Je voulais vous dire…


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mercredi 25 mars 2009

L’harangue du capitaine

Note de service n°240309-1784-28B.
Objet : Clarification sur la tenue du cap à suivre.
Diffusion : A tous les services.


Mesdames et Messieurs. Membres d’équipage. Chers passagers.

Voilà maintenant bientôt deux ans, vous m’avez fait l’insigne honneur de me nommer capitaine de ce fier navire. Vous m’avez fait confiance pour remettre vos vies entre mes mains, et il ne se passe pas une journée sans que je ne prenne l’exacte conscience des responsabilités qui sont les miennes.
En ces temps troublés, dans cette tempête mondiale que notre navire traverse, je tenais à vous réaffirmer aujourd’hui que je compte bien tenir la barre et maintenir le cap qui est celui que vous avez choisis…
Certes, la situation sur notre bord est difficile. Sachez, mes chers amis, que j’en ai, là encore, douloureusement conscience. Les vivres commencent à manquer, des voies d’eau se sont déclarées dans les entreponts, les passagers de la troisième classe souffrent du scorbut… Mais, il en est de même pour l’ensemble de l’équipage, je tiens à le rappeler ! Tous, nous souffrons de cette tempête, et tous, je tiens à le crier haut et fort, si nous restons unis, nous nous en sortirons !

Je demande aux passagers de la patience. Je demande à l’équipage de la rigueur. Je demande à tous de vous comporter de façon exemplaire, aussi bien dans le cadre du service que dans vos temps libres. Les manifestations de mécontentement que le bord à connu, ne doivent en aucun cas altérer la bonne marche du navire, et encore moins, j’ose le dire, le moral de l’équipage et des passagers ! En ces temps troublés, il est inacceptable que certains se permettent de défiler dans les coursives, alors même que tant de travail reste à faire. Il s’agit là d’un comportement irresponsable qui entrave notre navigation, et qui démontre un manque de respect flagrant envers ceux dont c’est le travail de faire avancer ce navire !

Par ailleurs, il a été porté à mon intention que certains membres d’équipage affectés à la cambuse, continuaient malgré mes injonctions à percevoir des rations d’eau supplémentaires. Je tiens à le dire : Ceci est inacceptable ! C’est faire preuve d’un manque total de solidarité que de boire autant d’eau, alors que la plupart des passagers en sont réduis à lécher la rosée sur le pont ! Je demande donc à ces personnes de cesser leurs pratiques, et de ne pas boire l’eau qui leur est donnée. Pour bien faire, il faudrait même qu’ils rendent dans les plus brefs délais l’eau qu’ils ont déjà bue !
Et je tiens à être extrêmement ferme sur ce point. Si d’ici six mois je n’ai pas noté de changement dans l’attitude de ces cuisiniers, je prendrais alors les mesures nécessaires ! Ces mesures, mes chers amis, seront extrêmement sévères, et pourraient, le cas échéant aller jusqu’à la mutation dans un autre service…

J’entends également ici ou là, que certains passagers seraient tenter de remettre en question le fonctionnement même de ce navire… Je voudrais dire à ces passagers qu’ils sont totalement dans l’erreur. La tempête que nous traversons est, de mémoire de marin, probablement la plus forte que nous ayons connue… C’est une tempête qui nous vient d’ailleurs, et en aucun cas une turbulence crée par notre propre sillage comme ces individus se plaisent à le dire. Remettre en question l’organisation hiérarchique, les choix de route, ou même la clairvoyance des passagers qui m’ont choisi, ne sont ni plus ni moins, j’ose le dire, que de vaines tentatives de sabotage !
La route qui est la notre aujourd’hui, ainsi que les personnes qui barrent ce navire, sont les seuls, je dis bien les seuls, outils valables. Vouloir en changer serait dangereux, voir, j’ose encore le dire, criminel ! Il est illusoire de croire en un cap autre que celui-ci, susceptible de mener vers d’hypothétiques rivages ensoleillés ! Seul le pragmatisme qui caractérise ma gouvernance, nous permettra de rester à flot !

