Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


mardi 27 juillet 2010

Gueulante en sous-sol

La lourde porte d’acier glissa silencieusement sur son rail soigneusement huilé, et le général trois étoiles s’effaça pour laisser entrer notre personnage.
Celui-ci s’avance alors dans le couloir d’accès à la salle de commandement, faisant claquer ses talonnettes sur le sol de béton.
Il jeta un regard nerveux au planton qui lui présentait les armes.

Il n’avait jamais aimé les militaires... Depuis son service il les avait en horreur. Il avait subi tant de railleries de leur part, sur ses origines bourgeoises, sur sa taille, qu’il s’était promit qu’un jour ou l’autre il se vengerait. D’ailleurs, depuis son accession au pouvoir, il n’avait pas raté une occasion de le faire.
Et cette fois encore, de savoir qu’il allait pouvoir passer un savon à cette tripotée de galonnés la faisait presque bander.

Il entra dans la salle et s’assit sans un regard aux six officiers qui faisaient cercle autour de la table. Volontairement il laissa s’écouler quelques secondes avant que d’inviter son auditoire à s’assoir.

-Messieurs, je vous écoute. Dit-il d’un ton exagérément sévère, alors qu’un tic nerveux agitait son épaule droite.

Un des officiers, un amiral, s’éclaircit la voix avant que de prendre la parole d’un ton monocorde.

-Monsieur le Président, l’opération Sauterelle Bondissante, que nous avons engagé sur le territoire Malien dans la journée du 22 ...

-Qu’est-ce que vous avez foutu bordel ! L’interrompit le Président.

L’officier de marine lui jeta un regard incrédule. Il respira un grand coup et s’apprêtait à reprendre son exposé lorsque le chef de l’état l’interrompit de nouveau.

-Je vous le demande, qu’est-ce que vous avez bien pu branler pour que cette opération merde à ce point !

-Monsieur le Président...

-Non mais, c’était pourtant pas compliqué ce que je vous demandais ! Vous deviez me ramener ce connard en bon état, pile poil avant la rentrée sociale histoire de remonter ma cote auprès de l’opinion. Et vous, non seulement vous n’arrivez pas à le trouver, mais en plus cet abruti se fait buter dans la foulée.

-Monsieur le Président, nos renseignements...

-Vos renseignements, Amiral, c’était de la merde !

Un Général d’infanterie, un vieux briscard qui en avait vu d’autre, se lança à la rescousse de son collègue.

-C’est toujours pareil avec ces autochtones, on ne peut pas leur faire confiance. Leur ministre nous avait pourtant juré que nous pourrions mettre la main dessus, mais quand nos hommes sont arrivés il n’y avait personne.

-Et alors ? Vous ne pouviez pas vérifier avant de vous ridiculiser ? Les satellites, c’est pas fait pour les chiens que je sache. Vous ne pouviez pas envoyer un drone ou un truc comme ça ? Ca sert à quoi que je vous paye des jouets pareil si vous ne vous en servez pas ?

-C’est que, balbutia un Général de l’armée de l’air, pour que les drones puissent voler, il faudrait aussi qu’on puisse mettre du carburant dedans...

Le Président lui jeta un regard furieux tandis que l’officier supérieur semblait se recroqueviller sur son siège.

-Rien à branler de vos excuses à la con. Ça fait deux fois depuis que j’ai été élu que je vous demande de me délivrer un otage, et ça fait deux fois que vous me le butez !

-Monsieur le Président pour le hippie de la Tanit je veux bien, mais là nous n’y sommes pour rien si ces bougnoules l’on exécuté !

-Rien à battre ! Vous êtes de nuls. De gros nuls. C’est bien simple, la prochaine fois je demanderais à mon pote Obama d’envoyer ses Marines. Au moins si ça foire, on est sûr qu’il n’y aura plus de témoins.
Messieurs, c’est la dernière fois que je vous le dis, il va falloir que vous m’obteniez des résultats et vite ! On en est où avec ces journalistes en Afghanistan ?

- On n’arrive pas à les trouver... Et les ricains non-plus !

-Seigneur... Mais qu’est-ce qui m’a foutu d’une bande de bras cassés pareille !


Quelques minutes plus tard, alors que le Président se dirigeait vers l’ascenseur du bunker situé sous l’Elysée, il fit signe à son conseiller de s’approcher de lui.

-Bon, pour l’instant vous laissez Kouchner s’occuper de ce merdier. Je veux que les journalistes ne s’intéressent qu’à lui et seulement lui. Si jamais ça dégénère, c’est lui qui prendra. Il faut bien qu’il me serve à quelque chose ce con !
Ah, et puis dites à Morin d’accélérer la fermeture des bases militaires. Ça leur ferait les pieds à ces incapables.

