Je voulais vous dire…


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samedi 11 septembre 2010

Un peu d’air

France Inter n’est plus en odeur de sainteté chez moi depuis l’épuration de l’année dernière... Porte s’est recasé chez @rrêt sur Image, Guillon s’est exilé on ne sait où... Demorand que j’appréciais au demeurant (sic !) jusqu’à ce qu’il s’en prenne au deux précités, s’est réfugié sur une radio réactionnaire qui convient mieux à sa nouvelle doxa, Europe 1 pour ne pas la nommer...
Reste quelques résistants parmi lesquels Daniel Mermet bien sûr, que je continu à écouter sur son site dédié... Et François Morel.

Alors, avant que de vous laisser pour une bonne quinzaine de jours, je voulais vous faire partager cette saillie que je trouve ma foi fort bien troussée. Du bon Morel, à déguster sans modération.


Bon, on se retrouve aux alentours du 26 septembre. Moi, pendant ce temps là je vais aller faire mumuse en territoire celte. Après trente-six années de Provence méridionale, je vais effectuer une espèce de retour aux sources lointaines qui me donnèrent mon prénom, et quelque part, une petite partie de mes racines...

Allez, kenavo les amis, et bon vent à moi !

Découvrez la playlist Renaud avec Renaud

jeudi 2 septembre 2010

Didier Porte is back !

Et oui Didier Porte is back, et j’ajouterais pour faire bonne mesure que ça fait du bien.

Le seul souci c’est qu’il officie dorénavant sur le site d’@rrêt Sur Image avec lequel je suis fâché...
Comment ? Vous ne saviez pas ? Ben oui, @rrêt Sur Image et moi on n’est plus copain depuis que l’émission, après avoir été viré de France 5 a migré sur le net dans une formule payante.

Je l’avoue, presque sans honte, que le payant et moi, ça fait deux. En tous cas en ce qui concerne le net, et plus particulièrement quand il s’agit d’un site qui a pour vocation d’éclairer le public sur les tenants et les aboutissants de la politique médiatique...

J’ai l’impression, fausse peut-être, que ce genre de procédé entérine une espèce de clivage, une France à deux vitesses selon l’expression consacrée. D’un côté ceux qui ont les moyens de se tenir informés, et de l’autre les autres, pauvres hères, qui cumulent ainsi pouvoir d’achat maigrichon et information de mauvaise qualité.
J’ai beau connaitre un peu la logique comptable des médias sur le net, je n’arrive pas à me faire à l’idée de payer pour être plus informé que les autres... Je ne trouve pas ça très juste, ni très sain.

Mais bon, ce n’étais pas là le sujet du jour puisqu’il s’agissait seulement de vous proposer la diatribe de Porte qui, je ne sais pas pour vous, m’avait bien manquée pendant l’été.
Reste à savoir si toutes ses interventions (chaque jeudi a priori) le seront de la même manière. A savoir libres de droits et exportables à l’envie !

Tien au fait, et Guillon vous avez des nouvelles ? Il bosse où maintenant ?

mercredi 1 septembre 2010

C’est la rentrée !

Tout à ma lassitude post estivale et à mes projets d’embarquement j’ai laissé passer la rentrée médiatique dis-donc !

Alors deux choses pour illustrer cette rentrée.
Tout d’abords, du léger, du primesautier (j’aime bien ce mot) car il s’agit de l’arrivée d’une nouvelle Miss Météo pour le Grand Journal de Canal Plus. Il s’agit de Charlotte Le Bon, ex-mannequin et québécoise.
Belle (of course), pétillante et brune ce qui ne gâche rien, bien au contraire. Depuis lundi soir je suis sous le charme !

Bon, ça c’est fait...

Ensuite du plus grave, et qui n’a aucun rapport avec le minois joli de Charlotte, c’est la rentré chez Là-bas si j’y suis également.
Dernier bastion de la contestation sur France Inter après l’épuration du printemps dernier, Daniel Mermet y poursuit son combat et commence l’année en tapant très fort.

A écouter sans réserve sa première émission de la saison sur la problématique Roms, et l’inévitable comparaison avec des événements historiques pas si lointains que le comportement de ce gouvernement nous oblige à faire...

Besson, et Hortefeux avant lui, mérite de plus en plus le surnom dont je l’ai affublé : Ministre de l’Epuration Nationale !

lundi 23 août 2010

RMC : La Radio qui Marche dans le Caniveau

RMC, c’est pas ma radio... On pourrait aisément le croire étant donné la proximité qui est la mienne par rapport à la principauté, mais non.

D’ailleurs je n’ai pas de radio, comme ça l’affaire est réglée. Ce n’est pas dans mes habitudes. Enfin, ce n’est plus dans mes habitudes pour être précis.
En fait, lorsque j’étais enfant, la radio était quasiment allumée en permanence... RMC dans la maison et Europe 1 dans l’atelier de mon père. C’était LE média de référence, la télévision n’étant allumée que le soir. La journée était donc rythmée par les émissions, entrecoupées de plages de réclames.
Puis, à l’adolescence je me suis orienté vers les radios FM. Plus de musique, moins de blablas...
Avec l’âge et la part de plus en plus importante que prenait la publicité sur les ondes j’ai laissé tomber, me contentant de l’écouter de temps en temps lors des trajets en voiture. Et puis lorsque j’ai emménagé dans mon présent domicile cerné de collines et où la réception est plutôt mauvaise, et que j’ai vendu la voiture, j’ai carrément arrêté de l’écouter.

C’est avec internet que je suis revenu vers la radio... Pour écouter des émissions spécifiques en horaires décalé essentiellement. Comme Là-bas si j’y suis par exemple.

Mais bon, je m’égard là... Si je vous parle de ça c’est parce qu’hier je suis tombé sur une émission de radio comme je n’en n’avais jamais écouté... Un truc de ouf. Et si j’ai fait ce petit préambule, c’est pour que vous compreniez pourquoi je suis resté sur le cul. En clair, j’ai pas l’habitude d’écouter des trucs pareils.

Il s’agit de l’émission « Les grandes gueules » sur RMC.

Soyons clairs, je ne suis plus un perdreau de l’année. Je sais très bien que chaque radio a sa connotation, sa couleur politique, et que selon l’invité que les journalistes auront à interviewer, ceux-ci seront plus ou moins vindicatifs ou complaisants. C’est le jeu, et il serait puéril de croire encore qu’il en est autrement.

Cependant, ce que j’ai entendu lors de cette interview de Mélenchon frise à la fois le ridicule et l’outrance. L’outrance ridicule on va dire.
Autant de... poncifs débités à la minute, moi ça me sidère. Autant de mauvaise foi affichée, de mépris même, je ne pensais vraiment pas que ça existait.

Et que dire de la bassesse du procédé qui consiste à faire réagir l’invité en lui mettant dans les pattes une auditrice border-line, histoire de le faire réagir dans l’affect et non-plus dans la raison... C’est carrément abject.

Mais bon, le Méluche s’en sort bien et démonte un à un les pièges qui lui sont tendus. Du grand Mélenchon.

mercredi 28 juillet 2010

Mais Keskidizes ?

Je ne peux résister à l’envie qui m’étreint de faire circuler cette bluette frappée au coin du bon sens.
Je m’étais posé furtivement la question ce matin en écoutant les infos et en notant cette même contradiction dans deux éditions différentes du journal permanent d’I-Télé.

Le Post l’a relevé et mis en image.

Et Aliciabx le met en ligne pour que finalement vous en profitiez ici aussi...


Chiffres du chômage: ça sent l'embrouille!
envoyé par LePostfr. - L'info video en direct.


C’est beau une information qui circule, hein ?

mardi 6 avril 2010

Mon ami Philippe agressé par des cathos fanatiques !

