Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


vendredi 12 mars 2010

Quand Sarkozy invente la délégifération

Au commencement était un scrutin régional aux conséquences nationales…

Et oui, souvenez-vous, c’était bel et bien ainsi que le Président Élu envisageait ces élections régionales ! Dans sa grandiose mégalomanie, il voulait y voir une consécration de Son Œuvre. Le plébiscite de la Nation… Mais bon, pas de bol pour lui, son bilan étant tellement désastreux, il s’est vite rendu compte que le peuple ne risquait absolument pas de le consacrer, encore moins de le plébisciter…

Il décida alors de prendre du recul, et déclara l’enjeu strictement local… Ce qui, sur le terrain arrangea pas mal les candidats de la Majorité Présidentielle puisque qu’il leur devenait de plus en plus compliqué de défendre le bilan de leur cher patron.

Mais le Petit Nicolas est d’un naturel teigneux et n’entend pas se voir relégué au second plan. Il lui faut absolument affirmer son leadership auprès de ses propres affidés, à défaut de pouvoir convaincre le reste de la populace… Pour se faire, il décida alors de solliciter l’aide de l’organe officiel du Parti : Le Figaro Magazine, et pour que Sa parole pèse de tout son poids dans la tête des électeurs il fit même en sorte que la Pravda Nationale parût avec vingt-quatre heures d’avance. Histoire de tomber pile poil juste avant la clôture officielle de la campagne électorale.

Certes, la manœuvre est grossière, mais nous savons vous et moi, que le Président Élu, pour habile communiquant qu’il soit ne s’embarrasse pas toujours pour autant de subtilité. Il aime bien quand ça fait splash, le tout étant que le splash en question arrive au bon moment. Alors Que veut nous dire notre Cocu National ? Hein ? Parce qu’un tel article, c’est forcément pour faire passer un message, alors intéressons-nous à ce qu’il nous raconte…

L’annonce principale, celle que tous les médias reprennent en cœur parce qu’on leur a dit que c’était celle-ci qui comptait plus que les autres, c’est que le Président Glorieusement Élu a décidé de faire une pause dans le train des réformes…

AHHHH !!!! Se dit alors le bon peuple… Depuis le temps qu’il l’attendait celle-là ! Enfin !
Sauf que cette pause n’interviendra que durant le second semestre 2011… C'est-à-dire dans un an. D’ici-là, braves gens, il va falloir serrer encore un peu les fesses, parce que le Président il a encore deux trois suppositoires à vous administrer !

La réforme des retraites tout d’abords… Celle-là, il ne faut pas la louper. C’est Son Grand Chantier. Et puis il y a la réforme de la Justice qu’il compte bien mener à son terme… Ou encore celle sur la dépendance… Et puis après, promis, il fera une pause « pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, délégiférer »

Alors là… J’ai eu beau chercher dans tous les dictionnaires inimaginables, je vous avoue que je n’ai pas trouvé une seule définition de ce néologisme… « Délégiférer »….
Stricto sensu lorsque l’on appose le préfixe dé (ou dis) à un verbe, cela marque la négation, la privation ou la séparation d’avec ce verbe. Exemple : Démonter, c’est le contraire de monter.
Est-ce à dire que le Parlement aura l’occasion de défaire tout ce qui a été fait depuis 2007 ? J’en doute.

Si vous avez une explication quant au sens de ce mot, sachez que je suis preneur ! Parce que là… Avec mon peu d’érudition en la matière, je sèche complètement.

Donc en clair, le message présidentiel est le suivant : Bon les gens, calmez-vous c’est bientôt fini. Encore un truc ou deux et après je vous laisse tranquille. Promis ! Comme ça vous pourrez revotez pour moi dans deux ans ! Et puis même vous allez voir que je ne suis pas un chien puisque je vais même m’accorder du temps pour « délégiférer »…

C’est clair qu’avec la mémoire de poisson rouge qui caractérise la plupart des électeurs de base, ce genre de message a ses chances. Mais de là à influencer le vote de dimanche, j’ai comme un gros doute…

jeudi 11 mars 2010

La théorie contradictoire des corps

A trois jours du premier tour des élections régionales, on apprend avec étonnement qu’il existe un corps, jusqu’alors inconnu au bataillon des corps, et que le spécialiste en paléontologie des corps, l’éminent Gérard Longuet (découvreur de corps de son état), a baptisé : Le Corps Français Traditionnel.

