Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


mardi 31 août 2010

Contribution à la lutte

Je Voulais Vous Dire est en train de mourir de sa belle mort... Comme prévu il y a maintenant quatre mois, l’asphyxie s’installe et les articles s’espacent dans le temps. Le contenu se délite peu à peu, l’envie s’estompe.
La rentrée politique me laisse de marbre (ou presque), tant elle me semble fadasse. Les postures des uns et des autres sont tellement lisibles, les outrances tellement flagrantes que j’en viens à ne plus avoir envie de réagir. L’indignation a ses limites semble t’il.

Non, ce n’est pas vrai. L’indignation est toujours là, mais elle a tendance à devenir froide, plus résolue que spectaculaire. La colère glacée remplace la gueulante, qui pour libératrice qu’elle fut, ne suffit plus à apaiser le bonhomme.
Et cette colère devient ma motivation principale. Elle m’incite, elle me pousse à me démener malgré les obstacles. Elle me porte vers d’autres horizons.

Mon dernier combat sera peut-être celui-ci. La grande manif du 7 septembre.
J’y serais n’en doutez pas. Même si a priori ce combat n’est pas le mien, je le trouve juste et nécessaire.

Petite contribution à la lutte, en n’oubliant pas de remercier Gauche de Combat qui m’en a soufflé l’envie.

jeudi 26 août 2010

C’est encore la faute à l’Europe...

Vous allez dire que je suis con, mais il y a une question qui me turlupine... C’est à propos des roms et de la vague ambidextre que suscite le traitement qu’on leur inflige actuellement.
Je dis ambidextre, car pour une fois même les plus ringards cathos de base ajoutent leur voix au concert de protestation.
Même leur gourou principal s’y met, c’est vous dire ! Bon ok, il ne le fait pas en des mots aussi explicites qu’un des gourous secondaire, qui lui souhaiterait voir exploser le cœur de not’ Président Glorieusement Elu, mais il le fait quand même... Ce qui est assez rare notons-le.

Donc sur ce coup-là Joseph Aloïs (alias Benoît sur les forums dédiés aux petits garçons prépubères) bien joué ! On se demande seulement pourquoi tu n’es pas aussi prompte à dégainer ton humanité sur d’autres sujets...
M’enfin, on va dire qu’il en est de la foi comme des idéaux, celle-ci est sélective.

Et c’est de ça dont je voulais vous parler aujourd’hui. La sélectivité des idées et les contradictions qui (nécessairement ?) en découlent.
Voyez le « problème » Roms. Nombreux sont ceux qui ont un peu de cœur, et/ou de mémoire, et qui condamnent les dérives actuelles. Et parmi eux, une partie utilise un argument que je trouve... Tendancieux.

A savoir que les ressortissants Roumains et Bulgares qui sont désignés du doigt sont européens et qu’ils ont parfaitement le droit d’être ici...

Il n’empêche que si cette Europe foutraque n’existait pas... On n’aurait alors pas ce problème d’émigration massive et légale. Ou du moins aurions-nous un problème tout à fait différent.

Oui je sais. C’est là un argument digne d’un frontiste, mais il se trouve qu’il est aussi valable pour tous les antieuropéens, dont je suis.

Car l’Europe quoi qu’en disent les socio-démocrates, n’est surtout pas prévue pour gérer les flux migratoires... Elle n’a été conçue que pour faciliter les flux financiers et commerciaux, et si possible dans le sens qui arrange les entreprises les plus riches, et a due se résoudre à y inclure la circulation des personnes uniquement pas souci des droits de l’homme.
Que le miroir aux alouettes fonctionne dans les deux sens n’a pas vraiment été prévu par ces chantres du libéralisme sauvage... Ou alors ils s’en foutaient, et comptaient sur les états pour gérer la merde.

J’ai conscience que cela ne modifie en rien le devoir d’asile que la France détient de par sa tradition. Je dis juste que si nous n’étions pas européens... Avec de vraies frontières, une vraie monnaie...

