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vendredi 29 janvier 2010

Villepin relaxé, une épine de le flanc de Sarkozy

L’incontournable du jour, c’est bien sûr la relaxe de Dominique de Villepin dans le procès Clearstream. Là, je suis quasiment obligé d’en parler…
Sauf que, comme la plupart du temps, dès qu’un sujet devient obligatoire, c’est là que j’ai le plus de mal à m’exprimer.
Ouais, je sais, ça tombe mal. C’est même très chiant pour tout vous dire.

Bon, déjà, ce qui me réjouit le plus, c’est d’abord et surtout la relaxe de Denis Robert. C’est ça qui a vraiment de l’importance et du sens.
Ce pauvre Denis a eut le culot de vouloir s’en prendre à une des officines de blanchiment les plus importantes au monde, et il n’a récolté qu’opprobre, ruine et douleur. Le voir totalement mis hors de cause n’est que justice. Même si cela ne lui rendra sûrement pas tout ce qu’il a perdu en chemin.

Pour le reste, et bien je serais tenté de me réjouir aussi, mais avec des bémols.
Que Villepin ait été relaxé est une bonne chose d’un point de vue purement politique.
En effet, comme tout le monde, j’aurais tendance à voir cette relaxe comme une épine supplémentaire dans le flan de Sarkozy, au même titre que la remontée du Front National… Tout ce qui peut affaiblir l’UMP est bon à prendre, et la division endémique qui gangrène la droite française (comme la gauche d’ailleurs), cette division artificiellement camouflée par la création de l’UMP, ne peut que satisfaire l’homme de gauche que je suis.

De plus, on peut aussi se satisfaire, pourquoi pas, du retour sur le devant de la scène d’un représentant de ce que l’on appelle le « gaullisme social ». Un peu de social mélangé avec beaucoup de gaullisme, ce sera toujours mieux que du pragmatisme libéral décomplexé.

De ce point de vue donc, oui je suis content. Et je pourrais même ajouter, si j’étais de bonne humeur, que cela augure de bonne chose quant à 2012. Mais bon, ne vendons pas la peau de l’ours blanc avant que de l’avoir vu disparaitre de la banquise…

Le bémol que je suis obligé de mettre dans toute cette joie (youpi !) est purement moral. En effet, ça me ferait bien chier que Sarko se casse la gueule en 2012 à cause d’un rival dans son camp, plutôt que grâce à la victoire des idées de gauche. Un rival qui, ne l’oublions pas, nous a quand même pondu le CPE lorsqu’il était Premier Ministre.
En plus, j’ai un peu de mal à croire qu’il soit effectivement tout blanc dans cette histoire de fichiers corrompus…
Oui, je sais. Vous allez me dire que je cherche la petite bête et que je ferais mieux de savourer ce moment comme il se doit… Mais bon, je vous l’ai dit, c’est la fin du mois donc j’ai tendance au pessimisme en ce moment.

En attendant, les aficionados de Nicolas 1er ont eu bien du mal à faire bonne figure devant les résultats de ce procès. Et même si on peut les comprendre, ça n’empêche pas de prendre son pied en les voyant bafouiller des commentaires merdiques dans les médias.
Le must fut, je pense, la déclaration officielle du Nain concernant le fait qu’il ne ferait pas appel de la décision de justice. Ça c’est drôle.
C’est drôle parce que Sarkozy est sensé avoir été avocat dans une vie antérieure. Il aurait donc du savoir qu’en tant que partie civile, il n’en n’a absolument pas le droit. C’est au Parquet de faire appel. Ce qu’il vient de faire d’ailleurs.

La dernière satisfaction que l’on est en droit d’attendre de cette journée fut que cette décision est tombée pile poil le jour des 55 balais de l’Omnipotentat. Je goutte assez ce genre de coïncidence calendaire…

jeudi 26 novembre 2009

DSK vs Sarko ? On n’est pas dans la merde…

Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais impatient de voir Dominique Strauss-Kahn dans ma télé hier au soir. Enfin quand je dis impatient, faut quand même pas exagérer… Je n’en n’étais pas à trépigner devant mon poste comme un gamin, ni même à saliver par avance dans la perspective de cet événement.
J’étais un peu dans un attentisme prudent comme on dit, mais faut croire que cette position était déjà présomptueuse.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais, ni même pourquoi j’attendais quelque chose d’ailleurs… C’est sans doute parce que la plupart des sondages annonce DSK comme vainqueur contre Nicolas Sarkozy au deuxième tour si jamais celui-ci venait à se présenter… Ouais, ça doit être ça.
Mais bon, à la fin de l’interview, j’ai bien été obligé de constater que les journalistes de Canal, soi-disant « incisifs et « décalés », n’ont pas été plus à la hauteur de leur job que ne l’ont été ceux du Figaro.
DSK n’était là qu’en tant que directeur du FMI et n’entendait pas se laisser entrainer sur le terrain de la politique Française. Et c’est qu’il est doué le bougre pour éluder les questions !

DSK a donc fait son show. Il a déballé sur le tapis rouge qui lui était offert son plan com, avec maitrise et professionnalisme. Il s’est présenté comme le toubib de la finance mondiale. Le sauveur du monde et grand réformateur du capitalisme.

Sur l’état du parti Socialiste, quedalle. Sur la politique de Sarkozy, re-quedalle. Sur ses ambitions post-FMI, re-re-quedalle.

Bref, on fait des sondages, on parle de lui, mais lui ne sonde personne et ne parle à personne.

Mais cette non-communication a quand même un sens. En se tenant loin des bisbilles et des guéguerres franco-françaises, DSK assoie son aura de présidentiable par rapport à d’autres qui ne font que la ternir jours après jours.
Car, je dois bien l’admettre même si je suis le premier à critiquer lorsque l’on parle plus des personnes que des idées, DSK à la gueule de l’emploi. Il a une stature de présidentiable, c’est indéniable.
Et c’est là que je me dis que peut-être le plan de Sarko qui consistait à se défaire d’un opposant potentiellement fort en l’envoyant à Washington, peut-être que ce plan-là ne fonctionnera pas comme il l’avait prévu.

Bon après, même si effectivement le DSK se présente sur la ligne de départ aux présidentielles de 2012, je ne dis pas que je vais voter pour lui pour autant. Pour moi cela reste un libéral. Pire, c’est un libéral qui se planque derrière une façade socialiste ce qui à mon sens est autrement plus critiquable qu’un libéral bon teint !

Alors on va bien voir ce que cela va donner… Mais si j’étais lui je profiterais un max de cette position excentrée pour entretenir mon image de médecin du monde, pour ensuite endosser la blouse beaucoup plus étroite mais néanmoins prestigieuse de sauveur de la France… Ouais, ça pourrait marcher. Enfin, ça pourrait marcher auprès des socialistes je veux dire. Car pour ce qui est de la vraie gauche, le DSK vaut pratiquement un Sarko. Et c’est la France qui se retrouverait dans la merde dans les deux cas…