Je voulais vous dire…


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samedi 30 janvier 2010

J’ai la nausée…

Le weekend, pas toujours mais souvent, je vais jeter un œil sur quelques sites à ne pas mettre devant tous les publics...
Non, je ne parle pas de sites pornos ! Les sites de cul sont, à mon sens, des exemples de moralité par rapport à ceux que je viens de consulter. Je vous parle des quelques sites d’extrême droite et autres blogs racistes, religieux, négationnistes, antisémites, suprématistes, identitaires, que j’ai dans mes marques pages.

Oh, vous vous doutez bien qu’ils n’y sont pas par simple plaisir pervers de ma part. Non, pour ça j’ai les sites pornos. Ils sont là parce que de temps en temps j’aime à lire ce qui se dit dans ces franges extrêmes de notre paysage politique Français.
Je crois que c’est Sun Tzu qui disait que pour vaincre il fallait avant tout connaitre son ennemi. Aussi, fort de cet adage, je m’oblige à aller consulter régulièrement ce qui s’y passe…

Et ce qui émeut la blogosphère fachisante ces temps-ci, c’est la publication d’un rapport du MRAP, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, intitulé « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme » pour l’année 2009.
Enfin… Quand je dis que ce rapport les émeut, je devrais plutôt dire qu’ils sont fiers de s’y faire épingler. Une association antiraciste est forcément à la solde des lobbys juifs, proaméricains, voire même des « illuminati » et autres Prieuré de Sion. Donc, s’y faire référencer comme un site ou un blog tenant des discours racistes et/ou xénophobes est considéré par ces malades mentaux comme une reconnaissance.

Du coup, vous imaginez bien que je me suis aussitôt mis à la lecture dudit rapport, afin de voir ce qui faisait piailler de joie cette immonde volaille.
Et bien je n’ai pas été déçu ! Il s’agit d’un rapport extrêmement rigoureux (j’aime quand c’est rigoureux !), quasiment exhaustif et très bien documenté qui décrit avec une grande précision tous ce que la toile Française recèle de tordus en tous genres. Tout y est : Des nazis, des antisémites, des négationnistes, des racistes anti-noirs, des racistes anti-blancs, des racistes tout court, des conspirationistes, des anti-conspirationistes, des conservateurs catholiques, des membres du FN, des identitaires régionalistes, des islamistes, des ultra-sionistes, des communautaristes, des laïcistes, des rouges-bruns, des royalistes, des islamophobes…

Bref ce rapport référence et classe tout au long de ses 154 pages, la lie de l’internet Français.

Alors si vous avez un peu (beaucoup) de temps devant vous, je vous invite à le consulter. Non pas, je pense, pour en glaner quelques liens nauséabonds, mais pour y découvrir cette galaxie hétéroclite de blogs et de sites.

Pour ma part, je vous avoue que j’ai eu ma dose. Après avoir lu tout ce que j’ai lu, je suis à la fois nauséeux et un tantinet découragé… Tant de haine… Tant de haine… C’est démoralisant quelque part. On se dit qu’on n’en verra jamais la fin…

Mais bon, je sais qu’une fois que j’aurais digéré tout ça, mes convictions s’en retrouveront renforcées. Demain, je me remettrais en selle pour combattre tous ces extrémismes.
Mais là… J’peux pas, j’ai la nausée.

lundi 25 janvier 2010

L’UMP révèle sa véritable nature, le racisme

Hier, tard dans la soirée, Aslan (ce lion superbe et généreux) m’a transmis un lien vers article de Politis.fr intitulé : « Prêcheur de Haine ».
L’auteur nous interpelle sur la page d’accueil du site de l’UMP et nous signale cette photo (ci-contre) sensée illustrer un article sur la délinquance des mineurs.
« En finir avec l’angélisme » nous dit la légende… et que voyons-nous ? Une « bande » de cinq jeunes vus de dos, marchant sur un trottoir. L’un d’eux porte un sweat à capuche relevée, un autre semble même faire des signes cabalistiques avec ses doigts… Mais ce qui saute aux yeux, ce qui interpelle au premier coup d’œil l’observateur, c’est que tous ces jeunes sont noirs…

