Je voulais vous dire…


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mercredi 14 janvier 2009

Culture et identité nationale, même combat !

Allez ! Courage les enfants ! On continu dans la tournée des vœux présidentiels !
Rassurez-vous, l’agenda n’annonce toujours rien au-delà du 16 janvier… Donc logiquement vous et moi devrions en avoir bientôt fini avec ces analyses quotidiennes.

Alors cette fois-ci, il s’agissait des vœux au Monde de la Culture. Personnellement, je vous l’avoue, je me demandais ce que le PGE pouvait bien avoir à dire sur le sujet… Tout un chacun sait que le Président Sarkozy ne brille pas par son amour immodéré des arts, loin s’en faut. Et tout le monde sait également, que le milieu artistique dans son ensemble, le lui rend bien.

Et bien, mes chers amis, sachez que je n’ai pas été déçu pour un sou ! Je crois bien que jusqu’à présent c’est dans ce discours-ci que Sarko a été le plus subtilement insinuant, et, dans un certain sens, le plus effrayant…

Pour lui, en temps de crise les français ont besoin de se tourner vers une culture qui est à même de lui apporter du sens, des repères, des valeurs et une identité. Identité… Le mot reviendra pendant tout le discours. Inlassablement martelé. C’est idéologiquement cohérent avec sa pensée et on verra plus loin qu’il ne s’agit pas comme on pourrait légitimement le supposer, d’identité culturelle, mais bel et bien d’identité nationale.

Paradoxalement, même si l’identité de notre pays semble le préoccuper, il fustige en même temps l’immobilisme des structures qui est un frein à l’audace et à l’innovation… Et de prendre pour exemple les multiples oppositions qui se dressent pour des raisons diverses contre les grand projets architecturaux du genre, le Grand Paris ou encore les tours.
Si je comprends bien, les règles d’urbanisme, celles qui permettent d’éviter que l’on fasse tout et n’importe quoi, vont se voir assouplir afin que « les architectes puissent s’exprimer librement ».
Je ne sais pas vous, mais moi je me dis que si Sarko avait quelques amis dans le BTP, cela ne m’étonnerait pas.

Autre cheval de bataille, la création d’un musée sur l’histoire de France. Là on se dit que le Sarko, il a peut-être envie de faire comme ses prédécesseurs et de laisser une trace pour les générations futures… Ou peut-être pas. Car le projet est plus ambitieux à ses yeux que le fait de laisser des cailloux avec son nom dessus. Le futur musée sera chargé de montrer l’histoire de notre pays dans sa « cohérence » ( ?) et de renforcer, là encore notre identité… Il précise par ailleurs qu’il s’agit-là de l’identité nationale et non culturelle.
Il me revient tout à coup en mémoire sa conception de notre identité française, ses racines chrétiennes, etc…
Et soudain, j’ai peur. Je me dis que décidément, cette intervention prend une tournure qui me déplait… J’ai l’impression de me retrouver l’année dernière, à peu prêt à la même époque, et de réentendre ses convictions douteuses sur la place de la religion dans la société. Je ne me trompais pas… Mes doutes se sont vite trouvés confirmés dans l’annonce qui suivit.

Le ministère de Culture se trouve crédité de 100 millions de plus pour son travail de rénovation et d’entretien du patrimoine culturel. C’est une bonne chose me direz-vous… Sauf que le président précise bien qu’il s’agit là d’un budget qui servira en priorité à la rénovation des édifices religieux, car il s’agit, toujours, d’une question « d’identité, de sens, de respect de notre culture… »
Ça-y-est, vous commencez à comprendre où il veut en venir notre Président Catholiquement Élu ?
Par ailleurs, il souhaite que le mécénat se généralise, sans conditions, pour permettre à ceux qui le souhaitent (personnes privées et entreprises) de pouvoir financer la rénovation d’établissements protégés publics et privés…
Je ne sais pas vous, mais moi je me dis que si Sarko avait quelques amis désireux de baisser leurs impôts, cela ne m’étonnerait pas.

Pour ne pas rester sur le bord de la route, notre PGE s’est autoproclamé président d’un Conseil Pour la Création Artistique ! Celui-ci sera chargé de «recentrer les aides sur l’excellence artistique», de promouvoir la recherche, la divulgation, et le marché de l’art ! (N’oublions pas le marché, c’est important).

Alors, si j’ai bien tout compris, voici ce qu’il faut retenir de cette intervention :
Le ministère de la culture est bien plus soutenu que celui de l’éducation, pour peu qu’il assume sa nouvelle fonction de ministère de l’identité nationale. Les règles de l’urbanisme seront assouplies pour filer un coup de main aux maçons. Des facilités seront offertes aux plus riches de réduire leurs impôts pour peu qu’ils investissent dans le mécénat.
La culture, c’est bien tant qu’elle transmet les vraies valeurs de la France éternelle et chrétienne. Les fondements de la laïcité, on s’assoit dessus pour peu que nos églises soient belles… C’est tout ? Je n’oublis rien ? Ah si ! Afin que la splendeur de notre pays profite aux plus grand nombre, les musées nationaux seront gratuits pour les moins de 25 ans.

