Je voulais vous dire…


Un blog qui parle de politique, de social, d'environnement... De la vie quoi!


mardi 3 mars 2009

La forêt du Grand Tétras (4)

Vous savez quoi ? Et bien ça suffit ! Y’en a marre de se morfondre et de ruminer tout en faisant la grève des relations humaines ! C’en est trop, j’ai assez hiberné comme ça, et j’ai décidé (c’est quand même moi le patron) de me remettre au boulot.
Et je me suis dit dans ma petite tête de névrosé neurasthénique, quel merveilleux symbole se serait de reprendre mes activités en terminant quelque-chose d’inachevé… C’est-t-y pas une bonne idée ça ?
Alors, pour ceux qui me suivent depuis un bout de temps, je suis sûr que cet article va vous faire plaisir, parce que vous me l’avez suffisamment réclamé. Si ce n’est pas le cas, et bien tant pis pour vous. Pour les autres, je gage qu’ils ne vont pas y comprendre grand-chose…
Aussi, je crois utile que vous vous reportiez aux trois précédents épisodes, disponibles ICI, avant que de vous plonger dans cette Forêt du Grand Tétras, quatrième et dernière partie.
Ca-y-est ? Tout le monde est au niveau ? On peut commencer ? Ok !

Alors voilà. Il y six mois, nous en étions au recueil des données et nous commencions à deviner un peu quel était le biotope le plus propice au Grand Tétras…
Et pas n’importe quel Grand tétras, mais celui de la Haute Chaine du Jura et pas un autre ! Car, nous avons vite deviné que celui-ci avait un comportement totalement différent de ses petits camarades vivants dans les forêts d’à côté. Bien sûr, comme dans la plupart des démarches scientifiques, les choses se passent ainsi. On part avec une idée, une intuition, et ensuite on recueille les informations permettant de confirmer, ou d’infirmer, cette intuition.
Donc, au bout de quelques semaines, j’avais suffisamment d’information pour pouvoir travailler… J’avais mes 248 fiches de description du milieu comme base de travail et il ne me restait plus qu’à triturer tout ça dans tous les sens pour en tirer quelque-chose…

Mon contrat avec la Réserve Naturelle se terminait fin aout. Je mis donc à profit le temps qui me restait pour bénéficier des commodités du bureau pour faire mes savants calculs statistiques. Je vais vous faire grâce de leurs descriptions, et ce pour deux raisons. La première étant que j’ai peur que ça vous gonfle un tantinet, et la seconde est que… En me relisant quatorze ans plus tard, je ne suis plus très sûr de la façon dont j’ai procédé !
C’est dingue ! Il faut croire que j’ai perdu pas mal de neurones entre temps, parce que cette partie là me parait absconde ! Alors voilà ce qu’on va faire : Je vais me faire confiance et vous allez me faire confiance à votre tour… On va dire que j’ai bien bossé et que mon étude ne souffrait d’aucune erreur statistique. D’accord ? Merci.

Or donc, je suis arrivé à résumer les caractéristiques optimales du biotope à tétraonidé dans un joli tableau que voici.



Besoin que j’explique ? Ok :
Alors, la densité je vous rappelle que c’est le nombre d’arbre que l’on trouve sur une surface donnée. Elle s’exprime en tige/hectare.
La surface terrière, c’est la surface qu’occupent tous les troncs arbres sur un hectare. C’est fait pour vous donner une idée de la grosseur des troncs que vous pouvez rencontrer…
Le volume à l’hectare, en m3/ha, ca vous permet de voir qu’elles sont vos perspectives de production de bois.
Et enfin, le couvert, c’est la surface qu’occupent l’ensemble des houppiers sur un hectare exprimé en pourcentage. Ca vous permet de « visualiser » si votre forêt est ouverte ou bien fermée. Si elle est clairièrée ou pas.