Aussi, mes chers coéquipiers, mes chers amis, sachez que je resterais à mon poste quoi qu’il arrive ! Vous m’avez choisi pour mener ce navire à bon port, et c’est ce que j’ai l’intention de faire ! Je n’ai pas été choisi pour augmenter le prix des hamacs, sachez-le ! Avec moi, vous arriverez sains et saufs de l’autre côté de l’océan, et si les dieux nous sont favorables, notre navire ressortira de cette tempête encore plus beau et plus puissant qu’il ne l’était auparavant.

Vive la marine ! Vive notre navire ! Vive votre capitaine ! Vive moi !

Recommandations :
Ceci est le discours que le capitaine Sarkozy a tenu hier au soir depuis la salle de radio et devant les représentants de l’équipage et des passagers. A faire suivre et diffuser le plus largement possible dans l’intérêt du service.

mardi 24 mars 2009

Le cul entre deux chaises

Vous voyez le monsieur sur la photo à droite ? Vous le voyez bien ? Vous savez qui c’est ?
Et bien, cette belle tête de vainqueur est en fait celle d’un looser… Un looser, un perdant, un gros nul.
Comment qualifier autrement cet individu ? Thierry Morin, puisqu’il s’agit de lui, va quitter la Présidence de la société VALEO après que celle-ci est perdue plus de 200 millions d’euros l’année dernière… Vous vous doutez bien qu’une telle perte se doit bien évidemment d’être rattrapée. Ben oui ! Les bénéfices de l’entreprise sont à la baisse, il faut donc maintenant réduire les coûts de façon à ne pas spolier les actionnaires. Logique. Donc, le conseil d’administration de Valeo prévoit de mettre à la porte 1600 employés afin d’équilibrer un peu les comptes…
Logiquement, et d’après les critères de tout un chacun, avec un tel bilan on devrait se taper la honte de sa vie ! C’est même sacrément nul. Mais bon ! C’est la faute à la crise qu’ils nous disent, et il faut bien faire ce qu’il faut pour survivre ! Aussi, c’est avec bonheur que la société Valeo accepta les subsides de l’état dans le cadre du plan de relance. Elle reçue 19 millions d’euros pour surmonter ladite crise…
Mais apparemment, cela ne devait pas suffire au monsieur à la triste figure… Lui, en tant que PDG, il avait une façon bien précise de voir l’évolution de son entreprise. Il a accepté les sous de l’état, il a même accepté de baisser son salaire à 1.1 million d’euros par an pour la bonne cause, mais il était hors de question de remettre en cause son mode de gestion, et en l’occurrence le plan de restructuration concernant 1600 collaborateurs…

A ce propos, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse. Vous avez remarqué l’emploi plus qu’abusif que l’on fait en ce moment du parler « politiquement correct » ?
On ne dit plus licenciements, mais plan de restructuration. Comme si l’important c’était la forme en devenir de l’entreprise et non plus les conséquences humaines.
D’ailleurs, les ressources humaines n’ont-elles pas replacées les bonnes vielles directions du personnel ? C’est la même chose.
Dans le même genre, on ne dit plus employés ou ouvriers, mais des collaborateurs… Comme si la dénomination changeait quelque-chose à la façon de considérer une ressource ? C’est vrai quoi ! Ce n’est pas comme si on lui demandait son avis, comme à une personne !
Mais bon je m’éloigne du sujet… Ah si, un dernier pour la route : On ne dit plus pauvreté, mais baisse du pouvoir d’achat. C’est plus classe !

Reprenons. Donc, ce monsieur Morin pas d’accord avec la façon de dépenser l’argent des contribuables décide de quitter Valeo… Ou bien il est remercié par le conseil d’administration, pour sa gestion désastreuse, on ne sait pas. Secret des délibérations ! Il n’empêche que le monsieur s’en va.
Le problème est que, dans le contrat de ce monsieur, il est stipulé que si celui-ci s’en va, il doit partir avec un golden-parachute de, tenez-vous bien, 3,2 millions d’euros… C'est-à-dire en gros, un sixième de la somme prêtée le mois dernier par le gouvernement !

