Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


samedi 20 juin 2009

Le Roi parle !

Lundi prochain, le 22 donc, le Parlement se réuni en congrès à Versailles pour la seizième fois depuis le début de la cinquième République. Seize fois en 51 ans… Autant dire que les ors de Versailles sont réservés pour les grandes occasions, et c’est plutôt normal, puisque la réunion du Parlement n’est pas chose banale. On prend les 577 députés que l’on assied auprès des 343 sénateurs, on rajoute pour leur faire plaisir les 72 députés européens fraichement élus, et on obtient donc un aréopage de représentants du peuple fort de quelques 992 membres…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fait beaucoup… En plus je suis sûr que ce sont des personnes avec un emploi du temps hyper-chargé, et qui ont certainement plein de choses importantes à faire… Donc, vous en conviendrez avec moi, on ne réunit pas le Parlement n’importe où, ni pour n’importe qu’elle raison.

Et effectivement ce n’est pas n’importe où que le Parlement se réunit, mais à Versailles. Versailles mes amis ! Vous vous rendez compte ? Versailles ! Symbole éternel de la puissance gouvernementale française ! Ça a tout de même de la gueule, non ?

Et oui, c’est vrai que le château de Versailles a de la gueule… Et j’ajouterais que c’est normal puisqu’il a été construit pour ça. Rappelez-vous vos cours d’histoire… Le Roi Soleil, Louis le Quatorzième piqua un jour une grosse crise de jalousie lorsqu’il visita le château d’un sien vassal, le surintendant Fouquet (c'est marrant comme il y a des noms qui reviennent dans l'histoire, non ?). Le château de Vaux-le-Vicomte était tellement beau et richement décoré que le roi, devint vert de rage, et il ne tarda pas à débaucher l’architecte de Fouquet et à le faire enfermer (Fouquet, pas l’architecte…)
Résultat des courses, quelques années plus tard s’élevait dans ce qui n’était précédemment qu’un marais tout pourri, la splendeur architecturale que l’on connait maintenant.
Le château de Versailles ne fut pas qu’une simple résidence royale. Idéalement situé, ni trop loin, ni trop près de Paris, au cas où il prendrait l’idée au bon peuple de se révolter, il permettait à Sa Majesté de garder un œil sur ses courtisans. Louis XIV avait compris que c’est en gardant ses ennemis au plus près de sa personne qu’il pouvait le mieux les contrôler. Muselée par le gîte, le couvert et les divertissements, la noblesse se taisait et ne vivait que pour s’attirer grâces et disgrâces. Pas fou le Louis !

Mais cela ne suffisait pas à notre bon Roi… Non ce qu’il voulait par-dessus tout c’est que le château de Versailles soit une constante représentation de sa gloire et de son œuvre… Versailles, c’était de la PLV avant l’heure. De la bonne grosse pub, bien lourde, bien ostensible, qui rappelait aux courtisans ainsi qu’aux visiteurs de passage qu’ils n’étaient que des merdes au regard du monarque…
Versailles, c’était le bling-bling du XVIIème siècle.

Plus tard, le petit fils du grand Louis XIV, Louis le Seizième, décida qu’il serait bel et bon que le parlement siégea au château… A l’époque, le souverain avait encore sa tête et souhaitait, comme son illustre papy, que la noblesse, le clergé et le tiers-état siégeassent près de lui. Mais, cela ne dura pas… Le roi perdit sa tête, et Versailles ne servit donc plus. En plus, la République devait logiquement gouverner par le peuple et pour le peuple, et c’est donc près de lui que ces députés s’installèrent.

Bien des années plus tard, en 1958, on décida que le Versailles devait de nouveau servir aux élus de la république. La cinquième république commençait, et dans ses statuts il était prévu que les deux chambres puissent se réunir de manière solennelle et exceptionnelle afin d’entériner les choses importantes. Comme ratifier un traité par exemple (ce qu’elle n’a encore jamais fait), ou bien voter et signer une révision de la constitution française… Une révision de la constitution française, voilà bien une chose importante.
Ben oui, il s’agit-là de toucher au fondement même de ce qui fait notre république, et ç’est pas rien quand même !

