Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


lundi 17 novembre 2008

Maux roses

Nous sommes lundi, et il pleut sur la France… A croire que la météo s’est mise en accord avec le peuple de gauche qui aujourd’hui pleure sur lui-même.
Ce matin, alors que j’avalais mon mug de café et que je réfléchissais à la teneur de mon billet actuel, je me disais que j’allais me laisser tenter par l’ironie et la moquerie… Ben oui ! Etant donné ce qui c’est passé ce week-end à Reims, on aurait bien envie de se moquer de cette vieille dame qu’est le Parti Socialiste. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait un peu partout sur le net, et tout au long du congrès, avec mes petits commentaires acides et mon air de blaireau gauchiste.
Et puis, au fur et à mesure que je faisais ma petite tournée des sites de presse et des blogs, je ne vous cache pas que mon humeur s’est mise peu à peu au diapason de la météo de ce lundi. C'est-à-dire que comme la France, je fais grise mine.
Je fais grise mine parce que je suis déçu de voir ce vieux parti, pour lequel j’ai voté quand même pas mal de fois, s’autodétruire de la sorte. Je suis déçu de voir le PS, dix ans après la droite, en venir à devoir choisir entre tradition et modernisme.

La tradition, c’est ce que j’appellerais le PS « canal historique ». C’est ce qui a fait que ce parti est présent dans l’immense majorité des communes, des départements et des régions. C’est un parti de terrain axé sur ses militants et sur leur travail au sein même du territoire. C’est un parti qui se veut en tête de toutes les revendications qui portent sur le progrès social et la lutte contre toutes les formes de discrimination. C’est un parti qui a fait sienne la devise de notre pays : Liberté, égalité, fraternité.
Seulement, depuis quelques temps, cette vieille et auguste dame se heurte à une conception plus moderne de la politique. Une conception plus « pragmatique », et qui se veut plus réaliste…
Pragmatique, ça veut dire que l’important est d’arriver au pouvoir quitte à en oublier quelques principes moraux. Ca veut dire qu’il faut être efficace et que de nos jours ce sont les méthodes les plus élaborées de la communication qui font les chefs d’état et non plus les idées que celui-ci représente. C’est triste, on le regrette amèrement, mais c’est un fait et il faut bien faire avec… C’est ça être un socialiste moderne.
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder autour de soi ! C’est comme ça qu’ils font aux Etats Unis depuis des années. C’est comme ça que le camp d’en face a réussi à faire élire Sarkozy… C’est donc que la méthode est la bonne, qu’elle fonctionne, et que c’est comme ça qu’il faut faire dorénavant.
Alors pour ce faire, on va multiplier la communication en se servant de l’internet, on va choisir une image, une icône, qui va servir de base au projet. On va ensuite créer tout un web-réseau qui se chargera de mettre en valeur la personnalité de cette image. La personnalité : C’est ça qui intéresse les électeurs… Il n’y a qu’à voir les différentes émissions de téléréalité qui cartonnent, les gens votes pour celui ou celle qui a une personnalité et non pas pour son talent…
D’ailleurs, il faut également rajeunir la base du parti… Les jeunes sont plus sensibles à la communication de masse. Pour ça on va créer une adhésion via internet. Une adhésion qui coutera 20 € et qui contribuera à constituer une base, un fond, un public, que l’on va tenir informé en permanence par des vidéos et des newsletters… Il faut, dorénavant, mettre en scène la vie du produit. Créer le buzz, et l’entretenir.