Mais bon, mon opinion reste la même quant à la façon dont nous devons traiter tous les réfugiés, fussent-ils économiques.
Pour illustrer mon propos permettez-moi de reprendre la célèbre phrase de Michel Rocard, et de ne pas la tronquer comme il est de coutume dans le camp d’en face :

« La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part »

Et si l’Europe n’existait pas, sans doute que la part fidèle dont il est question serait un poil plus petite.

lundi 23 août 2010

RMC : La Radio qui Marche dans le Caniveau

RMC, c’est pas ma radio... On pourrait aisément le croire étant donné la proximité qui est la mienne par rapport à la principauté, mais non.

D’ailleurs je n’ai pas de radio, comme ça l’affaire est réglée. Ce n’est pas dans mes habitudes. Enfin, ce n’est plus dans mes habitudes pour être précis.
En fait, lorsque j’étais enfant, la radio était quasiment allumée en permanence... RMC dans la maison et Europe 1 dans l’atelier de mon père. C’était LE média de référence, la télévision n’étant allumée que le soir. La journée était donc rythmée par les émissions, entrecoupées de plages de réclames.
Puis, à l’adolescence je me suis orienté vers les radios FM. Plus de musique, moins de blablas...
Avec l’âge et la part de plus en plus importante que prenait la publicité sur les ondes j’ai laissé tomber, me contentant de l’écouter de temps en temps lors des trajets en voiture. Et puis lorsque j’ai emménagé dans mon présent domicile cerné de collines et où la réception est plutôt mauvaise, et que j’ai vendu la voiture, j’ai carrément arrêté de l’écouter.

C’est avec internet que je suis revenu vers la radio... Pour écouter des émissions spécifiques en horaires décalé essentiellement. Comme Là-bas si j’y suis par exemple.

Mais bon, je m’égard là... Si je vous parle de ça c’est parce qu’hier je suis tombé sur une émission de radio comme je n’en n’avais jamais écouté... Un truc de ouf. Et si j’ai fait ce petit préambule, c’est pour que vous compreniez pourquoi je suis resté sur le cul. En clair, j’ai pas l’habitude d’écouter des trucs pareils.

Il s’agit de l’émission « Les grandes gueules » sur RMC.

Soyons clairs, je ne suis plus un perdreau de l’année. Je sais très bien que chaque radio a sa connotation, sa couleur politique, et que selon l’invité que les journalistes auront à interviewer, ceux-ci seront plus ou moins vindicatifs ou complaisants. C’est le jeu, et il serait puéril de croire encore qu’il en est autrement.

Cependant, ce que j’ai entendu lors de cette interview de Mélenchon frise à la fois le ridicule et l’outrance. L’outrance ridicule on va dire.
Autant de... poncifs débités à la minute, moi ça me sidère. Autant de mauvaise foi affichée, de mépris même, je ne pensais vraiment pas que ça existait.

Et que dire de la bassesse du procédé qui consiste à faire réagir l’invité en lui mettant dans les pattes une auditrice border-line, histoire de le faire réagir dans l’affect et non-plus dans la raison... C’est carrément abject.

Mais bon, le Méluche s’en sort bien et démonte un à un les pièges qui lui sont tendus. Du grand Mélenchon.

samedi 21 août 2010

Sous le soleil...

Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon sont restés pour un long tête-à-tête au fort de Brégançon après le départ des autres participants à la réunion, a indiqué une source proche du chef de l'Etat.
Cette réunion entre les deux hommes, qui a démarré vers 14 heures, se tient sur fond de rumeurs sur un éventuel départ du Premier ministre à l'occasion du grand remaniement prévu par l'Elysée à la rentrée. Et le possible remplacement de Fillon par l'actuelle garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. (Libération du 21.08.10, source AFP)


Le Premier Ministre s’avança dans le patio, ses pas résonnant sur la pierre. Devant lui, au bord de la piscine, assis à une table de jardin en teck, se tenait le Président.
Celui-ci en short et torse nu, sirotait un verre de Cognac en fumant un Havane.

