Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


jeudi 7 janvier 2010

Adieu Monsieur Seguin

Alors que je m’apprêtais à me mettre à mon boulot d’écriture, voilà que la nouvelle tombe… Du coup je ne sais plus quoi dire.
Sauf si, peut-être, ça : Je l’aimais bien le Seguin. Le genre d’adversaire qui inspire le respect. Un de ces représentants du « gaullisme social » qui font que parfois la gauche et la droite se transcendent pour se rejoindre sur des valeurs communes…
Il va me manquer.

Alors pour lui rendre hommage, je vous remets une interview diffusée sur la TéléLibre l’année dernière. L’homme y est sympathique, truculent… Il n’en reste plus guère des types comme ça.


815 SÉGUIN POINTE LES MAUVAIS COMPTES DE L’ÉTAT
par latelelibre

mercredi 6 janvier 2010

Le monde en solde

J’aime pas les soldes. Les soldes ça me gonfle grave. Et tu sais pourquoi je n’aime pas les soldes ? Non ? Et bien je vais te le dire…

J’aime pas les soldes parce que pendant huit ans, deux fois par ans, ça a été mon boulot de faire les soldes. Quand je dis faire les soldes, je ne parle pas de courir les magasins comme un furet à jeun depuis six mois, mais plutôt d’être de l’autre côté de la barrière… C’est moi qui prenais les prix, et qui les barrais pour en inscrire d’autres…

Ouais gros, pendant huit ans j’ai été le responsable d’un rayon « mobilier et décorations du monde »… Rien que ça. En fait, j’étais un rouage de la mondialisation. L’ultime rouage, celui qui vous présente un coffre tout vieux tout pourri acheté au Rajasthan cinq euros cinquante, et qui vous le revend cinquante euros en vous racontant une belle histoire… Pas très glorieux hein ?

Pourtant j’aimais bien ce que je faisais… J’avais des trucs qu’on ne pouvait trouver nulle-part ailleurs et j’en étais fier. Des objets, des meubles, des tissus, bref des trucs et des machins vachement intéressants car pas banals… Et beaux en plus. Enfin, beaux pour moi… Alors comme j’aimais ce que je vendais je n’avais pas vraiment d’effort à faire pour faire l’article comme on dit… Il suffisait de m’entendre parler trois minutes et hop c’était dans la poche ! Pas la mienne bien sûr…
Tout allait bien jusqu’à ce que l’on me demande de dire des mensonges au lieu de ce que je croyais être la vérité sur ma marchandise… A partir de là, comme je ne sais pas mentir, vous imaginez la suite.

Mais bon, c’est pas le sujet. Donc deux fois par ans je faisais les soldes. C'est-à-dire que je prenais un truc et, en fonction du fournisseur, et bien j’enlevais 10, 20, 30%... Jusqu’à 50 et même 70% du prix initial… Tu imagines bien lecteur que tout dépendait en fait du prix d’achat d’origine et donc de la marge habituelle que le magasin pratiquait sur chaque produit. Le souci c’était que des fournisseurs, et bien nous en avions des dizaines. Il y avait les boites d’import françaises qui faisaient déjà leur beurre en achetant des produits manufacturés à bas prix dans des pays où le code du travail est aussi mince que la silhouette de la gamine qui y bosse. Là, pas question de faire plus de 20% de rabais… La grosse part du gâteau étant déjà partie dans la fouille de l’importateur, la fameuse lampe « ethnique » à 39 euro 90 cts, et que vous avez-vous-même payée 15 euros, tu ne peux décemment pas la vendre à moins de 30…

Et puis il y avait les importations en direct… Deux trois fois par an, mon boss partait au Maroc et en Inde pour faire ses courses. Au Maroc, il faisait fabriquer des luminaires en maillechort, des chaises en fer, des tables en zellige… Bref, tout ce que tu as pu un jour admirer dans un souk, et bien on l’avait. Des containeurs entiers qu’on faisait venir de là-bas. Du coup, sachant que le grouillot marocain travail comme salopiaud mais pour pas cher, on pouvait se permettre de rogner la marge de 50% sans qu’il n’y ait péril en la demeure…

Le top c’était les meubles d’occase qu’on ramenait d’Inde… là c’était le jackpot ! 90% de marge ça te parle ? Ça veut dire qu’un truc acheté 100 là-bas, se retrouvait pour 1000 dans ton salon… Donc, tu penses bien que si je te le fais à 450 parce que tu m’as l’air sympathique, non seulement t’es content, mais en plus mon boss aussi.