Souriez les amis ! Le meilleur des mondes est pour demain !

mardi 13 janvier 2009

Omniprésence


Je vous l’ai dis dans mon billet précédent, je me suis tourneboulé la tête pour vous pondre ces quelques lignes sur les vœux au Personnels de l’Education… Le tourneboulage a cela de bien, qu’il me permet de faire quelques recherches sur le net et de fouiner un peu partout à la recherche d’informations. Et, en l’occurrence, je me suis aperçu de quelque chose…

Cette année, notre PGE fait très fort. Un peu comme s’il avait quelque-chose à prouver… J’ai bien une petite idée sur ce qu’il a effectivement à prouver, mais je me la garde pour plus tard.
Si comme moi, vous êtes un habitué du site Elysée.fr (hi-hi !), vous aurez remarqué que cette année est différente des précédentes. Cette année, notre Président Glorieusement Elu (PGE pour les initiés) a décidé que ce serait à lui de présenter tous les vœux possibles et imaginables au peuple français. La soirée du 31 décembre ne devait pas lui suffire apparemment, puisqu’il se tape la tournée des popotes jusque-là dévolue aux ministres concernés…
Voici son agenda pour la première moitié du mois de janvier :

31.12 : Vœux à la Nation
06.01 : Vœux aux armées.
07.01 : Vœux aux parlementaires et au Conseil municipal de Paris au Palais de l’Élysée et vœux du gouvernement lors du conseil des ministres.
09.01 : Vœux aux personnels de Santé
12.01 : Vœux aux personnels de l’Education nationale, et vœux aux représentants des forces religieuses au Palais de l’Élysée.
13.01 : Vœux au monde culturel le matin et vœux au Conseil Constitutionnel, au Conseil d'Etat, à la Cour de Cassation et à la Cour des Comptes, l’après-midi.
14.01 : Vœux aux acteurs de la sécurité
15.01 : Vœux aux forces économiques
16.01 : Vœux au corps diplomatique étranger.

Vous pouvez me faire confiance, j’ai vérifié, c’est bien la première fois dans toute l’histoire de la cinquième république que les choses se passent ainsi.
Outre l’évident symbole de la concentration des pouvoirs que cette tournée représente, on peu y voir également une réponse stratégique aux quolibets et autres qualificatifs que son opposition l’affuble. Déjà, la semaine dernière Nicolas Sarkozy se targuait de préférer être un omni-président plutôt qu’un roi fainéant. Force est de constater que la meilleure façon de combattre une accusation, c’est encore de s’en emparer et de jouer au même jeu que ses petits camarades. Mitterrand lisait Machiavel, Sarko a dû faire de l’Art de la Guerre de Sun Tzu, son livre de chevet. Décomplexé le petit bonhomme donc, et revêtir tous les habits à la suite l’un de l’autre ne lui fait pas peur. Quant à savoir si les ministres concernés apprécient de se voir ainsi dépossédés de leur pouvoir représentatif, on n’en saura rien, tant la discipline règne dans les rangs…
De plus, cela permet à notre PGE d’occuper non-stop les médias pendant le mois de janvier. Tous les jours un discours, tous les jours une annonce. L’impression est que Nicolas est partout, Nicolas s’occupe de tout, Nicolas est Dieu…

J’ai remarqué également une autre différence entre 2008 et 2009, concernant les vœux… Les vœux aux Autorités religieuses, ont été remplacés par les vœux aux forces religieuses. Au même titre que les forces économiques, les religieux sont donc maintenant des forces et non plus des autorités… Mouais… Entre Sarkozy qui se prend pour Dieu et la religion qui devient une force, je me demande s’il ne va pas nous refaire le coup de la place du prêtre dans l’éducation de nos chères têtes blondes…

On va encore dire que je pense à mal, et que je fais de l’antisarkozisme primaire !

Rien de nouveau à Saint-Lô

Vous savez quoi ? J’ai récidivé ! Je veux dire par là que je me suis encore une fois tapé Sarkozy dans le texte et dans la gesticulation. Bon, je sais que vous trouvez ça admirable, que vous saluez tous mon abnégation et mon courage… Je sais également que vous vous demandez comment cela est humainement possible. A cela je vous répondrais, modestement, que si je peux le faire sans tourner de l’œil, c’est que c’est à la portée de tout le monde.
Je dois vous faire une confidence, je commence à prendre goût à cet exercice. Le gus est brillant, quoi qu’on dise sur lui par ailleurs, et je commence à lire assez bien entre les lignes de son discours. Ou entre les lignes du discours d’une de ses plumes, c’est idem.

Cela-dit, je dois vous avouer que je tourne un peu en rond avec son discours d’hier… J’ai beau tournebouler tout ça dans ma tête, me repasser la vidéo une fois, deux fois, trois fois… Je n’arrive pas à en tirer une quelconque analyse. Donc, je me dis que si je n’y arrive pas, c’est que probablement il n’y a rien à en dire… Ou que je suis fatigué. C’est soit l’un, soit l’autre…
Hier, le président s’est rendu à Saint-Lô pour présenter ses vœux aux personnels de l’Education nationale… Moi, bêtement, je m’attendais à quelque chose de fracassant, de provocateur. Je me disais que l’on allait peut-être assister à une annonce susceptible de sauver le monde de l’éducation de sa désespérance, ou de l’enfoncer encore plus, alors qu’à l’extérieur de la salle où se tenait le discours, les CRS chargeaient allègrement les manifestants venu vilipender notre nain national… Je dois bien l’avouer, je suis resté sur ma faim.
Alors bien sûr, on a eu droit au discours habituel sur l’immobilisme. Vous voyez à quoi je fais allusion ? L’immobilisme qui est l’apanage de ceux qui s’opposent aux réformes ! Car il est évident, pour lui, que si on n’aime pas ses réformes, c’est que forcément on est un partisan d’un statuquo de bon aloi. « On est d’accord pour que les choses changent, mais dès qu’il faut changer, on est plus d’accord ! » ne cesse de marteler le président.
Evidement, il ne lui viendrait pas à l’esprit que si on est initialement d’accord pour réformer, on peut ne pas être d’accord avec sa réforme et sa conception du changement… Non, ça, ça ne lui viendrait pas à l’esprit de notre PGE… Parce que les réformes de Sarkozy sont forcément bonnes, et les profs forcément des fainéants idéologiquement corrompus.
De plus, il convient de souligner qu’au final, ces mêmes profs portent sur leurs épaules la responsabilité de l’échec des enfants qu’ils prétendent défendre. Honte sur eux ! Ces enfants qu’il convient de mener vers l’excellence, rien de moins, pour gagner ainsi la bataille de l’intelligence ! (C’est beau… On dirait du Guaino).