Selon Gérard Longuet donc, le Corps Français Traditionnel (à écrire et prononcer obligatoirement avec des majuscules) est un corps qui servirait de vivier à toute une série de grandes institutions républicaines. Ledit corps serait composé de vieilles souches françaises, c'est-à-dire forcément blanches et chrétiennes. Ces souches seraient génétiquement programmées pour gérer au mieux les intérêts de la nation, au même titre que l’éthiopien est génétiquement programmé pour la course de fond et le chinois pour courber l’échine.
A fortiori, ce Corps se révèle être particulièrement indiqué lorsqu’il s’agit de symboliser l’ouverture vers les autres et la lutte contre toutes les formes de discrimination, qui sont, comme chacun sait, les qualités Traditionnelles de notre pays.

Vous y voyez une contradiction ? Que nenni mes bons amis, tout cela est parfaitement logique si l’on observe les choses du point de vue de cet ancien (?) militant d’extrême droite et présentement président du groupe UMP au Sénat qu’est Gérard Longuet.

Alors que le grand public découvre avec stupéfaction l’existence de ce nouveau Corps, il en est un autre (peut-être aussi ancien) qui fait parler du lui, mais plutôt en mal… C’est celui des pompiers.
Grace à la sagacité du député varois Georges Ginesta (c’est le député du Coucou !) on apprend que nos pimpons sont des personnels sous-employés et peu productifs.

En clair, ce ne sont que des branleurs.

En effet, d’après ce que j’ai lu chez Slovar, ces braves petits soldats au capital sympathie indéniable, passeraient beaucoup de trop de temps à se dorer la pilule à la caserne ou à s’entrainer, et pas assez à sauver la vie des gens ou à protéger leurs biens.

Oui, vous avez bien lu. Pour bien faire (des économies), si les pompiers exerçaient suffisamment leur métier, ils n'auraient pas besoin d'entraînement… et on pourrait ainsi fermer des centres de formation.

Là encore, je devine que les esprits chagrins que vous êtes vont encore une fois me dire qu’il y a comme une contradiction dans le propos… Et là encore (excusez-moi !), je suis bien obligé de vous dire que non ! Tout est logique si l’on observe les faits avec le regard d’un type qui se prononça pour le rétablissement de la peine de mort en 2004

Comme vous pouvez le voir, la théorie des corps c’est quelque chose de compliqué. Pour arriver à la comprendre il faut se mettre dans la tête d’un umpiste, ce qui pour le commun des mortels relève parfois de la gageure. L’important étant, je pense, d’assimiler la contradiction, de vivre la contradiction. Il faut être la contradiction.

Parce que sinon, vous ne pouvez pas comprendre…

mardi 9 mars 2010

Les ministres de l’éducation se suivent et se ressemblent, dans la bêtise…

Et allez ! Les ministres de l’éducation se suivent et se ressemblent, en tous cas dans l’incompétence et la démagogie.
Ce matin, alors que je m’apprêtais à m’écrire un mot d’excuse à moi-même pour me dispenser de publication (ben oui, j’avais pas d’idées !), je suis tomber sur cet article du Parisien.
Enfin non, c’est pas vrai. C’est sur I-Télé que j’ai entendu parler de l’article du Parisien… Mais bon, le résultat est le même pour vous.

Or donc, Luc Chatel le présent ministre de l’Education Nationale décide au lendemain des vacances scolaires d’hiver et une semaine avant le premier tour des Régionales, de se saisir d’un problème toujours porteur auprès de l’électorat réactionnaire, à savoir le remplacement des professeurs absents.

D’après lui, « seuls 19 % des courtes absences en collège ou lycée sont effectivement remplacées », et le journaliste du Parisien d’ajouter : « Il devenait aussi urgent de calmer des tensions de plus en plus brûlantes chez les parents d’élèves. »

A cet effet donc, aujourd’hui c’est convocation des recteurs de tout le pays pour un petit recadrage maison et la proposition de solutions toutes faites pour pallier à cette peste endémique qu’est l’absentéisme chez les profs.

Car il bien entendu que non contents d’instiller des concepts complètement débiles et surannés dans les têtes blondes de nos gamins, ces crypto-gauchistes sont aussi des feignasses de première. Tout citoyen français qui paye ses impôts et dont les enfants portent des prénoms français, et ne portent pas de capuches, le sait bien : L’enseignant de base est un fonctionnaire, et les fonctionnaires sont la lie de l’humanité, source de tous les maux.