-Monsieur le Président...

-Assied toi François.

-Merci Monsieur le Président.

-Tu as mangé ?

-J’ai pris un sandwiche aux cuisines...

-‘Tain ! Je me suis fait péter la sous-ventrière moi ! Un tournedos Rossini de folie, avec des profiteroles en dessert... (Burpl !) Le tout arrosé d’un Gevrey-Chambertin de derrière les fagots...

-Ça devait être bon...

-A la fin Carlita était même un peu pompette ! Elle a dû aller faire une sieste dis-donc !

-Ah...

Le Chef de l’Etat reposa son verre et tira une longue bouffée de son cigare avant que de l’expulser en direction de son interlocuteur. A travers ses Ray bans, son regard s’attarda sur le visage du Premier Ministre.

-François, ne te vexe pas, mais je trouve que tu as une sale gueule.

-Le travail Monsieur le Président...

-Le travail mon cul ! Tu te négliges François. Regarde moi, bronzé comme c’est pas permis, je fais du sport, et pourtant moi aussi je travaille. Je dirige un pays je te le rappelle !

-Je sais bien...

-T’as qu’à faire des UV, je ne sais pas... Prend des pilules ou fait ce que tu veux mais t’as intérêt à avoir bonne mine à la rentrée !

Le Premier Ministre baissa la tête sans répondre. Il croisa et décroisa nerveusement ses jambes. Il essuya les paumes de ses mains sur son pantalon puis, ne sachant quoi en faire il les joignit en les posant sur ses genoux.

-Vous vouliez me voir en particulier Monsieur le Président ?

-Ouais. T’as bien fait diffuser le communiqué de presse ?

-Oui Monsieur le Président, votre message sur le rabotage des niches fiscales et la baisse des dépenses publiques a bien été transmis. Mais...

-Mais quoi ?

-Ca ne servira à rien, vous le savez ?

-Bien sûr que je le sais, qu’est-ce que tu crois ? C’est juste pour occuper ces connards de journaleux et faire gueuler la gauche. Ça les occupera au moins jusqu’à la fin de mes vacances !

Le Président joua un moment avec ses tongs avant que de se resservir un nouveau verre de cognac. Le Premier Ministre suivit chacun de ses gestes espérant un instant s’en voir offrir... En pure perte.

-Ce n’est pas ce que je voulais dire Monsieur le Président... Je parlais de...

-Et bien ? Crache-là ta Valda bordel !

-Les gens vont vite s’apercevoir que supprimer des niches fiscales, c'est-à-dire des exonérations d’impôts, ça revient au même que si vous les augmentiez...

-Tu crois ?

-Ben oui...

-Qui ?

-Comment ça qui ?

-Je te demande qui s’en apercevra ?

-Et bien les électeurs...

-T’inquiète François, ça fait des années qu’on leur fait croire que ne pas gagner de l’argent c’est la même chose qu’en perdre, alors crois-moi si je te dis que leur faire avaler une telle couleuvre c’est de la petite bière !

-Vous croyez vraiment ?

-Mais oui puisque je te le dis... J’ai Louvrier qui bosse à fond là-dessus avec Endemol. Allez détend toi et fais ton boulot, c’est tout ce qu’on te demande. Les soucis, c’est pour moi, dit-il en se grattant l’entrejambe.

-D’accord... répondit le Premier Ministre. Vous vouliez que nous discutions d’autres choses ?

-Euh non, je t’ai fait appeler juste pour dire qu’on bosse un peu ensemble c’est tout. Ça va faire baver les baveux, et avec la rumeur de remaniement que j’ai lancé, ces cons vont avoir de quoi s’occuper.

-Ah oui, la rumeur...

-Ooohhh mais c’est qu’il a la pétoche le François ! T’as peur que je te vire pour de bon, c’est ça ?