Alors, à partir de ce petit événement (je dis petit parce qu’il est somme toute assez banal dans le monde de l’entreprise), on peut avoir deux attitudes.
La première serait de s’offusquer de cet état de fait. De crier à l’injustice sociale, à l’indécence, ou plus simplement au foutage de gueule. On se mettrait donc à hurler avec les loups et à dénoncer l’immoralité d’une telle action générée par un libéralisme détaché des réalités sociales… Ce qui est assez dans l’air du temps, vous l’aurez remarqué.
Et oui ! La crise est là, et les bonnes consciences se réveillent un peu pour rappeler que les règles qui régissent le commerce sont tout sauf humaines et morales. Alors que ces bonnes consciences ont été plutôt silencieuses auparavant… Ou du moins celles qui osaient élever la voix passaient pour de viles empêcheuse de tourner en rond, voir des saloperies de communistes !

Ensuite, il y a l’attitude de celui qui considère que ce ne sont là que des choses normales. Un contrat est un contrat, et personne n’a le droit d’y mettre son nez, même pas (et surtout pas) l’état. Les goldens-hellos, les goldens-parachutes, les stock-options, tout ça fait partie des règles du jeu, et garantissent les performances des dirigeants… Il y a certainement d’autres arguments pour justifier de telles pratiques. Des arguments tous aussi logiques les uns que les autres, mais franchement je n’arrive pas à les trouver…

Et puis il y a une troisième attitude qui est celle de notre gouvernement.
Depuis quelques temps, Notre Président Glorieusement Elu se démène pour faire passer le message comme quoi il est intolérable que de telles pratiques perdurent. Il clame à la face du monde qu’il faut non pas réviser le capitalisme, mais le moraliser ! Il enjoint les patrons, et les syndicats de patrons, à faire le ménage chez eux, à faire preuve de solidarité avec le peuple ! Bref, il dit tout haut ce que tout le monde pense… Bravo monsieur Sarkozy ! C’est bien ! Vous êtes un Président Glorieusement Proche de vos électeurs !
Sauf que, toutes ces choses il les dit… mais il ne fait pas grand-chose pour que cela change. Bref, il tient le discours que tout le monde veut entendre, mais il n’en pense pas un mot !
Et ça mes amis ça porte un nom, ça s’appelle faire de la démagogie (du grec dêmagôgia : Attitude consistant à flatter les aspirations ou les préjugés du plus grand nombre pour obtenir ou conserver le pouvoir. Larousse 2009).

D’ailleurs, s’il n’était besoin de vous convaincre plus encore, on pourrait se demander pourquoi c’est toujours la presse de gauche qui révèle ce genre d’indécence ? Ou bien on pourrait poser la question aux porte-paroles qui s’expriment sur le sujet depuis hier, pourquoi selon eux il s’agit avant tout d’un problème de communication… C’est vrai quoi ! A les entendre, ces messieurs aux tristes figures doivent faire preuve de solidarité, ils doivent « faire face à leur responsabilités » et ne pas donner une image déplorable du monde de l’entreprise…
Ah bon ! Il s’agit donc d’un problème d’image ? Moi qui croyais bêtement que c’était un problème de fond plutôt que de forme, je me serais honteusement gouré ?

Vous voulez que je vous dise ? Je suis persuadé au fond de moi que le gouvernement, contrairement à ce qu’il annonce, ne veut pas légiférer sur l’éthique patronale… Il compte sur un assagissement passager de ces pourris de patrons, mais ne veut en aucun cas les obliger à se moraliser. Sa plus grande crainte serait que la crise dure suffisamment longtemps pour être obligé d’agir dans le sens des aspirations du peuple…
En attendant que les choses se tassent et que les cours de la bourse remontent, notre président et ses vassaux sont donc dans une fâcheuse posture… Le cul entre deux chaises, une fesse posée sur les idéaux libéraux et l’autre vautrée sur les aspirations des électeurs !

C’est dur la vie parfois…

vendredi 20 mars 2009

Lendemain de manif

Bon… C’est vraiment pas de bol, mais je n’ai guère d’inspiration aujourd’hui. Désolé !
Je reviendrais certainement sur cette journée dans un avenir proche, mais j’ai beau essayer, ce matin rien de sort….
Alors on va la faire courte, très courte. Contrairement à ce qui s’est passé dans le reste du pays, chez moi à Nice, la manifestation a été moins suivie que le 29 janvier. Entre 10 000 et 15 000 participants disent les médias…
Grosse différence cependant avec la précédente journée de mobilisation, le secteur privé était beaucoup plus présent. Ce qui correspond à ce que lis ici ou là, le mouvement gagne la base citoyenne en se démarquant des institutions habituelles…

Je vous ai trouvé ce mini-reportage que je partage avec vous, et je me mets derechef à la confection d’un petit clip avec les photos que j’ai pris hier.





mercredi 18 mars 2009

Pauvre France…

Et bien ça y est… C’est officiel, la France va revenir complètement dans le giron de l’OTAN. Hier, 329 abrutis (contre 238), ont entérinés le choix de notre atlantiste de Président.
C’en est donc fini de notre indépendance militaire. Enfin, c’est moi qui dis ça… Parce que, à les entendre tous, il s’agit encore une fois d’être pragmatique.