Bon, j’arrête là. Je crois que vous avez compris l’essentiel. Le PS est à un tournant de sa vie où il doit faire le choix crucial entre, jouer le jeu d’une nouvelle forme de démocratie cathodique qui parle à tout le monde, même (et surtout) ceux qui n’ont aucune culture politique ; Ou bien considérer que la politique se fait sur le terrain avec de vrais gens, pour de vrais gens.
Je serais bien en peine de vous dire ce qu’il va advenir de cette vieille dame. Franchement, j’en sais rien.
Si, comme Ségolène Royal le pense, la page du militantisme à la papa est déjà tournée et que maintenant la base du PS est déjà bien remplie par des adhérents accroc au produit, ce sera un socialisme moderne qui verra le jour. Un socialisme libéral, un social-libéralisme à la mode anglo-saxonne… Un socialisme qui pourra peut-être lutter à arme égale avec l’UMP et prétendre à la reconquête du pouvoir.
Ou bien, le corps de la dame n’est pas encore totalement vérolé, et les militants continueront à penser que c’est par le bas qu’on change les choses. Au risque, peut-être, de ne pas pouvoir lutter à l’échelle nationale contre le rouleau compresseur médiatico-lobotomisant de l’UMP, et ne pas arriver au pouvoir avant longtemps… Même si, par ailleurs, au niveau local, la France préfère lui confier les rênes de la vie de tous les jours.

Cette question qui, je crois, résume l’essentiel du dilemme socialiste, sera tranchée définitivement le 21 novembre lors du vote des militants. Nous verrons alors ce que le Parti Socialiste, cette vieille dame usée par les combats, deviendra. A partir de là, chacun prendra acte de cette nouvelle orientation et fera ses propres choix…

Il fait décidément très gris sur la France aujourd’hui.

samedi 15 novembre 2008

S'arrêter et réfléchir

Voici une vidéo amicalement transmise par Monique concernant la journée sans achat prévue pour le 29 novembre 2008.
En fait, tout se résume assez bien dans cette question :



Et si on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir ?




jeudi 13 novembre 2008

Breaking news !

On l’attendait depuis longtemps… Je l’attendais depuis longtemps. Le nouvel album de Noir Désir est presque là… Enfin, encore quelques mois et, courant 2009 on devrait pouvoir enfin déguster les nouvelles compositions de Bertrand et sa bande. Mais oh surprise ! Noir Désir nous propose dès aujourd’hui, en exclusivité et en téléchargement gratuit de pouvoir écouter deux nouveaux titres Gagnants / Perdants, et une version inédite du Temps des cerises.
Pour accéder au site officiel de Noir Désir c’est ICI.
Dès que j’arrive à trouver une version blogable, je vous la mets illico ! En attendant, dans le la petite vignette en haut à gauche, je vous ai mis une version live d’un de mes titres préférés A l’envers, à l’endroit… Profitez, c’est du bon son, et le texte est curieusement d'actualité !

mercredi 12 novembre 2008

Ça déraille

C’est bien connu, un train qui arrive en retard ça fait chier grave. A chaque fois que cela se produit, on a le sang qui monte à la tête, la moutarde qui s’invite dans les naseaux et la vindicte facile. Les responsables pré-désignés sont toujours les mêmes : Les cheminots-branleurs, les privilégiés du rail, les preneurs d’otages en cotte bleue, les prolos-jaloux…
Cette fâcheuse tendance à taper sur le cheminot, qui en a vu d’autre, est un sport bien français qui soulage le clampin et rassure la ménagère.
Aussi, lorsque les trains ont commencé à arriver en retard parce que des petits plaisantins avaient placé quelques objets hétéroclites sur les rails ou les caténaires, le bon peuple s’est tout de suite tourné vers son coupable préféré. Il a commencé à le regarder de biais puis, lentement, les doigts se sont pointés dans sa direction… Là, pour le coup, le cheminot s’est senti un peu mal. Ben oui ! Pour une fois qu’il n’y était pour rien ! Enfin… Il croyait n’y être pour rien. En fait il ne savait plus très bien s’il y était pour quelque chose ou pas. Dans les gares et les bureaux, on a commencé à se regarder en chien de faïence, se demandant si le voisin n’aurait pas décidé par lui-même d’une action unilatérale et radicale… On enquête en interne pour savoir si un syndiqué n’aurait pas pété une caténaire (oui je sais, elle est facile !), on propose même son aide aux autorités pour trouver les coupables… C’est qui faut pas déconner avec des trucs pareils ! Manifester, revendiquer oui. Mais, balancer des trucs sur les voies au risque de causer des accidents, c’est pas le genre de la maison ! Cela-dit, ceux qui ont fait ça avaient quand même l’air d’être vachement bien renseignés… Z’avez vu les machins qui z’ont foutu sur les câbles ? Si ça c’est pas du travail de pro !

Bref, un climat délétère, comme on dit dans les forums politiques, régnait dans la maison SNCF… Les médias se frottaient les mimines en entretenant la psychose. Pour preuve, le Figaro légendait la photo ci-contre : « Les images exclusives de la caténaire de la peur » ! Brrrr ! Ça fout les jetons…
Mais, tadaaa ! Voilà enfin le ministère de l’Intérieur qui annonce avoir mis la main sur les (présumés) coupables. C’est qu’ils avaient mis du monde sur l’affaire au ministère ! On a carrément mis la section anti-terroriste du parquet de Paris sur la piste des malfaisants ! Et ils ont fini par les trouver nos fins limiers !
Alors bien sûr, à la SNCF ou pousse un ouf de soulagement… Les saboteurs ne sont que des dangereux ultragauchistes appartenant à la mouvance anarcho-autonome. Bref, des petits cons quoi ! Rien à voir avec le syndicalisme de papa. Dans les foyers syndicaux, et malgré la fumée et les relents de bière, on se met à respirer un peu mieux.

Bon, comme vous vous en êtes probablement rendu compte, cette petite galéjade a tendance à me faire plutôt sourire. Mais, au-delà de mon sens de l’humour peut-être douteux je vous l’accorde, je me pose quand même quelques questions…
C’est qui ces types ? Pourquoi ils décident tout à coup de se lancer dans le sabotage ? C’est quoi leur message ? Pourquoi n’a-t-on pas eu vent de quelconques revendications ?

Entendons-nous bien : Moi, tant que je n’ai pas de réponses à ces questions, je ne peux objectivement pas me permettre de juger leurs actes. Je ne vais pas non plus jouer les oies blanches ni vous sortir un discours pacifiste et non-violent, car je reste persuadé qu’à un moment ou à un autre d’une lutte, quelle qu’elle soit, il est possible que l’on soit amené à utiliser ce genre de méthode.
A toute fin utile, je précise pour les « veilleurs » de la blogosphère chers à Mr Darcos, que je ne prône pas ce genre de méthode, je dis juste qu’elles sont envisageables dans le cadre d’une lutte pour la liberté. Ok ? Vous saisissez bien le distinguo les gars ?

Alors comme ça, une dizaine de militants ont jugé bon de passer à la vitesse supérieure et d’entreprendre des actes de sabotage envers le symbole de l’Etat que représentent nos tchoutchous à nous… Bon, si c’est juste pour faire chier, je dirais que c’est crétin et dangereux. Si c’est pour lutter contre le grand capital ou la dérive fascisante de notre gouvernement, je dirais que ce n’est pas la bonne méthode et encore moins le bon timing. On n’en est pas là. Pas encore en tous cas.
Et puis, effet pervers entre tous, ce genre d’action amène de l’eau au moulin du gouvernement qui peut se sentir légitimement en droit de fliquer encore plus notre société. Ce qui est, je pense, l’effet inverse de ce que ces jeunes cons voulaient provoquer. D’ailleurs, on peut remarquer que déjà dans les médias on utilise la paranoïa que peut susciter de telles actions. Le terme de « mouvance » employé depuis l’arrestation des présumés coupables, me rappelle que ce mot n’avait été utilisé récemment que pour désigner Al Qaida…
Non, sérieusement les gars… Avant que de passer à la lutte armée, il existe tout un tas de méthodes efficaces et médiatiques pour combattre ! Vous n’avez qu’à aller jeter un œil sur cet article de Rue89 et sur les deux vidéos qu’il présente… Elles nous montrent bien que la désobéissance, l’action militante ça ne s’improvise pas. Et qu’il y a plein d’autres façons de militer, de combattre et de s’impliquer dans une résistance citoyenne structurée et efficace.

dimanche 9 novembre 2008

Rêve de mer

Salut tout le monde ! Aujourd’hui je ne vais pas vous parler des chamailleries du partie socialiste, ni même du honni petit nabot qui nous gouverne… Non, je vais vous parler d’un rêve. Je vais parler de ce qui est plus qu’une course. Je vais vous parler du Vendée Globe.

Le Vendée Globe… C’est un truc de dingue ! Les médias, friands de métaphores, l’ont surnommé « l’Everest de la mer ». Sauf qu’on n’a jamais aligné une trentaine de concurrents pour gravir le plus haut sommet du monde… Mais l’image est cependant parlante et elle décrit bien ce qu’est le Vendée Globe… C'est-à-dire, ce qu’il y a de plus dur, de plus beau, de plus impliquant dans le milieu de la course au large. Pour un marin, c’est le défi ultime.
Imaginez plutôt, une course autour du monde, en solitaire, sans assistance et sans escale. Le tout sur des bateaux quasiment identiques, des 60 pieds… Rien que ça.

Bon, je sais qu’il n’y a pas beaucoup de voileux parmi vous, aussi je vais tenter de vous expliquer ce qu’elle a de si particulier cette course.
Faire le tour du monde, ça ok, tout le monde voit à peut-près ce que cela veut dire… Etant donné la configuration de notre géographie planétaire, pour arriver à réaliser cette circumnavigation le plus rapidement possible au départ des Sables-d’Olonne, il n’y a pas trente-six chemins. Et celui-ci consiste en gros à faire le tour du pôle sud en passant par le cap de Bonne Espérance et le cap Horn… (Mouais… Pour les nuls en géo, regardez la carte ci-contre, ça vous situera un peu le truc !)

Une fois le parcours posé, et bien on se rend compte au regard des conditions météo qui règnent dans ces zones là, qu’il va bien falloir utiliser un bateau capable de les affronter… Les conditions météo. Et notamment le fait que le marin, il va passer pas mal de temps à avoir le vent dans le nez, plus rarement de travers, et encore plus rarement dans le dos. C’est pourquoi, pour faire cette course avec un seul type à bord, on préférera un monocoque. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’un monocoque est plus facilement gérable seul dans les allures de prés qu’un multicoque… Aï ! Je sens que je vous perds là… Bien, on va faire un peu de didactique.

Alors voilà. Imaginez vous debout, les bras écartés dans le prolongement de vos épaules… Ca y est ? Bien. Quand le vent vient vous frappé direct en plein nez, vous êtes vent-debout (c'est la zone rouge, là à droite). Ça veut dire que vous n’avancez pas ou pire, que vous reculez ! (Si, la marche arrière ça existe sur un voilier !)
Si vous sentez que le vent vient caresser les ailes de votre nez, ou qu’il vient d’un endroit qui est situé devant vos bras écartés, vous êtes dans une allure (une situation par rapport au vent) qu’on appelle au prés.
Si le vent vient de vos côtés, vous êtes au travers. Et enfin, si vous sentez que le vent vient vous titiller toutes les parties arrières, vous êtes à une allure de portant.
C’est bon ? Ok, je continue. Pour chaque allure, en plus de la Grand Voile, on va se servir d’une voile supplémentaire et appropriée… Pour le prés, ce sera un foc, ou un génois, ou un tourmentin, tout dépendra de la vitesse du vent. Pour le portant on utilisera un spinnaker, ou un spi si vous préférez. L’allure la plus rapide pour un bateau à voile est toujours le portant, et c’est aussi la plus confortable puisque le bateau est bien à plat sur l’eau, propulsé par la plus grande surface de voile possible, le spi.
Tous les bateaux à voiles, qu’ils aient une, deux, ou trois coques se débrouillent plus ou moins quelque soient les allures. La différence va donc se faire dans la capacité qu’ont chacun d’eux à réduire le plus possible cet angle mort que représente le vent-debout. En gros, vous avez de 30 à 45 degrés à gauche et à droite de l’axe du vent, où vous ne pouvez pas vous diriger… Et bien, un monocoque va pouvoir réduire cet angle, on dit remonter au vent, beaucoup plus qu’un multicoque (moi, perso, avec un Surprise bien réglé, je suis remonté jusqu’à 25 degrés…). Lorsqu’un bateau a une capacité naturelle, de par sa conception, à remonter au vent, on dit qu’il est ardent. C’est joli comme adjectif non ? Problème, à cette allure de prés serré, très serré même, votre bateau gîte énormément et vous êtes constamment dans un équilibre précaire. C’est stressant, et c’est dur à maintenir sur le long terme.
Bon. Vous comprenez maintenant pourquoi ce sont des monocoques qui font cette course ?

Ensuite, il faut bien comprendre ce que signifie « sans assistance et sans escales ».
Sans assistance veut dire qu’en aucun cas le skipper ne doit recevoir d’aide extérieur sous peine d’être disqualifié. Ça veut dire, que s’il casse un truc, il doit le réparer tout seul. S’il tombe malade ou se blesse, c’est démerde toi ! A ce propos, on se souviendra de la mésaventure de Bertrand de Broc qui dut se recoudre la langue lui-même… Sans assistance, ça veut enfin dire que le skipper ne peut bénéficier de l’aide d’un « routeur ». C’est-à-dire que personne ne va analyser les données météo pour lui et lui tracer la route la plus efficace… Non, il doit le faire lui-même avec les informations dont tout le monde dispose. Ce qui induit, une constante remise en question, de la stratégie, de la chance parfois…

Enfin, ce tour du monde doit s’effectuer sans escales. D’une seule traite. Si jamais le bateau touche la terre ne serait-ce qu’une seule fois, c’est la fin. Cela veut dire que la course est longue… très longue. Elle va durer trois mois. Trois mois tout seul à gérer la casse, la météo, la stratégie… Sachez que depuis que la course existe, en moyenne, seulement la moitié des concurrents inscrits au départ arrivent sains et saufs à bon port (voir les statistiques dans la fiche wiki).

Vous comprenez maintenant pourquoi j’adore le Vendée Globe ? Parce que c’est, avant d’être une course, une aventure humaine hors du commun. Gagner, devient secondaire puisqu’il faut avant tout TERMINER. C’est une histoire entre l’homme, sa machine et les éléments.

Bon, je m’aperçois que je commence à être un peu long… Si ça vous plait d’en savoir un peu plus sur cette course mythique et sur la voile en général, et bien vous me le dites et j’en remettrais volontiers une ou plusieures couches ! C’est qu’il y a tellement à dire ! Le piège du golf de Gascogne. C’est quoi le Pot au Noir ? La navigation dans le Grand sud parmi les growlers… Comment fait-on pour dormir ?
Bref, il y a encore plein de trucs à voir. Pour ma part, sachez que je prends le départ à 13H02 des Sables-D’olonne… Et oui ! Je me suis inscrit au départ de la course virtuelle organisée par Virtualregatta.com ! Une course en temps réelle avec les mêmes données météo que les concurrents ! Ça va se bousculer un peu parce qu’on est déjà 24 409 participants ! Mon objectif : Arriver, et si possible dans la première moitié du classement…

samedi 8 novembre 2008

Science sans conscience…

Vous connaissez le Prix Ig Nobel ? Moi, je vous avoue que jusqu’à ce que je tombe sur un article dans Charlie Hebdo, je ne connaissais pas… Le Prix Ig Nobel (Prononcer Ignoble à l’anglaise) récompense chaque année depuis 1991 les recherches scientifiques ou techniques les plus stupides ou les plus bizarres. Par exemple, le prix Ig Nobel de médecine 2005 revint à un chercheur de l’université du Tennessee pour son travail sur la façon de faire passer le hoquet grâce à un massage rectal digital… Un doigt dans le cul si vous préférez. De même le prix Ig Nobel de médecine 2002 fut décerné à un chercheur anglais pour son étude sur l’asymétrie scrotale des hommes dans les statues anciennes. En clair, pour une étude qui compare la taille des couilles de ses beaux éphèbes grecs que l’on voit dans les musées… Bref, ce prix récompense tout ce qui peut se faire de loufoque ou d’apparemment inutile dans le monde de la science et de la technologie. Mais parfois, le prix est décerné avec une arrière-pensée politique certaine. Par exemple en 1996, le prix Ig Nobel de la paix revint à Mr Jacques Chirac pour avoir fait coïncider la date anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki avec la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique…
Donc, les petits plaisantins qui décernent ces prix sont, non-seulement des scientifiques ayant le sens de l’humour, mais également des citoyens du monde qui ont un message à faire passer.

Cette année, le prix Ig Nobel de médecine a récompensé le scientifique Dan Ariely pour son étude sur les placebos (Non, ce n’est pas une étude sur la musique anglaise). Une étude qui peut paraitre stupide, mais en même temps qui pose tout un tas de questions morales sur la médecine et sur les commerces qui en découlent. Jugez plutôt.
Ariely a démontré scientifiquement que l’effet d’un produit placebo était proportionnel au prix déclaré du produit. Par exemple, mettons que l’on propose à un panel de personnes deux boissons sensées améliorer les performances cérébrales. L’une coutant deux fois moins chère que l’autre. Puis demandez à ces personnes de répondre à quelques tests intellectuels de base… Et bien, immanquablement, le groupe de personne qui a absorbé le placebo le plus cher réussira mieux que l’autre ! Et oui ! C’est dingue non ?
En fait, c’est pas si dingue que ça… Et comme vous l’allez voir, c’est même plutôt inquiétant.

Dans un monde tel que le notre, où les gens meurent par millions par manque de soin, le coût des médicaments est un problème rédhibitoire (j’adore ce mot !). En Afrique, les malades du Sida meurent parce que les compagnies pharmaceutiques refusent catégoriquement de baisser le prix de vente des trithérapies… C'est-à-dire que l’argument économique reste un frein à la santé mondiale, ou plutôt, le profit que génèrent les soins, et le désir de conserver ce profit, tue des gens.
Avec une telle étude, Ariely apporte du grain à moudre à ces grandes compagnies pharmaceutiques, et il est le premier à le reconnaitre. Si l’on baisse le prix des médicaments, on peut s’attendre à voir leur efficacité diminuer, statistiquement bien sûr… A l’inverse, affichez n’importe quel prix élevé sur de la bouse de vache en pilule, et vous verrez que vous les vendez comme des bonbons.
Voilà qui ne va pas arranger la politique des médicaments génériques. Car, ceux-ci dans l’inconscient collectif, puisqu’ils sont moins chers seront donc moins performants… Alors qu’il n’en est rien.
Je tiens à préciser que nous raisonnons ici à l’échelle de la statistique. Un individu convenablement informé et éduqué ne peut pas entrer dans ces chiffres. Il ne se laissera pas avoir pas ses poudres de perlimpinpin hors de prix ni ne verra son mal de tête disparaitre moins vite en prenant de l’acide acétylsalicylique plutôt que de l’aspirine fabriqué par un laboratoire connu.
Mais, pour ces firmes mondiales, un point de plus dans les statistiques, cela représente des milliards de profit… On peut donc dire que l’étude de Dan Ariely est une petite perle de la science. Mais cette perle, jetée entre les mains d’économistes ou de marchands peu scrupuleux peut vite devenir une arme terriblement cynique. Certains diront sans doute pragmatique...

