Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


mercredi 1 juillet 2009

Gwen et la quatrième dimension

Ce matin j’ai fait les courses.
Cela peut paraitre banal comme activité, mais aujourd’hui je peux vous dire que pour moi cette petite expédition au supermarché du quartier se révéla être une véritable expérience bizarroïde, quelque-chose proche de la quatrième dimension…
Bon, je vais peut-être vous resituer la chose dans son contexte, ça sera sans doute plus clair. Parmi les nombreuses tuiles qui me sont tombés sur le coin de la gueule ces derniers temps, il en est une qui a particulièrement retenu mon attention…

Figurez-vous que par l’intermédiaire d’un électrocardiogramme inopiné mon médecin traitant m’a annoncé très récemment que j’avais fait un infarctus… Oh, pas du genre de celui qui vous terrasse un quadra, avec douleur dans le bras, cri étranglé et écroulement sur le carrelage de la cuisine… Non, le mien était (d’après-lui) du genre silencieux, limite furtif, du genre de ceux qui arrivent pendant le sommeil. Un peu comme un pet nocturne, si vous voyez ce que je veux dire.
L’annonce de la chose m’a quelque peu bouleversé les chakras, comme vous vous en doutez… Mais bon, fidele à moi-même, j’ai remisé l’info dans la case « prédigestion » et j’ai vaqué à mes petites affaires. Au même moment ma chatte vivait ses derniers jours, moi-même j’avais un important rendez-vous à préparer (mentalement je veux dire), aussi j’ai confié à mon inconscient le boulot qui consiste à digérer les mauvaises nouvelles. Digérer les mauvaises nouvelles certes, mais également commencer à appréhender l’avenir…

Donc, une fois que j’ai eu ingéré/digéré l’événement, je m’en suis ouvert à quelques amis pour prendre quelques décisions et tester ma détermination à les respecter. Ca, c’était ce week-end.

Ce lundi, j’avais rendez-vous avec un cardiologue, histoire de préciser plus avant le diagnostique du généraliste… Bonne nouvelle ! Il n’y a pas plus de traces d’infarctus que de beurre en broche ! J’ai eu droit à tout, électro, échographie, rien ! Quedalle ! Mon cœur (d’après lui) fonctionne même plutôt bien ! Par contre, et là c’est moins drôle, avec les constantes que je me paye (le cholestérol à 2,30, les triglycérides à 2,70 et la glycémie à 1,40), l’infarctus me guette effectivement du coin de son œil torve, mais également son copain le diabète…

Au final, même si je suis content tout plein de n’avoir pas griller une partie, aussi petite soit-elle, de mon cœur, il me faut quand même appliquer mes résolutions… Et ces résolutions peuvent se résumer en un mot que je sais honni de tous : REGIME !

Or donc, ce matin je me pointais à mon petit super U pour faire mes premières courses d’homme célibataire mais raisonnable…
Le fait est que je n’y avais pas vraiment réfléchis avant, aussi lorsque je suis entré et que j’ai passé le portillon je me suis retrouvé comme un con. A ma droite, commençait mon parcours quasi-rituel avec le rayon des pains de mie… C’est pas bon pour ce que j’ai ça, le pain de mie… C’est un truc du genre à vous tenter de le manger par deux avec plein de beurre au milieu… Non, faut pas !
J’étais complètement désemparé, perdu comme un con avec mon panier à roulette dans une main et ma canne dans l’autre !

J’ai donc alors marqué un temps d’arrêt, là planté devant l’entrée, et j’ai réfléchis un grand coup (Ouch !). Je me suis dit, puisque tout ce que tu manges d’habitude est mauvais pour toi, tu n’as qu’à ne plus prendre les mêmes choses ! Et puis, les trucs indispensables mais qui sont quand-même pas bon pour toi, soit tu changes de marque, soit tu divises la consommation par deux ! Voilà !

Et c’est donc avec ces préceptes en tête que j’ai commencé mon périple à travers le magasin… L’allure scrutatrice, le pas lent limite hésitant, le sens de l’orientation complètement à la ramasse j’ai entrepris de remplir mon panier à roulette.