Non mes amis, vous ne rêvez pas. Dans l’esprit malade de ces libéraux de merde, lorsqu’il s’agit de parler de la délinquance des mineurs, la première illustration qui leur vient à l’esprit c’est une bande de jeunes, forcément désœuvrée, forcément dangereuse et forcément noire…
Et en plus, ce qui ne gatte rien, il faudrait arrêter de faire preuve d’angélisme auprès de ces bandes désœuvrées, dangereuses et noires qui hantent nos trottoirs ?

Mais c’est quoi cette opinion de MERDE ! C’est quoi cet amalgame honteux ! C’est quoi ce parti qui se permet de publier à la face du pays des photos aussi ouvertement racistes ?

Nom de dieu mais c’est pas vrai ça… !

Pour moi c’est clair, le grouillot qui a mit en ligne cette illustration s’est lâché. Le vernis policé et consensuel qui enrobe habituellement la communication des populistes, a cédé sous la pression. La vraie nature de ces bâtards s’est enfin révélée…

L’UMP n’a rien à envier au Front National puisqu’il utilise les mêmes amalgames et les mêmes grosses ficelles propres à faire bander le beauf moyen.

Alors bien sûr, un umpiste un peu moins tordu que la moyenne, à moins que ce ne soit le contraire, s’est aperçu que la photo faisait tâche sur le beau site du président. Entre 8 et 9 heurse ce matin l’illustration a été remplacée par celle-ci (ci-dessus) et la légende par trop agressive a été revue par la même occasion.

On peut y voir des jeunes, désœuvrés, probablement en train de fomenter un mauvais coup… Ils sont quand même un peu bronzés, non ? Vous ne trouvez pas ?

Une heure plus tard rebelote ! Allez ! C’est pas grave, on change encore ! Et là plus question de prêter le flanc à une quelconque polémique, puisqu’on ne voit qu’un jeune à capuche avec une main blanche…
Ah lala ! C’est dur la communication ! Surtout lorsqu’on est obligé de cacher ses intentions pour ne pas tomber sous le coup de la loi…

mercredi 23 décembre 2009

Jean-François Copé court-circuite le débat sur la burqa

Jean-François Copé est un homme intelligent et ambitieux. Ça, il faudrait vraiment être aveugle, sourd et débile pour ne pas l’avoir remarqué et l’accepter. C’est pour cela que lorsque celui-ci fait une connerie, ou quelque chose qui ressemble à une connerie, il faut toujours se demander pourquoi il l’a faite. La meilleure des façons d’appréhender le gus est encore de se dire qu’il ne fait pas de connerie, jamais. Il avance ses pions, c’est tout.

Donc, demandons-nous pourquoi Monsieur Copé a décidé de court-circuiter la mission parlementaire chargée de se prononcer sur le port de la burqa en déclarant vouloir déposer dès janvier un projet de loi sur le sujet.

Une mission qu’il appela de ses vœux, rappelons-le. Enfin… Appeler de ses vœux n’est peut-être pas l’expression adéquate… Disons que par respect pour l’institution à laquelle il appartient, il ne pouvait faire autrement que de privilégier sa paroisse ainsi que son fonctionnement.

Sauf que la commission en question planche depuis six mois sur le sujet, et que probablement le Copé trouve que cela suffit. Deux hypothèses me viennent à l’esprit pour justifier de cette précipitation :

La première est que JF s’inquiète de ce qui peut ressortir des débats de cette commission. Peut-être qu’il considère que le procédé démocratique risque de ne pas aboutir à ce qu’il souhaite depuis le début, à savoir une loi forte interdisant le port du voile intégral aussi bien dans les lieux publics que dans la rue.
Il est vrai que le problème est complexe puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de restreindre une liberté au nom de… la liberté. C’est kafkaïen comme dilemme. Et même, sans être spécialiste en droit constitutionnel j’aurais tendance à penser que la philosophie de nos différents textes fondateurs, tolérants par nature envers les croyants de tous poils, ne nous permettrait pas d’arriver à une telle extrémité.
Comme sur le sujet de la votation suisse, nous parvenons sur ce type de confrontations, aux limites de ce que la démocratie propose.