Mais bon, comme apparemment, quoiqu’on dise, ça ne passe pas, le président à décidé de changer les intervenants de la réforme. Exit le Darcos, et bonjour messieurs Hirsch et Descoings !
Le premier, maintenant que le RSA est en place (ah bon ?), se retrouve sans mission et dispose, last but not least, d’un capital sympathie inentamé. Il devient Haut Commissaire à la Jeunesse. Pour Sarkozy, si les jeunes défilent dans la rue, c’est qu’il existe un malaise au sein de notre jeunesse, et qu’il convient d’y apporter une réponse. Nos jeunes ne défilent pas pour protéger le système éducatif, mais parce qu’ils sont malheureux et on va donc leur présenter un homme qui saura les écouter et répondre à leurs angoisses… Je le crois pas ça… Avant, on avait un ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, et maintenant on va avoir une ministre, un secrétaire et un haut commissaire pour s’occuper de chacun de ses postes ! L’éducation réclame du personnel, mais c’est le gouvernement qui recrute !

Le second, c'est Richard Descoings, directeur de science-po Paris, sera responsable d’une mission de concertation, chargée de recueillir les avis de tous les acteurs, enseignants, lycéens, parents d’élèves etc, et de compiler tout ça pour qu’à la rentrée 2010, tout soit prêt. Autant dire que, comme l’avait annoncé Xavier Darcos : On reprend tout et on recommence, mais pas avec les mêmes. Darcos est grillé, éparpillé façon puzzle, on met donc en face des syndicats d’enseignants, des personnes beaucoup plus consensuelles.
Donc, pas de vrais changements, comme vous pouvez le constater. L’esprit demeure, mais c’est la méthode qui change. Espérons seulement que les enseignants ne se laisseront pas berner par une manœuvre aussi évidente qu’inutile.

Bon… Aujourd’hui, nous allons avoir droit aux vœux au « monde culturel ». Je ne vous garantis pas que je regarderais la retransmission en direct, car si c’est comme hier, je risque de perde mon temps. Mai, je jetterais quand même un œil, on ne sait jamais…

jeudi 8 janvier 2009

Vous avez dit justice ?

On sait tous que le mois de janvier, c’est celui qui débute l’année calendaire. C’est le mois qui, par tradition, sert à tout un chacun à souhaiter de bonnes choses à son voisin. Traditionnellement aussi, les dirigeants de tous poils s’expriment de façon condescendante et parfois hypocrite, aux masses qu’il domine pour leur présenter leurs vœux mais également faire passer un message…
Depuis l’année dernière nous savons que notre Président aime à utiliser ces moments pour énoncer sa volonté suprême. Et c’est ce à quoi nous avons eu droit hier, lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation. Si vous désirez écouter l’allocution dans son entier, vous n’avez qu’à cliquer ICI… Mais bon, si vous avez la flemme, vous pouvez peut-être également me faire confiance et continuer de rester avec moi pour lire ce que j’en pense.

Jusqu’ici, l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation, était une tribune purement formelle, où le boulot du Président de la République consistait simplement à annoncer l’ouverture de la cession et sa totale confiance en la justice de son pays… Cette position neutre et de bonne figure, permettant de signifier ainsi au peuple que la justice reste indépendante du pouvoir en place. Et bien cette année, grand chamboulement ! Nicolas Sarkozy, à clairement signifié au parterre de magistrats devant lesquels il s’exprimait, qu’il ne l’entendait pas de cette oreille (ni d’une autre d’ailleurs), mais qu’il entendait plutôt jouer le rôle du conducteur d’attelage qui indique à ses mules dans quelle direction celles-ci doivent marcher.

Après avoir qualifié la justice française de troisième pouvoir, et relevé que celui-ci était miné par un « syndrome syndical », « issu de 1968 » (si je vous l’assure ! Vous n’avez qu’à vérifier !), il a enfin annoncé ce qui fait l’objet du présent article… J’ai nommé la suppression du poste de juge d’instruction.
Pour en arriver à cette mesure, notre PGE s’est, bien évidemment, appuyé sur l’image calamiteuse de l’affaire d’Outreau et sur une procédure qu’il qualifie « d’inadaptée et lourde » et « pas suffisamment respectueuse des droits des personnes ».
Pour lui, la preuve doit primer sur l’aveu et il juge qu’il est dorénavant impossible au juge d’instruction de mener à bien sa mission, qui est d’instruire une affaire à charge ET à décharge. Donc, exit le juge d’instruction et bienvenue au juge DE l’instruction chargé de surveiller l’enquête menée par le seul parquet…
De même, par voie de conséquence, exit le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) qui lui, comme son nom l’indique, est décisionnaire de la détention ou de la liberté des personnes sur avis du juge d’instruction. De même encore, pour notre PGE, puisque le secret de l’instruction est difficile, voir impossible, à faire respecter… Et bien on le supprime ! Point barre. On le remplace par une audience des charges, publique !

Bon, si vous êtes arrivés jusqu’à ce point, chers lecteurs, c’est qu’à priori le sujet vous intéresse, ou du moins vous attendez vous à ce que j’en termine avec l’argutie juridique et que je vous dise enfin pourquoi je ne suis pas d’accord avec tout ça. Rassurez-vous, j’y viens. Mais comme il s’agit d’un sujet sérieux, je dirais même fondamental, il convient de bien situé les propos de l’autre tache pour en saisir la teneur destructrice dans son envergure la plus entière… (Si ça c’est pas du style ampoulé, je ne m’y connais pas !).

