Je voulais vous dire…


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dimanche 22 novembre 2009

Une histoire de lynx (2)

Bon, où j’en étais moi ? Ah oui, nous voilà donc partis à la chasse au lynx !

Bon, avant que de continuer mon histoire, laissez-moi tout de même vous toucher deux mots sur la problématique lynx. Car oui, il y a forcément une problématique lorsque vous réintroduisez dans un milieu, quel qu’il soit, un grand prédateur qui en avait disparu.

Rassurez-vous, je vais essayer de faire simple et concis.
Dans un monde idyllique, un monde où l’homme n’aurait pas eu son mot à dire par exemple, le lynx ne se serait pas trouvé exactement au sommet de la chaîne alimentaire. Disons qu’il aurait été sur la deuxième marche du podium, ce qui est déjà pas mal. Au dessus de lui, seul animal susceptible de se faire du lynx pour son petit déjeuner, trônerait le loup.

Pas de bol, l’homo sapiens (l’homme intelligent tu parles !), dans le souci de protéger ses activités pastorales est venu foutre un peu le bordel dans cette belle hiérarchie, et a non seulement exterminé le lynx, mais aussi le loup. Résultat, l’élevage de nos animaux de ferme préférés s’en est trouvé grandement facilité, mais la vie des proies habituelles de nos deux amis s’en est trouvée elle aussi simplifiée. Chevreuils, chamois, lapinous, que sais-je encore, se sont retrouvés à prospérer offrant par ailleurs de supers gibiers pour l’homme qui pouvait ainsi prendre/usurper la place du prédateur absolu.

Sauf que lorsqu’on pique la place du patron, encore faut-il en assumer les responsabilités et faire le boulot correctement. Et ça, l’homme il n’a pas su faire.

Avec le temps la chasse, est passée de nécessaire à facultative. Notre époque moderne en a fait un loisir. Et encore, un loisir mal vu par une population citadine et ignorante qui tire à boulets rouges sur ceux qui le pratique encore. Des petits cons, prétendument défenseurs de l’écologie, mais qui en fait n’y connaissent rien, entre nous soit dit.
La paresse qu’apporte la modernité est également responsable de la disparition progressive de la chasse. En effet, à part quelques passionnés, qui a envie de se lever nuitamment pour crapahuter pendant des heures à la recherche de sa pitance alors qu’il suffit pour cela de se rendre au supermarché du coin ?

Bref, l’homme ne joue plus son rôle de régulateur. Résultat les populations d’herbivores explosent, et mettent en danger les cultures, et le serpent se met à sucer sa queue
Pour essayer de remédier à ce bordel, des scientifiques ont donc eu l’idée de réintroduire dans la chaîne alimentaire les prédateurs précédemment exterminés. Bonne idée me direz-vous, sauf que tous les hommes ne sont pas des scientifiques et n’ont pas une vision complète de la chose. Et plus particulièrement ceux qui sont à même de côtoyer directement les prédateurs en question.

Les chasseurs gueulent parce qu’ils ont peur d’avoir de la concurrence… Sauf que, comme ils n’arrivent pas à faire leurs cotas, ils sont plutôt mal placés pour gueuler.
Les éleveurs ont peur de voir leurs troupeaux attaqués… Et là ils n’ont pas tord. Car le lynx ou le loup sont des animaux avec un cerveau simple. Pas du genre à s’encombrer de principes moraux si vous voyez ce que je veux dire. Plus on fait simple, mieux c’est. Et égorger un mouton crétin c’est quand même plus simple que courir après un chevreuil en pleine forme (Sans parler des cornes).
Donc problèmes et forcément problématique.

Ca va ? C’était pas trop long ? Allez, on retourne à l’histoire !

