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mardi 19 janvier 2010

Quelques réflexions sur Haïti…

Une semaine après le tremblement de terre qui a dévasté la ville de Port-au-Prince, c’est encore et toujours Haïti qui fait la Une de tous les journaux. Et moi, je n’en parle pas.
On parle de 50, 100, 150 000 morts et pourtant je n’arrive pas à me sentir, comment dirais-je… Non, pas concerné, c’est pas ça… C’est comme si je me sentais impuissant à écrire sur quelque chose comme ça… Au même titre que l’on puisse se sentir impuissant face à ce genre de catastrophe naturelle.

N’allez pas croire que je ne m’intéresse pas aux malheurs du monde, mais je n’arrive pas à me décider à écrire là-dessus… Et le pire, c’est que comme j’ai été élevé comme un bon catholique, j’arrive même à me sentir coupable de ne pas exprimer publiquement ma compassion ! C’est dingue quand-même !

Alors, à l’autre bout de ma télé, j’observe ce qui se passe et j’en suis à avoir des pensées qui peuvent paraitre incongrues par rapport au désastre et au malheur des gens.

Par exemple je trouve particulièrement insupportable cette chanson et ce clip pondus en un weekend pour générer des fonds en faveur de sinistrés. D’une part, la chanson est nulle, et c’est rien de le dire, mais en plus je trouve ce procédé limite indécent…
Oui je sais, mais je vous avais prévenu que c’était des pensées incongrues… Mais je me demande ce que bien foutre ce pauvre vieil Aznavour dans une production pareille ! Sans doute est-ce parce qu’il y pas mal de séisme en Arménie ? Enfin bref, je trouve ça plutôt lamentable.

Et puis il y a le traitement médiatique de l’événement que je trouve un tantinet sur joué. Peut-être est-ce parce que j’ai maintenant l’habitude de décoder l’information, mais je ne peux m’empêcher de constater que plus ça va, plus les médias se complaisent dans le sensationnalisme et l’impudeur. Relater un événement est une chose, mais faire passer l’émotion avant l’information relève plus, à mon sens, du divertissement de première partie de soirée que du JT de 20h00. Même les chaînes infos s’y mettent, copiant en cela CNN, et je trouve que ce n’est pas en leur honneur que de se faire les chantres de l’information par le biais des larmes et de la douleur de leur sujet.

Enfin, et là s’agit-il sans doute de mon atavisme antiaméricain habituel, la tournure que prend ce sauvetage à grande échelle me préoccupe quant à l’avenir des haïtiens. Nous, nous envoyons des sauveteurs, eux (les américains) envoient l’armée.
Alors je sais bien que la situation n’est pas simple là-bas. Je sais bien que c’est le chaos politique et qu’ils manquent de tout… mais on ne me fera pas croire que la solution c’est d’envoyer 10 000 hommes en arme.

Lors de l’ouragan Katerina, le gouvernement américain n’a pas fait le dixième de ce qu’ils sont en train de faire en Haïti. Et n’allez pas me dire que les choses ont changées depuis l’arrivée d’Obama ! Aussi, je trouve qu’une réaction aussi prompte et aussi démesurée ne peut laisser présager qu’une mainmise future sur le pays.
Tout ça me fait penser à la véritable guerre que se sont livrées les entreprises lorsqu’il fut question de « reconstruire » l’Iraq. Une foire d’empoigne libérale et indécente à laquelle notre pays tenta même de participer… en pure perte d’ailleurs, puisque ce sont les américains qui raflèrent tous les « marchés ».

Je ne voudrais pas jouer les cassandres, mais je parierais bien que c’est ce qui va se passer pour Haïti. Le pays sera mis en coupe réglée par un quarteron de grands groupes internationaux au nom d’un capitalisme bien propret, puisque auréolé de d’humanitaire.

Voilà, ce sont-là quelques réflexions que m’inspire ce tremblement de terre et ces conséquences.