Donc, pour pallier disais-je à cet absentéisme récurant, Luc Chatel propose de fournir des renforts aux académies en battant le ban et l’arrière ban de la profession, et en rappelant sous les drapeaux les vétérans et les bleu-bites.
An clair, ce ne seront plus des profs remplaçants qui remplacerons des profs, mais des profs retraités ou en formation, et avec ce supplément d’effectif, il faudrait bien voir si on n’arrive pas à les mettre au pas ces cons de profs !

Bien, on va peut-être arrêter l’ironie grinçante et essayer de comprendre ce que cette annonce à réellement de stupide… Si je comprends bien, les chefs d’établissement seront autorisés à faire appel à des professeurs « fraichement » retraités pour remplacé un collègue malade, ou alors à un enseignant étudiant pas encore sorti del’IUFM. C’est bien ça que ça veut dire.
De même, il serait question d’élargir le champ d’intervention des ces remplaçants. A savoir que le prof qui remplace peut être amené à le faire dans une ville plus ou moins éloignées de son domicile, voire même dans l’académie d’à-côté…

Euh… Attendez là… C’est ça la politique de ces cons de libéraux ? On supprime des postes (27 000 en deux ans) d’enseignants qualifiés, et après on s’étonne qu’on est du mal à les remplacer ? Et la seule solution que ces toujours cons de libéraux trouvent, c’est de boucher les trous avec des vieux fatigués et des étudiants inexpérimentés ?

Il se fout de qui le Chatel ?

Et puis (questions cons elles aussi, excusez-moi), ils vont être payés comment ces gens-là ? Tarif normal ou bien incitatifs ? Les frais de déplacements sont pris en compte ? Les jeunes seront à salaire plein ou bien payer avec des queues de cerises ? Et tout ce beau monde, il va le trouver comment ? Se seront des volontaires ou bien seront-ils nommés ?

Bref, pour moi cette mesure, s’ils arrivent à la mettre en place, me parait complètement débile.
La casse systématique de nos institutions publiques, et plus particulièrement la plus belle d’entre elles, l’Education nationale, commence à se faire sentir, et même l’électorat sarkozyste que représentent certaines fédérations de parents d’élèves ne peut le nier.
Pour apaiser cette « tension brulante », comme le dit le Parisien, le gouvernement ressort les plans d’urgence construit avec des bouts de ficelle et inaugure même la notion de précarité dans la profession d’enseignant.

Demain, si nous laissons faire, nous verront fleurir des agences d’intérim spécialisées dans le recrutement des profs. Des Manpower de l’Education, recrutant leurs intervenants parmi les débutants morts de faim et les retraités aux aboies, et les payant avec des lance-pierres…

Et après on s’étonne que les écoles privées aient la côte en ce moment…
Oh mais j’suis con... ! C’est le but !

lundi 8 mars 2010

C’est encore la journée de la femme…

Il parait qu’aujourd’hui c’est la journée internationale de la femme… Ouais-ouais-ouais… C’est cela ouiiii…
Je vois le tableau d’ici : Partout dans les journaux, à la télé, ces dames vont se répandre en un flot ininterrompu de récriminations en tout genre sur la façon dont notre société les traites. Genre, on n’est pas respectées, on n’est pas ceci, on n’est pas cela… En plus il parait aussi que c’est la centième, j’imagine donc que cette fois-ci on va frôler l’overdose… Et tout ça pourquoi ? Parce que les hasards de la génétique les auraient soi-disant lésées ?

Franchement voilà bien une journée inutile. Autant je comprends que l’on institue une journée particulière pour un sujet rare, important. Une espèce en danger, une maladie orpheline, des trucs comme ça… Mais les femmes ? Elles représentent plus de la moitié de l’humanité, vous croyez vraiment qu’elles aient encore besoin de se faire de la pub !

C’est toute l’année que les femmes sont au centre de nos vies, à nous mener par le bout de la bite, et il faudrait encore qu’on leur dédie une journée rien qu’à elles ?
Faudrait voir à pas trop pousser quand-même…

C’est vrai quoi, déjà que dans la vie de tous les jours il faut être sympa avec elles, leur ouvrir les portes, leur porter leurs affaires, marcher dans le caniveau, changer les ampoules, bref faire leurs quatre volontés sous prétexte qu’elles sont moins fortes que nous physiquement, ou bien parce qu’elles « enfantent », il faudrait en plus qu’on accepte qu’elles nous la jouent martyres et compagnie pendant toute une journée ? Non, moi je dis non ! Trop, c’est trop.