Il est vrai que le citoyen français est paradoxalement peut familiariser avec les tours et les détours de sa propre justice. A moins d’y être directement confronté et guidé par un avocat patient, la plupart des français n’y comprennent quedalle et sont finalement beaucoup plus au fait des procédures américaines… La raison de cette méconnaissance me parait simple, même si elle est double.
Tout d’abord les français ne sont pas tous des criminels, ni même des délinquants (Y’a quand même une différence entre un crime et un délit, vous le savez ça ?), heureusement. Ensuite, et bien le citoyen téléspectateur a beaucoup plus de chances d’être le témoin des raffinements de la justice américaine que de la sienne propre. Car en effet, les séries ricaines sur le fonctionnement de la police et de la justice sont pléthores. (Ca s’accorde pléthore ?). On en est submergé à un point tel que le justiciable en vient à confondre ses droits avec ceux des citoyens de l’oncle Sam. On serait étonné de connaitre le nombre de personnes choquées de se voir refuser la présence d’un avocat pendant la garde à vue, ou encore étonnées que l’on ne leur lise pas leurs droits au moment de leur arrestation… Moi aussi d’ailleurs, mais j’imagine qu’elles sont nombreuses.

Et c’est donc maintenant que je vais vous parler d’une série que je regarde assez souvent, même si elle me fait bondir à chaque fois… Il s’agit de New-York Police District, également appelée New-York Police Judiciaire diffusée sur depuis 19 ans aux USA sous le titre original « Law & Order ». La loi et l’ordre, tout un programme n’est-ce pas ? D’ailleurs, dès les premières secondes, cette série annonce la couleur en commençant toujours par le même commentaire en voix off : « Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté par deux groupes distincts, mais d'égale importance : la police, qui enquête sur les crimes, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leurs histoires. »
Ce préambule a le mérite d’être clair, car il décrit parfaitement le fonctionnement du système US. Chacun joue son rôle : La police cherche les preuves contre le suspect, et le procureur (joué par Sam Waterston, l’inoubliable reporter de La déchirure) utilise ces preuves (et au besoin en cherche d’autres) pour accuser le suspect et lui faire reconnaitre sa culpabilité. La plupart du temps c’est à ce moment qu’ont lieux des tractations (qui à moi me font sauter à bas de mon canapé…) destinées à éviter à l’affaire d’aller devant un jury populaire. Des tractations du genre : Si tu plaides coupable, je requalifie le meurtre de ta femme de 75 coups de couteaux en homicide involontaire, et tu prends 15 ans au lieu de la peine de mort. Si le suspect s’entête à nier sa culpabilité l’affaire va devant un jury populaire et là, l’accusé risque sa tête. Autant vous dire que pour l’accusé, le choix est quelque peu restreint, car entre vivre ou mourir y’a pas photo.

Vous aurez remarqué que dans ce dispositif on ne parle pas de la défense de l’accusé… (Vous l’avez remarqué, non ? Ah quand même…) Si on n’en parle pas, c’est que la défense de l’accusé face à la machine judiciaire incombe à l’avocat et à lui seul. C’est pour ça que celui-ci est exigible dès les premières secondes de la mise en examen, car c’est le rôle de l’avocat de chercher les preuves permettant de disculper son client. Personne d’autre ne le fera à sa place ! Autant dire que sans avocat, le justiciable se retrouve sans défense et se fait bouffer tout cru. De plus, cela implique forcément que la défense de l’accusé se trouve nécessairement liée à sa faculté à se payer un bon avocat, avec les moyens de rechercher les preuves de son innocence, et que le péquin moyen ne se contentera que d’un avocat commis d’office, surchargé de travail et au budget proche de mon compte en banque le 10 du mois.

Bien, ça c’est la façon, au combien discutable vous en conviendrez, dont fonctionne la justice américaine. A ce stade de mon article, j’espère que vous commencez à deviner où je veux en venir ? Parce que si ce n’est pas le cas, vous devez vous demandez pourquoi je digresse ainsi sur une série télé, et que vient faire Sam Waterston dans les plans de Sarkozy !

Si je vous parle de tout ça, c’est que le discours de Sarkozy hier devant les magistrats est le prélude à une américanisation de notre système judiciaire. Ni plus, ni moins.

J’explique : En France jusqu’à présent les affaires nécessitant une enquête fouillée, sont menées par la police qui récolte les indices et qui les soumet à un juge d’instruction, lui-même requis par le parquet. Celui-ci est chargé d’instruire l’affaire à charge ET à décharge. Il recherche les preuves accusant le mis en examen (avant on disait l’inculpé, mais c’est la même chose), mais également il doit tenir compte des preuves qui disculpent ledit mis en examen. C'est-à-dire qu’il est responsable de la recherche de la vérité, quelle qu’elle soit. Les textes disent qu’il a pour mission de faire « tout acte utile à la manifestation de la vérité ».

On devine aisément que le juge d’instruction, pour pouvoir réaliser cette mission, se doit alors d’être une personne douée d’une impartialité à toute épreuve et d’un sens moral hors du commun. Et c’est souvent l’absence de ces qualités, de même que le poids des pressions subi, qui font du juge d’instruction la cible des critiques les plus diverses. Surtout lorsque celui-ci se plante et poursuit des innocents…
De même, pour pouvoir réaliser sa mission, le juge d’instruction se doit de disposer d’énormes pouvoirs discrétionnaires et d’une indépendance totale par rapport à toutes formes de contraintes. Qu’elles soient politiques, financières ou d’opinion. Et là, comment dire… Il y a certaines personnes qui considèrent qu’il est préjudiciable de se retrouver à la merci d’un magistrat disposant d’autant de libertés. Notamment celles de pouvoir fouiner là où a priori il ne faudrait pas qu’il fouille…
Car, dans les faits, le juge d’instruction ne s’occupe en moyenne que de 5% des affaires criminelles. 5% oui, mais ces affaires sont souvent des affaires liées à des sujets sensibles comme les meurtres, les crimes sexuels, mais aussi les délits financiers, les trafics d’influence, les détournements de fonds, et cætera, et cætera… On comprend alors, que certaines personnes susceptibles de se voir reprocher se genre de délit, soient on ne peut plus heureuse de voir disparaitre ce qu’ils appellent souvent eux-mêmes avec suffisance : les « petits juges ».