Et donc, comme je l’ai dis plus haut, cette réunion extraordinaire a déjà eu lieu seize fois, et la dernière de ces seize fois c’était l’année dernière pour entériner « la loi constitutionnelle de modernisation des institutions ».
Cette loi de « modernisation », voulue par Nicolas Sarkozy, prétendait revaloriser le rôle du Parlement et augmenter le contrôle de l'exécutif par le législatif… Mouais. Si vous avez envie de vérifier cette prétention, n’hésitez pas à décortiquer le texte que je vous ai joint et vous me direz ce qu’il en est.
Je vous signale quand-même au passage que cette révision de la constitution donne au président de la France des pouvoirs assez particuliers. Comme par exemple celui de nommer lui-même les patrons de l’audio-visuel public… Ou bien encore la possibilité de ne pas passer par la voie référendaire pour tout élargissement de l’Europe…Mais bon, glissons…
Pour ma part, et parce que c’est l’objet du présent article, je ne retiendrais que l’article 8 de la loi qui modifie l’article 18 de la constitution :
« Le Président de la République communique avec les deux Assemblées du Parlement par des messages qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.
Il peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès. Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote.
Hors session, les assemblées parlementaires sont réunies spécialement à cet effet. »
C’est donc en vertu de cet article que le 22 juin, Nicolas Sarkozy s’exprimera devant le Parlement.

Il s’exprimera, oui, mais pour y dire quoi ? Et bien, d’après le communiqué transmis par l’Elysée, il s’agit de nous exposer les orientations futures en matière de politique européenne et de politique intérieure…

Je ne sais pas vous mais moi, ce genre de déclaration devant les élus de France ça me fait penser à quelque-chose… Attendez que ça me revienne… Ah oui ! Ça-y-est ! Je trouve que cela ressemble à si méprendre à une coutume américaine qui s’appelle le discours sur l’état de l’union. Chaque année, le Président US se doit de faire un joli discours devant le congrès pour dévoiler la politique qu’il compte entreprendre dans l’année qui vient. Ouais… C’est ça…

Sauf que, à la différence des États-Unis notre président ne va pas s’exprimer devant un public capable de le destituer. Et là, vous m’excuserez, mais ça fait une sacrée différence.

Le fait de présenter un projet politique devant les représentants du peuple n’est pas forcément condamnable en soi. Même si on peut dire que c’est une coutume anglo-saxonne dérivée du discours du Trône que le souverain présente chaque année devant le parlement (Thomas Jefferson refusa en son temps de se plier à la coutume pour cette raison), on peut imaginer qu’il réside dans cet exercice une espèce de mise en danger démocratique... Puisque le projet énoncé est alors soumis au vote des représentants. Mais dans le sujet qui nous préoccupe, dans cette adaptation Sarkozienne de la constitution américaine, la mise en danger vous pouvez toujours la chercher puisque le discours du PGE sera certes débattu, mais en aucun cas soumis à un quelconque vote. Le Président annonce, s’en va et point barre. Les députés auront l’occasion de faire des déclarations (10 mn par groupe), mais c’est tout.

Aussi, en ce qui me concerne les réticences de Jefferson s’appliquent largement a la petite démonstration à laquelle nous allons assister.
A mon sens, Le discours à venir ne sera, ni plus ni moins, que la démonstration d’un pouvoir autocratique. Il n’aura pour seul but que d’énoncer devant les élus le fait du Prince, et ce, via une retransmission médiatique ad hoc. La France entière pourra alors constater que c’est le Président qui commande, que sa parole n’est pas sujette à discussion, et que c’est comme ça. Et pis c’est tout !

Alors bien sûr vous pourrez me rétorquer que c’est la loi, et que celle-ci a été voté à la majorité du parlement, que c’est ça la démocratie, etc…
Dans ce cas là, je vous répondrais que l’on est pas obligé pour autant d’accepter quelque-chose qui ne nous plait pas sous prétexte que la majorité l’a décidé, et que c’est aussi ça la démocratie. (Na !)

