Je voulais vous dire…


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dimanche 11 avril 2010

Le triomphe de la médiocrité

Deux jours après le machin, j’apprends que c’est Mickael Vendetta qui a gagné la Ferme des Célébrités...
Bon ok, je vous entends d’ici me dire : « Qu’est-ce qu’on en a foutre de cette daube ? »
Ben...Rien si vous êtes normalement constitués.

Mais bon, c’est dimanche et je me fais chier alors j’écris ce que je veux, et si possible du léger.

Donc, c’est l’abruti qui a gagné... Et si je vous disais que je m’en doutais ? Que j’en étais quasiment sûr au point que j’aurais facilement risqué quelques kopecks en pariant dessus ?

Ben oui, c’est ça le triomphe des vraies valeurs de la France. C’est ça le message que TF1 veut nous faire passer...
Plus vous êtes un crétin inculte et fier de l’être et plus vous aurez de chances de gagner du pognon et d’être célèbre !

D’accord... Ce n’est peut-être pas si grave que ça... La ficelle est trop grosse... Nos jeunes ne vont pas se laisser avoir par ce double discours qui consiste à mettre en avant l’excellence d’un côté, et de l’autre faire triompher l’ignorance...

Ouais... Ben moi je n’en suis pas si sûr. Il suffit pour cela de lire un peu les commentaires qui fleurissent sur le blog du bulot au QI de 12...
Vous voulez que je vous dise ? Ça fout les jetons.

Tenez, par exemple :

slt je suitro contante que tu es gagné la ferme toi t un wineur et greg et david c des louseur reste comme t ne change pa bissous slt

Ou encore celui-là, mieux construit.

coucou Mikael,
je suis contente ke cé toi ki a gagné tu la mérité je té soutenu jusko bou tu été le seul a étr franc a dir tou le tem ce ke tu pensé et tu n hésité pa a métr de lambiance tu ma fé bocou rire je t avouré kavan la ferme je ne taprécié pa tellemen mais grace a elle j ai changé davi et je ne le regrette pa car je té découver é jai apri ki tu été réellemen encore félicitation je te fé de gro biso


Et c’est signé d’une certaine Mélodie.


Alors ? Ça ne vous fout pas la trouille des commentaires pareils ? Moi si.
Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous ai dégoté ça... Et si jamais vous pensez que c’est du second degré, et bien non cela n’en n’est pas. Il est réellement comme ça l’idole de la petite Mélodie...



lundi 15 mars 2010

Soirée électorale

Point d’analyse politique fulgurante aujourd’hui. Point d’affirmations péremptoires ni de sentences définitives. Rien de tout ça…

J’ai pas eu le temps. Trop de choses à faire…

Par contre Didier Porte, lui, il a trouvé le temps de vous pondre un truc bien épicé et totalement jubilatoire !

Donc, hop-hop-hop, derechef je transmets !

Bonne poilade !

mardi 26 janvier 2010

J’ai zappé !

Bon ! J’imagine que ce matin, la plupart des blogs qui causent de politique vont disséquer la parole présidentielle et analyser la prestation télévisuelle d’hier au soir.
Après avoir lu ce qui était déjà publié à cette heure, aussi bien sur les blogs que dans la presse main-stream, j’ai décidé de m’abstenir pour ma part…

Non-pas que n’aurais rien à en dire (loin de là), mais si vous voulez vraiment savoir ce qui a été dit, et bien vous n’avez qu’à vous balader dans la blogosphère et je suis sûr que vous allez trouver de bien meilleures plumes que la mienne pour assouvir votre soif de connaissance. Ou de moins flemmardes, au choix.

En plus, je vous l’avoue, j’ai zappé au bout d’une demi-heure… Ben oui, j’ai trouvé que les aventures du jeune Anakin skywalker et de la reine Amidala étaient bien plus intéressantes que la logorrhée Sarkozienne.

Ah ouais quand-même, un truc.

Parmi le « panel » choisi pour tenir la dragée haute à notre nano-crétin il en est un qui, à mon sens, à parfaitement résumé cette soirée. C’était après l’émission devant les caméras d’I-Télé : Il a dit :

« Il a donné l’impression qu’il a entendu ce qu’il avait à nous dire. »

On ne saurait mieux dire n’est-ce pas ?