En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est toute l’année qu’elles râlent en fait… Si-si ! On dirait qu’elles ne savent faire que ça : Râler. Et nous les hommes, comme les abrutis que nous sommes, nous supportons leurs jérémiades. Nous jouons leur jeu à fond en compatissant, en allant même jusqu’à prendre leur parti en toute occasion !
Ce n’est pas la journée de la femme qu’il faudrait l’appeler, c’est la journée de la femme encore plus chiante que d’habitude. La JFEPCH !

En fait ce qu’il faudrait instituer, c’est une journée internationale de la femme qui fait chier personne… Ah oui ça serait bien ça… Une journée sympa, silencieuse, reposante. Une journée où ces dames arrêteraient de nous casser les bonbons… Rien qu’une journée, ce n’est pourtant pas la lune que je demande !

Alors ? Qui est avec moi pour lancer une pétition dans le but de créer la Journée de la femme qui fait chier personne ? Hein ?

Personne ?

Bon ben… Allez les filles, lâchez-vous… De toute façon depuis cent ans que ça dure, vous avez l’habitude maintenant !

dimanche 7 mars 2010

Et si on allait voir Turner ?

Vous savez où j’aimerais bien aller un dimanche comme celui-ci ? J’aimerais bien aller au musée… Et pas n’importe quel musée, j’aimerais aller voir l’exposition Turner au Grand Palais.

Pourquoi Turner et pourquoi au Grand Palais me direz-vous, et bien tout simplement parce que j’y suis déjà allé…

Bon, je vais vous raconter l’histoire depuis le début, comme ça vous comprendrez mieux :

Lorsque j’étais adolescent, je crois que j’avais 15 ans dans ces eaux là, j’ai fait un court séjour chez ma marraine Josiane qui habite en périphérie de la capitale.
Bon, comme vous le savez (ou pas) la famille et moi ça fait deux. Qu’elle soit proche, éloignée ou rapportée, on va dire que j’ai un peu de mal avec le concept… Mais il n’empêche que même si je n’ai jamais été un bon filleul, il me faut bien reconnaitre que Josiane a toujours été une super-marraine.
Ma marraine était directrice d’école… Et je ne sais pas si elle avait deviné dans quel désert culturel je vivais à l’époque, mais elle avait pris l’habitude de m’offrir des bouquins pour mes anniversaires. Des bouquins sur tout et n’importe quoi, des romans, des livres sur l’histoire, la science… Bref, pendant toute ma jeunesse j’attendais avec impatience le facteur et chaque année je recevais ses livres comme le désert reçoit la pluie.
Ma marraine c’était ma bouffée culturelle à moi.
Et puis une année je suis allé passer quelques jours chez elle, et là j’ai eu droit à la totale. Le Louvre, et une exposition sur Joseph Mallord William Turner au Grand Palais.

Ce fut une véritable révélation. J’ai découvert non seulement la peinture en général, mais aussi ce peintre merveilleux, visionnaire qu’était Turner... En plus ma marraine était un guide formidable : Elle m’expliquait tout ce que je ne comprenais pas, elle me transmettait à la fois son savoir mais aussi son amour de l’art… Et moi j’ouvrais grand mes yeux et mes oreilles pour ne pas en perdre une miette.

Un souvenir plus marquant que les autres me revient en mémoire… J’étais devant une grande toile qui s’appelle Hannibal et son armée traversant les Alpes (ci-contre). Dans le coin inférieur droit on devine une espèce de cohue nébuleuse où rien ne semble ressortir… Et bien moi, jeune puceau, j’étais là planté devant le tableau, mon nez quasiment sur la toile et je tentais vainement de déchiffrer ce que pouvait bien être ces taches informes, lorsque Josiane me demanda de reculer… Ce que je fis.
Et alors que je faisais quelques pas en arrière sans cesser de fixer la toile, le miracle se produisit. Peu à peu, au fur et à mesure de mon éloignement, des silhouettes commencèrent à se préciser… Je reculais encore, et à ma stupéfaction ces silhouettes se transformèrent… en éléphants ! C’était les éléphants d’Hannibal !
C’était merveilleux. Rien qu’en me remémorant l’instant je ressens encore ce frisson qui me parcouru l’échine… C’était une révélation, de la pure magie.