Pragmatique… (Grrrrr !!) Mon Dieu que je n’aime pas ce mot ! Ça commence à me gonfler sérieux cette notion de pragmatisme utilisée à toutes les sauces !
Surtout que, dans ce cas précis, la position qui a été la notre pendant plus de quarante ans était on ne peut plus pratique ! On avait un pied dans l’OTAN, et un pied dehors. C'est-à-dire qu’on profitait des bons trucs, et qu’on se réservait le droit de dire non aux autres trucs qui ne nous plaisaient pas…
Bon d’accord, pour un regard extérieur, ce genre de positionnement pouvait passer pour opportuniste, voir limite arrogant. C’est vrai. Mais, d’un autre côté, cela permettait à la France d’être crédible dans bien des conflits comme médiateur… Et Dieu (encore lui) sait qu’en quarante ans nous avons eu de nombreuses possibilités de faire montre de nos capacités diplomatiques !
Et bien tout ça, c’est fini. Sarko voulait se rapprocher des USA, c’est fait ! Nous voilà réintégré !
Quand je pense au Général, il doit se retourner dans sa tombe le pauvre vieux !
D’autant que l’OTAN (c’est rigolo !), franchement, ça sert à quoi de nos jours ? Hein ? Non mais je pose la question ! A quoi sert le Traité de l’Atlantique Nord ?

Cherchez pas, je connais déjà la réponse. A rien ! L’OTAN en 2009, ne sert à rien !

Enfin… Si l’on tient compte de ses objectifs premiers, bien entendu. Pour mémoire, je vous rappelle qu’historiquement, l’OTAN a été crée dans un contexte de guerre froide pour empêcher la propagation du communisme en Europe. Bien. Le bloc de l’Est s’étant effondré comme l’on sait depuis maintenant vingt ans, on ne risque plus d’avoir besoin d’un coup de main au cas où les chars russes décidaient de déferler sur la France.
Par contre, les objectifs secondaires de l’OTAN sont (malheureusement) toujours valables, eux. Et quels sont-ils ?
A l’époque, il s’agissait de propager coûte que coûte le model économique américain à partir des têtes de ponts que représentaient les bases américaines en Europe. Le processus a assez bien fonctionné, vous le savez. Même si en 1966, De Gaulle vira les ricains de notre sol, s’était trop tard, la contamination (ou la modernisation comme on veut) avait déjà eu lieu. Autre perspective, qui est toujours d’actualité, était d’assujettir notre défense au complexe militaro-industriel US. Les pays européens concernés se voyaient fortement incité à utiliser du matériel US, faisant ainsi fonctionner les entreprises américaines…

Et c’est là que l’alibi du pragmatisme peut à la rigueur se comprendre… Depuis des années les pays européens essayes de produire leur propre armement. La France, jusqu’a il y peu, était même plutôt bien placée dans ce domaine. Mais voilà, ça coute cher, et ça ne marche pas toujours… Le Rafale est un échec, notre seul porte-avion, ironiquement nommé le Charles de Gaulle, est plus souvent en cale sèche que sur les mers… Le char Leclerc est un gouffre financier… Le A-400 a eut du mal à décoller de la planche à dessin…Bref, on a peut-être plus les moyens de se payer notre propre armée. Avec cette vision des choses, on peut concevoir donc qu’il faille se rallier au plus grand fabriquant d’armes du monde…

Alors allons-y ! Mettons-nous aux ordres des Etats-Unis, profitons de la manne économique que cela va nous rapporter ! Et si, pour ce faire, il faut mettre quelques idéaux dans notre poche avec notre mouchoir par dessus, et bien faisons-le ! Qu’est-ce donc que quelques postures idéologiques face aux réalités financières de ce monde ? Soyons réalistes, soyons pragmatiques ! Les idéaux ne nourrissent pas le peuple, c’est bien connu !

