Je voulais vous dire…


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lundi 20 juillet 2009

Le miroir aux alouettes

Aujourd’hui c’est un anniversaire pas banal. Pensez donc, il y a quarante ans des hommes marchaient pour la première fois sur la lune… Waouh ! Ce n’est pas rien quand même !
Alors bien sûr, les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent pas, mais les plus âgés eux, s’en souviennent certainement. Ce 20 juillet 1969 fait partie de ces dates ou chacun peut dire sans trop réfléchir où il se trouvait exactement… Et des dates comme ça, dans la vie d’un être humain, il n’y en a pas beaucoup, croyez-moi.
Pour ma part, j’ai juste pas de bol puisque je me situe à la croisée des deux âges… J’explique : En 1969 j’avais deux ans. La légende familiale raconte que mon père avait exigé que l’on me réveille dans la nuit (il était 03H30 quand-même…) pour que je puisse un jour dire : « J’étais là ».
Mouais… Sympa le paternel ! Sauf que même si je peux dire que j’étais, selon toute probabilité, effectivement devant la télé cette nuit-là, je ne m’en souviens absolument pas. Alors franchement, quarante ans plus tard, d’avoir vu Neil Brasdur fouler du pied la poussière lunaire et de ne pas m’en souvenir, ça me fait une belle jambe.

Mais bon, le fait est que ce moment fut, à n’en pas douter, le résultat d’une formidable entreprise et la terre entière fut le témoin de cette entreprise. La terre entière, pendant ce séjour de deux heures et trente et une minutes, fut américaine.
Et c’était bien là le but recherché…

Car quarante ans plus tard que peut-on dire de cette petite ballade sur notre astre nocturne ? A quoi cela a-t-il servit ?

Certes cette mission, d’un point de vue scientifique nous a permit d’augmenter considérablement notre vision de l’univers, et d’appréhender plus exactement la place que l’Homme occupe dans cet univers. Ce qui est à mon sens, le but ultime de la science. Grace à cette mission, et à la conquête spatiale en général, l’humanité a fait des progrès considérables dans tout un tas de sciences et bénéficie encore aujourd’hui de ces retombées. Je pense notamment aux satellites, et à la nouvelle ère de communication que ces engins ont ouverte pour nous.

Mais, il faut aussi ne pas l’ignorer, le fait de marcher sur la lune a été avant même une réussite scientifique, une réussite politique et une formidable machine de propagande. Car n’oublions pas une chose, c’est que le moteur de cette entreprise était avant tout idéologique.
A cette époque, les Etats-Unis était plutôt à la ramasse en ce qui concerne la technologie spatiale… Les russes détenaient une liste impressionnante de record en tout genre (Spoutnik, le premier satellite (1957). Laïka le premier être vivant dans l’espace (la même année), Youri Gagarine le premier homme dans l’espace (1961)…) et les américains ramaient comme des malades derrière.
Ce retard, pour les chantres du libéralisme était une insulte. Il était hors de question que « l’ennemi communiste », que le contexte de la guerre froide présentait comme arriéré, réussisse là où « l’american way of life » échouait. En effet, comment imaginer un seul instant qu’un pays maintenu exsangue par une dictature d’oligarques, un pays qui prônait des valeurs tellement contraire à la doctrine libérale, arrive à réaliser de telles prouesses techniques et scientifiques alors que le champion de la liberté en était lui-même incapable ? C’était inconcevable du point de vue de l’image. C’était inimaginable du point de vue idéologique. C’était proprement inadmissible du point de vue de la propagande…

Donc, en 1961 le président Kennedy décida de prendre le taureau par les cornes et promit à son peuple qu’avant la fin de la décennie, des américains marcheraient sur la lune… Qu’importe ce que cela couterait, qu’importe si cet argent était utilisé à fond perdu, il fallait absolument que les USA redore leur blason. Et ce que l’on fit…
Neuf ans plus tard, trois américains plantèrent la bannière étoilée dans les sables stériles de notre astre lunaire.
Et tout ça pour quoi ? Pour permettre aux citoyens US de croire que leur système était le meilleur. Que leur cause était juste. Rien de plus. Kennedy fabriqua un gigantesque miroir aux alouettes, et la moitié de l’humanité tomba dans le panneau.

Quelques années plus tard, il fallut bien se rendre compte que la conquête de la lune était une impasse financière. La bataille idéologique est une chose, mais les réalités économiques en sont une autre. On avait réussit à aller sur la lune, le point était donc marqué. Mais il était désormais hors de question d’engloutir de telles sommes alors que la terre affrontait son premier choc pétrolier.
D’autant que si l’on y regarde bien : On a marché sur la lune, et alors ? A part satisfaire la curiosité insatiable des scientifiques, qu’est-ce que cela a rapporté à l’humanité ? Rien.
On n’a pas pour autant résolu les grands problèmes de ce monde. On n’a pas endigué les famines, on n’a pas empêché les gens de se taper sur la gueule… Non, cette ballade de deux heures et trente et une minutes n’a finalement servit à rien si ce n’est qu’à entretenir le moral des masses ignorantes.

Alors, à la vue de ce qu’il s’est passé il y a quarante ans, je trouve tout à fait légitime de se demander quel est le but réel de la nouvelle conquête spatiale initiée par Bush en 2004… Les Etats-Unis ont en effet annoncé qu’ils remettront les pieds sur la lune d’ici 2020, pour ensuite se diriger vers Mars… Pourquoi faire ? Et ne me dites pas que c’est par pur intérêt scientifique, je ne marche pas.
Quel est donc cet impératif qui oblige la nation la plus puissante de la planète à vouloir réutiliser ce stratagème ? Le champion du monde libéral se sent-il de nouveau en danger face à une poussée idéologique contraire à ses principes ?

Pour ma part, je suis d’avis de croire que c’est le cas…

dimanche 19 juillet 2009

La photo de la semaine


Regardez-les ses jolies fleurs fascinées par l’astre brillant. Regardez-les toutes ces têtes bien orientées vers la lumière hypnotique… Il n’y en a pas un qui ne penserait à jeter un œil derrière lui… Ne serait-ce que pour apercevoir la faucheuse qui s’approche dans leurs dos.
Les tournesols sont comme les humains. Les tournesols sont des cons.


jeudi 16 juillet 2009

« Le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Bon, je sais que je me fais rare en ce moment… C’est vrai. Désolé. Mais c’est pas ma faute, c’est celle du temps.
Du temps qui passe et du temps qu’il fait… Et tout ça en même temps.
Le temps qui passe ce fait dans la douleur de la convalescence. Ma cheville prend tout son temps, elle aussi, pour se remettre de l’intervention… (En clair, j’ai un putain de mal !) Et le temps qu’il fait m’incite plus à la torpeur et à la déconnexion mentale.
Car je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais c’est l’été et il fait chaud. Oh, ce n’est pas la canicule, loin de là, mais il faut que vous sachiez qu’au dessus d’une certaine température, j’ai la particularité d’avoir le cerveau qui passe en mode ralenti… Peut-être que les échanges thermiques sont prioritaires par rapport aux activités cérébrales ? Allez savoir…
Cela-dit, je réfléchis quand même un peu, et en ce moment il y a une chose qui m’interpelle un tantinet… Et comme souvent, lorsque je suis interpellé (un tantinet) et que la réponse ne me vient pas automatiquement, je décide de partager mon questionnement avec vous…

Dans le monde du travail, il y a une règle communément admise qui dit que quelque soit son mécontentement, le salarié ne doit en aucun cas s’en prendre à son outil de travail…
Mouais… Une règle, une règle… J’ai plutôt l’impression qu’il s’agit-là d’une pratique qui relève plus de la coutume que de la règle. Car, si je ne m’abuse, rien de tel n’est inscrit dans le code du travail.
Non, il s’agit plutôt d’une espèce de code de conduite, une pratique non-écrite, un pacte silencieux qui aurait été passé entre les travailleurs et les patrons, et ce depuis des temps immémoriaux…
Pour ma part, j’aurais tendance à penser que cette coutume est issue de la pensée libérale…
Ouais, je sais. Vous allez encore me dire que je fais une fixation en revenant toujours sur ce sujet. Ou bien, vous allez me faire remarquer que je suis décidemment bien naïf… Mais que voulez-vous ? Moi, pour ainsi dire, je débute dans le radicalisme. Je n’ai eu aucune éducation syndicale, encore moins révolutionnaire. En fait, je ne prends réellement conscience de ces choses que depuis deux ans et demi… Deux ans, neuf mois et vingt-six jours pour être précis. Mais bon, ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est que depuis quelque temps on assiste à un raidissement (le mot est faible) dans les relations entre le salariat et le patronat. (Cliquez sur la carte pour accéder à une infographie sur l'ensemble des plans sociaux en France.)
Déjà, il y a quelques mois les salariés de Continental/ Clairoix ainsi que ceux de Sony et bien d’autres, séquestraient leur patron, franchissant ainsi un pas dans la lutte contre l’abus de plans sociaux. A l’époque, on s’interrogeait déjà sur cette pratique typiquement française. Les libéraux dénonçaient dans ce geste la main invisible de l’extrême gauche, accusant les salariés d’user de méthodes de gangsters. Les mêmes salariés eux, rétorquaient que leur violence n’était qu’une juste réponse aux abus de leur direction…
Bon, je préfère vous le dire tout de suite je suis plutôt d’accord avec ce genre d’action. Surtout si, au final, ça marche. Pour moi, il est parfaitement intolérable qu’une entreprise qui réalise des bénéfices licencie son personnel sous prétexte de vouloir faire perdurer les investissements de ses actionnaires. C’est comme ça, c’est une question de priorité. Mais j’y reviendrais plus tard…

Donc, après les « maintiens sur site » observés récemment, voilà qu’un degré supplémentaire vient d’être franchi dans la lutte, et pas un petit, puisque les salariés en viennent à menacer de faire sauter leur usine pour se faire entendre convenablement. En clair, la dernière arme qu’il reste à ces travailleurs, leur dernière cartouche en fait, c’est de s’en prendre à leur outil de travail.
Bon, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela représente comme action… C’est grave. Et vous savez pourquoi c’est grave ? Et bien tout simplement parce que les salariés s’attaquent ni plus ni moins au seul droit de l’homme que les libéraux ont retenus dans la déclaration universelle (article II). Celui du droit à la propriété.
Et dans ce genre de cas, il ne s’agit plus de droit du travail. On entre carrément dans le pénal !

Pour ma part, cette montée en puissance de l’action du salariat est plutôt bon signe. Je ne veux pas faire l’apologie d’un quelconque crime ou délit, je dis simplement que je trouve légitime cette réaction… Car, face à la violence que représentent les licenciements massifs, les délocalisations sauvages, tout ça au nom du profit de quelques-uns, je pense qu’il est normal et juste de se défendre. Et ce, même si pour cela il faut se mettre en délicatesse avec la loi.
Un peu dans l’esprit d’insurrection que prônait la déclaration des droits de l’homme de 1793 (articles 33, 34, et 35), celle que l’on s’efforce de nous faire oublier…
La transgression de ce tabou libéral qui concerne le respect de l’outil de travail est un pas, à mes yeux, important vers une nouvelle relation salariat/patronat. Car, à mon sens, il est important que le patronat prenne enfin conscience de son rôle social. Rôle social qui, quoi qu’il arrive, doit toujours primer sur le rôle économique.
Mais bon, pour faire rentrer ce concept dans la tête du MEDEF, il y a encore du boulot !