Et encore, je ne vous ai pas parlé de la gerbe que m’inspirent ceux qui parlent de « destin » ou encore de « Dieu »… Mouais, on va éviter, parce mon indignation risquerait de laisser place à la colère…

jeudi 24 septembre 2009

Le journalisme part en couille

Hier, alors que je vaquais à mes occupations (certains diront que je glandais comme tous les profiteurs du système, mais je leur répondrais que c’est une question de point de vue), j’ai relevé deux articles de presse susceptibles de constituer la teneur de mon billet du jour. Deux sujets pour un seul article, pour moi c’est carrément un cas de conscience, car lorsque j’écris deux articles dans la même journée, c’est l’assurance que l’un des deux passe à l’as. Et ça mes amis, j’aime pas.
Donc ce matin, je me suis levé en ayant la ferme intention de trancher dans le vif, et de faire un choix entre ces deux sujets… Pour ce faire, j’ai donc entrepris de les relire, et c’est alors que j’ai constaté qu’il était inutile que je tranchasse ! (c’est beau l’imparfait du subjonctif hein ?)
Et oui ! Ces deux sujets n’en faisaient en fait qu’un ! Ouf ! J’étais soulagé, car je ne vous cache pas que trancher et moi, ça fait deux…

Mais bon, je m’éternise là… Aussi, je vous propose qu’on y aille sans plus tarder.

Hier, un article du Figaro a mis le feu aux médias nationaux en relatant un « scandale » concernant les contrôleurs aériens. Vous en avez sans doute entendu parler si vous avez allumé votre radio ou votre télé, on en parlait de partout. L’article s’intitulait « Les dangereuses pratiques des aiguilleurs du ciel » et se piquait d’avoir mis à jour des conditions de travail pour le moins douteuses dans le milieu de l’aviation.
« Travail à mi-temps illégal, sous effectifs, petits arrangements » et cætera…, rien n’était trop beau pour salir la profession et montrer du doigt les attitudes scandaleuses de ces profiteurs du système (Tien ! Eux aussi ?).
Cerise sur la gâteau, on a même eu droit à une bande audio qui nous démontre, insulte à l’appui, que les contrôleurs sont des jemenfoustistes, qui n’en branlent pas une.
Pour avoir fréquenté des contrôleurs pendant ma période de conscription prolongée, j’ai d’abord été intrigué par cet article. Pour autant que je sache, ce métier est un des plus difficiles et des plus surveillé du monde, et je m’étonnais que de telles pratiques aient lieux.
Mais en lisant bien l’article, ainsi que les commentaires qui ont suivis, je me suis rendu compte que le boulot de ce journaliste (Fabrice Amedeo qu’il s’appelle) était en fait un ramassis d’imprécision et d’amalgames douteux. Bref, cet article est une grosse merde.

C’est du travail bâclé qui dénonce des apparences sans pour autant chercher à les comprendre. Un haro sur le baudet destiné à faire du buzz en jetant l’opprobre sur une catégorie socioprofessionnelle qualifiée de « privilégiée » et qui abuserait de ses privilèges.
Pour un peu on se croirait dans l’Humanité ou Libération tant la dénonce sous le fallacieux prétexte de l’injustice sociale est patente. Je le répète, cet article est une grosse merde et son auteur également.

Le deuxième article qui a retenu mon attention vient lui du Nouvel Obs.com qui, par le plus grand des hasards, vient de se rendre compte qu’une des conséquences de la loi Hadopi remettait en cause les droits d’auteurs pour les journalistes. Bien sûr, là encore je m’étonne.
Alors comme ça, vous (les journalistes) vous n’avez pas été fichus de relever ce point particulier depuis le temps que l’on en parle de la loi Hadopi ? Est-ce qu’au moins vous l’avez lu le projet ? On peut se poser la question quand même !
C’est vrai que l’on a parlé en long en large et en travers de la substance créatrice des artistes qu’il fallait protéger. Mais quid de la création journalistique ?
Et bien messieurs les gratte-papiers, vous l’avez dans l’os et c’est bien fait pour vous. Vous n’aviez qu’à faire un peu mieux votre job !
Ça vous va bien de critiquer le net et de lui reconnaitre toutes les pires tares, mais sur ce coup-là, vous vous êtes fait entubé de belle manière.
Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenu, car déjà lors de ses vœux à la Presse (Je ne sais pas pourquoi je mets encore une majuscule à presse…), le Nain vous avait laissé entrevoir ce qui vous pendait au nez. J’en avais parlé ICI.