Et je ne te parle même pas des marchandises à très bas prix qu’on achetait deux mois avant les soldes pour pouvoir les mettre en rayon le jour dit avec un joli prix barré… Ça c’est encore une autre histoire.

Bref, tout ça pour dire que les soldes c’est de l’arnaque. En tous cas dans mon domaine c’était de l’arnaque… J’explique, à l’origine les soldes ont été inventées pour débarrasser les commerces saisonniers de leurs invendus. Saisonnier, ça veut dire qui change avec les saisons hein ! Donc ça concerne les objets qui marchent avec des collections automnes-hiver et printemps-été. Genre les chaussures, les fringues etc, les trucs que se retrouvent momentanément obsolètes dès qu’un rayon de soleil apparait ou disparait.

Seulement, l’appât du gain a un peu changé les choses. Ceux qui n’ont rien à voir avec la météo se sont dit que eux aussi ils pouvaient se permettre de gonfler artificiellement leur chiffre d’affaire en boostant les ventes deux fois par ans. Ça marche d’autant plus que si t’es malin tu vas faire des ristournes sur des trucs avec lesquels d’habitude tu marges un max !

Du coup, le péquin moyen il est en droit de se demander pourquoi tu fais des prix pareils huit semaines par an et pas pendant le reste de l’année… Ben oui, parfois le péquin n’est pas si con qu’il en a l’air. En attendant, c’est moi qui avais l’air d’un con si par malheur un de ces impertinents péquins s’avisait de me poser la question.
Car en fait, le furet qui court comme un dératé pour faire le tour des boutiques, et qui ressort tout fier, persuadé qu’il est d’avoir fait de bonnes affaires ; Et bien la plupart du temps il court pour acheter un truc au prix qu’il aurait dû payer normalement si le magasin ne pratiquait pas des marges indécentes.
En fait gros, tu te fais arnaquer 10 mois par an, c'est ça qu'il se dit le péquin. Et il a raison.

Enfin, j’dis ça mais j’imagine que ça doit rassurer un banquier que la boutique machin-chose réussisse à réapprovisionner son compte courant…
Mon patron m’expliquait, pour tenter de pallier à ma naïveté crasse, que le but du jeu c’était de faire rentrer les liquidités dans l’entreprise… Des liquidités pourquoi faire, pour racheter d’autres marchandises, se replanter encore une fois sur 10 à 20% d’entre-elles et devoir les brader de nouveau six mois plus tard… pour ravoir encore des liquidités.

Je ne sais pas si j’ai vraiment tout compris au machin… Parce que pour moi, à l’époque et encore maintenant, tout cela ressemblait beaucoup à une espèce de fuite en avant. Un peu comme un type qui fait des sauts devant lui pour éviter de tomber… Et qui continue encore et toujours jusqu’à ce qui tombe pour de bon.

Donc, tu comprends maintenant pourquoi j’aime pas les soldes. Ça pue les soldes.

Et puis, pour tout te dire, pendant ces périodes là j’avais tellement de boulot que je bossais dix heures par jours… Je rentrais le soir chez moi crevé et énervé… Tellement que je n’avais même plus le temps d’aller les faire pour moi… les soldes. Du coup, maintenant que je ne travaille plus, et mis à part les moyens qui me manquent, et bien comme je sais comment ça marche, j’ai plus envie. Mais alors plus envie du tout.

mardi 5 janvier 2010

En vrac : Renault, Grippe A et Conseil Constitutionnel

Bon, je n’ai pas trop de temps aujourd’hui et vous m’en voyez navré. C’est d’autant plus dommage que l’actualité est riche en ce début d’année… Mais bon, c’est pas grave, on va faire vite.
Depuis quelques jours j’avais envie de vous parler de la dernière publicité de chez Renault qui hante nos chaines de télé depuis le début de cette année…, et puis finalement je me suis aperçu que Trublyonne avait déjà abordé le sujet, et de belle manière en plus… Donc, allez chez elle goûter de son analyse. J’y ajouterais cependant que cette communication démagogique est emprunte d’une propagande libérale des plus écœurante. L’allusion à l’innocuité du choix de la décroissance y est flagrante avec cette question qui me donne envie de hurler : « Pourquoi profiter de la vie aujourd’hui signifierait forcément vivre moins bien demain ? »

Je vous laisse trouver vous-même votre réponse à cette question hautement philosophique…

Sinon, il y a notre beau pays qui non content d’avoir dépensé notre argent à acheter des vaccins contre la grippe A que personne ne voulait, à part quelques 5 millions de péquins bien manipulables, se retrouve avec 95 % de son stock sur les bras…
Alors bien sûr ça gueule.

Je vous avouerais que je suis un peu perplexe sur ce sujet… Car, si le gouvernement n’avait pas mit le paquet dans cette affaire, on le lui aurait reproché de la même manière. Donc, le critiquer à postériori pour avoir fait ce qu’il fallait relève, à mon sens, de la mauvaise foi.

Cependant, là où on pourrait à loisir lâcher des skuds sur cet épisode « pandémique », ce serait s’il était établi de façon formelle que l’achat de ces doses de vaccins en surnombre était le fait d’une volonté délibérée, ou alors d’une incompétence crasse.
Pour faire la lumière sur tout ça, il n’y a pas à tortiller il faut enquêter. Et c’est ce que se propose de faire le Nouveau Centre. Comme quoi, même les centristes peuvent avoir de bonnes idées. Ce qui est con, c’est qu’ils les aient avant la gauche !

Enfin, je voudrais que vous notiez dans vos tablettes une échéance prochaine qui pourrait se révéler très importante pour notre démocratie, à savoir le renouvellement d’un tiers du Conseil Constitutionnel… L’ami Rimbus a sonné l’alarme sur le sujet en nous rappelant que le dernier rempart contre les abus liberticides de ce gouvernement était cette auguste institution. Il nous informe aussi sur les postulants prêts à reprendre les sièges libres, et là croyez-moi, ça craint… Emmanuelle Mignon, ça vous dit quelque chose ?

Et bien sachez que l’on sait maintenant pourquoi elle avait quitté le mois dernier l’Elysée, c’est pour distiller son catholicisme intégriste au sein du Conseil ! Rien que ça !

Bref, comme vous le voyez, l’actualité est riche… Sauf que là, j’ai pas le temps. Il faut que je me barre de chez moi rapido, si je veux pouvoir remplir mon frigo…

Allez braves gens ! Portez vous bien !

lundi 4 janvier 2010

Le No Sarkozy Day, une occasion de dire non alors que d’autres disent oui.

Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’est quoi tout ce tremblement à propos du No Sarkozy Day ? De partout sur la gauchosphère les billets tombent et le débat fait rage comme s’il s’agissait de la controverse de Valladolid (*).
Du coup, je ne vous le cache pas, je me suis senti un peu à la ramasse, ne comprenant absolument pas pourquoi tout ce beau monde se prenait ainsi la tête. Il m’a fallu un peu de temps pour démêler les fils de l’histoire et comprendre d’où pouvait bien venir tout ce tintouin…
Donc, je résume l’histoire pour ceux qui, comme moi, n’ont pas suivi.

