Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


lundi 26 mai 2008

Coup de gueule

Cela faisait un bout de temps que j’avais envie de pousser une gueulante sur un sujet qui m’énerve au plus haut point. Peut-être me fallait-il attendre d’être suffisamment en colère, ou bien d’avoir rassemblé suffisamment d’arguments pour étayer mon coup de gueule, mais le fait est que je rumine ça depuis trop longtemps.
Je ne supporte plus la société dans laquelle certains veulent que nous vivions. J’en ai marre de cette propension à vouloir nous appauvrir intellectuellement en nous nourrissant de tout ce qu’il y a de plus vil, de plus bas.
Je pense sincèrement que le but de la vie d’un homme, ou d’une femme, est de s’enrichir, de progresser, de s’élever vers le haut et non le contraire. Prenez ça comme vous le voulez, mais c’est comme ça que j’envisage mon passage sur terre. De même, je considère qu’il est de mon devoir de m’instruire, mais aussi d’instruire les autres. Dans la mesure de mes capacités bien évidement… Si je peux faire partager mes connaissances (par exemple la sylviculture), je ne m’en prive pas et j’espère que les personnes qui me lisent le prennent pour ce que c’est : Un partage et non pas une leçon.
Dans cette optique, je pense que toutes lectures, tous films, tous programmes de télévision se devraient, à mon sens, de porter l’être humain vers une position plus haute que la sienne propre. Malheureusement, depuis quelques années je suis obligé de constater que notre environnement médiatique n’agit pas dans ce sens. Tous ce qu’on nous propose va même dans le sens contraire, c'est-à-dire la paupérisation de la pensée.
Je m’explique : Avec l’avènement de la téléréalité, nous avons commencé à être témoins de la médiocrité des autres. Nous avons découvert qu’il était beaucoup plus confortable de se gargariser des frasques stériles de bimbos siliconées plutôt que d’assister à un programme qui nous instruise tout en nous divertissant. Dès lors la qualité des programmes que la télévision nous a proposés n’a cessé de suivre cette dérive.
Les exemples ne manquent pas. Cela va du jeu débile aux questions simplissimes que tout un chacun devrait savoir résoudre avec un peu de bon sens. Aux émissions de coaching où l’on découvre que le voisin d’en face est encore plus sale, plus bête ou plus malheureux que soi. En passant par des films qui mettent en valeur le vol, la vengeance ou le meurtre. Des témoignages (souvent trafiqués) de personnes au comportement extrême. Des radios-crochets où le principal intérêt est de se moquer des autres, tout en faisant croire que n’importe qui peut devenir talentueux. La glorification de « peoples » tellement cons, mais malgré tout tellement célèbres. Les avertissements des notices destinés aux demeurés mentaux…
Lorsque le public regarde de telles émissions, assiste-il à quelque chose qui le grandis ? Non. Il se contente de regarder des personnes dans une situation encore plus crasse que la sienne. Il assiste à un spectacle rassurant, il se dit que tout va finalement pour le mieux puisque devant ses yeux se déballe la vie de personnes encore plus pitoyables que lui.
Alors bien sur, il existe encore des programmes de qualité. Pour peu que l’on aime se coucher tard ou aimer les sous-titrages. Donc, ce ne sont pas que les bonnes occasions de se cultiver qui manquent, c’est le gout de vouloir le faire. Comment expliquez-vous que ces émissions lobotomisantes remportent autant de succès ? Les parts de marché s’envolent lorsqu’il s’agit de décérébrer le téléspectateur lambda. Et comment expliquer que vingt millions de français soient allé voir un film qui est une ode à la beaufitude franchouillarde ? Comme l’ont été d’ailleurs d’autres succès du box-office comme Camping ou Disco, par exemple… A l’heure ou le festival de Cannes met à l’honneur des films engagés, qui font réfléchir, il y a malheureusement fort à parier que ceux-ci ne feront que très peu d’entrées.
Et bien, cette situation m’énerve. Et elle m’énerve d’autant plus que je constate qu’un tel degré de non-culture est propice à la manipulation des masses.
En effet, je crois que la clé de tout ceci se trouve dans la valeur de l’exemple. Le seul que nous propose cette dérive est l’espoir de ne pas devenir comme l’abrutit que nous avons en face de nous. Nous n’avons plus d’exemple à suivre mais seulement des exemples à ne pas suivre, et cela change tout. A l’heure où nous traversons des périodes difficiles, et c’est particulièrement vrai dans notre pays, cette absence de sens critique fait de nous des moutons. Des gens capables d’élire un président bling-bling sur la foi de belles promesses démagogiques et populistes, par exemple. Mais n’oublions pas que c’est cette même sous-culture qui a également conduit un peuple à soutenir son chef dans une invasion au but bassement mercantile, sous couvert d’une croisade vengeresse…
Un des effets le plus pervers de cette décrépitude intellectuelle est que la majorité bêlante en vient à mépriser ceux qui sont encore capable d’avoir un avis particulier. Penser par soi même n’est plus un gage de liberté, mais de dissidence. Penser devient un crime.
Un autre effet est que nous n’avons même plus les moyens intellectuels de nous révolter, de contester le pouvoir en place. Sans instruction et sans culture nous n’avons plus la capacité à ouvrir les yeux sur le monde et par la même à vouloir le changer.