Le Premier Ministre se redressa sur sa chaise, prit une grande respiration et murmura.

-En fait j’espérais que vous le fassiez...

-Tu rigoles ou quoi ? Tu es le meilleur d’entre nous tu le sais bien. Tu occupes un poste clef, rigola t’il, pile poil entre le marteau et moi !

-Oui mais là, je commence à fatiguer... Vous ne pourriez vraiment pas prendre quelqu’un d’autre pour finir le quinquennat ?

-Qui ? Tous les autres, z’ont les dents qui rayent le parquet. Toi, tu n’as aucun charisme, aucune ambition Avec toi j’suis tranquille !

-Monsieur le Président je ne vous permets pas...

- Oh, fais pas ton méchant François, ça ne te va pas. Tu as toujours été un looser utile et tu le resteras jusqu’à ce que j’en aie fini avec toi. Tien, je vais être sympa, si tu veux je te promets que pour le prochain quinquennat je prendrais quelqu’un d’autre. Ça te va ?

Le Premier Ministre baissa la tête, vaincu devant la détermination de son interlocuteur.

-Bien... C’est tout ? Je peux y aller ?

Le président consulta sa Rolex.

-Ouais, vas-y. Là ça fait une demi-heure, c’est suffisant pour donner du grain à moudre à ces crétins.

Le Premier Ministre se leva, jeta un dernier regard sur le Président et quitta le patio sans un mot.
Resté seul, le Président jeta un long regard sur le bout incandescent de son cigare et murmura :

-J’irais bien piquer une tête moi...

vendredi 20 août 2010

Onfray déboulonne Freud, et c’est génial !

Comment vous décrire le ravissement qui est le mien depuis environs six heures ce matin ?
Comment ne serait-ce qu’essayer de vous parler de l’état dans lequel sont mes neurones, leur joie, l’excitation fébrile qui les agite et le plaisir quasi charnel que j’en ressens ?

Impossible. On est à un niveau tel que les adjectifs me manquent.

Bon, reprenons depuis le début, histoire que vous compreniez pourquoi je me fends ainsi d’un préambule aussi dithyrambique.
Hier, alors que je jetais un œil sur un fil de LTL, où entre parenthèse on se fait chier grave, je suis tombé sur un lien qu’une bonne âme proposait à l’encan.

Y voyant le nom d’un personnage particulièrement aimé de moi, le philosophe Michel Onfray, je clique alors derechef. Clic !
Hop ! Me voici alors renvoyé sur le site de France culture qui me propose d’écouter en podcast ni plus ni moins que l’intégralité de la conférence du maitre dans la cadre de la huitième année de l’Université Populaire de Caen. Et cette année le cours est consacré à l’affabulation freudienne.

Waouh... Comment vous dire... c’est bien simple, depuis tôt ce matin je suis avec ça dans les oreilles, et je kiffe grave. Je kiffe grave de chez grave !
Déjà, lorsque le bouquin est sorti, celui-là à droite, je me disais qu’il ferait bien dans ma bibliothèque. Mais là... Là... J’ai l’impression d’être dans l’amphi et en plus d’être un bon élève parce que je comprends tout ! Enfin presque tout... En tout cas l’essentiel.
Et l’essentiel c’est que Papa Freud c’était rien qu’un gros mytho !

Alors si vous aussi vous voulez égayer vos neurones et prendre un pied intellectuel de l’autre monde, cliquez ICI !

Croyez-moi, vous ne le regretterez pas.

PS : Les émissions ont commencé le 26 juillet.

jeudi 19 août 2010

Le paradoxe du nomade Français

Je viens de réaliser un truc... Non, pas là, maintenant tout de suite, mais disons que l’évidence s’est imposée à moi dans la journée d’hier alors que je réfléchissais sur la condition des Roms raflés par les soudards de Sarkozy ainsi que sur celle des gens du voyages en général.