Ma deuxième hypothèse est que le Copé n’a pas agit seul comme la presse semble le dire, mais sur commande du grand patron et au nom de l’UMP toute entière…
Le but, endiguer la fuite d’une partie de son électorat que le débat sur l’identité nationale aura renvoyé vers ses premiers amours, à savoir l’extrême droite.
Et oui, c’est bien ça qui est marrant dans l’histoire. Sarkozy a voulu proposer un os à la frange nauséabonde qui compose sa piétaille de base, mais il n’aura réussit qu’à lui rappeler qu’après tout l’UMP n’est pas le FN… Les derniers sondages sont édifiants, la bête immonde que l’on croyait définitivement absorbée, digérée par Sarko, est en pleine renaissance depuis quelques mois. Et dans le contexte des régionales qui s’annoncent, il est hors de questions de partir à la bataille avec un FN à 10% comme cela semble se dessiner.
Donc, branle-bas de combat, hissez haut les couleurs, et montrons à ces peigne-culs que les Le Pen père et fille, ne sont pas les seuls à vouloir bouter le bougnoule hors nos murs.

Laquelle de ces deux hypothèse est la bonne ? Connaissant (un peu) la politique j’aurais tendance à dire les deux mon capitaine.

En attendant, la presse main-stream se focalise ce matin sur l’apparente contradiction du sieur Copé. Rien ne semble plus important que ça, relever le double langage et les postures ambigües… Pourtant, depuis le temps, ils devraient quand même savoir que ces politiques n’ont pas vraiment de figures, et que se faire prendre en flagrant délit de double langage ne leur fait plus ni chaud, ni froid. Seul compte l’ambition.

Et l’ambition du moment, c’est de faire perdre un maximum de régions à la gauche dans trois mois.

lundi 21 décembre 2009

Tout fout le camp

Tout fout le camp en cette pénultième semaine de l’année, vous avez remarqué ? C’est dingue comme les choses s’accélèrent, un peu comme si quelqu’un tenait absolument à nous pourrir l’année jusqu’au bout du bout.

Il neige en hiver pour la plus grande grand joie des enfants mais au grand désespoir des beaufs moyens qui critiquent les incuries de l’Etat. Ceux-là même qui votent UMP et prient tous les dimanches pour la réduction de la dette par la baisse des dépenses publiques… Sombres crétins égoïstes qui ne voient pas plus loin que leurs petits ennuis personnels sans comprendre qu’ils en sont la cause…

Le Show de l’année, The moment de vérité, le sommet de Copenhague qui ne déboule sur rien, même pas une photo de groupe, puisque tout le monde semble avoir autre chose à faire que de s’occuper vraiment des enjeux écologiques de ce monde. Une catastrophe, une honte, un formidable gâchis ; Les superlatifs ne manquent pas pour décrire cette fumisterie.
Pourtant, si ceux-là même qui crient à l’injustice mondiale avaient pris la peine de réfléchir deux minutes, ils n’auraient sans doute pas misé tant d’espoir sur ce sommet… Ce n’était pourtant pas si compliqué de deviner qu’il ne pouvait en être autrement.

Ce dernier trimestre aura vu se multiplier, ce que d’aucuns nomment, des dérapages verbaux, et que moi j’aurais tendance à appeler des déclarations révélatrices. La faute à cet immonde débat sur l’identité nationale qui donne des ailes aux racistes de tout poil. Sous prétexte de donner la parole au peuple, les crétins décérébrés se croient autorisés de migrer des comptoirs des bistrots qu’ils fréquentent habituellement pour déblatérer leur haine en plein sur la place du village… Avec la bénédiction d’un gouvernement qui ne souhaite qu’une chose, décréter que ces voix avinées sont celles de la France toute entière et se servir d’elles pour instaurer encore plus de sécurité et de libéralisme…

Et vous voulez que je vous dise ? Ce n’est pas fini. L’année prochaine sera encore pire.
Mettez-vous ça dans le crâne dès maintenant, cela vous évitera des désillusions.