Lors de l’affaire d'Outreau, le haro avait été jeté sur le rôle du juge d’instruction. On lui reprochait essentiellement sa solitude et on mettait l’accent sur l’expérience requise par la fonction. Pour palier à cela, une commission d’enquête décida donc de soumettre l’action du juge à un collège de pairs, chargé de chapoter l’instruction et au besoin de recadrer s’il y a lieux… On commença même à remettre en question son indépendance et ses pouvoirs, au nom de la présomption d’innocence. Le scandale médiatique et populaire que cette affaire créa est à l’origine de cette réforme voulue par Nicolas Sarkozy.

Alors que faut-il réellement penser de cette réforme proposée par le chef de l’Etat ? Pardon, excusez-moi : « Edictée par le chef de l’Etat » serait plus juste.
D’après son discours, et comme le dit le Figaro.fr : « Oter au juge d'instruction ses pouvoirs d'enquête reviendrait à les transférer aux seuls magistrats du parquet, hiérarchiquement soumis au ministère de la Justice. ». Ce qui revient à dire que les enquêtes et les actions judiciaires seront menées par l’Etat et lui seul par le biais des procureurs et de ses substituts. Comme aux Etats-Unis. Quid de la défense du justiciable ? Aucune réponse n’a été apportée en ce sens par le chef de l’Etat, mais l’on suppose alors que le rôle de l’avocat en deviendra grandement augmenté, et que c’est sur lui que reposera la mission d’apporter la preuve de son innocence.
On s’éloigne donc ce qui fait notre droit depuis des centaines d’années, un droit issu d’une conception romaine de la justice, qui dit que la justice ne se rend qu’à l’issue d’une procédure inquisitoire. Inquisitoire, c'est-à-dire qui résulte d’une enquête qui se veut impartiale. On s’éloigne donc du droit romain pour se rapprocher du droit anglo-saxon qui lui, est basé sur une procédure accusatoire… C'est-à-dire, ben… accusatoire. Je t’accuse, et c’est à toi de me prouver que j’ai tord.
Vous voyez où le bât blesse ? En se cachant derrière des arguments fallacieux concernant la liberté individuelle, on en oubli le fondement de ce qui fait une bonne justice. C'est-à-dire que toute personne est innocente jusqu’à ce qu’on est prouvé le contraire. Et ça, je suis désolé, mais ce n’est pas rien. C’est même fondamental.

Alors, mes chers amis, et j’en finirais ici parce que ça doit commencer à vous paraitre long comme article, j’espère qu’avec toute ma prose vous aurez compris pourquoi je considère que cette réforme est une belle merde.
Certes, je conçois qu’il faille réformer le statut du juge d’instruction. Il conviendrait de le soutenir et de le sortir de son isolement mais en faisant en sorte de conserver cette indépendance qui est le garant d’une bonne justice. Mais ce que propose l’autre tâche, c’est ni plus ni moins que de nous faire copier le système américain. Avec tout ce que cela implique d’iniquité et d’erreurs judiciaires.
Pour moi, le système judiciaire, tout comme l’Etat d’ailleurs, est là pour assurer aux citoyens qu’ils seront traités avec impartialité et que leur défense sera assurée contre toute forme d’abus. Donner au seul parquet le pouvoir de poursuivre le citoyen sans tenir compte des éléments pouvant le disculper, reviendrait à instaurer une justice à deux vitesses, basée sur la présomption de culpabilité.
Jusqu’à présent le justiciable s’adressait au juge d’instruction en sachant que ses explications seraient prises en compte… Il disposait d’un interlocuteur disposé à l’écouter. C’est d’ailleurs pourquoi on appelle ça une audition. Si la réforme aboutit, le justiciable se retrouvera uniquement face à un procureur dont le rôle est de le foutre en tôle.
On se retrouve avec une justice dont la devise devient :

Vous êtes tous coupables, jusqu’à ce que vous ayez les moyens de prouver le contraire…

Et ça, franchement, j’ai pas envie.


mardi 6 janvier 2009

La vacance d’Obama

Ce matin, alors que je peine à émergé d’un sommeil lourd et plein de rêves, je m’interroge sur cette tournure que prend notre monde en cette première semaine de l’année…

Je me souviens, il n’y a vraiment pas si longtemps, la planète entière s’est enthousiasmée pour l’élection du premier noir à la Maison Blanche. Au-delà de l’immense pas en avant que représente cette élection, à nos yeux de français bien ancrée dans nos traditions un tantinet racistes, l’élection d’Obama avait permit de distiller l’espoir à pas mal de monde.
Tous les qualificatifs ont été employés à son sujet, démontrant ainsi que ce changement reflétait une réelle envie du peuple américain, mais également de la plupart des terriens… Parmi le concert d’éloge, je me souviens avoir entendu la voix discordante d’un commentateur politique (je ne sais plus qui, ni où), qui disait en substance que l’élection d’Obama comportait en elle un énorme risque… Celui de décevoir. Il prédisait même que les USA allaient probablement s’enfoncer dans une crise sociale et raciale sans précédent du fait qu’Obama ne pourrait rien faire contre l’écroulement du monde, tel que le connaissaient les américains.
L’analyse de ce commentateur, m’avait frappé à l’époque, car il dissonait énormément par rapport à l’enthousiasme ambiant…
Avec quelques semaines de recul et au vue de ce qui se passe en ce moment, ses mots résonnent différemment à mes oreilles.