Donc nous voilà partis en direction de la forêt du Turet au lieu-dit du Creux de l’Enfer (Brrr !!).
Nous retrouvons les Suisses sur un parking au pied du massif. Là, surprise, ils sont plutôt nombreux. Vachement nombreux même. Quatre spécialistes avec deux gros 4X4 chargés jusqu’à la gueule de matériel, et une flopée de bagnoles particulières remplies de « spectateurs privilégiés ».
Il faut savoir que les programmes de recherche Suisses fonctionnent énormément sur des dons privés. Pratique libérale s’il en est, et qui comme de par hasard entraine tout une série de petits privilèges comme par exemple de pouvoir assister à une capture en échange d’un don important. Pour le coup, c’est donc une douzaine de privilégiés qui sont là, appareil photo en bandoulière et petite chaussures de ville.
Mon camarade et moi tiquons. C’est vrai quoi, la science est quelque chose de sérieux et cette bande de joyeux et (très) bruyants touristes n’est pas vraiment fait pour nous plaire. Mais bon, ce sont les Suisses qui commandent, alors nous fermons notre boite à camembert française.

De toute façon, pour l’heure il n’y a rien d’autre à faire pour eux qu’attendre. Nous sommes partis, mon pote et moi, le garde chasse et deux Suisses munis d’une antenne de localisation à la main à la recherche de Maman Lynx. Moi je me dis qu’avec tout le boucan que font nos amis donateurs, la maman sait déjà qu’on est là depuis belle lurette… Et je n’avais pas tord.
Voici comment les choses se passèrent. La première chose que fit Maman Lynx en nous entendant, ce fut de mettre ces bébés à l’abri. La configuration géologique est telle que de nombreux éboulis recèlent plein de petites grottes et donc les cachettes ne manquent pas. Puis elle se posta entre nous et la grotte pour parer à toute éventualité. Voyant que continuions à avancer vers elle, elle entreprit alors de faire diversion en essayant de nous attirer vers elle. Mais ce n’était pas elle que nous recherchions, c’était sa progéniture… Il nous a donc suffit de continuer dans la même direction, sans suivre Maman Lynx, et ils nous sommes tombés droit sur l’éboulis où se cachaient les petits… Après quelques fouilles infructueuses dans les anfractuosités (Essayez un peu de le dire à voix haute plusieures fois de suite qu’on rigole !), nous les avons enfin trouvés. Trois petites boules de poils de trois semaines, tapies au fond de leur trou.

Les attraper ne fut pas chose facile. C’est qu’à trois semaines ces petites bêtes ont déjà griffes et dents pour se défendre ! Le type qui s’en chargea avait la main en sang ! Mais bon, bon an mal an les trois chatons furent mis dans des sacs et nous sommes redescendus vers le parking où les autres avaient déjà commencé à déballer le matériel. Au loin on entendait Maman Lynx pousser des cris déchirants

Ensuite, il a fallut passer aux examens proprement dits. Pose d’une marque à l’oreille de chacun des petits. Pesée. Radiographie complète. Prise de sang. Echantillons de flore intestinale… Rien ne leur fut épargné à ces pauvres chatons ! Et pendant tout le temps où on les malmenait, ça feulait et ça crachait à qui mieux-mieux !
Pour ne rien arranger, les joyeux donateurs eurent le droit de les prendre dans leur bras pour faire des photos… A chaque fois qu’un flash se déclenchait, les pauvres bêtes miaulaient de peur. J’étais écœuré.
De voir ces petites têtes dépassant de leur sac orange, ballotés de mains en mains pour le plaisir de quelques bobos friqués qui s’arrogeaient le droits de les tripoter sous prétexte qu’ils avaient offert de l’argent… Cela m’a choqué. Encore aujourd’hui, quand j’y repense, j’ai envie de hurler.

Cela pris bien deux heures pour terminer l’examen des trois chatons. Tripotage compris. Lorsqu’il fut le moment de les ramener dans leur grotte, les crétins en chaussures de ville se mirent à pousser des « au revoir ! » avec plein de gestes de la main… Normal : Quand on est con, autant aller jusqu’au bout.