Voilà, j’ai tenté de vous livrer le fond de mon cœur sur un sujet qui m’importe. En me relisant je m’aperçois que je suis tout de même relativement gentil et poli, alors que mon sentiment est plus proche du hurlement et de l’invective… C’est sans doute dû à ma volonté de paraitre clair et structuré, cela a pour conséquence de lisser les sentiments. Mais n’en doutez pas, je suis remonté comme une pendule, et j’ai bien l’intention de continuer à gueuler aussi fort que possible !
Je vous engage à relire 1984 de Georges Orwell. Ce livre a 70 ans mais il décrit bien les mécanismes qui nous ont menés où nous en sommes actuellement.

Aux urnes, citoyens ! (Epilogue)

Bon, ben… Les résultats sont tombés concernant le deuxième tour des élections législatives partielle de la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes :
Christian Estrosi : 69,37%
Paul Cuturello : 30,63%
Taux de participation : 34,31%



J’ai pas grand chose à en dire, si ce n’est que comme la semaine dernière le taux de gens concernés reste ridiculement bas. Et parmi ces gens (con)cernés, sept personnes sur dix préfèrent le bling-bling. Et bien, je suis plutôt fier de ne pas en faire partie !
Juste pour bien rappeler les choses, Estrosi est maintenant : Maire de Nice, Président du conseil Général, Président de la Communauté d’Agglomération Nice-Côte d’Azur, Député des Alpes-Maritimes. Désormais, le département lui appartient entièrement…


vendredi 23 mai 2008

Rencontre fortuite

Je vais vous la faire courte aujourd’hui.
Alors que je me rendais à mon petit supermarché de quartier, histoire de faire le plein du frigo pour le week-end qui s’annonce, j’ai fait ce matin une rencontre. Devant le magasin quelques militants tractaient en vue du deuxième tour des élections législatives partielle de dimanche prochain. Soudain, je me rends compte que la tête du monsieur en costard-cravate me dit quelque-chose. Je fouille ma mémoire, en vain. C’est alors que j’avise un des tracts posés sur un pare-brise de voiture, et je réalise soudain que j’ai en face de moi Paul Cuturello, candidat PS de ma circonscription ! L’homme est occupé à discuter avec une grand-mère hors d’âge, je décide alors de faire mes courses et de tenter de le saluer à ma sortie du magasin. Vingt minutes plus tard, il est toujours là. Je m’approche et j’engage la conversation. Ce n’est pas tous les jours que l’on à l’occasion de rencontrer le candidat d’une élection. Candidat, qui plus est, pour lequel j’ai bien l’intention de voter dimanche.
L’homme est extrêmement sympathique et comme il y a dégun à cette heure nous avons pu discuter à bâton rompu. Comme moi, il est inquiet de la dérive droitiste que prend le PS et il s’inquiète tout autant que moi de la future présidence de Ségolène Royale. (Certains militants m’ont dis que Cuturello était Emmanueliste ! Je savais même pas que ça existait !)
Bref, je lui ai dit que si par malheur le PS continuait à vouloir se rapprocher du centre, je ne voterais plus jamais pour eux. (Na ! Comme ça, c’est dit !). Je lui ai également fait part de mon envie de recadrage du parti vers de vraies valeurs de gauche, ce dont il a convenu avec moi. Et bien je peux vous dire que c’est très agréable de rencontrer un candidat PS qui ne soit pas aux ordres de son parti et qui compte bien jouer un rôle au congrès de Reims en novembre.
Une dernière chose : Un programme commun avec la LCR ? « Pourquoi pas ? A condition que la LCR veuille bien s’assoir à une table et mette les mains dans le cambouis. ».



