Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


dimanche 17 janvier 2010

Kikenveu ?

Savez-vous ce j’ai trouvé dans ma boite aux lettres hier ? Allez… ! Essayez deviner… Je vous mets sur la voie : C’est rectangulaire, ça fait 11 x 22 cm et c’est d’une couleur beige dégueu…

Bravo ! Vous avez deviné ! Il s’agit effectivement de ma convocation pour aller me faire vacciner contre la méchante grippe A/H1N1 ! (Terminologie officielle)

Enfin, il ne s’agit pas vraiment d’une convocation (faut quand même pas exagérer !) mais d’un bon de vaccination pour deux injections. Si-si, deux injections ! Alors que d’après le Ministère de la Roulette Russe, une seule devrait suffire !

Bon, je pense qu’il est inutile que j’ironise plus avant sur le ridicule de la situation tellement l’épidémie est officiellement terminée, et tellement je ne suis pas (mais alors vraiment pas !) un public dit prioritaire… En plus, je vous raconte même pas où il faut que je me rende pour me faire piquer ! C’est à l’autre bout de la ville dis-donc !

J’ai bien envie d’appliquer à la lettre le slogan qui figure sur la missive signée par cette chère Roselyne Bachelot…

Les gestes de chacun font la santé de tous.

C'est-à-dire en ce qui me concerne : Prise en main de ladite convocation, déchirage et jettage dans la poubelle !

Oh et puis non, finalement je vais la garder comme souvenir… Ça me rappellera l’incompétence de notre gouvernement en matière de santé publique !

samedi 16 janvier 2010

Le monde à l’envers : Sarkozy rend hommage aux syndicats…

Salut tout le monde ! Ce weekend s’annonce bien ? Parfait…
Bon, ce samedi je vais vous parler un peu des vœux présidentiel aux Partenaires Sociaux.
Oh, rassurez-vous, ça ne sera pas long car il n’y a pas grand chose à en dire. D’ailleurs notre Président a fait lui aussi très court sur ce coup-là, et d’un ton tellement monocorde et las qu’on devine aisément qu’il commence à en avoir marre le pauvre… Enfin, je dis le pauvre mais fait pas croire que je le plains plus que ça quand-même ! Je veux bien être compréhensif, mais il ne faudrait pas voir à trop pousser mémé dans les orties.

Donc hier, Nicolas 1er s’est exprimé devant ce que l’on a coutume d’appeler les Partenaires Sociaux.
Partenaires… Voilà bien une appellation bien consensuelle qui jusqu’alors me faisait plutôt marrer. En effet, ce terme est (était ?) quand même sensé regrouper, en tous cas dans mon esprit, des organisations défendant des intérêts contradictoires. Je veux parler bien sûr des intérêts des travailleurs ou ceux des patrons. Mais bon, moi je dis ça, c’est parce que je suis un irréductible gauchiste qui croit en la lutte des classes, car si j’en crois le discours du Président le sens du mot « partenaire » est effectivement à prendre au pied de la lettre.

Et du coup, j’ai beaucoup moins envie de me marrer…

Sarkozy a commencé par se féliciter du climat serein qui règne en France (j’déconne pas, c’est vrai !) et a déclaré que si « le pays ne s’est pas déchiré » en 2009, c’est parce que les partenaires ont agis en « responsabilité ».
Agir en responsabilité… Voilà bien encore une phrase bien tournée pour désigner la collaboration pleine et entière de la plupart des syndicats pendant l’année écoulée. Donc, en clair il veut dire : Les mecs, vous avez été sympa avec moi l’année dernière. Vous avez réussi à empêcher la plèbe de me lyncher en retenant vos troupes. Alors continuez comme ça parce qu’en 2010 j’ai bien l’intention de continuer !

D’ailleurs, à ceux qui dénoncent une certaine « proximité » entre le gouvernement et quelques représentations syndicales, il déclare avec ironie qu’il est toujours mieux de se parler que de ne pas vouloir se voir (Ricanements dans la salle).