A la fin, j’ai quand même fait part de mon ressenti au garde chasse. Je ne me souviens plus exactement ce que je lui ai dit, mai en gros ça disait que l’on était loin des pratiques scientifiques de terrain dont j’avais l’habitude, et que tout ce foin autour des petits était préjudiciable pour eux. Il était d’accord, mais ne pouvait rien y faire… Il me rassura cependant en me rappelant que ce n’était pas des oiseaux et que leur mère n’allait pas les abandonner s’ils sentaient l’homme.
Ouais, d’accord, mais ce ne sont quand même pas des façons de faire…

Le lendemain, je me suis mis à l’écriture de mon rapport sur cette soirée. Rapport qui, vous vous en doutez probablement, ne fut pas très gentil envers nos confères helvétiques. Il me fut même reproché d’exagérer les choses !
Ben voyons !

Cela-dit, cette rencontre avec ces trois petits lynx fut pour moi un vrai bonheur. Pendant ce moment, j’ai vraiment eu l’impression d’être utile à quelque chose. Bref, ce fut une expérience merveilleuse et je me souviendrais jusqu’à la fin de mes jours de cette soirée de juillet 1995…

Allez, je vous laisse ! Passer un bon dimanche et on se retrouve bientôt !

Ps : Les cinq dernières photos sont de moi et ont été prises lors de cette fameuse soirée. Cliquez dessus pour les agrandir.

samedi 21 novembre 2009

Une histoire de lynx

Il y a quelques années, dans une autre vie, j’étais un gardien d’arbres. Un simple gardien d’arbres.
Les arbres, c’est assez facile à garder. Ils ne sont pas du genre à se faire la malle en douce le soir venu. Ils sont du genre contemplatif. Du coup ceux qui les gardent le deviennent un peu eux aussi. Et croyez-moi quand je vous dis que contempler les montagnes du Jura, c’est cool. Méga-cool.

Tout ça pour dire que le soir venu, alors que d’autres ne pensent qu’à rentrer chez eux pour jouir d’un repos bien mérité, moi et quelques-uns on était du genre à en redemander sans problème. Le travail à ce niveau-là, c’est du bonheur en barre et comme le bonheur est quelque chose qui passe, on ramasse tout ce qu’on peut, tant qu’on peut.

Mais peut-être devrais-je commencer cette histoire par le début… Le début, c’est quand à l’occasion d’une conversation avec le garde de l’ONC du coin (l’ONC c’est l’Office National de la chasse), j’ai appris que sur les bords du lac Léman, le long d’un petit cours d’eau nommé le Boiron, résidait une famille de castors
Une vraie famille avec le papa, la maman et les bébés castors. Ils vivaient tranquillos dans leur maison à castors, au milieu des fermes et des champs. Parfois ils s’en allaient bouloter les pommiers du voisin, mais bon globalement on les laissait en paix.
Je n’avais jamais vu de castors… Enfin pas en vrai je veux dire. Et franchement, je ne me doutais pas que l’on pouvait en observer encore en France. Aussi, lorsque le garde chasse nous proposa à mon collègue et à moi de participer à un affut nocturne histoire de vérifier si tout allait bien pour eux, nous avons sauté sur l’occasion.
Rendez-vous fut donc pris pour un soir de la semaine suivante.

Le jour venu, mon pote et moi étions tout excités par notre prochaine rencontre. Aussi, nous avons un peu fait la gueule lorsque le garde chasse vînt nous annoncer dans l’après-midi que nous ne pourrions pas aller voir les castors. Devant nos mines déconfites, il sourit et nous demanda alors si nous étions intéressés par quelque chose de mieux. Quelque chose de mieux ! Qui avait-il de mieux que d’observer des castors dans leur milieu naturel ?
En effectivement le garde avait mieux à nous proposer, beaucoup mieux.
En fait, s’il avait du décommander notre escapade c’était parce qu’il devait accompagner un groupe de chercheurs Suisses sur le territoire de la réserve. Et pas n’importe quels chercheurs, des types chargés du suivi de réintroduction du lynx sur le territoire de confédération, venus procéder à des captures et à des marquages chez nous en France. Et il nous proposait, si notre directeur était d’accord bien sûr, d’être présents lors de l’une de ces opérations en tant qu’observateurs de la Réserve Naturelle…

Comment ? Nous allions assister à la capture d’un lynx ! Des lynx, c’est quand même autre chose que des castors !