Je pense que vous l’aurez deviné, le point commun qui existe entre ses deux nouvelles, c’est l’incurie d’une presse qui n’arrive plus, ou qui ne sait plus, faire son boulot tant elle est orientée sur des missions annexes. Je m’explique :
L’article du figaro est une merde soit. Mais c’est une merde qui a un but, celui de remettre en cause les acquis sociaux des contrôleurs aériens et de conduire à la privatisation de leur métier. Ni plus ni moins. La France est encore le seul pays d’Europe où les contrôleurs ne sont pas dans le privé et ça fait tâche par rapport aux petits copains d’à côté. De plus, lorsqu’ils se mettent en grève ça fout le bordel dans le pays.
Alors, pour lancer la privatisation, on demande à un journaleux aux ordres de pondre une bouse histoire de créer un buzz. Qu’importe la véracité des faits, il faut que ça buzz ! Dans la foulée le ministre concerné demande des explications et pond à son tour une autre bouse. Une réforme du statut des contrôleurs. Je vous parie que c’est comme ça que les choses se passeront.
Dans le cas des dégâts collatéraux de la loi Hadopi, là encore il s’agit d’un manquement au devoir du journalisme. Tout à vouloir suivre le courant des débatteurs assermentés, le métier en a oublier de surveiller ses arrière. Résultat, la loi Hadopi, non-contente de fliquer les consommateurs et d’enrichir les majores, renforce également celui des grands groupes de presse écrite. Demain, le même article sera repris par l’ensemble des filiales d’un même groupe sans que son auteur puisse y redire, et la même information sera inlassablement répétée… Et pour peu que ce soit une merde comme celle du Figaro, et bien mes amis, le quidam moyen n’aura plus alors que de la merde à se mettre sous la dent.

Ce matin j’enrage contre cette presse qui n’est même plus capable de se préserver contre la concentration. J’enrage contre ces journalistes qui obéissent bêtement aux ordres du pouvoir.

Et après ça veut nous donner à nous, les citoyens du net, des leçons de déontologie et de professionnalisme ?

Allez vous faire foutre !

samedi 12 septembre 2009

Quand le net fait le job des journalistes

Quelques mots en ce samedi ensoleillé (encore !) concernant la vidéo qui fait scandale depuis deux jours sur la toile et dans les médias officiels. Je vous parle bien sûr de la vidéo où l’on découvre sans réel étonnement que le Sinistre Hortefeux n’est qu’un putain de raciste.
Je dis sans réel étonnement, car à mon sens pour avoir été responsable de « l’intégration et de l’identité nationale » il vaut mieux en être un, ça correspond mieux au profil...

Mais bon, je pense qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur la déclaration car je considère qu’elle se suffi à elle-même. Ce que dit ce sale type est inacceptable et impardonnable, et cela mérite au mieux une démission immédiate, au pire un procès pour incitation à la haine raciale.

Non, ce qui m’interpelle ce matin, c’est le traitement qui a été réservé à cette information, et le questionnement qui en découle.
Reprenons ensemble, si vous le voulez bien, le fil des événements :

Acte un : Une vidéo apparait sur Dailymotion relative à une conversation ayant eut lieu le samedi 5 septembre pendant le Campus des jeunes militants UMP. La vidéo est de piètre qualité et laisse à penser qu’elle a été prise par un téléphone portable. On ne distingue pas tous les propos qui ont été échangés mais à l’aide d’un sous-titrage, on arrive cependant à saisir les paroles malheureuses d’Hortefeux.

Acte deux : Aussitôt, les sites communautaire ainsi que les blogs se saisissent de l’affaire et font monter le buzz. Moi-même, je mets la vidéo en ligne dans ma colonne de droite avec le commentaire lapidaire et néanmoins explicite : « Connard ! ».

Acte trois : Le lendemain de sa parution, les médias nationaux se saisissent également de l’affaire et diffusent la vidéo. La diffusion est accompagnée des réactions de politiques d’opposition, notamment Martine Aubry et Benoit Hamon. On découvre également les premières explications du ministre impliqué.
Ces explication sont quelques peu capilotractées, mais en gros tout le monde se trompe parce qu’en fait il ne parlait pas des arabes mais des auvergnats… tout ça.