Ps : Si vous avez un moment, je vous invite à lire cet article de France-Soir… Poignant.

vendredi 15 janvier 2010

Vincent Peillon : Crétin congénital ou pétochard invétéré ?

Mais que c’est-il passé hier au soir à la télé ? C’est quoi cette pantalonnade ?

Bon, résumons-nous un peu. Moi, je m’apprêtais à passer une soirée tranquille devant ma télé, comme d’hab, lorsque j’apprends inopinément qu’il y a un débat politique spécial Besson sur France 2 (Ben oui, je n’étais pas au courant. J’ai le droit non ?).
Débat tricephale, si je puis dire, puisqu’il est question que le Sinistre de l’Epuration Nationale soit confronté à deux autres participants, Marine Le Pen (Brrr !!!) et Vincent Peillon (Beurk !).
Avant même que la soirée ne commence, je tombe sur un blog de Droite, celui de Corto74, qui m’annonce que le débat fait déjà débat avant même que d’avoir commencé puisque certains appellent à le boycotter.
Chouette, je me dis, ça promet d’être musclé si ça commence comme ça ! Et je m’installe donc sur mon canapé pour zyeuter le bouzin.
Une demi-heure plus tard, grosso-modo, voilà la Chabot qui annonce que le Vincent refuse de venir ! Hou qu’elle était colère la Chabot ! Pas contente du tout !
Elle a même dit que c’était « un coup d’éclat regrettable », et que « Ce n'est pas lui qui est piégé, c'est nous qui sommes piégés ». Ah bon ? Parce qu’il se sentait piégé le Peillon ?
Comment c’est possible ça ? Ce genre de débat, ça ne s’improvise pas, il faut des semaines, voire des mois, pour le préparer. Alors comment aurait-il pu être piégé ?

Bon, en attendant c’est la confusion à tous les étages. Besson s’inquiète de devoir se taper la Marine toute la soirée. La progéniture de l’autre nazi jubile que s’en est pas permis. Chabot fait la gueule… Bref, c’est le bordel.

Et ce matin, qu’apprends-je en lisant la presse ? Le Peillon il aurait fait exprès de ne pas venir ! Il aurait mijoté le truc avec ses potes depuis des jours pour torpiller la soirée dis-donc !

Bon, reprenons notre sérieux deux minutes, et analysons un peu la situation… Qu’a voulu faire ou dire Vincent Peillon en faisant faux bond d’aussi cavalière façon ? C’est quoi le message ?

A mon sens, mais ça n’engage que moi, il a voulu signifier au public que le débat sur l’identité nationale ne sert qu’à une chose, enflammer ce qui devrait rester éteint et satisfaire la frange la plus extrême de l’électorat umpiste. La gauche qu’il représente, n’a pas à cautionner le machin, et en laissant face à face les deux ignobles personnages, il entendait marquer l’esprit du téléspectateur.

Sauf qu’il s’y est pris comme un manche. En annonçant sa non-venue, comme ça par un communiqué, alors que le débat était déjà commencé, il passe pour un pétochard plutôt que pour un activiste.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais une parole est une parole. En tout cas, chez moi, cette formule a un sens. S’il avait voulu tant que ça créer un clash médiatique et mettre Besson dans l’embarras, il aurait pu venir tout de même, lire une déclaration et s’en aller ! Là, ça aurait eu de la gueule !
Mais non, il a préféré faire ça en lousdé, du genre je décommande à la dernière minute en envoyant un SMS (vous voyez de quoi je veux parler hein ?) et passer ainsi pour un malpoli doublé d’un trouillard.

Je ne sais pas quel est le conseiller en communication qui lui a soufflé d’agir de la sorte, mais à mon avis, celui-ci ne va pas garder son poste bien longtemps. A moins que ce soit vraiment une idée de lui, auquel cas Vincent Peillon confirme ce que je pensais déjà de lui. C’est un crétin.

A moins… A moins que Vincent Peillon ait eut vraiment la trouille de débattre avec son ex-compagnon du Parti Socialiste… On sait que le PS est mal à l’aise avec ce concept de l’identité nationale, que c’est quelque chose que la pensée de gauche n’arrive pas à intellectualiser… Peut-être que, je dis bien peut-être, ne sachant quoi dire il aura préféré inventer un truc débile pour éviter de se retrouver confronté à un débat ?

Franchement je ne sais pas. Par contre, ce que je sais c’est que le PS, et sa tendance la plus libérale en plus, ne sort pas grandi de cette histoire.