Ha lala… Des fois, je vous jure que je désespère vraiment d’être un de ces foutus idéalistes qui considèrent que certains principes priment sur tout… Ma vie serait quand même vachement plus simple si ce n’était pas le cas, non ?
Et si cela devait arriver un jour, si je perdais cette sale manie de réfléchir, peut-être que je me mettrais à gueuler avec les autres lorsque des jeunes défileront dans la rue pour demander le retrait de nos troupes d’Iran ou bien de Syrie… Allez savoir ! Peut-être qu’en vieillissant, je vais devenir con ?

mardi 17 mars 2009

C'est le printemps, au Salvador aussi.

Le Salvador, vous connaissez ? Vous y êtes déjà allé ? Moi pas. Pourtant je connais un peu… En fait pour être franc, je connais surtout le film d’Oliver Stone sorti en 1986… Ben oui, que voulez-vous, on a les références culturelles qu’on peut ! N’empêche que ce film participa largement, avec d’autres, à l’éveil de ma conscience politique, et c’est déjà ça. Non ?
Parce que dans le quotidien du salvadorien moyen, on ne peut pas dire que les choses changèrent après la sortie du film… Oh que non !
La rébellion d’inspiration marxiste fut ratiboisée par les troupes du gouvernement, largement aidées en cela par l’armée américaine. Le dollar devint la monnaie officielle du pays et pendant une vingtaine d’années le Salvador devint un petit satellite bien sage et bien obéissant. Et puis, il s’est passé un truc vachement ironique…



La démocratie, vous savez ? Ce beau concept qui sert de prétexte aux Etats-Unis pour se permettre de faire un peu tout et n’importe quoi, là où ils le veulent et quand ils le veulent. Cet alibi maintes fois asséné à grands coups de bombardements et de corruption, qui ne sert en fait qu’à imposer une hégémonie commerciale et politique … Et bien la démocratie (c’est bête quand même), elle a marché ! Si ! Puisque je vous le dis !
C’est-y pas de l’ironie ça quand même ?
En fait, ce qu’il s’est passé c’est que, ce que la guérilla n’a jamais réussi à faire pendant des années par les armes, et bien c’est par les urnes qu’ils y sont arrivés.
Ce dimanche, Mauricio Funes, ex-journaliste et représentant de la guérilla, a été élu président de la république du Salvador avec 51,2% des voix !

Alors, bien sûr, le grand-frère a salué le résultat des urnes, et promis qu’il entendait bien travailler avec le nouveau président… Sauf que, dans les couloirs des officines obscures qui gravitent autour de la Maison Blanche, on balise quand même un peu… Et c’est normal.
Pensez-donc, déjà que la quasi-totalité de l’Amérique du Sud est passée à gauche, voilà donc que les pays d’Amérique Centrale s’y mettent aussi ! Y aurait-il comme un virus ? Une contagion ? Le mal rouge ne serait-il pas, lentement mais surement, en train de progresser vers le nord ?

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais l’année dernière, à peu près à cette période, j’avais écris un article sur la victoire de Fernando Lugo au Paraguay (je vous remets le lien ICI). Et bien dans les commentaires nous avions évoqué avec zébu (qu’est-ce tu deviens ?) la possibilité que les mouvements de « libération » se propagent et pourquoi pas arrivent aux portes des Etats-Unis, avec le Mexique comme dernière bataille… Et bien, ça a l’air d’en prendre le chemin, non ?

Hasta la victoria siempre !

lundi 16 mars 2009

Putain 20 ans !

Aujourd’hui c’est service public. Je dirais même plus, c’est service d’utilité publique ! De santé publique dirais-je même, si je voulais en rajouter… Mais bon, j’ai pas trop envie d’écrire ce matin, alors je vais arrêter là les qualificatifs. Ce sera donc également service minimum.
Je voulais juste vous écrire quelques mots pour vous rappeler que Canal + fête aujourd’hui les vingt ans des Guignols. Et oui ! Vingt ans déjà !
Alors je ne vais pas sombrer dans la nostalgie, ni même tenter de vous expliquer pourquoi ces marionnettes de latex ont une telle importance pour moi, non… Ça serait beaucoup trop long, et comme je vous l’ai dis, je n’ai pas envie d’écrire aujourd’hui…