Acte quatre : Les témoignages affluent dans la journée d’hier pour dédouaner le ministre de l’intérieur. Les membres du gouvernement issus de l’immigration sont mis à contribution et clament que celui-ci n’est en aucun cas un raciste, mais une personne à l’humour caustique… Pour clore définitivement le débat, le jeune impliqué dans l’histoire se fend d’une autre vidéo où il proclame l’innocence du ministre, et qu’en ce qui le concerne, il n’y pas plus d’insulte que de raison de faire autant de polémique.

Acte cinq : En fin de journée, on apprend que la chaine Public-Sénat était présente lors de l’événement, et qu’elle avait filmé la même scène. Sur les recommandations du président de la chaine Gilles Leclerc, et contre l’avis des journalistes, la vidéo reste pendant cinq jours sur les bancs de montage et ne sera pas diffusée. Devant la pression médiatique, Public-Sénat diffuse enfin la scène dans son intégralité lors du journal de 18H00. Là, plus aucun doute sur l’intention réelle du propos. L’image est claire et le son de qualité. (cinq premières minutes)


18h00 : Hortefeux, la vidéo de Public Sénat
par publicsenat



Mieux encore, au Soir3 sur la chaine publique France 3, le journaliste Jean-Michel Blier fustige l’internet qu’il accuse de véhiculer des « rumeurs » et d’être proche du « caniveau », par opposition aux informations dument recoupées et confirmées par les journalistes.

Acte six : Ce matin, Brice Hortefeux répond au journal Libération «Pour qu’il y ait excuse, il faudrait qu’il y ait faute». Le ministre continue de nier les faits malgré l’évidence. Les médias internationaux relatent à leur tour l’affaire : The New York Times, Le Guardian, El Pais, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, notamment, consacrent des articles à cette affaire.

Alors, ce qui m’interpelle moi ce matin, c’est la légèreté avec laquelle cette information a été traitée par les médias professionnels. Tout d’abord les déclarations du ministre de l’Intérieur en exercice ont été tenues cachées par un grand média d’information citoyenne, et ce pendant six jours. L’info filtre néanmoins et fait le buzz sur la toile. En moins de 24 heures, la vidéo va être critiquée, mise en doute quant à son objectivité, et démentie par l’intéressé. Les médias conventionnels vont même se permettre de critiquer ce buzz et défendre la sacro-sainte objectivité du journaliste !
Et pendant ce temps là, tout est fait pour désamorcer la situation. Du plus simple, en faisant intervenir tout un tas de membres du gouvernement qui défendent la sincérité du ministre, au plus tordu en utilisant le petit jeune lobotomisé par la propagande UMP.

Au final, je crois pouvoir affirmer que nous avons fait le job à la place des journalistes.
Nous, les acteurs du web. Les internautes et les blogueurs, nous avons joué ce que je considère être notre rôle. Un rôle de vigie et de propagateur d’information.

Certes, tout ce qui circule sur le web n’est pas forcément juste ni de bon goût. Mais lorsque notre action collective permet de faire éclater la vérité, et bien je puis vous dire que je suis quelque peu rassuré sur notre futur… Cela veut dire que tant qu’il y aura du web, il y aura de la démocratie.

Portrait Hortefeux signé Rimbus.

jeudi 30 juillet 2009

Revue de presse

Bon… C’est la fin juillet. Pour finir ce mois un peu pauvre en écriture je vais essayer de me livrer à un petit exercice qui, s’il s’avère concluant, pourra peut-être être renouvelé de temps en temps… Je vais essayer de vous faire une revue de presse.
Oh, mais une revue de presse un peu différente, dans le sens où contrairement à mon goût pour la facilité, je ne vais pas me contenter de commenter les infos qui m’inspirent mais toutes les infos disponibles sur la page d’accueil d’un journal en ligne… Même celles dont je me tape royalement le coquillard.
Allez ! On va essayer… Si ça marche, ça me fera une rubrique fourre-tout que je pourrais placer de temps en temps. Et si ça ne marche pas… Et bien, au mieux ça risque d’être rigolo, et au pire je la jette à la poubelle et vous n’en entendrez jamais parler !