Ensuite, et là vous allez voir qu’on ne rigole plus du tout, il déclame cette phrase lourde de sens, ou de non-sens, au choix : « Il y a eut des conflits sociaux, des conflits sociaux difficiles dans des entreprises symboliques. Je crois que le gouvernement, et j’en remercie le Premier Ministre et le Ministre du Travail monsieur Darcos, qui a toute ma confiance plus que mon amitié ( là j’ai pas compris…), a su faire les gestes et les ouvertures… Mais quand nous ne sommes pas d’accord, nous ne renonç… Nous ne cédons pas. Voilà. »

Vous y comprenez quelque chose vous ? Oui, je sais, ce n’est pas si facile de comprendre une phrase qui dit une chose au départ et son contraire à la fin. Et pourtant il semblerait que ce soit là la façon dont Sarko 1er, Roi des Français, envisage le dialogue social. Je décide, et vous pouvez toujours gueuler mais cela ne servira à rien.
Du coup, si effectivement les syndicats ont intégrés ce concept, il n’est pas étonnant que le Nabot en chef se félicite de leur « partenariat ».

Et il espère bien que cette belle collaboration va perdurer pour l’année qui vient, car en 2010 il compte s’attaquer à la réforme des retraites. Aussi, comme des vieux et des mères de familles qui descendent dans la rue ça fait toujours mauvais effet, la pleine et entière collaboration des dirigeants syndicaux sera, bien sûr, la bienvenue.

D’ailleurs à propos des retraites il a déclaré qu’il ne fallait pas « confondre égalité et uniformité, qui est défaut français ». Je laisse le soin à celles et ceux qui ont l’esprit plus subtil que le mien de tenter de comprendre ce que cela va impliquer… Pour ma part, je sens que ça risque d’être un joyeux bordel.

Et de terminer en saluant encore une fois « le respect de la personne » qui a été constant pendant toute cette année…

Bref, ce fut donc un discours peu longuet (pour une fois) qui ne fut consacré qu’à une seule et unique chose, remercier la gentillesse des syndicalistes et les enjoindre de continuer sur leur lancée de léchage de botte.
M’est avis que le goût des souliers vernis doit leur convenir car la rentrée sociale explosive qu’on nous avait promis pour septembre de l’année dernière… Et bien on l’attend toujours !

Allez ! Passez un bon weekend quand même…

vendredi 15 janvier 2010

Vincent Peillon : Crétin congénital ou pétochard invétéré ?

Mais que c’est-il passé hier au soir à la télé ? C’est quoi cette pantalonnade ?

Bon, résumons-nous un peu. Moi, je m’apprêtais à passer une soirée tranquille devant ma télé, comme d’hab, lorsque j’apprends inopinément qu’il y a un débat politique spécial Besson sur France 2 (Ben oui, je n’étais pas au courant. J’ai le droit non ?).
Débat tricephale, si je puis dire, puisqu’il est question que le Sinistre de l’Epuration Nationale soit confronté à deux autres participants, Marine Le Pen (Brrr !!!) et Vincent Peillon (Beurk !).
Avant même que la soirée ne commence, je tombe sur un blog de Droite, celui de Corto74, qui m’annonce que le débat fait déjà débat avant même que d’avoir commencé puisque certains appellent à le boycotter.
Chouette, je me dis, ça promet d’être musclé si ça commence comme ça ! Et je m’installe donc sur mon canapé pour zyeuter le bouzin.
Une demi-heure plus tard, grosso-modo, voilà la Chabot qui annonce que le Vincent refuse de venir ! Hou qu’elle était colère la Chabot ! Pas contente du tout !
Elle a même dit que c’était « un coup d’éclat regrettable », et que « Ce n'est pas lui qui est piégé, c'est nous qui sommes piégés ». Ah bon ? Parce qu’il se sentait piégé le Peillon ?
Comment c’est possible ça ? Ce genre de débat, ça ne s’improvise pas, il faut des semaines, voire des mois, pour le préparer. Alors comment aurait-il pu être piégé ?

Bon, en attendant c’est la confusion à tous les étages. Besson s’inquiète de devoir se taper la Marine toute la soirée. La progéniture de l’autre nazi jubile que s’en est pas permis. Chabot fait la gueule… Bref, c’est le bordel.

Et ce matin, qu’apprends-je en lisant la presse ? Le Peillon il aurait fait exprès de ne pas venir ! Il aurait mijoté le truc avec ses potes depuis des jours pour torpiller la soirée dis-donc !