Et bien, ça y-était ! Je l’avais enfin ma description technique et forestière de ce qui se fait de mieux en matière de coin à Tétras ! J’étais pas peu fier, vous pouvez me croire !
Sauf que mon boulot n’était pas terminé… C’est bien joli d’avoir réussit à décrire une forêt avec des mots compréhensibles par le premier technicien de l’ONF venu, mais le plus important reste à faire : Il faut analyser ces chiffres et en tirer une politique, ou tout du moins, une direction vers laquelle les techniciens sont sensé tendre. Et là, je vous avoue que la galère à vraiment commencé…

Comme je vous l’ai dis plus haut, mon contrat à la Réserve a expiré fin aout, et je me suis vu demander de rendre mes résultats début octobre. Je devais, lors d’une réunion spéciale du conseil d’administration de la réserve, faire un exposé devant les notables de la région, les pontes des services forestiers de l’état, les éleveurs, les chasseurs, mes pairs… Bref, j’avais un mois pour pondre mon rapport et me préparer à la restitution orale. Sauf que je n’avais pas la moindre idée de ce que je pouvais bien dire…
Pour tromper mon angoisse en même temps que mon manque d’inspiration, je mettais au propre mes notes, préparais mon plan… Bref je rédigeais mon rapport presque entièrement, mais il me manquait l’analyse et la conclusion.
Et j’ai donc passé trois semaines dans ma chambrette sise dans un foyer de travailleur, à deux pas de la frontière avec Genève. Ca me rappelait un peu ma chambre d’étudiant à la fac… 12 m2 avec vue sur le Crêt de la Neige. De la cuisine collective on pouvait apercevoir le Mont Blanc lorsqu’il faisait beau… Bref, les conditions idéales pour bosser.
Sauf que rien ne venait. Rien de rien, quedalle. Peanuts ! Le matin, je me levais le cœur plein d’espoir, je me mettais à lire et relire mes données, mais lorsque venait le temps de concrétiser tout ça… Le néant intégral !
C’est un peu comme si j’avais réussi à récolter toutes les pièces d’un puzzle, que je les avais posées sur une table, mais que je me trouvais incapable de les réunir… C’était frustrant, et chaque jour qui passait, à la frustration se mêlait l’angoisse de l’urgence. Ce n’était plus de la rigolade. On n’était plus à l’école là ! J’avais été payé pour faire ça, j’avais une espèce de contrat moral à respecter !
Oh misère de misère ! Je voyais les jours défiler à la vitesse de l’éclair, et je n’arrivais toujours pas à mettre au clair mes idées… Pourtant, et c’est bien la seule chose qui me rassurait, tout au fond de moi, je savais que la solution était là. A ma portée. Je la sentais, je la devinais. De temps en temps, dans un moment de grâce intellectuelle, elle m’apparaissait dans toute sa clarté… Pour disparaitre en un instant à la faveur d’un clignement de paupière.

Vous connaissez ce genre de moment ? Ces moments fugaces où tout vous apparait clairement. Ces moments où le monde, cette partie du monde, vous semble apparaitre dans toute sa complexité, que les éléments qui la composent arrivent à se relier les uns aux autres en une magnifique toile d’araignée au fils subtils. Chaque fil de la toile, né d’une déduction formelle, reliant les nœuds qui sont les informations concrètes… Et le tout s’imbriquant comme par magie en une harmonie cosmique…
Et bien moi, ça m’arrive de temps en temps, et je peux vous dire que c’est pas la joie ! C’est même extrêmement agaçant ! Parce que c’est bien joli d’avoir la vision d’un système, mais si on n’arrive pas à le décrire et à le restituer, c’est comme si vous pissiez dans un violon ! Ca ne sert à rien ! (J’ai jamais bien compris d’où venait cette expression…)
Donc, de temps en temps, la solution m’apparaissait pour ensuite disparaitre, et moi je restais comme un con, à me demander si j’allais arriver un jour à la saisir et à la couchée sur le papier.
Petite digression : Je me demande si ce n’est pas là une métaphore complexe de ce qu’est ma vie ainsi que celle des autres hommes sur terre… Saisir la vérité pour pouvoir la coucher et faire plein de chose avec… Dans ce cas là, la vérité serait donc femme, et la solution de nos misères serait dotée de protubérances mammaires. Auquel cas, c’est dans le lait que se trouverait la quintessence universelle, ce qui expliquerait pourquoi les vaches sont sacrées. Je vous laisse méditer là-dessus. Fin de la digression.
Où en étais-je déjà ? Ah oui ! J’étais donc dans ma petite chambre à me torturer les méninges. A deux jours de la date fatidique, je n’avais toujours rien écrit, et commençais déjà à imaginer un stratagème pour pouvoir surseoir à mes obligations. C’est vous dire le niveau de confiance qui m’habitait à ce moment là…
Et puis soudain, la veille de mon allocution, je me suis réveillé et j’ai commencé à écrire. Les mots s’alignaient comme ils auraient dû le faire depuis longtemps ! J’avais trouvé ce que je devais faire de tous ces chiffres ! Je « voyais » précisément ce qu’il fallait faire, et surtout, le plus important, je savais l’exprimer. Je passais ma journée et une bonne partie de la nuit à rédiger la fin de mon rapport, sans même prendre le temps de m’alimenter. La machine à café se révélant, en cette période de création, ma meilleure amie. Vers deux heures du mat’, je mettais un point final à mon rapport de 48 pages. Heureux et délicieusement épuisé…
Dans mon cursus, j’ai rencontré un jour un homme qui par bien des côtés s’est révélé être pour moi un mentor. Celui-ci me déclara un jour que c’était, pour bien des personnes, souvent dans l’urgence que la capacité créatrice s’exprimait le mieux… Et il avait raison le bonhomme ! Oh que oui qu’il avait raison !