Donc, pour cette première fois nous allons prendre le Figaro de ce jeudi 30 juillet vers 08H00…

Au Figaro on attaque sec avec un sujet bien anxiogène : « Les supermarchés ruraux dans la ligne de mire des braqueurs ».
D’après l’article, on assiste depuis le début de l’année à une recrudescence des braquages dans les petites unités de chez Super U et de chez Leclerc…
Moi je me dis que nous assistons là à une conséquence de la crise agricole du début de l’année. En effet, rappelez-vous cette crise avait mise en lumière les marges scandaleuses que les distributeurs se faisaient sur le dos des fournisseurs et des clients. Les braqueurs, pas plus bêtes que quiconque, en ont donc déduit que c’était là que se trouvait le pognon ! C’est pas plus compliqué !
Donc, pour éviter aux supermarchés de se faire braquer, je propose deux solutions. La première c’est d’arrêter d’exploiter leurs fournisseurs et leurs employés pour éviter de passer pour des riches. Ou bien, deuxième solution, on peut également reconstruire les supermarchés sur le modèle des banques… Avec sas d’entrée, et distributeur de bouffe à l’extérieur. A eux de voir.

Ensuite, pour dédramatiser on a : « Solitaire du Figaro : 52 skippeurs au départ. »
Ben oui, c’est aujourd’hui que commence la quarantième édition de la célèbre course. Ca veut dire que j’en connais un qui ne va pas chômer puisque qu’il participe au staff… Vous voyez de qui je veux parler ? On l’embrasse donc et on lui souhaite de bien se marrer.
Pour ma part, j’embarquerais en même temps que les cinquante-deux participants pour une course virtuelle sur VirtualRegatta. com. Sauf que, à cette heure, ce n’est pas avec une cinquantaine de concurrents que je vais me fritter, mais presque 26 000 ! Ça va faire du monde sur la baille !

Ensuite, troisième sujet : « La Burqa, un phénomène marginal en France ».
D’après des chiffres communiqués par le ministère de l’intérieur, seulement 367 femmes seraient actuellement dissimulées au regard concupiscents de la gente masculine en France… Tout d’abords, on peut légitimement se demander pourquoi le ministère de l’Intérieur se livre à se genre de comptage… Je crois savoir qu’une loi encadre assez strictement ce genre d’enquête, mais bon… passons. Donc, on aurait sur le territoire national seulement 367 « fantômes »… Moi, j’ai un gros doute sur ce chiffre, de même que le député PC André Gérin qui est l’initiateur d’une commission d’enquête sur le sujet. Donc, à mon sens il convient de se demander ce que cache la divulgation de ces chiffres ridicules.
Serait-ce pour calmer le jeu et discréditer l’importance d’un tel débat sur la place publique ? Il est vrai que se poser ouvertement ce genre de questions pourrait amener le peuple à réfléchir sur des choses un peu compliquées pour lui… Du genre de la laïcité, de la place de la religion dans la société, de la place d’un gouvernement par rapport à tout ça… Bref, que des questions essentielles et bien trop importantes pour le cerveau du plébéien moyen…

Puis on apprend que « Tibéhirine : Un témoin clé donne une nouvelle version »
Là, j’avoue que je n’ai pas trop suivi l’histoire. D’après le Figaro, la thèse de la bavure militaire serait mise à mal par un témoin surprise qui abonde dans le sens de la croyance qui arrange tout le monde, comme quoi l’enlèvement et l’assassinat des moines serait l’œuvre des jihadistes. Tordu comme je suis, je me dis que ce nouveau témoin « clé » tombe pile poil pour ne pas froisser la dictature algérienne, avec qui notre pays entretien les meilleurs rapports… Mais bon, comme je vous l‘ai dis, je suis un petit peu tordu.

