Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


dimanche 7 juin 2009

Bluette incantatoire à vocation citoyenne

-« Bon les enfants ! Un peu de silence s’il vous plait ! Aujourd’hui, c’est dimanche, alors je ne vais pas vous prendre la tête trop longtemps… A l’heure où je vous parle…

Oui Philippe ? Comment ? Je parle pas, j’écris ? Très drôle !

Je vois qu’il y en a toujours un qui veut faire le malin… Je te signale que s’il y a des galons de sergent après une barre et au début d’un texte en italique, ça veut dire que ceux-ci introduisent un dialogue, tête de troll ! Donc, je parle. C’est compris ? Bien…

Donc, je vous disais, avant d’être interrompu par notre trublion des Cévennes, je ne serais pas long…
Aujourd’hui je sais que vous avez une journée chargée en occupations diverses, sociales, ludiques, jardinatoires et autres.
Il y a, bien sûr, la finale de Roland-Garros que vous ne raterez surement pas. D’après le site de Météo France que j’ai consulté ce matin, il devrait pleuvoir sur une bonne partie de la France, donc j’imagine que vous allez préférer rester tranquillement à la maison. De plus, j’ai entendu également dire que c’était la Fête des Mères aujourd’hui… Donc, j’imagine que certains d’entre vous auront quelques devoirs familiaux à remplir…

Cependant ! Cependant… Je suis sûr que malgré ce dimanche chargé, vous allez quand même arriver à prendre quelques minutes pour vous rendre au bureau de vote de votre circonscription.
Je vous rappelle ce que me disait ma mère, voter est un droit, mais c’est également un devoir. En plus c'est marqué sur la carte…

Quoi ? Non Monique, ça n’a rien à voir avec les devoirs d’écoles…
Un devoir, c’est quand… (Tu m’prends la tête là !) Une devoir c’est quand tu es obligée de faire quelque-chose que t’as pas forcément envie de faire, non pas parce que quelqu’un te l’ordonne, mais parce que c’est ta conscience qui te le dicte… Tu comprends ? Bon !

Donc je disais qu’il ne faut pas que vous oubliez d’aller voter quelque soit le planning chargé de votre journée ! C’est compris ?
Les bureaux de votes seront ouvert dès 08H00, et fermeront à 18H00, voir 20H00 dans les grandes villes…

Allez mes petits, je vous souhaite une bonne journée. Un bon dimanche, une bonne fête des Mères, et je compte sur vous pour faire mentir les sondages !

On se retrouve demain pour parler des résultats ! »

-« Donc, tu vois Philippe, j’ai remis les galons de sergents dans l’autre sens, ça veut dire que j’ai fini d’introduire un dialogue dans mon texte… Tu as compris maintenant ? C’est sûr ? Bien…. Allez, zou ! Va faire un tour dans ton jardin et n’oublis pas que ce n’est pas la peine d’arroser, il va pleuvoir… »

samedi 6 juin 2009

Home dirty Home...

Comme l’a subodoré notre ami Pseudo, bien évidemment je ne pouvais pas ne pas vous parler du film HOME. Ben oui, un truc comme ça, sortie planétaire, full HD et tout et tout… Je me sens un peu obligé quand même !

Le problème, car il y a un problème, c’est que ce matin je me sens, comment dirais-je… Dubitatif. Oui, c’est ça, dubitatif.

Mais comment donc ? Voyons Gwendal ! Toi, un militant écolo de la première heure ! Tu devrais être ravi qu’enfin un tel film existe ! Tu devrais sauter de joie à l’idée que quelqu’un fasse quelque-chose pour qu’enfin les consciences se réveillent !
Oui… Bien sûr… Sauf que j’ai cette impression désagréable d’être un chouya manipulé quelque-part…

