste de la presse écrite que vous avez tenu de tels propos… Ben non ! Vous avez réitéré de belle manière sur l’antenne de BFM TV en direct live est devant des milliers de téléspectateurs. C’est con hein ?
La preuve en image (à 2mn20s) :


Segolene Royal en direct de Washington [2]
envoyé par segolene-royal-videos



La question que je me pose aujourd’hui, alors que les crampes provoquées par mon fou-rire se dissipent peu à peu, est la suivante :
Est-ce que les partisans de Dame Ségolène vont enfin comprendre que leur icône n’est qu’une bouffonne ?

Ça, c’est une putain de bonne question…

jeudi 22 janvier 2009

Noam Chomsky : Regard critique sur l'Amérique

Vous et moi connaissons Noam Chomsky, et apprécions la clarté de son analyse et le regard critique qu’il porte sur son pays. Et bien, Le Monde.fr a eu l’audace de publier une interview complète du grand homme, une interview que je vous soumets à mon tour…

Chomsky y aborde plusieurs thèmes d’actualité : L’élection d’Obama, qui reste un moindre mal selon lui. Le « racisme occidental » qui empêche l’accession des minorités aux postes à responsabilité. L’illégalité dans laquelle son pays agit depuis des années. Les relations futures entre l’Europe et les Etats-Unis. Et enfin, il analyse les dernières conséquences de la crise financière…

Personnellement, je ne suis pas déçu de constater que mes craintes soient partagées par un autre ! Ça me rassure ! Devant l’engouement obamaniaque, je commençais à douter de mon jugement !

Quelques liens utiles :
Le site du film « Chomsky & Cie ».
Le site de Chomsky.info.



Noam Chomsky, regard critique sur l'Amérique
envoyé par lemondefr