Bon, je crois qu’en ce qui concerne les Roms, l’ignominie de la politique actuelle n’est plus à démontrer. Même certains députés UMP se sont insurgés de la façon radicale avec laquelle ce gouvernement entend résoudre un problème sur lequel il n’a aucune prise, et surtout, aucune solution réelle à apporter.
Car renvoyer 79 Roms chez eux relève de la bouffonnerie compte tenu du fait qu’une population nomade n’a, par définition, aucun chez soi. Non ?
Comme le disait Méluche dans la radio ce matin, la solution ne peut à mon sens et pour une fois, que s’envisager au niveau européen.
Si on aidait un peu plus les pays d’origine de ces gens, Roumanie, Bulgarie, etc... Et qu’en parallèle on leur mettait un peu plus la pression pour qu’ils agissent sur leur racisme endémique, les Roms resteraient chez eux.

Mais bon, l’heure est à autre chose semble t’il, d’autant plus que quelque part un bon bouc émissaire, tout sale et facilement reconnaissable, ça ne vous tombe pas du ciel tous les jours...

Non, ce qui m’a fait réfléchir c’est que, comment dire, techniquement et d’ici quelques mois, quelques semaines, je vais devenir moi-même un « gent du voyage ». Un nomade.

Ben oui, à partir du moment où j’aurais emménagé sur mon bateau, je n’aurais par définition plus de domicile fixe, je serais un nomade. Un gitan des mers.
A la différence notable près, c’est que j’aurais à ma disposition, et quelque soit l’endroit où je poserais mes pénates, électricité, eau courante et sanitaires à volonté...

Pour autant que je pose mes pénates, bien sûr.

Cette soudaine prise de conscience a provoquée chez moi deux sortes de réflexions annexes.
La première est que je me sens d’autant plus solidaire de ces gens que l’on expulse. Normal, c’est dans l’ordre des choses.
La seconde, plus complexe, à un rapport avec ce que je disais il n’y pas si longtemps sur la communauté gitane à la suite du reportage « Qui a peur des gitans ». Vous vous souvenez ? C’était l’automne dernier.

En résumé, ma position était, et est toujours dans une certaine mesure, qu’il fallait à tout prix respecter les modes de vie de la population nomade, mais il fallait également lutter contre cette tendance qu’ont ces populations à se démarquer de la République et de ses instituions.
En clair, le communautarisme c’est de la merde et il faut que l’Etat, c'est-à-dire nous, fasse en sorte que l’exclusion disparaisse des deux côtés de la boule de caravane.
Car s’il existe un rejet des gitans, tziganes et autres Roms de la part des populations sédentaires, l’inverse est aussi largement répandu.

Donc, lorsque j’ai réalisé que j’allais devenir moi-même un nomade, je me suis demandé si cela remettait en question mon opinion... Et bien non. Pas fondamentalement en tous cas.
Je veux dire par là que même si à partir de l’année prochaine je ne remets plus les pieds en France, je me sentirais toujours, et totalement Français.
Cela sous-entend que je considérerais toujours qu’une vie en société harmonieuse ne passe que par l’intégration totale, et une adhésion sans faille aux idéaux de la République. Donc de ceux de la France...

Houlà ! Tout à coup je me rends compte que cela risque de ne pas être facile pour moi si je cherche moi-même, un jour, à m’intégrer dans un autre pays que le mien... Diantre, je me piège tout seul dans ma propre idéologie...

Aurais-je mis le doigt sur un paradoxe intellectuel ? Ou alors ne suis-je qu’au début de ma réflexion et que celle-ci demande à être affinée ?

Toujours est-il que, même si je n’ai pas dans l’heure de réponse à apporter à ce questionnement, je gage que mon voyage m’en apportera une. Et je vais avoir au minimum trois ans pour la trouver.