Heureusement le directeur ne fut pas difficile à convaincre. Il serait bien venu lui-même, mais une méchante réunion administrative le retenait. Il nous chargea cependant de bien faire notre boulot d’observateur et de lui pondre un compte rendu circonstancié.

Ah oui, faut quand même que je vous dise pourquoi ces Suisses étaient venus chez nous…

Nos amis suisses sont de grands défenseurs de l’environnement. Ca on le sait. Et donc, au début des années soixante-dix ils décidèrent de réintroduire un des plus beaux grands prédateurs que l’évolution nous ait laissé, le lynx d’Europe, ou lynx Boréal, ou encore Lynx Lynx pour les intimes.

Le problème, voyez-vous, c’est que non content de se reproduire assez facilement dans un environnement protégé, le lynx a également une très piètre connaissance des frontières ainsi qu’une énorme propension à prendre ses aises. Trente ans plus tard, nos amis les félins ont donc essaimé un peu partout et quelques-uns sont venus s’installer directement sur les plates bandes des voisins Français, Allemands et Italiens. Ajoutez à ça le fait que le territoire de chasse d’un lynx est au minimum de 10 000 hectares, et vous comprendrez que la rencontre entre le jurassien et la bête avec du poil sur les oreilles était inévitable.

Et c’est donc ce qu’avait fait une femelle, elle avait décidé de venir chez nous pour trouver un endroit sympa et pouvoir mettre au monde ses petits.
Il faut savoir que le lynx n’est pas vraiment casanier comme animal. Nous avons vu que son territoire peut être grand comme la moitié d’un département, et le félin passe donc son temps à arpenter ses terres pour se nourrir. Il ne dort au même endroit que le temps nécessaire pour lui de dévorer son chevreuil dominical. Aussitôt fait, il reprend la route à la recherche d’autre proies et peut ainsi parcourir des distances énormes.

La femelle dont nous parlons était équipée d’un collier émetteur, ce qui fait que les Suisses savaient en permanence où elle se trouvait. Lorsqu’ils se rendirent compte qu’elle ne s’éloignait plus de la forêt du Turet, au pied du col de la Faucille, ils supposèrent donc qu’elle devait avoir mis bas.
Une opération fut organisée afin de capturer le ou les petits, et de procéder éventuellement à des marquages et des examens. Et c’est à ça que le garde chasse nous proposait d’assister !

Du coup bien sûr, l’observation d’une bête famille de castors perdait son intérêt, vous en conviendrez…

Et donc, à la nuit tombée, nous voilà partis à la chasse au lynx !

A suivre…

vendredi 20 novembre 2009

J’ai vu "Capitalism : A love story"

Chose promise, chose due. Je vais donc vous raconter ma soirée d’hier.

Lavé et pomponné autant que faire ce peut, je me suis donc rendu à la projection-débat de « Capitalism : A love story » la dernière mouture de truculent Michael Moore. L’avant première était organisé par l’association AdN, l’Association pour la Démocratie à Nice et dans les Alpes Maritimes. Une association que, j’avoue à ma grande honte, je ne connaissais pas… Mais bon, mon manquement est dorénavant rattrapé et quelque-chose me dit qu’elle et moi seront appelés à nous revoir bientôt.

Bref, donc j’embarque dans le bus de 19h29, qui me dépose à quelques mètres à peine du cinéma le Rialto, situé rue de Rivoli comme tout bon Niçois le sait.

Ah le Rialto… Ca m’a fait tout drôle d’y retourner… Quand je pense que ça doit bien fait quinze ou vingt ans que je n’y avais pas mis les pieds… Mais bon, ce n’est pas le sujet.
Donc, j’arrive et je me plante devant l’entrée histoire de fumer une dernière clope avant de me retrouvé enfermé dans un endroit qui les tolère pas.
19h55, je rentre et là je me dis que j’aurais pu me passer de la clope… En effet la salle est au ¾ pleine, et les seules places disponibles sont dangereusement proches de l’écran. Qu’importe, je me dégote un fauteuil près de l’allée et je me pose.