-Bien Monsieur le Président.

-Moi je retourne au Cap Nègre retrouver Carlita. Si y’a besoin, ne me dérangez pas, appelez Fillon.

-Bien Monsieur le Président... Et pour Woerth, on fait quoi ?

-Laissez-le se démerder tout en maintenant la pression sur Courroye. Tant que c’est lui qui mène l’enquête, on ne risque rien...

Alors que celui-ci trottait dans le couloir pour rejoindre le perron, on entendit distinctement raisonner la voix du Président Glorieusement Élu.

-Faut vraiment que je fasse tout ici moi...

dimanche 25 juillet 2010

Versatilité ?

Depuis ce matin, je me torture les méninges à essayer de trouver un sujet sur lequel m’exprimer. Peine perdue.
J’ai beau éplucher les sites infos ainsi que les textes de mes confrères, rien ne vient.
Rien n’accroche en fait. Ça glisse.

Pourtant certaines moutures auraient pu être prometteuses... Telle cette saillie du Grumeau, ou encore celle-ci de Juan. Pourtant, même si je reconnais le bon sens des propos, je n’arrive pas à rebondir dessus.

A moins que la formule exacte soit plutôt que je n’arrive plus à rebondir dessus ?
Allez savoir...
Là, maintenant j’ai plus envie... Oh, je ne dis pas que cela durera, en fait je n’en sais rien, mais le fait est que j’ai l’impression de ne plus rien en avoir à foutre de toutes ces polémiques. Je me démarque de tout ça. Je déserte...

Alors, en bon judéo-chrétien, je culpabilise bien sûr... Je me dis que cette conscience citoyenne qu’il n’y a pas si longtemps j’agitais à tous vents, se révèle être bien légère. Comment se fait-il que ce qui avait tant d’importance devienne à ce point insignifiant ?
Suis-je à ce point versatile ?

Je repense à cette pièce de théâtre que j’ai vu hier au soir, sur la vie de Diderot. A un moment Bernard Giraudeau cite la pensée du philosophe et parle de la nécessaire versatilité de l’esprit de l’homme sans-cesse en quête du bonheur...

Oh, je ne cite pas Diderot pour me justifier, enfin je ne crois pas... Je dis juste que c’est le genre de pensée qui me sied en ce moment.

En fait je crois bien que je ne suis pas revenu de cette escapade maritime... Ou bien que je suis déjà reparti, au choix.
Mon corps est là, mais mon esprit est tout entier tendu vers ma propre quête du bonheur et vers un futur que je sais désormais être loin des miasmes nauséabonds de cette politique française...

La question est : Qui me jettera la pierre ?

lundi 19 juillet 2010

Retour de marégiature

Bon, c’est plutôt compliqué ce retour... Le fait est que pendant une quinzaine de jour je me suis déconnecté du monde pour mon plus grand plaisir, et que sitôt rentré j’en prends plein la gueule pour mon grand déplaisir.

Les nouvelles me tombent dessus comme la grêle en janvier, et je vous avouerais que pour l’instant j’encaisse sans vraiment réagir.
Il parait que des ministres ont démissionnés ? Que l’autre tâche a parlé dans la télévision ? Que Woerth est encore ministre du budget ? Que Polanski est libre ? Que Bernard Giraudeau est mort ? Que c’est la guerre civile à Grenoble ? Que l’Espagne a gagné la coupe du monde ?

Non, j’déconne. Ça je le savais. Et pour cause j’étais justement en Ibérie ce fameux soir et je vous prie de croire que je ne suis pas prêt de l’oublier ! Mais bon, cette soirée fera l’objet d’un article rien que pour elle quand j’aurais un moment dans la semaine qui vient.

Et pour répondre aux assertions que je sens déjà poindre : Non je ne suis pas devenu un aficionado de la baballe !

Revenons à nos moutons... Ce matin j’ai voulu rattraper un peu mon retard et j’ai consulté mon Reader... 885 articles écrits en quinze jours sur tous les blogs auxquels je suis abonné ! 
Non mais sans blagues, vous pensiez vraiment que j’allais tout lire ?
Z’avez vu la vierge ou bien ?

En plus, tous ces articles me parlent de choses auxquelles je ne comprends rien...

Pour arriver à comprendre il me faudrait au préalable me débarrasser des embruns que j’ai dans la tête. Du soleil dans mes yeux. Du doux son du clapot dans mes oreilles et du vent sur ma joue...

Et ça, ça risque de prendre un peu de temps.

vendredi 2 juillet 2010

Blog en villégiature

Villégiature... J’aime bien ce mot. Il est joli. Il sonne bien à l’oreille.

Vous l’aurez remarqué, ou pas, mais ces temps-ci j’ai plein d’autres choses en tête que de gloser sur la politique... Et les choses ne vont pas s’arranger puisque je vous annonce par le présent billet mon absence pendant une grosse quinzaine de jours.

A moi les embruns, à moi le soleil, et à moi les tapas !

En effet, je prends la mer demain en direction de la bonne ville de Barcelona, où je pense pouvoir arriver à faire abstraction de la politique Française. 

Par contre, si cela vous intéresse, vous pouvez aller jeter un œil sur mon autre blog dédié au voyage, où je vous promets de poster, autant que faire ce peut, une espèce de journal de bord. Avec des photos et tout...

Allez ! Bonne continuation à ceux qui restent !

En fait j’y pense. Villégiature, même si c’est un beau mot, n’est pas forcément le plus approprié... Marégiature serait plus juste.

mercredi 30 juin 2010

Quand le gouvernement cultive l’apologie de la médiocrité

Il y a une quinzaine de jours je vous disais vouloir m’abstenir de parler de football tellement le sujet me semblait grotesque. Je n’ai pas changé d’avis.
En plus, il y a des chances que je ne sois pas compétent pour trier entre les responsabilités de chacun... Domenech, les joueurs, la fédération, qui a été le plus nul ? Franchement, je n’en sais rien. Là, comme ça, à vue de nez je dirais les trois mon Capitaine.
Mais bon, comme je vous l’ai dit je ne suis pas compétent. Et en plus je m’en fous.

Par contre s’il est un aspect de cette bérézina qui me semble digne d’intérêt, c’est la récupération et la signification politique de l’événement.
Car il y en a une, n’en déplaise aux derniers naïfs de cette terre qui croient encore que les sport est une chose et la politique une autre. Tout est politique comme disait l’autre et le foot ne fait pas exception, surtout lorsqu’il s’agit d’une compétition internationale.
Alors, que certains politiques se sentent obligés d’utiliser cet outil qu’est le sport, j’ai envie de dire pourquoi pas. D’autres l’ont fait avant eux et pas des moindres, à commencer par l’Allemagne Nazie de 1936... Et plus récemment Nelson Mandela avec la coupe du monde de rugby (voir le film Invictus).

Comme souvent dans ce genre de partie, ce sont les plus nationalistes qui récupèrent en premier le ballon (pardon !). Qui dit compète internationale dit forcément représentation nationale, c’est comme ça. Onze types vont courir après une balle, et ces onze types nous représentent. Ils sont notre image, notre identité nationale. C’est bien pour ça qu’ils sont les premiers à râler lorsque la couleur de l’équipe ne correspond pas forcément à l’idée qu’ils se font de la France. Mais bon, ça on a l’habitude, et on s’étonnerait même qu’ils ne le fassent pas.
Pour les autres, on va dire ceux un poil moins fachos sur les bords, tout va dépendre des résultats de ladite équipe... Si ça marche, youppie la France. On est les meilleurs, tout va bien dans le pays puisque la France a gagné. La gloire devient contagieuse et se répercute sur ceux qui s’en approchent... Cela peut paraitre facile pour les esprits éclairés que vous êtes, mais c’est ainsi que les choses fonctionnent.

Par contre, si l’équipe en question foire son coup, on se dépêche de la balancer aux ordures et on redevient sérieux, car tout un chacun sait bien que le sport c’est bien joli, mais il y a quand même des choses plus importantes en ce bas monde.

En clair, pour les chantres de la démocratie moderne, le sport est un outil politique. S’il est efficient, tant mieux. Sinon, on le balance. C’est ingrat pour les joueurs, je sais, mais en même temps ce sont des sportifs hein ?
L’image qui me vient à l’esprit est celle du feu d’artifice. Si ça marche on dit « oh la belle bleue », et si ça foire et que la bombe fait long feux, et bien on s’en éloigne le plus possible et on attend. On attend le temps qu’il faudra pour être sûr qu’elle ne nous pétera pas à la gueule.

Alors que peut-on penser d’un gouvernement qui peine à se débarrasser de son outil foireux ?

Ben oui, à un moment il faut bien poser la question. Et pour le coup plusieures réponses sont possibles.
Ce gouvernement a intérêt à ce que la polémique ne retombe pas, parce que le seul sujet vers lequel il serait alors obligé de se retourner serait... les retraites ou l’affaire Woerth.
Et là, attention terrain miné.
Donc, on continu à en parler pour ne pas avoir à parler d’autre chose, quitte à devenir de plus en plus ridicule et, par exemple, convoquer les protagonistes devant l’Assemblée Nationale.

Deuxième réponse, ce gouvernement croit fermement à toutes ces conneries sur l’Identité Nationale, et la défaite de l’équipe de France de football est vécue par lui comme un drame biblique. Dans ce cas, nous sommes donc obligé de prendre acte que notre pays n’est plus la France que nous connaissons, mais un truc du genre Union Soviétique, ou la Chine...