France3 nice le 21 mai 08 législative partielle
par jefps

Paul Cuturello est sociologue et ingénieur d’étude au CNRS. Conseiller général et conseiller municipal de la ville de Nice.

jeudi 22 mai 2008

Joli mois de mai

Belle journée que ce jeudi 22 mai 2008. Un beau soleil, une température clémente tout est propice à une bonne manifestation bien revendicatrice.
Comme promis donc, me voilà parti vers la place Masséna lieux de départ du cortège. Les rues de Nice sont particulièrement roulantes, en quinze minute ma voilà à pied d’œuvre, en avance d’une demi-heure sur l’horaire de rendez-vous. Pas de problème, j’en profite pour rendre visite à un de mes amis qui tient un magasin d’optique au coin Masséna-Gioffredo. On s’embrasse et nous nous mettons à parler de cette journée qui s’annonce. Lui est obnubilé par le fait que son fils ne veuille pas aller au collège, qu’il n’y a pas de bus (ce qui est faux, la preuve, je suis là !). Bref, mon ami est un patron de chez droite, du genre à penser que les centaines de personnes déjà réunies devant sa boutique ne sont que des paresseux qui mériteraient de perdre leur emploi. D’ailleurs, en tant que patron, il n’en aura pas de retraite lui ! Alors celle des autres, il s’en tamponne.
J’abrège la conversation d’une bise et me taille prétextant que j’ai du boulot. « Tu comprends, mon blog… J’ai promis… » Bref, comme d’hab, je n’argumente même plus avec lui.
D’autant que la place commence à se remplir. Deux cents, trois cents, de minutes en minutes des gens arrivent. Seuls ou bien en groupe. Les drapeaux se déroulent, les clans se forment. Chacun sous sa bannière, et pas question de se mélanger avec les autres. Un groupe d’une cinquantaine de joyeux lycéens descend l’avenue Jean Médecin en provenance de la gare. Ils viennent de Cannes et d’Antibes. La sono à fond balance du AC/DC. Ca y-est, l’ambiance monte d’un cran.
La police est là, bien sur, mais plutôt détendue. La tenue d’été et la casquette donnent comme un air de vacance. Ils n’ont pas l’air sur la défensive. D’ailleurs tous ces gens ne sont pas dangereux. Des militants bien disciplinés, la cinquantaine joyeuse. Ce n’est pas avec eux qu’on risque de jouer de la matraque. On se salue, on s’embrasse, tout le monde semble connaitre quelqu’un. J’ai la vision fugitive d’une sylphide en robe blanche, belle comme Marianne avec son drapeau orange. Je la capte d’un geste de semeur… Les bouddhas de la place Masséna, bienveillants et silencieux, observent cette assemblée hétéroclite et sage.

10H30 : C’est parti mon kiki. Direction le port, via la place Garibaldi. Je suis un peu déçu, car c’est plutôt court comme trajet. Et pas trop perturbateur. Le cortège n’avance pas vite, ce qui me permet de le précéder malgré ma patte folle et ma canne. Il faut vous dire que j’ai triché ce matin. Je me suis dopé aux analgésiques pour pouvoir accomplir cette mission.
J’ai envie de faire des photos d’un point haut, histoire d’appréhender l’ensemble de l’événement. Euréka ! La Promenade du paillon me fera un excellent point d’observation. Je grimpe les marches et me positionne, l’appareil photo à la main. A mes côtés un journaliste avec une caméra numérique, un photographe amateur, un couple d’amoureux… J’engage la conversation avec le photographe, combien sont-ils ? Il ne sait pas. La foule me semble interminable et fournie. J’ai une impression de masse en branle. Je regarde ma montre. Top ! Le cortège passe à ma hauteur, il est 10H40.