Quelques minutes plus tard, la présentation du film et de l’association AdN commence. On nous dit que le débat sera animé par messieurs Jean-Paul Duparc, professeur d’économie et membre d’ATTAC06 et Michel Cuoco, entrepreneur.
Aussitôt, je me dis que je suis décidément un bien piètre militant, et que je ferais bien de m’investir un peu plus dans les luttes locales. C’est une vielle culpabilité qui revient régulièrement chez moi, mais je ne désespère pas un jour de m’y mettre pour de bon, et d’ailleurs cette soirée pourrait très bien en être l’initiatrice…

Et donc le film commence… et finit deux heures et six minutes plus tard.


Capitalism : A Love Story - Bande-annonce VOSTFR
par waytoblue


Et c’est à ce point là de mon récit que je me retrouve dans la merde.

Je suis dans la merde, parce que je ne voudrais pas vous empêcher d’aller voir ce doc, mais en même temps j’ai pris l’habitude d’être honnête avec vous et de ne pas prendre de pincettes… En plus, j’ai été contacté pour en dire du bien, donc l’exercice qui va suivre, en plus d’être une première, va être plutôt délicat pour moi.

Qu’est-ce que j’en ai pensé ? Et bien, comment vous dire… C’est bien. C’est du Michael Moore quoi ! Mais ce n’est pas son meilleur non plus.
Bon, je vais être franc, je ne me suis pas ennuyé pendant ces deux heures. C’est vrai. Mais si je repense à tout ça avec le recul qu’apporte une courte nuit, je me dis qu’à part deux ou trois trucs comme les dead peasants ou bien le fait qu’un pilote de ligne aux USA touchait moins qu’un patron de fast-food, je n’ai pas appris grand-chose de plus que je ne savais déjà.

Le film est fabriqué un peu comme une espèce de cours destiné à expliqué la genèse de la crise financière de l’année dernière. Un cours destiné à large public d’américains moyens, très moyen, et donc qui utilise les codes de ces américains moyens… Ce qui peut sembler un peu léger lorsqu’on est habitué à d’autres codes et à d’autres niveaux d’information.
Le principal reproche que je ferais à ce documentaire, c’est qu’à aucun moment je n’ai eu l’impression que Michael Moore s’adressait à moi. Oh bien sûr, les questions qu’il pose sont universelles, il n’y a pas de doute là-dessus, mais Moore les posent avec quelques raccourcis et quelques amalgames troublants propres à la culture US, et qui en ce qui me concerne m’ont un peu gâché mon plaisir.

Certes, la crise des Subprimes et le crash de 2008 ne sont pas choses faciles à expliquer, j’en conviens. Pourtant j’ai trouvé que même s’il s’en sortait honorablement quant au démontage des mécanismes qui ont provoqué cette crise, le doc péchait un peu lorsqu’il s’agissait d’en décrire les conséquences. Et plus particulièrement des conséquences à l’internationale.

Bref, pour résumer en une phrase : Capitalism : A love story, est un documentaire américain fait pour un très large public américain. En quelques sorte comme je l’ai dit plus tard dans la soirée, c’est la crise expliquée aux nuls avec des mots et des concepts destinés à des spectateurs pourvus d’un QI de douze.
Je sais c’est sévère, mais c’est comme ça que je l’ai ressenti.

D’ailleurs, ces amalgames dont je vous parlais plus haut, du genre je mélange allègrement la religion avec l’économie et je vous oppose tout ça avec la démocratie qui est elle-même l’opposé du socialisme… ces amalgames donc, ont été largement abordés dans le débat qui suivit la projection. Débat un peu court quand même et sans réelle passion (désolé les gars), il me faut là-aussi le reconnaitre, la salle devant être libérée rapidement.

Bref, encore une fois je suis resté un peu sur ma faim…

Mais rassurez-vous, je me suis bien rattrapé par la suite puisque j’ai pu avoir une très belles conversation avec un couple de petits jeunes sur le parvis du cinoche. Elle était blogueuse niçoise (nous étions sept blogueurs invités de la même manière), et nous avons échangé nos impressions à bâtons rompus. C’était sympa et j’espère qu’elle nous rendra visite ici-même, ce qui me permettra enfin de connaitre d’autres blogs niçois.

