Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


dimanche 19 juillet 2009

La photo de la semaine


Regardez-les ses jolies fleurs fascinées par l’astre brillant. Regardez-les toutes ces têtes bien orientées vers la lumière hypnotique… Il n’y en a pas un qui ne penserait à jeter un œil derrière lui… Ne serait-ce que pour apercevoir la faucheuse qui s’approche dans leurs dos.
Les tournesols sont comme les humains. Les tournesols sont des cons.


jeudi 16 juillet 2009

« Le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Bon, je sais que je me fais rare en ce moment… C’est vrai. Désolé. Mais c’est pas ma faute, c’est celle du temps.
Du temps qui passe et du temps qu’il fait… Et tout ça en même temps.
Le temps qui passe ce fait dans la douleur de la convalescence. Ma cheville prend tout son temps, elle aussi, pour se remettre de l’intervention… (En clair, j’ai un putain de mal !) Et le temps qu’il fait m’incite plus à la torpeur et à la déconnexion mentale.
Car je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais c’est l’été et il fait chaud. Oh, ce n’est pas la canicule, loin de là, mais il faut que vous sachiez qu’au dessus d’une certaine température, j’ai la particularité d’avoir le cerveau qui passe en mode ralenti… Peut-être que les échanges thermiques sont prioritaires par rapport aux activités cérébrales ? Allez savoir…
Cela-dit, je réfléchis quand même un peu, et en ce moment il y a une chose qui m’interpelle un tantinet… Et comme souvent, lorsque je suis interpellé (un tantinet) et que la réponse ne me vient pas automatiquement, je décide de partager mon questionnement avec vous…

Dans le monde du travail, il y a une règle communément admise qui dit que quelque soit son mécontentement, le salarié ne doit en aucun cas s’en prendre à son outil de travail…
Mouais… Une règle, une règle… J’ai plutôt l’impression qu’il s’agit-là d’une pratique qui relève plus de la coutume que de la règle. Car, si je ne m’abuse, rien de tel n’est inscrit dans le code du travail.
Non, il s’agit plutôt d’une espèce de code de conduite, une pratique non-écrite, un pacte silencieux qui aurait été passé entre les travailleurs et les patrons, et ce depuis des temps immémoriaux…
Pour ma part, j’aurais tendance à penser que cette coutume est issue de la pensée libérale…
Ouais, je sais. Vous allez encore me dire que je fais une fixation en revenant toujours sur ce sujet. Ou bien, vous allez me faire remarquer que je suis décidemment bien naïf… Mais que voulez-vous ? Moi, pour ainsi dire, je débute dans le radicalisme. Je n’ai eu aucune éducation syndicale, encore moins révolutionnaire. En fait, je ne prends réellement conscience de ces choses que depuis deux ans et demi… Deux ans, neuf mois et vingt-six jours pour être précis. Mais bon, ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est que depuis quelque temps on assiste à un raidissement (le mot est faible) dans les relations entre le salariat et le patronat. (Cliquez sur la carte pour accéder à une infographie sur l'ensemble des plans sociaux en France.)
Déjà, il y a quelques mois les salariés de Continental/ Clairoix ainsi que ceux de Sony et bien d’autres, séquestraient leur patron, franchissant ainsi un pas dans la lutte contre l’abus de plans sociaux. A l’époque, on s’interrogeait déjà sur cette pratique typiquement française. Les libéraux dénonçaient dans ce geste la main invisible de l’extrême gauche, accusant les salariés d’user de méthodes de gangsters. Les mêmes salariés eux, rétorquaient que leur violence n’était qu’une juste réponse aux abus de leur direction…
Bon, je préfère vous le dire tout de suite je suis plutôt d’accord avec ce genre d’action. Surtout si, au final, ça marche. Pour moi, il est parfaitement intolérable qu’une entreprise qui réalise des bénéfices licencie son personnel sous prétexte de vouloir faire perdurer les investissements de ses actionnaires. C’est comme ça, c’est une question de priorité. Mais j’y reviendrais plus tard…