Cela nous révèle quelques perspectives intéressantes, n’est-il pas ?

lundi 16 août 2010

Oh niçois qui mal y pense

Comme vous le savez, je suis niçois. Enfin, j’habite Nice ce qui est, à mon sens, un peu différent.
Car pour pouvoir affirmer, comme ça la tête haute et le regard fier, son appartenance à une région, une culture, ou encore une ville, il faudrait au moins en ressentir une certaine légitimité, ce qui n’est pas mon cas.
Mais au-delà de cette légitimité, je pense qu’il faudrait aussi être plutôt fier de cette appartenance. Et là, le moins que l’on puisse dire c’est que côté fierté...
Les niçois auraient un peu de mal à la ramener en ce moment.

Il y a une quinzaine de jour, nous parlions d’Eric Ciotti et de sa proposition d’incarcérer les parents d’enfants délinquants, après leur avoir retiré toutes formes d’aides sociales bien sûr. Et dans les commentaires qui suivirent cet article, nous en sommes venus assez rapidement à nous demander pourquoi le Sud-est de la France était si prolifique en fascisme en tout genre.

Le climat, la proximité avec l’Italie, les traditions mafieuses, l’argent, l’âge de la population, etc... Toutes ces raisons ont été évoquées, sans pour autant que nous arrivions à déterminer une qui prédomine sur les autres.

Mais bon, c’est un fait : C’est chez moi que l’on compte le plus de réacs et de fachos au mètre carré. Même l’Alsace, qui a pourtant son lot d’égouts à ciel ouverts, ne nous arrive pas à la cheville !

Donc, après la saillie du nazillon niçois Ciotti, voilà que son supérieur direct, à savoir monsieur le maire de Nice Christian Estrosi, dit le motodidacte, en rajoute une couche dans le JDD de ce weekend et propose d’imposer des sanctions financières aux Maires des communes qui ne respecteraient pas selon lui « leur obligation de sécurité ».
Les esprits chagrins pourraient se demander pourquoi c’est le Ministre de l’Industrie qui se permet de se balader sur les terres de l’Intérieur... Oui, ils pourraient. Mais bon, ce gouvernement nous a habitués au mélange des genres et s’y applique justement pour entretenir la confusion. Confusion qui est mère du vote à droite comme chacun sait.

Ce n’est donc pas le ministre de l’Industrie qu’il faut voir derrière cette proposition débile, mais plutôt la voix de son seigneur et maître actuellement en vacance sur la même Côte d’Azur.
Enfin, je dis débile, mais en fait la proposition est assez subtile. En se basant sur la loi qui oblige les communes à respecter un certain pourcentage de logements sociaux (mise en place par la gauche), Estrosi compte à la fois exacerber les tensions déjà existantes, mais en plus jeter l’opprobre sur les mairies de gauche. Cerise sur la gâteau, si jamais sa proposition n’aboutit pas, et qu’on lui démontre constitution à l’appui que l’Etat n’a rien à imposer aux communes en matière de sécurité, il aura beau jeu de se servir l’argument pour en finir une bonne fois pour toute avec les logements sociaux imposés... Vous me suivez ?

Quel que soit le devenir de cette proposition, il y a matière pour l’UMP et ses sbires, d’en tirer un bénéfice.

Autre chose qui m’exaspère dans cet « appel républicain » comme il nomme lui-même son dégueuli, c’est l’emploi de cet adage « La sécurité est la première des liberté ».

Ah lala... Mais c’est pas possible d’entendre une connerie pareille ! Et dire que ce concept nauséabond est apparu pour la première fois dans la bouche d’un élu de la gauche de gouvernement ! (Jospin pour ne pas le nommer)

Tien, en parlant de ça, il semblerait que la Madone du Poitou soit en train de préparer sa rentrée médiatique sur ce thème... Elle compte nous resservir son couplet sur « l’ordre juste » et grappiller, le croit-elle, quelques points de sondage auprès des retraités et des professions libérales.

Décidemment, cette rentrée 2010 sera éminemment sécuritaire ou ne sera pas... Pour ma part, je préfère garder en mémoire cette citation de Benjamin Franklin qui résume assez bien mon opinion là-dessus :

« Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux ».