Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


jeudi 5 mars 2009

Des empires et de la liberté…

Avertissement : Aujourd’hui je vous propose du lourd et du copieux. Aussi, je vous invite à prendre le temps qu’il faut pour digérer tout ça ! Si vous n’avez que deux minutes devant vous, c’est pas la peine ! Revenez quand vous aurez le temps…

Quand j’étais petit garçon, on avait coutume de dire que ce qui se passait en Amérique, arrivait chez nous en France dix ans plus tard… Je l’entendais tellement ce concept que, comme la plupart des gens j’ai eu tendance pendant des années à le considérer comme allant de soi. Un peu comme si il était normal que les objets, comme les idées, migrent de l’ouest vers l’est, à la faveur de je ne sais quel courant marin. Bien sûr, le temps passant, et les moyens de communication se modernisant, la vitesse de cette migration c’est accélérée et bientôt, ce n’est plus dix ans qu’il fallut attendre pour voir débarquer chez nous les bienfaits de l’american way of life…

Dans les années 70-80, celles de ma prime jeunesse, mon père passait son temps (et le passe encore) à maudire tout ce qui pouvait venir de là-bas. Appelez ça de l’antiaméricanisme primaire si vous le voulez, et vous auriez raison car mon père était un gaulliste convaincu. Né en 1931, il avait connu enfant l’occupation allemande pour ensuite subir celle des américains… Oh, bien sûr c’était différent comme occupation, mais elle n’en était pas moins oppressante pour ceux qui comme lui s’ancraient dans la ruralité… Le changement c’est bien, mais à petites doses !
Aussi, moi gamin, je m’amusais beaucoup de le voir pester dès que j’utilisais un anglicisme, ou que j’écoutais du Genesis un peu fort…
« Encore une de tes conneries américaines ! » disait-il. Et moi je rétorquais malicieux : « Non Papa, c’est un groupe anglais… ». Bref, je m’amusais beaucoup.
L’esprit de contradiction étant assez présent chez moi, je me mis à m’intéresser vraiment à ce qui se passait de l’autre côté de l’Atlantique. Autant pour faire râler mon père que pour tenter de « deviner » ce qui allait se passer dans nos vies quelques années plus tard !
Toutes les choses qui venaient de là-bas étaient forcément bien, car elles avaient comme vertu première d’apporter le changement et la modernité. La première télévision en couleur, le premier Mac Donald sur les Champs Elysées… Tout ça c’était nouveau, donc ça ne pouvait pas faire de mal. Et puis n’était-ce pas ainsi que les choses devaient se passer ? Les américains, s’étaient les gentils qui nous avaient sauvé des allemands et qui nous protégeaient des affreux communistes planqués derrière leur mur et leurs missiles. Le monde était ainsi fait, et son fonctionnement semblait convenir à la majorité des gens… Alors pourquoi remettre tout ça en question ?

Et puis j’ai grandi. Je suis allé à l’école, et on m’a appris plein de choses sur les Etats-Unis. J’ai appris que même si le monde ne se résumait pas à ces deux pays, nous avions cependant une histoire commune. Ou du moins, qu’entre la notre et la leur, il existait de nombreuses similarités. J’ai appris que pendant un temps, nous avions plein de terres là-bas aux Amériques. Que cela se voyait encore dans la culture de la Louisiane ou bien chez les voisins canadiens avec le Québec… Nous étions en quelque sorte des nations sœurs, liées entre elles par d’indéfectibles liens. D’ailleurs les américains n’avaient-ils pas débarqués en 1917 en proclamant « La Fayette nous voilà ! » ? Et tout ça en mémoire du coup de main qu’on leur avait filé en 1780 pour mener à bien leur révolution et avant de faire la notre… Si c’est pas de la complicité historique ça ! (Z’avez vu ? j’ai bossé les référence!)

Mais, à l’école, j’ai surtout appris que les choses de ce bas monde étaient liées entre elles, et que bien malin était celui qui serait capable d’en tirer des lois immuables. A moins d’y passer sa vie entière, et encore…

A votre avis, pourquoi je vous raconte tout ça ? Non, parce que je sais que ça peut paraitre un peu long comme entrée en matière (car s’en est une), et je suis sûr que vous vous demandez où je veux bien en venir…
Si-si ! Ne dites pas le contraire, j’en vu un ou deux se poser la question ! Cécile ! Oui c’est de toi que je parle ! Non, l’autre Cécile ! Oui toi… J’ai bien vu à ton air interloqué que tu te posais la question…
Et bien je vais y répondre… Si je vous parle de ça, c’est que depuis un petit moment, je me pose la question de savoir ce qu’est exactement le concept de l’état et son corollaire, la liberté individuelle… Et cette question je me la pose dans la perspective d’une comparaison avec le model américain libéral qui, comme les télévisions couleurs et les Mc Do’, à tendance à vouloir nous être imposé…
Vaste sujet n’est-il pas ? (Y s’passe de ces trucs dans la tête du Gwen des fois, c’est dingue !)

En fait, pour tout vous dire, je me pose cette question dans ces termes depuis la crise… Et les tentatives de chaque gouvernement pour la résoudre. Et je me suis rendu compte que toute les propositions que chacun faisait, se résumaient en gros à savoir ce que devait faire l’état. Celui-ci devait-il intervenir ? Et si oui, dans quelle mesure ? Et j’ai donc commencé à réfléchir…

Cette question, elle est à mon sens, primordiale. Elle est primordiale parce que si l’on réfléchit bien, c’est de cette conception de l’état, et le rôle que celui-ci est sensé jouer, que va découler la position politique des citoyens. Autrement dit, la façon dont chacun positionne l’état dans son paysage personnel, et se positionne par rapport à lui, va influer sur ses idées politiques et donc sur son comportement personnel. A moins que ce ne soit l’inverse… On va bien voir !

Historiquement, nous l’avons vu, les Etats-Unis et la France sont issus d’un même processus révolutionnaire. Ici comme là-bas, il a s’agit de se débarrasser de l’oppression qui régissait nos pays respectifs, pour donner au peuple la possibilité de s’élever par lui-même et de revendiquer un même concept. La liberté.
Sauf que, et c’est là que les choses diffèrent entre nos deux pays, aux Etats-Unis on a privilégié la liberté individuelle, alors que chez nous nous avons préférés mettre en avant une conception plus collective de la liberté… Pourquoi ? Et bien tout simplement pour des raisons lointaines et obscures qu’on pourrait faire remonter à l’empire romain… Ou plutôt à la fin de l’empire Romain.
A cette époque la civilisation occidentale se scinda en deux : Le monde Romain, et le monde Germain. Cette division se perpétua au cours des siècles et perdure de nos jours dans des survivances incongrues comme le concordat en Alsace Loraine, ou bien encore dans les registres cadastraux de nos communes. La France située à la frontière de ces deux mondes est un exemple passionnant à observer, car elle garde dans son Histoire et dans sa Géographie les traces de se partage… (La Suisse aussi d’ailleurs)
Il existe également deux conceptions du droit, le droit romain et le droit germain. De ces deux conceptions ont découlées deux organisations différentes de la société. Ce partage, on le retrouve également dans le schisme de l’église protestante et anglicane, qui par un effet de cristallisation, concentra en un dogme différent les caractéristiques de cette partie de la société. Pour parler clair, au nord de l’Europe, on ne pensait pas comme dans le sud de l’Europe. Et non seulement on ne pensait pas comme ailleurs, mais la place qu’occupe chaque citoyen au sein de la cité est conçue de manière différente, selon que l’on soit du nord ou bien du sud.
Je vais vous raconter une histoire et vous allez voir que vous allez comprendre… (Chouette une histoire !).
La crête du Jura, dans la partie basse du massif, est située exactement sur la frontière entre ces deux mondes antiques. Sur le versant nord de la montagne, lorsque l’on regarde le cadastre des propriétés foncières, on s’aperçoit que celle-ci sont toutes petites et qu’il n’existe pratiquement pas de terres dédiées à la commune. Au sud c’est le contraire. Les propriétés privées sont plus grande, et la part des communes est beaucoup plus importante, voir prédominante. Et bien cela vient directement d’une conception du droit qui perdura jusqu’à l’Empire. Dans le droit germain, les enfants héritaient tous d’une part du patrimoine familial, au sud s’était le fils ainé qui héritait. Au final, plusieurs siècles plus tard, le foncier se retrouve éparpillé en une multitude de propriétaires au nord, alors que la cohésion patrimoniale est maintenue au sud. De même, au sud, lorsqu’il n’y avait pas d’héritier, c’était l’Eglise (puis la commune) qui héritait des biens légués… Alors qu’au nord, on trouvait toujours quelqu’un pour toucher le pactole ! Il s’en est suivi donc, au fil des siècles une conception complètement différente de la propriété. Et de là, une conception du bien commun. Au sud, les paysans pauvres pouvaient compter sur l’octroie de quelques servitudes au sein de la propriété communale, comme l’affouage au le pacage. Alors qu’au nord, les pauvres ne pouvaient compter que sur la charité donnée à titre individuel. Cette charité devint même un critère social, puisqu’elle ne tarda pas à devenir publique et revendiquée.