A ce propos, on peut faire un lien entre les travaux sur l’effet Placebo et l’actuelle controverse parue dans le journal UFC - QUE CHOISIR N°464 de novembre 2008. En résumé, tout, je dis bien tout, ce que vous lisez ou entendez sur les bienfaits des ces produits est faux. Les résultats sont inversement proportionnels à la précision des slogans qui vous sont donnés. Moins 40% d’effet peau d’orange avec les pilules Machin-Truc, c’est du pipeau ! L’Oenobiol ou le thé vert, de l’arnaque pure et simple ! Les Oméga 3, 18, 32, ou 124, de la connerie en barre que l’on vous vente pour vous faire consommer plus. Et pire que tout, ces produits soi-disant bons pour la santé se révèlent être des produits dangereux pour la plupart des gens qui n’en ont pas besoin…

Bref, je crois que l’on n’en a pas fini d’en entendre des vertes et des pas mûres au sujet de cette étude. Elle démontre pour moi ce que l’on peut faire de mal avec quelque chose de bien.

En conclusion, je dirais qu’il peut y avoir de la bonne et de la mauvaise science. La mauvaise science, étant celle qui démontre des applications potentiellement perverses et néfastes pour le genre humain. Dans ce cas là, moi une étude comme celle-ci je la prends et je la jette au feu illico. Car ce qu’a réussi à démontrer Ariely, c’est qu’on peut aller très loin dans la manipulation des masses et dans la justification de cette manipulation…

Et n’oublions pas que, comme le disait ce cher Rabelais, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »…

Digression sentimentale (épilogue)

Un grand merci à tous pour vos épilogues toutes plus sympas les unes que les autres !
Même si il ne s’agissait pas là d’un jeu-concours, il faut bien reconnaitre que c’est Monique qui se rapproche le plus de la réalité des faits ! Bravo Monique ! Mais bon… J’ai noté quand même que ça avait l’air de bien vous faire marrer mes déboires amoureux. Bande de schpountz ! Sachez qu’on ne rigole pas avec les coups de cœur du Gwen s’il vous plait ! Déjà que ça ne lui arrive pas souvent…
Alors voilà donc comment les choses se sont passées…

Alors que le plateau de l’appareil reprenait sa position habituelle, il se redressa et dit…