Le fait est qu’avant même de passer ma soirée à regarder HOME, je me posais déjà quelques questions gênantes.
Tout d’abord cette sortie mondiale qui tombe comme de par hasard deux jours avant les élections européennes… Bon, d’accord, il s’agit là peut-être, en effet, d’une coïncidence. La sortie du film est planétaire et il se pourrait bien que celle-ci coïncide avec pas mal d’autres élections de par le monde.
Ensuite, HOME est produit par Luc Besson et son groupe Europa. Perso, je me méfie de ce type. Son zèle à défendre la loi Hadopi pour le bonheur des grandes Majors, ainsi que sa vision hautement libérale de son art me le rendent suspect.
Enfin, la première chose qui m’a sauté aux yeux lorsque j’ai commencé à regarder Home, ce sont les noms délicatement policés de plusieures grandes marques de luxe s’imbriquant les unes dans les autres pour former le titre, HOME.
Je ne sais pas vous, mais moi je trouve ça bizarre. Depuis l’émission Ushuaia sponsorisé par Rhône Poulenc, je trouve hautement suspect toutes démarches de sponsoring menées par des groupes dont l’écologie est apparemment le cadet de leurs soucis. Je considère que c’est de la publicité à bon compte, pour ne pas dire à bonne conscience, et je trouve ça carrément obscène. A ce propos, je vous conseille la lecture de cet article, où l’on en apprend un peu plus sur l’implication du groupe PPR dans le financement du film et de BNP-Paribas dans l’association qui va avec.

Bref, vous conviendrez avec moi que cela représente un bon gros faisceau de présomptions douteuses. (Non ?)

Mais bon, faisant fi de mes réticences je me suis quand même installé sur mon canapé pour regarder le film.
Entendons-nous bien : Ce film est magnifique, et les problèmes qu’il dénonce sont réels et urgents. La cause est belle, la cause est juste et comme le dit si bien Yann Arthus-Bertrand « il est trop tard pour être pessimiste ». On est tous d’accord, notre planète est en train de crever à cause de nous et de nos comportements imbéciles. Nous sommes en train de creuser notre propre tombe avec nos dents et c’est la gueule pleine de terre que nous sourions aux animaux et aux plantes que nous enterrons avec nous…
Seulement, je ne sais pas vous, mais moi pendant 95% du film je n’ai pas arrêté de me dire : « On est foutu », « On n’a plus qu’à se tirer une balle ça ira plus vite » ou encore « Dieu merci je n’ai pas d’enfants… ».
Car, et pour moi c’est une évidence, si l’on veut arrêter ce processus d’autodestruction, il n’y a pas trente-six moyen : Il faut repenser entièrement notre société à l’échelle mondiale. Autant dire que nous devons arrêter tout, maintenant, et commencer à vivre d’une manière différente, respectueuse du peu de nature qu’il nous reste… En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard.
Et là, je me dis que ce n’est pas gagné.

Ce n’est pas gagné car d’une part comme nous l’avons vu plus haut, ce sont ceux-là même qui nous ont mis le nez dans la bouse qui prétendent vouloir nous en sortir. Hypothèse hautement improbable, puisque cette catastrophe annoncée est la conséquence d’un système auquel ils participent. Sauver la planète reviendrait à remettre en cause leurs bénéfices, et je vois mal ces messieurs se tirer eux-mêmes une balle dans le pied.
D’autre part, les actions entreprises pour retarder l’échéance fatale sont menées à coup de réformes sporadiques difficiles à arracher aux uns et aux autres. Et je suis désolé de le dire, mais au point où nous en sommes, ce n’est plus de réformes dont nous avons besoin, c’est d’une révolution. Une révolution écologique.

Ou alors, d’une bonne pandémie, histoire de remettre les compteurs à zéro. A moins que vous ne préféreriez une bonne météorite ? Au point où nous en somme, on devrait avoir le droit de choisir… Non ? En tous cas, s’il y a bien une chose dont je suis sûr, ce n’est pas en conservant ce système que les choses changeront.
Les belles images filmées par Yann Arthus-Bertrand, si elles ne servent pas à motiver les consciences pour mettre à bas les raisons directes de la destruction de notre environnement, ne serviront alors qu’à nous rappeler à quoi ressemblait notre terre, et ce que nous en avons fait…

Et là, je vous garantis qu’il sera bien trop tard pour pleurer.


vendredi 5 juin 2009

Tohubohuesque !



