Voilà ! Moi j’ai cavalé pour attraper le bus de nuit et retrouver mes pénates. Et c’est complètement vanné que je me suis écroulé sur mon canapé. Ce matin, ma cheville n’est que douleur et je marche au diantalvic depuis mon réveil, mais tout compte fait je ne regrette pas ma soirée.

Pour finir, et répondre à l’éventuelle question que vous vous posez. A savoir : Est-ce que ça vaut le coup que je dépense 7,50 € pour aller le voir ?
Je vous répondrais que ce doc est à voir, oui bien sûr, mais que vous pouvez aisément attendre une éventuelle diffusion en deuxième partie de soirée sur Arte…

PS : En me relisant je ne suis plus très sûr que la société qui m’a contacté pour faire la promo du doc soit encline à recommencer…

jeudi 19 novembre 2009

Dernière minute

Vous connaissez la dernière ?
Non, bien sûr, j’suis bête… Bon, figurez vous que j’ai reçu une invitation pour aller voir la première du dernier film de Michael Moore « Capitalism : A love story » !
Mais si puisque je vous le dis !

Et donc, la première c’est ce soir à 20h00. J’avais failli oublier dis-donc ! Et puis lorsque je m’en suis souvenu tout à l’heure, j’ai encore failli me convaincre de rester à la maison… Compliqué de rentrer en bus le soir, tout ça…

Mais bon ! Trêve de tergiversations et d’atermoiements, je vais me sortir les doigts du cul et mettre une belle chemise pour aller au cinéma. Tout seul comme un grand.
Ce n’est pas vraiment mon habitude de sortir le soir, mais quand on reçoit une place gratuite, la moindre des choses c’est d’en profiter (Hein ?).

En plus bon, le type qui m’a envoyé la place a été très sympa et nous avons passé une espèce de contrat moral… Je ne sais pas si j’ai vraiment le temps de tout vous raconter… Attendez, je regarde la montre… Ouais, c’est bon, j’ai le temps.

En fait, il s’agit d’une forme de markéting que je ne connaissais pas. J’ai reçu il y a deux mois un mail me demandant de faire la promo du film sur mon blog, et en échange je devais avoir droit à des places et des infos personnalisées.
J’ai dis oui, mais j’ai fait le minimum en mettant juste la vidéo dans ma colonne de droite…
Le type et moi, Tristan il s’appelle, on a pas mal causé par mail, parce qu’une avant première à Nice n’était pas vraiment prévue. Et puis voilà, j’ai reçu la place, donc moralement je me dois un peu d’y aller… Et puis accessoirement de faire un article sur le film une fois que je l’aurais vu.
Voilà vous savez tout.

Bon je vous laisse, il faut que j’aille prendre un bain et que je me fasse beau. Et y’a du boulot.

A demain !

Allez-vous faire foot !

Je ne crois pas avoir déjà parlé de sport sur ce blog… Non, je ne crois pas. Si, peut-être de voile, mais plutôt comme passion et défi que comme un sport.

Bon, vous le savez peut-être, le sport et moi ça fait deux. Enfin, pour être plus précis, je devrais dire que le sport collectif et moi ça fait deux… Question d’indépendance sans doute. Mais ce n’est pas le sujet que je voulais aborder avec vous si vous le voulez bien. Je voulais vous dire deux mots sur le match de foot d’hier, sur le foot en général et mélanger tout ça avec des considérations comme l’identité nationale, les valeurs qui sont les miennes et la politique.

Exercice périlleux vous allez me dire, mais vous allez voir que non (enfin j’espère).

Je n’ai pas regardé le match hier au soir… Enfin si, en pointillé histoire de jeter un œil au score et de revenir bien vite sur des choses bien plus intéressantes. Et puis, vers la fin j’ai regardé les quinze dernières minutes des prolongations… Et pendant que je regardais je me disais, comme à chaque fois que je regarde du football, que ce sport était vraiment un sport de tricheurs et de menteurs. Bref un sport de connards en short qui savent bien mieux simuler une chute que faire un tir cadré…
Je me disais donc ça, jusqu’à ce que le but égalisateur de la France vienne brillamment confirmer ma pensée.
Quelques minutes plus tard, alors que je me retrouvais sur une chaîne info, je constate que l’évidente injustice avec laquelle la France s’est retrouvée qualifiée pour la Coupe du Monde ne semblait pas offusquer qui que ce soit, et plus particulièrement l’entraineur des français, notre Premier Footballeur en Chef, Nicolas Sarkozy.