Je vais juste vous faire part de quelques souvenirs…

L’élection présidentielle de 1995, l’annonce des résultats du premier tour quand Chirac à les yeux qui lui sortent de la tête et qu’il s’écrie « Putain, j’ai niqué couille molle ! ». Un autre, plus triste… les élections de 2002 lorsque Le Pen se retrouve au deuxième tour et que l’émission s’arrête… Le fantôme de Mitterrand qui avance sur ses roulettes en traitant tout le monde d’imbécile… Les « ispices di counasses » de Ben Laden… La World Compagny…
Ou encore… Non celui-là je l’ai trouvé en vidéo et je vous le mets carrément. C’est quand Alain De Greef essaye d’expliquer ce qu’est l’humour aux gens du CSA… Anthologique !



On a tous des souvenirs avec Les Guignols… Et vous, Je suis sûr que vous en avez aussi ! Racontez-moi donc tout ça… ! Pendant ce temps-là, je vais essayer de ne pas penser à la fin de la trêve hivernale…
Et comme dit l’autre « A tchao bonsoir ! »


jeudi 12 mars 2009

HADOPI, t’es pas mon amie !

Depuis quelques semaines, à l’image de certains d’entre vous j’imagine, je reçois des tas de mails pour me sensibiliser au projet de loi HADOPI…

HADOPI, n’étant pas comme on pourrait le supposer au prime abord le nom d’une revue littéraire pour enfant, mais bien l’acronyme pour la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet. Donc, il s’agit d’un projet de loi destiné à contrecarrer les téléchargements illégaux d’œuvres musicales, cinématographiques et autres (Dans « autres » vous mettez un peu tout ce que vous voulez !).

Malgré le harcèlement informatif de mes amis (biens intentionnés), je ne suis pas arrivé à m’emparer du sujet… Et oui ! Que voulez-vous, j’ai beau avoir une grande capacité à l’indignation, je ne peux pas forcément me sentir concerné part tout. Et en l’occurrence, la répression contre les téléchargements illégaux, comment vous dire…. Je m’en tape le coquillard avec un os de mammouth trempé dans la moutarde !
Pour la bonne et simple raison que je ne télécharge pas illégalement. Que ce soit de la musique ou des films, je ne le fais pas, un point c’est tout… Ce n’est pas inscrit dans ma web-culture, je suis peut-être trop vieux mais quand je veux un disque ou un film, je me l’achète. A bas prix si possible, mais je fais l’effort de dépenser quelques sous pour que l’artiste qui à créé ce que j’achète, en profite un peu.

Alors vous allez me dire que ce n’est pas parce que je ne me sens pas concerné que je ne dois pas pour autant lutter contre les dérives autocratiques… peut-être. Certainement même.
Je me suis d’ailleurs fait la même réflexion ! Mais comment ce fait-il donc mon cher Gwen (je suis très poli avec moi-même), que tu n’arrives pas à t’intéresser à ça ? Tu pourrais quand même faire un effort, même un petit, pour te sentir solidaire de tous ces gens qui ne vont plus pouvoir télécharger de la musique !
Ok ! Faire un effort, je veux bien… Je suis donc allé jeter un œil sur le net pour voir un peu ce qu’on en disait de cette loi, et essayer de comprendre pourquoi celle-ci créait autant de raffut.
J’ai lu la presse, en long en large et en travers, et je suis même allé faire un tour sur le site La quadrature du net, qui mène le combat contre le projet.
J’ai lu, j’ai lu… et j’ai même fais mieux que ça, j’ai téléphoné à un ami, qu’on appellera P, que je sais grand téléchargeur illégal devant l’Eternel, pour avoir son avis de mec concerné. Bref, j’ai enquêté quoi !