Oh putain la galère ! Pour acheté 14 article j’ai bien du mettre une heure !
Je passe devant les conserves et je décide de m’acheter une boite de paella. La paella rentre dans la résolution « je divise par deux », car d’habitude je me farcie la boite de 1000g en un seul repas. Donc là, je me dis ok pour la paella mais elle te fera la journée ! Bien. Ok. A peine avais-je déposé la boite dans mon panier, que je me souviens de ce que m’a dit Lucifer à propos de l’huile de palme ! Je reprends la boite et je me mets donc à déchiffré, l’angoisse au cœur, le minuscule texte qui relate la composition de ma paella chérie… Pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, …. Ouf ! Huiles de soja et colza ! Soulagé, je repose la boite dans le panier et je reprends mon chemin en me disant que ces courses allaient être dures, très dures !
C’est quoi déjà l’huile qu’il te faut ? Ah oui, tournesol ! Donc je prends une bouteille d’huile de tournesol pour remplacer celle d’olive qui me servait à tout, même la cuisson des steaks ! Emporté par mon élan, j'en profitais pour m'emparer de ce qui devra dorénavant remplacer ma mayonnaise chérie: La Piccalilli Extra ! Un truc plein de machins verts dedans et sans une goutte de gras !
Je passe au large du rayon des pates fraiches. Inutile de tenter le diable, les capelletis à la viande ne sont plus au programme… Alors que je faisais mine de m’arrêter devant les chinoiseries, je me suis dit que les nems non-plus aussi ne faisaient plus partie du programme… Ca commençait à devenir lassant !

J’ai donc foncé à toute vitesse vers les desserts. Là, sans même réfléchir, je me suis emparé de la dernière boite de Danette au chocolat noir extra… Entendons-nous bien, je suis prêt à faire tout plein de sacrifices, mais je suis désolé les Danettes au chocolat noir extra ne font en aucun cas partie de ceux-ci ! Sui-je bien clair là-dessus ? Les Danettes au chocolat noir extra, c’est sacré ! C’est mon Effexor® à moi !
Néanmoins, titillé par une soudaine petite culpabilité des familles, je me suis mis à la recherche de quelque-chose pour remplacer mes yaourts à la grec, et j’ai finalement opté pour des Taillefines à 0% de matière grasse. Avec un peu de sucre roux, je me dis que ça doit être mangeable…

Puis direction la viande. Il parait que j’en mange trop, donc je me dis que dorénavant se sera viande une fois par jour et pas plus. Donc, fini les steaks hachés en paquet de dix, je décide de faire dans le qualitatif. Quelle est la viande la moins grasse ? Le poulet ! Donc, direction les poulets. Super ! Une promotion ! Quatre haut de cuisse de 100g chacun pour 1€50 ! Je prends ! Le tout étant bien sûr, de ne manger qu’un haut de cuise par repas et par jours… (Au secoure !)

Ensuite, j’ai pris une grande respiration, et je me suis dirigé vers l’endroit où ils mettent la nourriture pour les lapins. Le manque d’habitude, associé à un manque d’imagination et des prix prohibitifs me transforma de nouveau en statue de sel… J’étais là, mon pochon en plastique à la main, avec probablement sur la figure un air pathétique, à regarder les légumes et me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire avec ces machins. Vous croyez qu’il y aurait eu une bonne âme pour me secourir dans ma confusion ? Que nenni ! C’était démerde toi le Gwen !
Après moult hésitations, j’optais finalement pour quelques courgettes, des carottes, des brocolis, et un kilo d’haricots verts surgelés. Oui surgelés ! Entre 5€ et 0,87centimes on ne transige plus, c’est comme ça !

Ensuite je me suis dit que du poisson ça serait bien pour mon petit corps… J’ai donc acheté un beau filet de lieu noir (je préfère le saumon, mais c’est trop gras) de 400g en me promettant de le couper en deux… (Ce que j’ai fait sitôt arrivé à la maison, la moitié pour ce midi, et le reste au congélo, comme ça…. Pas de souci d’être tenté).

Pour finir, je suis revenu sur mes pas et j’ai fait mon dernier achat… Plus qu’un achat, un symbole : Le beurre. Dans un effort de volonté surhumain, j’ai saisi une plaquette de 250g plutôt que la grosse de 500g et je me suis dit en moi-même : Voilà ta ration pour la semaine, fais-la durer tu n’en aura pas plus. Amen.
Pour m’aider à respecter ce pacte solennel avec moi-même, j’ajoutais cependant quelques pots de crèmes fraiches à 3% de Matière grasse, histoire d’égayer un peu mes petits plats. Je me suis dit que la crème à 3% ça ne peut qu’être meilleur que le beurre demi-sel à 45% Hein ?