Et bien croyez-le ou non, depuis ce jour j’essaye de prendre autant qu’il est possible du recul sur les choses. Je ne dis pas que j’y arrive à tous les coups, mais j’essaye. Et ça c’est grâce à Turner… Et à ma marraine Josiane.

D’autres toiles m’ont également impressionné. Je pense à l’Incendie du parlement (ci-contre) par exemple, où le Maitre s’est attaché à retranscrire les jeux de lumières que provoquaient les flammes… Turner c’était ça son truc, la lumière. C’était une véritable obsession pour lui : Il voulait capturer la lumière.
Alors bien sûr, comme la lumière n’existe vraiment que lorsqu’elle rencontre quelque chose qui la révèle, Turner s’appliquait à peindre son existence à travers les nuages, la fumée, le brouillard, les brumes matinales. D’où cette sensation d’irréalité qui transpire parfois de ces toiles.
Lorsqu’on regarde l’œuvre de Turner, on devine l’influence qu’il aura plus tard sur le mouvement des impressionnistes français... D’ailleurs c’est bien simple, pour moi Turner fut le premier des impressionnistes.

Une dernière toile dont je me souviens très bien, c’est celle qui s’appelle Pluie, Vapeur, Vitesse (ci-contre). C’est celle-là sur le côté. On y voit un train à vapeur fonçant vers le spectateur… Personnellement, et au-delà de l’aspect visuel, j’y vois comme une allégorie de ce que fut ce XIXème siècle. Celui de la révolution industrielle, pleine de promesse pour l’humanité mais en même temps inquiétante par sa vitesse et son côté fuite en avant sans retour possible…

Bref, presque trente ans après, j’aimerais bien y retourner. Tout d’abord parce que j’aime William Turner, mais aussi pour rendre hommage à ma marraine et la remercier pour tout ce qu’elle m’a apporté… Parce que comme le con que je suis, je ne l’ai jamais fait.

L’exposition Turner et ses peintres se tient à la Galerie Nationale du Grand Palais jusqu’au 24 mai 2010. Mais si vous ne pouvez pas y aller, je vous propose une petite visite virtuelle en cliquant ICI ! Allez-y, si vous aimez la peinture vous ne le regrettez pas.

Bon dimanche à tous !

samedi 6 mars 2010

Sarkozy soigne le pouvoir d’achat… des patrons (de bistrots)

Durant toute ma vie professionnelle, je n’ai jamais eu la possibilité de me voir offrir des tickets restaurants… Enfin, quand je dis offrir, vous m’avez compris… La moitié étant payée par le patron si j’ai bien compris et le reste étant prélevé sur le salaire, on ne peut pas vraiment dire qu’ils soient offerts…

Mais bon, toujours est-il que je n’en n’ai jamais eu. La seule fois où j’ai utilisé ce genre de choses, ce n’était pas les miens… Une de mes ex ne les utilisait pas et me les refilait pour arrondir mes fins de mois et remplir mon frigo. Je me rappelle que nous allions ensemble chez Carnivor et nous faisions le plein de bidoche pour le mois. C’était bien pratique cette petite dose de pouvoir d’achat en plus…

D’ailleurs je n’étais pas le seul à utiliser ces tickets pour autre chose que ce à quoi ils étaient destinés. L’Euro, la baisse du pouvoir d’achat, la crise, toutes ces merdes qui nous sont tombées sur le coin de la gueule depuis dix ans, ont amené de plus en plus de salariés à ne se contenter que d’un encas rapporté de la maison pour le déjeuner et à garder ces tickets pour autres chose de plus important. Les courses de fin de mois par exemple. Celles qui faut faire avec les fonds de poche…

Bref, le péquin moyen, même s’il n’est pas forcément très intelligent, sait deviner que même si on lui en offre la moitié, il n’est pas obligé d’aller dépenser douze euros dans la brasserie du coin. D’autant que le taulier du troquet en question, la plupart du temps s’est déjà mis la différence de TVA gracieusement offerte par Sarkozy dans la poche.
A un moment, il faut arrêter d’engraisser les porcs et penser un peu à s’occuper de soi-même.