Comment est-ce qu’on dit déjà lorsqu’on veut faire quelque chose et que cela produit l’effet inverse ? Ah oui, on dit que c’est contreproductif.
Exactement ce que les tièdeux comme Peillon et ses défenseurs pensent du No Sarkozy Day dis-donc ! Il y a des fois je vous jure, la vie est drôle !

lundi 23 novembre 2009

Le Téléthon, pompe à fric pour gogos

Je savais Pierre Bergé pété de thunes et homme de goût. Je savais aussi que l’homme était l’ancien compagnon du couturier Yves St Laurent. Je savais également Pierre Bergé de gauche et soutien financier des délires de Ségolène Royal, et qu’il avait cessé récemment…

Bref, Pierre Bergé est un homme complexe. A part son soutien à l’autre folle, tout le monde pouvant faire des erreurs, je le trouve plutôt sympathique, et encore plus depuis ses déclarations faites ce weekend sur le Téléthon.

Voici ce que Pierre Bergé a déclaré au micro de l’émission Parlons Net :

« Le Téléthon parasite la générosité des Français. Le Téléthon capte la générosité des Français d’une manière populiste en montrant des enfants myopathes, en exhibant le malheur des enfants. Et tout ça, je trouve ça absolument inadmissible. »

Ouah ! Ça c’est envoyé !

Bon, bien sûr tout ce qui compte de bienpensants dans ce pays lui est aussitôt tombé sur le râble, et les journaux de ce début de semaine ne parlent que de ça.
Comment ose-t-il s’attaquer ainsi à une telle institution ! C’est une honte ! Tout ça c’est parce qu’il est jaloux que le Sidaction, dont il est le président, ne gagne pas autant d’argent !

La palme de l’hypocrisie indécente, revenant bien sûr à l’inénarrable roquet de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui s’étonne que la Royal, si prompte à dégainer habituellement, se taise sur le sujet. Il lui demande de se prononcer sur les propos de l’homme d’affaire et note que Pierre Bergé « vient de réaliser une grande première: l'appel d'un homme de gauche à ne pas aider les gens qui souffrent ! ». Fin de citation.

Franchement, je me fous de savoir si Pierre Bergé est jaloux ou pas. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette réaction médiatique, ce tollé général qui s’abat sur le bonhomme, alors qu’il n’a fait que dire une chose avec laquelle je suis entièrement d’accord…

Chaque année, et ce depuis 22 longues années, le Téléthon m’emmerde.

Il m’emmerde pour deux raisons. La première, est que je n’aime pas que l’on m’impose quelque chose. Le squat de toutes les chaînes du paf, les appels incessants aux dons, tout cela je le ressens comme une agression. Il m’arrive d’être généreux, lorsque j’ai les moyens de l’être, mais je ne le suis que si je le veux, et quand je le veux. Je n’ai pas besoin de m’entendre dire où et quand. La générosité, c’est quelque chose de personnel, c’est une question de conscience.

Et ce qui m’emmerde le plus, c’est quand une noble cause se voit transformée en un sordide spectacle. Un racolage plein de bons sentiments dégoulinants, savamment organisé pour faire pleurer dans les chaumières et faire cracher le gogo au bassinet.
Rien ne nous est épargné. Chaque année enchérie sur la précédente en termes de voyeurisme et de culpabilité. Utiliser de telles méthodes de propagande pour inciter la ménagère à fouiller ses fonds de tiroirs, je trouve ça profondément malsain et dégradant.

Donc, je suis plutôt d’accord avec ce que vient de dire Pierre Bergé.

D’ailleurs ma critique porte aussi sur le Sidaction… Je ne supporte pas ce port ostentatoire du ruban rouge une fois dans l’année. Comme s’il fallait absolument afficher aux yeux de tous que l’on est solidaire. Le politiquement correct porté en drapeau, la bien-pensée revendiquée et jetée à la face du monde.

Alors, bien sûr, j’entends déjà la masse grouillante des cul-bénits me vouer aux gémonies pour oser m’en prendre au Téléthon…
Rien à battre, j’ai ma conscience pour moi. D’ailleurs, je considère que dans l’absolu, des associations celle-ci, Téléthon, Sidaction, Restos du Cœur, etc, ne devraient même pas exister.
Elles ne sont que des substituts pratiques aux manquements de l’état, rien de plus. Du libéralisme pur au service des intérêts privés. La charité privée est une façon de cautionner le désengagement de nos institutions et elle justifie la réduction des dépenses en matière de recherche scientifique publique et de sécurité sociale.

Pensez-y la prochaine fois que vous serez sollicités par le charity-bizness !

Tiens, cette histoire me fait penser à cette chanson de Genesis…


Genesis-Jesus He Knows Me(Video Clip)
par genesis26

samedi 16 mai 2009

Les Ch’tis, ou l’apologie de la médiocrité (?)

Bonjour-bonjour ! Aujourd’hui, malgré le ton enjoué que pourrait laisser présager la double salutation qui entame ce texte, je dois vous prévenir à l’avance, je n’ai pas particulièrement envie d’être ni joyeux ni tendre. Je me sens limite furibard, mais avec encore quelques soupçons de rationalité pour pouvoir analyser et justifier cet état. D’ailleurs, même si je sais que ça vous plait bien quand je pousse une gueulante, vous avouerez quand même que c’est un poil plus constructif lorsque celle-ci est accompagnée d’arguments… Non ? Ah bon, j’me doutais bien…

Comme vous le savez déjà puisque vous êtes des lecteurs attentifs, mon opérateur du câble me soumet régulièrement à la torture en m’offrant parfois quelques chaines de télé supplémentaires. Mon opérateur, Numéricable pour ne pas le nommer, ne sait pas que je suis pauvre comme Job, mais il continu néanmoins à me titiller le portefeuille pour voir s’il n’y resterait pas quelques piécettes à grappiller…
Donc, ce mois-ci ils ont fait très fort, puisqu’ils m’ont ajouté, non pas un mais deux bouquets supplémentaires à mon paysage audiovisuel. J’ai droit à Ciné-Cinéma et à Canal ! Et donc, c’était jeudi soir, j’ai pu enfin voir Bienvenue chez les Ch’tis sur Canal Plus Cinéma…

Et c’est de ça, et d’autres choses, dont je voulais vous parler aujourd’hui.
Ca va l’entrée en matière ? Pas trop longue ? Bon ok, alors on attaque.

Lorsque le film Bienvenue chez les Ch’tis est sorti je ne suis pas allé le voir. Tout simplement parce que je ne vais plus au cinéma depuis des années car c’est trop loin et c’est trop cher. Ça, c’était les raisons du départ. Ensuite, lorsque le buzz a commencé autour du film et que les entrées des salles montaient en flèche, je me suis dit que je n’irais pas le voir quand même… Je suis peut-être un asocial paranoïaque, mais moi, lorsqu’on me dit que quelque-chose est formidable, j’accueille cette affirmation avec indulgence, mais aussi avec circonspection. Et plus on en rajoute, moins j’ai envie de me bouger pour suivre le mouvement. Lorsque vous regardez passer un troupeau de moutons, et que vous en voyez un qui ne va pas dans le même sens que les autres, il y a de grande chance qu’il s’appelle Gwendal. C’est comme ça.

Et puis, au milieu du concert de louanges qui encensait le film, sa générosité, son humour etc… J’ai entendu quelques rares critiques qui m’ont paru frappées au coin du bon sens et j’ai eu tendance à les écouter elles, plutôt que de suivre l’enthousiasme ambiant…
Aussi, sans l’avoir vu, j’ai donc classé ce film dans la catégorie « paupérisation intellectuelle » de mon échelle de valeur. Je ne vous cache pas qu’au début, ça me faisait un peu chier de me retrouver au côté de Zemmour et Le Pen. Le groupe des antis-Ch’tis n’était certes pas énorme, mais il comprenait quand même quelques figures nauséabondes… Mais bon, on peut être un connard et avoir quand même un peu de jugeote. C’est ce que je me disais pour me dédouaner.

Donc, un an après sa sortie, j’ai enfin vu la merveille. Le film aux 20 458 104 entrées… Le film qu’un français sur trois est allé voir en salle. (Putain ! Quand on y réfléchit… C’est énorme !)
Et bien, vous voulez que je vous dise ? Je suis bien content de ne pas avoir dépensé mon fric pour ça… !
Quand j’ai vu que ça passait à la télé, je me suis dis : « Ah enfin ! Je vais pouvoir me faire un avis objectif sur la question… ». J’ai donc abordé ma soirée avec un minimum d’ouverture d’esprit. Je me suis installé confortablement sur mon canapé, et j’ai regardé les malheurs de ce directeur de la Poste confronté à une culture qu’il ne connait pas, aux préjugés (les siens, car vous aurez noté que les gens du Nord n’en n’ont pas…), le tout agrémenté de quiproquos plutôt téléphonés.

