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vendredi 4 septembre 2009

Gabon : Les mensonges de Joyandet

Ce matin, alors que je fouillais mon esprit dans l’espoir d’y découvrir une lueur d’inspiration, j’ai fait comme à l’accoutumé, j’ai allumé ma télé pour regarder la Matinale de Canal Plus.

Bon, je passe sur le matraquage mélodramatique concernant l’enterrement de ce vague chanteur américain, névrosé et pédophile notoire. Cela n’a aucun intérêt.
Je vous ferais grâce également de la polémique qui n’en finit plus d’agiter le landernau politique (et donc forcément bloguesque), sur la taxe carbone. L’affaire étant, en ce qui me concerne, entendue. Vouloir taxer le péquin parce qu’il ne peut pas faire autrement que de polluer, ça mériterait (au moins) la réouverture du bagne de Cayenne.

Non, ce qui m’a interpellé ce matin, alors que je n’en finissais pas de me dire que Maïtena Biraben ressemblait de plus en plus à ma sœur, en apercevant la tronche de notre secrétaire d’état à la coopération, l’inénarrable Alain Joyandet.
Oui, je sais, j’ai écrit « inénarrable » exprès. C’est rien que pour me montrer solidaire avec Olivier Bonnet qui passe devant le juge aujourd’hui pour avoir utiliser le même adjectif. Y’a pas de raison qu’il n’y est que lui à passer en justice pour avoir bien causé la France…

Bref, j’avise donc le secrétaire d’état aux colonies et je me mets à l’écouter d’une oreille distraite s’exprimer sur le résultat des élections au Gabon. Elections, qui d’après la voix officielle ont vu la victoire du sieur Ali Bongo, fils de son père.
Au journaliste, qui le harcelait sournoisement de questions tendancieuses (salauds de journalistes !), Joyandet tentait vaille que vaille de langue-de-boiser de son mieux.

Mais non, la France n’a rien à voir dans ces résultats. Ce n’est que l’expression de la démocratie, respectons-la ! Je rappelle que la France n’a pas de candidat au Gabon, elle n’a que des intérêts…

Mais bien sûr… Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu ? Hein ?

Je crois que le pire c’est quand le Joyandet a répondu à la question : « […] Vous savez pertinemment Alain Joyandet qu’Ali Bongo bénéficiait de la connaissance de l’appareil d’état et de la fortune personnelle de son père pour financer cette élection, est-ce que l’on peut se satisfaire de ce type de transition en Afrique, lorsque l’on veut remettre en cause les principes du passé ? »
Réponse de l’intéressé : « Ecoutez, dans les grandes démocraties que l’on connait bien. Le fils a été président à la suite du père. Je pense aux États-Unis par exemple… »

Là, sur le coup j’ai faillis m’étouffer en avalant ma fumée par le mauvais tube !
Autant de culot et de mauvaise foi, moi, ça me sidère !

Et d’ajouter, toujours avec le ton de la sincérité outragée, qu’aucun responsable politique français ne s’était mêlé de cette affaire… Aucun responsable politique, peut-être. Mais des émissaires envoyés par Total, ça on peut être sûr qu’il y en a eut ! Car je vous le rappelle, la France a des « intérêts » au Gabon. Et c’est pas moi qui le dit, c’est lui !

Autant de morgue et d’aplomb dans l’expression d’un discours mensonger, c’est vraiment du grand art. Encore une fois nous avons la preuve, même si le discours officiel proclame le contraire, que la France ne souhaite pas en finir avec la France-Afrique. Et ce, au nom de ses « intérêts ».
Et bien je vais vous dire une chose, quitte à choquer je m’en fous. A choisir entre deux maux, je préfère encore la France-Afrique façon grand-papa, celle de Mitterrand et de Chirac, à celle de Sarkozy.
Au moins, ces relations postcoloniales matinées d’intérêts financiers n’étaient pas exemptes d’une certaine forme d’affectivité et de respect. Alors que la France-Afrique de Sarkozy n’est pleine que d’une seule chose : Le fric.

Je comprends que le populo gabonais, alors qu’il vient de se faire encore une fois entubé, se mette à brûler le consulat français, et s’en prenne aux intérêts de Total ou de Schlumberger. Ce n’est que l’expression d’une juste colère, et non-pas une « méprise » comme le dit avec autant de fausseté Alain Joyandet.