En face de moi une école maternelle. Les bambins sont tout excités de voir autant de monde. La sono proclame que c’est pour eux que les gens sont dans la rue.
Passé le bruyant groupe de lycéens qui ouvre la marche, les confédérations se suivent. Les agents des Impôts, les Douanes, les cheminots, Air-France, l’Enseignement, le personnel hospitalier… Des camions d’EDF aux plaques masquées sont aussi de la partie. Tout le monde est sage et les slogans sont rares. Une sono diffuse un texte que je note au passage : « Nous refusons de travailler plus pour mourir plus vite. Nous voulons travailler mieux pour vivre mieux. »
Les calmants ont un effet limité et je m’assois sur les marches pour regarder passer la foule. Je réalise soudain que les deux amoureux que j’avais remarqués un peu avant sont en fait des compteurs. Je prends une photo discrète. La fille a à la main un autocollant de la CGT. Je me dis que j’ai décidément du bol et que je vais pouvoir enfin savoir combien de manifestants se sont réuni aujourd’hui. Je les observe du coin de l’œil. La fille me semble concentrée et compte les gens qui passent sous sont nez. Elle donne les chiffres à son compagnon qui note le tout sur une feuille de papier. De temps en temps, elle site tel ou tel groupe de manifestants et le nombre de personnes qui semble y être associé. Le type me semble moins assidu, il téléphone en même temps et me semble noter un chiffre sur deux. Tout cela n’est pas très sérieux comme méthode…
Les derniers viennent de passer, il est 11H25. La jeune femme annonce alors à son compagnon « L’UNSA, 54 personnes ! ». Moi, j’aurais dis un peu plus.
Je m’approche alors de la fille et je la questionne. « Alors, combien ? » Elle me répond que cela fait entre 2000 et 2500 personnes. Je suis déçu, je n’y crois pas. Je lui demande alors qu’elle méthode elle utilise pour pouvoir affirmer ce chiffre. Elle me répond que sa méthode est la plus précise puisqu’elle compte les gens par paquets de 30 ou 40, un par un. Ah bon ? C’est aussi simple que ça ? Nous continuons à discuter et elle me dit qu’elle estime qu’elle peut faire une erreur de 10% par groupe de 30 ou 40. Ce qui nous fait 3 ou 4 personnes de plus ou de moins. Son compagnon qui s’était éloigné un instant pour téléphoner se rapproche et lance : « De toute façon, les syndicats annonceront le double dès demain ! ».
Ingénument, je demande alors pour qui ils effectuaient se comptage. « A votre avis ? » me répond-t-il… Et là, je réalise soudain que ces deux jeunes gens sont en fait des fonctionnaires de police. (Avec le recul, je me dis qu’il faisait un peu chaud pour porter un blouson en jean…).
Nous continuons cependant à discuter. Selon eux le mouvement s’épuise, car la semaine dernière il y avait près de 4000 personnes dans les rues pour soutenir les enseignants. 2500 aujourd’hui pour les retraites. Pour eux, c’est dans la logique des choses… Un charmant monsieur s’est joint à nous et nous continuons à papoter alors que la rumeur du défilé s’éloigne peu à peu. Les deux flics s’en vont, je reste avec le monsieur (Salut LPG !) qui se révèle être un internaute assidu, nous échangeons nos points de vue. Il est temps de rentrer, la fête est finie.
De retour à la maison je commence à rédiger cet article et je continue de m’interroger sur les méthodes de comptage des manifestants. En fait, il en existe deux.
La méthode des organisateurs : a. On chronomètre le temps de défilement du cortège. b. On en déduit la longueur du cortège, en faisant une hypothèse sur la vitesse moyenne de défilement (2 km/h pour la CGT, ce qui semble assez lent donc assez prudent). c. On estime le nombre de manifestants par mètre de cortège (plusieurs estimations sont effectuées sur différents tronçons puis moyennées), ce qui dépend grosso-modo de la largeur des voies empruntées. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = longueur du cortège en mètres × nombre de gens par mètre.Avec cette méthode et ma propre estimation, (1500m x 7 pers/m) j’arrive à un nombre approchant les 10 500 manifestants.
La méthode de la police pour les manifs pas trop importantes : a. On se place en un (ou deux) point(s) du cortège, pas trop près du début ni de la fin, et on compte les rangs qui passent.
b. On mesure la largeur de la voie en ce(s) point(s), ce qui donne une assez bonne mesure de la largeur de la rangée. c. On en déduit le nombre de gens par rangée, en appliquant un barème (lequel ?) déterminant le nombre de gens par mètre de rangée. d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = nombre de rangées du cortège × largeur d’une rangée en mètres × nombre de gens par mètre de rangée.
Sauf qu’avec cette méthode, une rangée se doit d’être cohérente. Alors que dans une manif, cela va du gars tout seul, à l'équipe de rugbymen se tenant par les coudes…
Bref, rien à voir avec ce qu’ont fait nos deux petits poulets… La jeune fille était peut-être consciencieuse mais son acolyte ne reportait pas tout les chiffres !
Je vous laisse juge au regard de cette photo ci-dessus. Sachez que cela ne représente que la moitié du défilé. Comptez les, et dites moi ce qu’il en est !