A la suite de la manifestation en Italie contre Berlusconi le 5 décembre dernier, des petits malins ont pris l’initiative de vouloir lancer le même genre de happening en France. La cible, Sarkozy bien sûr. Un groupe Facebook est créé, regroupant à ce jour 354 471 « amis » et qui invite la populace à manifester son dégout du Président pour le 27 mars prochain devant les bâtiments représentatifs du pouvoir, à savoir les Préfectures (entres autres).
Dans la foulée les initiateurs de l’événement sollicitent les blogueurs pour relayer l’événement et faire ainsi monter la mayonnaise.
En réponse à cette sollicitation certains blogueurs de « gauche », et pas des moindres, publient alors un communiqué pour se démarquer de l’événement.

Ce communiqué le voici :

Le No Sarkozy Day est une initiative sincère et spontanée. Nous respectons la démarche et l’engagement qui ont amené les organisateurs à entreprendre cette action. Mais, nous blogueurs, nous ne pouvons nous y associer. En premier lieu, Nicolas Sarkozy a été élu. Certes la France de Nicolas Sarkozy n’est pas une république irréprochable mais nous sommes attachés au principe démocratique. En tant que Président de la République, il bénéficie de la légitimité des urnes. Réclamer sa démission, c’est ouvrir une boîte de Pandore. Nous ne souhaitons pas jouer aux apprentis sorciers. Au contraire, Nicolas Sarkozy doit rester 5 ans au pouvoir, assumer ses erreurs jusqu'au bout. Le No Sarkozy Day doit avoir lieu le 7 mai 2012 et pas avant. Ensuite, nous estimons que l’initiative est biaisée dès le départ. Le problème du "No Sarkozy Day", c’est que le nom de Sarkozy soit l'unique vecteur de mobilisation. L’antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer les mentalités, elle les confortera. Plutôt que de se focaliser sur l'homme, nous préférons nous concentrer sur le bilan désastreux de son action politique. Nous voulons bâtir une véritable alternative politique au sarkozysme qui soit à la fois construite et argumentée. Nous pensons que cette opération se révélera contre-productive. Nous ne souhaitons pas être associés à cette initiative lancée sans concertation et qui relève plus du buzz marketing que de l’action politique. Le risque d’une instrumentalisation et d’une récupération politique d’un futur fiasco existe…

Suivit par les signatures de quelques-uns des grands noms de la blogosphère se déclarant de gauche :
Laure Leforestier,Le Monolecte, Bah by CC, Le Volontaire, Partageons mon avis, Les jours et l'ennui de Seb Musset, Peuples, Intox2007.info, Falcon Hill, Disparitus, Sarkofrance, Back2basics, Neuromancien, Edelihan, l'hérétique, Marc Vasseur,Yann Savidan, Le Pavé, Hypos, H16, De tout et de rien, Des pas perdus , Piratages(s), Reversus.


Et c’est là que j’ai pris le train en marche, en pleine polémique au sujet de ce communiqué et de ce qu’il sous-tend.

Pour être franc avec vous, lorsque j’ai été sollicité sur Facebook pour adhérer au truc, j’ai dis oui tout de suite. La démarche me semblait intéressante et le succès des transalpins ne pouvait que présager de bonnes choses quant à la mobilisation de nos concitoyens. A l’époque la seule question que je me suis posé, c’était de me demander pourquoi le 27 mars, pourquoi si tard ?
Pour avoir la réponse à ma question, il m’a suffit de ma rappeler que le deuxième tour des élections régionales étaient programmé pour le 21 mars. La manifestation devant s’inscrire résolument en dehors des enjeux électoraux. Donc, pour moi c’est clair, le mouvement se situe hors-partis politiques et hors projets à long terme. C’est un happening dont le but est de dire à un instant t, le ras-le-bol que ressent une partie de la population envers ce gouvernement et sa politique personnifié par la grosse tache qu’est Nicolas Sarkozy.