Au fil du temps donc, les tickets restaurants sont devenus des bons d’alimentation. Ni plus ni moins. La poire pour la soif, le petit plus qui fait la différence.

Sauf que les accords entre le patronat et lui-même prévoyaient que cette manne financière aille pour moitié de la poche des patrons vers les patrons de bistrots, et pour l’autre moitié, des employés vers ces mêmes patrons de bistrots… Et a partir de moment où l’employé ne joue plus selon les règles, il y a forcément un manque à gagner pour ces derniers… les patrons de bistrots.

D’où, toujours forcément, une espèce de mécontentement chez cet électorat de base Sarkozyste.
Qu’à cela ne tienne, la rectification est faite. Dorénavant, le salarié n’aura pas le droit d’utiliser ses tickets restos pour autre chose que le plat du jour du troquet du coin, ou alors à la rigueur des plats à emporter consommables tout de suite ! En clair de la malbouffe.
Mais comme ça risquait de faire un peu gros comme pilule à avaler, l’Etat dans sa grande magnificence tolère que l’on achète des fruits et des légumes !

Après la baisse de la TVA à 5,5% ; voilà donc un nouveau cadeau offert par pur électoralisme à ces engeances que sont les bistrotiers et la Grande distribution… Sauf que, à la différence de la TVA, c’est directement dans la poche du consommateur que Sarkozy est allé chercher son cadeau.

jeudi 4 mars 2010

Les tempêtes ne s’achètent pas

Sous la bannière qui flotte au dessus de ce blog est inscrit qu’ici l’on parle de politique, de social ET d’environnement.
En ce qui concerne le politique, je crois que vous êtes plutôt servis dans ce domaine. Le social itou, because si l’on cause de politique, le social n’est forcément pas loin. Et l’environnement me direz-vous ?
Et bien c’est vrai que je n’en parle pas souvent… Je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs. Peut-être est-ce parce que je considère l’environnement comme une chose sérieuse et que l’humeur de ce blog ne s’y prête guère… Ou alors c’est peut-être que pour moi, lorsqu’on parle de politique et de social, on parle forcément aussi d’environnement. Et inversement. Tout est dans tout et réciproquement comme disait le grand Pierre Dac…

Mais bon, aujourd’hui je vais me rattraper et vous parler plus spécifiquement d’environnement, et vous dire deux mots sur la tempête qui a frappé notre pays le weekend dernier, et répond au doux nom de Xinthia.

A quoi avons-nous eu à faire exactement ? Une tempête hivernale comme il en arrive tous les hivers (c’est bien pour ça qu’on l’appelle hivernale !), combinée à un coefficient de marée assez fort.
Les deux choses prisent indépendamment sont d’ordinaire assez jolies à voir et sans grand danger, mais lorsqu’elles se combinent on obtient alors ce que les habitants de la côté atlantique ont connu, à savoir un petit air de fin du monde.

Vous aurez noté qu’aucun de ces deux phénomènes n’est imprévisible. Le cycle des marées est réglé comme une horloge atomique franc-comtoise, et les dépressions comme Xinthia sont tellement grosses qu’on peut les apercevoir sur les radars une semaine à l’avance.
D’où forcément la question qui tue. Sachant cela, comment ce fait-il que nous en soyons à 59 morts ?
Hein ?

Déjà, je tiens à préciser qu’il est complètement inopportun de dire que c’est la faute à la tempête, comme je l’ai entendu dans les médias. Mais bon, ça j’y reviendrais.

La réponse est plus simple, et c’est : La connerie humaine.
Ok, maintenant qu’on a dit ça, on peut poser la question subsidiaire : Oui d’accord, mais la connerie de qui ?
Parce qu’on ne va se contenter de dire que c’est la faute à l’humanité (Bouh, qu’elle est méchante l’humanité !). On peut certainement être un poil plus précis.
Alors, des gens sont morts. J’imagine que parmi eux, quelques-uns le sont à cause de leur propre connerie. Ils n’ont pas cru, ou voulu croire, aux avertissements des autorités ou bien se sont considéré au dessus des éléments. Ou encore, ils ont jugé que le fait d’abandonner temporairement leurs biens était un trop grand sacrifice et ont préféré jouer à la roulette russe.
Ceux-là, ma foi, j’aurais envie de dire que c’est tant pis pour eux, et la prochaine fois ils arrêteront de péter plus haut que leur cul. Sauf qu’en l’occurrence il n’y aura pas de prochaine fois pour eux.
Ensuite, il y a ceux qui se sont cru à l’abri parce qu’on leur a assuré qu’ils l’étaient.