Sujet suivant : « PSA doit impérativement devenir plus mondial »
C’est ce que vient de déclarer le tout récent (1er juin) DG du groupe, Philippe Varin, lors de la présentation des résultats semestriels… Résultats médiocres puisque le constructeur automobile à perdu 962 millions d’Euros en six mois. Donc, pour redresser la barre et éviter d’aggraver son déficit en deuxième partie d’année, le Varin veut devenir « plus mondial » ! C'est-à-dire, si je devine bien, augmenter la vente de voitures à l’étranger… Mais pour ça mon petit Varin, il va falloir être un peu plus compétitif par rapport aux autres constructeurs qui arrivent, eux, à sortir leur épingle du jeu en ces temps de crise… C'est-à-dire moins cher. Donc, vous allez voir que d’ici peu de temps, on va voir s’ouvrir des petites usines PSA un peu partout dans les pays à bas coût de main d’œuvre et par voie de conséquence quelques licenciements secs chez nous. Donc, si vous êtes des libéraux pur jus, achetez des actions PSA, elles ne tarderont pas à grimper ! Sinon, et bien si vous bossez chez eux, commencez à chercher du boulot…

Pour finir, parce que ça commence à être long, « L’union de Microsoft et de Yahoo déjà critiquée »
Mouais… Franchement j’en ai rien à foutre. Il parait que les actions des deux groupes ont baissées à l’annonce du mariage entre les deux géants, tout simplement parce que l’actionnaire moyen ne croit pas en cet union. Ou bien ne devine pas où les deux protagonistes veulent en venir. Moi non plus d’ailleurs.
Je croyais que Microsoft était maqué avec Google moi…

Bon, voilà j’ai fini pour aujourd’hui. La prochaine fois on fera Libération.
Je note quand même qu’alors que la privatisation de la poste fait la Une des journaux télés en continu, notre Figaro national fait l’impasse sur le sujet.
Ça doit être un peu comme sur le port de burqa… Un peu trop compliqué pour les cerveaux des français en vacance ! Manquerait plus que ceux-ci se montent le bourrichon et exigent un référendum sur le sujet !

mardi 23 juin 2009

Hallucination

Je ne peux pas résister au plaisir (appelons ça comme ça) de vous présenter l’éditorial du Figaro d’aujourd’hui, signé par Etienne Mougeotte.
Autant de… Je ne sais même pas comment on peu qualifier ce genre d’article ! Ce n’est même plus du léchage de botte, ce n’est même plus de la servilité, c’est autre chose… On atteint des sommets dans la propagande… On est dans la quatrième dimension ! (Cliquez sur la photo pour l'agrandir)




samedi 24 janvier 2009

Mainmise sur la presse

Tout le monde se souvient des vœux à la presse présentés par Nicolas Sarkozy en 2008. Mais oui ! Rappelez-vous ! Nous étions encore dans la période bling-bling, les réformes n’étaient pas encore tout à fait lancées, et la préoccupation première du public était de savoir si notre PGE allait convoler en juste noce avec la Bruni de service… Laurent Joffrin évoquant la monarchie élective de Sarko s’était fait étrillé sous les ricanements de ses collègues, sans possibilité de se défendre. On annonçait la suppression de la pub sur le service public… C’était il y a un an. C’était il y a un siècle…

Le fait est que l’arrogance présidentielle fit tellement de bruit que son entourage décida de ne pas renouveler l’expérience… Donc cette année, pas de vœux à la presse, pas de jeu question-réponse, la presse est dorénavant une ennemie qu’il convient de contrôler.
D’ailleurs la presse, et la presse écrite plus particulièrement, va mal. Les tirages s’amenuisent, les pertes s’accumulent, et notre Président Glorieusement Elu a décidé qu’il convenait de réorganiser tout ça. Pour ce faire il confia en octobre à la controversée Emmanuelle Mignon, la rédaction d’un Livre Vert des États Généraux de la Presse Écrite. Notre président, se trouvait donc hier devant un parterre de journalistes muets, pour rendre compte des travaux de ces États Généraux et de ce fameux Livre Vert.

Pourquoi vert ? Je ne sais pas. D’habitude on parle de livre Blanc quand il s’agit de faire un état des lieux de quelque-chose, mais là, il est vert. La rupture, même dans les codes couleurs, ça c’est notre Président à nous !