Voilà ce que ces derniers événements m’inspirent en ce moment… Enfin, moi ce que j’en dis, c’est avec mes petits neurones fatigués par le temps que je déduis ces choses. Si vous trouvez que je me plante dans les grandes largeurs, n’hésitez surtout pas à m’en faire part. Votre contribution est indispensable !

vendredi 10 juillet 2009

Petite réflexion d'un médecin

Une fois n’est pas coutume dit le proverbe. Deux fois non plus, pourrais-je ajouter.
Aussi, pour la deuxième fois depuis que Je voulais vous dire existe (à vous de trouver la première), je vous présente un texte qui n’est pas de moi.
C’est un texte écrit par un médecin anonyme que j’ai trouvé dans ma boite aux lettres virtuelles ce matin. Je remercie d’ailleurs ma (notre) très chère Mobensim pour me l’avoir envoyé.
Donc depuis ce matin je me pose la question de savoir si je dois reprendre l’information (et si oui, comment), ou si je dois entreprendre des recherches pour voir s’il est possible de recouper les soupçons de ce médecin…
A cette heure, comme j’en ai marre de cogiter, j’ai décidé de vous présenter ce texte in extenso, et de vous laissez tirer vous-mêmes vos propres conclusions…


La curiosité est un vilain défaut ( mais qui donc a pu dire ça . . . ) , devant l'actualité, actuelle mais aussi "ancienne". .. je me suis posé une question innocente …
Le TAMIFLU est cet antiviral à prendre en cas de grippe, selon eux . . .
Au fait, vérifiez quand même bien les effets secondaires du médicament, avant de vous précipiter dessus . . .
( oups, suis-je bien médecin, moi ? ? ) . . .
Cette fois, je vous assure que je me suis posé innocemment cette question : Au fait, qui est derrière le TAMIFLU ?
Je vous jure, je n'ai pas anticipé la réponse et mon interrogation était vraiment innocente, juste de la curiosité.
Voilà ce que j'ai trouvé : Donald RUMSFELD.
Entre autres évidemment. Cherchez par vous-même, vous verrez.
En 1996, le brevet d'un antiviral inhibiteur de certaines formes de grippe – le TAMIFLU - est cédé par le président et principal actionnaire de la firme GILEAD SCIENCES Inc, Monsieur Donald RUMSFELD aux Laboratoires ROCHE (Suisse), moyennant beaucoup de sous et de futures royalties sur les ventes à venir de l'antiviral.
Euh, bien sûr, pour que le TAMIFLU se vende bien et plus que bien, il faut des grippes.

En 2005-2006, premières alertes mondiales sur une grippe, la grippe aviaire.

Donald RUMSFELD, toujours Secrétaire de la Défense des USA sous la Présidence Georges W. BUSH et toujours principal actionnaire de Gilead Sciences Inc. fait acheter en tant que responsable politique du TAMIFLU en masse. Les royalties pleuvent. Plein d'autres pays avec des sous achètent, au prix fort.
Les pays sans sous, on s'en fout (preuve de la manipulation car en cas de réelles pandémies, celui qui est « avec des sous » a tout intérêt à prendre en charge celui qui est « sans sous »).
[C’est vrai ça non ? Pour éviter la pandémie, justement, NdM note de moi. ]

En 2006, tiens, coup de bol, la grippe aviaire devient menace planétaire . . . Des milliards de dollars de ventes de TAMIFLU sont réalisées et des stocks mondiaux sont constitués par les états qui ont les finances suffisantes. Pluie torrentielle de royalties. Nombre de victimes de cette 'pandémie' à ce jour : environ 150 personnes . . . pas plus que dab dans ces pays ou les conditions d'hygiène et la proximité de vie avec les animaux sont les principales raisons de ces transmissions et de ces décès.

Il est bon de rappeler que la grippe basique, banale, est à l'origine d'environ 300 000 à 500 000 décès dans le monde chaque année ( source OMS ). Des morts que l'on peut requalifier à la demande en cochant la case grippe la plus appropriée aux affaires du moment.
Et en ce moment, on est en plein dedans : il faut cocher grippe porcine dans la colonne.

Début 2009, merdeeeeeee . . . y'a une date de péremption sur les boîtes de TAMIFLU : maximum de 5 ans !!!! Et oui, on y arrrrrrrrrrrrrrive 2009 moins 2005/6 = +/- 4 ans.
Dans un an tous nos stocks seront foutus . . .