Allez les gabonais ! Brûlez tout s’il le faut ! Il est temps que vous vous débarrassiez de cette famille qui vous vole depuis plus quarante ans ! Il est temps que vous profitiez enfin des richesses de votre pays !

Et puis si notre Président à nous, décide de protéger ses « intérêts » en envoyant la Légion… Et bien, on fera tout ce qu’on pourra pour l’en empêcher ! Promis !

mardi 9 juin 2009

Omar Bongo, l’employé modèle

C’est vraiment pas de bol. Ce matin je m’étais dis, comme ça, qu’aujourd’hui je ferais relâche… C’est vrai quoi ! Ça va faire cinq jours que je suis sur le pont et franchement je trouvais que je méritais bien un peu de repos. Et puis voilà que je tombe sur une de ces dissonances qui a le don de me faire tiquer…

Omar Bongo, président du Gabon est mort. Enfin mort, devrait-on dire. Parce que depuis deux jours entre annonce et démentis on ne savait plus trop si le monsieur continuait à végéter sur son lit d’hôpital ou avait rejoint les cieux.
Donc, ça-y-est, c’est officiel, Omar Bongo est mort. Que ce soit dimanche soir au lundi midi n’a pas vraiment d’importance, sauf peut-être pour ceux qui ont quelques précautions à prendre dans ce genre de situation. On peut imaginer que la mort d’un chef d’état, fut-il gabonais, est quand même plus facile à digérer si elle est anticipée… Mais bon, ce n’est pas ça qui m’a fait tiquer.
Non, ce qui m’a fait réagir, c’est que ce matin en lisant la presse je lis dans le Figaro : L'hommage de Sarkozy et de Chirac au «sage» Omar Bongo. Et quelques lignes plus loin j’apprends que l’Omar en question était un super président, un humaniste, un saint… Bref il semblerait que son décès soit une grande perte pour l’humanité.
Notre PGE a déclaré : «C'est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l'Afrique et un chef d'Etat qui avait su gagner l'estime et le respect de l'ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain».
Et le vieux Chirac de surenchérir : « Il aura réussi à s'imposer comme un sage, contribuant, à la paix et à la stabilité de l'ensemble du continent africain. A la tête de la République du Gabon, Omar Bongo n'aura eu de cesse pendant quarante ans d'œuvrer au développement économique et social de son pays, comme de l'Afrique entière».

Pardon ? Vous dites ? Cela fait quarante ans que le vieux présidait à la destiné de son pays ? Comment c’est possible ça ? C’est pas possible, a moins d’être un… Non, vous vous trompez... La France ne peut pas encenser un type qui ne serait qu’un… Dictateur ?

Alors, c’est peut-être vrai que la France a perdu un ami. Moi je dirais qu’elle a perdu un employé, ce serait plus juste. Et qui plus est un employé méritant puisque Monsieur Bongo est entré dans l’entreprise France en 1967, et depuis n’a eu de cesse de satisfaire les ambitions de ses employeurs.
Sa plus belle mission fut de garantir pendant des décennies aux entreprises pétrolières hexagonales l’accès plein et entier aux gisements offshores du Golf de Guinée (les taches vertes à droite). Les intérêts de l’état français, puis ceux des actionnaires privés furent donc préservés grâce à son action.

Alors bien sûr, il y eu de sa part quelques petits dérapages… Il aurait, dit-on, un petit peu détourné la manne financière pétrolière au profit de sa famille... Enfin, c’est ce qu’on dit, parce que pour trouver des preuves c’est un peu compliqué tant la justice a du mal à s’assurer la coopération des gouvernements.
Bon, en attendant qu’il soit démontré que ce type était un escroc et un dictateur, on continu quand même à en dire du bien. Elle est comme ça l’entreprise France. Au côté de ses employés lorsque le deuil les frappe. C’est une bonne mère.

Et ce ne sont pas les élucubrations d’une ex-juge d’instruction (gauchiste forcément) recyclée dans la politique écologiste qui va ternir la réputation d’un sage quand même !

Un sage, c’est forcément un type bien… Ou en tous cas ça sera toujours un bon employé.