Mon panier à roulette passablement rempli, je me suis alors dirigé vers les caisses. Arrivé devant la demoiselle j’ai soudain réalisé que tout à mes pensées de régime, j’en avais complètement oublié de regardé les prix !
Et bien figurez-vous que je m’en suis sorti pour moins cher que d’habitude ! 25,47 € ! Alors que d’habitude, je m’en sors avec 30 à 40 € pour la semaine… J’étais dégouté.

Alors voilà. Je suis sorti du supermarché avec une drôle d’impression. L’impression que l’on a lorsque l’on fait quelque-chose pour la première fois et qu’en plus ce quelque-chose va à l’encontre de vos habitudes les plus tenaces. J’peux pas mieux vous la décrire… C’était surréaliste.
Mais bon, je suis content quand-même. Même si je sais que le boulot n’ai pas fini, il faut encore que je respecte les rations que je me suis imposé, je suis content d’avoir enfin fait l’acte, cet acte si chargé de symbole pour moi.
Car il faut bien que vous compreniez une chose mes chers lecteurs, manger est pour moi un de ses plaisirs simples que j’avais décidé de mettre en exergue pour le bien de ma santé mentale…. Aussi, je pense que vous comprendrez mes réticences à devoir sacrifier une grande partie de mes habitudes culinaires, au risque de perdre plus haut ce que je m’efforce désormais de gagner plus bas… Bref, je vous jure que ce n’est vraiment pas évident.
Allez, je vous laisse, j’ai mon repas à préparer : Au menu, filet de lieu noir poêlé accompagné de sa farandole de brocolis, relevés avec une petite sauce fleurette parfumé à je-sais-pas-quoi-encore. Et pour finir en beauté, un délice de la prairie parfumé au sucre des Iles !

C’est pas beau la vie ?

mardi 30 juin 2009

La photo de la semaine


Mais dans quel monde vivons-nous ?

5…4…3…2…1… Atterrissage !

Boudiou que c’est pas facile de reprendre le boulot ! Pendant quatre jours j’ai réussi à me déconnecté de la réalité, et maintenant que je suis de retour dans mon château fort, les douves remplies et la herse relevée, j’ai un peu de mal à reprendre le fil de mes activités bloguesques.

Pour l’instant, je me demande plutôt si je ne suis pas en train de me planter quand je dis que je me suis « déconnecté de la réalité »… Et si la réalité ce n’était pas plutôt ces quatre jours, et mon quotidien un putain de cauchemar ?
Bon, ce n’est peut-être pas le moment que je me prenne la tête avec des considérations hautement philosophiques… J’ai des heures de sommeil en retard et un tas de choses à faire dans les deux jours à venir, aussi je crains de manquer de neurones pour réfléchir à une question aussi complexe que celle-ci.

Mais bon, il faut quand-même que vous compreniez mon questionnement… Je m’absente pendant un temps infiniment court à l’échelle de ma vie et ridiculement insignifiant comparé à celle de la planète, et qu’est-ce que je découvre en arrivant chez moi ? Hein ?
Je découvre que le monde marche sur la tête. Ni plus ni moins.

Un vague chanteur pédophile au talent aussi discutable que sa moralité meurt, et c’est comme si la terre entière avait perdu le bien le plus précieux qu’elle est engendrée depuis des millénaires… Vous avouerez qu’il y a de quoi être perplexe, non ?
Aux Etats-Unis, un type de 70 balais, jadis encensé par ses pairs se voit condamné à 150 ans de prison pour avoir entrainé des milliers d’abrutis obnubilés par l’appât du gain… Comme si, en immolant ce pauvre vieux sur la place publique, cela pouvait absoudre la populace vociférante et la décharger de sa propre responsabilité…
Dans un bled paumé au nord de la France, une espèce de nazie bon teint est su le point de se faire élire sur une liste municipale, et tout à coup on en appelle au pacte républicain ! On décrète la mobilisation générale ! Comme si tout à coup il n’existait plus ni droite ni gauche, comme si tout à coup la politique n’était plus qu’un vaste mouvement populaire… Mouvement populaire, qui pour peut qu’il s’unisse, deviendrait, je ne sais pas moi, une espèce d’Union digne de gouverner la France… Une union où l’on pourrait voir un Mitterrand ministre dans un gouvernement de droite par exemple, ou encore un groupe comme PPR prendre la tête d’une croisade écologique… Un monde parfait, ou le paradoxe serait réalité et le rêve une obscure légende rétrograde.