Avril 2009 : Chouette, une grippe porcine . . . Ouf . . . et quelle chance, on a du TAMIFLU plein les armoires à pharmacie. On consomme avant la date limite et puis on repassera des commandes !

Avouez quand-même que ça fait réfléchir, non ?
Allez ! Bonne cogitation à tous !

Ah, au fait ! J’ai quand-même vérifié au cas ou… Et c’est vrai que Donald Rumsfeld est un des dirigeants des laboratoires Gilead…

mercredi 8 juillet 2009

Le fantôme de Malthus

Il a un truc qui me turlupine le ciboulot en ce moment… Ça me travaille le neurone, ça me titille la fibre écologique.
Ça a commencé avec une conversation téléphonique que j’ai eue, il y a quelques semaines, avec l’un de mes plus chers amis…
Nous discutions de choses et d’autres, et notamment du film Home et de la catastrophe écologique qui nous pendait au nez… Soudain, mon ami me sort une phrase du genre : « De toute façon, il va bien falloir penser à réguler sérieusement nos naissances et ce à l’échelle planétaire… ».
Waouh ! Sur le coup, je suis resté un peu estomaqué. Je connaissais l’argument, mais cela faisait quand même une bonne vingtaine d’années que je ne l’avais pas entendu… Je croyais que cette lubie était tombée aux oubliettes de l’histoire, et sur le coup je me suis plus ou moins moqué de mon ami en le traitant de réactionnaire.

Et puis, je me suis rendu compte, en fouillant un peu, que cette idée de réduction des naissances revenait en force sur le net, et notamment auprès des écologistes les plus militants.
Pour eux, l’équation est simple :

Moins d’habitant = Moins de consommation = Moins de pollution


En effet, posée comme ça, cette équation a le mérite d’être claire, simple, évidente. Cette terre est trop petite pour nous, il nous faut donc anticiper la diminution des matières premières nécessaires à la vie et d’ors et déjà penser en termes de survie. Aussi, tel l’équipage en perdition, on rationne les vivres et on évite d’accueillir à bord de nouvelles bouches…
Mouais… Évidente, évidente… Pas tant que ça en fait.

Tout d’abords, comme je l’ai dit, l’idée n’est pas nouvelle et on a l’habitude de l’attribuer à un certain Malthus. Thomas Malthus (1776-1834).
Pour ce cher Malthus, la solution aux famines et disettes récurrentes était qu’il fallait veiller à réduire le nombre de bouches à nourrir. En clair, si les pauvres étaient moins nombreux, ils auraient moins faim…
Car la théorie de Malthus a le gros défaut de ne concerner que les classes les plus basses de la société. Il est hors de question que ces précautions s’appliquent à la bourgeoisie et aux classes dirigeantes, cela ne concerne que la plèbe…
Un des corollaires à cette théorie est la prise de conscience que le XIXème siècle voit le début de l’essor scientifique et technologique. Pour le malthusien de base, ce progrès ne peut que faciliter la vie des travailleurs (à l’époque on disait encore le peuple), et donc en favoriser la reproduction… Ainsi, le malthusianisme d’origine se vit plébiscité par tout un pan de la bourgeoisie, inquiète de voir un trop grand confort donner des idées stupides d’émancipation à ceux qui jusqu’alors trimaient sans trop se plaindre. Donc, si l’on ne veut pas que les lapins nous envahissent, on limite la naissance des lapins. C’est simple.
C’est pour cela qu’au XIXème siècle le malthusianisme fut rangé dans la case des mouvements anti-modernité et devint un symbole d’opposition au progrès.

