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lundi 26 octobre 2009

Ben Ali : Un dictateur « élu »

Bon, j’ai encore du U2 dans les oreilles, mais quand même, à un moment il faut bien que je me remette à bosser…

Vous avez vu un peu la belle leçon de démocratie que la Tunisie vient de nous donner ? Hein ? C’est pas beau ça ?
89,62% ! Rien que ça ! L’élection de Chirac avec ses 81,21% récoltés en 2002, fait office de ballotage à côté d’un tel score !

Ah lala… Ces temps-ci, je trouve que le mot démocratie perd un peu de son sens. Non ? Vous ne trouvez pas vous ?
C’est vrai quoi, on nous impose un rejeton de nain de jardin comme patron de la plus grosse pompe à fric de l’IDF sous prétexte que le jeune homme est un élu du peuple. On nous fabrique des réformes à la con sous prétexte que 53% des français se sont un jour fait enfler par des promesses illusoires. Bref, je trouve que le prétexte démocratique commence sérieusement à devenir… Comment dire… Fallacieux. Oui, c’est ça : Fallacieux.

Hier soir le Figaro titrait « Ben Ali, une élection aux allures de plébiscite ». Bon ok, ce matin ils ont changé un peu le titre en « Ben Ali réélu sans surprise à la tête de la Tunisie ». Surement que quelqu’un aura susurré à l’oreille du rédac-chef que ça faisait un peu trop lèche-fondement…
Mais bon, le fait est là, hormis pour les gauchistes invétérés la Tunisie est un modèle de démocratie et son chef suprême depuis 22 ans est un exemple de bonne gouvernance.

Perso, ça fait déjà un bout de temps que je considère que le libéralisme économique est créateur de dictature. Ou du moins, qu’en son nom de nombreuses relations internationales sont entachées d’hypocrisie et que les basses considérations financières favorisent l’émergence et le maintien des dictatures…

Mais là, en lisant cet article du très médiatique Antoine Sfeir, je me rends compte que les seules considérations mercantiles ne suffisant pas à expliquer l’extrême tolérance que notre gouvernement entretien avec la Tunisie. Rendez-vous compte, un régime aussi encadré (le mot est faible), serait une garantie contre l’intégrisme religieux ! Rien que ça !
Concrètement, mieux vaut avoir un dictateur à nos portes plutôt qu’un barbu islamiste.
Lisez- le cette article, vos verrez que le discours est confondant de justifications envers le régime de Ben Ali sous prétexte que…

Encore un prétexte. Toujours des prétextes. Ça me gonfle les prétextes !

Il ne s’agit pas de choisir entre un dictateur OU un barbu, mais il s’agit de dire merde au deux ! Bordel !

Déjà que je ne pouvais supporter le « pragmatisme économique », voilà qu’on nous sort une nouveauté, le « pragmatisme idéologique ». On se croirait de retour à la fameuse époque de la guerre froide, où l’on favorisait des dictatures comme rempart contre le communisme !

Il n’en reste pas moins que quelque soit le pragmatisme, la Tunisie reste une dictature et Ben Ali un dictateur « élu », mais un dictateur quand-même.

Alors vous m’excuserez, mais en ce moment la démocratie… Je trouve qu’elle à bon dos !

mardi 23 juin 2009

Le coup d’état

Je me posais la question ce matin… Dois-je ou non écrire quelque-chose sur la prestation de notre Président Glorieusement Élu devant le congrès à Versailles ?
Es-ce que c’est vraiment nécessaire ? Est-ce cela aurait un sens ?

Bon, pour le sens, je ne suis obligé de rien… Ni même pour la nécessité d’ailleurs… Ce n’est pas comme si j’étais payé pour écrire, loin de là. Mais bon, je me dois, je vous dois, d’être un minimum cohérent avec moi-même, et comme j’ai critiqué l’intervention du chef de l’état avant sa prestation scénique, je me dois de le critiquer après ladite prestation scénique.

Je ne vous cache pas que j’attendais ce discours avec une certaine impatience teintée d’appréhension.
Pourquoi ? Et bien parce que après avoir un peu fouillé le sujet, et comme je vous l’avais relaté samedi dernier, le parlement ne se réunit généralement que pour des choses importantes. Des choses qui ont à voir avec l’âme même de notre nation, de notre République. Des choses qui, même si elles ne bouleversent pas forcément notre quotidien, sont sensées entériner des changements importants dans nos institutions.
D’où ma légitime appréhension.

Aussi, lorsque notre PGE eut fini de s’exprimer devant son auditoire, la première réflexion qui m’est venue à l’esprit ce fut « Tout ça pour ça ? ».
Je m’attendais à, je ne sais pas moi… A des annonces graves, des changements importants… Des annonces à la hauteur de l’événement. A la hauteur du lieu, du moment…
Et bien, au final, rien. Quedalle, du vent.
A la place de ce qui nous était annoncé comme étant un événement historique, nous avons eu droit à un meeting de campagne électoral, avec tout ce que cela implique de démagogie, de flou, de vœux pieux et de boniments.
Nicolas Sarkozy a fait son boulot de camelot.
Alors, si vous me le permettez, je ne m’étendrais pas sur la teneur exacte de ses propos, tant ceux-ci sont vides de sens. Ce serait perdre mon temps et le votre.

Cela-dit, la vacuité du discours ne doit pas nous empêcher de prendre acte de la signification de cette allocution. La forme étant, pour une fois, beaucoup plus importante que le fond. Et finalement, réflexion faite, je crois qu’hier, nous avons assisté à quelque-chose d’important.

En effet, hier, Nicolas Sarkozy (honni soit son nom) a purement et simplement instauré un nouveau régime au sein de notre République. Jusqu’alors notre pays était une république constitutionnelle à régime semi-présidentiel. Sa principale caractéristique étant que le gouvernement est responsable devant le peuple et devant le parlement. Le peuple peut sanctionner le chef de l’état en ne le réélisant pas, et le parlement peut destituer un gouvernement par le biais d’une motion de censure. Il en résultait un certain équilibre des pouvoirs, le parlement étant le garant de toute dérive gouvernementale.
Désormais, et c’est là le sens profond de la déclaration d’hier, nous ne sommes plus sous ce régime, mais bel et bien et de fait sous un régime présidentiel exclusif.
Et ce, vous l’aurez remarqué, sans que le peuple ait été consulté, bien sûr…

Le gouvernement, et a fortiori le Premier Ministre, chef de ce gouvernement, n’existe plus en tant que tel. Ce n’est plus lui qui « détermine et conduit la politique générale de la France », mais le chef de l’état. Ce n’est plus lui qui en fait l’annonce devant le parlement, mais le chef de l’état…

Hier, Nicolas Sarkozy a non-seulement chié sur la tête de son premier ministre François Fillon, mais il a également chié sur la tête du Parlement en transformant le pouvoir extraordinaire que lui confère sa réunion en une simple audience impuissante. Impuissante, car contrairement au premier ministre, le chef de l’état est élu au suffrage universel, et ne peut donc pas être viré avant les prochaines élections.
Vous avez saisi l’astuce ?

Hier, nous avons été les témoins d’un coup d’état.
Hier, Nicolas Sarkozy a entériné un régime présidentiel non-souhaité par le peuple, il a supprimé le poste de premier ministre, et il a retiré son pouvoir de contrôle au parlement.

Désormais, le Chef de l’Etat mène la politique de la France sans que quiconque ne puisse lui opposer un quelconque contre-pouvoir…

Et ça mes petits amis, ça porte un nom : Ça s’appelle une dictature.