Donc, après les « maintiens sur site » observés récemment, voilà qu’un degré supplémentaire vient d’être franchi dans la lutte, et pas un petit, puisque les salariés en viennent à menacer de faire sauter leur usine pour se faire entendre convenablement. En clair, la dernière arme qu’il reste à ces travailleurs, leur dernière cartouche en fait, c’est de s’en prendre à leur outil de travail.
Bon, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela représente comme action… C’est grave. Et vous savez pourquoi c’est grave ? Et bien tout simplement parce que les salariés s’attaquent ni plus ni moins au seul droit de l’homme que les libéraux ont retenus dans la déclaration universelle (article II). Celui du droit à la propriété.
Et dans ce genre de cas, il ne s’agit plus de droit du travail. On entre carrément dans le pénal !

Pour ma part, cette montée en puissance de l’action du salariat est plutôt bon signe. Je ne veux pas faire l’apologie d’un quelconque crime ou délit, je dis simplement que je trouve légitime cette réaction… Car, face à la violence que représentent les licenciements massifs, les délocalisations sauvages, tout ça au nom du profit de quelques-uns, je pense qu’il est normal et juste de se défendre. Et ce, même si pour cela il faut se mettre en délicatesse avec la loi.
Un peu dans l’esprit d’insurrection que prônait la déclaration des droits de l’homme de 1793 (articles 33, 34, et 35), celle que l’on s’efforce de nous faire oublier…
La transgression de ce tabou libéral qui concerne le respect de l’outil de travail est un pas, à mes yeux, important vers une nouvelle relation salariat/patronat. Car, à mon sens, il est important que le patronat prenne enfin conscience de son rôle social. Rôle social qui, quoi qu’il arrive, doit toujours primer sur le rôle économique.
Mais bon, pour faire rentrer ce concept dans la tête du MEDEF, il y a encore du boulot !

Voilà ce que ces derniers événements m’inspirent en ce moment… Enfin, moi ce que j’en dis, c’est avec mes petits neurones fatigués par le temps que je déduis ces choses. Si vous trouvez que je me plante dans les grandes largeurs, n’hésitez surtout pas à m’en faire part. Votre contribution est indispensable !

vendredi 10 juillet 2009

Petite réflexion d'un médecin

Une fois n’est pas coutume dit le proverbe. Deux fois non plus, pourrais-je ajouter.
Aussi, pour la deuxième fois depuis que Je voulais vous dire existe (à vous de trouver la première), je vous présente un texte qui n’est pas de moi.
C’est un texte écrit par un médecin anonyme que j’ai trouvé dans ma boite aux lettres virtuelles ce matin. Je remercie d’ailleurs ma (notre) très chère Mobensim pour me l’avoir envoyé.
Donc depuis ce matin je me pose la question de savoir si je dois reprendre l’information (et si oui, comment), ou si je dois entreprendre des recherches pour voir s’il est possible de recouper les soupçons de ce médecin…
A cette heure, comme j’en ai marre de cogiter, j’ai décidé de vous présenter ce texte in extenso, et de vous laissez tirer vous-mêmes vos propres conclusions…


La curiosité est un vilain défaut ( mais qui donc a pu dire ça . . . ) , devant l'actualité, actuelle mais aussi "ancienne". .. je me suis posé une question innocente …
Le TAMIFLU est cet antiviral à prendre en cas de grippe, selon eux . . .
Au fait, vérifiez quand même bien les effets secondaires du médicament, avant de vous précipiter dessus . . .
( oups, suis-je bien médecin, moi ? ? ) . . .
Cette fois, je vous assure que je me suis posé innocemment cette question : Au fait, qui est derrière le TAMIFLU ?
Je vous jure, je n'ai pas anticipé la réponse et mon interrogation était vraiment innocente, juste de la curiosité.
Voilà ce que j'ai trouvé : Donald RUMSFELD.
Entre autres évidemment. Cherchez par vous-même, vous verrez.
En 1996, le brevet d'un antiviral inhibiteur de certaines formes de grippe – le TAMIFLU - est cédé par le président et principal actionnaire de la firme GILEAD SCIENCES Inc, Monsieur Donald RUMSFELD aux Laboratoires ROCHE (Suisse), moyennant beaucoup de sous et de futures royalties sur les ventes à venir de l'antiviral.
Euh, bien sûr, pour que le TAMIFLU se vende bien et plus que bien, il faut des grippes.