Quelques années plus tard, l’idée fut reprise par quelques économistes et, dirons-nous, quelques peut étoffée. C’est le mouvement anarchiste qui succomba à la facilité en reprenant les idées de Malthus et en ajoutant le fait qu’il serait des plus défavorable POUR le peuple que celui-ci fasse trop d’enfants, car ceux-ci seraient de toute façon utilisés comme chair à travail ou chair à canon… C’est ce qu’on appela le néo-malthusianisme.
Vous noterez au passage qu’il ne s’agit plus là de protéger les intérêts d’une classe supérieure, mais bel et bien d’empêcher que l’on abuse des classes laborieuses… Aussi le malthusianisme d’origine, plutôt prôné par les élites pour sauvegarder ses propres intérêts, devint par une de ces pirouettes tordues dont les théories politiques ont le secret, un combat mené par les plus éminents humanistes de l’époque. Ce que l’on appellera bien plus tard, la gauche…

Puis, au XXème siècle l’idée perdit un peu de son intérêt… La révolution industrielle, puis les deux guerres mondiales et l’indispensable effort de reconstruction qu’elles entrainèrent remisèrent la limitation des naissances parmi les concepts farfelus. Et ce jusque dans les années 70, avec le premier choc pétrolier et la naissance de l’écologie politique…

A cette époque pas si lointaine, on commença à se rendre compte que nous vivions sur une planète aux ressources limitées, et que la croissance démographique mondiale, et plus particulièrement celle du tiers-monde, nous conduisait tout droit à la catastrophe.

Parallèlement, les progrès sociaux d’émancipation de la femme et l’apparition de moyens contraceptifs sûrs apportèrent du grain à moudre aux néo-malthusiens. Ceux-ci s’emparèrent du combat féministe et le raccrochèrent à une politique de contrôle des naissances, seul alternative à leurs yeux à une catastrophe écologique aux proportions bibliques.
A ce propos, je tiens à m’inscrire en faux par rapport à ce que raconte Wikipédia sur le néo-malthusianisme. Pour moi, le mouvement de libération de la femme est un mouvement sociétal occidental qui n’a rien à voir avec le contrôle des naissances au niveau planétaire. Il s’agit d’une évolution normale et légitime propre à toute société moderne et éclairée. Et quand je dis éclairée, j’entends par là débarrassée de toutes contraintes religieuses… (Oui, vous pouvez dire bondieuseries à la con, c’est valable aussi.).
Aussi, quand je vois que l’on met dans un même paragraphe : Simone Weill, MLF, IVG, planning familial et écologie, je m’insurge ! Cela n’a rien à voir. Point barre.

Donc, l’idée du contrôle des naissances progresse au fur et à mesure que la peur du lendemain progresse elle aussi. Et cette idée a ressurgit récemment dans la bouche d’Yves Cochet qui propose d’instaurer une « grève du troisième ventre ». Notons, juste pour le fun, que l’expression grève du ventre est attribué à Octave Mirabeau, écrivain mais aussi anarchiste et néo-malthusien convaincu. Et Cochet de comparer l’incomparable en disant qu’un enfant aurait un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York. (!!!)

Bref, le malthusianisme revient en force. Après avoir été une idée de droite libérale, puis un concept révolutionnaire, la voilà qui devient le cheval de bataille de l’écologie avec un grand E… La célèbre WWF milite en son sens, de même que pas mal de groupes écologistes pour qui la décroissance économique doit forcément aller de paire avec la décroissance démographique.

Il n’en reste pas moins que c’est une idée à la con.

Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que ce n’est pas une idée fondée sur la logique mais sur un fantasme.