« L’essentiel est là » a-t-il déclaré. L’essentiel est là… Que de sens caché dans cette courte phrase… Qu’importe la manière, qu’importe la tricherie, qu’importe l’injustice, l’essentiel est là…

Voilà bien ce pragmatisme tant loué qui fait l’apanage des grands politiciens ! Tous les moyens sont bons, pourvu que l’on arrive au but que l’on s’est fixé ! Pas vu, pas pris, c’est la règle ma pauvre Lucette !

Mais est où là ? C’est quoi ces valeurs à la con ? Allez-vous faire foot !

Et bien ce sont les valeurs du capitalisme libéral mon pauvre monsieur ! Ni plus ni moins. Il n’y a pas de justice, il n’y a pas de règles, chacun fait comme il veut et gruge son voisin autant qu’il le peut… C’est comme ça. Et si un événement vient concourir à la réussite, la question n’est pas de savoir si c’est juste ou pas puisque c’est « la main de dieu » ! Avec une telle aide, le fautif n’est plus celui qui triche, mais bel et bien celui qui s’est fait avoir. Renversement des rôles. Injustice absolue…

Mais cette conception inique des choses de la vie ne semble plus étonner personne… Ce matin encore Emmanuel Vals, un type qui se dit de gauche, privilégiait encore le résultat final au détriment de la manière. Comme pour les élections au PS, c’est pas grave s’il y a de la triche, l’essentiel est d’aller de l’avant… Ne soyons pas rétrograde, ne regardons plus en arrière…

Vous me faites gerber tous !

Oui tous ! Libéraux de merde ! Socialistes à la con ! Footballeurs crétins !

Je vous mettrais tous ces abrutis dans un match de rugby moi ! Ils apprendraient bien vite ce qu’est le respect, l’honneur, et la fierté ! Merde !

Pour finir sur une note moins colérique, j’ai une petite pensée pour ces pauvres Irlandais qui n’en finissent pas de se faire entuber… Pauvre trèfle déjà abusé par le libéralisme européen et maintenant privé d’une coupe du monde par des tarlouzes en short… Mais bon, les Irlandais sont de fervents catholiques, ils accepteront peut-être (encore une fois) que la main de dieu la leur mette bien profond…

mercredi 18 novembre 2009

Plutôt mourir que vieillir…

Il y a des jours comme ça, où des petites choses se croisent révélant ainsi d’autres petites choses…Des coïncidences, des concours de circonstances, des croisements intempestifs…

Ce matin je me suis réveillé en sursaut vers quatre heures. Quatre heures et des poussières de minutes. L’esprit étrangement alerte malgré l’incongruité du moment, j’ai entrepris les petits rituels qui accompagnent mon début de journée… Café, télé, Ordi, re-café, clope…

J’ai consulté mes mails et les commentaires laissés pendant la nuit. J’ai jeté un œil sur ce que les autres avaient publié depuis hier et mis de côté ceux qui allaient peut-être m’inspirer une réponse… Et puis je suis allé sur le site Là-bas.org écouter la suite du reportage de Mermet sur les vieux.
Déjà hier, la première partie avait provoquée chez moi un certain malaise. Un sentiment de tristesse mêlé de culpabilité, le tout mâtiné d’un soupçon de peur et de révolte. Je me disais que je ne voulais pas finir comme ça. Amoindri, incapable de ma torcher le cul seul. Incapable de penser, à la merci des défaillances de mon corps.
Je me disais surtout que j’avais de la chance de ne pas avoir de vieux à ma charge, et que je ne voulais pas en avoir… La solidarité que je prône à longueur d’articles trouvait là sa limite, juste devant ma propre porte. Je ne voulais pas être obligé de me saigner au quatre veines pour entretenir un vieux.
Je sais, dis comme ça c’est moche. Mais c’est bien comme ça que cette pensée m’est venue, ce qui prouve bien que je n’ai pas que de belles pensées.