Dès le début de son discours, Sarkozy commence fort, en balançant un direct du droit dans la bouche des journalistes présents : « Si vous le permettez, je ne prononcerais pas la formule rituelle « chers amis » pour maintenir l’indépendance de chacun, et qu’il n’y est pas d’ambigüité… ». Léger brouhaha dans la salle, tellement léger qu’on ne saurait dire si l’ironie du propos est appréciée ou encaissée, mais il n’empêche que ça commence bien !

Sarko justifie alors l’intervention de l'État dans le domaine de la presse. Avec ces 100 000 salariés, la presse écrite est un secteur économique et il est légitime pour l'État de s’en mêler comme il se mêle du secteur automobile…
Pour le Président une presse se doit d’être avant tout indépendante… Ah ça ! Qu’est-ce qu’on va l’entendre ce mot ! Ce qui montre bien que Sarko a parfaitement comprit que c’est là une des principales préoccupations de son public. Car, à force, on le connait le Sarko ! C’est donc un peu légitime que l’on s’inquiète lorsqu’il décide de mettre son nez dans le moteur de la démocratie. Sauf que, comme vous le verrez, son approche de la conception d’indépendance est quelque peu différente…
Car pour notre PGE, la première condition de l’indépendance et de la pluralité, c’est bien la viabilité financière. Face à « l’effondrement des perspectives publicitaires pour 2009 », la presse française est en mauvais état certes, mais elle est également minée par une structure désuète qu’il convient de réformer.
Pour l’établissement de cette réforme, et bien le gouvernement va mettre sur la table, quelques 600 millions d’Euros sur trois ans. Les mauvais esprits pourraient bien sûr se demander d’où peut bien sortir cet argent, mais comme je n’en suis pas un, je ne me poserais donc pas ce genre de question…

Alors, qu’est-ce qui va se passer ? Et bien, mes chers amis, le Livre Vert sort la grosse artillerie et arrose tous les pans de l’économie liée au journalisme.
Je vous livre ça en vrac, brut de décoffrage :
Et ça commence bien sûr par la nouvelle économie numérique. Les sites d’information sur internet se verront dotés d’un statut d’éditeurs de presse en ligne, accompagné d’une exonération de taxes professionnelles et d’une réduction de la TVA de 19,6 à 2,1%, comme pour la presse écrite (c’est La TéléLibre qui va être contente !).
Le régime des droits d’auteur sera modifié et non-plus accès sur un support unique, mais plutôt sur un temps d’exploitation. On parle de 24 heures pour l’instant, mais cela reste encore à préciser…
Les entreprises de portage se verront exemptées de charges patronales et l’emploi des étudiants et des retraités sera encouragé et facilité. Les points de vente auront un « paquet » d’aide à la modernisation soit environ 4000 Euros par points. Les imprimeries de presse devront être modernisées et rationalisées… Le sureffectif qui est le leur, supprimé. (Ouille !)
Un abonnement gratuit sera offert aux jeunes de 18 ans à un journal de la presse écrite pendant une année, pour les habituer à lire… (Mouais… Ça c’est limite démago !)

Notre petit Naboléon insiste bien sur le fait que la presse n’est pas assez rentable. Elle n’attire donc pas les investisseurs autres que les mécènes. Il faut donc augmenter la rentabilité pour attirer les investisseurs… Pour cela, toujours d’après le petit Nicolas, il convient de mettre en place un code de déontologie et une charte éditoriale.
Si vous le voulez bien, on va s’arrêter deux minutes et examiner un peu cette dernière proposition. Vous vous demandez certainement quel rapport il peut y avoir entre la rentabilité et la déontologie ? Et pourtant, même si cela ne saute pas aux yeux du non-initié, je peux vous dire que dans la logique Sarkozienne, le rapport existe bel et bien. Une charte éditoriale est, toujours d’après notre Président Omniscient, un engagement nécessaire qui doit lier la rédaction d’un journal avec son éditeur. Il est indispensable que l’éditeur, comprenez l’actionnaire, ait un droit de regard sur le contenu rédactionnel… « Sinon, comment voulez-vous attirer des investisseurs ? » S’interroge Sarkozy. « C’est une question de confiance et de bon sens ».
Quid de l’indépendance de la rédaction et donc du journaliste ? Ça, il n’en parle pas, puisque l’indépendance, on vous l’a déjà dit, se situe au niveau de l’équilibre financier, et pas ailleurs. Vu ?