Le jour dit, je me présentais au bureau, histoire d’imprimer mon rapport en trois exemplaires et peaufiner les supports visuels nécessaires à mon exposé… Et le soir même à l’ouverture de l’AG, j’étais prêt.

Et je vais m’arrêter là pour aujourd’hui… Parce que je viens de me rendre compte que j’ai dépassé les 1600 mots, et que j’ai peur d’en avoir perdu quelques-uns en route ! Mais rassurez-vous je reviens vite parce que là, j’en ai encore au moins 1500 autres sous le coude !
Cette partie quatre ne sera donc pas la dernière mais l’avant-dernière. On se retrouve très bientôt pour la suite de mes aventures jurassiennes !

vendredi 27 février 2009

Elie, Daniel et la pwofitasyon

Même si je me suis en veille pour un petit moment, ce n’est pas pour autant que j’arrête de regarder et d’écouter ce qui se passe autour de moi.
Aussi, je vous invite à écouter avec intérêt l’émission de Daniel Mermet de ce mercredi 25 février, consacrée à ce qui se passe en Guadeloupe. Daniel y interviewe Elie Domota.
On est bien loin des reportages officiels et spécieux qui ternissent l’image du mouvement guadeloupéen.
Domota porte un regard lucide et honnête sur son île, la lutte sociale qui s’y déroule, et sur l’éventuelle « contamination » sur le territoire métropolitain.
Contamination que je souhaite ardemment, est t’il besoin de vous le préciser…

dimanche 22 février 2009

La photo de la semaine


















Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas présenté mes petites photos. C’est pourquoi aujourd’hui, « la photo de la semaine » se transforme en « Les trois photos de la semaine ».

Voici un Aeonium arboreum de belle facture que j’ai surpris en train de s’épanouir à la vue d’un rayon de soleil matinal…

J’ai beau savoir que cette espèce fleurit en hiver, quand je vois ces fleurs délicates je me dis que le printemps est déjà là !

samedi 21 février 2009

Recherche directeur de droite désespérément !

Salut tout le monde !
Allez, je vous fais un petit billet rapido parce que c’est samedi et que… C’est samedi !
Y’a pas de raison que je vous inflige un truc lourd au début du week-end pour qu’ensuite vous ayez des aigreurs d’estomac… Après, vous allez me le reprocher, me dire que j’abuse dans la colère et la dénonciation, que je vous pourris les fins de semaine… Ça serait pas cool !

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller sur le site de Rue89 récemment, ou bien que vous ne l’ayez parcouru que d’un œil, pendant que l’autre matait les infos sur la Guadeloupe, vous n’avez peut-être pas entendu parler de ce qui va suivre.

Figurez-vous que je suis tombé sur un article qui parle de recrutement dans l’académie de l’Isère. En effet, à l’école primaire Les Moines, de Saint-Quentin Fallavier, on recherche désespérément un nouveau directeur. Quid de l’ancien ? On ne sait pas. Mais le fait est que le poste est vacant en cours d’année, et que l’inspection académique cherche à le pourvoir… Normal. Sauf que le profil de la personne recherchée est un peu particulier. Jugez plutôt :



Présentation de l’école

L’école les Moines est une école primaire de six classes, implantée dans un cartier populaire. L’école est classée en REP. (Réseau d’Education Prioritaire) La collaboration avec la commune est de bonne qualité. La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps. Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaine demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales).