En 2005-2006, premières alertes mondiales sur une grippe, la grippe aviaire.

Donald RUMSFELD, toujours Secrétaire de la Défense des USA sous la Présidence Georges W. BUSH et toujours principal actionnaire de Gilead Sciences Inc. fait acheter en tant que responsable politique du TAMIFLU en masse. Les royalties pleuvent. Plein d'autres pays avec des sous achètent, au prix fort.
Les pays sans sous, on s'en fout (preuve de la manipulation car en cas de réelles pandémies, celui qui est « avec des sous » a tout intérêt à prendre en charge celui qui est « sans sous »).
[C’est vrai ça non ? Pour éviter la pandémie, justement, NdM note de moi. ]

En 2006, tiens, coup de bol, la grippe aviaire devient menace planétaire . . . Des milliards de dollars de ventes de TAMIFLU sont réalisées et des stocks mondiaux sont constitués par les états qui ont les finances suffisantes. Pluie torrentielle de royalties. Nombre de victimes de cette 'pandémie' à ce jour : environ 150 personnes . . . pas plus que dab dans ces pays ou les conditions d'hygiène et la proximité de vie avec les animaux sont les principales raisons de ces transmissions et de ces décès.

Il est bon de rappeler que la grippe basique, banale, est à l'origine d'environ 300 000 à 500 000 décès dans le monde chaque année ( source OMS ). Des morts que l'on peut requalifier à la demande en cochant la case grippe la plus appropriée aux affaires du moment.
Et en ce moment, on est en plein dedans : il faut cocher grippe porcine dans la colonne.

Début 2009, merdeeeeeee . . . y'a une date de péremption sur les boîtes de TAMIFLU : maximum de 5 ans !!!! Et oui, on y arrrrrrrrrrrrrrive 2009 moins 2005/6 = +/- 4 ans.
Dans un an tous nos stocks seront foutus . . .

Avril 2009 : Chouette, une grippe porcine . . . Ouf . . . et quelle chance, on a du TAMIFLU plein les armoires à pharmacie. On consomme avant la date limite et puis on repassera des commandes !

Avouez quand-même que ça fait réfléchir, non ?
Allez ! Bonne cogitation à tous !

Ah, au fait ! J’ai quand-même vérifié au cas ou… Et c’est vrai que Donald Rumsfeld est un des dirigeants des laboratoires Gilead…

mercredi 8 juillet 2009

Le fantôme de Malthus

Il a un truc qui me turlupine le ciboulot en ce moment… Ça me travaille le neurone, ça me titille la fibre écologique.
Ça a commencé avec une conversation téléphonique que j’ai eue, il y a quelques semaines, avec l’un de mes plus chers amis…
Nous discutions de choses et d’autres, et notamment du film Home et de la catastrophe écologique qui nous pendait au nez… Soudain, mon ami me sort une phrase du genre : « De toute façon, il va bien falloir penser à réguler sérieusement nos naissances et ce à l’échelle planétaire… ».
Waouh ! Sur le coup, je suis resté un peu estomaqué. Je connaissais l’argument, mais cela faisait quand même une bonne vingtaine d’années que je ne l’avais pas entendu… Je croyais que cette lubie était tombée aux oubliettes de l’histoire, et sur le coup je me suis plus ou moins moqué de mon ami en le traitant de réactionnaire.

Et puis, je me suis rendu compte, en fouillant un peu, que cette idée de réduction des naissances revenait en force sur le net, et notamment auprès des écologistes les plus militants.
Pour eux, l’équation est simple :

Moins d’habitant = Moins de consommation = Moins de pollution


En effet, posée comme ça, cette équation a le mérite d’être claire, simple, évidente. Cette terre est trop petite pour nous, il nous faut donc anticiper la diminution des matières premières nécessaires à la vie et d’ors et déjà penser en termes de survie. Aussi, tel l’équipage en perdition, on rationne les vivres et on évite d’accueillir à bord de nouvelles bouches…
Mouais… Évidente, évidente… Pas tant que ça en fait.