La natalité, qu’elle soit humaine ou animale, est une conséquence de multiples facteurs qui concourent à son augmentation ou à ça diminution. Cela n’a jamais, je dis bien jamais, été une cause de quoi que ce soit.
L’augmentation de la natalité est la conséquence d’un cadre de vie amélioré qui confère à la sécurité. Le niveau de sécurité augmente, la natalité aussi. Le niveau de sécurité baisse, la natalité suit le mouvement. C’est donc, bel et bien une conséquence d’un processus.
Dans le discours de nos écolos intégristes (osons le terme après tout), c’est l’augmentation de cette natalité qui devient la cause de tout. Pour preuve, il suffit de relire l’équation simpliste que je vous ai présentée plus haut, la population est bien en tête des variables, non ? Bon…
Donc, en fait il s’agit plutôt (à mon sens) d’un fantasme. Un fantasme récurant qui surgit en temps de crise et qui conduit l’être le plus réfléchis à désigner à la vindicte un ou plusieurs de ses congénères. C’est un vieux réflexe, maintes fois éprouvés, qui en ce qui me concerne me débecte au plus haut point tant il me rappelle les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité…
Car, soyons sérieux, à partir du moment où on envisage de forcer une population à restreindre sa natalité sous prétexte que le confort qu’apporte le monde moderne risque de disparaitre, cela revient à privilégier ce confort au détriment de la survie de l’espèce. Et puis surtout cela revient à présumer grandement de ce que fera notre descendance…
Sans compter que, la décroissance démographique est peut-être bien une solution, mais on fait comment pour l’appliquer ? On stérilise qui ? On s’attaque d’abords aux pays riches ou aux pays pauvres ? On délivre des permis de faire des enfants ? On lapide les parents des familles nombreuses ?
Et puis, prôner cette grève du ventre permet surtout, et c’est là qu’est pour moi le point le plus important, d’éviter de remettre en question l’ordre établit. C’est oublier un peu vite de se poser la question de l’actuelle répartition des richesses et des inégalités qu’elle crée.
Je le répète, la natalité est une conséquence. Changeons la façon dont on distribue les richesses de par ce monde, et vous verrez que la natalité s’adaptera en conséquence. C’est tout simple.
Alors pourquoi ils n’y pensent pas ? Pas envie de voir leur propre part du gâteau diminuer peut-être ?
Pour moi, si je reprends l’allégorie du bateau qui commence à manquer de vivres. Envisager les choses sous cet angles revient à réfléchir à comment réduire le nombre des membres d’équipage, alors qu’il serait sans doute plus simple, mais aussi plus dérangeant, de commencer à revoir les parts des officiers et du capitaine.

Une dernière chose, histoire que vous compreniez à quel point cette idée de malthusianisme écologique est perverse : Un des inspirateurs de Malthus déclara un jour vouloir "La régulation de l'emploi par la suppression des bouches inutiles". Ce monsieur s’appelait Adam Smith (1723-1790), père fondateur du libéralisme économique… Le contrôle des naissances serait donc de l’écologie libérale ?

samedi 4 juillet 2009

La photo de la semaine




L'origine du Monde...

Franchement, je ne sais pas ce vous allez pensez de cette photo.
Pour ma part, j’aime à croire qu’il y aurait beaucoup à en dire…


« L’insurrection qui vient » fait flipper la droite US

Vu dans Libé, cette petite analyse partisane d’un conservateur américain sur Fox News. En fait, si l’on écoute bien ce que dit le monsieur, il y aurait en ce moment dans les pays « désaffiliés » (c’est nous !) une montée croissante du « communisme » qui est propre à menacer les valeurs américaines.
Communisme ? Si je ne m’abuse, il n’en est pas question dans ce petit bouquin… Mais bon, on ne va pas discuter cent-sept ans sur les symboles propres à faire fantasmer le bon peuple US, ou bien sur la couleur du pantalon que porte l’épouvantail…
En fait, ce qui fait baliser les conservateurs, c’est que la traduction anglaise de « L’insurrection qui vient » (le 9 aout dans toutes les bonnes librairies américaines) risque de rappeler au peuple américain, aussi féru d’histoire comme de géographie comme chacun sait, ce que furent les bases même de sa révolution et, dans une moindre mesure, de sa constitution…
Car, même le petit français « désaffilié » que je suis, sait très bien que le deuxième amendement de la constitution US garantissant le droit de détenir une arme est issu du devoir que détient toute personne de se révolter contre un système qu’il juge inique…
Et c’est ça qui fait tant peur à ce chroniqueur de Fox News. Il a peur que cet exemplaire de la littérature subversive française provoque chez ses concitoyens une résonance en rapport avec les idéaux patriotiques qu’il prône lui-même à longueur d’année !
Si je ne m’abuse, l’expression qui convient serait « l’arroseur arrosé »…


Fox News fait de la pub pour l'Insurrection qui vient!
par liberation