D’autant que dans la deuxième partie, celle que j’ai écoutée ce matin, on en apprend un peu plus sur le rôle actuel des vieux. On apprend que quelque soit l’institution dans laquelle ils seront amenés à finir leurs jours, publique ou privée, nos vieux se feront toujours avoir.
La restriction des coûts publics imposée par le système libéral réduit le personnel et les prestations, et donc l’attention minimale requise à un être humain. Dans le privé, l’obligation de satisfaire les actionnaires à hauteur de 25% de bénéfices par année produit exactement le même effet…
Dans les deux cas, nos vieux ne sont plus des êtres humains, mais des données dans une gigantesque équation. Des vaches à lait, au portefeuille bien garni. Et quand ce n’est plus le cas, on compte bien sur la culpabilité des enfants et petits enfants pour continuer à payer… 1600 €/mois pour une maison de retraite publique de base, et jusqu’à 6500 € pour une maison de retraite privée.

Et je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. Je ne veux ni en faire partie, ni le cautionner. Je crois que je préfèrerai encore crever vite et bien…

Alors, ce genre de reportage est comme un miroir. Il vous renvoie à votre propre histoire, à votre propre conception de la famille, et à vos peurs.
Certains ont le sens de la famille et n’envisage même pas un seul instant de ne pas s’occuper de leurs parents ou grands-parents lorsque l’impotence viendra frapper à leur porte. Moi si.
De savoir que je vais probablement devoir accompagner la déchéance de mon père lorsqu’elle viendra me terrifie. Je ne veux pas avoir à faire ça, et je ne veux pas avoir à imposer la mienne aux autres.
C’est peut-être dû au fait que j’en ai peur… Sans doute même. C’est aussi probablement lié au fait que ma propre conception de la famille en a pris un coup dans l’aile au fil des années.

Certes, notre culture nous enseigne qu’il est admirable qu’un enfant prenne en charge son aïeul. Cela est juste et bon comme dirait l’évangile… Et d’ailleurs, c’est ainsi que notre société est sensée fonctionner collectivement. Les générations présentes sont sensées, de par leur cotisations, subvenir aux besoins des générations passées. Pourtant, si l’on se place sur un plan plus individuel, les choses ne se passent pas vraiment ainsi… Notre monde actuel est tellement gangréné par l’argent et le profit de quelques-uns que ces valeurs disparaissent peu à peu. A un point tel que je me demande s’il ne serait pas beaucoup plus admirable de ne pas avoir à imposer ce fardeau à nos enfants.

En tous cas, en ce qui me concerne le problème ne se pose pas et ne se posera peut-être jamais. Et vous voulez que je vous dise : Ça me rassure.

Coïncidence troublante, mon père fête aujourd’hui ses soixante-dix-huit ans. Il faut que je l’appelle…

A lire le livre de William Rejault : Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?

NB : La troisième partie de l’émission est disponible ici. A noter l’illustration musicale « Miss Alzheimer » d’un groupe que j’adore, les Elles. Si vous savez où je peux trouver leurs albums en libre écoute sur le web, je suis preneur !


mardi 17 novembre 2009

Sons of Anarchy

Ben aujourd’hui vous n’aurez rien à vous mettre sous la dent. Quedalle. Peau de balle.

Le fait est que j’aurais sans doute quelques choses à dire sur pas mal de trucs, mais là… En l’occurrence… Je sèche.

J’ai fait le tour des blogs et des sites infos, j’ai regardé ma télé, mais malgré toutes ces sources d’inspiration, rien ne m’a sauté suffisamment au cerveau pour l’enflammer.

Mais pour que vous ne soyez pas venu pour rien, vous aurez droit à la de la bonne zique signée Curtis Steiger et les Forest rangers. Vous l’aurez reconnu il s’agit du générique d’une de mes séries préférée du moment Sons of Anarchy … J’adore.