Vous comprenez maintenant pourquoi, moi ce matin j’ai un peu de mal à me reconnecter avec ce monde ? Hein ?
C’est qu’il est quand même assez bizarre ce monde. En tous cas vachement compliqué, plein de fausseté, de mensonges, d’illusions…

Bon, je crois qu’il va me falloir quelques jours pour m’y habituer… Parce que pour l’instant, j’ai plutôt dans la tête des souvenirs de convivialité, de rires, de discussions sérieuses et légères à la fois, de bonheur… Bref, que des trucs qui ne ressemblent pas vraiment à ce que j’ai sous les yeux depuis ce matin.
A moins que… A moins que la réalité ce ne soit en fait qu’un mélange des deux rêves… Bon ! Je réfléchis encore à la chose et je vous tiens au courant ! Promis !

mercredi 24 juin 2009

Gaëlle

Bon.
Je ne sais pas comment vous dire ça, donc le plus simple c’est encore d’y aller carrément et de vous annoncer de but en blanc.
Gaëlle est morte.

Ce matin, la mort dans le cœur, j’ai dû me résoudre à la conduire chez le vétérinaire. Celui-ci m’a confirmé ce que je savais déjà dans le fort qui me sert d’intérieur. Depuis quelques jours je le savais. Je m’en doutais. Je le voyais…
Ma féline si belle et si câline n’était plus qu’une ombre. Une ombre titubante, peinant à laper l’eau claire de la tasse que je lui présentais.
Les signes encourageants de rétablissement que je m’inventais au fil des jours, se sont espacés jusqu’à disparaitre.
Ce matin, il m’aura fallu un regard extérieur pour qu’enfin je comprenne que je ne tenais dans mais bras qu’un cadavre ambulant…
Arrivé chez le vétérinaire, le mince petit fil d’espoir que j’entretenais au fond de moi, que je chérissais comme je la chérissais elle, ce mince fil s’est brisé avec la question que le praticien me posât… :

« Que voulez-vous faire ? »


Cette simple question prononcée avec une gravité lourde de sens m’a soudain fait réaliser que j’étais venu en fait pour ça.
Pour la faire partir.

Pendant un temps, j’ai digressé, j’ai ergoté, j’ai frimé, j’ai cherché ce petit fil qui m’accompagnait jusqu’alors. En vain. Il avait disparu…
Dans un souffle je lui ai répondu : « Faites-le… ».

Quelques minutes plus tard, alors que je tenais sa petite tête dans le creux de ma main et que de l’autre je lui caressais le flanc, j’ai senti son petit cœur s’accélérer puis ralentir, ralentir, jusqu’à cesser de battre.
Mon nez dans sa fourrure, je lui murmurais des mots doux à l’oreille, tandis que mes larmes tombaient en goutte à goutte sur la table.
Au bout d’un moment, le véto et son assistante sont sortis pour nous laisser seuls, et la porte refermée, j’ai laissé mon chagrin sortir en un hurlement muet. Un cri venu du fin fond de mon ventre, qui est remonté dans ma gorge pour exploser en silence à travers mes dents serrées. Comme si j’expulsais de mon corps la peine et la douleur, et que celles-ci s’envolaient pour disparaitre avec ma chatte tant aimée…

Alors voilà… Vous comprendrez qu’après ça, le remaniement ministériel de Sarkozy, je m’en tape les burnes avec un tronc d’arbre. Même si j’en aurais beaucoup à dire, je n’ai pas vraiment le cœur de m’indigner sur autre chose que sur moi-même.