Et c’est d’ailleurs ce que semble lui reprocher cet aréopage de gentils blogueurs… Ce côté spontané, quasi festif, qui ne s’inscrit dans rien de construit, ou ne s’imbrique pas dans des plans qui existent déjà…

Car, je vous le dis tout net, ce communiqué n’est ni plus ni moins que de la merde. Une bonne grosse merde puante, déposée ostensiblement sous le museau des citoyens pour leur faire comprendre qu’en dehors des appareils, rien ne peut se faire. Comme s’il fallait forcément l’aval des associations, des partis ou même d’une pseudo-élite, fut-elle blogueuse, pour entreprendre quelque-chose dans ce pays !

De plus, l’argumentation développée est, en tous cas à mes yeux, spécieuse et digne de ces tiédeux que je dénonçais il y a encore quelques jours ici-même.

Alors comme ça, il conviendrait de « respecter la légitimité des urnes » ? Mon cul oui !
Sous prétexte qu’une majorité de crétins décérébrés a, un jour funeste de 2007, porté au pouvoir ce psychopathe dangereux, il faudrait s’abstenir pendant la durée de son mandat de le critiquer ?
Mais on vit où là ? C’est quoi cette mentalité de pétochards ? Je rappellerais à ces personnes que le propre de l’opposition c’est encore de s’opposer. Et ce n’est pas en restant dans une réserve bien-pensante que l’on s’oppose efficacement. Sarkozy et sa clique compte justement sur cette réserve pour arriver à ses fins, et il faudrait peut-être que ces messieurs-dames bien propres sur eux arrivent à se mettre ça dans le crâne !

Ensuite, le reproche qui est fait au No Sarkozy Day, c’est de s’en prendre nominativement au président de la république et non à sa politique.
Voilà encore cette bien-pensance écœurante qui arrive, par je ne sais qu’elle circonvolution cérébrale, à détacher les idées de la personne qui les met en œuvre. Comme si ce n’était pas Nicolas Sarkozy qui mettait à mal notre société, mais seulement ses idées…
C’est avoir là une conception bien particulière du combat politique, ou du moins bien particulière de la nature humaine.

Vous vous doutez bien que je ne peux en aucun cas soutenir mes confrères blogueurs sur ce coup-là. Donc, à mon tour, je tiens à me démarquer totalement de cet immobilisme bon teint qui ne sert qu’à une seule chose, conforter Sarkozy et sa politique.
On nous reproche souvent, à nous les gauchistes purs et durs, de passer notre temps à critiquer sans proposer… A cet argument bateau je répondrais que critiquer sans proposer c’est déjà critiquer, et que cela vaut toujours mieux que ne rien faire du tout !

C’est avec ce genre de considération « respectueuses » que le Mal avance. La seule solution est de le combattre, par tous les moyens et sur tous les terrains.

Pour terminer je voudrais revenir sur cette image employée par ce ramassis de pétochards… Celle de la boite de Pandore.
Quelque chose me dit que dans leur esprit, permettre ce genre de manifestation c’est prendre le risque de la subir à son tour, si par chance le vent venait à tourner en 2012… Bien étrange conception de la démocratie n’est-il pas ?

A noter d’autres voix aussi discordantes que la mienne, chez l’ami Rimbus et le fier Gauche de Combat. (Quand-même ! On n’est pas tous des carpettes !)

dimanche 3 janvier 2010

La photo de la semaine


Ne nous laissons pas emmerder !

samedi 2 janvier 2010

Mon Crédo

Pour entamer cette nouvelle année 2010, je me disais comme ça, qu’il serait peut-être judicieux que je revienne sur ce qui fait quand même le pain quotidien de ce blog, à savoir les indignations, les interrogations et les positions du taulier.
C’est vrai quoi, cela va faire maintenant vingt mois que je m’échine à vous parler de politique, et vous seriez peut-être intéressé de savoir où je me situe exactement sur notre échiquier hexagonal…
Mais peut-être devrais-je commencer par le commencement et vous raconter pourquoi j’ai envie de vous parler de ça ce matin. Ok, on va faire ça.