En conclusion, je dirais que c’était une belle journée pour défiler. Une très belle journée. Même si je n’étais pas là jusqu’à la fin, je ne pense pas qu’il y est eu des débordements. C’était de la manif de pros, faite par des gens concernés et responsables. J’espère seulement que la manifestation niçoise, qu’elle soit de 2500 ou de 10 000 personnes, viendra s’ajouter à toutes celles qui de par la France se déroulent aujourd’hui. La lutte est longue, ne perdons pas espoir.
J’attends vos commentaires et vos expériences des quatre coins de la France.
Addenda le 23 mai 2008 à 06H10.
Nice-Matin titre aujourd’hui : Sur un parcours inhabituel entre la place Masséna et le port de Nice, de 10 h 45 à 13 heures, la police a compté 2 500 participants quand plusieurs syndicats situent la barre autour de 7 000 et même 10 000 selon la FSU.

mercredi 21 mai 2008

L’intégrisme de retour à l’école

La nouvelle est passée largement inaperçue mais elle est, à mon sens, d’une importance capitale. C’est un article parut sur le site de Rue89.fr qui m’a mis la puce à l’oreille.
Le 15 mai 2008, le Parlement a adopté une loi transposant une directive Européenne antidiscriminatoire. L’Europe faisait pression sur la France depuis un certain temps pour étendre la lutte contre les discriminations non-plus seulement dans le monde du travail mais également aux activités non salariés.
Alors, accrochez-vous et suivez bien le fil du raisonnement de nos chers députés, car c’est un peu tarabiscoté. Moi-même j’ai mis plusieurs heures à en vouloir démêlé les fils…
Donc, au départ on essaye de traduire en droit français une directive européenne. Celle-ci concerne l’obligation de devoir certes punir, mais aussi préserver toutes personnes susceptibles d’être harcelées moralement ou sexuellement. Dans la nouvelle loi, l’Etat permet dorénavant d’offrir au public la possibilité de se prémunir de ces possibilités de harcèlement et ce dans tous les domaines de vie publique. Donc de pouvoir avoir le choix de choisir un lieu de travail, un magasin, une école, où on sera assuré d’être prémuni contre toutes formes de harcèlement.
Dès lors il convient de définir avec précision ce qu’est exactement un harcèlement moral ou sexuel. Là, je vous avoue que je ne suis pas arrivé à trouver le texte exact, mais je sais en revanche que le droit prend en compte le harcèlement à l’école.
Ainsi, la nouvelle loi permet donc d’offrir aux parents la possibilité de choisir entre une école mixte ou non. Entre une école où son enfant sera susceptible d’être harcelé sexuellement par le sexe opposé ou non.
Et l’on en vient donc à ce recul phénoménal dans notre société, à la création d’écoles où les garçons et les filles seront séparés.
Donc, pour résumer : On part d’une intention antidiscriminatoire pour arriver à une loi qui remet la discrimination sur les bancs de l’école de la République !
La mixité est pourtant une de nos avancées la plus spectaculaire en termes d’égalité homme-femme. Généralisée dans les années 60, une circulaire l'impose en juin 1965 pour toutes les nouvelles écoles élémentaires. Le 11 juillet 1975 la mixité devient obligatoire dans l'enseignement public primaire et secondaire. En mai 2008, la mixité redevient facultative. Et l’on parle de progrès ?
En faisant des recherches je me suis rendu compte qu’il s’agit en fait d’un vieux combat de la droite catholique et bien-pensante qui dure depuis des années. En effet, de nombreuses publications ont été publiées depuis les années 70 mettant en exergue les dangers inhérents au mélange filles-garçons. Du simple rejet de la tentation perpétuelle du sexe infligé à nos enfants, à une politique d’amélioration des résultats, et pour finir à ce subterfuge, une certaine droite n’a jamais cessée de lutter contre la mixité scolaire.
Cette droite minoritaire mais néanmoins puissante a eu finalement gain de cause.
Petite précision, cette loi a été adoptée selon une procédure d’urgence. C'est-à-dire qu’elle est passée par le biais d’une commission mixte (sic!) paritaire (ça vous dit quelque chose, non ?). Les amendements, notamment ceux du Sénat, ont été tout simplement éliminés du débat, et la loi est passée comme une lettre à la poste, sans tambours ni trompettes.
Alors que peut-on dire de cet événement ? Dans les faits, il est indéniable que notre société ne ressort pas grandie d’une telle mascarade, car nous avons fait un bon spectaculaire vers les inégalités du passé. Mais la question mérite d’être posée : S’agit-il d’un effet pervers de notre système législatif, ou bien, et c’est mon sentiment, d’une dérive droitiste qui s’inscrit dans la continuité du renouveau spirituel et moral voulu par Nicolas Sarkozy ? Souvenons-nous du discours de Latran, de celui de Ryad, de celui du CRIF…
Après la laïcité, c’est la mixité qui est maintenant malmenée par ce gouvernement.

lundi 19 mai 2008

Aux urnes, citoyens ! (Pour un deuxième tour !)

Franchement, maintenant je peux vous le dire, je ne pensais pas que j’allais devoir me déplacer de nouveau dimanche prochain pour un second tour. Car il va y avoir un second tour pour l’élection législative partielle da la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes ! Yes !
Le fait est que même si il a un poil amélioré son score de l’année dernière et obtenu la majorité absolue des voix exprimées, Christian Estrosi n’a pas obtenu le minimum de 25% des inscrits… La faute en est à une abstention plus que massive des électeurs. En effet, comme je le craignais hier, peu de personnes se sont déplacées pour accomplir leur devoir citoyen, puisque la participation n’a été que de 34,62% contre 63,25% en 2007. Personnellement je préfère voir les choses sous un autre angle, 65,38% des électeurs ont préféré aller se balader plutôt que de s’investir dans la vie de la citée. Que l’on ne s’étonne pas, dés lors, que notre système démocratique parte en couille…
Donc les résultats sont les suivants :
Estrosi (UMP) : 61,09% (+1,01%) ; Cuturello : 20,74% (+4,96%) ; Gianno (PC) : 5,55% (-1,75%) ; Ligonie (FN) : 4,83% (-0,42%) ; Plaquevent (Identitaires) : 4,61% (+2,41%) ; Hvidsten (MEI) : 3,17% (+2,54%).