Et puis, j’ai besoin de vacances. Oui, madame Parisot, les érémistes AUSSI ont besoin de vacances !
Donc, on se retrouve, si vous le voulez bien la semaine prochaine quand je rentre… Mardi ou mercredi, on verra…

mardi 23 juin 2009

Hallucination

Je ne peux pas résister au plaisir (appelons ça comme ça) de vous présenter l’éditorial du Figaro d’aujourd’hui, signé par Etienne Mougeotte.
Autant de… Je ne sais même pas comment on peu qualifier ce genre d’article ! Ce n’est même plus du léchage de botte, ce n’est même plus de la servilité, c’est autre chose… On atteint des sommets dans la propagande… On est dans la quatrième dimension ! (Cliquez sur la photo pour l'agrandir)




Le coup d’état

Je me posais la question ce matin… Dois-je ou non écrire quelque-chose sur la prestation de notre Président Glorieusement Élu devant le congrès à Versailles ?
Es-ce que c’est vraiment nécessaire ? Est-ce cela aurait un sens ?

Bon, pour le sens, je ne suis obligé de rien… Ni même pour la nécessité d’ailleurs… Ce n’est pas comme si j’étais payé pour écrire, loin de là. Mais bon, je me dois, je vous dois, d’être un minimum cohérent avec moi-même, et comme j’ai critiqué l’intervention du chef de l’état avant sa prestation scénique, je me dois de le critiquer après ladite prestation scénique.

Je ne vous cache pas que j’attendais ce discours avec une certaine impatience teintée d’appréhension.
Pourquoi ? Et bien parce que après avoir un peu fouillé le sujet, et comme je vous l’avais relaté samedi dernier, le parlement ne se réunit généralement que pour des choses importantes. Des choses qui ont à voir avec l’âme même de notre nation, de notre République. Des choses qui, même si elles ne bouleversent pas forcément notre quotidien, sont sensées entériner des changements importants dans nos institutions.
D’où ma légitime appréhension.

Aussi, lorsque notre PGE eut fini de s’exprimer devant son auditoire, la première réflexion qui m’est venue à l’esprit ce fut « Tout ça pour ça ? ».
Je m’attendais à, je ne sais pas moi… A des annonces graves, des changements importants… Des annonces à la hauteur de l’événement. A la hauteur du lieu, du moment…
Et bien, au final, rien. Quedalle, du vent.
A la place de ce qui nous était annoncé comme étant un événement historique, nous avons eu droit à un meeting de campagne électoral, avec tout ce que cela implique de démagogie, de flou, de vœux pieux et de boniments.
Nicolas Sarkozy a fait son boulot de camelot.
Alors, si vous me le permettez, je ne m’étendrais pas sur la teneur exacte de ses propos, tant ceux-ci sont vides de sens. Ce serait perdre mon temps et le votre.

Cela-dit, la vacuité du discours ne doit pas nous empêcher de prendre acte de la signification de cette allocution. La forme étant, pour une fois, beaucoup plus importante que le fond. Et finalement, réflexion faite, je crois qu’hier, nous avons assisté à quelque-chose d’important.

En effet, hier, Nicolas Sarkozy (honni soit son nom) a purement et simplement instauré un nouveau régime au sein de notre République. Jusqu’alors notre pays était une république constitutionnelle à régime semi-présidentiel. Sa principale caractéristique étant que le gouvernement est responsable devant le peuple et devant le parlement. Le peuple peut sanctionner le chef de l’état en ne le réélisant pas, et le parlement peut destituer un gouvernement par le biais d’une motion de censure. Il en résultait un certain équilibre des pouvoirs, le parlement étant le garant de toute dérive gouvernementale.
Désormais, et c’est là le sens profond de la déclaration d’hier, nous ne sommes plus sous ce régime, mais bel et bien et de fait sous un régime présidentiel exclusif.
Et ce, vous l’aurez remarqué, sans que le peuple ait été consulté, bien sûr…

Le gouvernement, et a fortiori le Premier Ministre, chef de ce gouvernement, n’existe plus en tant que tel. Ce n’est plus lui qui « détermine et conduit la politique générale de la France », mais le chef de l’état. Ce n’est plus lui qui en fait l’annonce devant le parlement, mais le chef de l’état…

Hier, Nicolas Sarkozy a non-seulement chié sur la tête de son premier ministre François Fillon, mais il a également chié sur la tête du Parlement en transformant le pouvoir extraordinaire que lui confère sa réunion en une simple audience impuissante. Impuissante, car contrairement au premier ministre, le chef de l’état est élu au suffrage universel, et ne peut donc pas être viré avant les prochaines élections.
Vous avez saisi l’astuce ?