Bon, reprenons notre sérieux deux minutes, et analysons un peu la situation… Qu’a voulu faire ou dire Vincent Peillon en faisant faux bond d’aussi cavalière façon ? C’est quoi le message ?

A mon sens, mais ça n’engage que moi, il a voulu signifier au public que le débat sur l’identité nationale ne sert qu’à une chose, enflammer ce qui devrait rester éteint et satisfaire la frange la plus extrême de l’électorat umpiste. La gauche qu’il représente, n’a pas à cautionner le machin, et en laissant face à face les deux ignobles personnages, il entendait marquer l’esprit du téléspectateur.

Sauf qu’il s’y est pris comme un manche. En annonçant sa non-venue, comme ça par un communiqué, alors que le débat était déjà commencé, il passe pour un pétochard plutôt que pour un activiste.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais une parole est une parole. En tout cas, chez moi, cette formule a un sens. S’il avait voulu tant que ça créer un clash médiatique et mettre Besson dans l’embarras, il aurait pu venir tout de même, lire une déclaration et s’en aller ! Là, ça aurait eu de la gueule !
Mais non, il a préféré faire ça en lousdé, du genre je décommande à la dernière minute en envoyant un SMS (vous voyez de quoi je veux parler hein ?) et passer ainsi pour un malpoli doublé d’un trouillard.

Je ne sais pas quel est le conseiller en communication qui lui a soufflé d’agir de la sorte, mais à mon avis, celui-ci ne va pas garder son poste bien longtemps. A moins que ce soit vraiment une idée de lui, auquel cas Vincent Peillon confirme ce que je pensais déjà de lui. C’est un crétin.

A moins… A moins que Vincent Peillon ait eut vraiment la trouille de débattre avec son ex-compagnon du Parti Socialiste… On sait que le PS est mal à l’aise avec ce concept de l’identité nationale, que c’est quelque chose que la pensée de gauche n’arrive pas à intellectualiser… Peut-être que, je dis bien peut-être, ne sachant quoi dire il aura préféré inventer un truc débile pour éviter de se retrouver confronté à un débat ?

Franchement je ne sais pas. Par contre, ce que je sais c’est que le PS, et sa tendance la plus libérale en plus, ne sort pas grandi de cette histoire.

Comment est-ce qu’on dit déjà lorsqu’on veut faire quelque chose et que cela produit l’effet inverse ? Ah oui, on dit que c’est contreproductif.
Exactement ce que les tièdeux comme Peillon et ses défenseurs pensent du No Sarkozy Day dis-donc ! Il y a des fois je vous jure, la vie est drôle !

jeudi 14 janvier 2010

Bon anniversaire !

Il y a un truc de bien avec les pages Facebook c’est qu’elles indiquent, pour peu que l’intéressé en ait spécifié la date, l’anniversaire de vos « amis »…

Oui, je sais, j’ai mis des parenthèses à « amis » car ils ne le sont pas tous. Loin de là d’ailleurs. C’est bien simple, sur la centaine (et quelques) de personnes qui se disent mes amis sur le réseau social, je ne dois en connaitre qu’une dizaine tout au plus, et je n’en n’ai rencontré physiquement que cinq. Oui, j’ai compté, cinq. C’est dire le sens superficiel que peut prendre ce mot : amis…

Mais parmi ces cinq personnes, en figure une dont je sais qu’elle l’est réellement. Mon amie je veux dire. Et je sais que c’est également celle de quelques-uns de mes plus fidèles lecteurs…

Aussi, je voudrais que vous vous joignez à moi pour souhaiter un très bon anniversaire à l’adorable, l’irremplaçable, l’humaniste, la chaleureuse… Monique !

Bon anniversaire à toi ma très chère amie.



(Bon, je ne vous dirais pas son âge parce que je suis galant homme. Mais les pages Fesse-Bouc ne sont pas faites pour les chiens, hein ?)

La fuite en avant

Bien, comme quasiment tous les jours depuis le début de l’année, je me suis tapé ce matin le discours des vœux de notre cher Président de la République Française… Il s’agissait des vœux aux parlementaires.

J’aime autant vous le dire tout de suite, vous n’aurez pas de commentaires éclairés de ma part sur le sujet, ni-même de résumé succinct de cette demi-heure d’exercice présidentiel… Non, vous n’aurez rien de cela pour la simple et bonne raison que ça m’a gavé.