Bon, je sais que ce que je raconte là n’est pas très gai pour un lundi matin. Mais que voulez-vous, c’est bien tout le sentiment que m‘inspire cette fin d’année…
Par contre, si cela peut vous remonter le moral, je peux vous dire qu’en ce qui me concerne ce n’est pas parce que les choses s’annoncent sous de sombres auspices que j’ai l’intention de baisser les bras !

Je continuerais à pousser mes gueulantes puisque qu’apparemment la majorité continue d’être sourde…

Allez ! Haut les cœurs ! Et faites gaffe en sortant de bien vous couvrir, parce que dehors, il caille !

lundi 30 novembre 2009

La Suisse aux limites de la démocratie

J’aime bien la Suisse. C’est vrai, c’est un pays qui m’a toujours plu…
J’ai été frontalier pendant quelques temps, et cette proximité helvétique me rendait… Comment dire… Je me sentais comme un français un peu à part. Pas vraiment à cheval sur deux cultures ou deux pays, mais j’avais la chance de partager un peu de ce qui fait le particularisme d’un autre pays.
Bien sûr, ça passait d’abords par la télévision. Moi qui avais l’habitude de zapper entre six ou sept chaînes françaises, je me retrouvais avec trois autres chaînes helvètes. Une occasion de parfaire mon italien, de m’initier modestement à l’allemand, mais surtout d’apprécier la TSR… Une des meilleures chaînes de télé généraliste qu’il m’est été donné de voir entre nous soit dit. (Je vous parle des années 94-97, je ne saurais dire s’il en est de même maintenant).

Bref, tout ça pour dire que j’aimais bien voir mes voisins à travers l’étrange petite lucarne… Parce que dans les faits je n’allais pas leur rendre visite tous les jours non-plus. A part pour refaire le plein d’essence (20% moins chère à l’époque) et acheter des Toblerones au chocolat noir (on n’en vendait pas en France à l’époque. 70% de cacao… Mmmm !), et de temps en temps aller boire une bière sur les bords du lac, je n’y mettais pas vraiment les pieds.
Donc on pourrait dire que je suis très peu au fait des coutumes suisses, même si je pourrais rétorquer que le prisme de la télé est quand même assez parlant.

Ce que je sais (savais) de la Suisse, c’est que c’est un beau pays avec de très belles montagnes et un folklore aussi beau. On y pratique le multiculturalisme comme une religion d’état, avec quatre langues officielles, et vingt-six cantons quasi indépendants.
Mais comme d’autres pays où se pratique le communautarisme, les gens ont tendance à vivre à côté les uns des autres et pas vraiment ensemble. Les Suisses Romands détestent les Suisses Allemands et les deux ensembles méprisent les Suisses Italiens…
Pour s’en convaincre il suffit d’écouter quelques blagues romandes sur les compatriotes d’outre-Sarine, et vous comprendrez de quoi je parle… Même nos blagues interrégionales sont des billets doux par rapport à ça. C’est violent, méchant et extrêmement humiliant. Bref, comme son nom l’indique, la Suisse est une confédération. Un assemblage de bouts hétéroclites qui tient, dieu seul sait comment, depuis 1291…

Et c’est donc dans ce pays bizarroïde (pour nous Français) que vient d’avoir lieu une votation sur un sujet extrêmement sensible. L’interdiction de la construction de nouveaux minarets propres à satisfaire les 400 000 musulmans helvètes.

57,5% des votants on accepté ce texte demandant à ce qu’il soit inscrit dans la constitution fédérale l’interdiction de la construction de nouveaux minarets sur le sol national.