MISSIONS

Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.

Et bien oui, mes chers amis, vous lisez bien ! Il semblerait donc que dans cette école sévisse un groupuscule gauchiste militant et que l’académie ait décidé d’y envoyer un directeur-Rambo, chargé de les mettre au pas !
« Rétablir une loyauté institutionnelle ». C’est beau comme phrase… Non ? Moi, j’trouve ça beau. Ça donne tout de suite envie de se mettre au service du pays pour recadrer ces instits rouges et de leur apprendre ce que sont les « priorités nationales » !

Bien évidemment, l’annonce n’est restée en ligne que peu de temps… Le temps pour la profession de s’indigner et au rectorat de réaliser sa bourde et de retirer l’annonce !

J’imagine assez bien les éventuels postulants se présentant devant la commission de recrutement et tenter de prouver à cet auguste aréopage, qu’ils sont de bons français, bien respectueux de l’ordre, de la discipline et des directives ministérielles…

jeudi 19 février 2009

Libérez-nous des libérauuuux-auuuux !!!

C’est souvent comme ça que ça se passe. Moi, au départ, j’avais envie de passer un jeudi pépère, sans trop réfléchir. Enfin… Quand je dis sans trop réfléchir, c’est pas vrai. Heureusement ! Généralement quand le matin je me réveille, la première chose que je me demande c’est, si je vais écrire ou pas. C’est important comme question. Ben oui ! Parce que de mon envie, va dépendre la façon dont je vais organiser ma journée ! Certains vous diront qu’elle n’est pas tant remplie que ça, mais je trouve important de l’organiser quand-même. J’suis comme ça, faut que j’organise, et j’aime pas trop quand il me faut bouleverser mes petits projets…
Donc, je vous disais que ce matin… Bien, j’avais pas envie d’écrire. Je me suis réveillé et l’envie n’était pas là. Ce n’est pas une chose grave en soi. Loin de là. Je vais pas me flageller avec des orties parce que j’ai pas envie d’écrire quand même ! Surtout que lorsque j’ai décidé de ne pas passer ma matinée à choisir mes mots et à vous concocter un billet que j’espère toujours génial, je fais autre chose. Je fais plein d’autres choses… Je joue à dégommer des terroristes, j’écoute de la musique, je fais la tournée des blogs et des sites que je ne vais pas voir tous les jours… Bref, je passe ma matinée tranquillou, sans prise de tête excessive.

Or donc, ce matin alors que j’écoutais la dernière émission de Daniel Mermet sur Là-bas.org consacrée au « krach parfait », tout en essayant de battre mon score au démineur… Mes oreilles se sont mises soudain à frétiller plus que de coutume. Une petite chanson bien enlevée, teintée d’un fort accent québécois a attirée mon attention, avec un petit refrain bien comme je les aime : « Libérez-nous des libérauuuuux-auuuux ! ».
Les oreilles, comme vous le savez, sont reliées par un câble en téflon avec le centre de la curiosité, situé dans la région des lombaires. Aussi, dès qu’elles se sont mises à frétiller, mon rein gauche m’enjoignit de laisser tomber le Démineur, et d’entreprendre une petite recherche…
Et je suis tombé sur ça ! Les Loco Locass !
Ces types sont géniaux ! J’ai appris plein de choses sur eux, et comme je suis d’un naturel partageur, j’ai tout de suite eu envie de vous les faires connaitre ! J’suis comme ça moi !
Alors Mesdames et Messieurs je vous demande de faire un triomphe à nos invités, venus spécialement de la belle province, pour vous aujourd’hui ! Faite du bruit pour les LOCO LOCASS !!!



Cette chanson, « Libérez-nous des libéraux », date de 2003. Elle fut l’hymne des grèves étudiantes de 2005 au Québec, et est utilisée régulièrement dans les mouvements de contestation souverainistes, et par le PQ (Parti Québécois).

Je sais, à part mi quérida Azuldelmar, il y a certainement des paroles que vous n’avez pas compris… C’est pas grave je vous ai mis les paroles en lien ICI.
J’ai trouvé également leur site officiel. Allez y faire un tour, c’est assez sympa !