Et c’est en gros le débat qui a agité l’ensemble de la classe politique d’opposition ces temps-ci. Les Communistes et les Verts ont d’emblé déclaré qu’ils ne se prêteraient pas à cette mascarade. Pour les Parti Socialiste ça a été un peu plus compliqué comme on peut s’en douter… Sur la blogosphère le débat a fait rage, qui appelant au boycott, qui préférant jouer le jeu mais n’excluant pas de marquer le coup par une attitude explicite… Bref, au bout de quelques jours d’âpres discussions, les socialistes se rendront à Versailles mais ne participeront pas au débat.
L’argument développé par le PS pour justifier sa présence au Congrès, est de dire qu’avec la raclée qu’ils se sont prise il y a quinze jours, ils ne sont pas en position pour la ramener…
Moi je dis : Foutaise !
Il s’agit là d’une attitude molle comme on en a désormais l’habitude avec les socialistes. D’ailleurs, je pense que l’on ne pouvait attendre mieux de la part de gens qui dès le lendemain des européennes ont repris à leur compte le rejet de « l’anti-sarkozysme primaire ». Par ce refus de se positionner clairement dans l’opposition de gauche, le PS étale encore une fois ses ambigüités.

Je gage que cette décision de se plier aux exigences royales de sa majesté Nicolas 1er ne fera qu’entretenir le trouble auprès de la gauche modérée. Les récentes élections ont démontré que ce sont ceux qui refusent de s’aplatir comme des carpettes de salon qui remportent la faveur de l’électorat, et que c’est en refusant de jouer le jeu édicté par Sarkozy que l’opposition prend tout son sens.

Que Nicolas Sarkozy fasse son discours devant une salle à moitié vide, voilà qui aurait eu de la gueule ! Au moins autant que la galerie des glaces du château de Versailles…

mercredi 17 juin 2009

Accident de parcours

Après tout, il n’y a pas de raison que je ne vous parle pas de ça… Il n’y a pas que la politique dans la vie, et si jamais vous l’oubliez, la vie justement se charge de vous le rappeler.

Tout a commencé ce mardi. Un toc-toc timide à la porte de la maison, et voilà la voisine qui m’annonce qu’elle a vu ma Gaëlle ce matin et que celle-ci n’allait pas très bien… Elle a essayé de mettre la main dessus, mais la fieffée catin s’est échappée pour se planquer et depuis elle la cherche.
Elle commence à pleurer parce qu’elle aime bien ma chatte la voisine… Moi, calme et raisonnable, je la rassure comme je peux… Gaëlle est une chatte indépendante, elle vit sa vie et jusqu’à présent cela lui a plutôt réussit… C’est qu’elle a 19 ans la bougresse.

Ce n’est pas la première, ni la dernière fois que cette chatte passe un mauvais moment, et jusqu’à présent, ça c’est toujours bien terminé… Mais elle arrive quand même à me culpabiliser cette pauvre dame. Face à ses larmes, j’ai l’air d’un monstre d’indifférence avec ma froideur. Plus pour rassurer la vielle que pour autre chose, je m’habille et je vais jeter un œil dans le quartier. Peine perdue. Va retrouver une bête qui considère la troisième dimension comme une chose acquise !
J’ai donc laissé tomber.
C’est vers les quatre heure de l’aprèm’ que l’on retoque à la lourde… Les yeux pleins de sommeil j’ouvre et je retrouve la voisine, accompagnée de son fils qui me tend une boite en carton dans laquelle se trouvait Gaëlle… Là, j’ai pris une grande claque dans la gueule.

Ma Gaëlle était là, prostrée. Elle avait l’air groggy et elle râlait… Sans la sortir de sa boite, je promène mes mains sur son corps comme si je savais ce que je faisais. La queue, le bassin, les côtes, les épaules, tout avait l’air d’être à sa place. Elle gardait la tête baissée et c’est pourquoi je vis en dernier ce qui n’allait pas… En relevant sa tête, je découvris son minois d’ordinaire si joli, complètement ravagé. Sa mâchoire inférieure ne ressemblait plus à rien. Ses yeux mi-clos et son nez disparaissaient sous des amas purulents de mucus sanguinolent.
Je remerciais la voisine qui pleurait de plus belle, et 10 minutes plus tard j’étais dans le bus direction la clinique vétérinaire.

Dans le bus je gambergeais comme un fou. J’imaginais le pire : Cancer foudroyant, tumeur explosive… (Elle a dix-neuf ans quand-même). Et puis ça allait certainement me couter un bras… Comment faire pour la soigner alors que je n’ai même pas de quoi faire deux repas par jour ?
J’arrivais donc à la clinique passablement sur les nerfs.
La réceptionniste fit les frais de mon énervement. Agacé par ses questions à la con, je lui répondais assez sèchement avant de me rendre compte qu’elle n’y était pour rien et de m’excuser. Elle a compris et n’a rien dit…
Puis le véto est arrivé et au bout de quelques secondes le verdict est tombé : Accident avec une voiture, traumatisme de la face.
Moi qui avais imaginé des saloperies de maladies longues et douloureuses, je me sentis comme soulagé…
Je balbutiais « Dieu Merci ! Alors vous pouvez faire quelque-chose pour elle ? »
Il me répondit qu’il fallait attendre les radios. Il prit la boite en carton et disparu par une porte.

Je me retrouvais donc seul avec la réceptionniste. Je remarquais qu’elle était toute jeunette et très jolie… Sans doute une de ces stagiaires à peine nubile que l’on exploite pendant une semaine ou deux, histoire de leur montrer ce qu’est le monde du travail… J’eu honte pendant un instant de l’avoir regardé comme une femme, et pour dissimuler mon trouble, aussi stupide qu’incongru, je me mis à lui parler de Gaëlle…
Je lui racontais quel animal merveilleux c’était. Que nous vivions ensemble depuis bientôt vingt années… Je lui parlais de ses habitudes, de ses lubies de vielles fille… Combien elle pouvait être chiante… Et c’est là que j’ai craqué.
Je me suis mis à chialer comme une madeleine. Tout à coup, le sang-froid dont j’avais fait preuve jusqu’alors s’est effondré et toute la place que cette fichue bête tenait dans ma vie s’est révélée.
J’avais beau essayer de me contrôler, ça ne s’arrêtait pas. Je ne sais pas qui était le plus gêné, la gamine ou moi.

Lorsque le véto est revenu avec la radio, je me suis un peu calmé. Les radios ça me connait, j’ai l’habitude. C’est quelque chose de concret sur lequel on peut s’appuyer et quelque-part, ça me rassure.
Il m’expliqua qu’il avait décelé une fracture complexe de la mandibule inférieure, ainsi qu’une autre plutôt moche du palais. A part un problème de déshydratation, tout le reste avait l’air ok. Pas de fracture du crâne, pas de traumatismes…
Il me dit aussi qu’il fallait l’opérer. Tout de suite.

Je lui ai alors demandé quel genre de vie elle allait avoir après ça… Pour lui, si elle survivait à l’intervention, il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne vive pas. Il était prudent cependant. Désespérément prudent.

Je lui ai alors dit que je n’avais pas d’argent. Il m’a répondu que ce n’étais pas le plus important… Il m’a donné deux ou trois adresses d’associations qui prenaient en charge ce genre de cas. A moi de plaider ma cause. L’opération coutait 150 €.

Et c’est ce que j’ai fait. Alors que la pauvre chérie se faisait opérer, je me suis rendu chez l’une de ces assos. Là, je suis tombé sur une charmante dame constamment occupée à placer des chats par téléphone… Entre deux coups de fil, je commençais à lui raconter mon histoire, mais je vis bien vite que l’âge de ma Gaëlle la rendait sceptique.
Mais j’ai persévéré. Je ne lui ai pas dis combien cette chatte comptait pour moi, j’ai oublié. Je lui ai simplement parlé de la vie qu’on menait tous les deux… Au bout de quelques minutes elle m’a signé un bon d’une valeur de 100 €.
Lorsque je l’ai remercié, je sanglotais de nouveau (Putain !).