Hier, nous avons été les témoins d’un coup d’état.
Hier, Nicolas Sarkozy a entériné un régime présidentiel non-souhaité par le peuple, il a supprimé le poste de premier ministre, et il a retiré son pouvoir de contrôle au parlement.

Désormais, le Chef de l’Etat mène la politique de la France sans que quiconque ne puisse lui opposer un quelconque contre-pouvoir…

Et ça mes petits amis, ça porte un nom : Ça s’appelle une dictature.

dimanche 21 juin 2009

Moati ne ripostera plus…

Vous allez me dire que j’ai un train de retard et vous aurez raison.
Figurez-vous que ce n’est qu’hier que j’ai appris la disparition d’une des émissions que je préfère dans notre paysage audiovisuel. Je veux parler de « Ripostes » présentée par Serge Moati sur France 5 le dimanche soir…

Les raisons de cette suppression sont assez obscures, mais en gros l’alibi de Philippe Vilamitjana, le patron de France 5, c’est qu’il a prévu de chambouler l’ensemble de la grille de la chaine publique pour la rentrée. Vous ajoutez à ça une audience en baisse depuis quelques temps, et il n’en faut pas moins pour passer à la trappe une des rares émissions de politique qui ne serve pas la soupe à ses invités.
Car c’était ça l’atout de « Ripostes » : L’absence de concessions. Ajoutez à ça le sens inné de la maitrise du débat de Serge Moati, et vous aviez une émission enlevée, jamais ennuyeuse et toujours informative. Après avoir regardé « ripostes », on réfléchissait…

Oh, bien sûr ce n’était pas le même genre d’information que l’on a l’habitude d’entendre… Ce n’était pas le discours convenu et rabâché de plateau télé en plateau télé, genre message publicitaire sous forme de phrases préfabriquées… Non, le génie de Moati c’était de s’adresser aux personnes et de faire ressortir les personnalités. L’homme ou la femme politique qui participait à « Ripostes » savait qu’au bout d’un moment, il ou elle ne pourrait s’empêcher de se dévoiler vraiment. Avec pertinence, ironie parfois, justesse toujours, Serge Moati extirpait le vrai derrière la façade, l’intention derrière la posture.

Pour moi, c’est clair, les arguments annoncés par la direction sont bidons. Il s’agit ni plus ni moins que de faire disparaitre de l’antenne publique tout ce qui serait susceptible d’apporter, ne serait-ce qu’une étincelle de réflexion.
Pour les communicants diplômés des grandes écoles, spécialistes de la fourgue de produits en tout genre, le débat engendre la confusion dans l’esprit du consommateur. (Oups ! Pardon, je voulais dire de l’électeur…) D’ailleurs vous remarquerez que l’on n’utilise plus trop ce mot, débat, on a tendance à lui substituer celui de polémique. La polémique, ce mot si lourd de sens négatif (de polemos : La guerre), ce mot tellement utilisé à tord et à travers pour décrire les discussions épiques qu’engendre le débat d’idée.

Lors d’un débat, la plupart des gens, ainsi que les médias, en arrive à ne retenir que ça justement, la polémique. L’emportement, le mot de trop…
Alors que, comme le disait Moati hier, si les gens en viennent à de telles extrémités verbales c’est justement parce que, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, la politique est quelque-chose d’important. Quelque-chose qui touche au cœur des hommes et des femmes…

Mais non, c’est beaucoup trop compliqué pour le téléspectateur tout ça ! Il a besoin de messages clairs et direct le téléspectateur ! Il ne sert à rien de lui embrouiller la tête avec autre chose que le message qu’il est sensé retenir au moment de glisser son bulletin dans l’urne !
‘Tain ! Ça-y-est j’suis vénère là…

Une dernière chose avant de vous quitter en vous souhaitant un bon dimanche : Ce n’est pas la première fois que Philippe Vilamitjana juge qu’une émission n’a plus sa place dans le service public… Il y a deux ans, c'est « @rrêt sur Image » qui est passé aux oubliettes !

Ça vous étonne ? Et bien pas moi…