Au final, j’ai ris. Pas beaucoup, mais un peu quand même… La première chose que je me suis dit, c’est que c’était une comédie « honnête », mais en aucun cas un grand film. En tous cas pas un film digne de se présenter aux Césars, ça c’est clair… (Je mets un lien pour Azul…) Tout de suite après, j’en suis venu à m’interroger sur ce qui avait bien pu faire déplacer (et dépenser de la tune !) autant de français… Là, je vous avoue que je n’en sais toujours rien. Pour moi, c’est mystère et boule de gomme.
La promotion du film ? Je n’ai pas noté qu’elle ait été différente des autres.
Le sujet ? Déjà vu, revu et re-revu… Je n’ai pas d’exemples qui me viennent à l’esprit, là tout de suite, mais le coup de l’étranger versus coutumes locales, c’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, par contre, c’est que l’on situe l’action dans ne Nord… Mais comme d’habitude dans ce genre de film, on caricature à l’excès l’autochtone en se foutant de sa gueule.
Les acteurs ? Le casting est bon. Merad et Boon font du Merad et du Boon et ils le font bien… Mais ça on le savait déjà. M’enfin, rien de vraiment neuf.

Aussi, franchement, avec toute l’honnêteté du monde je ne vois pas trop ce qui a permis ce film de pulvériser les records au box-office…
Si ce n’est peut-être ce que j’appellerais l’effet « mouton de panurge ». Mais bon, pour que cet effet fonctionne il faut quand même qu’il y ait un minimum de consensus autour de valeurs communes. Et en ce qui me concerne, les seules valeurs que je distingue sont l’utilisation abusive des clichés, la parodie outrancière, et l’éloge de la médiocrité.

Soyons clair, je n’ai rien contre les gens du Nord. Mais alors rien du tout. Je n’irais pas vivre là-haut pour tout l’or du monde, mais ça n’a rien à voir avec leur accent bizarre, leur maison en briques rouges bizarres (Z’ont pas de pierres là-haut ?) ni même leurs spécialités culinaires bizarres… Ce n’est pas non-plus une question de météo. Parce qu’en fait, quand j’y réfléchis, ça ne m’effraierait pas d’aller vivre en Bretagne ou en Irlande… Donc, la pluie et le froid comme repoussoir, ça ne marche pas. Non, si je n’ai pas envie d’aller là-bas, c’est tout simplement parce que je suis bien où je suis. C’est aussi con que ça.

Mais il faut quand même reconnaitre que l’image que le film donne des gens du Nord n’est pas terrible. Ils sont limite débiles (je parle de l’image), mais on leur pardonne parce qu’ils sont sympas… Aussi, lorsque l’on remarque une recrudescence de la fréquentation touristique à Bergues et dans le Nord-Pas-de-Calais en général, C’est donc que les gens vont là-bas pour y voir des gens débiles, mais sympas. Et là je vous citerais Philippe Marlière qui dit : « Bienvenue chez les Ch’tis est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ? ».

Mes chers amis, je trouve que cet engouement pour la mise en valeur de la médiocrité, participe au processus d’a-culturation massif qui nous attaque depuis quelques années. Ce film est en quelques sortes dans la droite ligne des castings de La Nouvelle Star, du buzz autour de Cindy Sanders, ou encore d’autres émissions comme Super Nanny… On assiste à la mise en valeur, non-plus de ce qui mériterait d’être cité à titre d’exemple, mais au contraire, on enfonce bien le clou en se gobergeant de la nullité.