Donc, si j’ai bien compris, l’industrie du disque et du cinéma se casse la gueule ces temps-ci à cause du téléchargement via des sites Peer to Peer (P2P), et le propos de la loi HADOPI, c’est de punir les internautes qui s’approprient une œuvre sans en acquitter les droits. On va tous se mettre d’accord d’emblée, faire ces choses porte un nom, ça s’appelle du vol. Point barre. Un artiste, quel qu’il soit, en à sué des ronds de chapeaux pour écrire ou produire son œuvre, il est normal que celui-ci en touche la juste rétribution. Donc, a priori, je trouve normal que l’on sévisse contre cette pratique qui s’est développée ces dernières années. Un voleur doit être puni, et si on lui coupe son accès internet, il peut toujours s’estimer heureux de ne pas y laisser la main.
Sauf que le problème n’est pas aussi manichéen que ça… Lorsque j’ai interrogé mon ami P, sur le fait de savoir s’il agissait mal, sa réponse fut clairement oui. Oui, copier gratuitement des films (c’est son cas), c’est mal. Mais, il a, dit-il, des circonstances atténuantes.
Ah ! Des circonstances atténuantes, moi j’aime bien ça ! Et qu’elles sont elles ?
Tout d’abord, s’il le fait, c’est d’abord parce que c’est possible… Mouais, il est tout à fait possible de trucider son voisin, mais la plupart des gens ne le font pas pour autant… Donc, ce n’est pas pour moi une excuse valable. Ce n’est pas parce que la technologie existe, que celle-ci va de facto justifier l’acte.
Ensuite, il y a la force de l’habitude. Les internautes, et notamment les jeunes, ne connaissent que ça, la musique et les films gratuits sur internet ! « On ne peut plus revenir en arrière » ! Qu’il m’a dit. « C’est comme si tu rendais la vue à un aveugle de naissance, et que tu la lui retirais ! » à t’il déclaré. Sur le coup, j’ai trouvé l’image assez parlante. C’est vrai quoi ! On ne va pas supprimer une liberté, ou une tolérance si vous préférez, après que les gens en ont profité… Ca ne se fait pas. Sauf que, l’usage faisant loi, ne pourrait pas s’appliquer dans ce cas de figure. Ce n’est pas parce que l’industrie du disque ou du cinéma a un métro de retard sur les avancées technologiques du net, que l’acte se justifie pour autant. Encore une fois, à mes yeux, il n’y a pas vraiment là de circonstance atténuante.

Ensuite, l’argument suivant est que la loi est inapplicable tant les fraudeurs sont nombreux. Même si la multiplicité d’un délit ne le justifie toujours pas, cela reviendrait à mettre un flic derrière chaque internaute ou bien un flic dans chaque serveur… Avec 17 millions de foyers suspects, ça risque de faire pas mal de boulot à la police du net !
Là, on commence à approcher de l’argument qui peut avoir du sens chez moi. Même si l’apparente impossibilité d’une tache ne signifie en aucun cas qu’il ne faille pas s’y atteler pour autant, il est vrai que placer un mouchard dans chaque ordi français, me poserait quelques soucis qu’en à ma liberté individuelle. Même si je vais régulièrement sur des sites pornos, ce n’est pas pour autant que j’ai envie que tous le monde le sache ! (merde ! trop tard !) Bref, le flicage individuel et systématique ne me semble pas une bonne solution, car c’est toujours la même question qui se pose : Où vont les données ?

Enfin, mon pote m’a sorti un argument qui fit vraiment mouche dans mon petit cerveau de contestataire gauchiste… « Tout ça c’était la faute des Majors ! Si toutes ses grandes compagnies ne s’en mettaient pas tellement dans les poches, si les prix des disques et des DVD n’étaient pas si élevés, et bien il n’y aurait pas de piratage ! ».

Ah ! Voilà ! On y est ! Voilà une circonstance atténuante ! Un CD ou un DVD, ne coute pratiquement rien à fabriquer. Quelques centimes d’euros tout au plus. Si l’on prend l’exemple d’un CD à 20 €, ce qui est courant, l’argent généré par l’achat de ce CD, se répartit comme il est montré dans le tableau ci-contre.
On peut constater que c’est la maison de disque qui touche la plus grosse part du gâteau avec 52%, suivie de près par la distribution avec 22%. Ensuite, 19% vont dans la poche de l’interprète. Il faut savoir que ce pourcentage est fluctuant puisqu’il est fonction de la notoriété de l’artiste et peut donc être beaucoup moindre… La différence allant dans la poche de qui ? La maison de disque, bien sûr.
Enfin, 7% vont dans la poche des auteurs (paroles et/ou musique).