Bien évidemment, la religion accompagna cette compréhension de la propriété et du bien commun. Au nord, sous la poussée des saxons, issus de germains rappelons-le, l’église catholique se scinda lors du grand schisme du XVIème siècle. Là encore, on retrouve au sein de la morale anglo-saxonne la prédominance de l’acte individuel sur l’effort collectif. Par exemple, lorsqu’un catholique traditionnel pèche, il se doit de confesser son pécher devant un prêtre… La confession l’absout et la suite se passe entre Dieu et le pécheur. Dans les églises issues du schisme (Baptistes, protestantes et autres), le pécheur se doit de faire pénitence publique et de racheter sa faute aux yeux des autres membres de sa communauté. Le pardon se transforme alors en un acte social comme un autre, et la charité publique un instrument de promotion sociale. Là encore, on retrouve la mise en avant de l’individu et de sa démarche personnelle, et celle-ci n’est valable que si elle est publique, c'est-à-dire jugée par les autres…

Et c’est pourquoi, selon moi, les révolutions respectives de nos deux pays, la France et les USA, n’engendrèrent pas le même genre de société. Ni, par voie de conséquence, la même conception du mot « liberté », et donc la place de l’individu par rapport à la collectivité.

On s’accroche, j’ai bientôt fini…

On le sait, le libéralisme est une notion inventée au XIXème siècle par les anglo-saxons. Inventée, ce n’est pas vraiment le terme… Puisqu’elle est l’immédiate conséquence de cette vision protestante du monde. La liberté individuelle prime sur tout, même sur le collectif. L’état est nécessaire mais il ne doit en aucun cas s’opposer à la liberté individuelle. Chaque citoyen est libre d’entreprendre, de discourir, de prôner sa propre voie et il est inconcevable qu’une règle collective, une loi, l’empêche de jouir de cette liberté. La réussite personnelle est érigée en model. On crée des notions telles que « winner/looser », « self made man », « struggle for life », qui décrivent au mieux la nécessaire combativité que l’individu est sensé déployer tout au long de sa vie… Bien évidemment, ceux qui ne réussissent pas à gagner cette guerre de la survie, peuvent néanmoins compter sur la charité prodiguée par les gagnants… D’ailleurs, le système est ainsi fait. L’aide au nécessiteux et aux malades de tous poils est de l’ordre de l’acte privé. Ce n’est pas le rôle de l’état, et il serait même indécent que celui-ci se substitue à l’individu pour aider le « perdant » à relever la tête… C’est logique, puisque celui-ci est responsable de lui-même, et que la liberté de réussir commence par le fait de ne pas privilégier une catégorie plutôt qu’une autre…
Un dernier exemple qui me semble parlant. Aux USA la notion de non-assistance à personne en danger n’existe pas…

Ailleurs, chez nous, dans les sociétés issues du monde romain, on ne voit évidemment pas les choses de la même façon. L’état représente une part beaucoup plus importante dans nos vies, puisqu’il est l’émanation du collectif. Chaque individu est responsable de lui-même, oui. Mais il a également une responsabilité envers les autres. Cette responsabilité envers les autres, il l’a confié au collectif qui agit au nom de l’individu… Il ne s’agit pas de substitution, je le précise, mais bien d’une émanation. Le citoyen croit fermement en la mission de l’état, puisque c’est la sienne ! Dans ce type de société, l’initiative individuelle n’est pas pour autant proscrite. Elle est surveillée par tout le monde et encadrée par des lois, car il ne faut pas qu’elle entre en conflit avec l’initiative collective. Lorsqu’un individu s’élève au-dessus des autres, il est épié de toutes parts et son statut est souvent remis en cause. Non pas par jalousie comme il serait facile de le penser, mais plutôt parce que l’individu ne doit jamais menacer les pouvoirs du collectif. En conséquence, faire état de sa fortune ou de son statut, est plutôt mal vu… De même lorsqu’une personne est dans la misère ou bien malade, c’est l’état qui prend soin d’elle. L’aide aux autres est d’ordre publique, et toute initiative privée est considérée comme une façon de vouloir se substituer au collectif, ou bien parce que celui-ci a manqué à son devoir. Par exemple, les Restos du Cœur ont fêté leurs vingt ans… Et bien, dans notre type de société, c’est plutôt considéré comme un triste anniversaire… Ce type d’association ne devrait même pas exister !