« C’est passé vite… »
« … »
« Surtout quand on passe son temps à réfléchir… En fait je réfléchissais… je me demandais comment… Est-ce que vous seriez… »
C’était pathétique. Il balbutiait des commencements de phrases, tentant de se remémorer le texte qu’il avait plus ou moins préparé dans sa tête. Mais rien n’y faisait. Les pensées se bousculaient et les mots s’empêtraient les uns dans les autres au niveau du portillon buccal. En plus la température de ses joues venait de grimper en flèche de plusieurs centaines de degrés.
Soudain un doute ! Il ne s’était même pas inquiété de savoir si la belle demoiselle était, ou non, déjà satisfaite par les bras d’un autre ! Pourtant, le crétin imbécile aurait bien dû s’en inquiéter avant de se lancer dans cette aventure ! Un coup d’œil rapide aux mains de la belle lui donna enfin le courage de continuer. Rien de suspect n’y brillait. Pas de repoussoir annulaire, ouf !
« Est-ce que vous seriez intéressée… Comment vous réagiriez si je vous… Si un jour je… vous invitais à aller prendre un café ? Enfin… Si vous êtes d’accord… Si je peux me permettre… »
(Note pour plus tard : Ne jamais employer le conditionnel, et encore moins le subjonctif, pour la prochaine fois. A l’écrit c’est joli, mais à l’oral et en situation de stress, on a l’impression de parler avec trois malabars dans la bouche et l’effet est à chier !)
Alors qu’il n’en finissait pas de terminer sa phrase, elle lui répondit :
« Ça serait avec plaisir… mais le problème c’est que… je ne suis pas…
« Oh, pardon ! l’interrompit-il j’aurais peut-être dû demander d’abords si… »
« Je suis avec quelqu’un… »
« C’est vrai, j’aurais dû commencer par là… »
« On est presque pacsé… »
« Je suis désolé de… »
« Oh mais, y’a pas de mal… au contraire c’est gentil, mais… enfin…»
« Oui je comprends… Pourtant j’avais bien regardé vos mains avant… Je ne voulais pas… »
« C’est vrai, je ne porte pas de … »
Ça commençait à s’enliser. L’un comme l’autre était gêné comme deux adolescents boutonneux. Un détail lui apporta quand même une satisfaction dans ce qui était en train de devenir un fiasco sans nom : La demoiselle était, elle aussi, rouge comme une tomate !
Alors qu’un oppressant silence était sur le point de s’installer entre eux, le salut vint d’une infirmière qui entra dans la salle et interrompit instantanément la pénible conversation. Alors qu’elle s’apprêtait à se diriger vers la console de commande, elle s’arrèta prés de lui ajouta pour terminer :
« Mais en tous cas, ce serait avec grand plaisir, mais…en amis… »
Cette dernière phrase, pour aussi assassine qu’elle fut pour lui, fut toutefois apaisée par la main de la demoiselle qui se posa négligemment sur son épaule et glissa doucement le long du bras…
Il se dirigea vers ses affaires et entreprit de remettre ses chaussures. Son cœur avait repris un rythme plus ou moins normal et ses joues semblaient avoir retrouvées leurs températures habituelles. Elle, discutait avec sa collègue comme si rien ne s’était passé. Elle aussi avait retrouvé une couleur normale.
Alors qu’il se dirigeait vers la sortie de la salle, et que les deux infirmières continuaient leur conversation, il s’arrêta prêt d’elle et lui murmura gêné :
« Bon, je sais où vous trouver… »
« Je ne bouge pas d’ici » lui répondit-elle

Pendant les trois heures qui suivirent, il resta là assis dans la salle d’attente. De temps en temps il apercevait du coin de l’œil la silhouette de la jolie infirmière qui vaquait à ses occupations. Parfois, il levait les yeux vers elle pour tenter de voir si elle le regardait… Mais non, elle poursuivait son chemin, semblant même éviter de croiser son regard…
Quand les derniers clichés furent pris, il salua la réceptionniste et rentra tranquillement chez lui. La nuit était tombée. Il s’attabla à son bureau et entrepris de raconter cette histoire…

Le lendemain, il retourna à l’hôpital pour les ultimes examens. C’est l’autre infirmière qui s’occupa de lui… Il l’aperçu cependant, penchée sur un pupitre derrière une vitre. Elle ne releva pas la tête à son entrée. Ni quand il sorti d’ailleurs.

Avec le recul il se dit que finalement, ça valait le coup d’avoir fait cette tentative. La déception avait été grande, certes, mais prompte à disparaitre. Ce genre de coup de poignard dans le cœur, même s’ils sont douloureux ne sont pas mortels en fin de compte. Il suffit juste de s’endurcir un peu, et avec le temps, il y en aura bien une qui répondra oui ! Et qui sera libre bien sûr…
A ce propos, il lui reste cependant quelques questions qui lui trottent dans la tête.
Pourquoi les femmes vous laissent-elles croire des choses ? Je veux dire que, soit je me trompe complètement sur les signaux qu’elles envoient, soit elles le font sans se rendre compte qu’ils pourraient être mal interprétés ? Ou alors elles le font exprès… Rien que pour vérifier que leur pouvoir de séduction fonctionne toujours… N’empêche que c’est cruel quelque-part.
Comme l’a dit une amie, ce serait quand même plus simple si les cœurs, et les corps, à prendre étaient clairement identifiés par… Je ne sais pas moi… Des badges de couleur ?

Damned ! Je m’aperçois que le « il » est devenu « je » ! Je suis découvert sur ce coup là !