Indépendamment d’un manque flagrant de jugeote, cela peut se concevoir. C’est le cas par exemple des habitants d’un lotissement construit en deçà d’une digue vieille de 150 ans et qui ont gobé le fait que qu’un terrain jugé inconstructible dix ans auparavant pouvait comme par miracle se retrouver viable sans qu’il n’y ait eu d’aménagements supplémentaires.
Comme je l’ai dit, un minimum de jugeote aurait pu éviter de nombreux drames… Si des digues ont été construites il y a un siècle, c’était pour une bonne raison. Les terres qu’elles protégeaient étaient potentiellement inondables, mais comme il s’agissait de terres destinées à la culture et à l’élevage, le jeu en valait la chandelle. Les gens de l’époque savaient très bien qu’à tout moment la toute puissance de Poséidon pouvait décider de reprendre ce que l’être humain lui avait emprunté, et c’est bien pour ça qu’ils se gardaient bien d’y habiter.

Mais bon, la dépression agricole combinée à la pression immobilière a incité la population à perdre la mémoire des lieux. Des individus sans scrupules (promoteurs cupides de mèche avec des politiciens à la recherche d’un électorat), ont abusé du manque de jugeote du cadre moyen, trop heureux de se voir offrir son petit bout de rêve balnéaire…

Tous les spécialistes en environnement vous le diront, une digue c’est de l’aléatoire. Elle va vous protéger neuf fois sur dix, mais à la dixième elle vous pétera à la gueule histoire de vous rappeler qu’on ne joue pas impunément avec mère nature.

Moi ce qui m’énerve (oui, là je suis énervé même si ça ne se voit pas), c’est le discours des politiciens qui lorsqu’on les interroge sur d’éventuelles responsabilités humaines, se contente de déplorer la perte de vies humaines et de rappeler combien celles-ci sont fragiles face aux éléments. Oui, ce genre de truc ça m’énerve vraiment.
Comme si Dieu lui-même avait pointé son gros doigt vengeur sur la Charente Maritime et décidé de faire des ronds dans l’eau. Circulez, y-a rien à voir, on peut rien y faire, c’est ainsi…
Tu parles Charles ! C’est trop facile !

Alors bien sûr le Président Glorieusement Elu, lui ne peut pas se contenter de parler de fatalité. C’est son boulot de dire que toute la lumière doit être faite sur cette catastrophe et de chercher des responsables. C’est ce que le peuple attend de lui.
Mais vous aurez noté que les autres, les ministres, les députés, les maires, eux se gardent bien de se précipiter à la poursuite des méchants. Cela remettrait en cause bien trop de choses comme par exemple les plans d’urbanisme, ou encore les Plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) qui comme par hasard deviennent de moins en moins stricts.
C’est vrai quoi, on ne va pas se laisser empêcher de faire des affaire par ces connards d’écologistes catastrophistes qui nous font chier avec leur risques à la con ! Comprennent rien au pragmatisme économique ces bobos !

A ce propos, Sarkofrance nous rappelle fort justement qu’en avril 2009 ce cher Nicolas Sarkozy déclarait :

«Le problème c’est la réglementation. Pour libérer l’offre il faut déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité́ du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir, d’ajouter une pièce ou un étage, rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d’infrastructures... Il faut changer nos procédures, notre façon d’appliquer le droit, sortir du respect passif d’une réglementation de plus en plus pesante, non pour laisser le champ libre au marché mais pour que la ville vive, respire, évolue, se développe en respectant des règles fortes, compréhensibles, efficaces, écologiques. J’ai demandé que soit conduite une réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit de l’urbanisme.»

Notre droit à l’urbanisme… Notre droit de faire du pognon oui !

Ce weekend dernier des gens sont morts pour une seule et unique raison : Le fric. Ils sont morts pour le profit de quelques-uns. Ils sont morts parce qu’ils ont crus les mensonges qu’on leur disait. Ce qui m’amène à dire que s’ils avaient eu un tant soit peu de jugeote et de conscience politique, ils ne seraient peut-être pas tous aussi morts…

Pour conclure, Xinthia nous aura appris une chose. Elle nous aura appris que les tempêtes, elles, ne s’achètent pas.