J’ai téléphoné en rentrant à la maison. L’opération s’était bien passée, mais il fallait attendre. Le lendemain j’ai encore téléphoné et on m’a dit que ça allait… Elle avait survécu !

Alors, en fin d’après-midi je suis allé la récupérer. Pendant la journée il m’était venu une idée que j’ai soumise au véto ; Je m’étais demandé si dans ma peur panique de perdre ma chatte, je n’avais pas oublié un peu de penser à elle… Quelle vie allait-elle avoir ? Avais-je fais le bon choix ? N’avais pas été égoïste ?
Il m’a rassuré sur ce point. S’il l’avait opéré, c’est qu’il pensait vraiment qu’elle aurait une vie à peu près normale.
Mais il m’a quand même précisé que les prochains jours seraient durs pour elle… Elle allait souffrir, et ne pourrait pas s’alimenter avant quelques jours. Je dois la ramener demain matin pour qu’il la perfuse (15 €), mais après ça il faudra que je joue de la seringue et que je l’alimente avec de la pâtée mixée et liquide…
Mais c’est pas grave, je m’en tape. Elle va vivre et c’est tout ce qui compte. Je vais encore avoir cette fichue chatte dans les pattes pendant de longues, de très longues années…

Pendant que je tape ces mots, Gaëlle est dans un panier. Elle se repose. De temps en temps je la vois qui change de position, mais dans l’ensemble ça à l’air d’aller. Elle ne passe plus son temps à ouvrir et fermer sa gueule, c’est déjà ça. Mais ça va aller. Je sais que maintenant ça va aller…

Voilà. Je ne sais pas pourquoi, mais il fallait que je vous raconte cette histoire. J’en avais besoin. Ca m’a permis de me rendre compte de certaines choses sur moi, la vie que je mène, les choses importantes… Alors, je m’en excuse si jamais cela vous a paru long et pesant, mais que voulez-vous, comme je l’ai dit au début : Il n’y a pas que la politique dans la vie, et si jamais vous l’oubliez, la vie justement se charge de vous le rappeler… De façon longue et pesante.

lundi 15 juin 2009

Ce matin en lisant le Figaro…

Bon… D’accord. Hier je n’étais pas vraiment de bonne humeur et je me suis laissé aller à un petit écart de langage… Cela ne me ressemble guère. Ou alors il faut vraiment que je sois furax pour m’autoriser de telles libertés. Mais que voulez-vous : J’en ai vraiment marre d’avoir raison.

Oh attention ! Je devine que vous vous dites que je verse un peu trop dans la forfanterie et l’autosatisfaction. Bon d’accord, il y bien évidemment une part de narcissisme dans ce que j’écris. Comme tous ceux que l’envie d’écriture titille, ajouterais-je. Mais ce qui m’énerve vraiment n’est pas tant d’avoir raison, c’est plutôt de voir se dérouler les choses malgré le fait qu’on les ait analysées et dénoncées. En fait c’est l’impuissance qui m’énerve. J’ai parfois l’impression de pisser dans un violon et ça m’agace au plus haut point…

Et ce lundi, mon énervement, ainsi que cette fichue impression urinaire, c’est trouvé amplifié à la lecture du Figaro…Vous me direz que je n’ai qu’à ne pas lire cet organe de propagande umpiste. C’est vrai, ce serait une bonne chose pour ma tension, je le reconnais, mais en ces temps de combat, je trouve nécessaire de se tenir au courant des mouvements de l’ennemi. Simple récurrence du temps où je servais sous les drapeaux.

Donc, ce matin je tombe sur deux articles qui confirment en quelque sorte mon impression d’hier. C'est-à-dire que la machine gouvernementale est en marche.

En premier lieux, nous avons le ministre Hortefeux.
Ce sinistre personnage, qui n’a pas tout à fait réussi à se débarrasser de sa défroque nauséabonde de déporteur en série, officie maintenant au ministère du travail, et c’est en temps que tel qu’il répondait à quelques questions sur France Inter dans l’émission Dimanche soir politique.