Tout d’abords, comme je l’ai dit, l’idée n’est pas nouvelle et on a l’habitude de l’attribuer à un certain Malthus. Thomas Malthus (1776-1834).
Pour ce cher Malthus, la solution aux famines et disettes récurrentes était qu’il fallait veiller à réduire le nombre de bouches à nourrir. En clair, si les pauvres étaient moins nombreux, ils auraient moins faim…
Car la théorie de Malthus a le gros défaut de ne concerner que les classes les plus basses de la société. Il est hors de question que ces précautions s’appliquent à la bourgeoisie et aux classes dirigeantes, cela ne concerne que la plèbe…
Un des corollaires à cette théorie est la prise de conscience que le XIXème siècle voit le début de l’essor scientifique et technologique. Pour le malthusien de base, ce progrès ne peut que faciliter la vie des travailleurs (à l’époque on disait encore le peuple), et donc en favoriser la reproduction… Ainsi, le malthusianisme d’origine se vit plébiscité par tout un pan de la bourgeoisie, inquiète de voir un trop grand confort donner des idées stupides d’émancipation à ceux qui jusqu’alors trimaient sans trop se plaindre. Donc, si l’on ne veut pas que les lapins nous envahissent, on limite la naissance des lapins. C’est simple.
C’est pour cela qu’au XIXème siècle le malthusianisme fut rangé dans la case des mouvements anti-modernité et devint un symbole d’opposition au progrès.

Quelques années plus tard, l’idée fut reprise par quelques économistes et, dirons-nous, quelques peut étoffée. C’est le mouvement anarchiste qui succomba à la facilité en reprenant les idées de Malthus et en ajoutant le fait qu’il serait des plus défavorable POUR le peuple que celui-ci fasse trop d’enfants, car ceux-ci seraient de toute façon utilisés comme chair à travail ou chair à canon… C’est ce qu’on appela le néo-malthusianisme.
Vous noterez au passage qu’il ne s’agit plus là de protéger les intérêts d’une classe supérieure, mais bel et bien d’empêcher que l’on abuse des classes laborieuses… Aussi le malthusianisme d’origine, plutôt prôné par les élites pour sauvegarder ses propres intérêts, devint par une de ces pirouettes tordues dont les théories politiques ont le secret, un combat mené par les plus éminents humanistes de l’époque. Ce que l’on appellera bien plus tard, la gauche…

Puis, au XXème siècle l’idée perdit un peu de son intérêt… La révolution industrielle, puis les deux guerres mondiales et l’indispensable effort de reconstruction qu’elles entrainèrent remisèrent la limitation des naissances parmi les concepts farfelus. Et ce jusque dans les années 70, avec le premier choc pétrolier et la naissance de l’écologie politique…

A cette époque pas si lointaine, on commença à se rendre compte que nous vivions sur une planète aux ressources limitées, et que la croissance démographique mondiale, et plus particulièrement celle du tiers-monde, nous conduisait tout droit à la catastrophe.

Parallèlement, les progrès sociaux d’émancipation de la femme et l’apparition de moyens contraceptifs sûrs apportèrent du grain à moudre aux néo-malthusiens. Ceux-ci s’emparèrent du combat féministe et le raccrochèrent à une politique de contrôle des naissances, seul alternative à leurs yeux à une catastrophe écologique aux proportions bibliques.
A ce propos, je tiens à m’inscrire en faux par rapport à ce que raconte Wikipédia sur le néo-malthusianisme. Pour moi, le mouvement de libération de la femme est un mouvement sociétal occidental qui n’a rien à voir avec le contrôle des naissances au niveau planétaire. Il s’agit d’une évolution normale et légitime propre à toute société moderne et éclairée. Et quand je dis éclairée, j’entends par là débarrassée de toutes contraintes religieuses… (Oui, vous pouvez dire bondieuseries à la con, c’est valable aussi.).
Aussi, quand je vois que l’on met dans un même paragraphe : Simone Weill, MLF, IVG, planning familial et écologie, je m’insurge ! Cela n’a rien à voir. Point barre.

Donc, l’idée du contrôle des naissances progresse au fur et à mesure que la peur du lendemain progresse elle aussi. Et cette idée a ressurgit récemment dans la bouche d’Yves Cochet qui propose d’instaurer une « grève du troisième ventre ». Notons, juste pour le fun, que l’expression grève du ventre est attribué à Octave Mirabeau, écrivain mais aussi anarchiste et néo-malthusien convaincu. Et Cochet de comparer l’incomparable en disant qu’un enfant aurait un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York. (!!!)

Bref, le malthusianisme revient en force. Après avoir été une idée de droite libérale, puis un concept révolutionnaire, la voilà qui devient le cheval de bataille de l’écologie avec un grand E… La célèbre WWF milite en son sens, de même que pas mal de groupes écologistes pour qui la décroissance économique doit forcément aller de paire avec la décroissance démographique.

Il n’en reste pas moins que c’est une idée à la con.

Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que ce n’est pas une idée fondée sur la logique mais sur un fantasme.

La natalité, qu’elle soit humaine ou animale, est une conséquence de multiples facteurs qui concourent à son augmentation ou à ça diminution. Cela n’a jamais, je dis bien jamais, été une cause de quoi que ce soit.
L’augmentation de la natalité est la conséquence d’un cadre de vie amélioré qui confère à la sécurité. Le niveau de sécurité augmente, la natalité aussi. Le niveau de sécurité baisse, la natalité suit le mouvement. C’est donc, bel et bien une conséquence d’un processus.
Dans le discours de nos écolos intégristes (osons le terme après tout), c’est l’augmentation de cette natalité qui devient la cause de tout. Pour preuve, il suffit de relire l’équation simpliste que je vous ai présentée plus haut, la population est bien en tête des variables, non ? Bon…
Donc, en fait il s’agit plutôt (à mon sens) d’un fantasme. Un fantasme récurant qui surgit en temps de crise et qui conduit l’être le plus réfléchis à désigner à la vindicte un ou plusieurs de ses congénères. C’est un vieux réflexe, maintes fois éprouvés, qui en ce qui me concerne me débecte au plus haut point tant il me rappelle les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité…
Car, soyons sérieux, à partir du moment où on envisage de forcer une population à restreindre sa natalité sous prétexte que le confort qu’apporte le monde moderne risque de disparaitre, cela revient à privilégier ce confort au détriment de la survie de l’espèce. Et puis surtout cela revient à présumer grandement de ce que fera notre descendance…
Sans compter que, la décroissance démographique est peut-être bien une solution, mais on fait comment pour l’appliquer ? On stérilise qui ? On s’attaque d’abords aux pays riches ou aux pays pauvres ? On délivre des permis de faire des enfants ? On lapide les parents des familles nombreuses ?
Et puis, prôner cette grève du ventre permet surtout, et c’est là qu’est pour moi le point le plus important, d’éviter de remettre en question l’ordre établit. C’est oublier un peu vite de se poser la question de l’actuelle répartition des richesses et des inégalités qu’elle crée.
Je le répète, la natalité est une conséquence. Changeons la façon dont on distribue les richesses de par ce monde, et vous verrez que la natalité s’adaptera en conséquence. C’est tout simple.
Alors pourquoi ils n’y pensent pas ? Pas envie de voir leur propre part du gâteau diminuer peut-être ?
Pour moi, si je reprends l’allégorie du bateau qui commence à manquer de vivres. Envisager les choses sous cet angles revient à réfléchir à comment réduire le nombre des membres d’équipage, alors qu’il serait sans doute plus simple, mais aussi plus dérangeant, de commencer à revoir les parts des officiers et du capitaine.

Une dernière chose, histoire que vous compreniez à quel point cette idée de malthusianisme écologique est perverse : Un des inspirateurs de Malthus déclara un jour vouloir "La régulation de l'emploi par la suppression des bouches inutiles". Ce monsieur s’appelait Adam Smith (1723-1790), père fondateur du libéralisme économique… Le contrôle des naissances serait donc de l’écologie libérale ?

samedi 4 juillet 2009

La photo de la semaine




L'origine du Monde...

Franchement, je ne sais pas ce vous allez pensez de cette photo.
Pour ma part, j’aime à croire qu’il y aurait beaucoup à en dire…


« L’insurrection qui vient » fait flipper la droite US

Vu dans Libé, cette petite analyse partisane d’un conservateur américain sur Fox News. En fait, si l’on écoute bien ce que dit le monsieur, il y aurait en ce moment dans les pays « désaffiliés » (c’est nous !) une montée croissante du « communisme » qui est propre à menacer les valeurs américaines.
Communisme ? Si je ne m’abuse, il n’en est pas question dans ce petit bouquin… Mais bon, on ne va pas discuter cent-sept ans sur les symboles propres à faire fantasmer le bon peuple US, ou bien sur la couleur du pantalon que porte l’épouvantail…
En fait, ce qui fait baliser les conservateurs, c’est que la traduction anglaise de « L’insurrection qui vient » (le 9 aout dans toutes les bonnes librairies américaines) risque de rappeler au peuple américain, aussi féru d’histoire comme de géographie comme chacun sait, ce que furent les bases même de sa révolution et, dans une moindre mesure, de sa constitution…
Car, même le petit français « désaffilié » que je suis, sait très bien que le deuxième amendement de la constitution US garantissant le droit de détenir une arme est issu du devoir que détient toute personne de se révolter contre un système qu’il juge inique…
Et c’est ça qui fait tant peur à ce chroniqueur de Fox News. Il a peur que cet exemplaire de la littérature subversive française provoque chez ses concitoyens une résonance en rapport avec les idéaux patriotiques qu’il prône lui-même à longueur d’année !
Si je ne m’abuse, l’expression qui convient serait « l’arroseur arrosé »…


Fox News fait de la pub pour l'Insurrection qui vient!
par liberation

mercredi 1 juillet 2009

Gwen et la quatrième dimension

Ce matin j’ai fait les courses.
Cela peut paraitre banal comme activité, mais aujourd’hui je peux vous dire que pour moi cette petite expédition au supermarché du quartier se révéla être une véritable expérience bizarroïde, quelque-chose proche de la quatrième dimension…
Bon, je vais peut-être vous resituer la chose dans son contexte, ça sera sans doute plus clair. Parmi les nombreuses tuiles qui me sont tombés sur le coin de la gueule ces derniers temps, il en est une qui a particulièrement retenu mon attention…

Figurez-vous que par l’intermédiaire d’un électrocardiogramme inopiné mon médecin traitant m’a annoncé très récemment que j’avais fait un infarctus… Oh, pas du genre de celui qui vous terrasse un quadra, avec douleur dans le bras, cri étranglé et écroulement sur le carrelage de la cuisine… Non, le mien était (d’après-lui) du genre silencieux, limite furtif, du genre de ceux qui arrivent pendant le sommeil. Un peu comme un pet nocturne, si vous voyez ce que je veux dire.
L’annonce de la chose m’a quelque peu bouleversé les chakras, comme vous vous en doutez… Mais bon, fidele à moi-même, j’ai remisé l’info dans la case « prédigestion » et j’ai vaqué à mes petites affaires. Au même moment ma chatte vivait ses derniers jours, moi-même j’avais un important rendez-vous à préparer (mentalement je veux dire), aussi j’ai confié à mon inconscient le boulot qui consiste à digérer les mauvaises nouvelles. Digérer les mauvaises nouvelles certes, mais également commencer à appréhender l’avenir…

Donc, une fois que j’ai eu ingéré/digéré l’événement, je m’en suis ouvert à quelques amis pour prendre quelques décisions et tester ma détermination à les respecter. Ca, c’était ce week-end.

Ce lundi, j’avais rendez-vous avec un cardiologue, histoire de préciser plus avant le diagnostique du généraliste… Bonne nouvelle ! Il n’y a pas plus de traces d’infarctus que de beurre en broche ! J’ai eu droit à tout, électro, échographie, rien ! Quedalle ! Mon cœur (d’après lui) fonctionne même plutôt bien ! Par contre, et là c’est moins drôle, avec les constantes que je me paye (le cholestérol à 2,30, les triglycérides à 2,70 et la glycémie à 1,40), l’infarctus me guette effectivement du coin de son œil torve, mais également son copain le diabète…

Au final, même si je suis content tout plein de n’avoir pas griller une partie, aussi petite soit-elle, de mon cœur, il me faut quand même appliquer mes résolutions… Et ces résolutions peuvent se résumer en un mot que je sais honni de tous : REGIME !

Or donc, ce matin je me pointais à mon petit super U pour faire mes premières courses d’homme célibataire mais raisonnable…
Le fait est que je n’y avais pas vraiment réfléchis avant, aussi lorsque je suis entré et que j’ai passé le portillon je me suis retrouvé comme un con. A ma droite, commençait mon parcours quasi-rituel avec le rayon des pains de mie… C’est pas bon pour ce que j’ai ça, le pain de mie… C’est un truc du genre à vous tenter de le manger par deux avec plein de beurre au milieu… Non, faut pas !
J’étais complètement désemparé, perdu comme un con avec mon panier à roulette dans une main et ma canne dans l’autre !

J’ai donc alors marqué un temps d’arrêt, là planté devant l’entrée, et j’ai réfléchis un grand coup (Ouch !). Je me suis dit, puisque tout ce que tu manges d’habitude est mauvais pour toi, tu n’as qu’à ne plus prendre les mêmes choses ! Et puis, les trucs indispensables mais qui sont quand-même pas bon pour toi, soit tu changes de marque, soit tu divises la consommation par deux ! Voilà !

Et c’est donc avec ces préceptes en tête que j’ai commencé mon périple à travers le magasin… L’allure scrutatrice, le pas lent limite hésitant, le sens de l’orientation complètement à la ramasse j’ai entrepris de remplir mon panier à roulette.

Oh putain la galère ! Pour acheté 14 article j’ai bien du mettre une heure !
Je passe devant les conserves et je décide de m’acheter une boite de paella. La paella rentre dans la résolution « je divise par deux », car d’habitude je me farcie la boite de 1000g en un seul repas. Donc là, je me dis ok pour la paella mais elle te fera la journée ! Bien. Ok. A peine avais-je déposé la boite dans mon panier, que je me souviens de ce que m’a dit Lucifer à propos de l’huile de palme ! Je reprends la boite et je me mets donc à déchiffré, l’angoisse au cœur, le minuscule texte qui relate la composition de ma paella chérie… Pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, pourvu qu’il n’y ait pas d’huile de palme, …. Ouf ! Huiles de soja et colza ! Soulagé, je repose la boite dans le panier et je reprends mon chemin en me disant que ces courses allaient être dures, très dures !
C’est quoi déjà l’huile qu’il te faut ? Ah oui, tournesol ! Donc je prends une bouteille d’huile de tournesol pour remplacer celle d’olive qui me servait à tout, même la cuisson des steaks ! Emporté par mon élan, j'en profitais pour m'emparer de ce qui devra dorénavant remplacer ma mayonnaise chérie: La Piccalilli Extra ! Un truc plein de machins verts dedans et sans une goutte de gras !
Je passe au large du rayon des pates fraiches. Inutile de tenter le diable, les capelletis à la viande ne sont plus au programme… Alors que je faisais mine de m’arrêter devant les chinoiseries, je me suis dit que les nems non-plus aussi ne faisaient plus partie du programme… Ca commençait à devenir lassant !

J’ai donc foncé à toute vitesse vers les desserts. Là, sans même réfléchir, je me suis emparé de la dernière boite de Danette au chocolat noir extra… Entendons-nous bien, je suis prêt à faire tout plein de sacrifices, mais je suis désolé les Danettes au chocolat noir extra ne font en aucun cas partie de ceux-ci ! Sui-je bien clair là-dessus ? Les Danettes au chocolat noir extra, c’est sacré ! C’est mon Effexor® à moi !
Néanmoins, titillé par une soudaine petite culpabilité des familles, je me suis mis à la recherche de quelque-chose pour remplacer mes yaourts à la grec, et j’ai finalement opté pour des Taillefines à 0% de matière grasse. Avec un peu de sucre roux, je me dis que ça doit être mangeable…

Puis direction la viande. Il parait que j’en mange trop, donc je me dis que dorénavant se sera viande une fois par jour et pas plus. Donc, fini les steaks hachés en paquet de dix, je décide de faire dans le qualitatif. Quelle est la viande la moins grasse ? Le poulet ! Donc, direction les poulets. Super ! Une promotion ! Quatre haut de cuisse de 100g chacun pour 1€50 ! Je prends ! Le tout étant bien sûr, de ne manger qu’un haut de cuise par repas et par jours… (Au secoure !)

Ensuite, j’ai pris une grande respiration, et je me suis dirigé vers l’endroit où ils mettent la nourriture pour les lapins. Le manque d’habitude, associé à un manque d’imagination et des prix prohibitifs me transforma de nouveau en statue de sel… J’étais là, mon pochon en plastique à la main, avec probablement sur la figure un air pathétique, à regarder les légumes et me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire avec ces machins. Vous croyez qu’il y aurait eu une bonne âme pour me secourir dans ma confusion ? Que nenni ! C’était démerde toi le Gwen !
Après moult hésitations, j’optais finalement pour quelques courgettes, des carottes, des brocolis, et un kilo d’haricots verts surgelés. Oui surgelés ! Entre 5€ et 0,87centimes on ne transige plus, c’est comme ça !

Ensuite je me suis dit que du poisson ça serait bien pour mon petit corps… J’ai donc acheté un beau filet de lieu noir (je préfère le saumon, mais c’est trop gras) de 400g en me promettant de le couper en deux… (Ce que j’ai fait sitôt arrivé à la maison, la moitié pour ce midi, et le reste au congélo, comme ça…. Pas de souci d’être tenté).

Pour finir, je suis revenu sur mes pas et j’ai fait mon dernier achat… Plus qu’un achat, un symbole : Le beurre. Dans un effort de volonté surhumain, j’ai saisi une plaquette de 250g plutôt que la grosse de 500g et je me suis dit en moi-même : Voilà ta ration pour la semaine, fais-la durer tu n’en aura pas plus. Amen.
Pour m’aider à respecter ce pacte solennel avec moi-même, j’ajoutais cependant quelques pots de crèmes fraiches à 3% de Matière grasse, histoire d’égayer un peu mes petits plats. Je me suis dit que la crème à 3% ça ne peut qu’être meilleur que le beurre demi-sel à 45% Hein ?

Mon panier à roulette passablement rempli, je me suis alors dirigé vers les caisses. Arrivé devant la demoiselle j’ai soudain réalisé que tout à mes pensées de régime, j’en avais complètement oublié de regardé les prix !
Et bien figurez-vous que je m’en suis sorti pour moins cher que d’habitude ! 25,47 € ! Alors que d’habitude, je m’en sors avec 30 à 40 € pour la semaine… J’étais dégouté.

Alors voilà. Je suis sorti du supermarché avec une drôle d’impression. L’impression que l’on a lorsque l’on fait quelque-chose pour la première fois et qu’en plus ce quelque-chose va à l’encontre de vos habitudes les plus tenaces. J’peux pas mieux vous la décrire… C’était surréaliste.
Mais bon, je suis content quand-même. Même si je sais que le boulot n’ai pas fini, il faut encore que je respecte les rations que je me suis imposé, je suis content d’avoir enfin fait l’acte, cet acte si chargé de symbole pour moi.
Car il faut bien que vous compreniez une chose mes chers lecteurs, manger est pour moi un de ses plaisirs simples que j’avais décidé de mettre en exergue pour le bien de ma santé mentale…. Aussi, je pense que vous comprendrez mes réticences à devoir sacrifier une grande partie de mes habitudes culinaires, au risque de perdre plus haut ce que je m’efforce désormais de gagner plus bas… Bref, je vous jure que ce n’est vraiment pas évident.
Allez, je vous laisse, j’ai mon repas à préparer : Au menu, filet de lieu noir poêlé accompagné de sa farandole de brocolis, relevés avec une petite sauce fleurette parfumé à je-sais-pas-quoi-encore. Et pour finir en beauté, un délice de la prairie parfumé au sucre des Iles !

C’est pas beau la vie ?