Mais ça m’a gavé à un point ! Vous ne pouvez pas imaginer !

Pendant une demi-heure ça n’a été que satisfecit, rodomontades et flagrantes contrevérités… Bref, le petit coq s’est perché sur son tas de fumier pour pousser sa chansonnette, et au final la basse-cour n’a rien appris de nouveau.
Bon, si ça vous dit quand-même d’en apprendre plus, allez jeter un œil ici. Mais pour ma part, je ne vais rien avoir à vous dire sur le sujet.

Ah si, peut-être une chose… A un moment, vers la fin il s’est presque félicité d’une chose qui m’interpelle personnellement depuis quelque temps. Il a dit : « Nul ne reviendra sur l’essentiel des réformes que vous avez voté ». Et de citer en exemple la réforme de la constitution de l’année dernière avec « l’augmentation » du rôle du Parlement…

Ça, c’est un truc qui me turlupine depuis un bout de temps. Est-ce que vous vous rendez compte que les réformes qui ont été passées depuis l’avènement de Sarko 1er, ne seront jamais abolies ? Est-ce que vous vous rendez compte que toutes les mesures destructrices, que ce soit en termes d’emplois, de liberté ou encore d’égalité sociale, aucunes de ces mesures ne seront jamais remise en question quelque-soit le gouvernement qui succédera à celui-ci ?

Ça laisse songeur hein ?

En fait, c’est comme ça que je vois les choses, il existe dans notre société une espèce de consensus « démocrate » qui consiste à croire que le mouvement doit nécessairement se faire vers l’avant. « On avance », « il faut avancer », notre langage, notre cerveau même, semble formaté pour admettre que le mouvement, s’il doit y en avoir un, ne peut s’envisager que dans un seul sens…
Ainsi, on ne défait jamais les choses qui ont été faites précédemment, mais l’on préfère refaire par-dessus.

Souvent j’entends, lorsque je parle de mes espoirs révolutionnaires, la réplique imparable (?) qui consiste à dire que les gens comme moi ne pensent qu’à détruire plutôt que de construire. Et que ça, c’est forcément pas bien. Vous l’avez déjà entendu cet argument, hein ? Il revient à chaque fois, comme un psaume, une loi immuable qu’il ne faudrait en aucun cas transgresser…
Elle est bizarre quand-même cette morale à deux balles qui nous oblige à ne jamais admettre que quelque chose doit être au préalable détruit avant même que de penser à reconstruire par-dessus.

Pourtant, si le monde va si mal, ne serait-ce pas plutôt parce que justement on passe son temps à re-fabriquer des trucs et des machins sur d’autres trucs et machins complètement pourris parce que eux-mêmes construits sur… Bref, vous avez compris où je veux en venir.

Alors, peut-être que je me trompe du tout au tout. Peut-être même que ce qui peut paraitre évident au maçon de base, ne s’applique pas aux sociétés humaines… Peut-être.

Et bien alors, si c’est effectivement le cas, et j’en doute fortement, il serait bien que les électeurs en prennent réellement conscience et réfléchissent vraiment à deux fois avant que de glisser un bulletin dans une urne. Car cet acte, qui n’est déjà pas si anodin que ça, aura des conséquences pour des siècles et des siècles (Amen !).

Voilà chers amis, cela sera, si vous le voulez bien, la réflexion du jour. Passez une bonne journée !

mercredi 13 janvier 2010

Vœux de Sarkozy aux personnels de santé : Le grand massacre continue

Aujourd’hui nous prenons la direction du sud de la France et nous nous rendons à Perpignan pour assister aux vœux présidentiels aux personnels de santé.

Oui, je sais, vous allez me dire : « Quoi euh… Encore des vœux ! Il n’en n’a pas fini l’autre à nous bassiner avec ses vœux… ! ».
Et bien non, chers lecteurs, je n’en n’ai pas fini. Il en reste environ une demi-douzaine, et je vous prie de croire que vous allez vous les farcir. Les vœux Sarkozystes sont importants car ils annoncent souvent les emmerdements qui risquent de nous tomber sur le coin de gueule pour l’année qui vient… Et moi, j’aime autant vous dire que je préfère savoir à l’avance de quel côté la merde va venir…