Et qu’apprend-on de la bouche de ce Môssieur Hortefeux ? Hein ? Que face au déficit annoncé de notre Sécurité Sociale (20 milliards d’Euros), il conviendrait de réfléchir à une augmentation de la durée des cotisations… En clair, la vieille lubie du MEDEF qui consiste à vouloir nous faire bosser plus longtemps est toujours à l’ordre du jour. Quand je vous disais qu’une offensive était proche ! Il n’aura pas fallut une semaine pour que la lente, mais sûre, sape de nos institutions commence…
Oh, bien évidemment ce n’est pas pour tout de suite. On va attendre 2010 pour réformer le régime général de retraite, mais bon… En attendant nous sommes prévenus.

Ensuite, toujours dans le même organe de propagande élyséen, on apprend qu’un sondage Opinion Way vient conforter la « victoire écrasante » du parti du président. En effet, d’après ce sondeur partisan « Une majorité de Français soutient la poursuite des réformes ».
En fait en lisant l’article, on apprend que cette majorité est somme toute relativement restreinte : 57%. Mais bon, cela suffit quand même au journaliste pour affirmer avec aplomb qu’il s’agit là d’un « feu vert » donné au gouvernement par les français.

Ainsi, on peu constater que le gouvernement continue à désinformer tous azimuts en affirmant avoir gagné les élections européennes. Mieux, avec l’appui d’une dialectique bien rodée et d’une mauvaise foi évidente, il arrive à transformer une petite majorité en un satisfécit.
Bref, il surf sur la vague qu’il a lui-même inventée. C’est pathétique.

C’est pathétique, mais ça marche ! C’est bien là le problème !

Et c’est ça qui m’énerve. Que ces tours de passe-passe, ces scénarii cousus de fils blancs fonctionnent aussi bien… Et ce malgré le fait que je m’époumone…

Mais bon, rassurez-vous gentils lecteurs, je ne vais pas baisser les bras. Je vais continuer à démonter ces mécanos improbables et à gueuler autant que je le pourrais ! Et cela même si parfois j’ai cette fichue impression de pisser dans un violon…

dimanche 14 juin 2009

Une erreur qui va couter cher

« Il semblerait donc que nos dirigeants syndicaux aient oubliés ces fondamentaux de l’action sociale. Ajoutez à cela une communication inexistante, et on se dirige tout doucement vers un gros bide. Et si gros bide il y a, j’en connais quelques-uns qui, dès ce soir, vont faire leur gorges chaudes de ce non-événement et enquiller sur la remontée du nain dans les sondages… »

Qui donc a bien pu écrire ce sinistre augure ? Hein ?
Oh ! Suis-je bête… C’est moi ! Et pas plus tard qu’hier en plus…

Franchement, j’aurais préféré me tromper… Vraiment. Mais le fait est que c’était couru d’avance. On ne le répétera jamais assez, une manifestation, fut-elle unitaire, organisée un samedi : Ca ne marche pas ! Ils devraient quand-même le savoir depuis le temps !
Ajouter à cela l’approche de l’été et une usure légitime des travailleurs et on obtient ce qui est arrivé hier : Un gros bide.

Et comme de bien entendu, les gros bides, en plus de nuire à ceux qui les provoquent, ont la manie de profiter à ceux qui n’attendent que ça.
Dès la fin de l’après midi le Figaro titrait déjà : « Mobilisation en recul contre la politique anticrise de Nicolas Sarkozy ».

Vous noterez, en passant, que ce titre est habilement rédigé, puisqu’il sous-entend sans vergogne que les manifestants qui défilaient dans la rue hier sont contre les efforts que notre président s’échine à déployer pour nous sortir de la crise… Ce qui revient à dire que ces personnes sont ni plus ni moins pour la crise. Mais bon ! Rassurez-vous braves gens ! Ils sont en recul !

Donc, comme je l’avais subodoré, cette manif devient un atout dans la manche de notre PGE. Mieux, avec l’appui d’une dialectique bien rodée et d’un plan média ad hoc, cette erreur monumentale va se transformer en un soutien à la politique du gouvernement.