Alors, j’entends de partout dire que la politique américaine est en stand-by, pour des raisons de déshérence gouvernementale… En effet, Barak Obama ne sera président des Etats-Unis qu’à partir du 20 janvier. C’est comme ça qu’ils pratiquent là-bas, le monde peut bien s’écrouler, entre novembre et janvier, une fois tous les quatre ans, les américains se mettent sur pause et cessent de se mêler de tout. Enfin… C’est ce qui se dit de par les rédactions journalistiques, et c’est probablement ce que pense notre Président à nous lorsqu’on le voit gesticuler de-ci-delà.
Parce que, franchement, vous n’allez pas me dire que ce ballet improbable qu’a entrepris notre tourbillonnant PGE dans sa tournée des capitales du Proche-Orient, a des chances d’aboutir à quelque-chose ? Faut pas rêver… Malgré les déclarations gouvernementales ; Comme quoi : Même si c’est impossible, il faut tout tenter pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza. Nous, on est plutôt tenter de penser que les gesticulations de notre zébulon ont pour but d’occuper la scène médiatique le plus possible pour sa satisfaction personnelle et ses ambitions…

Mais revenons à Obama. Alors comme ça, un pays leader comme les Etats-Unis, serait capable de s’arrêter pendant deux mois et demi ? Qui pourrait croire une telle chose ?
Moi en tous cas, je n’y crois pas un seul instant. Je ne crois pas qu’un pays puisse se permettre cette vacance et j’ai également du mal à croire qu’Israël puisse bouger le petit doigt sans un accord préalable de son principal soutien. A partir de là, il m’est facile d’imaginer qu’Obama soutient Israël, et qu’il profite de cette opportunité que lui offre le calendrier pour laisser son chien dévorer toutes les poules du voisin. Parce qu’au 20 janvier, face à l’hostilité du monde, il sera bien obligé de mettre le holà aux exactions israéliennes. Mais il sera trop tard : Le mal aura été fait. Un mal sans réelles conséquences dans la durée, puisque les roquettes recommenceront tôt ou tard de pleuvoir sur les villes frontalières…
Parce que si Obama avait voulu faire quelque-chose, il l’aurait fait, un point c’est tout. J’en veux pour preuve son intervention dans la gestion de la crise financière. Il s’en est bien mêlé, non ?


Alors, en ce froid matin de janvier, je continu à penser que le vent d’espoir qui souffla sur le monde en ce mois de novembre 2008, se soldera par une déception pour les naïfs qui y ont cru. Rien ne changera vraiment dans la politique américaine. Elle continuera à privilégier ses intérêts propres, financiers et idéologiques, au détriment de l’humanisme le plus évident. Elle continuera à nous vendre du libéralisme en nous disant que c’est pour notre bien. Elle continuera à nous dire qu’attaquer les musulmans terroristes où qu’ils se trouvent sur la planète c’est pour le bien de l’humanité toute entière. Elle continuera à nous entrainer dans le fond du gouffre… Pour notre bien.

Et nous ? Qu’est-ce qu’on va faire ?

PS : 12H15 : Apparemment je ne suis pas le seul à me poser des questions sur l’absence d’Obama. Jean-Michel Aphatie, lui aussi, se demande pourquoi le président des Etats-Unis se tait… Et si son silence est une posture alors qu’il intervient tous azimuts dans la politique intérieure américaine. Comme quoi, les grands esprits se rencontrent peut-être, ou plus certainement les grandes questions se posent à tous…
A moins qu’il m’ait copié le bougre !

vendredi 2 janvier 2009

Le feu aux poudres

Je viens de relire mon billet du 31 décembre… Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’était pas d’un optimisme fracassant. Mais que voulez-vous, la situation nationale et internationale étant ce qu’elle est, si on veut être un tant soit peu sincère et objectif, on ne peut pas être d’un fol optimisme.

Je subodorais une année 2009 pleine de lutte et de fureur, et l’actualité n’a pas attendue pour illustrer mon propos. Elle l’a même devancée, si l’on considère le fait que la bande de Gaza est pilonnée sans relâche depuis le week-end dernier, et qu’hier le cap des 400 morts a été dépassé…
Comme toujours lorsqu’il s’agit du conflit israélo-palestinien, la communauté internationale réagit différemment selon les accointances de chacun. L’ONU demande un cessez-le-feu immédiat et la reprise des négociations de paix. Soyons clair, c’est son boulot, et on serait déçu si cette auguste et inutile organisation ne le faisait pas. Les pays arabes appellent également à un cessez-le-feu, bien sûr, et vilipendent le massacre des innocents. L’Europe elle, se veut médiatrice et propose une intervention humanitaire... Bref, tout le monde s’agite et commente l’événement, mais en attendant, les bombes et les missiles air-sol continuent de pleuvoir.

Hier après-midi, notre président de la république rencontrait la ministre des Affaires Etrangères israélien, Tzipi Livni. Moi, je vous le dis franchement, je n’ai pas compris ce que cette rencontre non programmée venait faire dans le paysage. Naïvement, je me suis dit que Sarkozy se prenait encore pour le président de l’Europe et ne s’était pas résolu à retirer son costume de sauveur du monde. Et puis, c’est vrai que la France est coutumière des négociations diplomatiques… D’ailleurs ne dit-on pas que si l’anglais est le langage du commerce, le français, lui, est celui des diplomates ? Moi en tous cas, c’est ce qu’on m’a appris à l’école…
Mais non, ça ne devait pas être ça, puisque à l’issue de la rencontre, notre président n’est apparu nulle-part pour clamer les résultats de son intercession. La seule à s’exprimer fut la ministre israélienne.

Et puis j’ai compris ! Ce matin, à la lecture des différents journaux en ligne, j’ai enfin compris le pourquoi du comment d’une telle rencontre !
Notre président, qui s’envole aujourd’hui pour le Liban dans le cadre d’une tournée des pays du Proche-Orient, recevait tout simplement ses ordres de marche !

Houla Gwendal ! Qu’est-ce que tu nous dis là ? Tu n’exagères pas un peu ? Quelles sont tes arguments ?