Donc, les vœux aux personnels de santé disais-je…
Bon, je vais vous faire grâce de la pommade habituelle dont notre Nain National a commencé à enduire son auditoire (Vous faites un métier formidable, tout ça…), et je vais entrer directement dans le vif du sujet, à savoir la mise en place du postulat de base : « La santé est la préoccupation majeure des français, mais aussi un secteur économique déterminant ».
Et d’énoncer alors le chiffre de 200 milliards d’euros par an, avec un long silence à la fin pour que tout le monde s’imprègne bien de la portée d’une telle somme…
En une phrase, tout est dit. La santé est un bizness qui rapporte énormément, alors mes petits agneaux, il va falloir que vous en preniez conscience et que vous arrêtiez de me gonfler avec des considérations humanitaires.

Puis, au Président Glorieusement Elu d’enchaîner directement sur la polémique suscitée par la gestion de la grippe A en France. Après avoir eut « une pensée particulière » pour les 250 morts recensés à ce jour (combien de la grippe saisonnière ?) il déclare être persuadé d’avoir tout bien fait comme il faut. Tout va bien Madame la Marquise, si on a trop de vaccins et bien « on annule les commandes, on revend ceux qu’on a en trop, mais il n’aura pas un seul français qui pourra dire à la Ministre de la santé, je voulais être vacciné, je n’ai pas pu être vacciné ».
Avec 5% de la population qui s’est effectivement fait vacciner, on pourrait légitimement se dire que c’est de l’argent foutu en l’air, mais bon… Je vous l’ai déjà dit, son argument ne manque pas de pertinence politique. D’ailleurs il le dit lui-même, dans ces cas-là, mieux vaut trop en faire que pas assez puisque de toutes façons on se fait taper dessus après…
Et de rappeler d’autre épisodes peu glorieux de notre passé récent, le sang contaminé et la canicule de 2004.

Quoi ? La canicule s’était en 2003 ? Oui, moi je sais bien, mais pas lui apparemment. (Héhéhé !)

Cela-dit, quid des magouilles entre les lobbys pharmaceutiques et le Ministère ? Ça, mes amis, vous pensez bien qu’il ne s’est pas posé la question devant nous.

Ensuite, notre bon Pasteur c’est intéressé au sort des infirmiers et des infirmières… (Spéciale dédicace à notre nouvelle lectrice Isabelle). Il va falloir que les petites mains de la médecine hospitalière s’intéressent un peu plus à deux choses, « l’équilibre du budget et aux résultats ».
En clair, il n’est plus question d’emprunter pour soigner les gens, vous allez faire avec les sous qu’on vous donne et démerdez-vous pour équilibrer les comptes.
La loi Bachelot avait pour but de transformer l’hôpital en entreprise, c’est maintenant chose acquise. Le personnel hospitalier doit donc s’intéresser plus aux résultats de l’entreprise Hôpital que de soigner des gens… Comment faire, cela ma foi il ne le dit pas. Mais je gage que cela ne pourra se faire sans sacrifices, et comme toujours se sont les plus pauvres qui vont en prendre plein la gueule.

Le Président a décidé également de mettre le paquet sur trois priorités de santé publique : Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs… Avec une particulière insistance sur ce dernier qui, avec la gériatrie représente pour lui le défi du siècle à venir.
Là encore on notera qu’il insiste pour que le service public (faut-il encore l’appeler ainsi ?) s’intéresse aux soins qui rapportent le plus. Les maladies de longues durées, ainsi que les vieux qui vivent de plus en plus longtemps, c’est là une clientèle assurée pour un paquet de temps…
Tant de cynisme mercantile me laisse pantois.

Pour finir, Nicolas Sarkozy a décidé de s’intéresser aux médecins généralistes. Pour lui, Il s’agit de « refonder les pratiques des médecins libéraux ». J’ai noté que tout au long de cette dernière partie de son discours, Sarko a constamment mêlé les deux mots ; Généralistes et Libéraux. Entretenant ainsi une confusion quelque-peu révélatrice de ses intentions. Mais bon, pour le coup c’est bien aux généralistes qu’il s’adressait et non-pas aux spécialistes.