En fait, et c’est là où je voulais en venir depuis le début car c’est un sujet qui m’interpelle depuis un bout de temps, en fait donc, nous sommes en train de nous faire manipuler de la plus belle manière… Et c’est un peu grâce à Franck Lepage (voir article précédent), que j’ai plus ou moins réussi à mettre des mots sur mon questionnement… Autant Lepage, et Herbert Marcuse avant lui, nous avertit que l’on est en train de nous enlever des mots pour ne plus pouvoir critiquer un système, autant dans ce cas d’a-culturation, ou de paupérisation intellectuelle si vous préférez, on est en train de vouloir changer notre perception des choses pour ne plus pouvoir imaginer être autre chose que ce que nous sommes.
Je m’explique. Lorsque l’on montre ou cite en exemple quelqu’un de formidablement doué, ou quelqu’un ayant fait de grandes choses, l’exemple prend alors une signification positive. Il nous sert de curseur sur notre échelle de valeur. Curseur que nous avons en ligne de mire et que nous chercherons donc à atteindre.
Seulement, depuis quelques temps, on assiste à la mise en valeur non-plus de ce qui se fait de mieux, mais plutôt de ce qui se fait de pire. Le résultat en est que, petit à petit nous n’avons plus en ligne de mire un « état supérieur » à atteindre, mais plutôt un « état inférieur » qui n’est là que pour nous rassurer. Car en effet, qu’elle peut être la réaction de celui ou celle qui n’a constamment sous les yeux que des exemples d’échecs pires que les siens ? Tout simplement, celui-ci se rassure en se disant qu’il existe bien pire dans le monde que sa propre vie, et il ne cherche donc plus vraiment à l’améliorer…

Voilà donc ce que nous préparent ces médias de masse : Une génération de gens contents de leur sort, qui se contente de railler des sous-exemples et qui, quoi qu’il arrive, n’auront même plus ni l’idée, ni l’envie de progresser par quels moyens que se soient… La plèbe idéale, silencieuse et satisfaite d’elle-même. Incapable d’imaginer vouloir autre chose que ce qu’elle a déjà… Incapable d’avoir des désirs autres que ceux qu’on leur proposera alors, clef en main.
Un autre exemple, qui a commencé je crois avec le premier Lof Story, ou Big Brother si vous préférez. C’était en 2001. Avec ce genre d’émission est apparue une nouvelle façon de faire progresser quelqu’un dans un jeu… Pour la première fois (en tous cas en France), on ne récompensait plus les meilleurs ou les plus méritants, mais on éliminait les plus mauvais… Le candidat se retrouvait dans l’obligation de progresser, non plus pour être meilleur que les autres, mais plutôt pour ne pas être le pire… Griotte sur le clafoutis, l’échec est alors mis en valeur. L’humiliation, somme toute relative, est orchestrée, et le public se gave de voir le candidat éliminé.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, je trouve que ça change quand même pas mal de chose… Surtout sur l’image que l’on a de soi-même et des autres. Ce n’est plus l’attraction de l’excellence qui fait progresser l’individu, mais la peur de l’échec. L’émulation du candidat n’est plus guidée par le fait d’arriver le premier au bout du bassin olympique, mais simplement de se maintenir à flot. Ce ne sont plus les qualités d’une personne qui font d’elle une gagnante, mais ce sont les défauts des autres qui les éliminent.
Vous avouerez que c’est un bien drôle de concept que celui-ci…

Et c’est là que j’ai le palpitant qui s’emballe et la tension qui grimpe. Parce que, il n’y a rien de plus qui m’énerve que de voir quelque chose d’évidemment néfaste fonctionner avec autant de redoutable efficacité. Un français sur trois, merde ! Ca ne vous énerve pas un truc pareil ?
Je ne saurais dire si ce processus d’a-culturation est le fait d’une intention délibérée… Je constate simplement son existence, et j’en subodore les effets, c’est tout. Cependant, je ne peux m’empêcher d’y voir quelques références à ce sacré Edward Bernays et à sa manie de vouloir satisfaire les désirs inconscients de la masse dans le but de la manipuler…

Comme quoi, après Bernays et sa manipulation, Lepage et sa critique de la politique culturelle, Bienvenue chez les Ch’tis tombe à pique pour illustrer ce que j’essaye de définir depuis quelques articles… J’ai bien conscience que je n’ai pas encore fini ma réflexion. Il me reste encore pas mal de boulot pour arriver à bien cerner, c'est-à-dire mettre des mots sur, cette satanée tendance qu’on certains à vouloir nous priver de jugement.

Aussi, je vais continuer à réfléchir à tout ça, et dès que j’ai récupérer quelques pierres à rajouter à l’édifice, on en reparle ! D’ailleurs, je compte aussi sur vous et votre jugement pour me fournir de la caillasse ! *

* : Un peu de flatterie ne fait pas de mal…