Pour ma part, j’aurais tendance à penser qu’il s’agit sans doute un peu des deux réponses.

Cela-dit, et là peut-être que certains d’entre vous ne vont pas aimer ce que je vais dire, à travers tous ces remugles puants qui entoure le fiasco des bleus, il en est un qui a raisonné de façon particulière à mes oreilles. Il s’agit de l’intervention du philosophe de droite (oxymore ?) Alain Finkielkraut sur France Inter, et qui décrit le mélodrame pathétique que les aficionados ont vécus comme « un putsch débile de voyous milliardaires ». Je suis d’accord avec lui quand il décrit (reprenant un article du Monde) « les divisions religieuses de l’équipe », ou bien « la persécution du premier de la classe »...
Ça, ce sont des dérives actuelles de notre société que j’ai déjà eu le loisir de dénoncer.

Là où je ne le rejoins pas, par contre, c’est quand il impute tous ces dérapages à la seule figure de l’entraineur, le comparant à ces profs dépassés des cités, incompétents et couards.

Pour moi, si cette équipe est le reflet de notre pays, elle est d’abord celle de la France de Sarkozy. Cette France du communautarisme exacerbé, des valeurs altérées ou le profit remplace le fair-play, de l’ambition démesurée. Elle est celle du « racisme intellectuel » dont parle Bibi (et accessoirement Bourdieu), mais dans le sens contraire où il l’entend.
C'est-à-dire que c’est plutôt celui qui a plus de deux neurones alignés et qui s’en sert qui est mis au banc de la société et qualifié de tous les noms.
Cela rejoint ce que j’appelle l’apologie de la médiocrité. Et pour le coup, cette histoire de football mitonnée à la sauce politique est pour le moins médiocre... Et c’est peut-être pour ça qu’elle satisfait autant les masses.

mardi 29 juin 2010

Bienvenue...

Bon, on va dire que je me suis un petit peu amusé... J’espère que mes amis ne me tiendront pas rigueur de ce clin d’œil un peu sinistre (je l’avoue, ne tapez pas !), mais en vérité ce hameau est magnifique !
Un véritable petit bijou où il fait bon passer du temps en excellente compagnie.

Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire pour aujourd’hui.



jeudi 24 juin 2010

Le train

J’aime le train.

J’aime son bruit régulier qui me berce et provoque chez moi la torpeur propre à abréger le voyage. Le crissement du métal surchauffé par les freins. La sirène de celui qui passe sans s’arrêter.

J’aime son odeur. Une odeur de métal et de vieux plastique. De poussière aussi.

J’aime les paysages que l’on aperçoit par les baies vitrées, la France qui défile avec ses mochetés et ses merveilles.

Alors bien sûr, j’aime aussi les gares. Les vieilles plutôt que les neuves pour tout vous dire...

J’aime ces architectures désuètes et parfois grandioses. Ces petites constructions en bord de voie. La pierre qui résiste, belle. Le béton qui fatigue, orgueilleux.

J’aime voir ces petites mains travailler le long de ce ruban de métal et manipuler ces mécanismes bizarres.

J’aime ces gens qui travaillent pour et autour des trains. Je me dis que c’est un beau métier. Un métier noble.

Le train, a toujours été pour moi synonyme de voyage vers l’autre. Les amis bien sûr, mais aussi mes amours... Je repense à ces heures qui me menaient vers mon amoureuse. De celles qui vous font vous lever dix minutes avant l’arrivée pour vous poster devant la porte, dont vous ne savez si c’est celle qui ouvrira sur le quai, mais qui à coup sûr vous verra sortir le premier.

Et puis il faut que je vous dise... Si j’aime autant les trains, c’est peut-être aussi à cause des vingt années pendant lesquelles j’ai vécu dans une gare... La gare de marchandise de Flayosc où ne circulent plus que des trains fantômes, où le ballaste empêchait mon père d’avoir un potager digne de ce nom. Où les tunnels étaient pour moi des grottes à explorer avant que de devenir des champignonnières.

Sur des kilomètres, la voie ferrée était mon terrain de jeu, et je rêvais souvent aux machines à vapeur qui jadis l’empruntaient. Et parfois même, oserais-je vous l’avouer, je me mettais sur le côté pour les laisser passer...

Bon... Je n’ai jamais prétendu quoi que ce soit en matière de photographie, aussi c’est avec une certaine crainte que je vous soumets ces quelques clichés. Soyez indulgents, mais honnêtes... En clair, si c’est de la merde vous me le dites, mais gentiment. Et puis si vous voulez les voir de plus près, vous cliquez dessus, hein ?