Donc, face à la pénurie actuelle de médecins généralistes il a décidé de nommer une mission d’enquête, présidée par Michel Legmann, qui sera chargé de faire des propositions en vue de cette « refondation ». Les résultats de cette « enquête » sont attendus pour le mois de mars, mais comme d’habitude, le Petit Nicolas en propose déjà les résultats.
La solution c’est, accrochez-vous, le « Partage du travail » !
Si ! Je ne rigole pas, c’est vrai ! Pour lui, il faut que les généralistes apprennent à déléguer une partie de leur travail avec d’autres (des pharmaciens ou des infirmièr(e)s) pour soulager la foule qui se bouscule au portillon des cabinets.
Il insiste également sur le fait que les toubibs doivent devenir plus mobiles, tout en se regroupant (coopératives médicales ?) et en, pourquoi pas, se mettre au temps partiel !
Bref, c’est du grand n’importe quoi… En aucun cas il n’a pensé que rendre plus attractif le boulot et l’installation des jeunes généralistes pouvait arranger les choses. Non, ce qu’il propose c’est de soulager le médecin de famille en le déchargeant de certaines tâches qu’il pense confier à des personnels non-médecins… Est-ce que ces personnels seront d’accord, ou même pourront, assumer ces nouvelles tâches, cela reste encore à voir.

Donc, pour résumer et en finir avec ces vœux aux personnels de santé, le boulot de l’année 2010 sera le recentrage.

Recentrage de l’hôpital sur « la phase aigüe de la maladie ». C'est-à-dire faire moins d’urgences et plus d’hospitalisation à long terme afin de faire rentrer de l’argent dans les caisses, et dans les poches des actionnaires de l’hôpital.
Recentrage du médecin généraliste sur « le premier recours ». C'est-à-dire s’intéresser plus aux cas vraiment sérieux et laisser de côté les petits bobos, et les diagnostiques précoces.

Ah oui, j’oubliais un truc, en même temps il veut serrer la vis à l’assurance maladie…

Moi je me demande vraiment comme il compte y arriver…

mardi 12 janvier 2010

Sarkozy veut la peau de la Recherche Française…

Bien ! Continuons donc, si vous le voulez bien la tournée des vœux présidentiels, et rendons-nous à… Saclay. Saclay… J’sais même pas où c’est dis-donc ! Ah oui ! Sud-ouest de Paris…
Ok, cette fois-ci ça se passait donc à Saclay, et il s’agissait des vœux au monde de l’éducation et de la recherche.

Éducation et recherche, oui, les deux ensembles. Je sais, ça peut paraitre bizarre mais dans l’esprit du Président, les deux vont ensembles. Savoir, transmission du savoir… Je peux à la rigueur comprendre, d’autant que comme vous le verrez cet amalgame n’est pas anodin étant donné les objectifs annoncés pour cette année…

Bien sûr, avant de commencer et étant donné les événements récents, on a eut droit à l’habituel « instant émotion » concernant le décès de ce gamin la semaine dernière. Je ne m’appesantirais pas là-dessus tant vous savez bien que j’abomine l’utilisation politique des faits divers, méthode oh combien utilisée par notre Nano-président. Mais bon, je dois quand même avouer à sa décharge qu’il n’en n’a pas abusé, se contentant du strict minimum. On dirait d’ailleurs qu’il s’est un peu calmé sur le sujet, car il faut un temps ou il se serait servit de la mort de ce jeune pour justifier l’envoie de l’armée dans les coures de récrés… Ah non, excusez-moi, je confonds… L’armée c’est plutôt le truc de Ségolène Royal. (Et toc !).

Tout le discours pourrait se résumer en un mot : Excellence. C’est ça qu’il veut notre Président, l’excellence. Il en veut tellement qu’il a prononcé ce mot douze fois ! (oui, j’ai compté.). Excellence par ci, excellence par là, pour lui l’école doit servir à former et recruter des élites, un point c’est tout. Je n’ai pas compté le nombre de fois ou il a prononcé le mot « élite », mais on dirait bien que l’élitisme est quelque chose qui tarabuste cet homme… Allez savoir pourquoi !

Concernant les enseignants, l’annonce principale est l’officialisation du recrutement à Bac + 5, avec, il l’a promis, une revalorisation « significative » des salaires en début de carrière.
J’ai envie de dire, parce que j’ai un mauvais esprit, qu’il ne pouvait décemment pas faire autrement… Il y a des lois qui régissent le recrutement à la fonction publique et la grille des salaires et déjà fonction du diplôme exigible. Donc, il s’agit là d’une annonce pour rien puisque de toute façon les enseignants recrutés à Bac + 5 toucheront forcément plus que ceux recrutés au niveau actuel.

Ensuite, après une sonnerie intempestive de son téléphone, Sarkozy a voulu donné son sentiment sur la polémique qui a suivit la publication d’un communiqué des directeurs des principales Grandes Écoles, opposés à l’ouverture de leur recrutement à plus d’étudiants boursiers. C’est bien simple, il ne comprend même pas que cela soit le sujet d’un débat. Pour lui, si Richard Descoings l’a fait pour Science-Po, tout le monde doit le faire aussi. Point barre.
Sauf que l’expérience américaine nous prouve qu’ouvrir le recrutement des hauts-lieux de la connaissance aux plus défavorisés, n’est pas forcément une bonne chose… Mais bon j’y reviendrais dans un prochain article, tant le sujet est complexe et demanderait autre chose qu’un simple commentaire lapidaire.

Le plat de résistance concernait les chercheurs-enseignants des universités… Et oui, c’est là qu’on va comprendre pourquoi il tenait tant à les mettre dans le même panier que les instits et les profs de collège !

Dans son esprit malade, la mise en place de l’autonomie des universités est une réussite. D’ailleurs il ose même poser la question de savoir qui, un an après, voudrait revenir en arrière ! Mais bon, comme c’est une question qu’il se pose à lui-même, il s’autorise donc à y répondre : Et selon lui, la réponse est « personne ». Et comme cette réponse semble le satisfaire, il annonce alors qu’après avoir ouvert les conseils d’administration à des « personnes extérieures », il souhaiterait maintenant allez plus loin et leur donner le pouvoir d’élire les présidents d’université. Oui, vous avez bien lu, non content d’avoir introduit les entreprises au sein des facs, il voudrait que celles-ci puissent y placer des Présidents à leur solde. Je vous laisse imaginer les conséquences, et l’avenir funeste auquel cela nous prépare…

Choix du président d’université, choix des secteurs de recherche à privilégier, tout cela nous amène donc directement à une réorientation « pragmatique » de la recherche, et plus particulièrement de la recherche fondamentale.

Et c’est là que la foudre s’abat alors sur la cible du jour, à savoir ce qu’il nomme frileusement « certains organismes de recherche ». Entendez par là le Cnrs, l’Inserm, l’Inra etc.

Après avoir flatté et félicité « les illustres organismes » pour leurs multiples et constantes réussites, et après avoir rappelé que « La recherche fondamentale est la base de toute innovation technologique », il annonce que ceux-ci vont devoir se réformer… Il vont devoir se mettre à la page et se concentrer sur les transferts de technologies aux industries et se mettre au service des intérêts économiques de la Nation !

En clair, ça veut dire : « Messieurs les chercheurs, vous allez arrêter de perdre votre temps dans des domaines qui n’intéressent personne, et vous concentrer sur ce qui peut rapporter de l’argent ». Voilà ce que ça veut dire.

Là aussi, le problème est bien plus complexe que je n’ai le temps de vous en dire aujourd’hui.
Pour faire simple, je vous dirais que si justement notre système de recherche national fonctionne si bien, c’est justement parce que jusqu’à présent il était déconnecté du système économique. Pour qui s’y connait un tant soit peu en recherche scientifique pure, ceux-là savent très bien de quoi je parle… l’indépendance, et surtout l’indépendance face aux résultats, est la base de tout.

Déjà l’année dernière, les enseignants-chercheurs avaient tiré la sonnette d’alarme et dénoncé les visées de ce gouvernement concernant leur métier. A savoir, la privatisation des intérêts scientifiques. Cette année l’offensive est lancée…

Mes amis, il s’agit là d’un sujet important. Peut-être même le plus important qui soit puisqu’il nous parle de notre avenir et de l’avenir de nos enfants… Alors j’espère que vous vous mobiliserez comme il se doit pour empêcher coûte que coûte cette nouvelle destruction systématique de ce qui fait de notre système français, un système si particulier et dont nous pouvons être fiers…

En tous cas, comptez sur moi pour ne pas lâcher l’affaire et vous tenir informés des évolutions sur ce sujet particulier.