Nom de Dieu de bordel de merde ! Aujourd’hui je vous préviens que je ne vais pas y aller avec le dos de la cuillère. Oreilles chastes et âmes sensibles, passez votre chemin parce qu’il va y avoir du sang sur les murs et des larmes de douleurs !

Figurez-vous qu’hier au soir, ou plutôt très tôt ce matin comme vous voulez, j’étais sur le point d’aller faire dormir mes yeux lorsque j’ai eu la curiosité de consulter mon téléphone portable... Bien m’en a pris, puisque j’avais un message en attente. La tête dans le cul, je pianote pour afficher ledit message et j’y lis que mon ami Philippe s’est pris des marrons dans la gueule.
Pour tout vous dire, sur le coup je n’ai pas vraiment réalisé... Je devais déjà être dans une période de sommeil paradoxale et mon corps n’aspirait qu’à une chose : Se reposer.
Mais ça m’a turlupiné quand même, puisque la première chose que j’ai faite ce matin en allumant mon ordi c’est d’aller voir sur la TéléLibre ce que pouvait bien être cette agression dont on me parlait...

Et là je découvre qu’alors que John-Paul Lepers tournait avec son équipe un reportage dans le cadre de la série documentaire « JPL en camping-car » (Sur France 4) intitulé « Parlons de l’Islam », ceux-ci ont été agressés physiquement par une bande de connards cathos de merde, et que mon ami Philippe a été blessé.

Là, mon sang n’a fait qu’un tour, et je vous prie de croire qu’il n’a pas finit de tourner ! Il a prit tellement de vitesse que ça va lui prendre au moins la journée pour se calmer.

Bon, pour connaitre les faits exacts vous n’avez qu’à faire comme moi et aller jeter un œil sur le site de la TéléLibre, ou encore ici ou . Moi, mon propos d’aujourd’hui n’est pas de faire de l’information mais de pousser une gueulante.

Et notamment dénoncer encore une fois cette religion de merde qui n’a qu’une seule et unique ambition, polluer les esprits des plus faibles. Car ne nous leurrons pas, il ne s’agit pas là d’une réaction excessive de quelques illuminés « intégristes » ou « traditionalistes », mais bel et bien de la conséquence normale de cette intoxication mentale qu’est la religion.

Alors c’est vrai que JPL est agaçant. Mais c’est vrai aussi que pour arriver à le comprendre il faut être capable d’avoir plus de deux neurones mis bout à bout.
C’est vrai que la provocation c’est en quelque sorte son credo... Mais cette provoc’ ne sert qu’à une seule chose, faire tomber la barrière des comportements policés et hypocrites et révéler la vraie nature des gens.
Et là, pour le coup on l’a vu la vraie nature de ces catholiques... Pfuit ! Envolée la compassion du Christ ! Disparu l’amour de son prochain !

D’autant que si j’ai bien compris le responsable de l’agression ne serait autre que l’abbé Xavier Beauvais en personne ! Membre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, grand défenseur de Mgr Williamson, de Benoit XVI... Le genre de prêtre qui, lorsqu’il parle des scandales de pédophilie qui éclaboussent la chrétienté s’empresse de mettre des guillemets à « pédophile » et minimise la portée de telles dérives...

J’t’en foutrais moi de ces grenouilles de bénitier !

Le pire dans tout ça, enfin ce qui m’énerve le plus, c’est cette espèce de mode contemporaine qui consiste à fustiger tant et plus la profession de journaliste... Ca, ça me gonfle mais à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Si on s’attarde à lire les commentaires des articles que je vous ai indiqué, on constate avec effarement que nombreux sont ceux qui jouissent de voir des journalistes se faire insulter, bousculés, agressés... (C’est comme Mélenchon tien... Quel abruti lui-aussi !)

Il va peut-être falloir que les gens se rendent compte que les journalistes sont les garants de nos libertés, de notre démocratie aussi bancale soit-elle. Bien sûr que certains sont des suppôts de la désinformation et de fieffés manipulateurs, mais ce n’est pas une raison pour jeter l’opprobre sur toute une profession.

Alors vous allez me dire que je ferais bien d’appliquer mes paroles pleines de mesure aux croyants de tous poils... Et bien je vous répondrais que ce n’est pas pareil, car la religion c’est de la merde. Point barre. Et ceux qui la pratiquent de putain de malades mentaux.

Vous n’êtes pas d’accord ? Je m’en tape.

Alors pour finir je souhaite un prompt rétablissement à mon ami Philippe qui s’en est pris une pendant la rixe. Je souhaite surtout que la plainte qui a été déposée contre ces fanatiques aille jusqu’à son terme, et que justice soit faite !

Allez mon Philippe ! T’inquiètes pas, on les aura !

mercredi 10 février 2010

Au grand Journal de Canal Plus, Frêche se ridiculise une fois de plus

Salut tout le monde !

Bon, ce matin j’avais prévu de vous parler d’autre chose, mais je me suis laissé déborder par le temps, et des impondérables me sont tombés sur le coin de la figure… Donc on va faire bref et lapidaire.

Est-ce que vous avez vu la prestation de Georges Frêche au Grand Journal de Canal Plus hier au soir ? Vous l’avez vu ? C’était bien hein ?

C’était bien… Putain que oui c’était bien… Quelle maestria dans l’arrogance ! Quelle maitrise du verbe et de l’argumentation !

J’espère qu’après ça la clique socialiste qui défend bec et ongle ce gros tas de merde, aura enfin compris quel homme bouffi d’orgueil suffisant il est. Mais bon, mes espoirs risquent d’être déçus, puisque je m’aperçois que même Juan de Sarkofrance a réussi à lui trouver un côté « fier et combattif »… Ce qui donne un tout nouvel aspect à cette gauche tiédasse que j’exècre tant : Déjà qu’elle aimait flirter avec le libéralisme, la voilà à genoux devant le populisme.

Plus rien dorénavant ne la différencie vraiment de la droite.

Donc, PS-UMP même combat !

mardi 26 janvier 2010

J’ai zappé !

Bon ! J’imagine que ce matin, la plupart des blogs qui causent de politique vont disséquer la parole présidentielle et analyser la prestation télévisuelle d’hier au soir.
Après avoir lu ce qui était déjà publié à cette heure, aussi bien sur les blogs que dans la presse main-stream, j’ai décidé de m’abstenir pour ma part…

Non-pas que n’aurais rien à en dire (loin de là), mais si vous voulez vraiment savoir ce qui a été dit, et bien vous n’avez qu’à vous balader dans la blogosphère et je suis sûr que vous allez trouver de bien meilleures plumes que la mienne pour assouvir votre soif de connaissance. Ou de moins flemmardes, au choix.

En plus, je vous l’avoue, j’ai zappé au bout d’une demi-heure… Ben oui, j’ai trouvé que les aventures du jeune Anakin skywalker et de la reine Amidala étaient bien plus intéressantes que la logorrhée Sarkozienne.

Ah ouais quand-même, un truc.

Parmi le « panel » choisi pour tenir la dragée haute à notre nano-crétin il en est un qui, à mon sens, à parfaitement résumé cette soirée. C’était après l’émission devant les caméras d’I-Télé : Il a dit :

« Il a donné l’impression qu’il a entendu ce qu’il avait à nous dire. »

On ne saurait mieux dire n’est-ce pas ?

Ps : Si vous avez un moment, je vous invite à lire cet article de France-Soir… Poignant.

vendredi 22 janvier 2010

Le pire ordinaire devient extraordinaire

Rien aujourd’hui. Sorry, mais je sèche complètement !

Alors juste pour dire que j’aurais publié quelque chose en ce jour, et bien je vous mets une vidéo que m’a conseillée Monique… Voilà…


Mompontet : Haiti le pire ordinaire devient extraordinaire
par peanutsie



Moi je trouve quand-même bien que sur le service public on trouve encore de bonne analyses, sans complaisance, en dehors du cirque médiatique… Ouais, c’est bien...

lundi 14 décembre 2009

Berlusconi s’en prend une et moi je me pose des questions…

Salut tout le monde ! Vous avez passé un bon weekend ? Bien… Tant mieux !
Pour attaquer cette semaine du bon pied, on va parler un peu de l’agression dont a été victime Silvio Berlusconi hier.

Bon, tout de suite, histoire de mettre les choses au clair, je vous le dis cash, c’est bien fait pour sa gueule.
C’est vrai quoi, je ne vais quand même pas pleurer sur le sort de ce petit Mussolini de pacotille ! Et je vais même vous dire, pour que les choses soient bien claires entre nous, non seulement je n’ai pas envie de pleurer, mais en plus j’en ressens une profonde satisfaction.

Bien, ceci étant dit, à la lecture de la presse en ligne de ce matin, et surtout des commentaires qui en a été fait, je me rends compte que les réactions suscitées par cette agression peuvent être divisées en deux catégories grossières :

Il y a ceux qui s’en réjouissent (comme moi) et ceux qui la déplore…

La première de ces catégories est monolithique. Ceux qui pavoisent à la vue du visage ensanglanté de ce malfaisant sont entiers. Pour eux, qu’importe le moyen, ce qui est important c’est que l’être honni souffre…

La deuxième catégorie elle, se divise en deux sous-catégories.
Ceux qui sont partisans de Berlusconi, bref des connards de droite, et ceux qui ne sont pas fans mais qui bannissent toute forme de violence dans l’expression de leur opinion politique.

C’est cette dernière sous-catégorie qui m’interpelle.
De quoi est-elle faite ? Quels sont les personnes qui la composent et pourquoi ont-ils gardé cette conviction que rien ne doit s’obtenir par la violence ?
C’est quand même très judéo-chrétien comme conception des choses… Et aussi, à mon avis, très naïf.
Tous les grands changements historiques se sont fait dans la violence, c’est un fait indéniable. Alors pourquoi persister à croire que si l’on veut changer le monde, il ne faut surtout pas le faire dans la violence ? C’est historiquement faux !

Franchement, ce genre de conception des choses ne cesse de me poser question… Car, à mon sens, le résultat visible d’une telle pensée est que les choses ne changent pas !
D’ailleurs, je me demande s’il n’est pas devenu politiquement très commode de prôner cette non-violence. Et là, soudain, je me demande encore s’il n’y a pas comme une espèce de contrainte, que les gens vivant en société s’imposent, ou se font imposer, afin que les choses ne changent jamais vraiment… Un complot du politiquement correct qui nous enfoncerait dans l’esprit que de traiter nos dirigeants de nain c’est mal, que de leur jeter des statuettes, c’est mal, que de dire qu’on est content que Berlu ait perdu deux ratiches c’est mal…
C’est peut-être ça que l’on appelle les conventions sociales ? Des barrières auto-imposées pour que notre société ne vole pas en éclat ?
Et pourtant, à un moment il faut bien qu’elles pètent ces barrières, si l’on veut que les choses changent…
Et si finalement cette fameuse pensée unique dont j’entends parler à longueur de temps et dont je ne sais toujours pas ce qu’elle signifie, et si finalement cette pensée unique c’était ça ? Les conventions ? Les précautions de langage ? Les guillemets qu’on applique en permanence sur nos mots ?

Vous voulez que je vous dise, et bien moi pour commencer la semaine, j’ai décidé de me poser tout plein de questions comme celles-ci.

Et du coup, j’ai mal à la tête.

mercredi 25 novembre 2009

Merci Cécile !

Hier, dans un commentaire sur le fil de « Le Téléthon, pompe à fric pour les gogos », Cécile me faisait, nous faisait, la remarque suivante :
« D'ac avec toi Gwen... Vais pas revenir sur ce qui s'est déjà dit... Toutefois ça m'énerve un peu tout ça… Les rédactions, les blogueurs tombent dans le piège: La grippa, la main de Thierry, Bergé etc... Et pendant ce temps, la merde se répand allègrement par tous les interstices de la vie du peuple passif et manipulé...*_* »

Ce qu’il y a de bien avec Cécile, c’est que non contente d’écrire de merveilleuses histoires. Non contente de nous apporter un peu de poésie dans ce monde de brute, Cécile est une femme qui sait mettre les choses en perspectives, et sa petite remarque postée en début de matinée, a eut le don de me faire réfléchir une bonne partie de la journée…

A un point tel que je me suis dit que j’allais vous en parler aujourd’hui. Ben oui, il n’y a pas de raison que je sois le seul à réfléchir, et ce blog est quand même un peu fait pour ça… Donc, je crois que l’on pourrait commencer par se poser la question suivante : Lorsque nous réagissons à l’actualité brulante, sommes nous manipulés ?

La première réponse qui me vient à l’esprit, et probablement parce que je suis un infâme gauchiste légèrement paranoïaque et relativement instruit, c’est oui. Oui nous sommes manipulés, oui je suis manipulé.

Mais en même temps, j’ai envie d’ajouter que nous le sommes tous et que c’est même à la rigueur normal… Normal, dans le sens de logique, pas dans celui de « cela est bel et bon ».

Depuis quelques jours, les faits d’actualité nous sautent à la gueule comme des flashs, sollicitant de notre part colère, jubilation, interrogation, et réponses immédiates. Le problème d’éthique que soulève la main de Thierry Henry, la pandémie de grippe A, la polémique sur le Téléthon… Tout ça nous accapare au jour le jour. Nous sommes dans la réaction instinctive, et non plus dans la réflexion. Nous sommes dans l’émotion, et non plus dans l’action.

A ce niveau, j’ai envie de dire que là encore c’est normal. L’être humain est un animal qui fonctionne à la fois avec sa réflexion ET avec son émotion. L’un ne va pas sans l’autre et heureusement. La réflexion froide sans une once de cœur ressemblerait bien trop à du pragmatisme, et vous savez que j’ai ce concept en horreur. De même, si l’on se laissait aller à ne réagir qu’avec le cœur, nous serions certainement tous mort avant la fin de journée. Donc, et c’est là que la remarque de Cécile devient importante, il convient, je pense, de bien doser ces deux éléments.
Connaissant donc la nature humaine, il devient alors tentant pour un gouvernement de créer la réaction afin de juguler la réflexion et l’action. C’est une pratique à laquelle ce gouvernement nous a habitués, et il en use fréquemment sous la forme de diversions savamment orchestrées.

Mais tout n’est pas de son fait… L’histoire de la qualif de l’équipe de France par exemple est un événement fortuit qui a crée une réflexion et un buzz important, et je ne pense pas que Sarko soit derrière tout ça quand même ! (Non ?)

Alors oui, la richesse de l’actualité peut faire que nous nous focalisons sur un événement qui nous parle plutôt que sur un autre. Oui, d’autres choses se passent pendant que nous regardons notre nombril…

Mais qu’y pouvons-nous ? Pensez-vous qu’il soit aisé de toujours remettre en perspective un événement ? Ce genre de chose se fait à tête reposée, lorsque le tumulte s’est éteint.
Et puis, ne pensez-vous pas que si l’on passait son temps à relativiser les choses à outrance, celles-ci passeraient alors inaperçues ?
Je veux dire par là que l’on peut toujours trouver plus important. On peut toujours trouver plus grave qu’une polémique sur la charité-bizness ou qu’une bisbille sur une petite phrase. Un enfant meurt de faim toutes les six secondes, une femme meurt sous les coups de son compagnons tous les deux jours, un dixième du budget de Microsoft sauverait la faim dans le monde… Oui c’est vrai, on le sait tout ça… Et ce n’est pas parce que l’on réagit sur le moment à un événement qui n’aura que peu d’importance dans dix ans, qu’on l’oublie pour autant.

Pour ma part, je pense qu’il faut savoir faire la part des choses. Il y a d’un côté les événements quotidiens qui recèlent une réflexion ou un intérêt général (comme le Téléthon), et les grandes questions politiques et philosophiques de ce monde.
Les deux sont interconnectées, bien sûr, mais je pense qu’elles doivent être traitées indépendamment.

Un article sur le buzz du moment est une chose, et un autre sur le fond en est une autre. Et les deux ont leur importance. Le tout étant de ne pas privilégier l’un au dépend de l’autre…

Je ne sais pas si ces quelques mots vous aurons aidés en quoi que ce soit, ni même si je me suis suffisamment bien exprimé pour vous faire comprendre ma pensée… J’écris ça un peu comme on lance un débat et j’attends de vous que vous m’apportiez votre analyse et votre propre questionnement…
En tous cas, le fait est que la remarque de Cécile m’a fait m’interroger sur mon rôle de blogueur et sur mon rôle de citoyen militant. Et en cela, je lui dis : Merci Cécile !

jeudi 24 septembre 2009

Le journalisme part en couille

Hier, alors que je vaquais à mes occupations (certains diront que je glandais comme tous les profiteurs du système, mais je leur répondrais que c’est une question de point de vue), j’ai relevé deux articles de presse susceptibles de constituer la teneur de mon billet du jour. Deux sujets pour un seul article, pour moi c’est carrément un cas de conscience, car lorsque j’écris deux articles dans la même journée, c’est l’assurance que l’un des deux passe à l’as. Et ça mes amis, j’aime pas.
Donc ce matin, je me suis levé en ayant la ferme intention de trancher dans le vif, et de faire un choix entre ces deux sujets… Pour ce faire, j’ai donc entrepris de les relire, et c’est alors que j’ai constaté qu’il était inutile que je tranchasse ! (c’est beau l’imparfait du subjonctif hein ?)
Et oui ! Ces deux sujets n’en faisaient en fait qu’un ! Ouf ! J’étais soulagé, car je ne vous cache pas que trancher et moi, ça fait deux…

Mais bon, je m’éternise là… Aussi, je vous propose qu’on y aille sans plus tarder.

Hier, un article du Figaro a mis le feu aux médias nationaux en relatant un « scandale » concernant les contrôleurs aériens. Vous en avez sans doute entendu parler si vous avez allumé votre radio ou votre télé, on en parlait de partout. L’article s’intitulait « Les dangereuses pratiques des aiguilleurs du ciel » et se piquait d’avoir mis à jour des conditions de travail pour le moins douteuses dans le milieu de l’aviation.
« Travail à mi-temps illégal, sous effectifs, petits arrangements » et cætera…, rien n’était trop beau pour salir la profession et montrer du doigt les attitudes scandaleuses de ces profiteurs du système (Tien ! Eux aussi ?).
Cerise sur la gâteau, on a même eu droit à une bande audio qui nous démontre, insulte à l’appui, que les contrôleurs sont des jemenfoustistes, qui n’en branlent pas une.
Pour avoir fréquenté des contrôleurs pendant ma période de conscription prolongée, j’ai d’abord été intrigué par cet article. Pour autant que je sache, ce métier est un des plus difficiles et des plus surveillé du monde, et je m’étonnais que de telles pratiques aient lieux.
Mais en lisant bien l’article, ainsi que les commentaires qui ont suivis, je me suis rendu compte que le boulot de ce journaliste (Fabrice Amedeo qu’il s’appelle) était en fait un ramassis d’imprécision et d’amalgames douteux. Bref, cet article est une grosse merde.

C’est du travail bâclé qui dénonce des apparences sans pour autant chercher à les comprendre. Un haro sur le baudet destiné à faire du buzz en jetant l’opprobre sur une catégorie socioprofessionnelle qualifiée de « privilégiée » et qui abuserait de ses privilèges.
Pour un peu on se croirait dans l’Humanité ou Libération tant la dénonce sous le fallacieux prétexte de l’injustice sociale est patente. Je le répète, cet article est une grosse merde et son auteur également.

Le deuxième article qui a retenu mon attention vient lui du Nouvel Obs.com qui, par le plus grand des hasards, vient de se rendre compte qu’une des conséquences de la loi Hadopi remettait en cause les droits d’auteurs pour les journalistes. Bien sûr, là encore je m’étonne.
Alors comme ça, vous (les journalistes) vous n’avez pas été fichus de relever ce point particulier depuis le temps que l’on en parle de la loi Hadopi ? Est-ce qu’au moins vous l’avez lu le projet ? On peut se poser la question quand même !
C’est vrai que l’on a parlé en long en large et en travers de la substance créatrice des artistes qu’il fallait protéger. Mais quid de la création journalistique ?
Et bien messieurs les gratte-papiers, vous l’avez dans l’os et c’est bien fait pour vous. Vous n’aviez qu’à faire un peu mieux votre job !
Ça vous va bien de critiquer le net et de lui reconnaitre toutes les pires tares, mais sur ce coup-là, vous vous êtes fait entubé de belle manière.
Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenu, car déjà lors de ses vœux à la Presse (Je ne sais pas pourquoi je mets encore une majuscule à presse…), le Nain vous avait laissé entrevoir ce qui vous pendait au nez. J’en avais parlé ICI.

Je pense que vous l’aurez deviné, le point commun qui existe entre ses deux nouvelles, c’est l’incurie d’une presse qui n’arrive plus, ou qui ne sait plus, faire son boulot tant elle est orientée sur des missions annexes. Je m’explique :
L’article du figaro est une merde soit. Mais c’est une merde qui a un but, celui de remettre en cause les acquis sociaux des contrôleurs aériens et de conduire à la privatisation de leur métier. Ni plus ni moins. La France est encore le seul pays d’Europe où les contrôleurs ne sont pas dans le privé et ça fait tâche par rapport aux petits copains d’à côté. De plus, lorsqu’ils se mettent en grève ça fout le bordel dans le pays.
Alors, pour lancer la privatisation, on demande à un journaleux aux ordres de pondre une bouse histoire de créer un buzz. Qu’importe la véracité des faits, il faut que ça buzz ! Dans la foulée le ministre concerné demande des explications et pond à son tour une autre bouse. Une réforme du statut des contrôleurs. Je vous parie que c’est comme ça que les choses se passeront.
Dans le cas des dégâts collatéraux de la loi Hadopi, là encore il s’agit d’un manquement au devoir du journalisme. Tout à vouloir suivre le courant des débatteurs assermentés, le métier en a oublier de surveiller ses arrière. Résultat, la loi Hadopi, non-contente de fliquer les consommateurs et d’enrichir les majores, renforce également celui des grands groupes de presse écrite. Demain, le même article sera repris par l’ensemble des filiales d’un même groupe sans que son auteur puisse y redire, et la même information sera inlassablement répétée… Et pour peu que ce soit une merde comme celle du Figaro, et bien mes amis, le quidam moyen n’aura plus alors que de la merde à se mettre sous la dent.

Ce matin j’enrage contre cette presse qui n’est même plus capable de se préserver contre la concentration. J’enrage contre ces journalistes qui obéissent bêtement aux ordres du pouvoir.

Et après ça veut nous donner à nous, les citoyens du net, des leçons de déontologie et de professionnalisme ?

Allez vous faire foutre !

samedi 12 septembre 2009

Quand le net fait le job des journalistes

Quelques mots en ce samedi ensoleillé (encore !) concernant la vidéo qui fait scandale depuis deux jours sur la toile et dans les médias officiels. Je vous parle bien sûr de la vidéo où l’on découvre sans réel étonnement que le Sinistre Hortefeux n’est qu’un putain de raciste.
Je dis sans réel étonnement, car à mon sens pour avoir été responsable de « l’intégration et de l’identité nationale » il vaut mieux en être un, ça correspond mieux au profil...

Mais bon, je pense qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur la déclaration car je considère qu’elle se suffi à elle-même. Ce que dit ce sale type est inacceptable et impardonnable, et cela mérite au mieux une démission immédiate, au pire un procès pour incitation à la haine raciale.

Non, ce qui m’interpelle ce matin, c’est le traitement qui a été réservé à cette information, et le questionnement qui en découle.
Reprenons ensemble, si vous le voulez bien, le fil des événements :

Acte un : Une vidéo apparait sur Dailymotion relative à une conversation ayant eut lieu le samedi 5 septembre pendant le Campus des jeunes militants UMP. La vidéo est de piètre qualité et laisse à penser qu’elle a été prise par un téléphone portable. On ne distingue pas tous les propos qui ont été échangés mais à l’aide d’un sous-titrage, on arrive cependant à saisir les paroles malheureuses d’Hortefeux.

Acte deux : Aussitôt, les sites communautaire ainsi que les blogs se saisissent de l’affaire et font monter le buzz. Moi-même, je mets la vidéo en ligne dans ma colonne de droite avec le commentaire lapidaire et néanmoins explicite : « Connard ! ».

Acte trois : Le lendemain de sa parution, les médias nationaux se saisissent également de l’affaire et diffusent la vidéo. La diffusion est accompagnée des réactions de politiques d’opposition, notamment Martine Aubry et Benoit Hamon. On découvre également les premières explications du ministre impliqué.
Ces explication sont quelques peu capilotractées, mais en gros tout le monde se trompe parce qu’en fait il ne parlait pas des arabes mais des auvergnats… tout ça.

Acte quatre : Les témoignages affluent dans la journée d’hier pour dédouaner le ministre de l’intérieur. Les membres du gouvernement issus de l’immigration sont mis à contribution et clament que celui-ci n’est en aucun cas un raciste, mais une personne à l’humour caustique… Pour clore définitivement le débat, le jeune impliqué dans l’histoire se fend d’une autre vidéo où il proclame l’innocence du ministre, et qu’en ce qui le concerne, il n’y pas plus d’insulte que de raison de faire autant de polémique.

Acte cinq : En fin de journée, on apprend que la chaine Public-Sénat était présente lors de l’événement, et qu’elle avait filmé la même scène. Sur les recommandations du président de la chaine Gilles Leclerc, et contre l’avis des journalistes, la vidéo reste pendant cinq jours sur les bancs de montage et ne sera pas diffusée. Devant la pression médiatique, Public-Sénat diffuse enfin la scène dans son intégralité lors du journal de 18H00. Là, plus aucun doute sur l’intention réelle du propos. L’image est claire et le son de qualité. (cinq premières minutes)


18h00 : Hortefeux, la vidéo de Public Sénat
par publicsenat



Mieux encore, au Soir3 sur la chaine publique France 3, le journaliste Jean-Michel Blier fustige l’internet qu’il accuse de véhiculer des « rumeurs » et d’être proche du « caniveau », par opposition aux informations dument recoupées et confirmées par les journalistes.

Acte six : Ce matin, Brice Hortefeux répond au journal Libération «Pour qu’il y ait excuse, il faudrait qu’il y ait faute». Le ministre continue de nier les faits malgré l’évidence. Les médias internationaux relatent à leur tour l’affaire : The New York Times, Le Guardian, El Pais, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, notamment, consacrent des articles à cette affaire.

Alors, ce qui m’interpelle moi ce matin, c’est la légèreté avec laquelle cette information a été traitée par les médias professionnels. Tout d’abord les déclarations du ministre de l’Intérieur en exercice ont été tenues cachées par un grand média d’information citoyenne, et ce pendant six jours. L’info filtre néanmoins et fait le buzz sur la toile. En moins de 24 heures, la vidéo va être critiquée, mise en doute quant à son objectivité, et démentie par l’intéressé. Les médias conventionnels vont même se permettre de critiquer ce buzz et défendre la sacro-sainte objectivité du journaliste !
Et pendant ce temps là, tout est fait pour désamorcer la situation. Du plus simple, en faisant intervenir tout un tas de membres du gouvernement qui défendent la sincérité du ministre, au plus tordu en utilisant le petit jeune lobotomisé par la propagande UMP.

Au final, je crois pouvoir affirmer que nous avons fait le job à la place des journalistes.
Nous, les acteurs du web. Les internautes et les blogueurs, nous avons joué ce que je considère être notre rôle. Un rôle de vigie et de propagateur d’information.

Certes, tout ce qui circule sur le web n’est pas forcément juste ni de bon goût. Mais lorsque notre action collective permet de faire éclater la vérité, et bien je puis vous dire que je suis quelque peu rassuré sur notre futur… Cela veut dire que tant qu’il y aura du web, il y aura de la démocratie.

Portrait Hortefeux signé Rimbus.

dimanche 6 septembre 2009

Les belges sont rien que des méchants !

Mais qu’est-ce qu’ils ont les belges ? Hein ?
Pourquoi sont-ils aussi méchants avec notre Président ? C’est pas dieu possible de voir un acharnement pareil !
C’est vrai quoi ! C’est pas chez nous qu’on verrait un tel manque de respect envers nos institutions ! Chez nous les journalistes, ils savent très bien où est leur place, et il ne leur viendrait pas à l’esprit (mais alors pas un seul instant !) de se commettre dans une telle critique de ce qui n’est, malgré tout, que de l’organisation événementielle !

Comme s’il était critiquable de vouloir qu’un événement soit agréable à l’œil ! Harmonieux et esthétique !
C’est que, mine de rien, les perspectives ainsi que la bonne tenue de l’arrière plan, c’est quelque-chose d’important !

Aucun sens artistique, ces belges ! Pire, moi j’suis sûr que c’est rien que des méchants !

jeudi 30 juillet 2009

Revue de presse

Bon… C’est la fin juillet. Pour finir ce mois un peu pauvre en écriture je vais essayer de me livrer à un petit exercice qui, s’il s’avère concluant, pourra peut-être être renouvelé de temps en temps… Je vais essayer de vous faire une revue de presse.
Oh, mais une revue de presse un peu différente, dans le sens où contrairement à mon goût pour la facilité, je ne vais pas me contenter de commenter les infos qui m’inspirent mais toutes les infos disponibles sur la page d’accueil d’un journal en ligne… Même celles dont je me tape royalement le coquillard.
Allez ! On va essayer… Si ça marche, ça me fera une rubrique fourre-tout que je pourrais placer de temps en temps. Et si ça ne marche pas… Et bien, au mieux ça risque d’être rigolo, et au pire je la jette à la poubelle et vous n’en entendrez jamais parler !

Donc, pour cette première fois nous allons prendre le Figaro de ce jeudi 30 juillet vers 08H00…

Au Figaro on attaque sec avec un sujet bien anxiogène : « Les supermarchés ruraux dans la ligne de mire des braqueurs ».
D’après l’article, on assiste depuis le début de l’année à une recrudescence des braquages dans les petites unités de chez Super U et de chez Leclerc…
Moi je me dis que nous assistons là à une conséquence de la crise agricole du début de l’année. En effet, rappelez-vous cette crise avait mise en lumière les marges scandaleuses que les distributeurs se faisaient sur le dos des fournisseurs et des clients. Les braqueurs, pas plus bêtes que quiconque, en ont donc déduit que c’était là que se trouvait le pognon ! C’est pas plus compliqué !
Donc, pour éviter aux supermarchés de se faire braquer, je propose deux solutions. La première c’est d’arrêter d’exploiter leurs fournisseurs et leurs employés pour éviter de passer pour des riches. Ou bien, deuxième solution, on peut également reconstruire les supermarchés sur le modèle des banques… Avec sas d’entrée, et distributeur de bouffe à l’extérieur. A eux de voir.