Alors, plutôt que de discuter sur le résultat de la votation et sur ses implications morales autant que politiques sur notre propre sol, ce que j’imagine nombre de blogs vont se mettre à faire aujourd’hui, je voulais plutôt revenir sur le processus démocratique qui a amené à cette décision lamentable. (Ben oui, à un moment il faut bien que je le dise…)

La Suisse est une démocratie semi-directe. Cela veut dire (en simplifiant) que le peuple à le droit par le biais de votation d’initiative populaire de s’opposer aux décisions de son gouvernement, mais aussi de proposer à son tour des lois.
Autant le premier de ces droits me semble hautement profitable pour tout le monde et il serait bien que nous nous en inspirions, autant pour le deuxième je constate amèrement qu’il peut conduire à des dérives graves.

Je ne sais pas si vous vous le rappelez, mais nous venons nous-mêmes en France d’acquérir ce droit… C’était l’année dernière. Bon d’accord la loi organique sensée le mettre en œuvre n’a toujours pas été votée… Mais bon, elle existe quand même.

Notre loi à nous dit que pour qu’un référendum d’initiative populaire ait lieu, il faut qu’il réunisse deux conditions : L’approbation de 1/5 des membres du parlement ET la signature de 10% de l’électorat soit 4.5 millions de personnes.
En Suisse c’est différend puisqu’il suffit pour qu’une votation fédérale soit organisée que 100 000 personnes en expriment la volonté.

Je crois que ce dimanche nous venons de toucher aux limites de la démocratie participative… Car il a suffit qu’une bande de tout à fait minoritaire de péquenauds apeurés présente un texte, appuyé en cela par une droite populiste et raciste aux méthodes de communication efficaces, pour que la majorité l’approuve sans sourciller. Pire, qu’elle révèle ses pires instincts.

Que ce serait-il passé si notre pays avait été soumis au même choix ? C’était la question que me posait Monique dans un de ses commentaires. Franchement je ne sais pas… Vraiment, je ne sais pas. Mais en tous cas, je sais que cette perspective me fout une trouille bleue.

Je dirais que si certains pensaient que les conditions d’applications d’un référendum d’initiative populaire en France étaient par trop drastiques, je pense que nos voisins helvètes viennent de nous démontrer que ces conditions sont essentielles. Elles sont essentielles pour justement empêcher ce qu’il vient de se passer de l’autre côté du lac… Juste là, chez nos voisins et amis.

Pour finir, je tiens à saluer un de mes nouveaux lecteurs Igor, Suisse de son état. Et qui en ce lundi matin ne doit plus trop savoir s’il doit être fier de son pays ou pas… Libération titre ce matin : Le vote de honte.
Igor, nous tous ici sommes de tout cœur avec toi.

vendredi 27 novembre 2009

Soyons honnêtes, Chirac est un vieux beauf

Si vous êtes comme moi un amateur gourmand du grand Journal de Canal, et plus particulièrement des amuse-gueules de Yann Barthes, vous n’avez certainement pas pu échapper à la petite vidéo montrant Jacques Chirac en pleine… Comment dire… C’est bien ça le problème, on ne sait pas trop comment qualifier cette remarque prise sur le vif…

Bon, je vous la remets histoire de resituer les choses.



Alors c’est quoi ça ? Ça veut dire quoi ces mots ? C’est du racisme ? De la connerie ? Des préjugés ? C’est quoi exactement ces paroles qui sortent de la bouche de notre ancien Président de la République et membre du Conseil Constitutionnel ?

Ce n’est pas si évident que ça de répondre à ces questions… Et c’est tellement si peu évident que je n’ai pas beaucoup lu sur le sujet depuis que cette vidéo est sortie.
Au début, lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai bondit. J’avais encore en tête la saillie de l’ineffable Hortefeux sur les auvergnats et aussitôt mon esprit à fait le rapprochement. Et puis, quelques jours plus tard (c'est-à-dire ce matin…), alors que je m’apprêtais à pondre quelque chose sur cette affaire et me lancer dans une diatribe venimeuse sur le racisme et sur la différence de traitement qu’il existait entre le Sinistre Hortefeux et l’ancien Président, je me suis mis à réfléchir…

Si la vidéo n’a pas fait le buzz que je croyais qu’elle ferait, c’est peut-être parce que finalement ce qu’elle nous dit n’est pas que Chirac est un raciste de première, mais peut-être simplement un vieux con.
Un vieux con bourré de préjugés.

Lorsque Chichi demande au jeune homme d’où il est, je pense qu’il s’attendait à ce que celui-ci lui réponde en lui citant son pays d‘origine. Manque de bol, son pays d’origine c’est la France, mieux c’est le patelin d’à côté… Le vieux s’en trouve alors déstabilisé et maladroitement essaye d’exprimer son trouble. Rien de bien méchant là-dedans en fait, si ce n’est l’évidence de son schéma de pensée archaïque. Les basanés sont forcément des étrangers.

Donc, ce n’est pas vraiment du racisme, il faut bien le reconnaitre. C’est juste de la connerie. De la bonne connerie bien franchouillarde. Tout amoureux des arts premiers qu’il est, Jacques Chirac a toujours flirté avec la beaufitude teintée de xénophobie qui est le propre malheureux d’une bonne partie de notre société Française. On se souvient tous du « Bruit et l’odeur ». On remarquera simplement que la sagesse ne vient pas obligatoirement avec l’âge.

Ce constat étant fait, je vois deux façons d’envisager les choses.

On pourrait se dire avec optimisme que ce genre de discours est l’apanage des vieilles générations et se contenter de le regretter. Les vieux cons ont l’avantage d’être vieux, c'est-à-dire qu’ils ne devraient pas durer encore bien longtemps… Attendons un peu et demain, avec du bol, on ne devrait plus avoir à supporter de tels propos. Sauf que ces mêmes mots, ces préjugés débiles, ont les retrouves malheureusement dans la bouche de personnes plus jeunes… N’est-ce pas monsieur Valls ?

Ou alors, on pourrait voir les choses sous un angle pessimiste. La connerie n’est pas une question d’âge. Elle est universelle. Il y aura toujours du racisme et des préjugés car il y aura toujours des cons… Triste perspective s’il en est, et pour ma part, j’aurais malheureusement tendance à envisager cette seconde possibilité.

Mais en tous cas, ce qui est sûr c’est que ces mots ne sont pas comme le décrit le porte parole de l’UMP, Dominique Paillé, de « l’humour ».

Car la connerie n’est pas drôle, jamais.

samedi 12 septembre 2009

Quand le net fait le job des journalistes

Quelques mots en ce samedi ensoleillé (encore !) concernant la vidéo qui fait scandale depuis deux jours sur la toile et dans les médias officiels. Je vous parle bien sûr de la vidéo où l’on découvre sans réel étonnement que le Sinistre Hortefeux n’est qu’un putain de raciste.
Je dis sans réel étonnement, car à mon sens pour avoir été responsable de « l’intégration et de l’identité nationale » il vaut mieux en être un, ça correspond mieux au profil...

Mais bon, je pense qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur la déclaration car je considère qu’elle se suffi à elle-même. Ce que dit ce sale type est inacceptable et impardonnable, et cela mérite au mieux une démission immédiate, au pire un procès pour incitation à la haine raciale.

Non, ce qui m’interpelle ce matin, c’est le traitement qui a été réservé à cette information, et le questionnement qui en découle.
Reprenons ensemble, si vous le voulez bien, le fil des événements :

Acte un : Une vidéo apparait sur Dailymotion relative à une conversation ayant eut lieu le samedi 5 septembre pendant le Campus des jeunes militants UMP. La vidéo est de piètre qualité et laisse à penser qu’elle a été prise par un téléphone portable. On ne distingue pas tous les propos qui ont été échangés mais à l’aide d’un sous-titrage, on arrive cependant à saisir les paroles malheureuses d’Hortefeux.

Acte deux : Aussitôt, les sites communautaire ainsi que les blogs se saisissent de l’affaire et font monter le buzz. Moi-même, je mets la vidéo en ligne dans ma colonne de droite avec le commentaire lapidaire et néanmoins explicite : « Connard ! ».

Acte trois : Le lendemain de sa parution, les médias nationaux se saisissent également de l’affaire et diffusent la vidéo. La diffusion est accompagnée des réactions de politiques d’opposition, notamment Martine Aubry et Benoit Hamon. On découvre également les premières explications du ministre impliqué.
Ces explication sont quelques peu capilotractées, mais en gros tout le monde se trompe parce qu’en fait il ne parlait pas des arabes mais des auvergnats… tout ça.

Acte quatre : Les témoignages affluent dans la journée d’hier pour dédouaner le ministre de l’intérieur. Les membres du gouvernement issus de l’immigration sont mis à contribution et clament que celui-ci n’est en aucun cas un raciste, mais une personne à l’humour caustique… Pour clore définitivement le débat, le jeune impliqué dans l’histoire se fend d’une autre vidéo où il proclame l’innocence du ministre, et qu’en ce qui le concerne, il n’y pas plus d’insulte que de raison de faire autant de polémique.

Acte cinq : En fin de journée, on apprend que la chaine Public-Sénat était présente lors de l’événement, et qu’elle avait filmé la même scène. Sur les recommandations du président de la chaine Gilles Leclerc, et contre l’avis des journalistes, la vidéo reste pendant cinq jours sur les bancs de montage et ne sera pas diffusée. Devant la pression médiatique, Public-Sénat diffuse enfin la scène dans son intégralité lors du journal de 18H00. Là, plus aucun doute sur l’intention réelle du propos. L’image est claire et le son de qualité. (cinq premières minutes)


18h00 : Hortefeux, la vidéo de Public Sénat
par publicsenat



Mieux encore, au Soir3 sur la chaine publique France 3, le journaliste Jean-Michel Blier fustige l’internet qu’il accuse de véhiculer des « rumeurs » et d’être proche du « caniveau », par opposition aux informations dument recoupées et confirmées par les journalistes.

Acte six : Ce matin, Brice Hortefeux répond au journal Libération «Pour qu’il y ait excuse, il faudrait qu’il y ait faute». Le ministre continue de nier les faits malgré l’évidence. Les médias internationaux relatent à leur tour l’affaire : The New York Times, Le Guardian, El Pais, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, notamment, consacrent des articles à cette affaire.

Alors, ce qui m’interpelle moi ce matin, c’est la légèreté avec laquelle cette information a été traitée par les médias professionnels. Tout d’abord les déclarations du ministre de l’Intérieur en exercice ont été tenues cachées par un grand média d’information citoyenne, et ce pendant six jours. L’info filtre néanmoins et fait le buzz sur la toile. En moins de 24 heures, la vidéo va être critiquée, mise en doute quant à son objectivité, et démentie par l’intéressé. Les médias conventionnels vont même se permettre de critiquer ce buzz et défendre la sacro-sainte objectivité du journaliste !
Et pendant ce temps là, tout est fait pour désamorcer la situation. Du plus simple, en faisant intervenir tout un tas de membres du gouvernement qui défendent la sincérité du ministre, au plus tordu en utilisant le petit jeune lobotomisé par la propagande UMP.

Au final, je crois pouvoir affirmer que nous avons fait le job à la place des journalistes.
Nous, les acteurs du web. Les internautes et les blogueurs, nous avons joué ce que je considère être notre rôle. Un rôle de vigie et de propagateur d’information.

Certes, tout ce qui circule sur le web n’est pas forcément juste ni de bon goût. Mais lorsque notre action collective permet de faire éclater la vérité, et bien je puis vous dire que je suis quelque peu rassuré sur notre futur… Cela veut dire que tant qu’il y aura du web, il y aura de la démocratie.

Portrait Hortefeux signé Rimbus.