Alors donc, voilà. Hier, je suis allé jeter un œil chez mon confrère Humeurs de Gauche, et je suis tombé sur ses vœux. Des vœux un peu particuliers puisqu’au lieu de souhaiter de bonnes choses à ceux qu’il aime, il a préféré en souhaiter de mauvaises à ceux qu’il n’aime pas.
Perso, je trouve la démarche intéressante, tout à fait en adéquation avec son auteur puisqu’elle se situe dans la résistance et la lutte. D’ailleurs, sont pseudo c’est Gauche de Combat, ce qui dit bien ce que cela veut dire…
Je dis « démarche intéressante », mais en fait c’est plus que ça, car son article m’a franchement fait marrer. Et ce qui m’a fait surtout rigoler, c’est de constater que parmi les cibles honnies de ses vœux il y avait notamment un blogueur dit de gauche. Marc Vasseur pour ne pas le nommer. Et aussitôt, que ce passe t’il ? Une partie de la blogosphère lui tombe alors sur le râble pour lui reprocher de taper sur un collègue ! Et pas n’importe qui, des pointures ! Des gens connus et respectés dans le milieu !
Et c’est donc face à cette volée de bois vert que m’est venue l’idée du présent billet…

De plus en plus de personnes viennent me visiter et je les en remercie. Cependant, je n’ai vraiment pas envie qu’il m’arrive la même chose qu’à GdC, c'est-à-dire que l’on vienne me reprocher mes positions politiques sous prétexte que parce qu’on est de gauche on doit forcément être d’accord avec tout ce qui se dit à gauche.

Alors soyez avertis, lectrices et lecteurs, que vous êtes ici sur un blog que la terminologie classique qualifierait d’extrême-gauche. A gauche de la gauche si l’on veut employer une expression plus contemporaine.

Vous l’aurez sans doute remarqué, le centre de gravité de notre paysage politique national s’est, depuis quelques années, sérieusement déplacé sur la droite. C’est un fait. Ainsi, par exemple les socialistes en sont venus à embrasser des deux bras le libéralisme, maquillant le tout sous l’appellation grotesque de sociale-démocratie.
En ce qui me concerne, même si le curseur de la balance a bougé, moi pas. Les méchants sont toujours situés à ma droite, et c’est donc avec tristesse que j’ai vu certains partis politiques glisser irrésistiblement de ce côté-là de mon idéologie personnelle.

Ainsi, ne vous étonnez pas si vous me voyez taper à bras raccourcis avec le même enthousiasme sur Ségolène Royal, Cécile Duflot ou Nicolas Sarkozy. Même si j’arrive quand même à faire la différence entre les trois, ils se situent en ce qui me concerne du mauvais côté de ma ligne de tir.
Car oui braves gens, je sais faire la différence entre l’UMP, le PS et les Verts ! Il y d’un côté le pire, et de l’autre les moins pires… Le seul point commun que je leur accorderais et d’être tous les trois non-conformes avec ce que j’aimerais que notre société devienne.
Donc, ne me dites pas que je fais l’amalgame UMPS, comme je me le suis fait reprocher il y a peu de temps, je sais très bien faire la différence entre les épinards, les endives et les blettes. L’important étant qu’il n’y en est pas dans ma cuisine.

Donc je résume, vous êtes ici sur un blog d’extrême-gauche assumée et non encartée. Je précise bien « non encartée » car c’est important. Tout au long de cette année vous me verrez m’en prendre aussi bien aux sinistres fachos qui nous gouvernent qu’aux tiédeux de la gauche bon teint. Je hais littéralement ce qui ressemble de près ou de loin à une religion. Je trouve que la CGT est un ramassis de vendus au grand capital. Je cautionne la violence comme moyen d’expression politique. Et je déteste les épinards, les endives et les blettes.

Suis-je bien clair ?
Bien, tant mieux… Mais bon, ne vous inquiétez pas, en dehors de ça je suis un type hyper sympa, sensible et relativement cultivé et vous allez voir qu’on va bien se marrer pendant cette année !