Ensuite, pour dédramatiser on a : « Solitaire du Figaro : 52 skippeurs au départ. »
Ben oui, c’est aujourd’hui que commence la quarantième édition de la célèbre course. Ca veut dire que j’en connais un qui ne va pas chômer puisque qu’il participe au staff… Vous voyez de qui je veux parler ? On l’embrasse donc et on lui souhaite de bien se marrer.
Pour ma part, j’embarquerais en même temps que les cinquante-deux participants pour une course virtuelle sur VirtualRegatta. com. Sauf que, à cette heure, ce n’est pas avec une cinquantaine de concurrents que je vais me fritter, mais presque 26 000 ! Ça va faire du monde sur la baille !

Ensuite, troisième sujet : « La Burqa, un phénomène marginal en France ».
D’après des chiffres communiqués par le ministère de l’intérieur, seulement 367 femmes seraient actuellement dissimulées au regard concupiscents de la gente masculine en France… Tout d’abords, on peut légitimement se demander pourquoi le ministère de l’Intérieur se livre à se genre de comptage… Je crois savoir qu’une loi encadre assez strictement ce genre d’enquête, mais bon… passons. Donc, on aurait sur le territoire national seulement 367 « fantômes »… Moi, j’ai un gros doute sur ce chiffre, de même que le député PC André Gérin qui est l’initiateur d’une commission d’enquête sur le sujet. Donc, à mon sens il convient de se demander ce que cache la divulgation de ces chiffres ridicules.
Serait-ce pour calmer le jeu et discréditer l’importance d’un tel débat sur la place publique ? Il est vrai que se poser ouvertement ce genre de questions pourrait amener le peuple à réfléchir sur des choses un peu compliquées pour lui… Du genre de la laïcité, de la place de la religion dans la société, de la place d’un gouvernement par rapport à tout ça… Bref, que des questions essentielles et bien trop importantes pour le cerveau du plébéien moyen…

Puis on apprend que « Tibéhirine : Un témoin clé donne une nouvelle version »
Là, j’avoue que je n’ai pas trop suivi l’histoire. D’après le Figaro, la thèse de la bavure militaire serait mise à mal par un témoin surprise qui abonde dans le sens de la croyance qui arrange tout le monde, comme quoi l’enlèvement et l’assassinat des moines serait l’œuvre des jihadistes. Tordu comme je suis, je me dis que ce nouveau témoin « clé » tombe pile poil pour ne pas froisser la dictature algérienne, avec qui notre pays entretien les meilleurs rapports… Mais bon, comme je vous l‘ai dis, je suis un petit peu tordu.

Sujet suivant : « PSA doit impérativement devenir plus mondial »
C’est ce que vient de déclarer le tout récent (1er juin) DG du groupe, Philippe Varin, lors de la présentation des résultats semestriels… Résultats médiocres puisque le constructeur automobile à perdu 962 millions d’Euros en six mois. Donc, pour redresser la barre et éviter d’aggraver son déficit en deuxième partie d’année, le Varin veut devenir « plus mondial » ! C'est-à-dire, si je devine bien, augmenter la vente de voitures à l’étranger… Mais pour ça mon petit Varin, il va falloir être un peu plus compétitif par rapport aux autres constructeurs qui arrivent, eux, à sortir leur épingle du jeu en ces temps de crise… C'est-à-dire moins cher. Donc, vous allez voir que d’ici peu de temps, on va voir s’ouvrir des petites usines PSA un peu partout dans les pays à bas coût de main d’œuvre et par voie de conséquence quelques licenciements secs chez nous. Donc, si vous êtes des libéraux pur jus, achetez des actions PSA, elles ne tarderont pas à grimper ! Sinon, et bien si vous bossez chez eux, commencez à chercher du boulot…

Pour finir, parce que ça commence à être long, « L’union de Microsoft et de Yahoo déjà critiquée »
Mouais… Franchement j’en ai rien à foutre. Il parait que les actions des deux groupes ont baissées à l’annonce du mariage entre les deux géants, tout simplement parce que l’actionnaire moyen ne croit pas en cet union. Ou bien ne devine pas où les deux protagonistes veulent en venir. Moi non plus d’ailleurs.
Je croyais que Microsoft était maqué avec Google moi…

Bon, voilà j’ai fini pour aujourd’hui. La prochaine fois on fera Libération.
Je note quand même qu’alors que la privatisation de la poste fait la Une des journaux télés en continu, notre Figaro national fait l’impasse sur le sujet.
Ça doit être un peu comme sur le port de burqa… Un peu trop compliqué pour les cerveaux des français en vacance ! Manquerait plus que ceux-ci se montent le bourrichon et exigent un référendum sur le sujet !

samedi 16 mai 2009

Les Ch’tis, ou l’apologie de la médiocrité (?)

Bonjour-bonjour ! Aujourd’hui, malgré le ton enjoué que pourrait laisser présager la double salutation qui entame ce texte, je dois vous prévenir à l’avance, je n’ai pas particulièrement envie d’être ni joyeux ni tendre. Je me sens limite furibard, mais avec encore quelques soupçons de rationalité pour pouvoir analyser et justifier cet état. D’ailleurs, même si je sais que ça vous plait bien quand je pousse une gueulante, vous avouerez quand même que c’est un poil plus constructif lorsque celle-ci est accompagnée d’arguments… Non ? Ah bon, j’me doutais bien…

Comme vous le savez déjà puisque vous êtes des lecteurs attentifs, mon opérateur du câble me soumet régulièrement à la torture en m’offrant parfois quelques chaines de télé supplémentaires. Mon opérateur, Numéricable pour ne pas le nommer, ne sait pas que je suis pauvre comme Job, mais il continu néanmoins à me titiller le portefeuille pour voir s’il n’y resterait pas quelques piécettes à grappiller…
Donc, ce mois-ci ils ont fait très fort, puisqu’ils m’ont ajouté, non pas un mais deux bouquets supplémentaires à mon paysage audiovisuel. J’ai droit à Ciné-Cinéma et à Canal ! Et donc, c’était jeudi soir, j’ai pu enfin voir Bienvenue chez les Ch’tis sur Canal Plus Cinéma…

Et c’est de ça, et d’autres choses, dont je voulais vous parler aujourd’hui.
Ca va l’entrée en matière ? Pas trop longue ? Bon ok, alors on attaque.

Lorsque le film Bienvenue chez les Ch’tis est sorti je ne suis pas allé le voir. Tout simplement parce que je ne vais plus au cinéma depuis des années car c’est trop loin et c’est trop cher. Ça, c’était les raisons du départ. Ensuite, lorsque le buzz a commencé autour du film et que les entrées des salles montaient en flèche, je me suis dit que je n’irais pas le voir quand même… Je suis peut-être un asocial paranoïaque, mais moi, lorsqu’on me dit que quelque-chose est formidable, j’accueille cette affirmation avec indulgence, mais aussi avec circonspection. Et plus on en rajoute, moins j’ai envie de me bouger pour suivre le mouvement. Lorsque vous regardez passer un troupeau de moutons, et que vous en voyez un qui ne va pas dans le même sens que les autres, il y a de grande chance qu’il s’appelle Gwendal. C’est comme ça.

Et puis, au milieu du concert de louanges qui encensait le film, sa générosité, son humour etc… J’ai entendu quelques rares critiques qui m’ont paru frappées au coin du bon sens et j’ai eu tendance à les écouter elles, plutôt que de suivre l’enthousiasme ambiant…
Aussi, sans l’avoir vu, j’ai donc classé ce film dans la catégorie « paupérisation intellectuelle » de mon échelle de valeur. Je ne vous cache pas qu’au début, ça me faisait un peu chier de me retrouver au côté de Zemmour et Le Pen. Le groupe des antis-Ch’tis n’était certes pas énorme, mais il comprenait quand même quelques figures nauséabondes… Mais bon, on peut être un connard et avoir quand même un peu de jugeote. C’est ce que je me disais pour me dédouaner.

Donc, un an après sa sortie, j’ai enfin vu la merveille. Le film aux 20 458 104 entrées… Le film qu’un français sur trois est allé voir en salle. (Putain ! Quand on y réfléchit… C’est énorme !)
Et bien, vous voulez que je vous dise ? Je suis bien content de ne pas avoir dépensé mon fric pour ça… !
Quand j’ai vu que ça passait à la télé, je me suis dis : « Ah enfin ! Je vais pouvoir me faire un avis objectif sur la question… ». J’ai donc abordé ma soirée avec un minimum d’ouverture d’esprit. Je me suis installé confortablement sur mon canapé, et j’ai regardé les malheurs de ce directeur de la Poste confronté à une culture qu’il ne connait pas, aux préjugés (les siens, car vous aurez noté que les gens du Nord n’en n’ont pas…), le tout agrémenté de quiproquos plutôt téléphonés.

Au final, j’ai ris. Pas beaucoup, mais un peu quand même… La première chose que je me suis dit, c’est que c’était une comédie « honnête », mais en aucun cas un grand film. En tous cas pas un film digne de se présenter aux Césars, ça c’est clair… (Je mets un lien pour Azul…) Tout de suite après, j’en suis venu à m’interroger sur ce qui avait bien pu faire déplacer (et dépenser de la tune !) autant de français… Là, je vous avoue que je n’en sais toujours rien. Pour moi, c’est mystère et boule de gomme.
La promotion du film ? Je n’ai pas noté qu’elle ait été différente des autres.
Le sujet ? Déjà vu, revu et re-revu… Je n’ai pas d’exemples qui me viennent à l’esprit, là tout de suite, mais le coup de l’étranger versus coutumes locales, c’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, par contre, c’est que l’on situe l’action dans ne Nord… Mais comme d’habitude dans ce genre de film, on caricature à l’excès l’autochtone en se foutant de sa gueule.
Les acteurs ? Le casting est bon. Merad et Boon font du Merad et du Boon et ils le font bien… Mais ça on le savait déjà. M’enfin, rien de vraiment neuf.

Aussi, franchement, avec toute l’honnêteté du monde je ne vois pas trop ce qui a permis ce film de pulvériser les records au box-office…
Si ce n’est peut-être ce que j’appellerais l’effet « mouton de panurge ». Mais bon, pour que cet effet fonctionne il faut quand même qu’il y ait un minimum de consensus autour de valeurs communes. Et en ce qui me concerne, les seules valeurs que je distingue sont l’utilisation abusive des clichés, la parodie outrancière, et l’éloge de la médiocrité.

Soyons clair, je n’ai rien contre les gens du Nord. Mais alors rien du tout. Je n’irais pas vivre là-haut pour tout l’or du monde, mais ça n’a rien à voir avec leur accent bizarre, leur maison en briques rouges bizarres (Z’ont pas de pierres là-haut ?) ni même leurs spécialités culinaires bizarres… Ce n’est pas non-plus une question de météo. Parce qu’en fait, quand j’y réfléchis, ça ne m’effraierait pas d’aller vivre en Bretagne ou en Irlande… Donc, la pluie et le froid comme repoussoir, ça ne marche pas. Non, si je n’ai pas envie d’aller là-bas, c’est tout simplement parce que je suis bien où je suis. C’est aussi con que ça.

Mais il faut quand même reconnaitre que l’image que le film donne des gens du Nord n’est pas terrible. Ils sont limite débiles (je parle de l’image), mais on leur pardonne parce qu’ils sont sympas… Aussi, lorsque l’on remarque une recrudescence de la fréquentation touristique à Bergues et dans le Nord-Pas-de-Calais en général, C’est donc que les gens vont là-bas pour y voir des gens débiles, mais sympas. Et là je vous citerais Philippe Marlière qui dit : « Bienvenue chez les Ch’tis est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ? ».

Mes chers amis, je trouve que cet engouement pour la mise en valeur de la médiocrité, participe au processus d’a-culturation massif qui nous attaque depuis quelques années. Ce film est en quelques sortes dans la droite ligne des castings de La Nouvelle Star, du buzz autour de Cindy Sanders, ou encore d’autres émissions comme Super Nanny… On assiste à la mise en valeur, non-plus de ce qui mériterait d’être cité à titre d’exemple, mais au contraire, on enfonce bien le clou en se gobergeant de la nullité.

En fait, et c’est là où je voulais en venir depuis le début car c’est un sujet qui m’interpelle depuis un bout de temps, en fait donc, nous sommes en train de nous faire manipuler de la plus belle manière… Et c’est un peu grâce à Franck Lepage (voir article précédent), que j’ai plus ou moins réussi à mettre des mots sur mon questionnement… Autant Lepage, et Herbert Marcuse avant lui, nous avertit que l’on est en train de nous enlever des mots pour ne plus pouvoir critiquer un système, autant dans ce cas d’a-culturation, ou de paupérisation intellectuelle si vous préférez, on est en train de vouloir changer notre perception des choses pour ne plus pouvoir imaginer être autre chose que ce que nous sommes.
Je m’explique. Lorsque l’on montre ou cite en exemple quelqu’un de formidablement doué, ou quelqu’un ayant fait de grandes choses, l’exemple prend alors une signification positive. Il nous sert de curseur sur notre échelle de valeur. Curseur que nous avons en ligne de mire et que nous chercherons donc à atteindre.
Seulement, depuis quelques temps, on assiste à la mise en valeur non-plus de ce qui se fait de mieux, mais plutôt de ce qui se fait de pire. Le résultat en est que, petit à petit nous n’avons plus en ligne de mire un « état supérieur » à atteindre, mais plutôt un « état inférieur » qui n’est là que pour nous rassurer. Car en effet, qu’elle peut être la réaction de celui ou celle qui n’a constamment sous les yeux que des exemples d’échecs pires que les siens ? Tout simplement, celui-ci se rassure en se disant qu’il existe bien pire dans le monde que sa propre vie, et il ne cherche donc plus vraiment à l’améliorer…

Voilà donc ce que nous préparent ces médias de masse : Une génération de gens contents de leur sort, qui se contente de railler des sous-exemples et qui, quoi qu’il arrive, n’auront même plus ni l’idée, ni l’envie de progresser par quels moyens que se soient… La plèbe idéale, silencieuse et satisfaite d’elle-même. Incapable d’imaginer vouloir autre chose que ce qu’elle a déjà… Incapable d’avoir des désirs autres que ceux qu’on leur proposera alors, clef en main.
Un autre exemple, qui a commencé je crois avec le premier Lof Story, ou Big Brother si vous préférez. C’était en 2001. Avec ce genre d’émission est apparue une nouvelle façon de faire progresser quelqu’un dans un jeu… Pour la première fois (en tous cas en France), on ne récompensait plus les meilleurs ou les plus méritants, mais on éliminait les plus mauvais… Le candidat se retrouvait dans l’obligation de progresser, non plus pour être meilleur que les autres, mais plutôt pour ne pas être le pire… Griotte sur le clafoutis, l’échec est alors mis en valeur. L’humiliation, somme toute relative, est orchestrée, et le public se gave de voir le candidat éliminé.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, je trouve que ça change quand même pas mal de chose… Surtout sur l’image que l’on a de soi-même et des autres. Ce n’est plus l’attraction de l’excellence qui fait progresser l’individu, mais la peur de l’échec. L’émulation du candidat n’est plus guidée par le fait d’arriver le premier au bout du bassin olympique, mais simplement de se maintenir à flot. Ce ne sont plus les qualités d’une personne qui font d’elle une gagnante, mais ce sont les défauts des autres qui les éliminent.
Vous avouerez que c’est un bien drôle de concept que celui-ci…

Et c’est là que j’ai le palpitant qui s’emballe et la tension qui grimpe. Parce que, il n’y a rien de plus qui m’énerve que de voir quelque chose d’évidemment néfaste fonctionner avec autant de redoutable efficacité. Un français sur trois, merde ! Ca ne vous énerve pas un truc pareil ?
Je ne saurais dire si ce processus d’a-culturation est le fait d’une intention délibérée… Je constate simplement son existence, et j’en subodore les effets, c’est tout. Cependant, je ne peux m’empêcher d’y voir quelques références à ce sacré Edward Bernays et à sa manie de vouloir satisfaire les désirs inconscients de la masse dans le but de la manipuler…

Comme quoi, après Bernays et sa manipulation, Lepage et sa critique de la politique culturelle, Bienvenue chez les Ch’tis tombe à pique pour illustrer ce que j’essaye de définir depuis quelques articles… J’ai bien conscience que je n’ai pas encore fini ma réflexion. Il me reste encore pas mal de boulot pour arriver à bien cerner, c'est-à-dire mettre des mots sur, cette satanée tendance qu’on certains à vouloir nous priver de jugement.

Aussi, je vais continuer à réfléchir à tout ça, et dès que j’ai récupérer quelques pierres à rajouter à l’édifice, on en reparle ! D’ailleurs, je compte aussi sur vous et votre jugement pour me fournir de la caillasse ! *

* : Un peu de flatterie ne fait pas de mal…

mercredi 22 octobre 2008

J’deviens dingue

Je sais que parmi mes lecteurs, il y en a qui n’ont pas la télé… Bon, OK, moi je trouve ça bizarre, mais je suis d’un naturel tolérant et je comprends que l’on puisse être écœuré par cette étrange petite lucarne. Mais bon, moi j’aime ma télé, et je me targue de la regardé avec discernement.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques jours une publicité inonde nos écrans TV. Plus précisément une publicité pour le groupe Orange. Et cette publicité, comment dire… Elle m’énerve. Elle me gonfle, elle m’horripile, elle m’insupporte.
Je vous la soumets :





Il n’y a rien qui vous choque dans cette grandiose description du monde qui attend le narrateur? Rien ? Vraiment rien ? Allez ! Cherchez bien…
Moi je vous dis qu’il y a dans cette pub un truc vraiment énorme !
Vous allez peut-être me trouver parano… Quoique, à chaque fois que j’ai dis ça, vous m’avez très gentiment démenti… Mais bon… Alors, toujours pas ?


Bon OK, je vous aide. En voici le texte exact :

Je suis ma mère qui m’encourage,
Et ma sœur qui ne le fait pas…
Je suis mon ami Thomas qui va toujours vers les autres.
Je suis toutes les filles que j’ai embrassées,
Et celle que j’embrasserais…
Je suis le prof qui m’a fait redoubler…
Et celui qui m’a soutenu.
Je suis le patron qui parfois me critiquera mais…
M’aidera à avancer.
Je suis tous les gens que je connais,
Et tous ceux que je ne connais pas encore.
Je suis tous les concerts où j’irais avec mes potes,
Et les blagues qu’on échangera ensemble.
Je ne suis rien sans eux,
Et avec eux je peux tout faire.
Fondu enchainé : Orange. Plus loin ensemble.


Toujours rien ? Alors vous êtes bons pour une explication de texte !
Dans les cinq premières phrases, le narrateur décrit les personnages qui l’entourent, sa famille ses amis, les femmes… Hormis le fait que sa sœur et lui c’est pas le grand amour, ce que je comprends aisément, la voix nous décrit un monde d’entraide généreuse, d’amis remarquables, de conquêtes féminines et de projets de conquêtes féminines. Jusque là on est dans l’optimisme le plus complet. Un peu macho l'optimisme, diront certaines...
Puis arrive « le prof qui m’a fait redoubler », la mine sévère, limite tortionnaire et « celui qui m’a soutenu » nunuche à souhait.
Là, je trouve que ça commence à déraper… Comment, un prof à l’air sadique à osé le faire redoubler ! Et ce, malgré le soutien de cette si gentille dame au chignon strict mais au sourire si tendre… Cela veut donc dire que le narrateur a quand même redoublé et que la cause en est cet homme à la mine si rébarbative. Belle conception de l’enseignant que celle qui consiste à le décrire comme un homme qui empêche de progresser…
Jusqu’à présent le texte se présente sous la forme d’une description d’arguments qui s’opposent en apparence. La mère et la sœur. Les filles du passé et les filles du futur. Le méchant prof (qui m’a fait redoubler) et la gentille prof qui m’a soutenu malgré tout. La seule phrase qui dénote est celle qui parle du meilleur ami généreux. Celui-là, on ne l’oppose à rien car, somme toute, sa générosité le rend inopposable.
Arrive enfin, la phrase qui tue : « Je suis le patron qui parfois me critiquera mais… M’aidera à avancer. ».
Le personnage illustrant le propos est bien mis. La trogne paternaliste se veut rassurante. La phrase composée de deux partie se veut d’abord négative pour ensuite se révéler positive… En clair le message délivré est le suivant : Tu vas morfler, mais c’est pour ton bien !
Ensuite, les derniers « vers » sont de joyeuses banalités… Pour enfin arriver au précepte suprême : Je ne suis rien sans eux, et avec eux je peux tout faire. Là, c’est le mantra absolu, la règle d’or. En même temps, ça veut rien dire tellement c’est creux, mais ça sonne bien à l’oreille…

Alors ? Maintenant que vous avez vu cette pub avec mes yeux et mes oreilles à moi, qu’est-ce que vous en pensez ? Vous trouvez toujours que je débloque !
Ce que nous avons sous les yeux, c’est une description idyllique du Monde selon Sarko. Un monde où les méchants profs de gauches te feront redoubler, t’offrant ainsi le premier échec de ta vie et ou les gentils patrons, eux, te feront avancer dan la vie avec des conseils et des critiques constructives… C’est Sarkoland !
Nous avons là une opposition enseignement / monde de l’entreprise du plus bel effet. L’école, c’est l’échec. L’entreprise, c’est la progression sociale et financière. Plus libéral, tu meures.
Sauf qu’à mon sens de tels préceptes vont nous fabriquer une génération de crétins incultes, bien dociles et bons travailleurs.
Lorsque l’on sait qu’Orange a comme actionnaire principal l’Etat Français (26,7%)… On peut maintenant commencer à décrypter les messages que celui-ci nous envoie.
Dans le même genre vous avez la pub pour le recrutement de gardiens de prison. Le slogan en est : Surveillant pénitentiaire, qu’elle société peut se passer de vous ?
C’est-y pas cynique ça ? Mais bon, celle là a le mérite d’avancer à visage découvert… Contrairement à celle dont je viens de vous parler qui demande une vigilance un peu plus pointue…
Allez ! Je vous laisse ! Et surtout, gardez les yeux et les oreilles bien ouvertes ! Des fois, y’a des trucs à la télé qu’il faudrait interdire aux enfants !