Bien… Pour conclure (parce qu’à un moment il faut bien s’arrêter même si il y aurait de quoi écrire un bouquin entier sur le sujet) voilà comment moi j’ai compris les choses… Deux mondes, deux conceptions de la place de l’individu dans la société, deux façons d’appréhender la liberté…
Bien sûr, avec la modernisation des moyens de communication les idées, les concepts de vie, ne sont plus resté cantonnés au sein de leur frontière géographiques respectives. Ils se sont imbriqués les uns dans les autres en un glorieux pataquaisse que nous appelons la politique !
Je note pourtant, que les dogmes anglo-saxons ont une tendance à se propager plus vite que les autres… Cela est sans doute dû à une conception plus « agressive » de la vie en communauté, d’une part, et d’autre part à un prosélytisme économique et culturel beaucoup plus virulent. De même je remarque qu’aux USA le désintérêt pour la vie de la cité et la politique simplifiée à l’extrême (bipartisme) va de paire avec la conception individualiste de la liberté…
Un jour, j’ai vu à la télévision une femme américaine qui disait que chez nous, nous n’étions pas libres. Cela m’avait choqué au plus haut point, car personnellement j’ai l’impression d’être libre ! Mais j’ai également l’impression de faire partie d’un tout, et j’accepte par conséquent les règles qui régissent ce tout… Je crois sincèrement que l’antique Rome a engendré une société où les individus sont pourvus d’une conscience collective, et que cette conscience est la chose qui nous différencie des sociétés issues du monde Germain…

Tout ce que je viens de dire est le fruit d’une réflexion que je mène depuis un certain temps déjà. C’est une réflexion personnelle qui ne s’est abreuvée à aucune source littéraire, ce qui explique pourquoi il y a si peut de liens et de références… Cela n’exclut donc pas le fait que cette réflexion n’est pas finie, et que je peux me tromper ! Si vous avez une autre façon de voir les choses… ne vous gênez pas pour nous la faire partager !
Merci pour votre attention, et désolé pour la longueur…

mardi 3 mars 2009

La forêt du Grand Tétras (4)

Vous savez quoi ? Et bien ça suffit ! Y’en a marre de se morfondre et de ruminer tout en faisant la grève des relations humaines ! C’en est trop, j’ai assez hiberné comme ça, et j’ai décidé (c’est quand même moi le patron) de me remettre au boulot.
Et je me suis dit dans ma petite tête de névrosé neurasthénique, quel merveilleux symbole se serait de reprendre mes activités en terminant quelque-chose d’inachevé… C’est-t-y pas une bonne idée ça ?
Alors, pour ceux qui me suivent depuis un bout de temps, je suis sûr que cet article va vous faire plaisir, parce que vous me l’avez suffisamment réclamé. Si ce n’est pas le cas, et bien tant pis pour vous. Pour les autres, je gage qu’ils ne vont pas y comprendre grand-chose…
Aussi, je crois utile que vous vous reportiez aux trois précédents épisodes, disponibles ICI, avant que de vous plonger dans cette Forêt du Grand Tétras, quatrième et dernière partie.
Ca-y-est ? Tout le monde est au niveau ? On peut commencer ? Ok !

Alors voilà. Il y six mois, nous en étions au recueil des données et nous commencions à deviner un peu quel était le biotope le plus propice au Grand Tétras…
Et pas n’importe quel Grand tétras, mais celui de la Haute Chaine du Jura et pas un autre ! Car, nous avons vite deviné que celui-ci avait un comportement totalement différent de ses petits camarades vivants dans les forêts d’à côté. Bien sûr, comme dans la plupart des démarches scientifiques, les choses se passent ainsi. On part avec une idée, une intuition, et ensuite on recueille les informations permettant de confirmer, ou d’infirmer, cette intuition.
Donc, au bout de quelques semaines, j’avais suffisamment d’information pour pouvoir travailler… J’avais mes 248 fiches de description du milieu comme base de travail et il ne me restait plus qu’à triturer tout ça dans tous les sens pour en tirer quelque-chose…

Mon contrat avec la Réserve Naturelle se terminait fin aout. Je mis donc à profit le temps qui me restait pour bénéficier des commodités du bureau pour faire mes savants calculs statistiques. Je vais vous faire grâce de leurs descriptions, et ce pour deux raisons. La première étant que j’ai peur que ça vous gonfle un tantinet, et la seconde est que… En me relisant quatorze ans plus tard, je ne suis plus très sûr de la façon dont j’ai procédé !
C’est dingue ! Il faut croire que j’ai perdu pas mal de neurones entre temps, parce que cette partie là me parait absconde ! Alors voilà ce qu’on va faire : Je vais me faire confiance et vous allez me faire confiance à votre tour… On va dire que j’ai bien bossé et que mon étude ne souffrait d’aucune erreur statistique. D’accord ? Merci.

Or donc, je suis arrivé à résumer les caractéristiques optimales du biotope à tétraonidé dans un joli tableau que voici.



Besoin que j’explique ? Ok :
Alors, la densité je vous rappelle que c’est le nombre d’arbre que l’on trouve sur une surface donnée. Elle s’exprime en tige/hectare.
La surface terrière, c’est la surface qu’occupent tous les troncs arbres sur un hectare. C’est fait pour vous donner une idée de la grosseur des troncs que vous pouvez rencontrer…
Le volume à l’hectare, en m3/ha, ca vous permet de voir qu’elles sont vos perspectives de production de bois.
Et enfin, le couvert, c’est la surface qu’occupent l’ensemble des houppiers sur un hectare exprimé en pourcentage. Ca vous permet de « visualiser » si votre forêt est ouverte ou bien fermée. Si elle est clairièrée ou pas.

Et bien, ça y-était ! Je l’avais enfin ma description technique et forestière de ce qui se fait de mieux en matière de coin à Tétras ! J’étais pas peu fier, vous pouvez me croire !
Sauf que mon boulot n’était pas terminé… C’est bien joli d’avoir réussit à décrire une forêt avec des mots compréhensibles par le premier technicien de l’ONF venu, mais le plus important reste à faire : Il faut analyser ces chiffres et en tirer une politique, ou tout du moins, une direction vers laquelle les techniciens sont sensé tendre. Et là, je vous avoue que la galère à vraiment commencé…

Comme je vous l’ai dis plus haut, mon contrat à la Réserve a expiré fin aout, et je me suis vu demander de rendre mes résultats début octobre. Je devais, lors d’une réunion spéciale du conseil d’administration de la réserve, faire un exposé devant les notables de la région, les pontes des services forestiers de l’état, les éleveurs, les chasseurs, mes pairs… Bref, j’avais un mois pour pondre mon rapport et me préparer à la restitution orale. Sauf que je n’avais pas la moindre idée de ce que je pouvais bien dire…
Pour tromper mon angoisse en même temps que mon manque d’inspiration, je mettais au propre mes notes, préparais mon plan… Bref je rédigeais mon rapport presque entièrement, mais il me manquait l’analyse et la conclusion.
Et j’ai donc passé trois semaines dans ma chambrette sise dans un foyer de travailleur, à deux pas de la frontière avec Genève. Ca me rappelait un peu ma chambre d’étudiant à la fac… 12 m2 avec vue sur le Crêt de la Neige. De la cuisine collective on pouvait apercevoir le Mont Blanc lorsqu’il faisait beau… Bref, les conditions idéales pour bosser.
Sauf que rien ne venait. Rien de rien, quedalle. Peanuts ! Le matin, je me levais le cœur plein d’espoir, je me mettais à lire et relire mes données, mais lorsque venait le temps de concrétiser tout ça… Le néant intégral !
C’est un peu comme si j’avais réussi à récolter toutes les pièces d’un puzzle, que je les avais posées sur une table, mais que je me trouvais incapable de les réunir… C’était frustrant, et chaque jour qui passait, à la frustration se mêlait l’angoisse de l’urgence. Ce n’était plus de la rigolade. On n’était plus à l’école là ! J’avais été payé pour faire ça, j’avais une espèce de contrat moral à respecter !
Oh misère de misère ! Je voyais les jours défiler à la vitesse de l’éclair, et je n’arrivais toujours pas à mettre au clair mes idées… Pourtant, et c’est bien la seule chose qui me rassurait, tout au fond de moi, je savais que la solution était là. A ma portée. Je la sentais, je la devinais. De temps en temps, dans un moment de grâce intellectuelle, elle m’apparaissait dans toute sa clarté… Pour disparaitre en un instant à la faveur d’un clignement de paupière.

Vous connaissez ce genre de moment ? Ces moments fugaces où tout vous apparait clairement. Ces moments où le monde, cette partie du monde, vous semble apparaitre dans toute sa complexité, que les éléments qui la composent arrivent à se relier les uns aux autres en une magnifique toile d’araignée au fils subtils. Chaque fil de la toile, né d’une déduction formelle, reliant les nœuds qui sont les informations concrètes… Et le tout s’imbriquant comme par magie en une harmonie cosmique…
Et bien moi, ça m’arrive de temps en temps, et je peux vous dire que c’est pas la joie ! C’est même extrêmement agaçant ! Parce que c’est bien joli d’avoir la vision d’un système, mais si on n’arrive pas à le décrire et à le restituer, c’est comme si vous pissiez dans un violon ! Ca ne sert à rien ! (J’ai jamais bien compris d’où venait cette expression…)
Donc, de temps en temps, la solution m’apparaissait pour ensuite disparaitre, et moi je restais comme un con, à me demander si j’allais arriver un jour à la saisir et à la couchée sur le papier.
Petite digression : Je me demande si ce n’est pas là une métaphore complexe de ce qu’est ma vie ainsi que celle des autres hommes sur terre… Saisir la vérité pour pouvoir la coucher et faire plein de chose avec… Dans ce cas là, la vérité serait donc femme, et la solution de nos misères serait dotée de protubérances mammaires. Auquel cas, c’est dans le lait que se trouverait la quintessence universelle, ce qui expliquerait pourquoi les vaches sont sacrées. Je vous laisse méditer là-dessus. Fin de la digression.
Où en étais-je déjà ? Ah oui ! J’étais donc dans ma petite chambre à me torturer les méninges. A deux jours de la date fatidique, je n’avais toujours rien écrit, et commençais déjà à imaginer un stratagème pour pouvoir surseoir à mes obligations. C’est vous dire le niveau de confiance qui m’habitait à ce moment là…
Et puis soudain, la veille de mon allocution, je me suis réveillé et j’ai commencé à écrire. Les mots s’alignaient comme ils auraient dû le faire depuis longtemps ! J’avais trouvé ce que je devais faire de tous ces chiffres ! Je « voyais » précisément ce qu’il fallait faire, et surtout, le plus important, je savais l’exprimer. Je passais ma journée et une bonne partie de la nuit à rédiger la fin de mon rapport, sans même prendre le temps de m’alimenter. La machine à café se révélant, en cette période de création, ma meilleure amie. Vers deux heures du mat’, je mettais un point final à mon rapport de 48 pages. Heureux et délicieusement épuisé…
Dans mon cursus, j’ai rencontré un jour un homme qui par bien des côtés s’est révélé être pour moi un mentor. Celui-ci me déclara un jour que c’était, pour bien des personnes, souvent dans l’urgence que la capacité créatrice s’exprimait le mieux… Et il avait raison le bonhomme ! Oh que oui qu’il avait raison !

Le jour dit, je me présentais au bureau, histoire d’imprimer mon rapport en trois exemplaires et peaufiner les supports visuels nécessaires à mon exposé… Et le soir même à l’ouverture de l’AG, j’étais prêt.

Et je vais m’arrêter là pour aujourd’hui… Parce que je viens de me rendre compte que j’ai dépassé les 1600 mots, et que j’ai peur d’en avoir perdu quelques-uns en route ! Mais rassurez-vous je reviens vite parce que là, j’en ai encore au moins 1500 autres sous le coude !
Cette partie quatre ne sera donc pas la dernière mais l’avant-dernière. On se retrouve très bientôt pour la suite de mes aventures jurassiennes !

vendredi 27 février 2009

Elie, Daniel et la pwofitasyon

Même si je me suis en veille pour un petit moment, ce n’est pas pour autant que j’arrête de regarder et d’écouter ce qui se passe autour de moi.
Aussi, je vous invite à écouter avec intérêt l’émission de Daniel Mermet de ce mercredi 25 février, consacrée à ce qui se passe en Guadeloupe. Daniel y interviewe Elie Domota.
On est bien loin des reportages officiels et spécieux qui ternissent l’image du mouvement guadeloupéen.
Domota porte un regard lucide et honnête sur son île, la lutte sociale qui s’y déroule, et sur l’éventuelle « contamination » sur le territoire métropolitain.
Contamination que je souhaite ardemment, est t’il besoin de vous le préciser…

dimanche 22 février 2009

La photo de la semaine


















Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas présenté mes petites photos. C’est pourquoi aujourd’hui, « la photo de la semaine » se transforme en « Les trois photos de la semaine ».

Voici un Aeonium arboreum de belle facture que j’ai surpris en train de s’épanouir à la vue d’un rayon de soleil matinal…

J’ai beau savoir que cette espèce fleurit en hiver, quand je vois ces fleurs délicates je me dis que le printemps est déjà là !

samedi 21 février 2009

Recherche directeur de droite désespérément !

Salut tout le monde !
Allez, je vous fais un petit billet rapido parce que c’est samedi et que… C’est samedi !
Y’a pas de raison que je vous inflige un truc lourd au début du week-end pour qu’ensuite vous ayez des aigreurs d’estomac… Après, vous allez me le reprocher, me dire que j’abuse dans la colère et la dénonciation, que je vous pourris les fins de semaine… Ça serait pas cool !

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller sur le site de Rue89 récemment, ou bien que vous ne l’ayez parcouru que d’un œil, pendant que l’autre matait les infos sur la Guadeloupe, vous n’avez peut-être pas entendu parler de ce qui va suivre.

Figurez-vous que je suis tombé sur un article qui parle de recrutement dans l’académie de l’Isère. En effet, à l’école primaire Les Moines, de Saint-Quentin Fallavier, on recherche désespérément un nouveau directeur. Quid de l’ancien ? On ne sait pas. Mais le fait est que le poste est vacant en cours d’année, et que l’inspection académique cherche à le pourvoir… Normal. Sauf que le profil de la personne recherchée est un peu particulier. Jugez plutôt :



Présentation de l’école

L’école les Moines est une école primaire de six classes, implantée dans un cartier populaire. L’école est classée en REP. (Réseau d’Education Prioritaire) La collaboration avec la commune est de bonne qualité. La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps. Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaine demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales).

MISSIONS

Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.

Et bien oui, mes chers amis, vous lisez bien ! Il semblerait donc que dans cette école sévisse un groupuscule gauchiste militant et que l’académie ait décidé d’y envoyer un directeur-Rambo, chargé de les mettre au pas !
« Rétablir une loyauté institutionnelle ». C’est beau comme phrase… Non ? Moi, j’trouve ça beau. Ça donne tout de suite envie de se mettre au service du pays pour recadrer ces instits rouges et de leur apprendre ce que sont les « priorités nationales » !

Bien évidemment, l’annonce n’est restée en ligne que peu de temps… Le temps pour la profession de s’indigner et au rectorat de réaliser sa bourde et de retirer l’annonce !

J’imagine assez bien les éventuels postulants se présentant devant la commission de recrutement et tenter de prouver à cet auguste aréopage, qu’ils sont de bons français, bien respectueux de l’ordre, de la discipline et des directives ministérielles…

jeudi 19 février 2009

Libérez-nous des libérauuuux-auuuux !!!

C’est souvent comme ça que ça se passe. Moi, au départ, j’avais envie de passer un jeudi pépère, sans trop réfléchir. Enfin… Quand je dis sans trop réfléchir, c’est pas vrai. Heureusement ! Généralement quand le matin je me réveille, la première chose que je me demande c’est, si je vais écrire ou pas. C’est important comme question. Ben oui ! Parce que de mon envie, va dépendre la façon dont je vais organiser ma journée ! Certains vous diront qu’elle n’est pas tant remplie que ça, mais je trouve important de l’organiser quand-même. J’suis comme ça, faut que j’organise, et j’aime pas trop quand il me faut bouleverser mes petits projets…
Donc, je vous disais que ce matin… Bien, j’avais pas envie d’écrire. Je me suis réveillé et l’envie n’était pas là. Ce n’est pas une chose grave en soi. Loin de là. Je vais pas me flageller avec des orties parce que j’ai pas envie d’écrire quand même ! Surtout que lorsque j’ai décidé de ne pas passer ma matinée à choisir mes mots et à vous concocter un billet que j’espère toujours génial, je fais autre chose. Je fais plein d’autres choses… Je joue à dégommer des terroristes, j’écoute de la musique, je fais la tournée des blogs et des sites que je ne vais pas voir tous les jours… Bref, je passe ma matinée tranquillou, sans prise de tête excessive.

Or donc, ce matin alors que j’écoutais la dernière émission de Daniel Mermet sur Là-bas.org consacrée au « krach parfait », tout en essayant de battre mon score au démineur… Mes oreilles se sont mises soudain à frétiller plus que de coutume. Une petite chanson bien enlevée, teintée d’un fort accent québécois a attirée mon attention, avec un petit refrain bien comme je les aime : « Libérez-nous des libérauuuuux-auuuux ! ».
Les oreilles, comme vous le savez, sont reliées par un câble en téflon avec le centre de la curiosité, situé dans la région des lombaires. Aussi, dès qu’elles se sont mises à frétiller, mon rein gauche m’enjoignit de laisser tomber le Démineur, et d’entreprendre une petite recherche…
Et je suis tombé sur ça ! Les Loco Locass !
Ces types sont géniaux ! J’ai appris plein de choses sur eux, et comme je suis d’un naturel partageur, j’ai tout de suite eu envie de vous les faires connaitre ! J’suis comme ça moi !
Alors Mesdames et Messieurs je vous demande de faire un triomphe à nos invités, venus spécialement de la belle province, pour vous aujourd’hui ! Faite du bruit pour les LOCO LOCASS !!!



Cette chanson, « Libérez-nous des libéraux », date de 2003. Elle fut l’hymne des grèves étudiantes de 2005 au Québec, et est utilisée régulièrement dans les mouvements de contestation souverainistes, et par le PQ (Parti Québécois).

Je sais, à part mi quérida Azuldelmar, il y a certainement des paroles que vous n’avez pas compris… C’est pas grave je vous ai mis les paroles en lien ICI.
J’ai trouvé également leur site officiel. Allez y faire un tour, c’est assez sympa !

A toute fin utile, je vous rappelle que le Jean Charest dont les Loco Locass parlent, vient d’être décoré de la Légion d’Honneur par notre PGE… Celui-ci en a profité pour balancer quelques insinuations perfides sur le « sectarisme » du mouvement souverainiste.

Et pour finir, je retiendrais ce petit refrain :

Face à la menace de la braderie on brandit
Le poing de la Patrie à la face des bandits !

Yo !


mercredi 18 février 2009

Révélation



« Comment peut-on reprocher à un président d’avoir une Rolex ? Une Rolex enfin… Tout le monde a une Rolex alors… Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! »

Alors là ! Alors là… Je ne sais plus quoi dire… Les mots me manquent !
Une telle révélation sur le sens de la vie, comme ça dès le matin, franchement ça me bouleverse les chakras ! Mais pourquoi n’ai-je pas compris plus tôt ! Pourquoi mon Dieu ? Oui pourquoi ?
Moi qui pensais bêtement que la réussite n’était pas une fin en soi ! Que le chemin parcouru avait plus d’importance que le but à atteindre ! Que le cap passait avant la vitesse (oui, c’est nouveau, je sais…) ! Que la réussite ne se mesurait pas en carats ni en euros, mais en valeurs intellectuelles et en sentiments !

Cet homme, grand gourou de la communication, conseiller et ami de notre illustre et regretté Tonton, vient de me révéler que je m’étais fourvoyé du tout au tout !

Vite ! Vite ! Je vais faire mes 42 ans cette année, il faut que je me dépêche de mettre des sous de côté si je ne veux pas rater ma vie ! J’ai huit ans pour m’acheter une montre ! Vite ! Si je ne fais qu’un repas par semaine et que j’arrête de fumer et que je mets 250 € par mois de côté pendant huit ans, j’arriverais à me la payer ! Vite, je n’ai que trop tarder en vaines réflexions stériles, en lectures débiles, en stupides relations amicales ! Il faut que je réussisse ma vie avant que ma future montre n’indique cinquante !
Et quand je pense à tous mes amis qui ont plus de cinquante ans et qui n’ont pas de Rolex ! Ca veut donc dire que je ne fréquente que des ratés ! Vite ! Il faut que je coupe les ponts avec ces loosers avant qu’ils ne m’entrainent avec eux !

Quand je pense que ce type est sensé avoir un cerveau bien mieux rempli que le mien ! Non mais c’est pas possible d’entendre des trucs pareils ! Dire de telles inepties, c’est avoir une haute idée de soi-même et une bien piètre conception des autres…

Tiens ! J’ai bien envie de l’envoyer se faire pendre… Au sens propre comme au figuré. Mais finalement, ce rebut de l’humanité ne mérite que mon mépris.

Séguéla, t’est qu’un crétin décérébré. Un mollusque imbu de sa coquille. Un connard aux valeurs nauséabondes.

Voilà. Ce sont des insultes gratuites qui ne mènent nulle part ; Mais putain que ça fait du bien…