A toute fin utile, je vous rappelle que le Jean Charest dont les Loco Locass parlent, vient d’être décoré de la Légion d’Honneur par notre PGE… Celui-ci en a profité pour balancer quelques insinuations perfides sur le « sectarisme » du mouvement souverainiste.

Et pour finir, je retiendrais ce petit refrain :

Face à la menace de la braderie on brandit
Le poing de la Patrie à la face des bandits !

Yo !


mercredi 18 février 2009

Révélation



« Comment peut-on reprocher à un président d’avoir une Rolex ? Une Rolex enfin… Tout le monde a une Rolex alors… Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! »

Alors là ! Alors là… Je ne sais plus quoi dire… Les mots me manquent !
Une telle révélation sur le sens de la vie, comme ça dès le matin, franchement ça me bouleverse les chakras ! Mais pourquoi n’ai-je pas compris plus tôt ! Pourquoi mon Dieu ? Oui pourquoi ?
Moi qui pensais bêtement que la réussite n’était pas une fin en soi ! Que le chemin parcouru avait plus d’importance que le but à atteindre ! Que le cap passait avant la vitesse (oui, c’est nouveau, je sais…) ! Que la réussite ne se mesurait pas en carats ni en euros, mais en valeurs intellectuelles et en sentiments !

Cet homme, grand gourou de la communication, conseiller et ami de notre illustre et regretté Tonton, vient de me révéler que je m’étais fourvoyé du tout au tout !

Vite ! Vite ! Je vais faire mes 42 ans cette année, il faut que je me dépêche de mettre des sous de côté si je ne veux pas rater ma vie ! J’ai huit ans pour m’acheter une montre ! Vite ! Si je ne fais qu’un repas par semaine et que j’arrête de fumer et que je mets 250 € par mois de côté pendant huit ans, j’arriverais à me la payer ! Vite, je n’ai que trop tarder en vaines réflexions stériles, en lectures débiles, en stupides relations amicales ! Il faut que je réussisse ma vie avant que ma future montre n’indique cinquante !
Et quand je pense à tous mes amis qui ont plus de cinquante ans et qui n’ont pas de Rolex ! Ca veut donc dire que je ne fréquente que des ratés ! Vite ! Il faut que je coupe les ponts avec ces loosers avant qu’ils ne m’entrainent avec eux !

Quand je pense que ce type est sensé avoir un cerveau bien mieux rempli que le mien ! Non mais c’est pas possible d’entendre des trucs pareils ! Dire de telles inepties, c’est avoir une haute idée de soi-même et une bien piètre conception des autres…

Tiens ! J’ai bien envie de l’envoyer se faire pendre… Au sens propre comme au figuré. Mais finalement, ce rebut de l’humanité ne mérite que mon mépris.

Séguéla, t’est qu’un crétin décérébré. Un mollusque imbu de sa coquille. Un connard aux valeurs nauséabondes.

Voilà. Ce sont des insultes gratuites qui ne mènent nulle part ; Mais putain que ça fait du bien…


lundi 16 février 2009

A la maison pour déjeuner…

06H45 : le jour n’est pas encore levé, et je termine mon bol de café après cette courte nuit… C’est pour aujourd’hui. J’arrive.
Je monte sur le pont, et je vérifie ma Grand Voile et mon Génois… Le vent à tourné pendant que je dormais, et pour une fois cet indispensable sommeil ne m’a pas trop fait perdre de places. Je suis un peu soulagé, mais en même temps je m’en tape un peu… J’ai baissé les bras… L’essentiel n’est plus pour moi d’être bien classé, mais tout simplement d’en terminer avec ce tour du monde.
Même s’il reste virtuel, je suis comme les vrais marins après trois mois de mer et de course non-stop. Je veux que ça s’arrête ! J’en ai plein le cul. J’en ai marre de devoir me battre en permanence contre les autres et contre moi-même…

La lassitude a commencé à s’installer la semaine dernière… Le dimanche 8 février exactement. Ce jour-là j’ai commencé à perdre des places au classement sans que je ne puisse rien y faire… Le matin du dimanche, je caracolais à la 6808ème place, ma meilleure, et je venais de passer le tropique du Cancer. En quelques heures, je perdais 4500 places ! Et la descente aux enfers à continuée toute la semaine… Samedi, il y a deux jours, je commençais tout doucement à remonter dans le classement, mais trop tard…J’étais 25 155ème.