La première chose qui saute aux yeux, ce sont les énormes marges que pratiquent aussi bien les maisons de disques que les distributeurs. Des marges indécentes, osons le dire. Aussi, l’argument de mon ami, que je reprends à mon compte, est donc que si ces messieurs déjà pétés de tunes ne se gavaient pas au passage avec tant de goinfrerie, les CD et les DVD ne seraient pas si chers, et on les piraterait moins…
C’est vrai ça ? C’est vraiment vrai ? Pour confirmer cet argument je demande alors à P. combien de DVD pirates il possédait, et sur ces DVD, combien en aurait-il vraiment acheté si les prix n’avaient pas été si élevé… Et par la même occasion, quel serait le prix correct d’un DVD selon lui.
Sur 100 DVD, mon pote m’affirme qu’il en aurait probablement acheté une vingtaine si le prix n’avait pas excédé les 10-12 €. Ici, on touche au concret. La baisse des prix des DVD occasionnerait donc (si mon pote était une référence !), une augmentation de 20% des ventes. Le reste, les 80% restant, sont des films qu’il ne serait de toute façon jamais allé voir au cinéma, ni même acheté le DVD à leur sorties… C’est parlant n’est-ce pas ?
Ca veut donc dire, que le manque à gagné dont les Majors se prévalent n’est réel qu’à auteur de 20% de ce qu’elles annoncent. Déjà et d’une. Et de deux, cela nous démontre que la marchandisation de la culture tue la culture. Enfin… Pour autant que l’on ait besoin de nous le confirmer, bien sûr.

Alors, que faut-il faire ? On est d’accord, le problème est sérieux, mais tout de même pas aussi sérieux que les grandes compagnies veulent bien nous le faire croire. Ensuite, les solutions que le gouvernement veut apporter pour résoudre ce problème sont compliquées, non pas du point de vue de la morale, mais de leur applications techniques.
La solution actuelle qui consiste à avertir le téléchargeur fou deux fois avant de lui couper sa connexion, est aussi débile que la plupart des propositions de ce gouvernement. En effet, il faudrait pour bien faire que l’adresse IP à laquelle on veut s’en prendre, soit rattachée à la personne responsable du délit. Et dans l’état actuel des choses c’est impossible. Donc, je le répète, c’est débile.

La solution, la seule solution d’après mon ami, serait la licence globale. Une taxe, comprise dans le forfait du fournisseur d’accès, permettant tous les téléchargements possibles. Le fournisseur se chargeant ensuite de reverser ces droits aux auteurs et aux compositeurs. Les maisons de disques et les réseaux de distribution sont maintenant devenus quasiment obsolètes. C’est pourquoi, à mon sens ils ne devraient rien toucher… Ou en tous cas, une part, extrêmement minime.

Alors voilà. J’ai bien conscience que je n’ai fait qu’effleurer le problème… J’ai probablement oublié un tas de trucs comme par exemple la taxe sur les CD et les DVD vierges, qui est déjà sensé répondre au piratage. Mais, après avoir examiné de plus près ce projet de loi intitulé « Internet et Création », je pense avoir compris qu’il s’agit là d’une manœuvre supplémentaire orchestrée par de puissantes firmes qui ne supportent pas d’être exclue du monde qu’offre les nouvelles technologies. Ces firmes, ces Majors, réclament de l’argent qui ne leur est pas dû en totalité alors qu’elles réalisent déjà d’énormes profits sur le dos des artistes. Et vous savez quoi ? Ca me fait un peu penser au type qui exige de toucher une partie de la cagnotte du loto, alors qu’il ne joue pas !

Mais le pire dans tout ça, c’est cette connivence que je devine. Une connivence entre le pouvoir politique et quelques lobbys pour faire coïncider leurs intérêts… Le second permettant au premier de renforcer une surveillance de l’individu au nom d’une cause prétendument salvatrice.
D’ailleurs, et j’en terminerais ici, pour s’en convaincre il suffit de voir qui représente le mieux la lutte anti-piratage… Monsieur Olivennes, rapporteur du projet de loi n’est-il pas l’ancien directeur de la FNAC ? Monsieur Luc Besson, réalisateur au parcours chaotique reconverti dans la production d’œuvres cinématographiques de série Z, n’est-il pas le premier à s’élever contre cette pratique ? (Voir sa tribune dans Le Monde.fr).

Ce sont là des questions plus que légitimes. N’est-il pas ?