Bouhhhhh… !!! J’ai la tête comme un ballon moi ! Un peu comme si j’avais abusé de quelques substances, illicites ou pas, à l’insu de mon plein gré. Mais bon, comme ce n’est pas le cas (je suis sobre comme un chameau), je dois bien me rendre à l’évidence que si j’ai abusé de quelque-chose, ce doit être de débat sur les élections européennes…


Ouais, ça doit être ça… Faut dire aussi que je me le suis tapé deux fois. Ben oui, je sais… Vous allez me dire que c'est trop, mais que voulez-vous, quand on aime la politique (car je l’aime oui !), a priori on ne compte pas…

Alors, mes petits amis, je ne vais pas essayer de vous raconter le débat, ou les débats si vous préférez, parce que d’une part ce serait bien trop long, et d’autre part d’autres le feront certainement bien mieux que moi. Je voudrais juste vous dire mon ressenti à l’issu de cette démonstration de pluralité et de démocratie.
Oh, je devine que vous vous dites que je fais ici preuve d’ironie ! Et bien non, je n’ironise pas.
Hier au soir, qu’est-ce que les téléspectateurs ont vu ? Ils ont vu ce qui se passe lorsque vous mettez dans une même pièce neuf personnes qui sont de sensibilités différentes et que vous leur demandez de discuter entre eux de grands sujets de société… Au bout de quelques minutes, il arrive ce qui doit arriver, et qui arriverait quoi qu’il arrive, dans tous les pays du monde et dans toutes les pièces du monde, les gens s’engueulent.

Et ça, j’ai envie de dire que c’est normal. C’est ce que l’on appelle la démocratie, et la démocratie c’est quelque-chose de vivant et de passionnel.

Alors ce matin, ce débat ne fait pas la une des journaux en ligne… C’est le moins que l’on puisse dire. Ceux-ci, que ce soit à droite ou à gauche, préfèrent mettre en avant la continuité dans le pathos avec des débris d’avions qui sont des morceaux de bateaux et des taches de kérosène qui s’avèrent être des résidus de dégazage. Ou bien ils vous causent du discours d’Obama… Obama, ça c’est vendeur ! En tous cas bien plus qu’une cacophonie bien française autour d’élections qui de toute façon, on continu à vous le répéter sans cesse, n’intéressent personne.

Donc, bien après avoir dégouliné dans le compassionnel et encenser la gravure de mode people, les journaux consentent à vous raconter que cette soirée fut un « pugilat indigne »… Et bien moi, je n’ai pas trouvé.
C’est à croire que tous ces journalistes n’ont regardé que la première demi-heure de l’émission et ont zappé ensuite sur autre chose. D’accord, c’était plutôt chaud de temps en temps, pour ne pas dire show, mais dans l’ensemble on a pu voir que la politique c’est quelque-chose de subtil, quelque-chose réel, et que les idées sont aussi vivantes que les personnes qui les expriment.

Un peu plus haut, j’ai dis que ce débat réunissait neuf personnes… Vous avez peut-être tiqué en lisant cela, ou bien vous n’avez par relevé parce que vous n’avez pas vu l’émission. Le fait est que les invités étaient au nombre de huit, et que le débat se devait d’être mené par Arlette Chabot… Mais là, sur le coup, la Chabot s’est montré d’une redoutable inefficacité. A un point tel que, plusieures fois j’ai eu l’impression qu’elle faisait elle-même partie du débat ! C’est fou le nombre de fois ou j’ai crié sur mon canapé : « Ta Gueule Chabot ! ».
Bon, je veux bien reconnaitre que l’exercice est difficile. Gérer huit candidats de tous horizons qui se haïssent cordialement, c’est quelque-chose de pas facile. Mais c’est faisable bordel de merde ! Si hier au soir en éteignant votre télé vous vous êtes couché avec l’impression d’avoir assisté à une cacophonie tohubohuesque, c’est surtout à cause de son incompétence notoire… Voilà ça c’est dit.

Au final, je vous dirais que pour moi les grands vainqueurs de cette soirée furent Daniel Cohn-Bendit et Olivier Besancenot. Et les deux grands perdants furent Bayrou et les intentions de vote… Car, pour l’indécis qui n’y connait pas grand-chose, celui à qui était sensément destiné cette émission, et bien celui-là il est partit en courant c’est sûr !
Ah oui ! J’oubliais : Mention spéciale à Xavier Bertrand qui a su garder son quant-à-soi face à sept pit-bulls qui n’avaient qu’une envie : Lui bouffer les couilles.