Alors que peut-on dire de ces résultats ? Tout d’abords, c’est bâcher pour le second tour… La gauche même en se réunissant dans un élan digne de 1981 ne pourra refaire son retard. Non, ce qui me semble important, du moins significatif dans une région comme la mienne, c’est la chute continue du Front National qui profite essentiellement à un mouvement encore plus radical que sont les Identitaires Niçois.
Le mouvement NISSA Rebela (NISSA pour Nice Identité Sécurité Solidarité Action) se veut être proche de la vie locale. Pour eux, le destin d’une région se doit d’être pris en main par les locaux, et son mot d’ordre est « lu nouostre davant lu autre! ». Ai-je besoin de traduire ? Proche de la Lega Nord italienne, ce ramassis de fachos regroupe tout se qui peut trainer comme nationalistes, patriotes et autres xénophobes. Enrobée de la belle langue Nissart, leur action vous est d’ailleurs connue, à vous gens des quatre coins de la France. Ce sont eux qui proposaient une soupe populaire à base de porc, histoire d’écrémer un peu les SDF du quartier du Port. Vous voyez un peu la mentalité ? Je passe sur leur refus de voir une mosquée s’ouvrir à Nice, ville qui comprend plusieurs milliers de musulmans pratiquants. Bref, ma ville si belle qu’elle puisse être, sera toujours un bastion du fascisme.
Mais bon, ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Hasta la victoria siempre !

samedi 17 mai 2008

Aux urnes, citoyens ! (Salade Niçoise)

Demain dimanche je vais aller voter pour la troisième fois de l’année.
Quoi ? Qui ? Comment ? Encore ? Et oui, mes amis le combat est sans fin. Alors de quoi s’agit-il ?
En mars de cette année, les élections municipales ont vu Christian Estrosi devenir le nouveau maire de Nice. Conséquence directe d’une de ses promesses électorales, il démissionne dans la foulée de son poste de Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer. Car la promesse de ce cher Estrosi était de vouloir se consacrer entièrement à sa ville. Cet argument a fait mouche auprès d’une population âgée, autochtone et de droite (forcement…). Alors, on est en droit de penser que pour une fois, en voilà un qui refuse le cumul des mandats, qui veut se consacrer au Niçois, qui sacrifie un ministère pour nos beaux yeux… parce qu’il nous aime !
Gourance totale. Sitôt élu maire, le fieffé coquin s’est fait élire Président du Conseil Général des Alpes Maritimes, puis Président de la Communauté d’Agglomération Nice-Côte d’Azur (CANCA) le 18 avril dernier.
Cela commence à faire beaucoup trois mandats, me direz-vous. Et bien non ! Que nenni gens de peu d’ambition, il lui manquait un titre à (r)accrocher au revers de son costume, celui de député.
Député des Alpes-Maritimes, il l’a été de juin à juillet 2007 (élu au premier tour avec 60,08% des voix). Lorsque le désormais Président Nicolas Sarkozy fait appel à lui pour occuper un secrétariat d’Etat, il démissionne de son poste pour cause de cumul (ministre+député) et fait nommer son suppléant Charles-Ange Ginesy à sa place…
Devenu depuis maire de Nice et ayant quitté le gouvernement, Estrosi demande alors à son suppléant de lui rendre son poste de député. Ginesy s’exécute, démissionne, et nous revoici devant l’isoloir.
C’est bon là ? Vous avez tout compris ?
On est donc reparti comme en 40 avec une bonne petite élection législative partielle de derrière les fagots. Seulement la donne n’est plus la même que l’année dernière, et notre ambitieux maire risque de ne pas jouer autant sur du velours. En effet, les petits vieux qui s’étaient décidés à voter pour lui risquent de ne pas apprécier de le voir repartir sur Paris. De même, les déçus du sarkozysme peuvent également lui faire payer sa fidélité non-stop à l’omni-Président. A moins que, et c’est le plus probable, on assiste à un désintéressement total de l’électorat et que l’on est droit à une abstention massive.
Alors, entendons-nous bien. Il ne s’agit pas d’un test de grandeur nationale, mais plutôt d’une salade niçoise bien assaisonnée où les enjeux habituels vont se confronter.
En lice nous avons six candidats :
A droite : Estrosi pour l’UMP (avec Ginesy comme suppléant, je vous disais bien qu’ils étaient fideles ces deux là !), Ligonie (FN) et Plaquevent (identitaires)
A gauche : Cuturello (PS), Hvidsten (écologiste indépendant) et Gianno (PC)
On notera que le centre, les verts et la LCR ont disparu de la promenade des Anglais.

Alors que je tape cet article, je vous avoue que je ne sais même pas encore pour qui je vais voter ! C’est bien la première fois que cela m’arrive… Mais bon, je sais déjà que j’irais voter et c’est déjà ça ! Mais je fais le pari que nous seront guère nombreux…