Nicolas Sarkozy conclu enfin son discours en faisant un parallèle douteux don-il s’excuse lui-même : Pour lui, une presse se doit d’être puissante à l’image des partis politiques, et de s’adresser au plus grand nombre. « Ce qui évite de s’adresser à des lectorats de plus en plus fermés, repliés, petits, et qui finit par concerner tellement peu de monde… ».

Bien-bien-bien… Je ne vais pas prétendre vouloir vous expliquer les tenants et les aboutissants de chacune de ces propositions (n’oubliez pas qu’en Sarkoland, proposition fait loi). Non, je ne suis pas assez calé pour ça. D’autres seraient à même de le faire, et je pense notamment à une ou deux amies lectrices dont la chose journalistique n’est pas inconnue (Monique, Cécile D, votre avis sur la question serait le bienvenu !). Particulièrement en ce qui concerne les questions de portage, de distribution, de gestion des invendus, dont je ne comprends goutte, si ce n’est que ça a certainement un rapport avec le fait que mon Tabac-Presse en bas de chez moi ne vende pas l’Humanité…

Non, sur ces questions là, je préfère me taire. Par contre, en ce qui concerne le fond du travail journalistique et sur la presse en ligne, je crois pouvoir m’autoriser à ouvrir ma bouche.
La presse en ligne, c’est mon pain quotidien. Sans elle, ce blog n’existerait pas. Sans elle, je serais contraint de me contenter des avis édulcorés fournis par une télévision, ou une radio, empêtrée dans des formats régis par la publicité. Sans elle, je deviendrais un citoyen sous-informé, et par là même, un citoyen manipulable. Ce que je me refuse de devenir, bien évidemment.

Bon, on ne va pas se leurrer, nous savons bien que les propriétaires de journaux ont toujours plus ou moins eus la mainmise sur leur personnel, et donc sur le contenu rédactionnel. Ainsi, si demain une quelconque entreprise de maçonnerie, ou encore un groupe gérant des fonds de pensions américains, décide de racheter un journal, on retrouvera bien vite dans ses colonnes des avis étonnamment conformes aux idées dudit maçon, ou desdits retraités… On le sait, mais que voulez-vous, c’est ainsi. C’est la loi du marché et tous les acteurs économiques doivent s’y conformer.
Sauf que, dans ce milieu ultralibéral de l’investissement. Les acteurs ont tous une même idée de monde et de sa façon de fonctionner… Et là, franchement, je ne vois plus trop ou se trouve le respect de la pluralité et de l’indépendance des médias.
Pour Sarkozy le mécénat c’est bien gentil, mais ce qu’il veut voir à la tête des journaux se sont des investisseurs, et des rédactions assujetties à ces mêmes investisseurs. Et moi je crois que cela ne serait pas bon pour la démocratie que tous nos journaux soient dirigés par les mêmes personnes soucieuses de leurs investissements.
L’information, garante de notre démocratie et de nos libertés, serait par trop uniforme et encline à peser dans le sens qui lui convient le mieux. C'est-à-dire dans le sens du consensus public, le sens de l’état.

Voilà. Pour le reste, ma foi, je vous laisse juge. Mais concernant ce point précis, je peux vous dire que les choses s’annoncent mal.

Pour finir, je vous dirais que contrairement à ce que l’on pourrait penser, la presse dont on vient longuement d’évoquer le sort, fait peut écho de ce discours. Le Monde.fr fait état de quelques réactions syndicales hostiles aux propositions du président. Libération.fr retient essentiellement l’abonnement offert aux jeunes de 18 ans, et enfin, Le Figaro.fr insiste sur les moyens mis en œuvre… Aucun de ces médias ne se pose les questions que je me suis posé. Ce qui me laisse à penser que : Soit je perds la tête et je vois des conspirations Sarkoziennes partout. Soit, qu’ils ont autre chose de plus important à traiter…

Allez ! Bon week-end !