Calmez-vous, amis, je vais vous soumettre mon raisonnement et vous me direz s’il est tiré par les cheveux ou pas…

Le 31 décembre au soir, lors de ses vœux aux français Nicolas Sarkozy annonçait qu’il partait prochainement faire le tour des pays concernés par le conflit israélo-palestinien. Initialement prévu à partir du lundi 5 janvier, notre PGE a apparemment changé ses plans puisque c’est aujourd’hui que son périple commence : Liban, Syrie, Egypte, Palestine, Israël.
Puis, le lendemain, alors que rien n’était prévu au calendrier, ne voilà-t-y pas que Tzipi Livni se pointe à l’Elysée ! La réunion se passe, et à la sortie rien ne filtre si ce n’est les commentaires absolument pas rassurants de la ministre. Pour elle, pas question de cessez les bombardements : «Nous prendrons notre décision le moment venu» a t’elle dit.
Puis, et là cela devient inquiétant, elle a : «remercié le président Sarkozy pour sa compréhension». «Il est très au fait de la situation de la complexité de notre région, il comprend la nature de la menace à laquelle Israël fait face».
Elle a ajouté : «Ensemble, nous essayons de voir quelle est la meilleure stratégie, la meilleure tactique pour atteindre cet objectif, dans la compréhension qu’il ne s’agit pas d’un problème israélien, mais que d’une certaine manière Israël se trouve en première ligne du monde libre et est attaqué car nous représentons les valeurs du monde libre, dont la France»

Mouais… Alors comme ça, Sarkozy doit faire une tournée des pays concernés, dont Israël, dans le but de faire avancer la paix, et la veille de son départ, il rencontre la personnalité politique montante du pays qui fout la merde. Celle-ci annonce, la bouche en cœur, que son pays va continuer à n’en faire qu’à sa tête, et que la France est un pays compréhensif des problèmes israéliens, et lui il part, tranquille, porter la bonne parole…
Je suis désolé, mais pour moi, cela ressemble fort à la consultation d’une feuille de route, ou pire, à une prise d’ordres.
Au mieux, c’est une faute diplomatique grave.
Oh ! Bien sur ! On se doutait que notre Président Glorieusement Elu était proche des idéaux américains et totalement opposé à la politique qui était la notre depuis des dizaines d’années. A savoir défendre le faible contre le fort.
On se souvient tous de Chirac se rebellant contre la police israélienne dans un anglais approximatif ! (Pour revoir la vidéo cliquez ICI) Ah ! Qu’est-ce que nous avons pu être fiers de nous ce jour-là ! Fiers de notre capacité à nous indigner et à prendre le parti des opprimés ! Ce jour-là, même si nous n’étions pas de droite, nous avons soutenus et applaudis le président Chirac !
Mais ce temps-là est dorénavant révolu…
Le pragmatisme Sarkozien, régit maintenant nos relations extérieures et nos priorités ne sont plus les mêmes… Rappelez-vous, nous sommes en pleine guerre de civilisation ! Et dans l’idéologie Sarkozienne, civilisation rime avec religion.
Les musulmans sont les méchants, les juifs les gentils, et le monde est comme ça un point c’est tout !

Et bien moi, je ne suis pas d’accord avec cette façon simpliste de voir les choses. Je ne suis pas d’accord pour que l’on privilégie le pouvoir financier au détriment des causes humanitaires. Je ne suis pas d’accord pour qu’un pays s’arroge le droit d’en coloniser un autre. Je ne suis pas d’accord lorsqu’un pays se cache derrière son passé de persécuté pour justifier la persécution.

Je ne suis pas d’accord, et je le dis.

Si vous aussi, vous n’êtes pas d’accord, voici une pétition* réclamant l’arrêt immédiat des bombardements
Pour ma part, j’y aurais bien ajouté une mise au ban des nations et, comme le suggère Zevengeur, une inculpation d’Israël devant le Tribunal Pénal International pour crime contre l’humanité… Mais bon, on en est loin…

Je vous disais que 2009 serait une année de combats… Et bien, ça-y-est, la bataille vient de commencer.

*Merci à Cécile Delalandre pour m’avoir transmis ce lien…

mercredi 31 décembre 2008

Billet de fin d’année

Et bien voilà mes amis, nous y sommes… C’est le dernier jour de l’année, et mon dernier billet par la même occasion. Mon dernier billet de l’année je veux dire ! Parce que je préfère vous le dire tout de suite, j’ai bien l’intention de continuer à m’épancher sur ce blog l’année prochaine !
Je ne vous cacherais pas que je me suis posé la question d’arrêter, ou pas… Oh, pas longtemps. Juste deux secondes, histoire d’être au diapason de cette période propice aux remises en question. A l’unanimité du comité de direction, moi et mon égo, on a décidé que l’on continuerait de publier des trucs et des machins en 2009 ! La conjoncture étant ce qu’elle est, on pense qu’on peut encore faire des petites choses pour tenter d’améliorer un peu notre monde… Vaste ambition, vous allez me dire ! Vous allez même sans doute penser que je me la pète un peu… Et bien, je vous répondrais, chers rétorqueurs, que si je ne voyais pas une utilité à ce blog, autre que pour moi-même, j’aurais baissé les bras depuis longtemps. Pour moi, le simple fait d’échanger des idées et de faire circuler l’information, est déjà utile en soi pour faire avancer les choses. Modestement, j’en conviens, mais quand même.
Voilà. Ça, c’est fait. On se reverra donc l’année prochaine.

2008 aura été une année, qui je crois, restera dans nos mémoires. Pour la raison principale qu’elle aura vu le monde, notre monde, entrer dans une nouvelle ère. Je ne suis pas devin, mais j’ai l’intime conviction, que c’est à cette date que les futurs étudiants apprendrons dans leur livres que tout à commencé en 2008…
Quand tout a commencé… Reste à savoir ce qui va commencer, et ça, mes enfants, on va se le vivre en direct live pendant l’année qui vient ! Peut-être que nous vivront la fin de notre monde, avec la naissance d’un autre. Ou pas de naissance du tout, juste un point final pour clore 5000 ans d’histoire (5000, c’est à la louche. On va pas chipoter.).
Peut-être que nous allons nous en prendre une bonne dans la gueule, tous et toutes. Du genre qui fait pas mal de dégâts. Du genre qui laissera du monde sur le carreau. Bien évidement, quand je dis du monde, ce sera en priorité les plus pauvres, les crève-la-faim, les traine-misère, les sans-grades… Mais également des gens comme nous, des français moyens, des ménagères de moins de cinquante ans, des chômeurs, des invalides, des jeunes, des vieux… 2009 sera impartiale, ou ne sera pas.

Mais peut-être que je vois un peu trop les choses en noir ? On ne sait jamais, la prise de conscience amorcée en 2008 portera-t-elle ses fruits dans l’année qui vient ? Peut-être qu’un raz de marée populaire va se mettre en route et déferler sur les états pour leur dire bien en face : Ça suffit ! Vous arrêtez vos conneries, ou on ressort la guillotine ! C’est vous qui voyez !
Peut-être que… Peut-être que… Bon, on va arrêter de rêver, car je n’y crois malheureusement pas un instant. Les périodes de mutations, de changements importants, sont propices à la montée des extrémismes les plus divers, aux états les plus répressifs. L’Histoire nous l’a maintes fois démontrée, et moi je suis de ceux qui aiment bien l’Histoire pour l’enseignement qu’elle peut nous apporter. Aussi, je suis persuadé que 2009 sera également une année de combat sans relâche. Car il va bien falloir que quelques-uns s’opposent à tout ça ! Non ? On ne va pas se laisser abattre sans combattre ? En tous cas, pas moi. J’ai bien l’intention de continuer à gueuler, tempêter, vociférer, et plus s’il le faut.
Bon, avec ma patte folle j’aurais un peu de mal à grimper sur une barricade, mais il existe des tas d’autres moyens d’être utile… (Vous sentez la menace poindre sous les pointillés ? C’est fait exprès !).

Ce qu’il y a de bien avec les fins de cycles. Qu’ils soient annuels, centenaires ou millénaires, c’est qu’ils coïncident avec de l’espoir. Et ça, à mon avis ça peut aider. L’espoir… C’est bien ça qui nous fait tenir en fin de compte. On termine une année, et on fait des vœux pour que la suivante soit meilleure. Sauf que cette année, nos vœux risquent d’être un poil différent. Plus sérieux peut-être ? Plus réalistes ? Plus terre-à-terre ? Des vœux qui se rattachent plus à des choses essentielles ?
Du genre : Je souhaite de ne pas perdre mon boulot cette année. Ou encore, je souhaite de ne pas tomber malade cette année… Des trucs bien réels.
Parce que les trucs du genre la paix dans le monde, ou bien l’arrêt des guerres et de la famine ; Faut pas abuser, on sait bien que ça va pas être possible. Pour être franc, on sait tout aussi bien que ça risque même d’empirer dans l’année qui vient, alors comme on ne peut rien y faire, on se reporte sur des vœux plus proches de nous. Plus réalistes. (Le premier qui dit pragmatique, je le vire de mon blog !).

Et c’est bien là le drame. C’est quand on devient réaliste. Quand on perd la capacité à rêver, à imaginer des buts grandioses, c’est qu’on est quand même vachement près du bord de la falaise. Non ? Moi, j’crois bien…

A titre personnel, cette année aura été placée sous le double signe d’esculape et d’arobase.
Ce fut une année de combat contre la maladie… Enfin, n’exagérons rien, je ne suis pas malade au sens où l’entendent la plupart des gens, j’ai juste du mal à guérir, c’est tout… Mais bon, le fait est que j’ai passé mon temps à attendre d’aller mieux. Et, à mon avis, il va me falloir attendre encore un peu.
Ah, au fait ! J’en profite pour rassurer mon petit monde. Une semaine après ma petite intervention, ça va… Le pied reste enflé et la douleur persistante, mais je sens que ça s’améliore de jour en jour. J’ai arrêté les calmants, et je peux remarcher sans béquilles, mais avec ma canne. Je vous remercie de tous vos messages et de votre sollicitude. Sachez qu’ils me sont d’un grand réconfort… D’ailleurs, puisqu’on en parle, l’internet, mon blog, et les amis que je me suis fait par ce biais, constituent la deuxième augure qui chapota cette année. (Habile transition, is’nt it ?).
Le 17 janvier, je me suis fait installer internet et le 04 avril, j’inaugurais ce blog… J’ai bien conscience que cette activité journalière m’a grandement aidé à ne pas sombrer corps et âme dans la dépression… (Ou pire, j’aurais pu me remettre à picoler…) Aussi, et ben, rien que pour ça, je ne peux que vous remercier, encore une fois.

Bon, mes amis ! Qu’est-ce que je peux vous souhaiter pour 2009 ? Ca fait deux-trois jours que je me creuse le ciboulot, histoire de vous épater avec un vœu qui sorte de l’ordinaire… Je creuse, je creuse… Et finalement, il n’y en a qu’un qui me semble pertinent :

Je vous souhaite, à tous et à toutes de vous en sortir sans trop de casse.

Et à moi aussi, je me le souhaite tant qu’à faire. Y’a pas de raisons.
Et puis, je souhaite aussi que les amitiés que j’ai nouées sur le net, via LTL, mon blog ou la Crique, perdurent. Comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler ici ou là, elles sont importantes pour moi car, contrairement à ce que peuvent penser certains, elles ne sont pas virtuelles. Comment pourraient-elles l’être ? Puisque le bonheur qu’elles me procurent est bien réel, lui…

A l’année prochaine !


NB : Oui, je sais. Il n’y a pas de photos dans cet article… Pourquoi ? Ça vous arracherait les neurones de lire deux pages sans aucune image ?
Bon… Allez… J’suis sympa, j’vous en mets une pour la détente de vos pupilles surmenées.