09H10 : 51 milles ! Plus que 51 milles ! Ce qui en langage terrien donne quelques choses comme 94 kilomètres… La ligne d’arrivée étant à 30 milles des Sables, et sachant que mon fier navire avance à la vitesse de 10,6 nœuds, soit 10,6 milles à l’heure, soit 19, 6 Km/h… Je devrais franchir la ligne d’arrivée, matérialisée par un cercle rouge dans… 3 Heures et des poussières. Sauf que, comme le vent est orienté au 62°, je vais devoir tirer un bord… Même pour la fin, rien ne m’aura été épargné et je termine avec le vent dans le nez ! Allez, on dit arrivée, vers midi et demie pour prendre quelques précautions.

10H 00 : Je vire de bord et prends le cap au 13°… Allez ! On dit que je suis là pour le déjeuner… Ok ?

12H33 : Ca-y-est ! Putain de Dieu, ça-y-est ! C’est fini ! 98 jours, 23 heures et 33 minutes que je suis accroché à ce putain d’ordinateur !
Au classement provisoire je me trouve à la 23 671ème place… Sur 326 824 participants, c’est déjà mas si mal ! Ce n’est pas ce que j’avais prévu, mais ce n’est pas si mal pour une première fois…

Alors, si je devais faire un petit bilan de ces cent jours, que dis-je cent jours ! Quatre-vingt dix-huit jours, vingt-trois heures et trente trois minutes, ce serait que … Tout d’abord que je ne m’attendais pas à ce que ce jeux sois aussi prenant. Pas vraiment prenant en termes de temps par jour passé dessus, non… Mais plutôt en termes d’investissement mental. Je veux dire que pendant ces trois mois, je n’ai vécu qu’au rythme des changements de cap et des actualisations de la météo. La première et la dernière chose que je faisais tous les jours, c’était de me connecter et de vérifier mon allure et ma position. Mais, tout au long de la journée je n’étais pas loin en pensée de mon petit bateau virtuel.
Si, vers la fin, j’ai cessé de me battre (car je me suis battu comme un beau diable !), c’est plus parce que je ne pouvais rien contrôler… En effet, après réflexion, ma dégringolade dans le classement n’est pas due à une erreur de stratégie de ma part. Enfin si… Mais en fait non… J’explique :
Sur le logiciel du jeu, vous ne pouvez pas visualiser tous vos adversaires. Ce qui est plutôt normal, car 320 000 c’est beaucoup trop. Vous ne pouvez suivre la course que d’une cinquantaine d’autres. Lorsque le compteur à commencé à tombé, c’est quasiment tous mes cinquante bateaux enregistrés qui sont tombés avec. Ce qui veut dire que quelque part, un groupe non-négligeables de concurrents avaient fait un autre choix de route et qu’au final, cela payait. Ce qui m’a miné, c’était de ne pouvoir les voir ! J’avais beau faire, nous avions beau faire, nous n’y pouvions rien…
Ensuite, j’avouerais que même si je m’y connais un peu en navigation, et bien ce jeu m’en appris quand même. Je me suis dorénavant forgé une maxime : Le cap plutôt que la vitesse ! Une règle que je n’ai pas assez suivie et que j’inscrirais au pyrograveur au dessus de la table à carte de mon futur bateau.

Car je persiste dans mon rêve. Un jour viendra ou je vivrais sur mon bateau, et je promènerais ma maison de par le monde. Même si la crise et mon état de santé chamboulent un peu mes prévisions, je sais qu’un jour les choses prendront une couleur bleue azur.

D’ici là, et bien… Là maintenant, je vais me calmer un peu côté jeu virtuel, mais je crois savoir qu’il existe d’autres courses de par le net. Des courses plus courtes, qui ne demandent pas autant d’investissement et qui me permettront de travailler encore ma navigation. On apprend tous les jours, et la taille de mon ignorance sera toujours supérieure à celle de mes connaissances.
N’empêche que j’avais dis que je serais arrivé pour midi et demi, et à midi trente trois, j’étais là ! Pile pour le déjeuner !