Donc, mes amis, si vous ne l’avez pas vu je vous invite chaleureusement à regarder ce débat car il est édifiant. Et je vais même vous dire un truc : Ce matin, après avoir réécouté les arguments des uns et des autres, et bien j’ai décidé de changer mon vote !
Dimanche, le NPA aura une voix de plus ! Merci qui ? Merci Arlette Chabot !

Pour voir ou revoir l’émission, c’est ici : A VOUS DE JUGER !


jeudi 4 juin 2009

Je pétitionne, tu pétitionnes, il pétitionne…


Salut !

Ce n’est pas souvent que je mets en avant une pétition. La dernière fois, si mes souvenirs sont bons, je crois que c’était pour le boycott des JO de Pékin à la télé…
Autant dire que ça remonte aux calendes grecques, ou tout du moins à l’été dernier.

Entre parenthèse, s’il ne fallait retenir qu’une seule avancée sociétale majeure apportée par le net, ce serait peut-être bien celle-ci : La circulation des idées.
Bon, il y a aussi le porno, mais c’est un autre sujet…

Donc, aujourd’hui on est bien obligé de reconnaitre que signer une pétition est bien plus aisé qu’avant. Je me souviens de longues heures passées à poireauter dans la froidure ou sous un cagnard d’enfer à tenter de faire circuler quelques revendications aussi locales que marginales… Ah ! C’était le bon temps !
Oui, c’était le bon temps… En tous cas, même si c’était sympa, il faut bien s’avouer que ça ne marchait pas souvent. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai apposé mon parafe sur une feuille pour ensuite ne plus entendre parler…

Donc, gardons la nostalgie dans un petit coin de notre cœur, et convenons que pour faire passer une idée, une résolution, un engagement, le net ; Il n’y a pas mieux !

Aussi, aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une pétition que notre ami Cazo a eu la bonne idée de porter à mon intention.
Il s’agit de faire en sorte d’inscrire la notion même de Service Public au cœur même de notre Constitution. En voici le libellé :


La Charte des services publics

Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution

Le peuple français,
Considérant,
Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;
Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l’homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de la République ;
Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité ;
Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l’existence des services publics ;
Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d’égalité d’accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l’ensemble du territoire national ;
Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l’égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous les individus, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la formation et à l’enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l’économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l’information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l’ensemble du territoire national par des transports fiables et accessibles, à l’accès à l’eau et à l’énergie, à un aménagement responsable et durable des territoires et de l’environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l’accès aux pratiques sportives ;

Proclame :

Art. 1er – Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.

Art. 2 – Toute personne a le droit d’avoir accès aux services publics.

Art. 3 – Il revient à l’Etat d’assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.

Art. 4 – Les principes essentiels des services publics reposent sur l’égal accès de tous les citoyens, l’égal accès sur l’ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.

Art. 5 – La République française reconnaît et garantit les services publics de l’éducation nationale, de la formation, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la santé et de l’hôpital, de la sécurité sociale, de l’emploi, de l’accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l’information et de l’accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l’aménagement des territoires, de l’eau et de l’énergie, de la protection de l’environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives..

Art. 6 – Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.

Art. 7 – La France s’inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne.


Alors, chers amis, je ne sais pas ce que cette déclaration provoque chez vous, mais je peux dire que chez moi, ça sonne plutôt bien. Tout cela me semble frappé au coin du bon sens comme on dit, et ce n’est pas parce que c’est un socialiste qui la propose que je vais fermer les yeux et les esgourdes.

Aussi, si comme moi vous trouvez que cette idée mérite d’être portée, diffusée, encouragée, n’hésiter pas à m’emboiter le pas et signez cette pétition.

L’objectif avoué est d’atteindre les 4 millions de signataires… Avec mes petits clics je viens d’être le 235563ème signataire. Et vous, vous serez le combientième ?

Pour inscrire les services publics dans la Constitution :

samedi 30 mai 2009

Déclaration et revenus

Ce matin, je me suis réveillé avec une impression bizarre. Une de ces impressions du genre à vous prendre la tête jusqu’à ce que vous ayez trouvé ce qui cloche… Vous voyez de quoi je veux parler ?
Bon, je vous rassure, ma prise de tête n’a pas duré très longtemps. En effet, il m’a suffit de consulté mon agenda, pour que les choses me reviennent tout d’un coup. Aujourd’hui, si l’on en croit la petite fenêtre qui s‘ouvre lorsque je promène ma souris dans le coin, en bas à droite, de mon écran, nous sommes le samedi 30 mai 2009.
Ça veut dire que nous sommes le lendemain du 29 et que dans deux jours on sera le 1er juin… « Oui, et alors ? » Me direz-vous.

Et alors, bande d’impatients, ça veut dire que pour la première fois de ma vie j’ai oublié d’envoyer ma déclaration de revenu. C’est ça que ça veut dire. La date limite d’envoi c’était hier, et bien que j’y ai pensé en filigrane pendant la journée, j’ai eu la grosse flemme de sortir de chez moi pour acheter un timbre et poster cette fichue déclaration. Déclaration qui, je le précise pour ceux qui douteraient de ma conscience citoyenne, était pourtant remplie depuis plusieures semaines !
Mais bon, ce n’est pas si grave… Et ce, pour deux raisons.

La première est que je vais pouvoir me rabattre sur le net pour le faire, et la seconde c’est que j’ai un peu de mal à imaginer comment l’Etat pourra bien me pénaliser en majorant de 10 % mes impôts sur le revenu, alors que depuis quelques années c’est toujours le même chiffre que j’inscris à l’encre noir : 0,00 €
Zéro, plus 10% de zéro, si mes notions de maths sont bonnes, ça fait toujours zéro.
Mais bon, on ne sait jamais. Ils seraient bien capables d’inventer un truc pas logique rien que pour m’emmerder… Donc il va falloir que je me coltine avec le serveur du gouvernement (www.impots.gouv.fr) dès que possible avant que celui-ci ne soit saturé, et remplir ainsi mon devoir…

Ça c’est ce que j’aurai dû faire hier. Bon, à la limite vous vous en fichez peut-être un peu, et je le comprendrais parfaitement. A moins que vous n’ayez oublié vous aussi de remplir et d’envoyer votre déclaration ! Auquel cas ce petit billet aura au moins eu le mérite de vous servir de pense-bête !

Le deuxième intérêt que recèle le fait d’être le 30 mai c’est que, comme je vous l’ai déjà dit plus haut, dans deux jours nous serons le 1er juin. Et le 1er juin, c’est la date de la mise en place du RSA.
Le RSA, ou Revenu de Solidarité Active, (Zavez vu ? Y zont même inventé un logo !) en ce qui me concerne c’est juste un changement de nom. Ça ne changera rien dans ma vie de tous les jours, sauf qu’on ne pourra plus dire que je suis un érémiste, mais un éréssiste (???). Par contre, d’après ce que proclame haut et fort notre gouvernement, ce nouveau « dispositif » est sensé favoriser le retour à l’emploi…
Bon, je ne vais pas me lancer dans un débinage systématique de cette mesure, ni même rappeler son caractère hautement improbable, je crois que tous mes lecteurs en ont suffisamment conscience. Je préciserai juste que, pour moi, cela permettra peut-être de mettre une petite noisette de beurre dans les épinards de certains, mais en même temps, c’est d’abord aussi et avant tout, une façon de les maintenir durablement dans la précarité en institutionnalisant la notion d’emploi à temps partiels. Ce gouvernement ne fait que transcrire dans les textes et la loi les désidératas du MEDEF, en transformant peu à peu notre société en un vivier de travailleurs usables et corvéables à merci. Mobilisables au premier coup de sifflet, et surtout, c’est le plus important, remerciables sur un deuxième coup de sifflet.
Encore quelques années de ce régime, et bientôt nos enfants auront bien assimilé qu’ils ne sont que des outils jetables, que la notion de métier n’existe plus, et qu’après tout c’est comme ça et on n’y peut rien…

Inutile de vous dire combien ce genre de projet me donne envie de gerber.

En parlant de ça, de l’envie de gerber, je voulais vous parler de la campagne de pub pour le RSA… Vous l’avez vu ? Franchement, si vous avez la télé, vous n’avez pas pu passer à côté, ce n’est pas possible ! Et si vous ne l’avez pas, et bien je vous mets juste après deux exemplaires de cette campagne, histoire que vous vous fassiez une opinion :

Spot TV rSa - Sylviane, assistante à la personne
par RevenudeSolidariteActive




Spot TV rSa - Marc, cariste
par RevenudeSolidariteActive



Je ne sais pas quelles sont vos impressions lorsque vous regardez ces deux spots, mais moi, la première chose que je me dis c’est que ces gens là n’ont vraiment, mais alors vraiment pas l’air d’être heureux ! Non mais vous avez vu leurs tronches ? Vous avez entendu le son pathétiquement tristounet de leurs voix ? On dirait que ces gens sont définitivement résignés de leur sort, et qu’ils sont malgré tout contents parce grâce au gouvernement, c’est moins pire même si ce n’est pas forcément mieux !
Bon, d’accord, lorsque l’on touche le RMI, il serait peut-être incongru de montrer des gens qui sautent de joie à l’idée de travailler plus pour gagner plus. Du genre « Youpi ! J’ai trouvé un boulot payé au smic et avec ça j’arrive à entretenir ma femme et mes deux gosses ! » Personne n’y croirait ! Parce que ce n’est tout simplement pas possible !
Et cette dame qui travaille trois après-midi par semaine… On n’aurait pas pu mettre en avant autre chose que son âge et sa solitude ? Je ne sais pas moi… le fait d’avoir un rôle social important en s’occupant des personnes âgées par exemple !

Lorsque je tombe sur ces publicités, je me demande sérieusement quel message les chantres de la communication élyséenne, ont bien voulu nous faire passer… Franchement, je me pose la question. Peut-être que sur ce coup-là, vous allez pouvoir m’aider, parce que je nage complètement.

Peut-être qu’ils ont absolument voulu faire « vrai » ? Peut-être que c’est pour ça qu’ils ont choisi des « vrais » gens ? (même s’il s’avère qu’au pour au moins l’un d’entre eux, ce soit plutôt un « vrai-faux » gens, comme le révèle cet article de Rue89)

A moins que cette campagne ne s’adresse en priorité aux dépressifs qui ont une carte d’électeur ? Allez savoir ? On ne sait jamais ! Ça pourrait être utile à une semaine des élections !

Allez ! Bon week-end quand même !

vendredi 29 mai 2009

La vieille monture

Hier, notre président Glorieusement Élu, a enfourché son destrier de bataille préféré… C’est son canasson porte-bonheur, celui avec lequel il a remporté moult batailles et qu’il ne sort maintenant que lorsque la situation est grave.

Bon c’est vrai que la bête est âgée et qu’elle a beaucoup servie… Mais malgré cela elle a toujours fière allure.
Sa stature impressionne le populo. Sa cuirasse bien huilée et son baudrier étincelant éblouissent la plèbe. Lorsque le martellement de ses sabots résonne dans les rues de la cité, la populace sait alors que le temps de la peur est venu.
La monture est grande. Très grande. C’est pourquoi, ce fut le servile Darcos qui s’agenouilla dans la rituelle position de la chèvre qui broute et qui servit de marche pied, pour permettre à notre chef de grimper avec grâce sur l’imposante créature.

Notre chef bien Aimé chevaucha alors avec maestria jusqu’au sortir du palais, où l’attendait une foule respectueuse et impatiente. Et c’est donc du haut de la fidèle amie, compagne de bien des luttes, que le chef s’est adressé au peuple…

Oyez ! Oyez bien mon propos ! La chienlit ne doit pas envahir nos écoles ! Aussi, à partir d’hier et jusqu’après ma mort, un ost de guet mécanique veillera aux porte des sanctuaires pour y scruter besaces et oripeaux ! La maréchaussée, assistée par de zélotes pédagogues, interviendra à son gré, en les murs, pour astreindre tous les marmots, boutonneux et autres encapuchonnés à montrer leurs bonnes et saines intentions ! J’ai dis !

Alors, le chef de l’Etat fit faire une magnifique volte à son cheval de bataille, rentra en son palais, et la foule, elle, retourna à son labeur, rassurée par les mots qu’elle venait d’entendre.

Plus tard dans la journée, la rumeur publique fit état qu’un dangereux criminel venait d’être libéré. Faute de preuve. Et là, la population compris alors que ces nouveaux édits, jamais ne seraient dévoyés. Car en effet ; Comment en serait-il autrement de la part d’un roi si généreux et plein de mansuétude ?

Oh, bien sûr on entendit bien quelques cris de-ci-delà… Notamment de la part de malintentionnés séides à la solde de l’étranger. Ceux-là même qui farcissent la tête de vos enfants d’idées subversives. On osa même insinuer que les votations qui ont lieux bientôt auraient, en quelques sortes, provoqué ses événements… Mais cet argument ridicule fut vite balayé, tant les gens savent bien que ces même votations ne les concernent pas.

Donc, les quelques voix discordantes furent vite couvertes par la rumeur satisfaite de la populace innocente. Encore une fois, l’arme ultime que représentait ce célèbre destrier avait fait mouche. Encore une fois, le bon peuple savait que leur leader aimé pensait à lui, veillait sur lui.

Ayons tous une pensée reconnaissante envers ce beau et vieux cheval. Et pour qu’il sache quel respect il nous inspire, crions à gorges déployées son nom !

Insécurité ! Insécurité ! Insécurité!

mardi 26 mai 2009

Je suis un eurosceptique actif !

Bon ! Y’a pas à tortiller, à un moment où à un autre il va bien falloir que je m’y colle… Cela fait quelques semaines que je rumine sur le sujet, je mets de côté des articles, je m’informe, je réfléchis… Et à un moment, il faut bien se retrouver devant son clavier et commencer à rédiger quelque-chose.
Le problème est que le sujet est plutôt vaste et les implications nombreuses. Tellement vaste que cela va faire trois-quatre jours que je sèche sur la façon dont je pourrais l’aborder… Un peu comme un gigantesque pan bagnat qu’on ne saurait par quel bout entamer.

Je veux parler des élections européennes.

Alors, si vous faites partie de cette majorité de français qui s’en tape royalement le coquillard, je me doute que vous allez zapper cet article, mais tant pis, je prends le risque.
Car, si l’on en croit les derniers sondages, 54% des français n’iront (a priori) pas voter ce 7 juin…
Si je vérifie sur la page wiki adéquate, ce peu d’engouement n’est pas quelque-chose de nouveau. Depuis que l’Europe existe en tant qu’entité économique (car pour l’entité politique, c’est une autre histoire comme nous le verrons plus loin…), les français ont tendance à croire que les élections européennes ne les concernent pas, ou si peu. Si l’on écoute les officiels, cela est dû essentiellement à un déficit de communication. Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à croire que c’est parce que les français n’ont pas envie d’entendre cette communication… On aura beau leur dire, et le répéter encore et encore, que la plupart des lois votées chez nous (de 20% à 70% selon les sources) sont des transpositions de ce qui se fait en amont à Bruxelles, il semblerait que cette information rentre par une oreille et ressorte par l’autre aussi sec. Un peu comme si le français croyait encore dur comme fer que son pays est une nation souveraine, libre et indépendante… Car en fait, c’est bien de ça dont-il s’agit : Juste de fierté nationale.

Au début, à l’époque des Schuman et consort, le projet européen avait pour noble but d’éviter de recommencer à se taper sur la gueule. On rêvait éveillé d’une Europe avec un grand E capable d’apporter le bonheur et la paix à tous… Et pour arriver à concrétiser ce rêve, les « pères de l’Europe » décidèrent que le mieux, s’était encore de faire du commerce. Beaucoup de commerce, plein de commerce ! Car, déjà à l’époque, la pensée libérale distillait son crédo comme quoi c’est en rendant riches les pays et les gens, que le bonheur la démocratie s’installent durablement. (Rigolez pas ! Il y croit vraiment !) Et ça tombait bien, parce que cette pensée libérale permettait également de répondre à une autre ambition, bien moins glorieuse et beaucoup plus discrète, qui était de faire barrage aux idées communistes des pays de l’est.

Donc, quoi qu’en disent certains, l’Europe politique existe malgré tout. Et elle s’est construite dans la quasi-indifférence des peuples, selon le modèle capitaliste et libéral par opposition aux pays de l’ex-pacte de Varsovie.