Allez ! Passez un bon weekend !

jeudi 31 décembre 2009

Des mercis plutôt que des vœux

Bon, je vous le dis comme je le pense, je n’ai pas l’intention de trop m’attarder sur cet ultime billet de l’année 2009. Non-pas qu’il n’y aurait pas grand-chose à dire sur cette année qui vient de s’écouler, loin de là, mais disons que j’ai en ce jour une bonne grosse flemme des familles.

Néanmoins, j’ai quand même une petite chose qui me trotte dans la tête, et si vous avez cinq minutes j’aimerais bien vous en toucher deux mots.

Depuis quelques jours je réfléchis sur cette tradition qui consiste à chaque fin de cycle solaire de souhaiter le meilleur aux autres ainsi qu’à soi-même…
Bon, je sais, si vous lisez mon billet de l’année dernière écrit en ce même jour, vous vous apercevrez que je me la posais déjà cette question… A croire que je n’ai pas trouvé de réponse puisque cela recommence. Mais bon, le fait est que les us nous imposent de faire des vœux.

Des vœux… Voilà bien un truc qui n’a aucun sens. C’est vrai quoi… Pour faire des vœux il faudrait pour le moins que l’on soit persuadé que les choses peuvent nous tomber comme ça, toutes crues, dans la bouche… Et pour que cela arrive, il n’y a pas à tortiller, il faudrait qu’une instance supérieure, capable de maitriser les lois de la probabilité, existe.
Et ça, vous savez bien que c’est une hypothèse que je me refuse à envisager. Donc, en toute logique, et jusqu’à preuve du contraire, le fait de prononcer à voix haute ou par écrit une espérance quelconque, ne présume en rien de l’augmentation de la probabilité qu’elle se produise.
Non, franchement, cela n’est pas très sérieux comme tradition… Quitte à absolument effectuer un geste symbolique, je me dis que cela serait peut-être plus profitable à tous de faire l’inverse. C'est-à-dire qu’au lieu de porter toute son énergie vers un avenir hypothétique qui sera forcément déçu pour la plupart d’entre nous, je me dis qu’on pourrait par exemple, c’est juste un exemple, se focaliser sur les bonnes choses qui nous sont arrivées pendant la période écoulée. Non ? Vous ne croyez pas que ce serait bien plus utile ?

Moi j’crois bien… Cela nous remonterait le moral, et permettrait de souder les gens à partir de choses réelles, vécues ensemble. A mon sens ce serait un ferment bien plus porteur d’espoir que le simple fait d’espérer en une intervention divine ou en je ne sais qu’elle donne favorable des cartes de nos vies…
En ces temps où l’on se pose plein de question sur l’avenir de notre planète, aussi bien en termes écologiques, économiques ou politiques, je pense qu’il serait bien qu’on apprenne à se contenter de ce qu’on a déjà, plutôt que d’espérer en avoir plus…

Aussi, cette année je vais essayer de me conformer à ce que je viens de vous dire et simplement remercier les êtres humains qui, par leur présence, leurs paroles, leurs pensées même, ont jalonné ma vie durant cette année. Merci les gars, merci les filles. Vous m’avez apporté plein de choses, et ça c’est bien. C’est bien parce que grâce à vous j’ai le sentiment d’être une personne meilleure que celle que j’étais l’année dernière.

Alors bien sûr je ne vais pas citer ces personnes nommément… D’abord je crois qu’elles se reconnaitront d’elles-mêmes, et puis je me dis que si j’en oublie, certaines risquent d’en être froissées… Donc, on va rester dans le flou global et artistique, mais sachez toutefois qu’elles sont nombreuses et présentes pour la plupart tout au long des lignes de ce blog.

Or donc, chers amies et amis, je vais vous laisser ainsi pour cette année. En n’oubliant pas cependant de vous embrasser très fort toutes et tous…

Et à l’année prochaine !