Putain ! Ça fait chier d’avoir raison !

Allez… Bon dimanche quand-même…

samedi 13 juin 2009

Le samedi c’est manif (Ah bon ?)

« Lorsque l’on a la prétention de vouloir tenir un blog qui s’est donné pour but de parler de politique et de société, la moindre des choses, c’est quand même de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde, et a fortiori dans son propre pays. »
Voilà le genre de reproches que je me faisais à moi-même ce matin, et je peux vous dire que c’est vraiment pas cool de commencer la journée comme ça.

Bon, d’accord, je ne me suis pas infligé cette critique bien judéo-chrétienne exactement en ces termes. Et puis, je vous l’avoue, ce n’est pas la première chose qui me soit venue à l’esprit non plus… Mais le fait est, qu’au bout de quelques minutes de ma petite revue de presse matinale, c’est quand même à ce genre de constatation à laquelle je suis arrivé. Et franchement : Ça me fait chier.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je me mets à être grossier de si bon matin… Et bien c’est parce que je viens de me rendre compte que ce samedi, c’est jour de manif. Et pourquoi je n’étais pas au courant ? Hein ?
C’est vrai quoi… D’après ce que j’ai lu, il s’agit de la dernière mobilisation intersyndicale (presque) de la saison et je n’en entends parler que le jour même ? C’est quoi cette histoire ?

Réflexion faite, je me rends compte qu’en fait je n’y suis pour rien. Si je n’étais pas au courant, c’est tout simplement parce que les médias n’en n’ont pas parlé, point barre.
D’accord, je veux bien admettre qu’ils avaient peut-être autre chose comme sujet de conversation ; Un avion qui tombe, les élections européennes et la déroute du PS, le silence de Ségo la Sainte, le discours bien consensuel et pétri d’obscurantisme d’Obama, les élections en Iran… (Que sais-je encore ?) Mais apparemment il n’y avait pas de place pour une manif de protestation contre la politique de notre nano-président…

Alors je vous le dis, puisque j’imagine que vous êtes aussi non-informé que moi, cette journée est sensée s’inscrire dans la continuité des rassemblements du 29 janvier, 19 mars et 1er mai… Sauf que de mémoire de gauchiste, une manif organisée un samedi est quelque-chose de complètement inutile, voir de contre productif. C’est d’ailleurs ce que semble penser Force Ouvrière en se désolidarisant « partiellement » de cette journée d’action. FO (d’après Libé), parle de « simulacre de journée d’action », et Jean-Claude Mailly soutient qu’il n’est pas « un GO du social ».

Je serais plutôt de son avis… Pour moi, la réussite d’une journée d’action se mesure avec deux critères : La mobilisation d’une part, et l’ampleur de l’emmerdement maximum provoqué d’autre part.
Et je serais même tenté de dire que le second critère prime sur le premier. Pour s’en persuadé il n’y a qu’à constater l’efficacité des actions des agriculteurs, des pêcheurs ou des routiers quand ils s’y mettent.
Il semblerait donc que nos dirigeants syndicaux aient oubliés ces fondamentaux de l’action sociale. Ajoutez à cela une communication inexistante, et on se dirige tout doucement vers un gros bide. Et si gros bide il y a, j’en connais quelques-uns qui, dès ce soir, vont faire leur gorges chaudes de ce non-événement et enquiller sur la remontée du nain dans les sondages… C’est là, que ce genre d’action devient contre-productif : En servant la soupe au gouvernement. C’est vraiment donner le bâton pour se faire battre, voilà ce que j’dis !

Donc, pour ma part, et une fois n’étant pas coutume, je n’irais pas manifester cette fois-ci. Pour les raisons que viens d’évoquer, mais aussi parce que la manif à Nice est pour une fois organisée à 14H30, et qu’à cette heure là, je dors.

Mais bon, rien ne vous empêche de vous y rendre vous-même, aussi je vous joins un lien vers une infographie qui recense l’ensemble des 160 cortèges.

Bonne manif si vous y allez, et en attendant de connaitre vos impression je vous souhaite un bon weekend !