Maintenant la question est : On fait quoi ?
On reste assis, le cul bien au chaud, et on continu de croire qu’il n’existe qu’un seul combat qui vaille la peine, celui à l’échelle locale, ou bien on décide d’ouvrir un deuxième front et on s’attaque à cette hydre ?

Pour ma part, après bien des années d’errance et d’indifférence, j’ai décidé que ça valait la peine que je me déplace et que je donne mon avis. Aussi, le 7 juin, j’irais voter. Et ce, même si je me considère maintenant comme un eurosceptique.

Parce que, je dois vous l’avouer, je n’ai pas toujours été un eurosceptique. Je me souviens très bien que lors du référendum de Maastricht j’ai voté OUI… Je me disais à l’époque, que de toute façon c’était quelque-chose n’inéluctable (j’adore ce mot !) et que plus vite on le faisait mieux cela serait. Un peu comme se faire arracher une dent. Puis j’ai eu ma période de résignation… Pendant des années, j’ai cru (à l’image du PS) que l’on pouvait tout à fait être de gauche tout en acceptant d’être régi par les lois du marché…

Et puis est arrivé le référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe en mai 2005. Je n’ai pas voté pour la simple et bonne raison qu’à l’époque je naviguais au large de la Sardaigne, et ce n’est qu’en rentrant au port que j’ai vu dans la presse italienne que les français avaient dis NON… Par la suite, lorsque j’ai vu comment le gouvernement s’ingéniait à vouloir passer outre la décision du peuple souverain, j’ai été choqué, et j’ai commencé à réviser mon jugement. Après moult réflexions je me suis dit que cette Europe-là, antidémocratique, je n’en voulais pas, et d’ailleurs mon sentiment c’est trouvé renforcé lorsque l’Irlande emboitât le pas à la France.

Depuis lors, j’ai beaucoup réfléchis et j’ai quelque peu affiné mon jugement…

L’Europe est pour moi une utopie. Autant, je respecte et j’adhère moi-même à certaines idées « utopiques », autant je considère que tenter de réunir en un même mélange improbable des conceptions historiquement différentes relève de la gageure. Je ne crois pas qu’il soit possible de fédérer une trentaine de pays alors qu’au sein d’un seul pays c’est déjà si compliqué. Et puis, il y a des différences socioculturelles, religieuses, que la simple volonté ne suffit pas à transcender.

Prenez par exemple notre paysage politique. Croyez-vous que la gauche anglaise est quelque chose à voir avec la notre ? Ou bien, pensez-vous que la droite autrichienne est les mêmes conceptions économiques que la droite tchèque ? Que nenni. Ces entités politiques sont aussi différentes les unes des autres que ne le sont le lait demi-écrémé et… un mojito par exemple. Ça n’a rien à voir.
Et encore, je ne vous parle pas de l’entrée éventuelle de la Turquie, parce que sinon on irait bien trop loin…

A partir de là, je vous avouerais que je me retrouve bien embêté lorsqu’il s’agit de choisir où va aller mon bulletin de vote. Parce que je ne suis pas totalement débile, j’ai bien conscience que je me retrouve face à un paradoxe.
Comment puis-je vouloir m’impliquer dans quelque-chose à laquelle je ne crois pas ?

La réponse à cette question se trouve dans la simplicité. L’Europe actuelle, c’est l’économie libérale d’abord et les gens ensuite. L’Europe actuelle c’est le déni des démocraties au profit des intérêts de quelques industriels et autres financiers. L’Europe actuelle, ce n’est ni plus ni moins que la plus grande escroquerie en bande organisée de la planète !
Donc, je voterais pour ceux qui s’opposent à cet état de fait. Point barre.
Et que l’on ne vienne pas me parler de vote utile ou de je ne sais quel vote sanction. Le combat se situe sur un autre plan que notre simple territoire national. Aussi, voter contre la droite parce qu’on n’est pas content de Sarko n’a donc aucun sens. De même, voter « utile » c'est-à-dire PS, c’est valider l’Europe actuelle… Et puis, je n’oublie pas que j’ai dis ICI que je ne voterais plus jamais pour eux alors…

Alors il ne me reste plus qu’a choisir entre le NPA et Le Front de Gauche.

En fait, mon choix est déjà fait. Mais je ne vous le dirais pas ! Na ! Je vous le laisserais seulement deviner, et ce sera le jeu du jour !